26 décembre 2011

Réforme des retraites : Retour sur « l'escroquerie » de la pénibilité !

Selon Les Echos, moins de 500 salariés ont pu partir en retraite à 60 ans pour cause de taux d'incapacité permanente d'au moins 10 %. On est très loin des affirmations d'Eric Woerth sur le le problème des salariés ayant eu une vie professionnelle très usante !

Souvenez-vous, c'était en mai 2010, Eric Woerth épaulé par Raymond Soubie, alors conseiller du Président, nommé entre temps au Conseil économique et social préparait les français au passage à 62 ans de l'âge légal de la retraite. Inquiets de la réaction des salariés, nos deux spécialistes mettaient brandissaient une contrepartie majeure : la prise en compte de la pénibilité.

Eric Woerth dans une interview au JDD expliquait d'ailleurs, qu'il prendrait : « (...) des mesures dans lesquelles sera privilégiée l'évaluation au cas par cas (...) nous allons vraiment prendre en compte la pénibilité alors que ce n'était pas le cas jusqu'à présent. Il y aura une véritable avancée dans ce domaine. Avancées que n'ont pas fait d'autres pays (...) »

Les Echos nous rappellent les conditions dans lesquelles un salarié peut demander son départ à 60 ans pour cause de pénibilité.

« Les assurés qui justifient d'un taux d'incapacité permanente d'au moins 20 % provoqué par une maladie professionnelle ou un accident du travail peuvent continuer à liquider leurs droits à 60 ans (...) Ceux qui souffrent d'une incapacité comprise entre 10 % et 20 % peuvent également faire une demande, mais la retraite à 60 ans ne leur est pas accordée automatiquement. Une commission pluridisciplinaire examine leur dossier. L'assuré doit avoir été exposé pendant au moins dix-sept ans à des facteurs de risque dont la liste est précisément établie (...) »

Or, si le gouvernement escomptait : « (...) jusqu'à 30.000 départs par an au titre de ce dispositif, qui est entré en vigueur le 1 er juillet dernier (...) » Les chiffres officiels de mi octobre 2011 sont sans appel : (...) seules 1.338 demandes avaient été déposées, dont seulement 377 pour des incapacités comprises entre 10 % et 20 % (...) Parmi les demandes traitées, 466 départs à 60 ans ont été accordés (...) »

Si du côté gouvernemental, on préfère justifier ce nombre ridicule, par le manque d'information des salariés, du côté de la CGT on est plus réaliste : « (...) de nombreuses personnes qui ont eu des carrières pénibles ne sont plus en activité à 60 ans mais au chômage, en invalidité ou aux minima sociaux. »

Autre volet de la pénibilité, fixée par la loi du 9 Novembre 2010 sur la réforme des retraites : Celui qui prévoyait : « (...) que les entreprises d’au moins 50 salariés, dont au moins 50 % des effectifs sont exposés à certains facteurs de risques, doivent être couvertes par un accord ou un plan d’action de prévention de la pénibilité »

S'il a donné naissance à un site web : « Travailler mieux - la santé et la sécurité au travail », opulent en termes de textes et données , il faut savoir qu'il était censé se préoccuper de la prévention de la pénibilité. Or, les branches professionnelles avaient jusqu'au 31 décembre de cette année, pour négocier entre partenaires sociaux des accords sur la prévention de la pénibilité.

Où en est-on ?

Selon un autre article des Echos : « (...) Deux types de pistes ont été proposées par le patronat : d'abord l'étalement de la disparition des primes de pénibilité lorsqu'un salarié prend un poste classique (...) Ensuite, la possibilité de convertir des primes en temps, à prendre dans l'année ou en fin de carrière pour avancer l'âge du départ en retraite (...) » Ce qui, expliquent les syndicats, existe déjà dans plusieurs entreprises ou branches. En bref, on tatônne ... sans plus !

Néanmoins, les millions de salariés en activité doivent savoir qu'en cas d'échec des négociations de branches, l'avenir de la prévention de la pénibilité relèverait des entreprises. D'où une grande disparité de situations à prévoir !

Mais que se passerait-il si les entreprises à leur tour, trainaient les pieds ?

Et bien, si le gouvernement avait la moindre idée de mobiliser ses troupes pour contrôler la mise en place des accords, la sanction serait terrible, puisque : « (...) les entreprises ont de toute façon six mois pour se conformer à leurs obligations (...) »

Nul doute que les salariés apprécieront, à juste titre la : « véritable avancée » mise en place par Eric Woerth et l'UMP ...

23 décembre 2011

Sarkozy aux Restos du Coeur : Inconscience, cynisme ou exhibitionnisme ?

Inconscience, cynisme ou exhibitionnisme, comment qualifier la visite du Chef de l'Etat aux Restos du Coeur, venu selon ses conseillers, pour « faire quelque chose de doux dans ce monde extrêmement dur » ?

En 2005, nous écrivions : « Je me suis souvent, depuis la disparition de Michel, demandé s’il aurait continué à faire vivre un mouvement du cœur en le transformant en institution destinée à masquer l’inaction des pouvoirs publics. Modestement, je pense qu’il serait plutôt remonté sur scène ou aurait mobilisé les médias pour stigmatiser une société qui magnifie le marchand au détriment de l’humain »

Ce qui est certain, c'est que Michel Colucci vivant, n'aurait jamais accepté la visite d'un Président, désireux de venir constater de visu les résultats sociaux de la politique qu'il mène depuis son élection !

Nous sommes beaucoup à avoir été choqués par la désinvolture dont notre Président à fait part lors de sa visite aux Restos du Coeur. En effet, flanqué de ses deux ministres, Bruno Le Maire et Roselyne Bachelot, il semble avoir pris autant de plaisir que lorsqu'il visite une usine dont les ouvriers ... ne savent pas de quoi sera fait leur futur.

Le Figaro nous décrit ce voyage au pays des pauvres et « assistés », brocardés quotidiennement par ses ministres et l'UMP : (...) Nicolas Sarkozy a profité d'une dernière journée parisienne pour envoyer des signaux au monde associatif (...) Il s'est d'abord rendu dans un entrepôt des Restos du cœur à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), d'où sortent 6 millions de repas par an, avant de rencontrer des familles dans un centre de distribution du XVe arrondissement, sans micros, ni caméras (...) »

Que pouvait proposer, ou annoncer, à cette occasion, le Président qui s'était engagé en 2007 à réduire d'un tiers la pauvreté en cinq ans ?

