27 juin 2011

Egalité hommes-femmes : Le Medef et l'UMP se moquent-ils des femmes ?

A quelques mois de la présidentielle, le Medef et l'UMP lancent un vibrant plaidoyer pour l'égalité hommes-femmes. Question : Pourquoi ont-ils attendu si longtemps et quelles sont leurs propositions ?

De qui ce constat pessimiste et alarmant ?

« (...) d’après le rapport du Forum économique mondial de Davos de 2010, la France est classée au 127ème rang sur 134 pays en matière d’égalité salariale entre les hommes et les femmes, derrière le Kenya ou le Kazakhstan ! Malgré la volonté du législateur, l’égalité professionnelle est rarement une orientation stratégique au sein de l’entreprise. On constate même aujourd’hui des signes de régression (...) Le constat actuel est implacable : les femmes représentent 51% de la population française, 47% de la population active mais 82,2% des travailleurs à temps partiel et les écarts de salaires entre les hommes et les femmes sont encore de 19% (...) » Ne cherchez pas, il est disponible sur le site Web Projet UMP 2012 !

Si le sujet de l'égalité hommes-femmes n'était pas si important, on pourrait, avec humour, déplorer, que la droite parlementaire et le Medef, ne soient pas aux commandes ... de la société française et de ses entreprises.

Du côté du Medef, on a pourtant connu Laurence Parisot plus déterminée, en ce qui concerne les femmes. Notamment, lors de la réforme des retraites, ou elle déclarait : « (...) Baisser l’âge légal de départ à la retraite des femmes par rapport aux hommes, cela équivaut à entériner cette inégalité de fait (...) Puisque les femmes vont travailler moins longtemps, celà veut dire moins de belles carrières que les hommes (...) il n’est pas question non plus que les entreprises soient les seules responsables de cette situation scandaleuse alors que bien souvent cela commence ailleurs dès l’école ou dans le foyer (...) »



Et indiquait : S'opposer à toute modification du projet de loi sur les retraites qui permettrait aux femmes ayant élevé trois enfants de ne pas attendre d'avoir 65 et 67 ans pour percevoir leur pension à taux plein - N'hésitant pas à déclarer : « Les entreprises ne sont pas seules responsables des inégalité de carrières hommes/femmes »

Néanmoins, on pourra s'étonner, en examinant les derniers textes de l'UMP et les dernières déclarations de Laurence Parisot que : la véritable égalité salariale est curieusement absente de leurs propositions !

Si du côté de l'UMP, on écrit : « (...) Les entreprises de plus 50 salariés non couvertes par un accord, ou à défaut, par un plan relatif à l’égalité professionnelle, risquent désormais une pénalité financière pouvant aller jusqu’à 1% de la masse salariale. Votée dans la loi de réforme des retraites, cette disposition était plus qu’urgente, quand on sait qu’en 2008, seulement 7,5% des entreprises avaient signé un accord sur l’égalité… Le décret d’application de cette disposition est actuellement examiné au Conseil d’Etat (...) »

Cela signifie, que le texte n'est toujours pas applicable, et que quoi qu'il arrive, les femmes travaillant dans des entreprises de moins de 50 personnes, qui représentent plus de 97% du parc français, ne seront absolument pas concernées par les pénalités et continueront à subir, légalement, une discrimination salariale !

Du côté du Medef, on préfère évoquer : « Un code de bonne conduite dans les entreprises (...) les choses avancent, notamment dans les grandes entreprises, où nous avons fixé un quota de femmes de 40% dans les conseils d’administration. Je revendique d’ailleurs, pour une large part, la maternité de cette mesure. Les entreprises sont aussi en train de multiplier les accords internes d’égalité salariale et de bonne gestion des carrières (...) »

Multiplier les accords ?

Comme l'indiquait le site Question(s) sociale(s) : En ce qui concerne les accords sur l'égalité salariale, Laurence Parisot reconnaît que : « (...) il n'y a aujourd'hui que 82 accords sur l'égalité salariale entre hommes et femmes pour plus de 200 branches professionnelles. « Je souhaite que toutes celles qui n'ont pas encore signé un accord se dépêchent de le faire, ajoute-t-elle (...) » et de préciser : « Pour réaliser cela à l’avantage de toutes les parties, il faut un consensus réel »

Par contre, en ce qui concerne : le sexisme, le machisme et la misogynie, Laurence Parisot n'a pas assez de mots pour condamner la « DSK attitude » (épargnant au passage le réflexologue Georges Tron) et fustige dans Le Parisien : « (...) les pubs sexistes (...) » produites par les agences de publicités, dont un grand nombre sont ... adhérentes au Medef et : « (...) dénonce le silence des intellectuels (...) » Sans oublier de lancer : « (...) un appel aux candidats à l’élection présidentielle pour faire enfin de l’égalité homme-femme LE thème majeur de 2012 (...) »

Bon : « tout cela est bel et beau », comme dirait un de mes amis, mais, se résume à « faire du bruit avec la bouche » !

En effet, qu'est ce qui a empêché Laurence Parisot, Présidente du Medef depuis 2005, d'imposer aux entreprises adhérentes au Medef, l'obligation d'une véritable égalité hommes-femmes ?

Car en ce qui concerne : le refus des augmentations de salaires, du partage de la valeur ajouté, du refus de quotas d'apprentis, ou de l'assouplissement des licenciements, elle a montré qu'elle savait traiter les salariés hommes et femmes de la même façon !

Que n'a t-elle mobilisé son mouvement contre la situation décrite par l'UMP : « (...) les femmes connaissent un risque accru d’être des « outsiders » sur le marché de l’emploi (...) Elles passent de plus ou moins longues périodes sur le versant « précaire » du marché de l’emploi et représentent 82,2 % des travailleurs à temps partiel (...) »

Au lieu de cela, Laurence Parisot préfère se focaliser sur : l'allongement du congé paternité, dont elle propose, que le financement ... ne soit pas assuré par les entreprises ! : « (...) Je vais écrire en juillet à tous les syndicats pour leur proposer d’ouvrir les discussions dès septembre. Il faudra bien sûr réfléchir au financement de cette mesure qui coûte cher. Il serait souhaitable que certains dispositifs actuels de soutien à la famille soient supprimés et redéployés vers l’allongement du congé paternité (...) »

Et lorsqu'on lui demande s'il faut : En passer par une loi pour codifier les rapports hommes-femmes dans l’entreprise, pour mettre fin aux comportements anormaux et aux injustices flagrantes, elle n'hésite pas un instant : « (...) Les lois existent déjà. Sans une prise de conscience et une adhésion générale, elles ne seront pas appliquées. Oui, il faut normaliser mais plutôt par des codes, des principes, des chartes de bonne conduite dans les entreprises, petites et grandes, ou grâce à des formations qui expliquent ce qu’il convient de faire et d’éviter, y compris dans les administrations (...) »

Et oui, avec le Medef, c'est une habitude : Tout commence par un débat pour finir par ... un code de bonne conduite. Evitant, de fait, l'intervention des élus de la nation et leurs éventuelles sanctions ou pénalités !

En attendant, les salariées n'apprendront rien sur la détermination du Medef ou de l'UMP sur la stricte application de l'égalité salariale. Mais seront certainement ravies d'apprendre que : « (...) Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale , fait sienne les propositions de l’UMP. C'est à dire : étendre la parité aux organisations syndicales, aux Conseils de prud’hommes, Chambres de commerce et d’industrie, Chambres de métiers (...) »

Sans commentaire ...


Crédit et copyright photo
France24

24 juin 2011

Xavier Bertrand condamne 30 000 chômeurs seniors à la misère !

