24 janvier 2011

Les "acrobaties fiscales" du gouvernement et de l'UMP sur l'ISF

Bonne nouvelle pour les finances publiques : L'ISF de 2010 a rapporté 400 millions de plus que prévu. Embêtant pour l'Elysée et l'UMP qui vont devoir imaginer de nombreuses acrobaties fiscales pour compenser son montant en cas d'abolition !

Il est toujours étonnant, dans une période de budget de rigueur, où on voit le gouvernement opérer des coupes sombres, de constater qu'on puisse, concentrer toute son énergie, à faire disparaître une ressource fiscale. Sans d'ailleurs, vraiment savoir comment, la compenser !

C'est pourtant la principale préoccupation du Président de la République et de l'UMP. Comment abolir ou, au pire, adoucir le sort des contribuables soumis à l'ISF ?

Or, d'après une brève de l'agence REUTER, reprenant une information des Echos on apprend que : " (...) Le gouvernement prévoyait des rentrées fiscales de 3,5 milliards d'euros lors du vote de la loi de finances initiale pour 2010 (...) le chiffre définitif avoisine finalement les 4,5 milliards, selon Les Echos, soit : 400 millions de plus que prévu dans le collectif budgétaire de fin d'année (4,1 milliards), et 1 milliard de mieux qu'attendu lors du vote de la loi de finances initiale "

Bien qu'en général, le quotidien Les Echos soient parfaitement informés, ils précisent que : " (...) Le ministère du Budget, qui refuse de confirmer ce chiffre, indique qu'il communiquera à la mi-février sur le sujet (...) " c'est à dire à la période où il devrait dévoiler les probables mesures de sa "réforme" de la fiscalité !

C'est néanmoins, une pierre dans le jardin des "abolitionnistes" de l'ISFP, au moment même, où la "solution de rechange", qui consistait à "mutualiser" sur l'ensemble des propriétaires le montant de cet impôt, ne fait absolument pas l'unanimité au sein de l'UMP !

Mais Jean-François Copé, s'il est hostile à la solution émise par François Baroin et Jêrome Chartier son collègue de l'UMP, tient avant tout à la suppression de l'ISF : " Le bouclier fiscal a limité la casse, mais si on veut revenir sur le bouclier fiscal, il faut revenir sur l'ISF " - Reuters

Et bien justement, que se passerait-il si les deux étaient supprimés ?

" (...) Côté économies, la fin du bouclier représentera environ 700 millions d'euros. Ce qui serait loin de compenser une suppression totale de l'ISF. Plus celui-ci rapporte, plus sa disparition nécessitera de hausses d'impôts (...) " écrivent Les Echos qui indiquent au passage un formidable effet pervers en cas d'abolition de l'ISF : " la suppression complète de l'ISF entraînerait l'abandon de l'ISF PME , mécanisme qui permet aujourd'hui de drainer environ 1 milliard d'euros par an vers les PME " et que le gouvernement pourrait compenser, par une nouvelle niche fiscale, qui bien évidemment serait : " (...) un coût supplémentaire à prendre en compte (...) "

En bref, une technique plus proche de celle, chère au sapeur camenber, qui creusait un trou pour y mettre ... la terre d'un autre !

Oui mais promesse électorale et harmonisation franco allemande obligent, il faut trouver des ressources pour donner satisfaction à 562.000 contribuables et leurs familles !

Il y aurait bien une idée pour trouver facilement des recettes. Sacrifier : " L'exonération d’impôt sur les sociétés des plus-values encaissées par des personnes physiques ou morales (holdings) en cas de vente de leurs filiales ou titres de participation détenus depuis plus de deux ans "

Cette très grosse niche fiscale qui a : " (...) représenté un manque à gagner de 3,4 milliards d’euros en 2007, 12,5 milliards en 2008 et 6,1 milliards en 2009. Soit un total de 22 milliards d’euros sur trois ans (..) " qui a entre autre bénéficié à : " Suez, Danone ou le fonds PAI Partners " et qui devait selon son "créateur" être d'un coût : " (...) extrêmement raisonnable, estimé à moins d’un milliard d’euros à compter de 2008 (...) " et dont : "( ...) le gouvernement s’est abstenu d’estimer son coût en 2010" - Libération

Il fait dire que du côté UMP, remettre en cause cette niche fiscale serait ennuyeux puisque son initiateur est, le ministre du Budget en 2004, un certain : Jean-François Copé

Mais il est plus probable que l'UMP propose des ressources alternatives "incontournables" comme celle des indemnités d'accident du travail. En effet, c'est Jean-François Copé qui fut à l'origine de cette mesure, qui devait rapporter à l'état, le montant "record" de : 135 millions d'euros ! - La Tribune

Et qui déclarait à cette occasion, qu'il s'agissait : " (...) d'une mesure d'équité pour corriger une anomalie fiscale (...) " En clair, le pire reste à venir ...

21 janvier 2011

Coût du travail Allemagne/France : Ce que le MEDEF ne vous dit pas !

Après la fiscalité, c'est le coût du travail en Allemagne, que le MEDEF et l'UMP portent aux nues. Problème : Les affirmations sont approximatives et le dernier rapport produit sur le sujet est d'une totale partialité !

C'est au nom de l'amour immodéré des performances économiques de notre voisin que notre "réforme" fiscale devrait voir le jour en Février prochain. Et c'est au nom de cet "amour" et d'un rapport "providentiel", expliquant que : " La France est moins compétitive que l’Allemagne car le coût du travail y est plus élevé " qu'on propose de supprimer l'horaire légal de travail et de baisser les charges patronales !

Laurence Parisot, encouragée par l'UMP, a été la première à dégainer : " (...) ne pas voir que la durée du travail a un effet sur notre compétitivité, c'est refuser de voir la réalité en face (...) " sans oublier bien entendu, de demander un : " (...) débat sur la baisse des charges dans les entreprises" - 20Minutes

Ces propos ont été bien reçus par Eric Besson qui s'est fait un devoir de communiquer les informations contenues dans un rapport, rédigé par l'institut économique COE-Rexecode qui a : " (...) analysé le décrochage de l'industrie française face à l'industrie allemande (...) "

Notez au passage que, comme nous le dit 20Minutes, que ce : " groupe de recherche" est " proche du Medef " Ce qui simple à vérifier, lorsqu'on regarde la liste des ses adhérents au nombre desquels, on compte : le MEDEF !