Eh bien : « (... ) Les Restos (…), c'est le visage d'une France généreuse, attentive, avec des tas de gens qui dans la discrétion donnent de leur temps, de leur énergie pour ceux qui souffrent, a lancé le président. Une belle France ! »

Puis, il : « (...) a déambulé entre les montagnes de colis entreposés et salué les bénévoles et les salariés (souvent en insertion) de l'association (...) » avec qui il a vaguement dialogué : « Nos contrats s'arrêtent en avril, après plus rien, commence l'un d'eux… Si on peut trouver quelque chose…» « C'est le but » répond le président, avant de lancer: « Bonnes fêtes, quand même ! »

Eh oui, les restos c'est moins glamour que le Fouquet's ou le Cap Nègre. On y trouve surtout des gens indifférents aux prouesses du Président pour sauver l'Europe et sa monnaie, faire disparaître les paradis fiscaux ou réformer le capitalisme. On y trouve aussi quantité de « fraudeurs aux aides sociales » et « profiteurs du RSA », qui pénalisent les classes moyennes, comme l'explique Laurent Wauquiez. Sans compter que ces gens, s'ils ont le droit de vote, sont capables de ne pas voter UMP !

Alors, direz-vous quel but avait cette visite ?

Le Figaro nous explique cet élan de bonté : « (...) Ce n'est pas simplement Noël qui a suscité cette journée. L'Élysée dispose de « remontées de terrain » indiquant que le président est « faible » sur les thèmes de l'équité et de la justice. « Il y a eu des erreurs au début du quinquennat qui ont permis à la gauche de lui coller ce sparadrap de président des riches, analyse un proche. Il faut rééquilibrer les choses. Par ailleurs, il ne faut pas que son action à l'international le déracine des souffrances du quotidien (...) Le président voulait faire quelque chose de doux dans ce monde extrêmement dur », ajoute un conseiller

On aimerait en rire, mais le coeur n'y ait pas !


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Mlrelay

22 décembre 2011

Sarkozy et Medef : Vers une légalisation du chantage à l'emploi ?

Forcer les salariés à accepter un baisse temporaire de leurs salaires pour garder leur l'emploi. La recette n'est pas nouvelle. Sauf que cette fois-ci elle est défendue par Nicolas Sarkozy, le Président du « Travailler plus pour gagner plus » !


En juillet 2009, Laurent Jeanneau écrivait dans le magazine Alternatives Economiques : « (...) Gagner moins pour continuer à travailler ! A la faveur de la crise, la tentation de rogner sur les salaires se fait de plus en plus pressante. Fiches de paie tronquées, rémunérations gelées, RTT supprimées… (...) Une pilule amère, que les entreprises tentent de faire avaler aux syndicats en invoquant la préservation de l'emploi (...) »

Or, en 2011, nous expliquent Le Monde et Les Echos, une idée forte pour l'emploi, défendue par Nicolas Sarkozy ferait son chemin : « (...) le développement d'accords compétitivité-emploi, sur le modèle de l'Allemagne. Le principe : échanger temporairement des baisses de salaires et/ou de temps de travail contre une préservation de l'emploi (...) En clair, il s'agirait de permettre aux chefs d'entreprise de négocier avec les représentants du personnel des accords (...) En échange d'une flexibilité accrue des salariés, ceux-ci obtiendraient des garanties pour leur emploi ou des investissements. Ces accords s'imposeraient automatiquement aux salariés, sans nécessité de signer des avenants individuels au contrat de travail comme actuellement (...) »

Il va de soi que cette idée est accueillie avec la plus grande bienveillance par le Medef et surtout l'UIMM dont l'un de leurs représentants déclare : « Nous sommes prêts à avancer sur cette question qui s'inscrit dans notre réflexion plus large sur la compétitivité équitable » Pour la bonne raison que ce sont eux qui en sont les initiateurs !

Ce qui reviendrait à transformer les salariés en sorte « d'actionnaires » sans titre ni droit, si ce n'est celui de participer aux pertes mais jamais au bénéfices. Où alors avec des montants indécents de 8 à 20 €, comme ceux de la prime dividendes !

Quelle confiance peut-on accorder aux organisations patronales et au gouvernement tous deux promoteurs de cette « voie d'avenir » ?

A priori aucune, dans la mesure où rien n'empêchera une baisse continue des salaires en fonction de la durée de la (ou des ) crise(s) et des impératifs de compétitivité. Car, à la moindre revendication d'augmentation de salaire ou d'amélioration des conditions de travail, on leur opposera : le coût trop élevé de la main d’œuvre qui plombe la compétitivité de l’entreprise au niveau mondial !

D'où un abandon progressif mais définitif pour les salariés de l'idée d'un simple retour à leur salaire antérieur ou du rétablissement d'acquis sociaux sacrifiés en échange du maintien dans l'emploi !

La CGT a raison de rapeller les engagements non tenus par plusieurs entreprises ayant eu recours à cette technique du « Gagner moins pour continuer à travailler »

Le plus symbolique étant Continental : « (...) Une majorité (52 %) des 2.500 employés des trois usines Continental Automotive du sud-ouest de la France ont voté pour le plan présenté par la direction de Continental (...) Pour mémoire, les 1 120 salariés de Continental de Clairoix avaient eux aussi accepté de revenir aux 40 heures et d’abandonner des primes pour sauver l’emploi sur le site. Quelques mois plus tard, en 2009, dans une vague de colère sans précédent, les « Conti » avaient appris la décision de, finalement fermer le site »

On pourra aussi évoquer : « (...) General Motors, la société américaine avait raisonné en ces termes. Au Mexique, la main-d’œuvre est de 14 % moins élevée qu’en France, alors si les Strasbourgeois voulaient retourner dans le giron américain, ils devaient faire un effort et baisser de 10 % le coût de leur main-d’oeuvre. Leur travail n’était pas mis en cause, ni la santé de l’entreprise qui était bénéficiaire, mais, leurs salaires étaient tout simplement plus élevés que ceux pratiqués au Mexique (...) »

Deux exemples parmi tant d'autres, qui permettent de mettre en doute la sincérité des engagements revendiqués par les organisations patronales et qui séduisent notre Président.