François Fillon affirmait en 2010 que le gouvernement mettrait en place une nouveau dispositif en remplacement de l'allocation équivalent retraite supprimée au 1er janvier 2011. Hier, Xavier Bertrand a déclaré qu'elle ne verrait jamais le jour !

Il y a 48H00, le député socialiste François Deluga, interpellait François Fillon sur la suppression de l'allocation équivalent retraite, qui : « constitue un revenu de remplacement ou de complément susceptible d'être versé aux personnes involontairement privées d'emploi justifiant du nombre de trimestres permettant de bénéficier d'une retraite à taux plein, mais n'ayant pas l'âge minimum requis permettant de partir à la retraite » et qui a été : « supprimée depuis le 1er janvier 2011»

Dans cette interpellation, il faisait référence à des déclaration du Premier Ministre en septembre 2010 sur France 2. En effet, celui-ci, après avoir déclaré que la réforme des retraites était : « très raisonnable » , il indiquait : « (...) que le gouvernement allait mettre en place une nouvelle allocation pour les travailleurs âgés qui ne peuvent pas partir à la retraite malgré tous leurs trimestres de cotisation, faute d’avoir atteint l’âge légal. Actuellement, c'est l'Allocation équivalent retraite (AER) qui joue ce rôle. Supprimée par le gouvernement début 2009, elle avait été rétablie temporairement en « réponse à la crise » jusqu'à fin 2009, puis une nouvelle fois jusqu'en 2011 (...) (...) Une fois qu'ils (partenaires sociaux) auront négocié la nouvelle convention (UNEDIC), nous mettrons en place un système équivalent à l'AER, pérenne, pour les travailleurs les plus âgés »

Or, ce n'est pas François Fillon mais Xavier Bertrand qui a apporté la réponse à François Deluga : « L'Etat ne financera pas un renouvellement de l'allocation équivalent retraite » dans la mesure ou sa priorité est de : « ramener vers l'emploi les salariés les plus âgés »


François Deluga - Question au gouvernement

Ce qui signifie en clair qu'ils devront : « (...) se contenter des 461 € mensuels de l'allocation de solidarité spécifique (ASS), le minima social des chômeurs en fin de droits (...) », ou ... ne toucheront, plus rien du tout « si les revenus de leur foyer dépassent les plafonds » et ce, pendant des durées, allant de 3 à 4 ans. Comme l'indique ce formidable reportage de Notre Temps : « L'allocation équivalent retraite supprimée, des chômeurs sans ressources», qui nous apprend aussi qu'ils : « (...) seraient près de 30 000 demandeurs d'emplois seniors privés d'AER. Trop vieux pour retrouver un travail, trop jeunes pour partir à la retraite (...) »

Et lorsqu'on sait que le chômage de longue durée des plus de 50 ans augmente, impitoyablement !

Selon la CFDT : « Le rétablissement de l'AER coûterait autour de 250 millions d'euros » mais, affirme Stéphane Lardy, en charge du dossier à Force ouvrière : (...) on nous dit qu'il n'y a pas de budget, le dossier est bloqué (...) »

Une somme dérisoire à côté des allègements fiscaux que le gouvernement va concéder aux assujettis à l'ISF ! direz-vous. Mais que pèsent 30 000 personnes dans la détresse à côté de 560 000 électeurs qui seront ravis de voter pour l'UMP en 2012 !


Crédit photo
L'Express

23 juin 2011

Sénat : La première « entourloupe » de l'UMP sur les fonds du RSA ?

Au gouvernement et à l'UMP tout le monde est tombé sur Martin Hirsch quand il a dit craindre : une « entourloupe », sur l'utilisation de l'excédent d'un milliard d'euros du RSA. C'est pourtant ce que les Sénateurs UMP ont fait !

En pleine campagne électorale, les sénateurs de l'UMP ont été visiblement sensibles, aux arguments de l'AMF, sur les réductions de personnels de l'éducation nationale. En effet, comme Slovar vous l'expliquait le 24 mai dernier :

« (...) les maires font part de leur vif mécontentement au regard de la réduction de 8 967 postes de personnels enseignants du 1er degré en 2011. Elle aura pour conséquence la suppression de 1 500 classes, en milieu rural comme en milieu urbain, sachant que la réserve de remplaçants a déjà été fortement réduite depuis la rentrée précédente, que 379 postes de Rased seraient également supprimés et alors que 4 900 nouveaux élèves sont attendus (...) C'est une association qui représente tous les maires de France, les maires de droite comme de gauche, les urbains comme les ruraux. En principe, la position de l'AMF a un certain poids »

Un certain poids, surtout aux sénatoriales, qui auront lieu le 25 septembre prochain ! Alors comment faire pour faire rapidement plaisir aux maires/électeurs en cette période de caisses vides ?

Et bien, en essayant de récupérer une partie de de l'excédent d'un milliard d'euros, enregistré par le dispositif de financement du RSA, en 2010 pour maintenir, entre autre : « les contrats aidés dans l'Education nationale »

La ficelle est grosse direz-vous ?

Et bien non, puisque nous apprend, le blog Conte Public/Le Monde, (information confirmée par Investir ) : « Les sénateurs ont adopté, mercredi 22 juin dans le cadre de l'examen du projet de loi de finances rectificative et contre l'avis du gouvernement, un amendement présenté par Fabienne Keller (UMP) qui vise à mettre à profit 200 millions d'euros non utilisés par le Fonds national des solidarités actives (FNSA) pour maintenir le dispositif des contrats d'accompagnement dans l'emploi et les contrats aidés dans l'Education nationale.

D'après les rapporteurs spéciaux Albéric de Montgolfier et Auguste Cazalet, le Fonds national des solidarités actives serait excédentaire d'un montant d'au moins 300 millions d'Euros à la fin de l'année 2011 (...) Le président de la République a déclaré hier vouloir soutenir l'école, annonçant un moratoire sur les fermetures de classes (...) cette réaffectation permettrait de financer un certain nombre d'emplois aidés en milieu scolaire pour du soutien administratif et de l'appui à des projets pédagogiques (...) »

Il semblerait pourtant que cette « géniale idée » parfaitement clientéliste, qui consiste à piocher dans la caisse de ceux que l'UMP traite d'assistés, pour financer des emplois précaires, mais susceptible de séduire les élus locaux, ne voit pas le jour.

En effet, François Baroin, qui a probablement à l'esprit une toute autre affectation de ces fonds, a clairement indiqué : « (...) que le gouvernement utilisera tous les moyens à sa disposition, en commission mixte paritaire, pour revenir sur ce vote (...) »

Au delà de la probable future déception des sénateurs UMP, il faudra donc attendre, encore un peu, pour connaître la prochaine « entourloupe »A moins que celle-ci, ne se résume, comme l'expliquait Martin Hirsch, à utiliser : « (...) l'argent des travailleurs modestes pour alléger l'impôt de solidarité sur la fortune (...) »

Mais nul doute que François Baroin aura à coeur de nous confirmer que Martin Hirsch : « dit des sottises » et « commet une erreur en alignant des contre-vérités »

Crédit photo
La Provence

22 juin 2011

Medef : Une étonnante vision de la démocratie et du business ?

Pour Laurence Parisot : « Démocratie et économie de marché vont de pair » c'est probablement à ce titre, que le Medef International organise un déplacement professionnel, au Turkménistan et en Ouzbékistan !