Que dit ce rapport : " (...) La France est moins compétitive que l’Allemagne car le coût du travail y est plus élevé (...) " Conclusion : " (...) il faut réduire d'urgence les charges que paient les entreprises, et compenser cette baisse des impôts par une réduction des dépenses publiques. Il propose aussi d'ouvrir de nouvelles négociations entre les salariés et les patrons sur les salaires et la durée du travail ( ...) "

Le rêve de tous ceux qui ont un jour dirigé le CNPF et le MEDEF !

Néanmoins, ce rapport, produit par un "satellite" du MEDEF, est empreint d'une totale partialité. Des preuves ?

Eric Verhaeghe, qui vient de défrayer la chronique en claquant la porte de l'APEC et en rendant la totalité de ses mandats au titre du MEDEF, et selon qui : le MEDEF est accroché à des analyses passéistes, comme il nous l'a affirmé dans un échange de question réponses avec Slovar :

" (...) à l'issue de la crise de 2008 le MEDEF n'a pas mené la rénovation intellectuelle nécessaire pour apporter les bonnes réponses à la crise économique. Ses analyses sont dépassées. Aujourd'hui, il nous faut une vision neuve de la dette, du travail et de son coût, de la répartition de l'effort fiscal (...) " donne son point de vue dans un billet publié sur son blog

Il écrit, au sujet de l'obsession de l'organisation patronale sur le coût du travail.

" (...) La litanie est bien construite: les Allemands ont pratiqué une rigueur salariale qui leur a permis de baisser le coût du travail et de retrouver leur compétitivité. Grâce à cette politique, leurs salariés coûteraient moins cher que les salariés français, ce qui leur permettrait de vendre mieux, etc ( ...) la commission des comptes de la sécurité sociale de juin 2010 fait un point très intéressant sur cette question. Extrait :

1 – la mesure du coût du travail est très difficile et contestable, car elle passe par des données agrégées qui mélangent des données très différentes (...) s’agit-il du coût horaire moyen ? du coût salarial global ? des rémunérations brutes annuelles et des cotisations patronales ? (...)

2 – (...) le financement de la sécurité sociale en Allemagne repose de plus en plus sur l’impôt. La part des cotisations sociales a donc diminué dans les recettes de la sécurité sociale. L’invention de la TVA sociale en 2007 a joué un grand rôle dans ce rééquilibrage (...) En revanche soyons bien clairs sur la signification de cette tendance: les citoyens se substituent aux employeurs pour financer la protection sociale.


(...) même s’il y a une convergence progressive du coût du travail entre les deux pays, le travail allemand coûte 24,6€ de l’heure en moyenne, et le travail français seulement 23,6€ " - Intégralité de l'article sur le blog d'Eric Verhaeghe

Même analyse, de la part du directeur de recherche au CNRS, l’économiste Philippe Askénazy. Celui-ci explique à 20minutes.fr pourquoi la question est, selon lui, mal posée.

" (...) dans les faits, un salarié allemand coûte aujourd’hui plus cher qu’un salarié français (...) Quand un Allemand a marqué «40 heures» sur sa fiche de paie, il travaille effectivement 40 heures environ. Un cadre français au forfait, officiellement à 35 heures, va dans les faits travailler 45 heures (...) Les salaires ont été gelés et la TVA sociale créée (...) Si l’on se base sur les comptes nationaux, qui agrègent un maximum de critères, notamment la productivité, le coût du travail est plus élevé en Allemagne qu’en France. Et la raison est simple: les salariés allemands sont mieux payés (...) Une économie avec un coût du travail élevé mais des entreprises innovantes sera toujours plus compétitive que l’inverse.

(...) Pour combler ce différentiel, la France a donc deux solutions. Elle peut soit continuer à se développer dans des secteurs peu productifs et baisser son coût du travail, soit rendre ses entreprises plus innovantes et donc plus productives. C’est un choix politique "

Malheureusement, une fois de plus, il semble que le choix politique s'oriente vers une seule variable d'ajustement : Les salariés. Ceux-ci n'auront qu'à "travailler plus" pour gagner ... la même chose, au nom de la compétitivité avec leurs homologues allemands. Afin d'augmenter sensiblement la part versée ... aux actionnaires !

20 janvier 2011

Réforme de la fiscalité : Et si on passait à la "Révolution fiscale" ?

La réforme de la fiscalité promise en février, devrait essentiellement se résumer à : Comment trouver de nouvelles recettes pour compenser la suppression de l'ISF. Ce que réfutent 3 économistes qui proposent une "révolution fiscale" et même de simuler votre propre réforme en ligne.

Au nom de l'alignement sur la fiscalité allemande, le Président a décidé d'une "réforme". Gros handicap de cette "réforme", il a refusé catégoriquement (élections de 2012 obligent) : " aux commissions des finances de l’Assemblée et du Sénat de créer une nouvelle tranche d’impôt sur les plus hauts revenus "

Quels sont les pistes actuelles du gouvernement et de l'UMP ?

" (...) Le bouclier fiscal devrait être abrogé, ce qui fera économiser 600 millions d’euros à l’Etat (...) Parmi les hypothèses figure celle d’un impôt sur la plus-value retirée de la cession de la résidence principale, aujourd’hui exonérée (...) " - JDD

Pour l'UMP : Allègement de l'ISF et surtout : Nouvelle taxation sur les résidences principales et secondaires : (...) Les plus-values seraient taxées quand la valeur de la résidence principale dépasse 1,2 million d’euros. Les taxes foncières sur les résidences secondaires pourraient également être rehaussées (...) " - Le Parisien

Belle réforme que celle qui consisterait à transférer près de 4 milliards sur l'ensemble des propriétaires, pour en exonérer quelques 562 000 foyers privilégiés ! De plus comme le fait judicieusement remarquer Le Figaro : " cette taxe qui s'ajouterait à la taxe foncière et la taxe d'habitation renvoie le sentiment de propriétaires surtaxés (...) "

S'agit-il d'une "réforme" ou d'un simple aménagement "électoral" qui ne change rien à la fiscalité française dans son ensemble ?