« (...) Dans un contexte de concurrence mondiale, pour garder nos industries et donc nos emplois, serions-nous amenés à allonger notre temps de travail et à baisser nos salaires ? Sommes-nous à même de sortir gagnants de cette compétition ? (...) » Demande le site Emploi-pro, qui nous assène un exemple que n'aurait pas renié le Medef.

« (...) Fin juillet 2008, Herbert Hainer, patron d’Adidas, avait estimé que, « en Chine, les salaires, qui sont fixés par le gouvernement, sont progressivement devenus trop chers ». Une partie de la production du groupe allemand a, dès lors, été transférée au Laos, Cambodge, Vietnam, considérés comme plus compétitifs (...) »

Alors, direz-vous, devant une possible détresse des actionnaires menacés ... de gagner moins, comment les salariés pourraient-ils refuser de diminuer leurs salaires ? D'ailleurs, Xavier Bertrand totalement séduit par le concept affirme que la généralisation d'accords compétitivité-emploi : « peuvent être une voie d'avenir »

Quel timing pour la mise en place de cette « voie d'avenir » ?

Dans l'immédiat, Nicolas Sarkozy et les organisations patronales reconnaissent que le projet à peu de chance d'être adopté avant les élections présidentielles et législatives. Néanmoins, le message est clair : les salariés savent maintenant à quoi ressemblerait leur avenir, en cas de reconduction du Président sortant, et de son actuelle majorité !


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Plantu

21 décembre 2011

Licenciements : Le bilan calamiteux de la rupture conventionnelle !

Enfant chéri du Medef, la rupture conventionnelle n'a pour l'instant fait l'objet d'aucune évaluation officielle. A défaut de bilan d'étape, on peut surtout constater son insolente croissance et ses effets pervers !

Nul n'a oublié la célèbre phrase de Laurence Parisot : « La vie, la santé, l'amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? » qui a été le prologue à la création de la « rupture amiable » finalement baptisée : rupture conventionnelle.

Il faut savoir que le Medef en est tellement satisfait, qu'il l'a fait figurer en toutes lettres, dans la rubrique : « Qui sommes Nous ? » de son site institutionnel : « (...) C’est le MEDEF qui a proposé la rupture conventionnelle du contrat de travail qui permet de réduire les contentieux judiciaires pour les entreprises, tout en apportant aux salariés de nouvelles garanties (...) »

Garanties qui se résument, au passage, au droit de bénéficier des indemnités de chômage versées par Pôle Emploi !

En Décembre 2010, le Medef publiait un communiqué tonitruant : « La rupture conventionnelle, deux ans après » dans lequel il se félicitait de l'application du concept de « séparabilité » transposée par la loi du 25 juin 2008 « portant modernisation du marché du travail » Il joignait à ce communiqué un argumentaire, dans lequel on pouvait lire, quelques morceaux de bravoure

Laurence Parisot : « Ce concept de séparabilité représente un acquis majeur pour tous. C'est une vraie bonne nouvelle pour l'embauche en France qui ainsi se modernise et se dynamise. Il marque aussi un progrès souhaitable vers l'égalité entre l'employeur et l'employé »

Cathy Kopp, chef de file de la délégation patronale pour la négociation modernisation du marché du travail : « L'accord « modernisation du marché du travail » ouvre une ère nouvelle pour les relations sociales et pour l'économie en France : il invente la flexisécurité française »

Et le Medef de hurler son bonheur : « (...) Près de 400.000 ruptures conventionnelles en 2 ans. La rupture conventionnelle du contrat de travail a connu une montée en charge spectaculaire depuis sa création, et un rythme constant sur 2010, avec une moyenne de 21.000 ruptures homologuées par mois »

Puis, en juillet 2011, alors que le chômage flambait, on apprenait que le nombre de ruptures conventionnelles avait atteint le nombre de 600 000 !

Or, nous disent Les Echos : « (...) A l'occasion de l'élaboration de l'agenda social cet automne, les partenaires sociaux avaient décidé de mener une évaluation du dispositif. Le sujet pourrait donc s'inviter à la table du sommet social le 18 janvier (...) Aucune étude n'a jusqu'ici évalué la part des ruptures initiées par les salariés, ni leur destin professionnel après cette rupture (...) »

En attendant que le Medef veuille bien, accepter une évaluation sérieuse de ce dispositif, qui a ouvert : « une ère nouvelle pour les relations sociales et pour l'économie en France » De très nombreux témoignages de salariés montrent que le dispositif est loin d'être idyllique !

Les sites Juritravail et Village-Justice par exemple, se font l'écho de moult exemples de ruptures conventionnelles retoquées par les juges prud’homaux pour des raisons parfaitement justifiées.

Mais on peut également trouver d'autres cas évoqués régulièrement par la presse écrite.

L'Humanité dans un article du 11 avril 2011 donnait une liste non exhaustive d'entreprises ayant utilisé le dispositif pour passer outre les obligations relevant d'un plan de sauvegarde de l'emploi ou tout simplement pour se séparer d'un salarié trop vieux. Le journal faisait remarquer au passage que : « (...) 1 191 plans sociaux ont été comptabilisés pour l'ensemble de l'année 2010, contre 2 245 en 2009. Une réduction des PSE qui pourrait être expliquée, dans certains cas, par la montée en puissance de la rupture conventionnelle (...) »

Le Monde nous livrait il y a peu, quelques témoignages de lecteurs, dont certains avaient été contraint et forcé, d'accepter ce mode de licenciement, sous la pression de leurs entreprises.

On pourra aussi évoquer le cas de la Clinique de Lambersart, dont le maire est Marc-Philippe Daubresse, le secrétaire général adjoint de l'UMP, qui fermera ses portes au 31 décembre. A cette occasion, il n'y aurait pas de plan social : (...) mais la CFDT s'est rapprochée de la direction départementale du travail pour évoquer la multiplication de propositions individuelles de rupture conventionnelle de contrat de travail (...) »

Plus grave, encore, les révélations de la CGT Cognac, à la Charente Libre faisant état de l'utilisation de la rupture conventionnelle : « (...) Sur la vingtaine de dossiers de rupture conventionnelle qu'a traités la CGT de Cognac durant le dernier semestre, 90% sont motivés par des dépressions nerveuses (...) On craint que ces nouvelles méthodes de management s'accentuent en 2012 et qu'elles deviennent le nouveau mode de gestion des salariés »

Et quel est le prix de cette « flexisécurité française » ?