Lors de l'annonce des réformes au Maroc, Laurence Parisot a tenu à déclarer : « (...) Démocratie et économie de marché vont de pair. Plus nous approfondissons la démocratie, plus nous nous donnons de chance d'approfondir la paix, la croissance et la prospérité »

Ce qui est en conformité avec le séminaire organisé en 2005 par le Medef : « Les droits de l'homme : Facteur de performances pour les entreprises à l'internationale ? » au cours duquel la même Parisot avait, dans son discours d'ouverture, tenu les propos suivants

« (...) Depuis longtemps, en réalité, les entreprises et le MEDEF s’intéressent aux droits de l’homme et à leurs relations avec les échanges internationaux. Cet intérêt se manifeste loin des médias, souvent de façon discrète et, de ce fait, sérieuse (...) il convient de se recentrer sur les actions que nous menons au sein de l’OCDE (...) Ces activités au sein de l’OCDE, comme les informations remontées des marchés export par MEDEF International, nous montrent l’importance croissante de la dimension « droits de l’homme » dans les échanges internationaux. Les règles et comportements managériaux, déclinés naturellement des Principes directeurs de l’OCDE, doivent être et sont d’ores et déjà mis en œuvre par les entreprises, dans leur conquête de marchés ou leurs investissements à l’étranger. Ces règles concernent les relations professionnelles, la lutte contre la corruption, l’accès aux besoins fondamentaux ou encore et surtout le travail des enfants (...) » Avant de conclure par : « (...) La relation entre droits de l’homme et commerce international, quelques décennies plus tôt, aurait constitué une utopie. Aujourd’hui, nous faisons tout pour l’ancrer dans un principe de réalité et même, pour nous, entreprises, dans un principe managérial (...) »

Puisque le Medef s’intéresse depuis si longtemps aux « droits de l’homme et à leurs relations avec les échanges internationaux » et s'indigne de la corruption, et du travail des enfants, on pourra s'étonner, de la toute dernière invitation du Medef International, lancée à des entreprises françaises

TURKMENISTAN - OUZBEKISTAN - Délégation de chefs d'entreprises conduite par Thierry COURTAIGNE Vice Président, Directeur Général de MEDEF International

« Nous avons le plaisir de vous inviter à prendre part à la prochaine délégation de chefs d’entreprise à Ashgabat et à Tashkent, du lundi 27 juin au vendredi 1er juillet 2011. Le Turkménistan et l’Ouzbékistan devraient connaître des taux de croissance supérieurs à 8% en 2011, d’après les institutions financières internationales. (...) Un groupe de travail Energie entre la France et le Turkménistan a été lancé en février 2011, afin de renforcer la coopération entre nos deux pays. Le Président BERDIMOUHAMMEDOV a également déclaré vouloir renforcer la base industrielle du Turkménistan, prévoyant une augmentation des investissements de +20,8% en 2011 et la création de 50 entreprises.

L’économie ouzbèke continue de croître également (8,5% en 2010), notamment grâce aux prix du coton et des minerais sur les marchés mondiaux. Le gouvernement a par ailleurs lancé un plan d’investissement de 50 Mds $ sur la période 2011-2015 pour développer 500 projets industriels (...) Près de 46% de tous les investissements prévus seront consacrés à l’achat de nouveaux équipements (...) Parmi ces projets, un parc d’activités de hautes technologies devrait voir le jour à Tashkent d’ici 5 ans.

La multiplication des projets dans ces deux pays est une bonne nouvelle mais l’environnement des affaires reste complexe. Afin de mieux comprendre les priorités de développement du Turkménistan et de l’Ouzbékistan, mais également les financements alloués et les acteurs de ces projets, ainsi que les réseaux de décision, nous rencontrerons, lors de cette délégation, les principaux décideurs des deux pays »

On pourrait sourire à la lecture de : « l’environnement des affaires reste complexe » En effet, le Medef International est parfaitement conscient de la corruption généralisée au Turkménistan et en Ouzbékistan comme du travail des enfants, dans les champs de coton des deux pays

Tout comme ils sont au courant, de la situation des droits de l'homme, au Turkménistan et en Ouzbékistan !

Turkménistan

Rapport du comité contre la torture des Nations Unies : « Le rapport (..) met en lumière le bilan déplorable du gouvernement turkmène en matière de droits humains », a commenté Veronika Szente Goldston de Human Rights Watch (...) Dans un exposé de 12 pages soumis au Comité le 30 avril 2011, Human Rights Watch avait indiqué que le gouvernement du Turkménistan, dirigé par Gurbanguly Berdymukhamedov qui en 2007 a succédé à Saparmurat Niyazov, demeure « l'un des gouvernements les plus répressifs du monde »

Ouzbékistan

Bilan par Reporter sans frontière : « (...) la censure semble n’avoir aucune limite. L’Internet n’y échappe pas. Les sites du journal russe Russki reporter et de l’Institute for War and Peace Reporting sont dernièrement venus s’ajouter à la longue liste des adresses inaccessibles dans le pays. (...) les compagnies de téléphonie mobile ont reçu l’ordre de signaler instantanément toute circulation massive de messages SMS au contenu suspect. A tout moment, le pouvoir peut leur ordonner de couper l’accès aux réseaux internet (...) L’opposition politique a été réduite à néant. Les militants des droits de l’homme ne peuvent plus accéder au pays. En mars 2011, Human Rights Watch, présente envers et contre tout sur le terrain depuis 15 ans, a été obligée de fermer son bureau de Tachkent. L’ONG avait notamment fait état des tortures et des mauvais traitements, devenus monnaie courante dans les geôles ouzbèkes (...) »

Vous avouerez, que nous sommes très loin de l'utopie réaliste, proclamée par Laurence Parisot en 2005. Oui, mais c'était il y a 6 ans, c'est à dire en termes d'économie de marché ... une éternité !

Mais peut être que les citoyens Ouzbeks ou Turkmènes seront ravis d'apprendre que le Medef a installé un Comité Ethique qui a : « (...) pour mission d’apporter des réponses aux nombreuses questions exprimées par la société civile vis-à-vis de l’entreprise et de l’économie de marché (...) » mais qu'il seulement applicable ... en France !

Crédit photo
Elle
Global Times
CBNC

21 juin 2011

Médecine du travail : Les députés UMP au secours du Medef ?

Le Medef veut profiter du passage du texte de la réforme de la Santé au Travail à l'Assemblée Nationale pour bloquer, entre autre : « le principe d’une présidence alternée de la médecine du travail » avec les syndicats de salariés, voulue par le Sénat !

La réforme de la médecine du travail devrait être présentée, fin juin devant les députés, affirme le très bien informé WEKA : « Bruno Dupuis, conseiller de Xavier Bertrand, a annoncé le 27 mai aux Journées nationales de santé au travail dans le bâtiment et travaux publics (BTP) qu’il existait une fenêtre de tir le 27 juin 2011 pour que le texte réformant la santé au travail soit présenté à l’Assemblée nationale. Après que les articles « santé au travail », inclus dans la loi réformant les retraites, aient été retoqués par le Conseil constitutionnel, le texte est retourné vers les parlementaires (...) »

Or, entre temps : « Le Sénat a adopté le 27 janvier 2011, en première lecture, la proposition de loi relative à l’organisation de la médecine du travail avec un retour à une gouvernance paritaire avec présidence alternée des services de santé au travail »

C'est ce texte du Sénat qui met hors de lui, Eric Le Jaouen, le président du Medef Loire. Il l'expliquait au Progrès, le 17 juin dernier : « (...) Tout le monde est d’accord sur le besoin impérieux d’une réforme (...) Le problème à ses yeux, c’est que cette réforme ne correspond pas aux aspirations du patronat. « Le Sénat vient de faire passer le principe d’une présidence alternée entre les employeurs et les représentants des salariés. Nous ne pouvons pas accepter cela puisque ce sont les employeurs qui assument, en la matière de santé au travail, la totalité des responsabilités (...) » Et le Président du Medef Loire, de brandir un recours, devant le Conseil Constitutionnel.

