24 juillet 2012

Français fortunés, ne craignez rien, l'UMP travaille pour vous !

L'UMP va déposer un recours au Conseil Constitutionnel pour faire invalider la contribution exceptionnelle sur la fortune. Edifiant pour ceux qui croyaient encore que le P de UMP signifiait ... Populaire !


Assez discrète sur les très nombreux plans sociaux que le précédent gouvernement avait réussi à bloquer, jusqu'à l'issue de la présidentielle, l'UMP a décidé de se mobiliser pour avoir la peau de la contribution exceptionnelle, qui devrait toucher les plus fortunés des français. 

Comment comptent-ils s'y prendre ?

Ils vont saisir le Conseil Constitutionnel pour obtenir l'annulation de certaines mesures votées par l'Assemblée Nationale où ses députés sont désormais minoritaires. Ils mettront néanmoins, toutes leurs forces dans la défense d'une catégorie qu'ils ont choyé durant la précédente législature : Les plus fortunés d'entre nous ! 

Il faut en effet savoir que les députés ont voté une contribution exceptionnelle qui concerne les contribuables possédant un patrimoine supérieur à 1,3 million d'euros et soumis de ce fait à l' ISF.

C'est était trop pour l'UMP, inventeuse du bouclier fiscal, qui a permis à 13 000 bénéficiaires de toucher de la part du fisc, un chèque moyen de 56 400 € en 2011 et qui aurait coûté la modique somme de 3,6 milliards entre 2007 et 2012.

Gilles Carrez, le président UMP de la Commission des Finances à l'Assemblée Nationale, a choisi pour justifier le futur recours au Conseil Constitutionnel, de de faire pleurer dans les chaumières ... de smicards ou de précaires : « (...) l’exemple d’une veuve vivant de la pension de reversion de son époux et ayant « un grand appartement à Paris de 3 ou 4 millions d’euros (...) Elle ne pourra pas payer la contribution exceptionnelle. Est-ce que c’est normal ? »

En gros, on essaye de nous refaire le coup de l'agriculteur de l'Ile de Ré vivant avec 1000 € par mois et dans la quasi impossibilité d'assumer le montant de son ISF. Ceci justifiant des débats à n'en plus finir sur l'injustice de cet impôt, pour tous ceux qui eux ont des revenus d'un tout autre genre.

A l'évidence, le sort d'une veuve vivant de la pension de reversion de son époux (payé au smic), et vivant dans les deux pièces d'un logement social, émeut beaucoup moins à l'UMP !

Au delà du cas « dramatique » de la veuve vivant dans un grand appartement valant de 3 à 4 millions, c'est l'ensemble des assujettis à l'ISF que Gilles Carrez et Philippe Marini, son homologue du Sénat, comptent bien faire exonérer de contribution exceptionnelle, au fait que celle-ci aurait un « caractère confiscatoire » !

Quand on vous disait que le P de UMP signifiait ... Populaire ! 


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23 juillet 2012

La fraude hébergée dans les paradis fiscaux ne connaît pas la crise !

La fraude fiscale se porte bien en ces temps de crise économique. C'est le constat que fait Tax Justice Network qui évalue à ... 25.500 milliards d'euros le montant caché dans les paradis fiscaux.


En ces temps d'austérité appliquée à la quasi totalité des peuples de la planète pour cause caisses vides, l'information diffusée par Reuters en provenance de Tax Justice Network a de quoi franchement mettre en colère !

En effet, alors que Martin Schulz , le président du Parlement européen, parle, à juste titre,  d'une possible « explosion sociale » en Europe et que le directeur exécutif de l'OIT appelle à une amélioration de la protection sociale, on apprend que : « (...) Les actifs financiers détenus par des particuliers et leurs familles et dissimulés dans des paradis fiscaux atteignent entre 21.000 et 32.000 milliards de dollars (entre 17.000 et 25.500 milliards d'euros) (...) »

Au delà du côté dementiel des montants avancés, il faut savoir que : « (...) L'étude, qui ne prend pas en compte des actifs non financiers comme les biens immobiliers ou l'or, estime à 280 milliards de dollars (225 milliards d'euros) le manque à gagner pour les Etats, en terme de revenus fiscaux (...) »

Et, on fait quoi direz-vous ?

Eh bien, en ce qui concerne ces sommes astronomiques qui manquent dans les budgets des pays, rien !

Par contre, il est de bon ton de s'en prendre aux salariés n'étant pas encore frappés par la précarité et le chômage.

Ainsi, le FMI recommande aux : « (...) leaders européens de s'employer à restaurer la compétitivité des pays de la zone euro. D'une part, par des réformes du marché du travail, d'autre part, par un abaissement des coûts du travail dans les secteurs exposés à la concurrence internationale (...) » Et le Gouverneur de la Banque de France préconise de : « (...) rapprocher les différents contrats de travail et, en ce qui concerne les conditions d'emploi, avoir moins de réglementations et donner plus d'espace aux accords de branche ou d'entreprise (...) »

Alors, oui, il est incontestablement plus facile de s'en prendre aux salariés et à leurs conditions de travail que de rapatrier des sommes tranquillement hébergées dans des paradis fiscaux pourtant clairement identifiés ! Une situation qui ne peut que donner encore plus raison à l'inquiétude de Martin Schulz !

Le tout est de savoir, si les chefs d'état et de gouvernement auront la volonté, et se donneront les moyens d'aller chercher l'argent caché, dans les paradis fiscaux. Paradis qui, au passage avaient selon Nicolas Sarkozy, miraculeusement disparu en 2009, ou pousser leurs citoyens à la révolte ...


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19 juillet 2012

Corruption : Les entreprises multinationales loin d'être vraiment transparentes

La dernière étude de Transparency International montre que les multinationales ont encore pas mal de chemin à faire en ce qui concerne la corruption. Avec une mention spéciale pour les banques et assurances !




Bien que peu connu du grand public Transparency International fait un formidable travail sur : « la transparence et à l’intégrité de la vie publique et économique » Ils ont décidé de traquer l'un des pires fléaux que connaisse nos sociétés modernes : La corruption.

