14 janvier 2013

Mariage pour tous : Décadence ou printemps de droits nouveaux ?

Tout ou n'importe quoi a été dit ou affiché, hier, dans la manifestation contre le mariage pour tous. Face à cela, les députés socialistes on décidé de répondre aux allégations des manifestants par un clip vidéo bigrement efficace qui remet les choses à leur place ! 



Qu'à t-on entendu à la manifestation d'hier pilotée par l'église catholique et suivie par l'extrême droite et une partie des dirigeants de l'UMP ( en quête de légitimité auprès de son électorat), qui portait abusivement le nom de " Manifestation pour tous" ?

Ni plus ni moins que le choeur de tous ceux qui s'étaient érigés en juge des bonne moeurs au temps du Pacs, au fait que notre pays allait sombrer dans la décadence et disparaître si on donnait les mêmes droits à tous en termes de famille. En fait, malgré les prédictions de madame Boutin et de quelques uns de ses collègues, tout s'est bien passé, au point que plusieurs dirigeants de l'UMP reconnaissaient regretter leur prise de position opposée de l'époque.


Entre temps, le monde a continué d'avancer et de nombreux pays y compris en Europe, dont la Belgique, il y a un peu plus de 10 ans, ou l'Espagne, ont fait le choix d'ouvrir le mariage civil aux couples de même sexe.


Ce qui faisait dire à Charline Vanhoenacker, correspondante pour la radio nationale belge RTBF : " (...) une majorité de Français semble très frileuse sur les sujets sociaux. En Belgique, nous avons légalisé le mariage gay et l’euthanasie, mais aussi le vote des étrangers non européens aux élections locales. Ce conservatisme me semble plutôt hypocrite : à l’UMP, où l’on se prononce plutôt contre le mariage gay, la majorité des cadres y est personnellement favorable, mais le parti s’y oppose pour des raisons électoralistes (...) "

Ceci dit, outre des slogans travaillés par des communicants comme :  " Oui, oui oui, au mariage homme femme ! ", " Un père, une mère, c'est élémentaire ! ",  "Mariageophile, pas homophobe ! ",  si l'on écarte les traditionnelles outrances verbales consistant, à associer la légalisation du "mariage pour tous" à celui futur de la polygamie ou de l'inceste, on retrouvait les habituels poncifs : 

ça va détruire la famille !
ça va destabiliser la société !
les français ne sont pas prêts à un tel bouleversement
cette loi va sacrifier l'intérêt de l'enfant !

Poncifs auxquels les députés socialistes avaient décidé de répondre point par point. Ils l'ont fait dans une vidéo que nous trouvons particulièrement efficace.


Mariage pour tous - le printemps d'un nouveau... par GroupeSRC

 

A vous d'en juger et ... de vous faire votre propre opinion !

09 janvier 2013

Compétitivité :" Les profits d’hier n’ont pas été les investissements d’aujourd’hui "

" La dégradation du taux de marge et du potentiel de croissance de l’économie n’est pas due à des salaires directs ou indirects excessifs " explique preuves à l'appui, Liêm Hoang-Ngoc, économiste, Maître de conférences à l’Université de Paris I. Par contre, le Medef et ses "experts" aimera bien nous le faire croire !

Si on écoute un tant soi peu Laurence Parisot ou sa garde rapprochée, la situation actuelle des entreprises n'est due qu'aux 35H00, au manque de flexibilité des salariés et, bien entendu aux salaires trop élevés, face à la concurrence internationale. Salaires qui sont très souvent désignés comme étant les premiers responsables de la dégradation des marges des entreprises françaises.

Cette dernière accusation restée longtemps sans réponse est démontée pièce par pièce par Liêm Hoang-Ngoc, économiste, membre du bureau national du PS et député européen dans une tribune qu'il a publiée le 8 janvier dans Le Monde

Selon Liêm Hoang-Ngoc, on nous vend toujours le même argument : " (...) Lestées par un coût du travail trop élevé, les entreprises ne dégageraient pas suffisamment de marges d’autofinancement pour engager les investissements nécessaires afin de réorienter l’offre sur une trajectoire hors coût à l’allemande. La restauration des marges d’aujourd’hui serait donc les investissements de demain et la compétitivité hors coût d’après demain (...) "

Or, ce n'est pas le coût du travail qui est le premier critère mais l'augmentation des dividendes au détriment de l'investissement

" (...) que nous enseigne l’analyse de l’évolution récente du taux de marge en France ? (...) une part croissante des bénéfices fut redistribuée, au détriment de l’investissement, sous forme de dividendes. Les profits d’hier n’ont pas été les investissements d’aujourd’hui (...) "

On pourra lire à ce sujet un article publié en novembre 2008 par Michel Husson qui écrivait : " (...) la part des salaires a baissé et celle des profits a donc augmenté. Mais les entreprises ne se sont pas servies de cette manne pour investir plus. Comparant la périodes 2000-2006 aux deux décennies précédentes précédentes, un rapport de l'ONU montre que dans un grand nombre de pays, dont la France, le taux d'investissement a baissé en dépit de l'augmentation de la part des profits dans la valeur ajoutée (...) "