C'est l'avis de Camille Landais, Thomas Piketty et Emmanuel Saez, coauteurs de : "Pour une révolution fiscale. Un impôt sur le revenu pour le XXIe siècle" qui mettent profondément en cause le système fiscal français : " (...) Ce livre innove en proposant une critique d’ensemble du système fiscal français. Il démontre scientifiquement, pour la première fois, le caractère régressif de l’impôt dans notre pays (ce qui signifie que, tous prélèvements confondus, les taux d’imposition sont plus élevés pour les ménages les plus modestes et s’abaissent pour les plus riches) (...) "

Dans les faits, ( au travers des "bonnes feuilles" du livre publiées, par le Nouvel Obs), on apprend que : " (...) les revenus modestes supportent aujourd’hui des impôts extrêmement élevés – avec des taux effectifs d’imposition de l’ordre de 45% à 50%, alors que les plus riches sont à 30% ou 35% (...) "

Dans le détail : (...) Les 50% des Français les plus modestes, gagnant entre 1 000 euros et 2 200 euros de revenu brut par mois, font actuellement face à des taux effectifs d’imposition s’étageant de 41% à 48%, avec une moyenne de 45%. Les 40% suivants dans la pyramide des revenus, gagnant entre 2 300 euros et 5 100 euros par mois, sont tous taxés à des taux de l’ordre de 48% à 50% (...) à l’intérieur des 5% des revenus les plus élevés (gagnant plus de 6 900 euros) et surtout du 1% le plus riche (gagnant plus de 14 000 euros), les taux effectifs d’imposition se mettent très nettement à décliner et ne dépassent guère les 35% pour le 0,1% des Français les plus aisés (50 000 personnes sur 50 millions).

Une prime à l'actionnariat !

" (...) Moins de 20% des revenus du capital réels (...) se retrouvent dans la base de l’impôt progressif sur le revenu (...) Pour les revenus financiers, on retrouve moins de 15% des revenus réels dans la base d’imposition (...) sur les quelque 170 milliards d’euros d’intérêts et de dividendes reçus chaque année par les ménages d’après les comptes nationaux (40 milliards d’intérêts, 70 milliards de dividendes, 50 milliards de produits financiers crédités et recapitalisés sur les contrats d’assurance-vie) (...) moins de 20 milliards se retrouvent dans les déclarations de revenus (...) "

Les auteurs indiquent dans le livre de vraies propositions pour un "nouvel impôt sur le revenu" qui prendrait, mieux en compte : La progressivité, l’égalité homme-femme, un meilleur financement de la Sécu, un impôt sur la fortune utile.

Contrairement à la majorité de leurs confrères qui se limitent à assener des chiffres et méthodes, les auteurs ont eu l'idée de mettre en ligne un site Web interactif : http://www.revolution-fiscale.fr

L'originalité de ce site est de donner à chacun de nous la possibilité de faire : " des simulations avec le barème existant ou bien à en créer un nouveau(...) simuler les conséquences, en milliards de recettes, d'une hausse du taux d'imposition de telle ou telle tranche de contribuables" - AFP/Google

Ce site explique Thomas Piketty est : " (...) outil unique au monde, qui va donner à tout citoyen et à tout responsable politique ou syndical la possibilité de s'approprier la question fiscale et de participer ainsi de manière informée au débat "

De quoi aller un peu plus loin que les obsessions présidentielles sur le bouclier fiscal allemand … qui n'a jamais existé. Et l’imposition des revenus qui, comme l'indique Günter Dauben, responsable de l’Office central fédéral des impôts ... y est un peu plus forte !

19 janvier 2011

Eric Woerth à l'UMP : "Nul n'est à l'abri de ce que j'ai vécu"

Eric Woerth est en pleine crise de manque ! De RTL où il clame son "amour" pour Nicolas Sarkozy et dans Le Point où il "flingue" Baroin et Fillon. Le message est clair : "Demerdez-vous pour me rendre ma vie d'avant !"

Eric Woerth ce matin sur RTL, mettait en garde l'exécutif et l'UMP, en indiquant qu'il a " bien l’intention de reprendre toute (sa) place dans la majorité présidentielle". Faisant fi de l'instruction de la Cour de justice de la République sur la vente de l'hippodrome de Compiègne ou du dossier Bettencourt, qu'il a qualifié "d'acharnement", il ajoutait qu'il "souhaite aussi faire partie de la campagne électorale pour 2012" !

Ce rappel à l'ordre intervient, au moment où, on ne se bouscule pas vraiment ... à l'exécutif ou dans la majorité pour lui rendre ses galons et prérogatives !



Car bien qu'il assure avoir : " (...) beaucoup d’amis et qu’il avait toujours le soutien de Nicolas Sarkozy et de François Fillon" Evoquant : " des milliers de témoignages de soutiens reçus depuis quelques mois par les Français, le député assure: Je suis le contraire d’un homme seul et abandonné (...) " - 20Minutes

Cette situation, celui qui fut l'un des hommes les plus influents de l'UMP et dont la modestie n'a jamais été le plus grand trait de caractère ne la supporte plus et pourrait bien si sa mise à l'écart se prolongeait "mettre les pieds dans le plat"

Il nous donne d'ailleurs un échantillon de sa possible "capacité de nuisance" dans un entretien avec le magazine Le Point.

Extraits : " (...) Éric Woerth est furieux contre ses anciens camarades du gouvernement. Vraiment furieux. Au point de songer sérieusement à écrire un livre... (...) "Je m'attendais à plus d'appuis de la part de Fillon et de Baroin, dit-il. Je pensais que les responsables de la politique immobilière de l'État auraient le courage de l'assumer (...) Baroin ne fait que de la com. Fillon ne veut pas se mouiller. Ce sont des édredons." Sic ! (...) " - Intégralité sur le site du Point

On pourra constater le même "empressement" des actuels dirigeants de l'UMP à le réintégrer dans l'équipe dirigeante, au sein du mouvement puisqu'il ne figure, si l'on en croît le site de l'UMP, que dans la liste des "Conseillers politiques" comme " Président de la fédération départementale de l'Oise"

On notera au passage, que sa fiche personnelle n'est pas encore été actualisée. En effet, sur ladite fiche, il est mentionné, à la rubrique "qui je suis" : Ministre du Travail, de la Solidarité et de la Fonction Publique "

Alors, étourderie des administrateurs du site, nostalgie ou prémonition ? Ce sera, en partie, à la Cour de Justice de la République d'en décider.

Entre temps, on risque de passer quelques mauvaises nuits à l'Elysée, à Matignon comme à l'UMP, au cas où, celui qui déclare lorsque J-M Apathie lui demande : " Vos amis politiques peuvent dire c'est un peu finit pour lui " (...)" : " ça peu être finit pour eux dans un certain nombre de cas. Nul n'est à l'abri de ce que j'ai vécu. Nul n'est à l'abri de celà (...) " voyait son avenir politique transformé en chiffon de papier !

18 janvier 2011

Accidentologie : L'Union européenne réfléchit aux trains ... de la route !