Ils s'en expliquent sur leur site

« TI France a pour objectif principal de contribuer à améliorer significativement, dans notre pays, la gouvernance publique et privée en termes de transparence, d’intégrité et de responsabilité. Ceci passe notamment par une action résolue de prévention et de lutte contre les différentes formes de corruption, le blanchiment de l’argent sale et les divers types de fraudes. TI France entend contribuer au développement de comportements éthiques, citoyens et responsables et, ce faisant, aux conditions de la confiance entre les différents acteurs de la société »

Compte tenu des effets de la crise économique et des efforts demandés aux populations le tout couplé à des licenciements massifs, la lecture du rapport de Transparency International,  publiée le 10 juin, sur le site web français, est particulièrement intéressante. Même si le rapport intégral est rédigé en anglais, la lecture des nombreux graphiques devrait largement vous édifier.

Que dit le résumé publié sous forme de communiqué de presse par Transparency International France ? Extraits

« (...) Le rapport, intitulé Transparency in Corporate Reporting: Assessing the World's Largest Companies [Transparence du reporting : évaluation des plus grandes sociétés dans le monde], évalue les 105 entreprises les plus importantes cotées en bourse sur la base de leur engagement public en faveur de la transparence (...) Les notes obtenues par les entreprises vont de 0 à 10, 0 indiquant le plus faible degré de transparence et 10 le plus élevé. Ces notes se basent sur la disponibilité publique d’informations concernant les systèmes anti-corruption mis en place, l’organisation des entreprises évaluées et  la quantité d’informations financières qu’elles fournissent pour chacun des pays dans lesquels elles opèrent (...) L’étude révèle (...) que, dans l’ensemble, les banques et les compagnies d’assurance ne publient pas suffisamment d’informations sur leurs mesures de transparence, alors même que l’opacité des structures de certaines sociétés a joué un rôle prépondérant dans les récentes crises financières et que des efforts considérables ont été entrepris pour pallier le manque de transparence dans ce secteur. Les vingt-quatre compagnies financières évaluées dans le rapport obtiennent une note moyenne de 4,2 (...)

Et le communiqué d'ajouter : « (...) À cause du manque de transparence, il est plus difficile d’identifier les pays dans lesquels les compagnies font des profits, paient des impôts ou contribuent à des campagnes politiques. L’étude montre, par exemple, que les trois quarts des entreprises évaluées n’indiquent pas où sont enregistrées leurs filiales et la moitié environ ne publie pas d’informations relatives à leurs contributions politiques (...) »

Et de conclure : « (...) Les gouvernements et les organismes de régulation doivent faire de la transparence une obligation pour toutes les entreprises qui sollicitent des subventions à l’exportation ou qui concourent à des marchés publics. Les investisseurs doivent réclamer plus de transparence dans la publication d’informations par les entreprises afin de garantir une croissance des activités éthique et durable ainsi qu’une saine gestion des risques (...) »

On ne pourra qu'être d'accord avec la conclusion de Transparency International, au moment même où les multinationales réclament toujours plus de compétitivité de la part des salariés et surtout toujours plus d'aides à leurs gouvernement pour gagner des marchés à l'export !

A méditer ...


Source
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18 juillet 2012

La pauvreté en France se porte (malheureusement) bien !

En France depuis 2002, la pauvreté n'a cessé d'augmenter. Chiffres à l'appui, BastaMag nous livre un portrait de ceux qui ne s'en sortent pas !



Tomber dans la pauvreté fait partie des pires angoisses des français. Si le chômage est en grande partie responsable de l'augmentation de la grande précarité, les travailleurs et les enfants sont de plus en plus exposés au phénomène.

« 8,1 millions. C’est le nombre de personnes considérées comme pauvres, vivant avec des revenus inférieurs à 60 % du revenu médian » écrit Ivan du Roy dans BastaMag ce qui correspond à : « (...) 1 437 euros par mois en moyenne par ménage, tous revenus confondus. Plus de la moitié de ces familles vivent avec moins de 1 200 euros par mois (50% du revenu médian des ménages), ce qui représente 4,5 millions de personnes (....) »

Et ce n'est pas nouveau puisque : « (...) de 1996 à 2009, le nombre de personnes pauvres demeure le même. Si la pauvreté a baissé jusqu’en 2002, elle est ensuite remonté, frappant en sept ans 700 000 personnes supplémentaires. Pourtant, la richesse produite n’a, elle, pas cessé de progresser (...) » A noter que dans le même temps : « (...)  Le PIB de la France s’est accru de 700 milliards d’euros sur la même période (...) »

Qui sont les plus touchés ?

Tout d'abord : « (... ) les jeunes entre 18 et 29 ans (...) » Viennent ensuite : les chômeurs « (...) Parmi les chômeurs (...) un sur trois, quel que soit son âge, vit sous le seuil de pauvreté (...)  Parmi les travailleurs, les agriculteurs sont davantage précarisés que les autres professions : 21 % d’entre eux sont pauvres (...) »

Les enfants de plus en plus exposés !

« (...) Les enfants restent autant touchés par la pauvreté au début du XXIe siècle qu’à la fin du siècle dernier : 1,9 million de gamins de moins de 15 ans vivent dans une famille pauvre (...) »

Pour les riches, ne changez rien !

Si on assiste à une augmentation exponentielle de français touchés par la misère, par contre le patrimoine des 500 plus grandes fortunes se porte comme un charme, comme nous l'explique Ivan du Roy : « (...) les 500 plus grandes fortunes cumulent des revenus et un patrimoine estimés par le magazine Challenge à 267 milliards d’euros (...) » Petit détail : «  (...) Alors qu’en 1996, 14 millions d’euros étaient nécessaires pour entrer dans le top 500 des fortunes françaises, la barre est désormais à 60 millions (...) »

Transmis à tous ceux qui passent leur temps à nous vanter la valeur travail et à brocarder l'assistanat et qui devaient réduire la pauvreté d'un tiers à partir de 2007 !