Ce qui est confirmé dans autre article publié en mai 2010 : " (...) Pendant ce temps les revenus nets distribués par les sociétés non financières (pour l’essentiel des dividendes) continuent leur ascension, en dépit de la crise (...)
En 2009, les entreprises consacrent donc plus de 8 % de leur valeur ajoutée aux actionnaires contre 3 % au début des années 1980
Si on prend l’excédent brut d’exploitation (EBE) comme référence, c’est près de 28 % du profit qui va aux actionnaires (13 % au début des années 1980). L’année 2009 est en quelque sorte un rattrapage du creux de 2008, et cela malgré la baisse relative du taux de marge
(...) "

De la légende du coût du travail "assassin" à la réalité de l'insuffisance de demande 

La légende : " (...) Selon l’interprétation la plus courante, le taux de marge aurait baissé à cause de l’augmentation du coût unitaire du travail (calculé en tenant compte de la productivité). Cela plomberait donc l’incitation à investir et, par voie de conséquence, la compétitivité et serait la cause de la dégradation du solde extérieur, en dehors de l’impact exercé par la hausse du prix des importations de matières premières. Pour restaurer la compétitivité, il suffirait donc de réduire le coût du travail afin de restaurer le taux de marge et rendre l’investissement profitable. Plus le choc est important (20 milliards selon Gallois), plus l’effet serait spectaculaire (...) "

La réalité : " (...) La dégradation du taux de marge et du potentiel de croissance de l’économie n’est pas due à des salaires directs ou indirects excessifs (leur progression ayant été contenue, sous la « pression exercée par le chômage » dans les négociations sociales). La baisse du taux de marge est avant tout est liée à une dégradation de la demande. La conjoncture, devenue morose à partir de 2008, a en effet amenuisé les carnets de commandes des entreprises, qui ont donc réduit leurs ventes. Leur production fut donc moins forte, sans que les entreprises n’ajustent immédiatement l’emploi à la baisse. La productivité a donc mécaniquement baissé. Le coût unitaire de la main d’œuvre a donc augmenté et, symétriquement, le taux de marge a diminué (...) "

Les entreprises utiliseront-elles le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi pour investir ?

" (...) La contraction des carnets de commandes a en effet provoqué une baisse du taux d’utilisation des capacités de production, qui se situe à son plus bas historique. Dans ce contexte, les entreprises n’ont aucune raison d’investir (...), même en présence d’une baisse du coût du travail. Elles ont d’ores et déjà tendance à déclasser leur stock de capital inutilisé et à « ajuster » leur main d’œuvre (...) "

Ce qui ne fait que confirmer les propos de Laurence Parisot qui, lorsqu'elle réclamait une baisse des cotisations sociales des entreprises, en octobre 2012, refusait la moindre contrepartie, y compris d'investissement : « (...) l'entreprise pourra profiter des baisses de cotisations pour baisser son prix hors taxes, investir, augmenter les salaires... ou conserver sa marge. Pas question de négocier des engagements (...) Il faut laisser la liberté d'utiliser les marges de manoeuvre »

Peux t-on être plus clair ?

Ce qui amène Liêm Hoang-Ngoc à conclure que contrairement au fait qu'aucune contrepartie n'a été demandée aux entreprises pour bénéficier du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), il va falloir : " (...) tôt ou tard conditionner l’octroi du CICE aux entreprises à des décisions d’investissement, dès lors que la relation causale allant du taux de marge à l’investissement n’est pas avérée (...) "

Faute de quoi, une fois de plus, dans quelques années, on ne pourra que constater que  : " Les profits d’hier n’ont pas été les investissements d’aujourd’hui ".  Ce qui n'empêchera certainement pas le successeur de Laurence Parisot au Medef d'essayer de nous démontrer le contraire !

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08 janvier 2013

Négociations emploi : Accepterez-vous la « flexibilité pour tous » voulue par le Medef ?

D'accord historique, en termes de négociations sur l'emploi, sauf coup de théâtre de dernière minute, il n'y aura pas. Il faut dire que le Medef avait dès le début plombé la négociation en exigeant la flexibilité maximale pour tous.


Slovar les Nouvelles vous a expliqué au fil de ces dernières semaines, comment le Medef s'était ingénié à plomber les négociations sur l'emploi. Après le premier constat d'échec, en décembre 2012, on s'achemine vers la fin du compromis historique souhaité par François Hollande. Car, il est clair comme nous l'écrivions que Laurence Parisot souhaite maintenant mettre la pression sur le gouvernement et sur les parlementaires en les soumettant au chantage à l'emploi ou au licenciement.

Cette tactique est méprisable dans la mesure où cela fait des années que le Medef souhaite remplacer le législateur par le dialogue entre partenaires sociaux. Sauf que pour le Medef, le dialogue social se résume à ... un monologue ! 

Une des raisons étant que traditionnellement, les grandes négociations se déroulent au siège du Medef, autour, comme le révélait le site Atlantico, de ses propositions, toutes plus outrancières les unes que les autres. Le jeu consistant, pour les syndicats, d'essayer d'obtenir un adoucissement plus ou moins prononcé de celles-ci.

Or, cette fois-ci, le Medef, s'appuyant sur un taux de chômage record, a décidé de placer la barre très haut,  puisqu'il exige la mise en place : d'une flexibilité généralisée, de la capacité de licencier plus facilement et à moindre coût et de la suppression de la voie judiciaire en cas de plan social injustifié. Le tout, sans quasiment aucune contre partie. 

Son argument ? : Fluidifier le marché du travail. En clair, si on rendait les licenciement plus simples et moins onéreux cela améliorerait l'embauche !

Quelle sont les réactions des organisations syndicales ?