Conseil qui avait, au passage, annulé le « cavalier législatif » introduit par quelques parlementaires UMP, avec la bienveillance d'Eric Woerth, sous forme d'amendement et destiné à ... changer la nature de la médecine du travail.

Mais, pourquoi cette crainte du Medef, au sujet de la « présidence alternée des services de santé au travail » ?

Peut être faut-il se replonger dans l'enquête de 2007 réalisée par Rue89 et France Inter qui expliquait : « Comment l'argent de la santé des salariés finance les comités locaux du patronat »

Extrait : « (...) Un véritable pactole, car la cotisation est obligatoire. En moyenne, comptez 75 euros par salarié et par an. Soit au total, d'après le Cisme (Centre interservices de santé et de médecine du travail en entreprise), une manne d'un milliard d'euros ! Aujourd'hui, 95% des 6500 médecins du travail sont employés par des associations. Celles-ci sont toutes contrôlées par des représentants du Medef ou de la CGPME. Depuis 2004, la loi impose la parité dans leur conseil d'administration : 2/3 de patrons, 1/3 de salariés. Dans les faits, seuls les employeurs ont les moyens de contrôler ces activités (...) »

Si à l'époque, Laurence Parisot avait maladroitement essayée de nier les faits, déclarant toutefois : « S'il y a des pratiques qu'il faut abandonner, on va les abandonner » La même équipe de journalistes montrait, dans un reportage : « Un an plus tard, où en est-on ? » que de nombreux cas subsistaient, et que Xavier Bertrand, déja en charge du dossier médecine du travail, restait très évasif sur le fond, préférant évoquer la responsabilité des partenaires sociaux.

Evidemment, comme vous l'avez noté plus haut, le texte du Sénat devrait, si les députés le confirmaient, donner un plus large contrôle des représentants des salariés sur la gestion des fonds de la médecine du travail. Et ça, comme le dit le Medef : « Nous ne pouvons pas accepter »

Hasard de l'histoire, c'est le même Xavier Bertrand qui doit présenter le texte à l'Assemblée Nationale, probablement le 27 juin. Néanmoins, nous dit Weka, jusqu'à présent, les députés ont joué la montre afin de retarder l'examen du texte : « Depuis, la proposition de loi est retournée au placard parlementaire, le parlement ayant manifestement d’autres priorités (...) »

S'achemine t-on vers une confirmation ou un rejet du texte des sénateurs ?

Le problème, c'est qu'un rejet par les députés UMP pourrait être regardé négativement par les salariés/électeurs et son adoption comme une provocation par les employeurs/électeurs !

Car, au delà de la présidence alternée, le texte évoque : des garanties sur l'indépendance des médecins du travail, la responsabilité des missions de prévention et le droit d'alerte du médecin

C'est pourquoi WEKA écrivait, le 6 juin dernier : « (...) Il se disait sous le manteau que la réforme de la santé au travail pourrait être reportée après les élections de 2012. Bruno Dupuis a redonné une visibilité au texte. Il convient néanmoins d’être prudent car le créneau indiqué est étroit et si d’aventure un autre texte devenait prioritaire … »



Bibliographie

Non à la mort de l'authentique médecine du travail
Medecine du travail : l'autre caisse noire du Medef


Crédit photo
AIST Béziers

20 juin 2011

Acheter des produits français : Oui, mais lesquels ?

Selon le CREDOC les français seraient 64% à prêts à payer plus cher des produits industriels fabriqués en France. Mais, est-il encore possible, face à la baisse du pouvoir d'achat et la forte désindustrialisation, de le faire ?

Publiée en mai 2011 : « L’enquête du CRÉDOC révèle que ce regain d’intérêt pour le « made in France » témoigne d’une confiance croissante dans la qualité des produits industriels fabriqués en France (...) » Mais, si cette attitude indique : « (...) la volonté de contribuer à défendre les emplois dans le pays (...) » Il sont « (...) 73 % à déplorer le déclin de l’industrie française »

Si l'agriculture reste un des derniers domaines où on peut trouver des produits français, ça fait combien de temps, en tant que consommateur lambda, que vous n'avez pas eu entre les mains un article portant la mention ou l'étiquette Fabriqué en France ?

Et ce n'est pas le lancement par Yves Jego le 19 mai dernier de la nouvelle marque France qui risque d'améliorer la valorisation des : « (...) produits fabriqués en France, noyés dans la vague d’une mondialisation galopante (...) » D'autant que : (...) « Pour obtenir le label, 50 % a minima de la valeur ajoutée doit être française et le produit doit être intégralement conçu en France. On comprend ici que la moitié des composants, au maximum, peut donc venir de l’étranger (...) » explique le site lemadeinfrance

Le problème de la France n'est pas un cas unique, puisque que ce soit en Europe ou aux Etats Unis, il est devenu quasiment impossible de consommer national.

En ce qui concerne l'Europe, il y a une raison bien précise : La lutte contre l'inflation, première préoccupation de la BCE. En effet, dans le monde de Jean-Claude Trichet, les prix et les salaires ne doivent jamais augmenter !

La seule solution, en ce cas, consiste à faire baisser les prix des produits manufacturés. Ce qui n'est possible, qu'en remettant en cause leur qualité, ou en produisant dans des pays à bas salaires. Ce qui a eu pour effet, par exemple, de voir les industries textiles changer de pays puis de continents au gré des augmentations de salaires et de niveau de vie et de ... paupérisation des consommateurs des anciens pays producteurs.

Mais, est-il toujours possible d'acheter français ?

Une intéressante enquête de Terra ECO de décembre 2009 nous donnait quelques réponses/exemples

« (...) Le plus dur, ce sont les fringues. Je veux bien me saper local si cela ne ressemble pas aux pulls que tricotait feu mamie (...) le coton pousse en Inde, la toile est traitée puis cousue en Tunisie avant d’être acheminée en bateau et camion jusqu’au revendeur français. Il faut par ailleurs casser sa tirelire pour s’offrir des pulls Ardelaine tricotés à partir de laine ardéchoise (...) en lisant une histoire à Neva, ma filleule de 4 ans, je me rends compte que le bouquin a été imprimé en Chine. C’est le lot de 80 % des livres pour enfants aujourd’hui. Ce n’est pas rien quand on sait que le marché du bouquin de jeunesse écoule plus de 70 millions d’exemplaires par an. Mais comme la délocalisation de l’impression permet d’économiser 30 % des coûts (...) La bicyclette (...) 90 %, m’assure-t-on, des vélos vendus dans le commerce sont assemblés en Chine (...) plus aucun produit high-tech n’est fabriqué en France ! Télévision, chaîne hi-fi, baladeur numérique… Idem pour les produits multimédias ou les téléphones portables. Depuis 2004, la Chine est le premier exportateur de produits high-tech au monde. Plus de 70 % des lecteurs de DVD proviennent de l’Empire du milieu et environ 50 % des téléphones portables (...) »

Alors, à moins de disposer d'un pouvoir d'achat hors norme, permettant de se chausser : JM Weston, Paraboot, Hardridge, Joseph Malinge, Heschung, Corthay, Delos, Massaro, Lobb Mesure, Berluti Mesure ou de se vêtir : St James, Royal Mer Bretagne, Men by Men, La Guardia, LVX, Montagut Fil lumière, Ludovic Bun (...) il faut se résoudre à acheter ce que le marché propose !

Oui, mais il nous reste l'automobile français argueront certains !