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13 juillet 2012

Licenciements et flexibilité : Le gouvernement cèdera t-il au chantage patronal ?

Selon les organisations patronales, la compétitivité passe obligatoirement par une refonte précarisante du marché du travail. Le plan social de PSA n'est, semble t-il que la première étape du chantage imposé au gouvernement et aux syndicats de salariés pour l'obtenir !




Les salariés noteront que c'est après avoir annoncé son plan social que Philippe Varin le patron de PSA vient de réclamer une « baisse massive » des cotisations sociales. Laissant entendre par là que si le gouvernement n'accède pas à sa demande, les « charettes » pourraient continuer.

Donc, schématiquement, il suffirait de baisser les cotisations sociales de PSA pour que, par exemple, les ventes de la C3 (fabriquée à Aulnay sous Bois) s'envolent et qu'on soit obligé de recruter pour fournir les acheteurs ?

Un peu simpliste direz-vous. Et vous aurez raison !

Car, Philippe Varin confirme dans Le Parisien avoir retardé l'annonce des 8000 suppression de postes car : « Il n'était pas question d'en faire un enjeu électoral ». Nous ajouterons qu'il est assez probable qu'il comptait bien sur une victoire du candidat sortant et de sa majorité, pour obtenir l'application du programme concocté par, entre autre, le Medef et  l'UIMM dans son pacte social, soutenu par le candidat Sarkozy.

Au fait, pour l'anecdote, Frédéric Saint Geours, le président de l'UIMM est également le directeur des marques du groupe PSA

Quelles en étaient les mesures principales

Accords compétitivité-emploi (Flexibilité horaire et salariale)
Remise en cause de la durée légale du travail, à négocier par branches ou entreprises
Transfert de certaines cotisations sociales sur l'impôt (TVA sociale)

Le meilleur restant à venir puisque comme vient de le révéler Laurence Parisot, nous aurions eu le droit à : La fin des obligations des employeurs en cas de plan de sauvegarde de l'emploi (rupture conventionnelle collective)

En résumé, pour être compétitif : Pas de remise en cause de la stratégie, de la politique de recherche ou d'innovation pratiquées par les directions des entreprises mais transformation progressive et irréversible des salariés en variable d'ajustement. Ce à quoi il faut ajouter, mise en concurrence permanente des salariés encore en poste, permettant de tirer les salaires vers le bas !

Ce que l'inénarrable chroniqueur, Jean-Francis Pécresse traduit dans les Echos par : « (...) Plus de compétitivité économique ou plus de droits sociaux ? Plus de flexibilité de l'emploi ou plus de rigidité dans le droit du travail ? Plus d'économies dans les dépenses publiques ou plus d'impôts au risque de freiner l'activité ? (...) »

Donc, soit les organisations patronales obtiennent de façon unilatérale la mise en place de la précarisation des salariés soit les licenciements vont s'enchaîner en septembre, comme l'a annoncé Laurence Parisot il y a quelques jours.

Laurence Parisot qui exige du Président de la République : « (...) le transfert d'une partie du financement de la protection sociale des entreprises aux citoyens, via une hausse de la TVA (...) plus de flexibilité du marché du travail, avec la mise en place de baisses temporaires de salaires en échange d'un maintien de l'emploi, ou encore une facilitation des suppressions de postes (...)  »

Quelles garanties pour les salariés qui se verraient appliquer ces mesures ? Réponse aucune puisque selon madame Parisot : « Si on veut que ces entreprises soient à nouveau performantes et puissantes (…) au niveau mondial, dans cinq ou dix ans, il faut accepter des ajustements, il faut accepter des restructurations (...) »

En français ça porte un nom précis : Du chantage. Et c'est surtout un manque profond de respect pour tous les salariés qui font fonctionner au quotidien les entreprises françaises !

Le plus grave dans cette affaire, c'est que les fameux « ajustements » et « restructurations » prônées par le Medef, pour les rendre plus compétitives, ne garantissent en aucun cas la pérennisation d'emplois sur le territoire national.

La preuve en est que les 8000 suppressions de postes chez PSA n'ont pas convaincu les investisseurs puisque :  « (...) Le titre du constructeur automobile français PSA Peugeot Citroën fait un plongeon spectaculaire ce vendredi matin à la Bourse de Paris, alors que la polémique enfle après le plan de suppressions de postes et en l’absence de perspectives encourageantes sur le groupe (...) »

Cela signifie t-il que PSA n'est pas allé assez loin et qu'il est maintenant nécessaire de rapidement précariser d'avantage les salariés et surtout de délocaliser encore un peu plus la production ?

Devant cette confusion, il est clair que le Président, son gouvernement et sa majorité doivent montrer que le politique a encore son mot à dire face aux groupes de pression aussi puissants soient-ils. Et surtout apporte des réponses claires et précises à des salariés qui pourraient bien dans le cas contraire être tentés par des actions spontanées et plus ou moins violentes à défaut d'avoir un avenir ! 


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11 juillet 2012

Relancer rapidement la croissance dans la zone Euro ou ... mourir ?

Les nombreux plans de rigueur de la zone Euro vont accroître le chômage de façon exponentielle, et pourraient même faire exploser l'économie mondiale avertit l'OIT. Alors, on fait quoi ?  




En Europe, les économistes « bon teint » et les organisations d'employeurs, reprenant les préconisations de l'OCDE réclament une plus grande flexibilité/fluidité de leurs marchés du travail, se résumant essentiellement ... à rendre plus facile et moins coûteux les licenciements, au nom de la compétitivité. L'objectif étant double, puisqu'il s'agirait de lutter contre les productions des pays à bas salaires et de privilégier l'exportation au détriment de la consommation intérieure.

Jeu de c..., puisque chaque pays s'engage dans une course sans fin où celui qui gagne aujourd'hui sera dépassé demain par celui qui réduira encore plus les conditions de vie et de travail de leurs salariés.  Cette ultime perversité du capitalisme mondialisé conduit bien entendu à faire travailler les salariés toujours plus, pour un salaire moindre, et surtout faire fondre les effectifs dans les entreprises ! 