Du côté de la CGT et de FO, on est parfaitement clair : « Les secrétaires généraux de la CGT et de Force ouvrière (FO) ont confirmé mardi que leurs organisations ne signeraient pas un accord sur la réforme du marché du travail si le patronat maintenait ses exigences en matière de flexibilité (...) » Lire aussi le communiqué sur le site de la CGT qui appelle à manifester devant le siège du Medef.

Qu'en est-il des autres organisations ?

A la CFDT, on continue d'y croire, sans trop d'illusions, toutefois : « (...)  L’objectif est de trouver un compromis qui fasse avancer les droits des salariés et notamment des plus précaires. » (...)  En clair, l’heure n’est plus aux manœuvres dilatoires.  « Le 10 et 11 janvier constitueront le dernier round de négociation, prévient le chef de file de la délégation. Le patronat porte désormais l’entière responsabilité d’un éventuel échec. Il doit être conscient qu’après le 11, la balle sera dans le camp du gouvernement. » À bon entendeur… »

A la CGC si on montrait les dents, on se targuait d'avoir obtenu des avancées  : « (...) ou l’art patronal de freiner une négociation qui avançait vers le consensus ! Est-ce bien digne de l’urgence à relever le marché du travail de la chute où les plans sociaux successifs l’entraînent ? Cependant, la CFE-CGC a obtenu quelques avancées : un compte personnel de formation tout au long de la vie et un droit à la mobilité temporaire plutôt bien encadré...mais les enjeux sont tels que ces propositions pèsent bien peu face aux demandes réaffirmées du MEDEF de libéralisation maximale des procédures de licenciements, face à une « barémisation » indécente des indemnités et dommages et intérêt ! »

Quant à la CFTC qui ne sait toujours pas si elle pourra continuer à exister par manque de représentativité, on se persuadait d'être efficace : « (...) Même si rien de concret n’a été acté sur la lutte contre la précarité de l’emploi, les employeurs qui se montraient si inflexibles n’ont pas été totalement insensibles aux revendications des organisations syndicales exprimées les semaines précédentes. “On sent du côté du patronat plus d’ouverture, notamment sur les contrats précaires (...) »

Or, la lecture d'un communiqué du MUNCI, association professionnelle qui fédère en France les membres salariés indépendants et demandeurs d’emploi des professions informatique et des métiers du numérique, publié le 18 décembre 2012 et mis à jour le 6 janvier 2013, on apprenait que : 

« (...) Sans rien à redire, plusieurs syndicats (la CFDT, la CFTC et peut-être aussi la CFE-CGC ) sont sur le point de valider deux propositions du patronat particulièrement dangereuses pour les travailleurs : une extension du "contrat de travail intermittent" aux entreprises de -50 salariés et à de nouveaux secteurs, et surtout la création d’un "contrat de projet à durée indéterminée" (une vieille revendication du patronat jusqu’ici toujours rejetée par les syndicats de salariés). Les maigres compensations offertes en retour par le patronat sont sans commune mesure avec la PRÉCARITÉ MAXIMUM qui concernera potentiellement des MILLIONS DE SALARIÉS TRAVAILLANT EN MODE PROJET (tels que les prestataires de services), sans compter la CONCURRENCE ABUSIVE que ces contrats pourra engendrer vis à vis des CENTAINES DE MILLIERS de PROFESSIONNELS AUTONOMES (indépendants, portage salarial) qui ont fait le choix d’une FLEXIBILITÉ ASSUMÉE en contrepartie de revenus nettement plus élevés en période d’activité. Par esprit de compromission, ces syndicats vont-ils "sacrifier" de nombreux travailleurs pour tenter d’obtenir un accord "globalement équilibré" avec le patronat ?Le MUNCI entend combattre RADICALEMENT cette nouvelle flexibilité dans nos professions (…) et met en garde les syndicats de salariés contre un détournement durable et profond des travailleurs à leur égard…»

Information qu'apprécieront certainement l'ensemble des salariés et les adhérents à ces syndicats avides d'accords à tout prix ! Néanmoins, il faudra attendre le 11 janvier pour connaître la position officielle de ces syndicats.

En cas d'échec constaté, il reviendra au gouvernement et au parlement de faire les arbitrages entre les demandes de flexibilité et de sécurisation de millions de salariés. 

Imposeront-ils,  en contrepartie d'un assouplissement des conditions de licenciements et de généralisation d'accords compétitivité-emploi (qui faisaient partie du programme économique et social de l'ancienne majorité) ?  :

L'obligation d'une participation de toutes les entreprises à une complémentaire de santé ?
Une taxation des abus de CDD de courte durée ?
Des droits rechargeables pour ceux qui alternent période de chômage et d'emploi ?

Qui toutefois, comme l'écrit Gérard Filoche : « (...) sont tous petits et limités, sinon marginaux, en regard de ce que le Medef met dans la balance en face d’eux. Il n’y a rien de « gagnant-gagnant » là dedans ! Une taxe pour les contrats courts, qu’est-ce à côté du droit fondamental de licencier sans motif ? Qu’est ce qu’une « complémentaire » santé à charge des salariés, à coté de l’acceptation de pactes de compétitivité baissant les salaires, allongeant les durées du travail et augmentant le nombre de chômeurs ? (...) »

Aujourd'hui, nul ne le sait. Par contre, ce que tout le monde sait, c'est que le Medef vient de mettre fin à l'illusion du dialogue entre partenaires sociaux et faire naître chez tous les salariés une colère qui ne sera plus canalisable à court terme par les syndicats. D'autant que si l'assouplissement des conditions de licenciements et de travail devaient être avalisée, ce seraient des milliers de salariés en plus qui devraient se retrouver au chômage pendant que ceux qui ont encore un emploi seraient fragilisés par des contrats de travail à caractère précaire !