Française ? lorsqu'on sait que la France est importatrice nette comme l'écrivait France Soir ! : « (...) En réalité, il n’existe plus de voiture nationale. On a vu que le tsunami a perturbé la production de tous les constructeurs, qui font appel à des composants japonais. Les moteurs et les équipements s’échangent, dans un entrelacs mondial. Impossible de dire si telle version de telle voiture est à 60 % ou 30 % française (...) »

Et que penser de Renault qui va diffuser en France un monospace, siglé DACIA produit à Tanger, au Maroc, et développés sur la plate-forme B0 de l'alliance Renault-Nissan ?

La réalité, c'est que même, s'il existe quelques sites Web : La Fabrique hexagonale, Madine France, Made in france pour présenter des produits fabriqués en France. Comme le dit Senior Actu, il s'agit : « (...) d'entreprises locales qui n'ont pas tellement de moyens pour se faire connaître, et qui encore une fois, ont le mérite de faire perdurer une production de qualité (...) »

Alors plutôt que se gargariser comme le site Pro France qui prétend : « (...) développer une politique de promotion ambitieuse des produits certifiés, sur le marché intérieur comme à l'export (...) » il est évident qu'il est nécessaire d'avoir une VRAIE politique industrielle. Et cesser de brandir, à tous bout de champs, Airbus comme monnaie d'échange, avec l'ensemble des importations nécessaires, à l'ensemble de la population !

Car, pour ses derniers fleurons, la France n'est pas avare de transfert de technologies comme celui d'Airbus en Chine, des bateaux français de la classe Mistral vendus à la Russie ou des promesses systématiques de Dassault et l'Etat français, dès qu'il s'agit d'une possible commande d'avions Rafales. Transferts, qui permettront, sans nul doute, à ces pays de devenir producteurs et vendeurs à leur tour ! Au détriment bien entendu des emplois français !

Néanmoins, il est intéressant de lire les réponses officielles de ministres, qui ont été faites en 2009, à l'association Vêtements made in France concernant le projet de création d'une entreprise de vêtements de fabrication française « chic et branchée : « (...) Le ministre a pris bonne note des éléments que vous lui avez communiqué et a aussitôt demandé aux services compétents de son départemant ministériel de faire le point sur ce dossier et de vous apporter une réponse dans les meilleurs délais (...) »

D'autant plus intéressant qu'en mars 2011, sur Marianne2, Francis Journot initiateur du projet et ses amis, expliquaient qu'on ne les avait pas écoutés et racontaient pourquoi.

Oui, mais dira t-on à l'UMP, nous avons un Président qui affirme : « J'aime les usines, c'est mon truc » !

Crédit image
Le Made in France

17 juin 2011

Contrat de travail unique : La précarité organisée ?

Selon l'association nationale des DRH : Il existerait en France des salariés en CDI hyper protégés qui empêcheraient les précaires en CDD de trouver leur place. Il serait donc urgent de précariser l'ensemble des salariés par un contrat de travail unique !

Le 1er novembre 2010, nous écrivions : « Trop de chômage et pas assez d'emplois. La gauche avait initié le concept du partage du travail au travers des 35H00. La droite, bien aidée en cela, par ses fondations et think tanks libéraux tiens à son idée : Flexibiliser à tous prix le contrat de travail et ainsi, partager le chômage entre tous ! » C'est au tour de l'association nationale des DRH de reprendre à son compte cette demande formulée par la Fondation Montaigne

Tout le monde le reconnaît : Depuis l'adoption de la rupture conventionnelle, il est assez facile de se séparer d'un salarié en CDI quelque soit son ancienneté.

Seulement, cette rupture ne peut s'obtenir, qu'après homologation et, bien entendu, dans la mesure où le salarié, est effectivement d'accord. Si ce n'est pas le cas, on s'oriente vers une procédure au tribunal des prud'hommes. Procédure, qualifiée par Laurence Parisot de : « facteur d'insécurité pour les entreprises » !

Du coup, depuis des décennies, les organisations d'employeurs affirment que ces protections pour les salariés sont un obstacle à l'embauche et que : « Faciliter le licenciement incite à recruter »

Quelques exemples ?

Yvon Gattaz, alors président du CNPF (ancêtre du Medef) qui avait annoncé que la suppression de l'autorisation administrative de licenciement se traduirait par la création de 400 000 emplois

Ernest Antoine Seillière, a aussi usé de l'équation simple : « pouvoir licencier en toute sécurité, c'est pouvoir embaucher plus facilement »

Et surtout : La suppression de la contribution Delalande qui était un obstacle à l'embauche des plus de 50 ans !

Avec les résultats qu'on connaît aujourd'hui !

L'effet rupture conventionnel ayant atteint sa vitesse de croisière, mais restant insuffisant, en termes de flexibilité, quoi de plus naturel d'entendre Jean-Christophe Sciberras, président de l'association des directeurs des ressources humaines, proposer, à l'occasion de leur assises nationales, où l'on va débattre, en présence de Xavier Bertrand de : « L’urgence de l’innovation sociale » l'extension à l'ensemble des salariés d'un contrat de travail unique !

Ainsi, selon Jean-Christophe Sciberras, les salariés en CDI seraient la cause du chômage des moins de 25 ans : « (...) Près d’un quart des moins de 25 ans sont au chômage et voient la perspective du CDI comme voie d’entrée principale vers l’emploi se raréfier. Il est aujourd’hui urgent de mettre un terme à un système complexe et rigide en ouvrant enfin de nouvelles pistes d'action pour une insertion durable des jeunes en entreprise (...) »

En gros, à défaut de sécuriser les plus jeunes, « insécurisons » tout le monde ! Mais, quelles sont ces : « pistes d'action » ?

Le CTU : « (...) ce contrat de travail unique s’énoncera sans référence au temps ; il sera par nature à durée indéterminée et se substituera à tous les CDI, CDD, contrats de missions, contrats saisonniers, actuellement en vigueur (...) »

Et en cas de licenciement ? : « (...) Les motifs de rupture seront alors la faute du salarié, la rupture d’un commun accord, ou la fin de l’activité sur laquelle ce salarié avait été affecté. Ce contrat à durée indéterminée pourrait être rompu assez facilement, du moins au début, la sécurité du salarié se renforçant au fur et à mesure que son ancienneté progresse dans l'entreprise (...) »

L'idée n'est pas vraiment nouvelle, écrivait déjà, le site web chefdentreprise en octobre 2007 : « Elle a été lancée en 2004 par les économistes Pierre Cahuc et Francis Kramarz, puis reprise par Michel Camdessus, ancien directeur du FMI. (...) En cas de licenciement, les exigences juridiques pesant sur l'entreprise seraient allégées (plus d'obligation de reclassement interne ou externe et le juge ne pourrait plus vérifier l'existence d'un motif économique) . Un allégement toutefois compensé par le paiement, au moment du licenciement, d'une indemnité proportionnelle à l'ensemble des salaires versés tout au long du contrat de travail (...) Et c'est ce que déplorent les associations patronales, qui trouvent ce contrat encore trop rigide pour être unique (...) »

Débat, relancé lors de la tentative de mise en place des CNE et CPE (2007). A cette époque, le syndicat Sud expliquait : « (...) les CDD et intérim ne représentent que 12 % des emplois et l’on voit bien du coup la bonne affaire pour le MEDEF consistant à précariser près de 90 % des salariés pour, prétendument nous le verrons, en « sécuriser » 12 %. En effet le salarié en CDD est quasi inlicenciable entre les dates de son contrat, ce qui n’est déjà pas le cas avec le CDI actuel et qui ne le sera plus du tout avec le Contrat de Précarité pour Tous (...) »

Certes, Nicolas Sarkozy qui avait inclut le contrat de travail unique à droits progressifs dans son programme l'a oublié en cours de route. Et, à quelques mois de l'élection présidentielle, il paraît peu probable, que celui-ci prenne le risque, de se mettre à dos, les électeurs salariés.