Coût de l'opération : On dénombre aujourd'hui pas moins de 17,4 millions de chômeurs dans la zone Euro et si l'on en croît le très sérieux OIT, si les gouvernements continuent à ne penser qu'en termes de rigueur et de coupes budgétaires, le nombre de chômeurs pourrait atteindre 22 millions dans les quatre prochaines années à venir !

Face à ce qui s'annonce comme la plus grande catastrophe sociale qu'ai jamais connu l'Europe, Angela Merkel, qui reste persuadée que son pays peut vendre du Made in Germany à tour de bras, en visite en Indonésie, vient de déclarer que : « (...) l'Europe devrait se dépêcher de signer un accord de libre-échange avec l'Asie du Sud-Est pour être compétitive (...) »  Au fait que l'Asean : « (...) représente le troisième partenaire de l'UE dans le monde, hors Europe, avec des échanges représentant plus de 206 milliards d'euros en 2011 (...) »

Probablement intéressant pour les ventes de machines outils et les berlines de haut de gamme ... allemandes, mais fossoyeur pour les autres productions européennes lorsqu'on connaît les conditions de travail et les rémunérations des salariés d'indonésie, des Philippines, de la Malaisie, de la Thailande et du Vietnam !

Pendant ce temps là, la lecture du dernier  rapport de l'Organisation Internationale du Travail (OIT) est franchement inquiétante. En effet, l'OIT met en garde contre l'absence de relance économique de la zone Euro expliquant qu'à terme, la paupérisation des populations pourrait être porteuse de : « (...) contagion à l’ensemble de l’économie mondiale »

Extraits : « A moins que des mesures ciblées soient prises pour améliorer les investissements dans l’économie réelle, la crise économique s’aggravera et la reprise en matière d’emplois ne se produira pas. Nous avons besoin également d’un nouveau consensus mondial nous menant sur une nouvelle voie vers une croissance riche en emplois et la mondialisation. Les Nations Unies, les institutions de Bretton Woods ainsi que le G20 ont la responsabilité de se montrer en pointe dans ce domaine (...) A court terme, les conséquences d’une récession prolongée du marché du travail seraient particulièrement graves pour les jeunes demandeurs d’emploi (...) »

Et l'OIT de préciser que : « (...) Les pertes d’emplois ont été particulièrement sévères dans le sud de l’Europe, mais même l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, le Luxembourg et Malte – les seuls pays où l’emploi s’est accru depuis 2008 – enregistrent des signes d’une situation du marché du travail qui aurait cessé de s’améliorer (...) »

Ce qui n'a pas empêché dit le rapport que : « (...) les économies de la zone euro où le chômage augmente ont diminué les ressources consacrées à l’aide aux demandeurs d’emploi (...) »

L'OIT ne se limite pas au simple constat puisqu'il suggère des solutions à activer rapidement

« Réparer le système financier doit être subordonnée à la restauration du crédit pour les petites entreprises. Faire payer les plans de sauvetage aux actionnaires serait non seulement une question de justice mais permettrait aussi de limiter le recours aux contribuables ou à de nouvelles mesures d’austérité.

Promouvoir l’investissement et le soutien aux demandeurs d’emploi, en particulier aux jeunes travailleurs. Une «garantie-jeunes», à un coût estimé à moins de 0,5 pour cent des dépenses des gouvernements dans la zone euro pourrait être rapidement mise en place. Pour la financer, certains défendent l’idée d’un recentrage des fonds structurels européens et la mobilisation de la Banque européenne d’investissement.

Gérer les différences de compétitivité entre les pays de la zone euro. Cela ouvre une nouvelle opportunité de dialogue social pour s’assurer que les revenus du travail augmentent au même rythme que la productivité dans les économies fortes, que la modération salariale dans les pays en déficit est complétée par des politiques destinées à renforcer les bases industrielles; et qu’on évite une spirale négative, préjudiciable aux salaires et aux droits des travailleurs »

On ne peut qu'être d'accord avec le rapport de l'OIT sur le fait que l'ultra concurrence à laquelle sont de plus en plus soumis les salariés d'Europe entre eux ne peut que mener au désastre.

Aujoutons un problème que l'Europe refuse d'étudier sérieusement : Son incapacité à empêcher l'invasion de produits venant des pays pratiquant le moins disant social. Ces mêmes pays qui, sont friands de transferts technologiques, et ont d'autres ambitions que celle de continuer d'acheter des produits conçus ou en provenance d'Europe.

Alors, les dirigeants de la zone Euro, Allemagne comprise choisiront-ils de privilégier à tout prix : Le retour le plus immédiat à l'équilibre de leurs comptes quoi qu'il puisse en coûter à leurs populations, où accepteront-ils une vraie réflexion sur les moyens d'éviter une explosion économique et sociale ?  

Comme beaucoup d'entre vous, nous sommes au regret de penser que c'est la première option qui sera très probablement retenue. Et qu'il faudra que les peuples se mettent vraiment en colère pour qu'on veuille bien arrêter le massacre !  



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10 juillet 2012

Flexisécurité : Une trappe à chômage plus perverse que les autres ?

Comment se débarrasser de ses salariés sans douleur et au meilleur coût ? , c'est le fantasme/leitmotiv du Medef qui essaye, bien qu'elle ne soit pas à l'ordre du jour de la conférence sociale, d'imposer sa propre vision de la flexisécurité. 


La flexisécurité : Les organisations patronales comme certains politiques en raffolent oubliant d'expliquer aux salariés qu'il s'agit surtout de remplacer le droit du licenciement par ... un hypothétique droit au reclassement !

Flexisécurité, c'est quoi et comment ça fonctionne ?

Oui, vous savez, ce modèle créé par les Danois qui privilégie une grande flexibilité du marché du travail.