Rouler au delà des limitations de vitesses coûte très cher. Ainsi on a vu fleurir les régulateurs de vitesse. Effet pervers : la principale cause de mortalité sur autoroute est devenue la somnolence. Réponse de L'EU : La conduite robotisée en convoi !

Va t-on retrouver le plaisir des convois de charriots des pionniers de l'ouest américain ? C'est la question qu'on se pose en découvrant le projet SARTRE (Safe Road Trains for the Environment) financé par l'Union européenne. En clair, comme dans un train : pouvoir carrément dormir tout en roulant !

Les conducteurs de véhicules automobiles sont dans leur très grande majorité responsables. Ils ont conscience que la conduite d'un véhicule demande une attention de tous les instants. Mais la tentation est grande, de la part des pouvoirs publics, de faire appel à la technologie, pour résoudre tous les problèmes.

Ainsi, on voit fleurir de plus en plus de dispositifs d'aide à la conduite destinés à suppléer (ou remplacer) le conducteur. Avec de célèbres ratés, comme le test de la Volvo S60, qui ne rassurent franchement pas !


Les automobilistes sont aussi une très large majorité à penser que les limitations de vitesses imposées sur les autoroutes sont parfois un non sens. Surtout si la distance à parcourir est importante.

Souvenez-vous du débat sur l'abaissement de la vitesse sur autoroute de 130 à 110 km/h.

Evoquée en 2009, elle fut vite démentie par la secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie, Chantal Jouanno. Néanmoins, elle fut appliquée : " (...) à titre d'expérimentation sur les 180 km d'autoroutes non concédées de Lorraine (A30, A33, A330 et A313, soit environ la moitié du réseau régional) " puis étendu aux : " (...) 24 km de l'autoroute A 8 qui traversent les Alpes-Maritimes de la frontière italienne jusqu'en limite du Var (...) "

Objectif ? : " (...) améliorer la sécurité et simplifier la lisibilité des panneaux de limitation de vitesse qui alternaient entre 110 et 130 km/h sur plusieurs tronçons de l'autoroute (...) " Le Préfet ajoutant que cela permettrait : " (...) aux automobilistes de mieux apprécier le paysage (...) " - Est Eclair

Oui, mais ils finissent par s'assoupir. Ce qui donne cet étonnante réaction de l'Association des sociétés françaises d'autoroutes, en octobre 2010, qui annonçait qu'elle allait demander : " (...) une plus grande répression contre l'endormissement auprès de Michèle Merli, déléguée interministérielle à la Sécurité routière (...) " - RTL

Donc, aucune solution, si ce n'est la répression qui, de toute façon, ne règlera pas le problème de la somnolence au volant !

C'était sans compter sur l'Union Européenne qui de son côté finance un projet pour lutter contre les accidents provoqués par la somnolence au volant. Ce projet est : " la conduite robotisée en convoi "

En effet, nous apprend le site Comment ça marche : " (...) L'Union européenne et d'autres partenaires, comme Volvo, se penchent depuis quelques années sur le sujet, au travers du projet SARTRE

En quoi consiste le projet SARTRE ?

" (...) SARTRE (...) a pour but de tester et développer un système de convoi automatisée sur autoroute (...) La logique de ce dispositif repose sur la formation de trains de véhicules menés par un conducteur professionnel. Chaque véhicule du convoi peut alors, grâce aux technologies embarquées, mesurer la distance de sécurité, et s'adapter à la position de la voiture se trouvant devant lui (...) "



Science fiction ?

Il semble bien que non, puisque : " (...) Pour la première fois, les tests de conduite en convoi ont été réalisés hors des simulateurs, sur une vraie piste d'essai (...) .Tandis que le premier conducteur "guidait" le convoi depuis un camion locomotive, le second, débarrassé des commandes grâce au pilotage automatique, pouvait boire un café ou lire un journal (...) "

Et à quelle vitesse se déplace le "convoi" ?

Le premier conducteur " (...) doit rouler à vitesse constante (90 km/h), sur la voie la plus à droite de l'autoroute. Il est par ailleurs accompagné d'une surveillance électronique, en cas de relâchement (...) "

Quels sont les avantages de ce futur type de déplacement automobile ?

Outre le fait que la somnolence ne serait plus cause d'accidents et que vous pourriez découvrir les joies de lire votre journal, boire ou manger et même ... conter fleurette à votre passagère sans aucun danger " (...) Cette conduite en convoi permettrait d'économiser jusqu'à 20% de carburant, et donc de réduire les rejets en CO2 (...) "

Mais, pour les raleurs dans mon genre, il y a une information à prendre compte. En effet, si les tests vont continuer, afin de pouvoir selon Volvo rendre le dispositif opérationnel sous environ 5 ans. La mise en place dudit dispositif ne pourra voir le jour que lors de : " (...) la mise en place concomitante d'une législation adéquate par les 25 gouvernements européens concernés (...) "

Entre temps, l'état pourrait bien avoir l'idée de généraliser la vitesse à 110 sur autoroute, ce qui permettrait d'améliorer le score de 542 millions d'euros de recettes des radars en 2009. Avec bien entendu, l'assentiment des collectivités locales (130 millions d'euros) - Journal du Net. Sans pour autant résoudre ... le problème de la somnolence dont les limitations de vitesse sont responsables !


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Machineshift

17 janvier 2011

Parisot : "L'année 2011 commence bien pour les femmes " oui mais lesquelles ?

Laurence Parisot exulte : Le texte prévoyant l'instauration de quotas de femmes dans les conseils d'administration a été votée. Elle ajoute : " L'année 2011 commence bien pour les femmes " la seule question est : Oui mais lesquelles ?

" C'est une belle nouvelle pour la parité et la valorisation des femmes dans les entreprises. Il existe des moments où seul le coup de pouce, tel que le quota, peut débloquer des situations injustes. L'année 2011 commence bien pour les femmes ", a déclaré Laurence Parisot, sur le site du MEDEF, elle aurait même précisé selon La tribune : "Il existe des moments où seul le coup de pouce, tel que le quota, peut débloquer des situations injustes"

Mais quelle injustice est réparée ?

" (...) La proposition de loi prévoyant l'instauration progressive de quotas de femmes dans les conseils d'administration et les conseils de surveillance, a été votée ce jeudi en deuxième lecture à l'Assemblée nationale. Le texte porté par les députés UMP, Marie-Jo Zimmermann et Jean-François Copé, prévoit deux paliers : un premier quota de 20 % de femmes dans ces instances dans les 18 mois suivant la promulgation de la loi et de 40 % dans les quatre ans.