Réhabiliter la lutte des classes en guise de compétitivité, il fallait y penser. Laurence Parisot pourra se vanter de l'avoir fait !

03 janvier 2013

La mondialisation : ce sont ceux qui n'y sont pas confrontés qui en disent le plus grand bien !

Cela fait longtemps qu'on répète aux français qu'il faut qu'ils n'aient pas peur de la mondialisation, qu'elle est avant tout une chance. Vous remarquerez d'ailleurs que ce sont surtout ceux qui ont le moins à la craindre qui l'affirment.



Les chantres de la mondialisation me font penser à ces retraités de longue date qui fustigent : les 35H00, les chômeurs qui ne font pas d'effort pour trouver "n'importe quel petit boulot" et, les salariés qui devraient travailler plus longtemps. Mais, qui étaient tellement heureux au travail qu'ils ont immédiatement profité de la retraite à 60 ans, sans remord, dès sa mise en place.

Quant aux chantres de la mondialisation, imaginez une seconde que demain matin, nos politiciens, économistes ou journalistes économiques soient mis en concurrence avec leurs homologues des pays dits émergents.

Il ne fait nul doute qu'un Jean-François Copé, pour qui :  " (...) si on n'a ici que des gens qui se contentent de 5.000 euros par mois, on n'aura que des minables" serait le premier à hurler à la mort si un député indien, payé 345 $, le remplaçait au pied levé !

De même, François Lenglet, grand donneur de leçons économiques télévisuelles serait l'un de premiers à se révolter, s'il était mis en concurrence avec des confrères Vietnamiens, Bangladais ou Mozambicains probablement aussi "brillants" que lui, si elle lui était imposé par la mondialisation.

Et que dire de ces économistes "distingués" qui passent d'un plateau télé à l'autre pour expliquer que nous devons "nous adapter" et jeter aux orties toute notion de protection sociale, de durée du travail et cumuler, si nécessaire, 2 ou 3 "emplois" pour arriver à survivre. 

En existe t-il un qui ait été soumis à une baisse de son salaire parce que, des économistes, il en existe de talentueux et ... de moins onéreux, dans le monde entier ?

En clair ces prescripteurs sont : croyants mais pas pratiquants !

Quant aux pratiquants, c'est à dire les salariés et les  chômeurs, la mondialisation ça ressemble étrangement aux anciens combats de free fight dans lesquels s'affrontaient des combattants de poids et taille différents. Le public connaissait le vainqueur à l'avance, mais espérait secrètement que le plus chétif pourrait un jour avoir le dessus.

Petite différence, toutefois, avec le free fight, c'est que dans la mondialisation, l'atout nécessaire pour massacrer les autres ne repose pas sur la force mais sur l'absence de protection sociale et des salaires indigents. 

La mondialisation, ça consiste, par exemple, à mettre en concurrence un ouvrier chinois travaillant  7 jours sur 7, jusqu'à 12 heures par jour, soit 80 à 90 heures par semaine, pour un salaire d'environ 115 euros par mois, dormant dans un dortoir collectif, avec tous les autres salariés de la planète.

La mondialisation, c'est le règne de la flexibilité, synonyme de précarité, qui permet de liquider à moindre coût des gens qui ont donné 10, 20 ou 30 ans de leur vie à leur entreprise. C'est aussi, disposer d'un vivier mondial de salariés devenus moins exigeants puisqu'en concurrence permanente. Pour ce faire, il est nécessaire d'installer des usines flambantes neuves dans les pays à bas coût tout en laissant se dégrader les usines où c'est considéré comme trop cher.

La mondialisation c'est l'émergence du low cost tant vanté par nos politiques, économistes et journalistes économiques qui ne voyagent jamais sur Ryanair, n'achètent jamais de véhicules DACIA, et ne font jamais leurs courses chez les super discounters, mais en disent le plus grand bien. Low cost qui un est vrai "succès" puisque la grande majorité des salaires ne permettent plus d'acheter autre chose.

La mondialisation, enfin, ça consiste à liquider les services publics, considérés comme non rentables, pour les livrer au privé qui pourra ainsi se créer des rentes colossales. Car, ne l'oublions pas, pour les promoteurs de la mondialisation, les états-nations sont des structures trop anciennes et inadaptées, devant être remplacées par un gouvernement mondial, qui lui ne se mêlera pas d'économie ou de social.