La CGT l'estime à 1,3 milliard. Mais précise que lors des dernières négociations sur la nouvelle convention d'assurance chômage, le Medef n'a pas voulu en entendre parler.

Alors, où en est-on de la progression du nombre de ruptures conventionnelles ?

« (...) les ruptures conventionnelles représentaient ainsi, à la mi-2011 et parmi les chômeurs indemnisés, 23,2 % des sorties de CDI. Les licenciements, qui représentaient la quasi-totalité des motifs de sortie de CDI à la mi-2006, n'en représentent désormais qu'un peu plus des deux tiers soit 67,8 % (...) » expliquent Les Echos

Quels sont, pourtant, les plus gros risques encourus, à terme, pour les salariés qui accepteraient une rupture conventionnelle ?

Tout d'abord, une possible modification de la durée d'indemnisation évoquée en novembre 2011, par Xavier Bertrand qui déclarait se poser la question : « des freins au retour à l'emploi » et envisageait : « la réintroduction d'une dégressivité des allocations chômage, incitative à la reprise d'emploi (...) »

D'autant qu'après Standard & Poors début décembre, on a appris hier que l'agence de notation Fitch a annoncé à son tour, avoir : « revu de stable à négative la perspective attachée à la note de neuf entités publiques françaises » dont l'UNEDIC. Bien malin qui pourrait dire, ce que les gestionnaires de l'UNEDIC décideraient, en terme d'indemnisation, si leur note était fortement dégradée ...

Il existe enfin un risque, mis en lumière par un jugement de la Cour d'appel de Nîmes, et sur lequel le Medef et les employeurs utilisateurs de la rupture conventionnelle, sont particulièrement silencieux : « Les assurances perte d'emploi contractés dans le cadre d'un prêt immobilier »

En effet, explique Comptanoo : « (...) si la rupture conventionnelle est assimilée à un licenciement économique en terme juridique et social, tant au regard des aides au reclassement et des allocations-chômage, les juges rappellent dans leurs attendus que « le contrat d'assurance garantit un risque susceptible de survenir qui doit être indépendant de la volonté des parties (...) » En clair précise L'Expansion : « Les salariés qui envisagent une rupture conventionnelle doivent donc être extrêmement attentifs à la rédaction de leur contrat d'assurance et s'assurer qu'il couvre bien ce mode de rupture du contrat de travail (...) »

Mais, dans la mesure où il n'y a aucune chance pour que le Medef, lors du sommet social du le 18 janvier 2012, renonce à cet outil « économique » de réduction des effectifs. Et, que le Président ne fera aucune pression dans ce sens sur l'organisations patronale. Tous les ingrédiens sont réunis pour que « l'aimable conversation de salon, aboutissant à une séparation amiable », ne devienne un « piège mortel » pour les salariés, à qui, crise aidant, on devrait de plus en plus proposer cette solution !


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Pratique.fr

20 décembre 2011

Produire français : Le dictionnaire du patrimoine alsacien made in ... China !

Alors que notre Président, et son gouvernement ne cessent, ces derniers jours, de promouvoir le « produire en France ». On apprenait que le dictionnaire du patrimoine alsacien, cofinancé par le Conseil Régional UMP, était imprimé ... en Chine !

L'Elysée, le gouvernement et l'UMP ne jurent plus que par le « Produire français ». Désormais, comme l'a expliqué le Président l'objectif est de : « (...) garder la France comme terre de production (...) » et l'adversaire, ce sont les « (...) entreprises françaises qui trouvent intelligent d'aller fabriquer à l'extérieur et de ramener en conteneur en France (...) »

Nicoals Sarkozy visait-il, en lançant cette dernière phrase, la production du « dictionnaire du patrimoine alsacien », co-financé par la Région Alsace, dont Philippe Richert, le Président UMP, est également Ministre chargé des Collectivités territoriales.

En tous cas, il aurait pu, puisque le 15 novembre 2011, les Dernières Nouvelles d'Alsace (DNA) présentant : « (...) un beau livre de 320 pages réalisé par deux éditeurs privés, avec le soutien financier de la colllectivité régionale, dans le cadre de sa politique de soutien au livre (...) » indiquait que cet ouvrage rendait : « (.. ) très heureux Philippe Richert, président UMP de la Région Alsace et ministre des collectivités territoriales (...) » qui y voyait : « (...) un événement éditorial d'importance (...) »

Sauf que précisaient les DNA : (...) l'ouvrage a été imprimé en Chine, parce que selon l'éditeur parisien, en France, c'est trois fois plus cher qu'en Chine et que là-bas, ils travaillent très bien (...) »

Tollé chez les imprimeurs alsaciens qui ont écrit une lettre au ministre Président de région.

Extraits : « C’est avec beaucoup de stupeur que nous avons pris connaissance de l’article intitulé "alsatique, les trésors des communes", relaté dans le journal DNA (...) Les réactions de nombreux imprimeurs de la région ont été vives à la lecture de cet article (...) Nous ne pouvons accepter que notre région soutienne une telle démarche vis-à-vis du livre qui détruit à la fois l’image des professionnels et plaide à l’encontre des emplois locaux (...) Un tel comportement contribue encore un peu plus à la désindustrialisation de notre pays. Laisser dire sans réagir, cautionner par l’absence de réponse, revient à donner un blanc seing inadmissible à de nombreux comportements irresponsables, sacrifiant tour à tour, les emplois, les entreprises et les industries sur l’autel du profit à très court terme (...) »

Devant la réaction courroucée de la profession Philippe Richert a répondu : « Nous ne savions pas qu’il serait imprimé en Chine (...) Chaque fois que l’on aide une entreprise, on ne peut être certain que toutes les machines viennent de France… »

Cette réaction est d'autant plus étonnante que, le site Alsatica « Portail des savoirs en Alsace », dont le Directeur de la publication est ... Philippe Richert, fait la promotion des acteurs du livre alsaciens, et propose un : « annuaire des professionnels et des institutions publiques et privées qui font vivre le livre en Alsace »

Pris en défaut au moment où le Président entend : « garder la France comme terre de production » Le ministre Président de région a promis, la main sur le coeur, à l'avenir, de regarder de plus près : « les cycles de production » des entreprises aidés.

La réindustrialisation de la France est donc bien en marche !


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Région Alsace

19 décembre 2011

Mal-logement : La chasse aux pauvres et précaires continue !