Mais dans la mesure où, comme le fait remarquer Le Figaro : « (...) Nul doute que le ministre du Travail, qui avait défendu l'idée d'un contrat de travail unique comme porte-parole du candidat Sarkozy, accueillera cette proposition d'un bon œil (...) » il n'y aurait rien d'étonnant que cette mesure puisse ressurgir, en cas de réelection de Nicolas Sarkozy et de l'UMP en 2012 !


Crédit photo
Relations sociales

16 juin 2011

Emploi : Devenir fonctionnaire pour avoir un avenir ?

Contrairement au discours des libéraux de la majorité présidentielle, les français apprécient leurs fonctionnaires. Au point que 2 Français sur 3 encourageraient leur enfant à le devenir. Il faut dire que pour avoir un avenir, le privé est de moins en moins indiqué !

Lorsque j'étais gamin, mes grands parents qui avaient connu deux guerres, le krach de 1929 et les longues périodes de chômage me répétaient à l'envie : Le meilleur métier c'est l'administration ! Choix que je n'ai pas fait à l'époque, puisque dans les années 80, comme disait Coluche, dans le privé : « C'était pas beaucoup payé, mais du boulot, y en avait ». Oui, mais depuis, c'est encore moins payé et ... y en a plus !

Autre inconvénient actuel du privé : Viellir au travail. En effet, le taux de chômage des plus de 50 ans littéralement explosé depuis la dernière crise économique et se maintient à un niveau particulièrement élevé

Alors, dans ces conditions, comment ne pas décider de faire son parcours professionnel dans la fonction publique ? qui vous évitera, entre autre, après la perte de votre emploi, de vous retrouver en « fin de droits » et sans aucune indemnité et éventuellement de plonger dans la plus grande des précarités ?

Mais, traditionnellement à droite, on a toujours fustigé la fonction publique, source de dépenses non productives, en oubliant très souvent qu'une grande partie de ses élus n'ont jamais travaillé dans le privé sauf ... en fin de mandat et/ou dans le cadre d'un pantouflage.

Ce qui n'est pas l'avis d'une majorité de français. En effet : 2 français sur 3 qui encourageraient leurs enfants à devenir fonctionnaires, selon une étude, peu médiatisée d'IPSOS/la Mutuelle nationale territoriale

Mais, cette étude montre également que : « (...) Des années de discours souvent dévalorisants n’ont pas entamé l’attachement des Français aux agents de la fonction publique (...) »

En effet : « Cette enquête montre d’abord que l’image des fonctionnaires ne divise pas les Français. Les bonnes opinions sont en effet majoritaires, tant auprès des sympathisants de gauche que de ceux de l’UMP (...) les salaires des fonctionnaires ne soulèvent pas davantage de controverses : pour 40 % des Français, le montant de leur rémunération n’est « ni trop fort ni trop faible »

Et contrairement à ce qu'affirme le Président et sa majorité : « Une nette majorité de l’opinion ne pense pas non plus que le nombre d’agents est trop élevé »

Autre enseignement de l'étude, alors que : Depuis 2007, 100.000 postes de fonctionnaires ont été supprimés et qu'en 2011, ce seront 34.000 postes de fonctionnaires qui subiront le même sort : « (...) 2/3 des sondés estiment que les thèmes évoqués plus après – remplacement des fonctionnaires, rémunérations – pèseront sur leurs choix de vote pour l’élection présidentielle de 2012. Ces différents éléments viennent donc utilement éclairer le débat sur l’avenir des services publics qui ne manquera pas de s’ouvrir pendant la campagne ».

Et peut être permettre à l'UMP de méditer sur les propos de Philippe Séguin qui affirmait qu'en termes d'effectifs de la fonction publique le gouvernement avait adopté une « démarche purement quantitative (...) principalement par des considérations budgétaires de court terme (...) »


Les français et la fonction publique

Salon de l'emploi public 16 - 17 et 18 juin


Crédit image
Salon de l'emploi public

15 juin 2011

Pôle Emploi : Une fusion pour le meilleur qui aboutit ... au pire ?

Le Comité Economique, Social et Environnemental vient de rendre public son rapport sur la réforme du service public de l'emploi. Le constat est sévère, tant sur la fusion hâtive que sur les moyens alloués à Pôle Emploi !

Pour ceux qui sont au chômage depuis de longs mois, la lecture du rapport du Comité Economique Social et Environnemental, traitant de : la réforme du service public de l'emploi, n'est en aucun cas une surprise. En effet, ils y retrouveront le condensé de leurs rapports avec Pôle Emploi, et de leur sensation d'impuissance de ce service public, à leur trouver une solution, pour reprendre leur place, dans le monde du travail.

Déception, Colère, fatigue, amertume, renoncement sont devenus le lot de tous ceux à qui on avait expliqué en 2007 qu'on allait mettre : « notre service public de l'emploi au niveau des meilleurs standards européens » C'est du moins ce que déclarait Nicolas Sarkozy : « (...) Il y a trop d'énergie perdue, trop de temps perdu (...) avec la fusion, on va passer à la vitesse supérieure (...) »

D'ailleurs Christine Lagarde, à l'époque était formelle : 2 Octobre 2007 - Interview aux Echos « (...) Chaque agent aura pour mission de suivre 30 demandeurs d'emploi en moyenne, au lieu de 60 actuellement (...) Cette fusion doit nous permettre de ramener le taux de chômage à 5 % avant la fin du quinquennat, et nous rapprocher d'un taux d'emploi de 70 %. L'objectif est d'améliorer le service rendu aux demandeurs d'emploi et aux employeurs. Avec la fusion de l'ANPE et de l'Unedic, chaque chômeur disposera d'un interlocuteur unique, qui assurera à la fois son accueil, son inscription, son indemnisation et son accompagnement dans la recherche d'un nouvel emploi (...) Notre objectif est avant tout d'être plus efficace et plus réactif dans le service offert aux demandeurs d'emploi, et non pas de réaliser des économies (...) »

Résultat ? En 2010, on pouvait lire : « (...) Les conseillers suivent un nombre record de demandeurs d’emploi, supérieur à 90 en moyenne, loin de l’objectif de 60. Les ratés de la réforme, sources de « désorganisation » voire de « déshumanisation », ont été dénoncés par les syndicats et les associations de chômeurs (...) Surcharge de travail avec plusieurs centaines de milliers de nouveaux inscrits, effectifs insuffisants, formations trop courtes, problèmes matériels (bureaux, informatique) figuraient dans les motifs de mécontentement exprimés lors de plusieurs grèves des salariés en 2009, dont trois nationales (...) »

Certes, la crise financière qui a débouché sur une crise économique n'a pas arrangé les choses mais, comme l'explique Michel Abhervé (1) sur son blog : « (...) si la crise et l’augmentation corrélative du nombre de demandeurs d’emploi ont accru la difficulté, elles n’en sont pas la cause, même si elles les ont rendues plus visibles, et dans certains cas plus criantes (...) »

Constat : « La réorganisation s'est faite au pire des moments, le déclenchement de la crise économique ayant entraîné une explosion du nombre de demandeurs d'emploi (+587.000 sur la seule année 2009). Mais la réforme n'a pas été suffisamment préparée (...) aucune étude d'impacts, évaluant ses conséquences sur le plan organisationnel et budgétaire, n'a été réalisée » Ecrit Capital. En effet, on peut lire en page 26 du rapport : « Ce n'est qu'au premier trimestre 2010 que Pôle Emploi a initié une réflexion globale sur l'optimisation et la rationalisation des fonctions support, leur définition et leur poids, notamment en région (...) »

Quid du guichet unique, de l'unification des métiers des agents de Pôle emploi, des moyens financiers promis par l'état ?