Si vous pensez que j'exagère, je vous propose la lecture d'un texte disponible sur l'Express.be que ne renieraient pas nombre de politiques, économistes ou journalistes économiques. Il a été écrit par un dénommé Mohnish Pabrai dont le métier est semble t-il : "gestionnaire de portefeuille"

" (...) créer en Europe méridionale de petites zones économiques où le salaire minimum se limite à 5 euros de l'heure, où les employeurs peuvent licencier leurs employés quand ils le veulent, et où les syndicats ne sont pas autorisés pendant les 20 premières années. Ces zones deviendront sans délai le siège de bon nombre de multinationales (...) Les entreprises seront alors libérées de la mainmise que l'Etat exerce sur elles depuis des décennies, et retrouveront la liberté de créer des emplois, d'innover et de s'étendre, tout comme cela s'est passé en Corée du Sud et en Chine (...) ce n'est pas le manque de demande économique ou de stimulants, ni les "économies", mais bien les lois, les régulations et les directives imposées par les autorités, qui expliquent la persistance de la crise (...) "

Il a simplement oublié : supprimer le droit de vote et les reportages trop critiques. Ce qui aurait remis en cause l'élection de nombreux politiques et l'utilité d'experts économiques ou de journalistes spécialisés. C'est dommage parce que dans ce cas, la mondialisation leur aurait semblé ... particulièrement injuste !

Allez bonne année et courage à tous !

31 décembre 2012

Les voeux du Medef aux salariés : Précarité, flexibilité et ... profitabilité !

Ce n'est pas un mystère : le Medef aura sabordé la négociation nationale interprofessionnelle qui devait sécuriser les droits des salariés. La CGT nous explique les folles exigences de l'organisation patronale


Ne cherchez pas de message de voeux pour 2013, sur le site du Medef. Il les a exprimé tout au long de 2012 en réclamant encore plus de flexibilité de la part des salariés !

Même avec beaucoup de naïveté, nul ne pouvait croire que le Medef et sa cheftaine Laurence Parisot auraient fait le moindre effort pour aboutir à un consensus "historique" avec les syndicats de salariés. Comme Slovar les Nouvelles vous l'a expliqué ces derniers mois, l'organisation patronale n'avait qu'un objectif : La flexibilité à outrance de tous les salariés afin de regonfler les marges, pour le plus grand profit ... des seuls actionnaires.

La CGT a publié le 27 décembre un constat et un appel aux salariés pour qu'ils se mobilisent avant qu'il ne soit trop tard et que leurs salaires ne deviennent une simple variable d'ajustement et que le chômage ne devienne la seule politique pratiquée par les DRH.

Nous vous en donnons de larges extraits  : " Le Medef s’obstine à exiger plus de flexibilité. Votre intervention est indispensable ! "

" (...) Après avoir touché 20 milliards d’aides publiques, le Medef en veut plus : licencier plus vite, plus facilement, moins cher et sans contrôle (...) C’est une révolution dans le Code du Travail qui se prépare. La CGT vous informe et vous alerte. Prenez connaissance de ce qui vous menace :

Le contrat de projet : nouveau contrat précaire

Il existe déjà une multitude de contrats de travail qui permettent une extrême souplesse pour les employeurs et qui provoque une extrême précarité pour les salariés. (Temps partiel, CDD, contrats de chantier, saisonnier, intérimaire, aidé, intermittent, d’alternance,… bientôt contrat de génération et contrat d’avenir.)

Le Medef innove encore avec le contrat de projet : Votre employeur pourrait vous employer demain en CDI de projet qui n’a de CDI que le nom puisque vous pourriez être licencié dès la fin de la tâche confiée. Cela pouvant se produire à tout moment et sans l’application des droits liés à un licenciement économique. Vous n’auriez aucune indication précise sur la fin de votre contrat. Comment construire votre avenir, obtenir un logement ou un crédit bancaire face à une telle incertitude ?

La mobilité… forcée (...) Demain, le Medef veut se débarrasser des clauses individuelles du contrat de travail : dès lors qu’un accord collectif serait passé dans l’entreprise pour soi disant « préserver l’emploi », tout salarié serait contraint d’accepter une baisse de son salaire, une modulation du temps de travail, un changement d’affectation de son lieu de travail, une détérioration des conditions de travail… (...)

Droit du travail : la Jungle contre l’État de droit !

Aujourd’hui, vous avez 5 ans pour réclamer les salaires payés ou contester tout manquement de votre employeur. Le patronat veut ramener ce délai de prescription à 18 mois (...)

Plus de chômeurs moins d’indemnités

Aujourd’hui, moins d’un salarié sur deux est indemnisé par l’allocation chômage, les femmes, les jeunes ayant peu travaillé sont les plus pénalisés. C’est l’état, avec l’argent public, qui vient de plus en plus en aide aux chômeurs par l’attribution de diverses allocations : les entreprises licencient, la collectivité paie ! Le patronat veut bien revoir le mécanisme d’indemnisation des chômeurs… mais à coût constant. Autrement dit, ceux qui sont indemnisés devront accepter une diminution de leurs droits pour que d’autres en bénéficient (...)

Pour la CGT : C’est NON  ! Face à l’urgence sociale, à la précarité galopante, à l’explosion du chômage ; il faut des garanties nouvelles pour les salariés, des emplois stables et bien rémunérés, des droits nouveaux d’interventions sur la stratégie des entreprises, un parcours professionnel attractif et sécurisé, une protection sociale de haut niveau
"

Inquiétant non ? C'est pourquoi, il sera en 2013, encore plus nécessaire d'être vigilants et ne rien accepter sans contre parties précises !

Alors, bonne année 2013 à tous et, courage pour les nombreux combats sociaux qu'il faudra mener contre des organisations patronales, qui vous promettent la précarité et la flexibilité au nom de l'emploi, de la croissance et de la profitabilité ... pour les actionnaires ! 


Slovar les Nouvelles


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19 décembre 2012

Négociations emploi : L'étonnante vision du patronat des droits sécurisés des salariés !