La caravane ou le mobile home représentent pour un certain nombre de français, la seule façon de se loger toute l'année. Or, une proposition de loi adoptée par l'Assemblée Nationale, risque pourtant de jeter à la rue des milliers de personnes !

Dans les faits, vivre à l'année dans un camping est illégal. Les associations de lutte contre la pauvreté et l'exclusion estiment toutefois que, 70 000 à 120 000 personnes, y résident de cette façon.

Une bonne partie des locataires de ces : « habitats légers de loisirs et à l’hébergement de plein air » sont des travailleurs pauvres qui par la faiblesse leurs revenus n'ont pas la possibilité d'accéder à un vrai logement. Ainsi que le montre Stéphane Remael, photographe, qui leur leur a dédié sur son site un reportage photo et texte.

C'est était trop pour quatre députés UMP, qui ont, dans le plus grand silence médiatique, initié une proposition de loi : relative aux habitats légers de loisirs et à l’hébergement de plein air et portant diverses dispositions relatives au tourisme, votée à l'unanimité par l'Assemblée Nationale, le 16 novembre 2011.

Que dit cette proposition de loi, qui va revenir bientôt, en deuxième lecture, au Sénat ?

Cette proposition de loi a pour but de : « (...) différencier la clientèle de passage de la clientèle résidentielle (...) » et d'éviter que ceux qui y habitent toute l'année ne puissent, à terme, plus le faire ! En effet, ce texte définit notamment : « (...) qu'en cas de location dans un terrain de camping et caravanage ou un autre terrain aménagé à cet effet d'un emplacement, équipé ou non d'un hébergement, pour une durée supérieure à trois mois, le locataire fournit au loueur un justificatif de domicile de sa résidence principale datant de moins de trois mois (...) »

Ce qui vous l'avouerez est impossible pour ceux dont c'est le seul logement !

Le but final étant de : (...) s'assurer que cette clientèle n'élit pas de facto domicile dans leur camping (...) » explique Le Monde, qui précise que la proposition de loi, prévoit notamment : « (...) d'obliger les exploitants des terrains de camping à déclarer chaque année en mairie le nombre d'emplacements concernés par cette pratique. Il renforce aussi les pouvoirs du maire, qui pourra inspecter même inopinément les terrains en vue de vérifier l'exactitude des déclarations (...) »

Si du côté des députés UMP, tout en refutant le fait de s'en prendre aux pauvres et précaires, en déclarant tout de même que : « (...) le texte permettrait de prévenir d'éventuelles dérives liées à la sédentarisation (...) » On affirme : « (...) Nous avons vu des cas de campings qui tournent pratiquement aux bidonvilles, et sur lesquels les maires n'ont aucune prise. (...) »

Eh oui, le pauvre ou le précaire, c'est bien connu, se complaisent dans les immondices et la saleté ! Généralisation scandaleuse lorsqu'on apprend qu'il n'y a qu'environ 2 % du parc qui pose de réels problèmes de salubrité.

Or si la proposition de loi était définitivement adoptée, elle pourrait créer de nouveaux bidonvilles ... individuels. En effet, explique Le Monde, elle développerait la : « sédentarisation, sur des parcelles privées ou dans la nature, de précaires pour qui la location d'un emplacement dans un camping est devenue impossible ». Dans des conditions bien pires, puisque les populations exclues des campings ne disposeraient plus de points d'eau, d'électricité, de sanitaires ou de collecte des ordures ménagères !

Le collectif Alerte de l'Uniopss, qui regroupe 35 fédérations et associations nationales de lutte contre la pauvreté et l'exclusion, pousse un vrai coup de gueule contre le raisonnement simpliste et odieux des députés.

Il dénonce un texte qui : « (...) risque de jeter à la rue les milliers de familles contraintes de vivre à l'année sur un terrain de camping (...) désormais, on pourrait expulser les plus pauvres de leur campement au bout de trois mois ! Et cela même en plein hiver ! Et même s'ils payent leur redevance ! (...) Ainsi, au total, grâce à cette généreuse proposition de loi, on est encore moins protégé quand on vit dans une tente ou une caravane sur un terrain de camping faute de logement décent (...) »

Et le collectif d'ajouter : « L’inacceptable est dépassé ! » Parfaitement d'accord !



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Stéphane Remael

16 décembre 2011

« Travailler plus pour produire plus » : La nouvelle martingale de l'UMP pour 2012 ?

Selon l'UMP, il suffirait de supprimer la durée légale du travail, produire plus et valoriser le logo « Made in France » pour, comme par magie, réindustrialiser la France et sortir de la crise !

Lorsque le livre : « Le scandale des délocalisations » d'Eric Laurent, que nous avons interviewé, il y a quelques mois est paru, il ne s'est pas trouvé grand monde à l'UMP pour constater que la désindustrialisation qui en découlait, était un sujet prioritaire.

Et pourtant, Eric Laurent déclarait : « (...) Une part croissante de l’opinion se sent totalement impuissante face à la passivité des responsables politiques. Or tout système vacille lorsqu’il apparaît comme trop injuste à ses citoyens. Les entreprises du CAC 40 viennent de réaliser des bénéfices de 80 milliards de dollars. Or, sur l’autre versant elles ont fait passer leurs effectifs en France de 50% à 28%. Il faut savoir que toute entreprise qui délocalise ne détruit pas seulement des emplois mais aussi de la richesse nationale (...) »

En octobre 2011, Xavier Bertrand constatait que la France métropolitaine comptait 4,193 millions de chômeurs, en octobre 2011 et 4,459 millions en incluant les DOM. Ce qui ne l'inquiétait pas outre mesure, puisqu'il déclarait en décembre : « (...) Je pense sincèrement que les efforts que nous avons entrepris sont en train de porter leur fruits, pour éviter justement qu'il y ait une augmentation importante du chômage (...) »

Oui, mais c'était sans compter sur les très nombreuses annonces de réductions d'effectifs qui devaient théoriquement être programmés après la présidentielle. Devant l'urgence, l'Elysée nous a ressortit le Président qui aime les usines, oubliant sans doute par négligence, de nous reparler des Etats résultats des généraux de l'industrie (15 octobre 2009 à fin février 2010), qui avaient : « pour objectif d'accompagner, au delà de la crise actuelle, l'industrie française vers les marchés durablement porteurs de croissance et d'emploi »

Devant cet échec, l'UMP, angoissé par la présidentielle et les législatives à venir, dans un argumentaire naïf et bourré de mauvaise foi, destiné aux militants, indique ses recettes pour : « Réindustrialiser la France et sortir de la crise »

Selon l'UMP, il suffirait d'augmenter le temps de travail de ceux qui en ont un, afin de produire en plus grande quantité, des produits « Made in France aussi reconnus que le Made in Germany », et remettre au goût du jour la taxe carbone et de la TVA sociale : « pour corriger la concurrence déloyale de la part de pays n’ayant pas les mêmes normes sociales, environnementales et économiques »

Qu'apporteraient ces solutions qui sont un résumé des demandes du Medef et de l'AFEP ?