Cette obligation concerne toutes les sociétés anonymes cotées, celles du secteur public et celles de plus de 500 salariés et dont le chiffre d'affaires net ou le total du bilan dépasse 50 millions d'euros et ce durant trois exercices consécutifs. Un délai supplémentaire pourrait être accordé aux entreprises familiales non cotées. Le texte prévoit également que les conseils d'administration ou les conseils de surveillance, dépourvus actuellement de femmes, en nomment impérativement au moins une dans les six mois suivant la promulgation de la loi (...) " - La Tribune

Et pour réparer des injustices, Laurence Parisot s'y connaît puisque lors du débat sur la réforme des retraites, elle déclarait au sujet de la pension des femmes : " (...) sur la question des retraites des femmes, beaucoup de contre-vérités sont dites. Il est inexact de dire que le texte de loi est discriminatoire à l’égard des femmes (...) Baisser l’âge légal de départ à la retraite des femmes par rapport aux hommes, cela équivaut à entériner cette inégalité de fait (...) Les injustices dont sont victimes les femmes y compris dans la vie professionnelle et dans le foyer", ne doivent pas être entérinées par cette réforme " - Slovar Marianne2

Autres injustices mais probablement moins prioritaires pour Laurence Parisot : Le sort des femmes dans les entreprises

Temps partiel

" (...) 5,5 % des actifs sont employés en temps partiel et souhaiteraient travailler davantage, soit 1,25 million de personnes. Il s’agit à 75 % de femmes (...) Au total, 9 % des femmes salariées sont en situation de temps partiel subi, contre 2,5 % des hommes. Le taux atteint 13,9 % pour les femmes non-diplômées, 12,9 % pour celles de moins de 29 ans, 13,1 % pour les employées (...)

Inégalité salariale

" Les femmes gagnent 27 % de moins que les hommes. L’écart est de 19 % pour des temps complets et 10 % à poste et expérience équivalents (...) " nous dit l'observatoire des inégalités

Précarité

" (...) les 2 tiers des travailleurs à bas salaires sont des femmes et elles sont 2 fois plus souvent au Smic que les hommes (...) " Brigitte Grés Inspectrice générale des affaires sociales - Egalité professionnelle de juillet 2009

Des chiffres et des faits qui n'honorent pas la "féministe" Parisot !

Mais après tout, dans une période aussi difficile en termes d'emploi ou de pouvoir d'achat, comment les femmes françaises ne pourraient pas se réjouir du fait que : " (...) Selon l'association Action de femme.fr (...) la nouvelle loi (...) conduirait à nommer 181 femmes dans les conseils d'administration et les conseils de surveillance pour atteindre dans les 18 mois les 20 % de femmes dans ces instances (...) "

Car, que voulez-vous, au MEDEF on a toujours eu beaucoup de mal à faire rêver sur la vie d'une caissière ou d'une employée de bureau ...


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14 janvier 2011

UMP : Le concours "une idée à la c.. par jour" continue !

Pour être une vedette à l'UMP, il suffit de proposer "une idée à la c.. par jour". Histoire de participer, Pierre Méhaignerie vient de proposer : Une limitation des montants et de la durée des allocations chômage !

En politique, il n'y a rien de pire que l'anonymat. C'est un peu ce dont souffrent, beaucoup de centristes de la majorité, comme Pierre Méhaignerie. Bien qu'il ait été ministre et soit actuellement Président de la commission des affaires sociales de l'assemblée nationale, il fait partie de ces hommes politiques peu médiatiques, qu'on a l'impression de toujours avoir connu, sans être capable de citer le moindre fait d'armes !

Probablement dopé par les déclarations successives de Jean-François Copé, Hervé Novelli ou Christian Jacob sur les 35H00 ou la fin de "l'emploi à vie" des fonctionnaires, il vient, avec une surprise et une gourmandise évidentes de placer SA proposition destinée à rejoindre le TOP 5 des "meilleures idées" pour gagner en 2012 !

Et quelle est-elle ?

Et bien tout simplement de limiter le montant et la durée des allocations chômage au fait que : " (...) La France est le seul pays à offrir 23 mois sans dégressivité pour des cas jusqu'à 5.800 euros par mois, cela n'existe dans aucun pays. C'est trop et cela ne facilite pas la reprise du travail (...) "

En effet, dans une interview au Figaro, il : " (...) se prononce clairement pour une limitation et des montants et de la durée des allocations chômage, notamment pour les cadres, estimant que des indemnités chômage trop élevées et trop longues n'incitent pas à reprendre un emploi. Une prise de position (....) à quelques jours de l'ouverture (le 24 janvier) de la renégociation de la convention d'assurance chômage par les syndicats et le patronat. Il préconise même de redéployer les économies réalisées sur l'emploi des jeunes (...) "

Il est tellement content de cette idée, qu'il hésite entre l'angoisse de la célébrité et le bonheur d'un "bon coup" qui va attirer les feux de la rampe médiatique sur lui. Ainsi, on peut lire sur son blog : " Il parait qu'elle fait un peu de bruit... cette interview avec Marc Landré du Figaro.fr... "

Et pour finir lance : " (...) "Je ne crois pas que la lutte contre les inégalités, c'est l'augmentation des prestations. La lutte contre les inégalités, c'est d'abord l'emploi, c'est-à-dire la compétitivité des entreprises (...) " - AFP/Google

Pas mal, mais un peu court monsieur Méhaignerie, car pour devenir la "nouvelle star" de l'UMP new look, il aurait suffit de proposer : la diminution voire, la suppression des salaires, au titre de la compétitivité des entreprises.

Allez, ce n'est que partie remise. Mais ne trainez pas trop, la concurrence est féroce !


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Ouest France

13 janvier 2011

Le MEDEF dernier héritier de "l'immobilisme brejnevien" ?

Au moment où les ultra libéraux de l'UMP et le MEDEF passent leur temps à remettre en cause le temps et le coût du travail, un des membres important du MEDEF rend son tablier et crucifie la politique économique et sociale de l'organisation patronale !

De qui cette phrase : " Face à la crise, le monde patronal doit assumer ses responsabilités, prendre sa part d'effort et ne pas chercher à alléger au maximum son fardeau en le transférant sur la majorité laborieuse" de Bernard Thibault, de Jean-Luc Mélenchon ?

Non, d'Eric Verhaeghe, membre important du MEDEF, qui vient de rendre tous les mandats qu'il exerçait au nom du MEDEF dans des organismes paritaires !