Les négociations entre syndicats et patronat sur la réforme du marché du travail avaient pour but de sécuriser les salariés face à la demande accrue de flexibilité. En l'état, il s'avère que ce sont surtout les employeurs qui devraient être les grands bénéficiaires de ce qui s'apparente à un énorme recul des droits des salariés.


Déjudiciarisation, mobilité interne et accords de maintien dans l'emploi, voilà les termes que vous devriez entendre ou lire dans les tous prochains jours et qui correspondent à d'importantes modifications du droit du travail pour lesquelles, les organisations patronales font le forcing. Et qu'elle pourraient bien obtenir, si une majorité de syndicats donnaient leur accord.

A quoi correspondent les termes déjudiciarisation, mobilité interne et accords de maintien dans l'emploi?

Déjudiciarisation : Les organisations patronales ne veulent plus qu'un juge retoque leurs plans sociaux. 

Un exemple ?

En juin 2011, Libération nous expliquait comment les salariés de Viveo France, éditeur de logiciels bancaires, s'étaient opposé à un plan social de 64 personnes, suite à son rachat par un concurrent suisse. Philippe Brun, l’avocat des salariés plaidait devant les tribunaux et obtenait que le plan social, qui ressemblait à s'y méprendre, à un licenciement boursier soit retoqué. A l'époque, Libération écrivait à ce sujet : « C’est un jugement qui donne des sueurs froides au patronat »

Explication : Les organisations patronales savent qu'il est toujours plus facile de négocier avec les pouvoirs publics qu'avec la justice. C'est pourquoi écrit Le Monde : Elles veulent que : « les plans sociaux soient homologués par l'administration » moins inflexible que les juges en cas de licenciements boursiers.

Toujours au sujet des licenciements, les organisations patronales font très fort, puisqu'elles réclament que le montant des dommages et intérêts accordés aux salariés par les prud'hommes soient limités !

En résumé : Adoucissement des peines prononcées à l'égard des entreprises ayant eu une attitude incorrecte, pour ne pas dire plus, envers leurs salariés !

Mobilité interne : Les salariés ne pourraient plus s'opposer à des changements de postes ou de lieu de travail qui leur seraient imposés

Un des grands rêves du patronat en termes de flexibilité. Si cette demande était acceptée, elle imposerait à tout salarié d'accepter un changement d'affectation dans la limite de 50 kms ou de quarante cinq minutes de transport. 

Où est le piège direz-vous ?

Tout simplement dans le fait que si le salarié refuse, il serait licencié pour « motif personnel »ce qui éviterait à son entreprise, précise Le Monde, de recourir à un plan social. En gros certaines entreprises, pourraient proposer à certains salariés, dont elles souhaitent se débarrasser, une affectation à un poste moins attrayant pour que ceux-ci refusent et soient licenciés en toute discrétion. Quand au temps de trajet, rien ne prouve qu'il serait pas « élastique » et que les 50 kilomètres à vol d'oiseau ne correspondent pas en réalité à 3 ou 4 heures aller et retour. Ce qui pourrait en dissuader plus d'un !

Accords de maintien dans l'emploi : Que voila une jolie expression pour parler des accords compétitivité-emploi qui étaient inscrits dans le programme de l'UMP. Et qui, comme nous l'avons écrit à de nombreuses reprises dans Slovar les Nouvelles ne sont qu'un chantage à l'emploi ! Nous pensions, peut être à tort qu'ils étaient passés aux oubliettes. Or, selon Le Monde, ils pourraient être dans le « paquet cadeau » que les organisations patronales essayent de fourguer aux syndicats.

Comment cela fonctionnerait-il ?

Les entreprises en difficulté obtiendraient de la part de leurs salariés des sacrifices (salariaux, temps de travail, réduction de RTT) en échange d'un engagement de ne pas licencier. Grande nouveauté, il suffirait que des syndicats représentant 50% des salariés les approuvent pour qu'ils entrent en vigueur. Cerise sur le gâteau patronal : « Les salariés qui refuseraient l'accord seraient licenciés sans que l'employeur n'ai besoin d'avoir recours à un plan social » précise Le Monde 

Bien entendu, il n'y aurait aucune obligation pour les employeurs imposant un accord de maintien dans l'emploi de s'engager à un retour aux conditions antérieures en cas de redressement de l'activité ou de profitabilité. Il suffirait en cas de revendication des salariés de leur expliquer que : la mondialisation, la concurrence des pays émergents ... ne le permette pas pour continuer à geler durablement les rémunérations des salariés.

Théoriquement, les accords entre le patronat et les syndicats devaient aboutir à une sécurisation des parcours des salariés. On a même parlé un temps de flexisécurité à la danoise. Qu'en est-il ?

Aux dernières nouvelles, pas de formation tout au long de la vie ou d'amélioration du service de l'emploi au programme, ce qui permettrait pourtant une meilleure employabilité des salariés. 

La sécurisation porterait essentiellement sur deux chevaux de bataille de la CFDT : Une extension à tous les salariés de complémentaires de santé financées par les employeurs, ce qui ravira les assureurs et banquiers adhérents au Medef (voir notre article d'hier) mais qui selon des sources patronales serait trop coûteuse, et l'instauration de droits rechargeables à l'assurance-chômage. 

Mais pour bénéficier de ces quelques miettes incertaines, les syndicats doivent avaliser la déjudiciarisation, la mobilité interne et les accords de maintien dans l'emploi!