Eh bien tout simplement, de faire fonctionner les entreprises avec un personnel restreint, qui travaillerait plus sans gagner plus, puisque la flexibilité horaire ne déclencherait plus d'heures supplémentaires ! On notera au passage que l'UMP n'indique pas de quel ordre serait la compensation des cadres (dont beaucoup ne touchent pas plus de 2000 € mensuels) en contre partie de la suppression de leurs RTT.

Or, face à l'injonction du « produire plus », n'importe quel chef d'entreprise ou salarié vous répondraient que si produire en grande quantité relève de l'organisation du travail, cela n'a aucune valeur, si vous ne ne trouvez pas de clients disposant d'un pouvoir d'achat suffisant, pour les acquérir.

Mais l'objectif du Président repris par l'UMP n'est pas d'augmenter le pouvoir d'achat des salariés français, ce qui leur permettrait de consommer plus de produits fabriqués en France. L'objectif est de produire plus de produits, sur le sol français, pour les exporter vers des pays à forte croissance ou fort pouvoir d'achat. Comme le fait l'Allemagne.

Et peu importe si les salariés français devraient réduire leur propre consommation du fait de la stagnation de leurs salaires et du renchérissement du prix des produits taxés, du moment que les actionnaires profiteraient d'un tel système.

Quant aux chômeurs, dans son argumentaire, l'UMP n'indique pas s'il envisage de créer, comme en Allemagne des emplois consistant à : « (...) trier des papiers à la paroisse d’à côté, ou de répondre au téléphone dans une maison de retraite. Six heures par jour, trente heures par semaine, payées 1 euro de l’heure (...) » ou des mini jobs payés 400 euro par mois, au fait que grâce à ces mesures l'économie allemande est : « (...) redevenue florissante ! (...) »

Il y a peu, le député UMP Jean-Michel Fourgous proposait que les pro­fes­seurs d'économie effec­tuent un stage en entre­prise avant d'enseigner. On serait tenté de proposer la même chose aux élus et communicants de l'UMP !

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Emile Ogez

15 décembre 2011

Coaching et conseil : A Bercy on ne lésine pas sur la formation des ministres !

A Bercy, on ne plaisante pas avec la formation professionnelle des ministres. Le budget conseil et coaching de François Baroin, Valérie Pécresse, Eric Besson, Pierre Lellouche et Frédéric Lefebvre coûtera entre 200 000 et 800 000 euros.

Ce n'est pas la première fois que les ministères font appel à des sociétés de communication pour mettre en valeur leur action. Néanmoins, cette pratique s'est accélérée depuis quelques années comme l'expliquait la Cour des Comptes dans son rapport d'octobre 2011, qui au passage faisait état de nombreuses : « prestations dont le contenu et la facturation sont difficiles à contrôler »

Les dernières prestations commandées par le ministère des finances et du budget semblent bien en être un exemple. Le Canard Enchaîné du 14 décembre nous apprend que : « (...) Depuis le 30 novembre, le ministre de l’ Economie et celle du Budget ont signé un « accord cadre » pour des « prestations de conseil et de coaching » Le contrat entre Bercy et les agences de communication est « estimé à un montant compris entre 200 000 et 800 000 euros HT »

Après quelques recherches, nous avons retrouvé le document d'appel d'offres du secrétariat général/service de la communication du ministère de l'économie des finances et de l'industrie.

Néanmoins, celui-ci n'indiquant pas les prestations réclamées par le ministère, nous avons trouvé le descriptif sur le site Categorynet sous le nom de : Services de conseil en relations publiques

(...) Les principales prestations de communication qui seront demandées aux titulaires de l'accord-cadre sont les suivantes:

Des prestations de conseil,

— élaboration d'une stratégie générale, réflexion sur les orientations, recommandations sur les stratégies de communication, mise en place éventuelle d'une communication de crise,

— assistance aux équipes de communication des ministres et des secrétaires d'état....

Des prestations de formation, de "coaching".
— formation et préparation à des prises de parole,
— média training, mise en oeuvre de plan média,

— définition d'éléments de discours et d'argumentaires, recherche des thématiques porteuses, — visionnages et analyses des émissions auxquelles participent les ministres et les secrétaires d'état (...) »

Outre le montant particulièrement élevé des prestations rapporté à cinq ministres, au moment où ceux-ci sont obsédés par la chasse aux économies, on pourra s'étonner que ceux-ci puissent trouver le temps de se livrer à des media-training !

Certains, mal intentionnés, feront remarquer qu'à l'exception d'Eric Besson, qui souhaiterait quitter la vie politique, ce coaching, payé par le budget de l'état, tombe pile poil, au moment ou les autres ministres sont candidats aux législatives 2012

François Baroin dans la troisième circonscription de l'Aube
Valérie Pécresse à Versailles,
Pierre Lellouche dans la première circonscription de Paris
Frédéric Lefebvre sur la circonscription englobant les Etats-Unis et le Canada

Mais qui oserait penser que nos ministres, essentiellement préoccupés par la mise en place de restrictions budgétaires, imposées aux français, à cause de la crise économique et financière, pourraient avoir la moindre intention de cet ordre ?

14 décembre 2011

Législatives 2012 : Comment l'UMP règle son compte au Parti Radical ?

Avoir quitté l'UMP nuit gravement à la longévité politique ou aux ambitions électorales. C'est le sens du message adressé par le mouvement de Jean-François Copé aux élus du Parti Radical !

Souvenez-vous, il y a sept mois, jour pour jour, le Parti Radical dirigé par Jean-Louis Borloo votait son indépendance vis à vis de l'UMP. 94% des votants demandaient à Borloo d'être candidat à la présidentielle de 2012. Oubliant, euphorie aidant, que leur parti dépendait essentiellement des subventions versées par l'UMP et des investitures électorales communes.