Il ajoute au passage qu'il : " (...) est en désaccord complet avec la politique menée par Laurence Parisot depuis 2008. Politique qu'il n'hésite pas à qualifier d'"immobilisme brejnevien" (...) " - Le Point

Etonnante et courageuse réaction, lorsqu'on connait les positions du MEDEF et ses ritournelles sur le coût du travail, l'emploi des jeunes et seniors et surtout la "nécessaire flexibilité" de tous les salariés face à la mondialisation !

Une démission qui va laisser des traces au MEDEF

Eric Verhaeghe, directeur des affaires sociales de la puissante Fédération française des sociétés d’assurance (l'une des principales fédérations contributrices du Medef), a annoncé qu'il démissionnait de tous les mandats qu'il exerce au nom du Medef : " présidence de l'Association pour l'emploi des cadres depuis juillet 2009, conseils d'administration de l'Agirc, de l'Acoss, de la Cnav, de l'Unedic et de Pôle emploi "

Pourtant, celui-ci avait pris la direction de l'APEC " (...) dans un contexte de rééquilibrage des présidences détenues par le Medef dans les organismes paritaires, postes jusqu’alors largement occupés par l’UIMM (...) " nous dit l'Argus de l'Assurance

Si sa démission de l'APEC est due, selon lui à l'immobilisme et à une bonne part de ... mauvaise foi de la part de l'organisation patronale : " (...) depuis plus d'un an, (il) propose de réformer les structures de l'Apec » afin de les mettre en adéquation avec le droit européen et qu'il « ne se retrouve pas » dans le projet d'accord qui a été soumis par le patronat aux syndicats le 21 décembre sur le sujet (...) " - Les Echos

Il ajoute, au sujet de l'abandon de tous ses autres mandats, que : " (...) le seul geste utile qu'il puisse faire aujourd'hui est de démissionner de tous ses mandats puisqu'il ne partage plus les positions du Medef dans ces instances (...) "

Au delà du panache, que l'on peut saluer, l'homme n'a pas décidé d'en rester là puisqu'il : " (...) publie aux éditions Jacob-Duvernet un livre intitulé « Jusqu’ici tout va bien » et sous-titré : Enarque, membre du Medef, président de l’Apec, je jette l’éponge !. Dans cet ouvrage, il critique les positions de l’organisation de Laurence Parisot et plus largement certaines dérives de la société. " Sous couvert de mener de grandes réformes économiques libérales, une aristocratie a dévoyé notre régime démocratique " - L'Argus de l'Assurance

L'Expansion et Challenge nous donnent un aperçu du contenu de ce livre qui ressemble furieusement à un brûlot contre la politique de l'organisation patronale !

L'Expansion : " (...) Point de départ de sa réflexion : la crise de 2008 et l'attitude des grands patrons, à ce moment surtout préoccupés, selon lui, par la préservation de leurs avantages ( ...) Alors que les entreprises allaient mal, que des charrettes de licenciements étaient annoncées, une seule chose occupait les esprits : la situation juridique des dirigeants ( ...) sous couvert de mener de grandes réformes économiques libérales, une aristocratie a dévoyé notre régime démocratique et l'a capté à son profit »

Le discours sur le coût du travail en France (trop élevé selon le patronat) en particulier, l'inquiète : « En pesant sur les conditions de vie des salariés, on pousse ceux-ci à s'endetter pour vivre. Or, la crise a démontré les dangers de l'endettement ». Il défend aujourd'hui l'idée que les « élites doivent assumer leur part d'effort » pour redresser la situation financière du pays : « Le niveau atteint par la dette ne permet plus de financer des baisses d'impôts ciblées sur les plus hauts revenus (...) "

Challenge : " (...) Il est dangereux de répéter à l'envi que le coût du travail est trop élevé", ce qui aboutit à la "modération salariale" et à l'endettement "massif" des salariés et favorise socialement "l'extrémisme" (...) Face à la crise, le monde patronal doit assumer ses responsabilités, prendre sa part d'effort et ne pas chercher à alléger au maximum son fardeau en le transférant sur la majorité laborieuse (...) Sur un plan moral, lance-t-il, "rien ne justifie que le remboursement de la dette soit assumé par les plus bas revenus" qui en "profitent le moins" Il appelle les élites à "ne pas se comporter comme une noblesse d'ancien régime" et les exhorte à "un sursaut républicain (...) "

Mais que pense la FFSA de la décision d'Eric Verhaeghe et de la parution de son livre ? Pour l'instant, aucun echo. Mais comme l'indique l'AFP : " (...) il va continuer à exercer sa fonction de directeur des affaires sociales de la Fédération française des sociétés d'assurance, qu'il occupe depuis 2007 (...) "

Il ne reste donc plus qu'à attendre la réaction de Laurence Parisot et celle des ... partis politiques et des candidats à la présidentielle de 2012 qui vont, très certainement, s'arracher ce livre ...


Eric Verhaeghe : "Jusqu'ici tout va bien" Édition Jacob Duvernet 19,90 euros

12 janvier 2011

"Guide des nouveaux paradis fiscaux" : Un livre à faire lire au Président du G20 ?

Nicolas Sarkozy lors de sa prochaine présidence du G20 brandira, une fois de plus sa "moralisation" du capitalisme et de la finance mondiale. La lecture d'un récent ouvrage sur le "marché mondial de l'optimisation fiscale" devrait l'intéresser !

" (...) Nicolas Sarkozy doit donner le coup d'envoi de la double présidence française du G8 et du G20 lors d'une conférence de presse prévue le 24 janvier. L'occasion pour le numéro un français d'exposer ses priorités : réforme du système monétaire international, lutte contre la volatilité des cours des matières premières et nouvelle gouvernance mondiale (...) " nous dit France24

Afin de préparer le G20, il s'est rendu aux Etats Unis, discuter avec son homologue américain. Cependant, on en ne peut pas dire les déclarations finales de deux hommes débordaient d'enthousiasme !