Dernier point qui unit encore l'ensemble des syndicats : La mise en place d'une taxation des CDD de courte durée. Mais, vous vous en doutez, le Medef s'y oppose, au fait que, affirme Laurence Parisot :  « Je ne vois pas en quoi cela favoriserait l'emploi ». Sachez également que le Medef réfléchit seul à une renégociation, courant 2013, de la convention d'assurance-chômage qui serait, bien entendu, moins favorable pour les futurs chômeurs.

En gros, soit les syndicats de salariés cèdent (ce qui ne sera pas le cas pour la CGT qui ne signera pas d'accord en l'état) et les organisation patronales, Medef en tête auront obtenu la quasi totalité de ce que la droite était prête à leur concéder. Soit ils résistent et le gouvernement se trouvera obligé de légiférer. Et comme les organisations patronales, se sentiraient plus à l'aise en face de politiques à qui ils pourront mettre la pression en évoquant une future avalanche de plans sociaux, il y a tout lieu de penser qu'elles obtiendront d'une façon ou d'une autre ce qu'elles souhaitaient !

Il ne restera plus, ensuite, aux organisations patronales qu'à obtenir la disparition de l'horaire légal de travail et la négociation du SMIC par branche et pourquoi pas par entreprise, pour ramener les salariés français en 1950 où, la durée annuelle du travail était de 2 230 heures (1 559 heures en 2007) et où le SMIG, ancêtre du SMIC n'existait pas. 

La seule différence étant que contrairement aux années 50, le taux de chômage lui, ne baissera pas. D'où des salaires et des conditions de travail qui ne pourront que se dégrader. Par contre, il sera possible d'augmenter les commandes de champagne destiné à abreuver les actionnaires qui ne pourront que se féliciter de cette « bonne gestion compétitive » !


La vigilance s'impose, vous ne croyez pas ?


Sources et crédits

Le Monde du 21 décembre 2012
Le Figaro
Libération
L'Internaute
INSEE

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Faujour

17 décembre 2012

Les belles légendes du Medef : Travailler plus longtemps pour préserver le régime de retraite !

Laurence Parisot s'en prend à nouveau à l'âge de départ à la retraite. Alors que les 50-64 ans ne sont qu'environ 44 % à être encore dans l'emploi, Elle réclame le passage de 62 à 63 ans ! Mais cette attaque est un leurre puisque l'objectif est de rendre de plus en plus difficile le départ à la retraite de ceux qui ne pourront pas avoir recours à la capitalisation individuelle !

En termes d'âge de départ à la retraite, Laurence Parisot ne désarme pas. Après avoir hurlé de bonheur lorsque François Fillon s'était prononcé pour un départ à 67 ans et essayé d'imposer une partie de capitalisation obligatoire aux salariés, devenus caducs par la défaite de la droite à la présidentielle et aux législatives, elle remonte au créneau pour exiger que les salariés français travaillent une année de plus que l'âge légal actuel.

Quels sont ses arguments ?

Ils nous sont livrés par Reuters : " La France doit repousser au moins à 63 ans l'âge minimum de départ en retraite afin de financer les pensions, a estimé dimanche la présidente du Medef Laurence Parisot. La réforme menée sous le mandat Sarkozy qui a porté de 60 à 62 ans l'âge minimum et à 65 ans l'âge requis pour bénéficier d'une pension à taux plein quelle que soit la durée de cotisations est insuffisante (...) Nous disions déjà en 2010 qu'il faudrait au moins 63 ans, et je le redis aujourd'hui. Il faudra à nouveau repousser l'âge légal de départ à la retraite, allonger la durée de cotisations (...) Est-ce que nous, en France, on peut être les seuls à rester à 62 ans, alors que nos voisins espagnols, italiens, anglais allemands, sont suivant les cas entre 65 et 67 ans? Non, ce n'est pas possible (...) "

On rapellera pour mémoire à madame Parisot que :

En Allemagne : La réforme de 2007 fait passer l’âge d’obtention d’une pension complète de 65 ans et un mois en 2012 à 67 en 2031 (...) L’âge minimum de départ reste, lui, fixé à 63 ans - sous réserve de 35 années de cotisation. Mais de fortes décotes sont prévues pour les travailleurs qui souhaitent liquider leur pension à cet âge (...) "

Espagne : " (...) La durée de cotisation nécessaire à une retraite à taux plein est de 35 ans dans la plupart des cas (...) Les professions dites "à grand danger", comme les mineurs, les cheminots ou les marins peuvent profiter de départs anticipé dès 60 ans. L'Espagne propose également des départs à 61 ans aux salariés mutualistes, aux licenciés économiques et aux chômeurs de longue durée qui peuvent faire valoir 30 ans de cotisation (...) En juillet 2011, le Parlement espagnol a adopté une loi qui définit l'âge de la retraite à 65 ans. Si le salarié a cotisé 35 ans, il pourra toucher sa retraite à 100% (...) "

Italie : " Les Italiens doivent désormais verser entre 40 et 42 annuités pour les hommes et 41 pour les femmes avant de partir en retraite. A partir de 2018, hommes et les femmes partiront en retraite à 66 ans. Cet âge légal sera, par la suite retardé en fonction de l'évolution de l'espérance de vie "

Royaume-Uni : (...) Depuis 2007, Il faut seulement trente ans de cotisation pour bénéficier de la (minuscule) retraite d'État de base (116 euros par semaine). Mais, avec la réforme engagée, à savoir un départ à 68 ans à l'horizon 2046, une pension à taux plein nécessitera, de fait, quarante-quatre ans de cotisation pour les hommes et trente-neuf pour les femmes. Actuellement, les retraites anticipées sont monnaie courante : depuis 2006, un salarié peut liquider sa retraite complémentaire (seconde pension d'Etat ou fonds de pension privé) dès 50 ans, c'est-à-dire avant même de pouvoir percevoir sa retraite de base. - Source : Myeurop

Donc, à part l'italie dont les durées de cotisation se rapprochent des nôtres, la démonstration de Laurence Parisot est comme à l'habitude tronquée !