Subventions dont nous vous donnions en mars 2011, le détail

Cotisations des adhérents : 149 130€
Contributions des élus : 11 521€
Contributions reçues d’autres formations politiques : 1 000 000 € (UMP)

le 21 juillet 2011, le trésorier de l'UMP indiquait qu'il : « (...) pourrait refuser de verser au Parti radical de Jean-Louis Borloo la dotation annuelle d'un million d'euro (...) Nous considérons que le départ du Parti radical de l'UMP équivaut à une rupture unilatérale du contrat (...) »

Borloo jetait l'éponge. Et l'UMP acceptait de verser 500 000 euros au Parti radical valoisien (PRV), soit le prorata, jusqu'en mai, moment du départ du parti, de Jean-Louis Borloo de l'UMP.

Grosse désillusion, notamment pour Dominique Paillé et Yves Jégo qui après avoir dit tout le mal qu'ils pensaient des méthodes et propositions de l'UMP et de Jean-François Copé, se devaient de trouver une solution afin d'obtenir une investiture officielle pour les législatives de 2012.

Dominique Paillé, compte tenu de ses charges assassines contre Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé, ne pouvait en aucun cas rentrer au bercail, et affrontera un candidat officiel de l'UMP, dans la 4ème circonscription (Belgique, Luxembourg et Pays-Bas) des Français de l'étranger.

Yves Jego, de son côté, faisait part d'un bel opportunisme, déclarait : « (...) seul Nicolas Sarkozy a les épaules assez solides et l'expérience pour tenir la barre du navire dans la crise et éviter le naufrage (...) C'est pourquoi je plaide pour que le Parti radical s'engage sans tarder pour soutenir la candidature de Nicolas Sarkozy (...) »

Néanmoins, Jego qui craignait pourtant quelques représailles de l'UMP pour 2012, compte tenu du fait que les patrons UMP de la Seine et Marne sont Jean-François Copé et Christian Jacob (président du groupe UMP à l'Assemblée Nationale) présentait sa propre liste aux sénatoriales contre le sénateur UMP sortant. Jego battu, l’UMP 77 décidait de nommer une équipe de 2 chargés de mission responsables sur sa circonscription.

Yves Jego qui faisait partie du déplacement effectué à Sallanches, sur le thème du « produire et acheter français » pour lequel le président l'avait autrefois missionné affichait sa sérénité : « Je ne doute pas un seul instant qu’au bout du compte je serai investi par l’UMP (...) Je suis soutenu par le président de la République »

Mais nous explique Europe1 : « (...) A peine descendu de l’avion du retour, son portable sonne. C’est une journaliste de son département, la Seine-et-Marne, qui lui apprend que l’UMP vient d’investir, dans sa circonscription une jeune militante qui fera campagne contre lui aux législatives, ce qui risque donc de lui faire perdre son mandat de député (...) »

Voila ce qu'il en coûte d'avoir voulu jouer au plus malin ! Les autres députés du Parti Radical et du Nouveau Centre sont à présent prévenus : La « démocratie exemplaire » ... au service d'un seul candidat, est en marche ...

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Le JDD

13 décembre 2011

Tibéri, Dati et Fillon : De « nomination irréprochable » en « démocratie exemplaire » ?

Le Conseil d'Etat pourrait bien annuler la « nomination irréprochable » de Dominique Tibéri, destinée à libérer la deuxième circonscription de Paris que François Fillon et Rachida Dati ambitionnent. Retour sur un bel exemple de démocratie exemplaire ?


La politique, au fond, c'est très simple : Vous prenez un Premier Ministre, pas tout à fait certain d'être réélu dans sa circonscription de la Sarthe, cherchant un tremplin pour ses ambitions. Et une maire du 7 eme arrondissement, dont le désir le plus profond est de quitter l'anonymat du parlement de Strasbourg, pour venir briller de mille feux à l'Assemblée Nationale. Ajoutez à cela la même envie, à terme, d'être le candidat de la droite aux prochaines municipales.

Pour ce faire, vous prenez une circonscription de Paris, où même un courant d'air, portant une écharpe UMP, serait élu. Cette circonscription, c'est la deuxième. Elle se compose du 5e arrondissement, une partie du 6e et du 7e.

Problème temporaire : Le député sortant, Jean Tibéri, pour des raisons dynastiques, aurait aimé la transmettre à son fils Dominique. Qu'à cela ne tienne, l'Elysée décide de nommer Tibéri fils, contrôleur général économique et financier, par décret du 20 janvier, au grand dam de la commission mandatée pour évaluer ses compétences, qui avait rendu un avis négatif

Fin, de premier acte, et annonce d'un agréable parachutage du Premier Ministre.

Deuxième acte : Rachida Dati n'envisage pas une seconde laisser filer une circonscription où il n'est même pas utile de faire campagne pour être élu, lorsqu'on se réclame de l'UMP.

D'ailleurs, elle écrit, dans une lettre publiée sur le site Web du Monde que François Fillon a choisit : « la facilité » dans une circonscription qu'il qualifie de « sans électeurs ». Elle en profite pour accuser le même Fillon, de vouloir pénaliser : « (...) la réussite de l'intégration (...) » En clair de faire de la discrimination négative à l'égard de ceux qui n'ont : « (...) ni les mêmes origines sociales ni les mêmes origines culturelles (...) »

Retour instantané de Nadine Morano (proche de Fillon) qui, après avoir expliqué clairement le traitement de faveur, accordé à Rachida Dati, lui propose se présenter : « dans la 5e circonscription de Saône-et-Loire (...) où elle est née, où elle a grandi, où nous avons besoin de quelqu'un d'engagé et de combattant (...) » Ce qui vous en conviendrez, est d'une rare délicatesse !

Laurent Wauquiez (autre proche de Fillon), met en demeure Jean-François Copé de réfléchir à une mesure d'exclusion de Rachida Dati de l'UMP au cas où elle persisterait dans sa volonté de contrarier ... la vocation parisienne de François Fillon.

Car, ne nous y trompons pas, cette passe d'armes n'est pas simplement celle de deux ambitieux. En effet, elle est surtout, un des avatars de l'affrontement entre l'ancien secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand, proche de François Fillon et du Nouveau Jean-François Copé, proche de Rachida Dati.