Schématiquement, nous dit Nadia Antonin : « (...) elle repose sur une libéralisation des licenciements tout en garantissant aux salariés, grâce à des prestations de chômage d’un niveau élevé et à l’accès à des formations destinées à préserver leur employabilité, une sécurité matérielle tout au long de leur vie professionnelle. Ce modèle facilite les mobilités requises par des mutations permanentes de la structure productive et correspond à la représentation du fonctionnement idéal du marché du travail sous la figure de la « destruction créatrice » chère à Schumpeter : il importe de laisser disparaître les emplois non rentables et de permettre aux salariés de retrouver au plus vite un autre emploi (...) »

Oui, mais en période économique faste ! Car en cas de crise économique la mise en place d'un tel modèle peut vite devenir un cauchemar pour les salariés et un ... excellent moyen pour dégraisser les effectifs en toute sérénité et à moindre coût !

Contrairement à ce que certains pourraient croire, elle existe en France depuis 2008. Quelles en sont les principales mesures ?

Le point fort aura été la rupture conventionnelle. Ce à quoi il faut ajouter l'allongement de la période d'essai jusqu'à quatre mois pour les cadres et à titre expérimental, un nouveau type de contrat de mission de 18 à 36 mois réservée aux cadres et ingénieurs. Xavier Bertrand ayant claironné à l'époque que « Le dialogue social a retrouvé une vitalité dans notre pays »

Or, comme l'expliquait l'Express en 2008 : « (...) La flexibilité revendiquée par les employeurs est censée rendre le marché du travail plus dynamique, autrement dit générer plus de créations d’emplois. Elle passe notamment par une « sécurisation » des ruptures de contrats, le camp patronal souhaitant ... limiter les contentieux devant les Prud’homme (...) »

Les observateurs les moins avisés auront surtout remarqué qu'en fait, le point fort, c'est à dire la rupture conventionnelle aura été la source de plus de 850 000 chômeurs dont 20% de plus seniors depuis sa création et qu'on attend toujours les aspects positifs sur l'emploi de l'allongement de période d'essai et du contrat de mission.

C'est donc fortes de ses résultats que les organisations d'employeurs souhaitent aller encore plus loin. Sauf que comme le fait remarquer Jean-Louis Malys, secrétaire national de la CFDT : « Une protection de haut niveau, ça se finance…». Et dans la mesure où les organisations patronales excluent de participer au financement au nom de la compétitivité, on voit bien à quoi aboutirait la rupture conventionnelle collective proposée par le Medef, et dont Slovar vous parlait, le 4 juillet.

Vous avouerez qu'on est bien loin du modèle Danois, comme le démontrait Gérard Filoche sur son blog : « (...) si les entreprises ont la liberté de licencier (quasiment sans préavis et sans indemnités), les salariés qui ont perdu leur emploi peuvent bénéficier pendant quatre ans d’une allocation (plafonnée) égale à 90 % de leur salaire (...) » Et où on compte un agent de Pôle Emploi pour neuf chômeurs !

Alors, la flexisécurité façon Medef : Une trappe à chômage plus perverse que les autres ?

Sans nul doute, car utiliser la notion de flexisécurité pour rendre encore plus facile les licenciements reviendrait simplement à surcharger un peu plus les conseillers de Pôle Emploi qui gèrent au quotidien de 200 à 500 dossiers. Et continuer de plomber les comptes de l'UNEDIC, sans apporter la moindre solution aux nouveaux chômeurs, le tout bien entendu sans créer le moindre emploi !

Michel Abhervé résume bien ce que devrait être, théoriquement, la négociation sur la flexisécurité : « Les règles du jeu sont inventées par les acteurs qui s’en servent et les respectent. Nous sommes dans la primauté d’un dialogue social, fondé sur la confiance entre partenaires sociaux recherchant, réellement, un compromis, dans une logique gagnant gagnant où chacun des partenaires tire un réel avantage de l’accord conclu (...) » Ajoutant : « (...) Chacun peut mesurer que nous en sommes assez loin en France »

C'est le moins qu'on puisse dire ! 


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Faujour

09 juillet 2012

La précarisation des salariés va à l'encontre de la compétitivité !

Le Medef continue d'affirmer qu'il est nécessaire de précariser les salariés au nom de la compétitivité. Or, une baisse même temporaire des salaires ne remplacera jamais la fabrication de bons produits par des salariés ... capables de les acheter !  




Le Medef a décidé de faire comprendre aux salariés français que le choix électoral qu'ils ont fait à la présidentielle et aux législatives n'était pas le sien. Il compte bien sur la conférence sociale pour exiger l'application unilatérale de ses demandes.

Prenant la parole en marge de la conférence sociale Laurence Parisot a déclaré que : « (...) François Hollande devrait faire comprendre aux ouvriers que certaines usines et certains emplois disparaîtront à jamais, comme l'avait fait Barack Obama lors de son soutien à l'industrie automobile en 2008-2009 (...)  la patronne du Medef affirme qu'il faut que « tout le monde comprenne que si on veut que ces entreprises soient à nouveau performantes et puissantes et leaders au niveau mondial, dans cinq ou dix ans, il faut accepter des ajustements, il faut accepter des restructurations »

Et dans la mesure où François Hollande n'aurait pas compris le message, Laurence Parisot promet une hécatombe d'emplois à la rentrée : « (...) En cause ? La période estivale durant laquelle « les trésoreries des entreprises sont toujours mises à mal, les carnets de commandes n'étant pas suffisamment garnis (...) »

Résumons-nous : Si les salariés français acceptaient sans rien dire

Qu'on ferme toutes les usines jugées plus assez rentables,
Qu'on dégraisse les effectifs à la première baisse de chiffre d'affaires,
De consentir au plafonnement des dommages et intérêts qui leur sont accordés par les tribunaux en cas de faute de l'entreprise et qui seraient : « Un frein majeur à l'embauche »
Voire de travailler ... bénévolement pendant les mois d'été au lieu de partir en congés ... Selon le Medef, la compétitivité de la France et de ses entreprises seraient assurées !

Madame Parisot oubliant bien entendu de parler de partage des richesses produites, celui-ci étant réservé aux actionnaires. Pour ce qui concerne les salariés, la question du partage ne se pose pas puisque pour maintenir un haut niveau de revenus pour les actionnaires, il faudra, face à la concurrence, encore plus de plus de compétitivité, donc de flexibilité et de licenciements !