" (...) Nos équipes vont travailler ensemble, dur, pour faire des propositions qui aillent dans le même sens sur les grands sujets que sont la monnaie, les prix des matières premières et tous les sujets qui sont sur la table du G20 pour réduire les déséquilibres mondiaux" a déclaré Nicolas Sarkozy (...) Le président américain de son côté a déclaré (...) Nous avons discuté de la façon de coordonner nos agendas de façon à être les plus productifs possible et à proposer le genre de réformes et de suivi qui auront pour résultat la prospérité pour les gens partout dans le monde (...) " - Le Point

En tous cas, pas un mot sur les paradis fiscaux que l'un et l'autre n'avaient de cesse de dénoncer lors du G20 de Pittsburg où les chefs d'états et de gouvernements annonçaient dans la liesse : "L'ère du secret banquaire est révolue"

Alors, si le futur président des G8 et G20 qui, d'après France24, place au coeur des questions prioritaires : "La moralisation de la finance mondiale" le tout : " avec ambition et réalisme" souhaite éradiquer, définitivement, les "trous noirs" de la finance que sont les paradis fiscaux, nous ne saurions trop lui recommander la lecture d'un livre écrit par Warren De Rajewicz, le : "Guide des nouveaux paradis fiscaux - 2010" paru en mars 2010

Fiche de lecture, publiée par Eyrolles

" Non, les paradis fiscaux ne sont pas morts. Ils évoluent, s'adaptent et permettent une utilisation légale dans le cadre d'une optimisation fiscale réfléchie. De nouveaux font même leur apparition (...) Comme le disent les océanographes, il n'y a pas de vie en eaux claires. Pour se développer, la vie a besoin de se réfugier dans les profondeurs, à l'abri des regards. Il existera donc toujours des zones de liberté permettant d'optimiser sa fiscalité et d'éviter les lourdeurs administratives extrêmes de certains États (...) "

" De nouveaux font même leur apparition " : Ce qui voudrait dire qu'il aurait de nouveaux pays qui n'auraient pas signé d'accords " bilatéraux d’échange d’informations fiscales" ?

Le Journal du Net qui a lu le livre de Warren De Rajewicz nous donne une liste dans laquelle se cotoient adresses connues et nouveautés.

Extraits : " (...) Si l'Europe a encore de beaux restes, des pays d'Asie et d'Afrique se distinguent de plus en plus. Découvrez les paradis fiscaux qui on la cote et qui sont de plus en plus recherchés.

Campione - Suisse : " (...) on n'y paie aucun impôt. Il y a une seule obligation : disposer d'une véritable adresse (...) la vie est agréable, puisque le statut de Campione, géographiquement hors de l'UE, fait qu'il n'existe pas de TVA "

Ras al-Khaimah - Dubaï : " (...) N'importe qu'elle entreprise qui souhaite s'implanter le peut sans avoir à mener une activité locale. Rapatriement des capitaux et versement de dividendes y sont totalement libres (...) Ras al-Khaimah propose même des packages tout compris aux entreprises avec bureau virtuel ou réel. L'imposition y est nulle, la publicité des comptes et la mention de l'identité des bénéficiaires accessoire (...) "

Le Ghana : " (...) La législation actuelle qui date de 2007 vise à favoriser l'implantation de banques et d'assureurs offshore par le biais d'une exonération d'imposition et par des procédures de création d'entreprise simplifiées (...) "

Bulgarie et Chypre - UE : " (...) imposition sur les bénéfices la plus faible d'Europe : 10% (...) Chypre va plus loin avec ses holdings, dont les dividendes provenant de l'étranger sont totalement exonérés. Pour les particuliers, Chypre offre également tout un tas d'exonérations sur leurs revenus (dividendes, intérêts, bénéfices étrangers, plus-values...) et une TVA a seulement 15%. En Bulgarie, il existe une imposition forfaitaire de 10% des revenus (...) "

C'est certain que la lecture de l'ouvrage de Warren De Rajewicz est moins valorisante que : " le Rouge et le Noir " de Stendhal, " Pierre et Jean " de Guy de Maupassant, ou le " Lièvre de Patagonie " de Claude Lanzmann." que notre Président aurait adorés mais probablement plus utile pour parler de : " La moralisation de la finance mondiale, avec ambition et réalisme " !

Sources : JDN "Les nouveau paradis fiscaux"

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Editions Favre

11 janvier 2011

Précarité des femmes : Quand Pôle Emploi s'inspire de la téléréalité !

S'il suffisait aux femmes touchées par la précarité ou le chômage d'une " journée relooking" de haut de gamme pour en sortir, ça se saurait ! C'est pourtant ce que Pôle Emploi entend faire avec une fondation dont l'épouse du premier ministre est la marraine.

Alors qu'on se gargarise au gouvernement sur l'égalité des chances et la parité, le Secours Catholique fait un constat : les femmes sont les " premières victimes de la pauvreté " ! Ils l'indiquaient dans un rapport publié par le Journal La Croix : " (...) Les femmes représentent 54,4 % des personnes accueillies en 2008 alors qu’elles n’étaient que 51 % en 1989. Surtout, leur vulnérabilité augmente : près de six femmes sur dix vivent seules, 7,6 % travaillent à temps partiel contre 2,5 % des hommes rencontrés et, à l’âge de 35 ans, 83 % d’entre elles ont des enfants à charge contre seulement 53 % des hommes (...) "

A ces difficultés s'ajoutent les mesures de baisse de plusieurs aides sociales annoncées par François Baroin et ... un nombre officiel de chômeurs de 4,019 millions

Comment dans ces conditions retrouver, durablement, sa place dans le monde du travail ?

Faute d'apporter des réponses en créant des emplois, il existe un discours droito-libéral qui consiste à expliquer à ces femmes que ce n'est pas le travail qui manque mais ... leur apparence qui est un frein à leur emploi !

C'est semble t-il la voie qu'a choisit Pôle Emploi qui s'est associé à la fondation EREEl, en recyclant le concept de l'émission de M6 : "Nouveau look pour une nouvelle vie " Emission dans laquelle, des femmes ont décidé de changer leur image et leur look. Et présentée par l'inénarrable Cristina Cordula ( ma chériiiie) qui dirige une agence de conseil en image

En effet, c'est par un communiqué du 10 janvier, baptisé : "1ère journée Action Relooking" que Pôle Emploi présente l'opération

" (...) A l'initiative de sa Présidente, Christine Salaün, le Fonds de dotation EREEL s'est associé à Pôle emploi pour organiser des journées « Relooking » dédiées aux femmes à faible revenu, bénéficiaires du RSA ou des minima sociaux ainsi qu'aux personnes en handicap rencontrant des difficultés à retrouver un travail après une longue période d'inactivité.

Tous les mois à partir du mardi 11 janvier 2011 et pendant une année complète, un petit groupe de femmes se retrouvera dans le cadre feutré des shows rooms du « Bureau d'image by Cynthia Cohen Peres » 71 avenue de Wagram Paris 17ème (...) De 10 heures à 17 heures avec une pause déjeuner organisée et financée par le Fonds de dotation EREEL, elles participeront à divers ateliers coaching destinés à leur donner les bons « réflexes » à reproduire facilement chez elles :

Les ateliers coaching beauté 1/ Atelier soin de la peau : bien préparer sa peau avant le maquillage - conseils.
2/ Atelier maquillage (mise en beauté pour un entretien) - conseils et cours de maquillage.