Néanmoins, ce Dallas sur Seine pourrait bien tourner à la pochade, dans la mesure où le Conseil d'Etat annulerait la nomination de Dominque Tibéri. En effet, écrit Le Monde : « (...) Si le Conseil d'Etat, dont la décision est attendue dans les prochaines semaines, suit l'avis de son rapporteur, le gouvernement ne pourra pas cette fois passer outre et Dominique Tiberi verra sa nomination annulée. Le fils de Jean et Xavière Tiberi n'exclut pas pour autant de se présenter dans l'arrondissement conservé par son père depuis 1983 (...) »

Nul doute que les téléphones des membres du Conseil d'Etat, risquent d'être encombrés dans les jours qui viennent. Et que, jusqu'au sommet de l'état, on va se mobiliser pour gérer au mieux cette opulence de candidats. L'avenir de la « démocratie exemplaire » de la deuxième circonscription de Paris en dépend !


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UMP Paris

12 décembre 2011

Produire en France : Le retour du Président « qui aime les usines » ?

De peur de voir le vote ouvrier lui échapper en 2012, Nicolas Sarkozy va parler, demain, de valorisation de la production française. En profitera t-il pour expliquer à ces ouvriers que l'UMP envisage de les faire travailler plus ... pour gagner moins ?

Condamner la désindustrialisation, les délocalisations et le chômage afférent équivalait, il y a encore peu, à se faire traiter de ringard par le gouvernement et l'UMP. Mais l'imminence de la présidentielle et des législatives de 2012, ont subitement rappelé au Président qui aime les usines, qu'il était temps de se préoccuper du monde ouvrier et ... de son vote !

L'enjeu est de taille puisque si les ouvriers avaient placé l’actuel chef de l’État en tête du premier tour, avec 26% en 2007, le sondage IPSOS d'avril 2011 qui donnait 36 % d'intentions à la candidate du Front National, pour 2012, semble se confirmer !

Le Président sera donc le 13 décembre en déplacement à Sallanches (Haute-Savoie) : « (...) sur le thème « Produire en France » annonce l'agenda de l'Elysée. « (...) Il visitera un site du groupe Rossignol (skis), qui a relocalisé en 2010 une partie de sa production en France, et vanter le label « Origine France Garantie » s'enflamme Yves Jego, à l'origine de ce label , sur son blog.

Etonnament, Eric Besson ministre de l'industrie en quête de son avenir footballistique entre deux messages sur Twitter, ne sera pas du voyage !

Son absence serait-elle liée à ses dernières déclarations peu enthousiasmantes : « (...) Quant à acheter français, il faut utiliser l'expression avec tact et modération (...) La France est quatrième exportateur mondial, deuxième exportateur européen, nous ne pouvons pas prétendre vendre des locomotives, des trains, des centrales nucléaires, des avions, des produits de luxe... en donnant l'impression d'être frileux et protectionnistes »

Qu'en est-il de cette relocalisation miracle que le Président va honorer de sa présence ?

Pas de patriotisme économique dans le choix des dirigeants de Rossignol dont le PDG déclarait en 2010 : « On n’est pas là pour sauver des usines. S’il fallait en fermer, nous en fermerions. Même s’il est vrai que cela nous fait toujours plaisir de faire revenir des emplois en France (...) »

Comment justifiait-il la relocalisation de certaines activités en France ?

« Nous nous sommes aperçus que produire à Taïwan nous coûtait à peu près la même chose que de produire en France. Sauf que c’est beaucoup plus contraignant pour nous. On a des délais plus longs, on perd en flexibilité » Et comme les polyéthylènes très spécifiques utilisés par Rossignol ne sont fabriquées qu’en Europe ...

Simple confirmation de ce qu'écrivait El Mouhoub Mouhoud, professeur d'économie à l'université Paris-Dauphine en 2006 sur les raisons qui motivent une relocalisation : « (...) D'abord, du côté de l'offre, les possibilités de remplacer le travail peu qualifié par les machines ou les robots (...) Dans les secteurs à "matières solides", comme la mécanique, l'automobile ou l'électronique, il n'y a pas d'obstacle technique à la robotisation (...) »

Alors, combien d'emplois créés chez Rossignol ?

Libération indiquait en septembre 2010 que si le volume de production rapatrié était conséquent, le nombre de création d'emploi frisait l'indigence : « (...) Vingt équivalents temps plein, pour la plupart des CDD ou des CDI à temps partiel qui ne compensent pas les suppressions d’emplois ces dernières années chez Rossignol (...) »

Notre Président retrouvera sans nul doute les accents de 2007 : « (...) Les usines, c'est beau, c'est utile, il y a du bruit (...) Ça vit, personne ne se sent seul (...) » ou « (...) Je ne veux pas d’une France sans usine. Si les usines partaient, le reste partirait aussi. Les services aux entreprises partiraient. Le marketing, la finance, la recherche appliquée partiraient (...) » , et ceux de 2010 où il proposait ni plus ni moins : d'augmenter de 25% la production industrielle !

S'il évoquera probablement la mise en place d'une TVA sociale dite « anti délocalisation », qui ne fera que diminuer encore un peu plus, le pouvoir d'achat des français. Par contre, il est peu probable qu'il s'étende sur le projet de l'UMP concernant la renégociation du : « (...) temps de travail au niveau des branches, pour augmenter les durées (...) »

Quelle incidence aurait la mise en place de cette mesure ?

Marc Landré sur son blog explique : « (...) Dans le système actuel, celui que l'UMP veut remettre en cause, ces 37 heures se décomposent en 35 heures "normales" et 2 heures supplémentaires. Deux "heures sup" majorées de 25% en termes de salaire, défiscalisées et exonérées de charges sociales. Dans le système que l'UMP veut mettre en œuvre, exit donc la majoration de salaire sur les deux nouvelles heures normales, les exonérations de charges et d'impôt sur le revenu. Bref, une baisse de pouvoir d'achat pour tout ou partie des 4,5 millions de salariés qui effectuent chaque mois des heures supplémentaires (...) »

Voir moins, comme expliquait Jean-François Copé proposant des solutions aux délocalisations, dans une tribune sur Slate : « (...) augmenter la durée du temps de travail sans augmenter autant les salaires (...) »

Réponse demain en Haute Savoie où le Président devrait nous : « dire sa vision et le chemin qu’il propose »


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Metro France