Oui dira madame Parisot mais c'est pour maintenir l'emploi ! De combien de personnes et pour combien de temps ? Le Medef dans sa frénésie de compétitivité refuse d'y répondre. Tout comme il refuse de prendre le moindre engagement en contrepartie des sacrifices faits par les salariés.

Ce qui signifie que si après avoir accepté tant de sacrifices, les salariés constatent, à terme,  que les commandes reprennent et que la santé de l'entreprise est bonne, il y a fort à parier qu'on leur expliquera qu'il est impossible d'augmenter à nouveaux leurs salaires mais qu'il est toujours nécessaire d'effectuer des ajustements d'effectif ... 

Le modèle de Laurence Parisot est simple : Obtenir des salariés de mieux en mieux formés, payés au plus près du salaire minimum (tant qu'il existe), licenciables sans aucun recours, mais capables de produire des biens et services affichant la meilleure marge. Le tout étant quand même de trouver des clients !

Car si l'ambition patronale est de tirer la production vers le haut de gamme, la très grande majorité de la population ainsi précarisée, sera de plus en plus contrainte d'acheter toujours plus de produits ou services low cost issus de pays à moindre coût salarial.

Par contre, ce n'est pas demain que les entreprises françaises, faute d'avoir consacré assez d'argent à la recherche et l'innovation, iront tailler des croupières aux pays créateurs de produits industriels technologiques solidement installés sur les marchés à l'export.

Mais celà n'inquiète pas le Medef qui, s'il obtenait la flexibilité la plus totale et l'absolue liberté de licencier, n'hésiterait pas une fois de plus à tendre sa sébile en direction du gouvernement pour obtenir de nouvelles aides sans pour autant s'engager à réindustrialer le pays.

Le seul problème sera de savoir s'il restera en France assez de contribuables salariés pour payer une nouvelle addition ! 


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06 juillet 2012

Primaires : A l'UMP, la confiance règne ... assez peu !

Roselyne Bachelot n'aurait-elle pas confiance dans les instances de l'UMP qui devraient se charger de la future primaire. En effet, elle vient de lancer un appel au ministre l'intérieur pour organiser et surveiller le futur déroulement de primaires ! 




Dans la bataille générale qui règne à l'UMP pour savoir qui en sera le président et le prochain candidat en 2017, on ne compte plus les déclarations fracassantes ni les menaces de candidature. Néanmoins, le combat final devrait se jouer entre les pro Fillon et les pro Copé.

Si François Fillon a attaqué Jean-François Copé sur son bilan, les accusations de mollesse du second par rapport au premier n'ont pas tardé à fuser ! Rachida Dati continue de son côté à pilonner Fillon, tandis que Xavier Bertrand, NKM, Laurent Wauquiez ou Roselyne Bachelot défendent toutes griffes dehors l'ancien Premier Ministre.

Le dernier coup d'éclat nous vient de Roselyne Bachelot qui, rappelons le, a publié un livre sur la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, ce qui lui a valut les foudres et la grossiereté d'Henri Guaino. Contre toute attente, elle vient d'adresser une lettre ouverte à Manuel Valls, le ministre de l'intérieur, pour lui demander de mettre en place un cadre réglementaire pour l'organisation de primaires par les partis politiques.

Question : Après avoir critiqué la primaire socialiste, aurait-elle à présent des doutes sur l'honnêteté des instances de l'UMP qui seraient en charge d'organiser la leur ?

Sans doute pour ne pas froisser Manuel Valls, après avoir concédée que l'organisation de la primaire socialiste : « (...) s'est effectuée de façon digne (...) Et ajoute : (...) Son succès est d'ailleurs significatif de l'appétit des Français pour un fonctionnement plus participatif des partis et une rénovation en profondeur de la vie démocratique (...) » Ce qui est assez amusant lorsqu'on sait qu'elle condamnait vertement l'organisation de la primaire socialiste sur Canal Plus le 23 juin 201, elle demande pas moins que :  « (...) la création d'une commission de réflexion composée notamment des présidents du Conseil constitutionnel, du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) et de l'association des maires de France, de représentants des partis ou de juristes et personnalités qualifiées (...) » Cette commission devant définir les critères d'organisation de primaires qui s'appliqueraint bien entendu à celles de l'UMP !

Les mauvaises langues diront qu'en fait Roselyne Bachelot aurait quelques doutes sur la sincérité du scrutin si la seule UMP devrait s'en charger. Se pourrait-il qu'à l'UMP, «  parti des droits et des devoirs »,  certains puissent avoir la tentation de ne pas respecter les temps de parole des autres ou essayent d'influencer le vote d'une façon ou d'une autre ?

Car dans le camp Fillon on n'a pas oublié la défaite sans appel de Xavier Bertrand face à Christian Jacob (bras droit de Copé ) et on mise sur une primaire ouverte selon les sondages placerait Fillon en tête comme l'indique le dernier  publié par Le Figaro

« (...) A la question "selon vous, laquelle de ces personnalités politiques incarne le mieux l'opposition face au gouvernement aujourd'hui", 29% des personnes interrogées répondent François Fillon, devant Marine Le Pen (23%), Alain Juppé (16%), et Jean-François Copé (12%) (...) Pour les seuls sympathisants UMP, François Fillon est également en tête (49%), devant Jean-François Copé (24%), Alain Juppé (22%) »

Dernier problème, une primaire coûte cher et comme l'UMP a perdu un tiers de son financement et doit rembourser le coûteux nouveau siège, Roselyne Bachelot suggère que les contribuables pourraient peut être participer aux primaires : « (...) l'organisation de primaires peut-elle justifier une aide spécifique ? (...) »

Ben voyons ! Pourquoi ne pas proposer à madame Bachelot et à l'UMP de faire appel à la générosité publique, ce qui ne devrait pas leur poser de problème, dans la mesure où c'est le parti politique qui reçoit autant de dons de personnes physiques que de cotisations des élus et adhérents réunis ! (rapport de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques - page 6) Toute la difficulté restant de savoir quel candidat les contributeurs, notamment ceux du premier cercle auront envie de soutenir, et voir gagner ...