3/ Atelier mains et ongles (importance des mains pendant un entretien) - conseils, soins des mains et des ongles.
4/ Atelier coiffure (coupe et brushing)
Mise en beauté, relooking coiffure - Conseils pour bien se coiffer.
5/ Atelier Image de soi :
Test de couleurs (quelle couleur choisir pour mettre en valeur son teint, ses cheveux ?).

Essayage de vêtements et conseils suivant sa morphologie et adaptés au poste recherché.
Conseils pratiques sur l'importance de l'allure, de la gestuelle, de la démarche, de la diction et des intonations de voix en entretien professionnel. (...) lors de la première journée d'inauguration, Bernard Debré Président d'honneur d'EREEL, Penelope Fillon Marraine de coeur d' EREEL et Marie-Anne Chazel Marraine d'EREEL tous très touchés par cette initiative, seront présents (...) Un reportage photo sera réalisé et chaque participante sera photographiée avant et après la séance de Relooking. Elle repartira avec des cadeaux (produits de maquillage, échantillons soins de beauté, vêtements) et sera suivie individuellement tout au long de l'année par Pôle emploi et EREEL(...) "

Le communiqué n'indique, toutefois pas, si des vidéos de la transformation de "souillons" en princesses, seront disponibles sur Youtube ou Daily Motion. Ni si celles-ci deviendront ambassadrices de la cosmétique française auprès des autres femmes précaires ...

Sans commentaire !


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L'internaute

10 janvier 2011

Emploi : La rupture conventionnelle prend le relais des plans sociaux !

Bonne nouvelle : Le nombre de plans sociaux en France est en baisse. Mauvaise nouvelle : Ils sont remplacés par des ruptures conventionnelles qui ont l'avantage d'être ... plus discrètes et moins coûteuses pour les entreprises !

Les plans sociaux ou plans de sauvegarde de l'emploi n'auraient selon la presse économique française, plus la cote : " (...) Au cours des trois derniers mois connus, de septembre à novembre 2010, 230 plans sociaux ont été notifiés dans l'Hexagone, soit 53 % de moins qu'un an auparavant (...) En octobre, seuls 65 plans de sauvegarde ont été recensés, soit le chiffre le plus bas depuis près de dix ans pour un mois d'octobre (...) - L'Expansion

Au fait, c'est quoi un "plan social" ou "plan de sauvegarde de l'emploi"

" (...) Dans les entreprises employant au moins 50 salariés, lorsque le nombre de licenciements est au moins égal à 10 dans une même période de 30 jours, l’employeur doit établir et mettre en oeuvre un plan de sauvegarde de l’emploi (...) Le PSE intègre un plan de reclassement visant à faciliter le reclassement des salariés dont le licenciement ne pourrait être évité, notamment celui des salariés âgés ou présentant des caractéristiques sociales ou de qualification rendant leur réinsertion professionnelle particulièrement difficile. Il détermine les modalités de suivi de la mise en œuvre effective des mesures contenues dans ce plan de reclassement ; ce suivi fait l’objet d’une consultation régulière et détaillée du CE ou, à défaut, des délégués du personnel (...) " Intégralité du texte sur le site du ministère du travail, de l'emploi et de la santé

D'où vient ce recul des plans sociaux ?

Reprise de l'économie, mesures gouvernementales ? Que nenni, il provient tout simplement du fait que, les entreprises : " (...) ont désormais recours à des moyens moins radicaux que les plans sociaux, qui coûtent par ailleurs cher et créent de fortes tensions sociales (...) Les ruptures conventionnelles de contrat sont (...) en plein essor : plus de 500 000 demandes ont été enregistrées depuis la création de la procédure en 2008 et 430 000 ont été validées par le ministère du Travail " - L'Expansion

Le patronat à l'origine de cette procédure exulte à la lecture de ces chiffres : " (...) Cette mesure répondait à un vrai besoin, analyse le nouveau président de l'ANDRH. Au MEDEF, "inventeur" de cette procédure, on utilise, de façon gourmande, le terme de "succès "

Un succès qui a un prix ! : "L'indemnisation des salariés inscrits à Pôle emploi après une rupture conventionnelle aura coûté 1,3 milliard d'euros sur la seule année 2010 "

Succès de quoi et pour qui ?

L'Expansion indique qu'on note : (...) une sur-représentation des plus de 58 ans dans les utilisateurs du dispositif qui permettrait ainsi aux entreprises de faire financer des pré-retraites par l'assurance chômage (...) "

Car le "succès" de cette procédure qui "correspondait à un vrai besoin" est dévastateur pour une tranche d'âge qui peine à conserver ou trouver un emploi : " (...) au premier trimestre 2010, 17 % des inscriptions de 55-60 ans à Pôle emploi faisaient suite à des ruptures conventionnelles, contre 11,8 % tous âges confondus (...) "

A vrai dire, ce n'est une surprise pour personne puisque même le très libéral OCDE l'avait annoncé. En effet, dans le cadre de " l'Etude économique de la France, publiée le 28 avril 2009 " elle mettait en garde, contre le risque, que : (...) les employeurs puissent abuser du nouveau dispositif de rupture conventionnelle pour se séparer des seniors à bon compte et aux frais de l’assurance chômage (...) " - Idcarrière

Le meilleur exemple de cette dérive étant Lejaby, comme l'expliquait Maurad Rabhi de la CGT : (...) il y a deux ans, Lejaby, qui a fermé depuis, a proposé à près de 30 salariés de plus de 57 ans de partir avec une petite enveloppe dans le cadre d'une rupture conventionnelle, faisant l'économie d'un plan social. Pourquoi plus de 57 ans ? Parce que l'assurance-chômage garantit trois ans d'indemnisation en cas d'inscription à partir de 58 ans (...) " - Les Echos

Le pire reste à venir, car personne ne sait où on va !

En effet, ces chiffres sont en pleine contradiction avec les propos et théories que le gouvernement a utilisé pour faire passer sa "réforme" des retraites. Car, si le "succès" de la rupture conventionnelle se confirmait, durablement, pour les plus de 55 ans, la question la plus angoissante, pour les salariés, serait de savoir : " à combien s'élèvera, à moyen terme, le taux d'emploi des 60-64 ans " qui est aujourd'hui ... de 20,5% ?


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