« (...) La fusion des réseaux de l’ANPE et des Assédic lors de la création de Pôle emploi a conduit à une diminution du nombre des implantations (...) Un schéma cible d’implantation a été adopté, de manière tardive, par le conseil d’administration le 24 septembre 2010. Il prévoit une amélioration de la proximité, de sorte que 80 % des demandeurs d’emploi soient à moins de 30 minutes (par des moyens de transport usuels) d’une agence locale. Ce schéma propose une légère réduction du nombre des agences. En mai 2010, seuls 138 sites sur les 907 mixtes déployés (sur une cible comprise entre 1 000 et 1 200) semblent pouvoir être considérés comme pérennes et s’inscrire dans ces schémas (...) » page 21

l'Unification illusoire des métiers

« (...) L’un des principes accompagnant la fusion était l’unicité, à la fois de lieu mais aussi de personne pour l’accueil, l’accompagnement et l’indemnisation du demandeur d’emploi (...) Il s’est rapidement avéré que les deux métiers ne pouvaient en définitive être regroupés de cette façon compte tenu de leur grande complexité respective (...) Pôle emploi a, dès lors, retenu l’idée d’un socle commun de compétences permettant aux agents de répondre à toutes les questions de premier niveau et de conserver un second niveau d'expertise professionnelle avec un volant de 20 à 25 % de personnes totalement polyvalentes, nécessaire au moment des pointes d'activité saisonnière. Ce changement d’orientation témoigne d’une réflexion insuffisamment aboutie en amont sur la polyvalence des agents et la fusion des métiers et posant la question du rôle précis du conseiller personnel (...) » page 29

Un désengagement de l’État mettant à mal l’autonomie budgétaire

« (...) Pour pouvoir mener à bien ses missions, Pôle emploi doit être doté des moyens budgétaires suffisants (...) Or, dans la période récente, trois mesures ont renforcé la contrainte budgétaire de Pôle emploi :

- en 2009, la subvention de l’État au titre du programme « accès et retour à l’emploi » prévue par la loi de finances a été réduite de 187 millions d'euros ;
- le transfert des salariés de l'AFPA chargés d’orientation n'est pas compensé (coût de 52 millions d'euros en 2010 et 72 millions d’euros en 2011) ;
- la diminution du financement de l’État à hauteur de 82 millions d’euros des frais de gestion de l’Allocation de solidarité spécifique (ASS), corrélativement à l’annonce de la suppression de 1 800 emplois à Pôle emploi (...) »

Fort de ces analyses, le Comité Economique, Social et Environnemental indique un ensemble de recommandations à Pôle Emploi et aux pouvoirs publics. Page 4

« Recommandations à Pôle emploi

1. Assurer un développement harmonieux des différents canaux d’accès
2. Garantir une réelle personnalisation du service rendu
3. Renforcer la différenciation des parcours d’accompagnement
4. Développer l’activité de prospection et de suivi des offres d’emploi
5. Amplifier l’aide au recrutement notamment en direction des PME/TPE
6. Améliorer la procédure et le service d’indemnisation
7. Mieux répondre aux préoccupations des usagers
8. Développer l’offre de service en matière de formation
9. Faciliter la mobilisation des droits individuels
10. Mobiliser davantage le recours aux contrats aidés et en alternance
11. Poursuivre la structuration du réseau sur la base du schéma-cible
12. Renforcer la coopération avec les autres acteurs du SPE
13. Mieux prendre en compte les risques psychosociaux des agents
14. Engager une réflexion sur l’évolution des métiers

Recommandations aux pouvoirs publics

1. Intensifier l’effort de formation
2. Sanctuariser les crédits d’intervention en faveur des demandeurs d’emploi
3. Construire un portail d’information sur l’offre de formation disponible
4. Mieux articuler activités réduites, chômage partiel et formation
5. Accroître les moyens de Pôle emploi
6. Rénover la gouvernance de Pôle emploi
7. Repenser la gouvernance régionale
8. Revoir les indicateurs de performance de la convention tripartit »

Seront-elles suivies par le gouvernement ? Mais dans l'immédiat, comme nous l'explique Michel Abhervé (1) : « (...) Ce rapport va maintenant être soumis au vote : on suivra avec intérêt celui d’une des nouvelles personnalités qualifiées membres du CESE, Raymond Soubie, qui fut un des architectes de cette réforme quand il était le Conseiller social de Nicolas Sarkozy et dont nous verrons s’il vote un avis fort critique par rapport à une réforme qu’il a pour une très large part conduite au plus haut niveau de responsabilité (...) »

Et dans la mesure où, reconnaître l'ampleur d'un tel échec, à quelques mois de la présidentielle pourrait être dommageable, on peut imager que les conclusions et préconisations du rapport pourraient terminer ... au fond d'un tiroir ou sur une étagère ... bien haute !


Rapport du Comité Economique, Social et Environnemental sur la réforme du service public de l'emploi

(1) Professeur associé à l'université de Paris Est Marne la Vallée, il y enseigne l'économie sociale et les politiques publiques dans une licence professionnelle « Management des organisations de l'économie sociale »

14 juin 2011

Prime aux salariés : « Nul ne saura qui a reçu quoi, quand et combien » ?

Sans surprise, on apprend que, suite au lobbying des organisations d'employeurs contre le projet de prime aux salariés : Celle-ci, rencontre, avant sa discussion, ce soir à l'Assemblée : « beaucoup de réticences des élus de l'UMP »


Le 5 février 2009, Nicolas Sarkozy le « monsieur plus » du pouvoir d'achat et de la répartition des bénéfices déclarait, avec une fougue quasi marxiste : « Le compte n'y est pas pour les salariés », et de dénoncer « le siphonage des profits par les actionnaires »

Or, ce soir, commencent à l'Assemblée Nationale, les discussions sur : « le versement d'une prime aux salariés des entreprises de plus de 50 salariés dont le dividende par action augmente par rapport à la moyenne des deux exercices précédents » Voulue par notre Président nous rappelle Le Monde

Cette discussion, risque bien de mettre fin aux grands discours de l'exécutif, et laisser un goût amer à l'ensemble des salariés français. Ces mêmes salariés qui vont constater que, si l'état peut modifier le code du travail à la demande des employeurs, il ne peut les contraindre à augmenter les salaires ou accéder à : « (...) la demande des salariés d'être associés aux bénéfices des entreprises dont ils ont contribué à créer la richesse (...) »

Car, comme nous vous l'expliquions sur Slovar le 31 mai dernier dans : « Prime aux salariés : Députés et Sénateurs vont-ils donner satisfaction au Medef ? »

Laurence Parisot avait définit la stratégie de son organisation de la façon suivante : « On va expliquer aux députés, aux sénateurs » (...) Plus simplement, l'organisation patronale va effectuer, une vaste opération de lobbying auprès des parlementaires (...) »

Hier, à 24H00 du début de la discussion à l'Assemblée Nationale, le Medef a publié sur son site Web, un texte cosigné avec la CGPME et l'UPA : « La CGPME, le Medef, et l’UPA rappellent leur opposition à une prime liée aux dividendes »

Si celui-ci, rapelle l"hostilité des organisations patronales à la prime, pour des raisons plus ou moins idéologiques, comme : la non ingérence de l'état dans la vie des entreprises ou la méconnaissance des pouvoirs publics de la situation des entreprises, versant des dividendes. On notera le message ( volontairement surligné en gras sur le site), adressé aux députés

Extrait : « (...) nous appelons les parlementaires à bien peser les conséquences de leur décision. Laisser l'Etat s'immiscer dans la gestion des entreprises, c'est ouvrir la porte à une forme de dirigisme préjudiciable au fonctionnement normal de l'économie de marché. De plus, créer de faux espoirs par une mesure dogmatique contribuera à dégrader le climat social à l'intérieur comme à l'extérieur des entreprises (...) »

On pourra, au passage, faire remarquer à Jean-François Roubaud, président de la CGPME et auteur de cette phrase, qu'il a moins de scrupules à recevoir des aides de l'état ou en réclamer. Mais, obtenir le beurre et l'argent du beurre, est une statégie patronale de longue date !