Et Roselyne Bachelot de conclure, dans sa lettre ouverte à Manuel Valls : «  (...) La période actuelle est propice à la sérénité nécessaire et laisse le temps de mettre en place un système qui assure à nos concitoyens une parfaite transparence et l'équité indispensable (...) » Il nous tarde de connaître les réflexions et positions de l'équipe Copé qui appréciera certainement ... cette marque de confiance !

A suivre ... rapidement ...


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05 juillet 2012

Salariés et chômeurs seniors : Les mal aimés des entreprises !

Si les organisations patronales militent pour faire travailler plus longtemps les salariés seniors, la réalité de leurs conditions de travail est loin d'être évidente. La lecture du baromètre seniors en entreprise et édifiante à ce sujet.





Il y a encore quelques mois, François Fillon, sous les acclamations de Laurence Parisot,  proposait de reporter l'âge de la retraite de 62 à ... 67 ans. Déjà, direz-vous, pour que les salariés atteignent 62 ans, il faudrait que les entreprises changent d'attitude à l'égard de plus âgés qui, lorsqu'ils ne se voient pas proposer une rupture conventionnelle déplorent, nous dit le 12e Baromètre Seniors en entreprise : « (...)  leurs conditions de travail et l'inaction de leur employeur concernant leur gestion de carrière (...) »

La lecture du Baromètre Seniors en entreprise, qui vient d'être publié par le magazine Notre Temps, apporte un parfait démenti aux propos tenus par le précédent gouvernement et les organisations patronales. En effet, loin des images d'Epinal, de la longévité heureuse des plus âgés au travail, on découvre que toutes les mesures présentées pour justifier le report de l'âge de la retraite ne sont au mieux que des postures, au pire des impostures ! 

Que dit le baromètre ? Extraits

Conditions de travail

« (...) Les seniors sont plutôt insatisfaits de leurs conditions de travail et notamment de l'inaction de leur employeur concernant leur gestion de carrière (...) Côté salaire, 78% des séniors interrogés affirment n'avoir reçu aucune augmentation individuelle depuis trois ans. 85% déplorent également le manque de promotion, de changement de poste ou d'affectation sur un nouveau projet ces trois dernières années. Ils ne sont globalement pas très confiants puisque 82% ne pensent pas pouvoir donner une nouvelle direction à leur carrière. Plus alarmant : 42% des sondés ont le sentiment qu'eux-mêmes ou les seniors en général sont victimes de harcèlement du fait de leur âge (contre 40% non). Un chiffre en augmentation puisqu'ils étaient 36% en 2010 et 2011 (...) »

La retraite

« (...) Si la plupart des sondés souhaiteraient dans l'idéal, prendre leur retraite à 60 ans ou voire moins, un quart ne savent pas à quel âge ils devront travailler pour obtenir leur retraite à taux plein. Mal informés, la plupart des répondants (81%) n'ont eu aucun bilan, rendez-vous de carrière ou aide à l'orientation au cours des trois dernières années et 78% disent ne pas avoir bénéficié d'une information sur la retraite ou bilan retraite sur cette même période (...) »

Etonnant, écrit le blog Mode d'Emploi, puisque : « (...) le précédent gouvernement avait rendu obligatoire l'entretien de seconde partie de carrière par la Loi sur l'orientation et la formation de novembre 2009... (...) »

Le tutorat outil de maintien dans l'emploi

« (...) 56% d'entre eux pensent que le contrat de génération proposé par le gouvernement Hollande, basé sur le principe un jeune de moins de 30 ans embauché, un senior de plus de 55 ans maintenu dans son emploi pour le tutorer, peut constituer une vraie solution pour le maintien dans l'emploi des séniors (...) 76% des seniors regrettent que leur entreprise n'ait mis en place aucun dispositif de tutorat pour leur permettre de transmettre leurs compétences (...) »

A cela nous ajouterons la gadgeterie communicatrice, du précédent quinquennat : campagne d'information gouvernementale sur les TMS lancée en fanfare par Eric Woerth : « Mettre fin aux troubles musculo-squelettiques dans votre entreprise, c’est possible »,   ou l'opération : « Bonnes pratiques seniors » lancée par Xavier Bertrand et Laurent Wauquiez qui consistait à proposer aux entreprises de se faire auditer par Vigéo sur : « (...) les processus de gestion des ressources humaines les plus exposés au risque de discrimination : recrutement, formation, santé au travail (...) »

Pas brillant direz-vous ? Et encore, pourrait-on dire, les seniors interrogés sont encore dans l'emploi.

Mais qu'advient-il de ceux qui sont au chômage, dont la majorité de longue durée ? Il est bon de relire ce témoignage de Sylvain Grevedon, spécialiste de l’emploi des seniors au Cabinet Mercuri Urval, qui expliquait que pour les seniors : « Retrouver un CDI est quasi impossible » et ajoutait : « (...) on commence à être considéré comme un salarié trop âgé à 52 ans (...) leur taux de chômage a explosé ces dernières années et le marché de l’emploi leur reste toujours aussi hostile (...) Les experts s’accordent à dire que les employeurs ont privilégié le maintien dans l’emploi de leurs salariés au détriment du recrutement de nouveaux seniors (...) Si le nombre de demandeurs d’emploi a progressé de 5,6% en 2011, celui des plus de 50 ans a explosé de 15,5%. Ils sont désormais 872.000 à être inscrits à Pôle emploi (...) »

Face à un telle situation, nombreux sont ceux qui se tournent vers les pouvoirs publics, leur demandant de mettre en place des dispositifs d'aides financières ou de formation pour les seniors. Le contrat de génération même s'il n'est pas parfait est une ébauche de solution. Du moins pour ceux encore dans l'emploi.

Pour les autres, les aides ou formations ne représentent au mieux que des effets d'aubaines pour les entreprises, au pire ne servent à rien puisqu'aucune embauche ne leur sera proposée à terme !