Néanmoins, les députés de l'UMP semblent avoir compris le message, puisque, selon les mots du député UMP Yves Bur : « rapporteur du projet de loi rectificatif de la Sécurité sociale qui inclut le dispositif : il y a au sein du groupe UMP beaucoup de réticences à accepter ce mécanisme. On peut s'interroger sur le principe d'un telle prime (...) »

Ce qui fait dire à Alain Vidalies (PS) : « (...) A l'inverse de ce que les Français avaient compris, cette prime n'aura rien d'obligatoire : il s'agit simplement d'une obligation de négocier qui pourrait à la limite n'aboutir qu'au versement d'un euro (...) »

D'où, une issue que chacun conçoit, et parfaitement résumée à l'AFP, par un parlementaire : « Au final, on aura du mal à savoir comment cela s'est passé, et à savoir qui a reçu quoi, quand et combien »

En contrepartie, les parlementaires UMP savent parfaitement que :

le bouclier fiscal supprimé ne le sera : « (...) qu'à compter des impôts directs payés en 2011 et 2012 au titre des revenus réalisés en 2011 ». Ce qui représentera encore un coût pour les caisses de l'Etat de 550 millions d'euros en 2012 et de 200 millions d'euros en 2013, selon le président PS de la commission des Finances de l'Assemblée, Jérôme Cahuzac »

Les oeuvres d'art continueront d'être exclues de l'assiette de l'ISF et que les artistes et producteurs (producteurs de disques et aux artistes-interprètes les plus fortunés) garderont leurs exonérations d'ISF

Oui, mais : « un chef d'entreprise, un rentier, un artiste, un collectionneur, contrairement à une caissière ou un employé de bureau, ça peut quitter la France et faire diminuer le rayonnement et le pouvoir d'attraction international de notre beau pays ! » expliqueront probablement, les députés UMP et les organisations d'employeurs, au salariés, en enterrant joyeusement, une des innombrables promesses ... non tenues de notre Président !


Crédit image
Plantu

13 juin 2011

Bernard Tapie : Nouveau « président du pouvoir d'achat » ?

Le site bernardtapie.com affirme proposer : « des solutions dans de nombreux domaines pour dépenser moins et mieux ». Plus insolite, il se propose de venir en aide aux : « fichés, surendettés et débancarisés » !

« Fichés, surendettés et débancarisés » unissez-vous ! ... sous la bannière de Bernard Tapie. C'est le sens de l'appel insolite que l'on peut trouver sur le site bernardtapie.com, fondé par Laurent Tapie en avril 2009

Sur ce site, on peut aussi lire la profession de foi du fondateur : « (...) Depuis la crise des subprimes, qui n’a épargné personne, il y a aujourd’hui, plus que n’importe quand depuis 20 ans, un véritable problème de pouvoir d’achat en France (...) » et précise t-il : « (...) Bernard et Laurent Tapie ont décidé d’unir leurs efforts (...) » et un peu des ... 285 millions d'euros, attribués par une décision, qui pourrait valoir, à Christine Lagarde, le 8 juillet prochain, une éventuelle enquête de la Cour de Justice de la République, pour abus d'autorité.

Mais, n'anticipons pas, et lisons plutôt, les missions et cibles de ces apôtres du pouvoir d'achat, que n'aurait pas rénié, notre Président de la République ... lorsqu'il était candidat !

« Mission : Redonner du pouvoir d'achat à tous les français en leur permettant de faire des économies (immédiatement). En leur permettant de trouver de nouvelles sources de revenus et de se constituer un patrimoine (dans quelques mois) (...) La cible : Ceux qui subissent le plus la crise (les 50% des français qui gagnent le moins) (...) »

Et de promettre : « En prenant à chaque fois LE TIERS de l’économie maximale possible avec BernardTapie.com, pour chaque poste du budget sur lequel nous proposons des solutions, l’économie théorique totale permettrait à ces ménages, en moyenne, de plus que TRIPLER l’argent disponible restant en fin de mois (+269% d’augmentation) (...) »

Pour en revenir aux « Fichés, surendettés et débancarisés » le portrait de Bernard Tapie en page d'accueil, annonce : « On compte 4 millions de malendettés, fichés, ou débancarisés. Nous sommes en train de concevoir des solutions pour les aider. Mais nous avons BESOIN DE VOUS. Rejoignez notre combat ! »

On pourra toutefois s'étonner, que les organismes financiers, partenaires du site de Courtage lui même partenaire de ... bernardtapie.com , qui propose des : « Rachat de prêt immobilier, rachat de crédit à la consommation, rachat crédit auto » n'ait pas d'ores et déja, rejoint ce combat et proposé immédiatement d'innovantes « solutions pour les aider » mais, si l'on en croît Le Progrès, bernardtapie.com compte faire encore plus fort, puisqu'il ne viserait pas moins que : « (...) la création d’un fonds de garantie pour les interdits bancaires (...) »

En attendant que les malendettés, fichés, ou débancarisés puissent bénéficier de ce fond de garantie, le gouvernement par décision de : « Roselyne BACHELOT-NARQUIN, Ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale, Eric BESSON, Ministre chargé de l'Industrie, de l'Energie et de l'Economie numérique, et Frédéric LEFEBVRE, Secrétaire d'Etat chargé du Commerce, de l'Artisanat, des Petites et moyennes entreprises » a décerné le premier : label « Tarif social mobile » à L'offre mobile ... BernardTAPIE.com. Comme nous l'apprennait Publinews

Il va s'en dire, que ceux qui avanceraient l'idée, que cette attribution soit issue d'une proximité avec le Chef de l'Etat, auraient tord ! Puisque, comme l'affirme Bernard Tapie : « J’ai dit cent fois et je redis que je ne suis pas un ami de Nicolas Sarkozy » même si, fait remarquer Le Progrès : « Bernard Tapie a organisé et assisté à l’entretien d’embauche de Bernard Kouchner comme ministre des Affaires étrangères »

Mais comment condamner un bienfaiteur de l'humanité qui explique aux exclus de la consommation : « (...) Nous ne pouvons pas toujours nous reposer sur les pouvoirs publics, quels qu'ils soient, et quelle que soit leur volonté. Les citoyens eux-mêmes doivent être conscients, volontaires et actifs (...) » Ce qui est encore plus vrai, depuis que Frédéric Lefebvre a offert un enterrement de première classe aux actions de groupe (class action à la française) !

Et dire que, la Cour de Justice de la République pourrait compromettre les chances des : 4 millions de malendettés, fichés, ou débancarisés de retrouver ... du pouvoir d'achat pour lequel, les pouvoirs publics, ne peuvent décidément rien !


Crédit image
La Voix Eco