La question de l'emploi des plus âgés est plutôt à poser aux organisations patronales qui continuent de prôner l'allongement sans fin de l'âge légal de la retraite, mais continuent à abuser de la rupture conventionnelle pour se débarrasser d'eux tout en évitant de les recruter, une fois au chômage.

Bien que ces organisations patronales qui seront présentes lors de la conférence sociale des 9 et 10 juillet n'auront que les mots compétitivité et flexibilité à la bouche, il serait intéressant que quelqu'un veuille bien les mettre devant leurs responsabilités en ce qui concerne l'emploi des seniors.

Car, il est vraiment temps de rappeler à Laurence Parisot qui nous expliquait en 2008 : « (...) Pour favoriser l'emploi des seniors, il faut repousser l'âge légal de la retraite (...) les pays ayant les plus forts taux d'activité des seniors sont ceux où l'âge de la retraite est le plus élevé (...) » où à Jean-François Roubaud de la CGPME qui déclarait : « il va falloir travailler plus longtemps » que les salariés et chômeurs seniors qui sont partant pour continuer à travailler dans de bonnes conditions, sont toujours en attente des résultats de leur propos et démonstrations !



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04 juillet 2012

Licenciements : Le Medef invente la rupture conventionnelle ... collective !

L'UMP porteuse de ses demandes étant occupée à régler ses comptes, le Medef passe à l'attaque. Il réclame l'application de la TVA sociale et l'extension de la rupture conventionnelle ... sur le plan collectif !




Laurence Parisot n'avait pas fait mystère de son choix politique lors de l'élection présidentielle. Or, la défaite de son champion a anéanti 5 années de lobbying, qui devaient aboutir à la précarisation généralisée des salariés.A quelques jours de la Grande conférence sociale des 9 et 10 juillet, elle vient de dévoiler  ses propositions qu'on pourrait résumer par : Faire payer aux seuls salariés le retour de la compétitivité.

L'éternel retour de la TVA sociale !

Le Medef remet sur la table l'un de ses scénarios présenté en novembre 2011, qui consistait à tranférer certaines cotisations sociales vers l'impôt. Celui qui a été retenu est l'hypothèse la plus basse, c'est à dire 30 milliards.

Selon Laurence Parisot, cela correspondrait à : « (...) 3,5 points du côté employeur et un point et demi côté salarié (...) » Le Medef avait calculé, en janvier 2012, que le gain de pouvoir d'achat des salariés issue de la baisse de leurs propres cotisations sociales, se traduirait par : « environ 15 euros net pour 2.000 euros de salaire brut »

Et dans la mesure où ce sont les mêmes salariés qui payeront la baisse des cotisations patronales par une augmentation de la TVA, vous dire si le gain serait important !

La compétitivité par la précarisation globale des salariés !

Certainement par pudeur, le Medef n'utilise jamais le mot de précarisation. Il lui préfère les termes de « réforme du marché du travail » et de « flexibilité » Et dans le domaine notre amie Laurence est une artiste.  Persuadée que convaincre le nouveau gouvernement n'est qu'une question de temps : « Je n'exclus pas que ce qui n'est pas envisagé aujourd'hui soit finalement mieux compris et accepté demain » Elle revient à la charge avec le concept de la flexisécurité, qui consiste à pouvoir se séparer à moindre coût des salariés, pour mieux les confier à l'état, qui aurait la charge de les recycler, pour un éventuel futur usage.

Et Laurence Parisot de dégainer une nouveauté : « En 2008, nous avons fait un grand pas en matière de flexi-sécurité avec l'invention de la rupture conventionnelle (...) Il faut inventer quelque chose d'équivalent sur le plan collectif, c'est-à-dire dans l'hypothèse où une entreprise doit faire des ajustements d'effectifs ou des restructurations (...) »

Outre qu'il est permis de sourire sur le fait que rupture conventionnelle soit synonyme de flexibilité, puisqu'il s'agit de se séparer des salariés sans avoir à à trouver de motif, on notera surtout, que celle-ci a permis de mettre en « pré retraite », nombre de salariés âgés sur le compte de l'UNEDIC. Quant aux autres salariés, à part fréquenter les locaux de Pôle Emploi, ils se demandent toujours ce que leur a apporté la flexisécurité !

Rappelons, pour la forme, que Laurence Parisot affirmait avec enthousiasme : « Ce concept de séparabilité représente un acquis majeur pour tous. C'est une vraie bonne nouvelle pour l'embauche en France qui ainsi se modernise et se dynamise. Il marque aussi un progrès souhaitable vers l'égalité entre l'employeur et l'employé » Ce qui s'est traduit par le nombre de 600 000 ruptures homologués depuis la mise en place du dispositif et représentent désormais 11% des motifs de rupture de CDI !

Mais peu importe, puisque, ce que cherche Laurence Parisot au travers de cette « rupture conventionnelle collective » c'est surtout de plus avoir à assumer les obligations légales des entreprises en cas de plans de sauvegarde de l'emploi (plans sociaux). C'est à dire : l'accompagnement des salariés en cas de licenciement économique. En clair, fin du casse tête pour les DRH qui n'auraient plus qu'à envoyer les lettres de licenciement aux salariés, et surtout, une très belle économie pour les entreprises et leurs actionnaires !

En quelque sorte, l'application ultime de la célèbre phrase de Laurence Parisot : « La vie, la santé, l'amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? »

Ajoutons à cette lumineuse idée la demande d'application des accords compétitivité-emploi qui permettraient aux entreprises : « (...) confrontées à des difficultés économiques d'ajuster leurs effectifs, leur masse salariale et la durée du travail (...) » Laurence Parisot assurant que des organisations syndicales (en réalité la seule CFDT) commencent à les regarder d'un oeil moins hostile. Et vous obtenez la plus grande vague de licenciements et de précarité salariale jamais connue dans notre pays !

Voilà donc, en résumé, la vision de la compétitivité, que Laurence Parisot défendra, lors de la conférence sociale des 9 et 10 juillet. A moins qu'elle n'ait gardé sous pied quelques autres idées ... toutes aussi généreuses ...


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