On rappellera également à la patronne du Medef qu'en France : " Les seniors voient leur taux de chômage augmenter, comme d’habitude, plus que la moyenne,  de 1,9 % en un mois, de 17,6% en un an (pour la France métropolitaine, catégorie A) " écrivait Michel Abhervé le 27 novembre dernier. Par ailleurs : " (...) Fin août 2012, le nombre de demandeurs d'emploi seniors (autrement dit, âgés de 50 ans et plus) s'élevait à 946 300 chômeurs seniors pour les catégories A, B, C (...) "  indiquait l'association Grenadine

Ce qui signifie que reporter d'un an l'âge légal de la retraite ne ferait qu'allonger la file des chômeurs seniors à Pôle Emploi.

Mais revenons en au système britannique, cité par Laurence Parisot, et qui nous le pensons, est un modèle absolu en ce qui la concerne. En effet, un système de retraite qui assure moins de 500 € par mois pousse la totalité des salariés à souscrire un plan privé de retraite. Et c'est d'ailleurs le but. 

Ce qui fait qu'un salarié bien rémunéré peut se constituer une épargne retraite individuelle sur 20 à 30 ans et prendre sa retraite à partir de 50 ans sans tenir compte du minimum retraite assuré par l'état. Pour ceux dont les revenus sont faibles ou aléatoires, il faut trimer longtemps pour que le cumul de la pension d'état et de sa pension privée permette de survivre. A condition, bien entendu que les placements des fonds de pensions donnent d'excellents résultats. Faute de quoi ...

Ne nous y trompons pas, l'avenir du système de retraite français est bien la dernière préoccupation de madame Parisot. Son combat est tout autre, puisqu'il consiste à rendre l'accès à la retraite le plus difficile possible pour que les salariés acceptent de cotiser individuellement à des fonds de pension ou d'investissements comme en Grande Bretagne ou aux Etats-Unis. 

Pour quelle raison ?

Tout simplement, comme nous l'avons expliqué à de nombreuses reprises parce que la Fédération française des sociétés d'assurances dirigée par Bernard Spitz et la Fédération Bancaire Française dirigée par Ariane Obolensky sont tous deux adhérents au Medef et lorgnent avec insistance sur le magot que représenterait la mise en place de fonds pensions à la française. Ajoutons à cela que madame Parisot est administrateur de la BNP.

En fait, les coups de boutoirs successifs du Medef contre le système social français n'ont qu'un but : Assurer une rente aux établissements bancaires et aux compagnies d'assurances. Pour la grande majorité des salariés dont le salaire moyen n'atteint pas 2000 € par mois, ce serait tout simplement catastrophique. Car, au delà de leur capacité à épargner pour se constituer une retraite, ils seraient livrés pieds et poings liés aux performances des marchés financiers pendant de très longues durées sans le moindre engagement de performances.

Pas certain que ça permette aux français de disposer d'une retraite, mais certain que dans certains milieux patronaux on doit allumer tous les jours des cierges pour que le miracle de la rente se produise un de ces jours. Si ça vous tente ....


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10 décembre 2012

Coût du travail : Les belles études ( tronquées) du Medef !

Pendant qu'il continue de trainer les pieds aux négociations sur la sécurisation de l'emploi, le Medef continue d'abreuver les français de ses données statistiques censées faire porter sur les salariés et l'Etat la responsabilité du manque de compétitivité.



Même si le Medef s'est félicité du cadeau, sans contre partie, du crédit d'impôt compétitivité, il continue à publier invariablement, des études destinées à prouver qu'il n'y a pas de patrons incompétents, mais seulement des salariés couteux. 

C'est le sens à peine caché de la dernière : " l'analyse de la compétitivité des entreprises françaises " publiée le 7 décembre et disponible sur son site, qui porte le nom de : " Les chiffres du Medef - Novembre 2012 "

La dite analyse de la compétitivité des entreprises françaises n'est en réalité une compilation, partiale, de schémas empruntés : au FMI, aux douanes, à la Banque de France, l'INSEE, Eurostat, et autre OCDE.

Certainement réalisé par le service communication du Medef, il se veut une démonstration de la perte de marché et de compétitivité des entreprises françaises.

Et je dois dire que c'est bougrement bien fait puisque qu'à partir de graphiques tous plus parlants les uns que les autres, on "voyage" du constat de perte de vitesse des exportations françaises, pour passer à la baisse des marges, pour en arriver aux " responsables ", qui sont, dans l'ordre :

1 - le coût de la main d'oeuvre

Peu importe que les salariés français soient considérés, étude après étude  parmi les plus efficaces du monde en termes de productivité, le Medef brandit ses tableaux à la façon de François Lenglet et affirme, graphiques Eurostat à l'appui, que les salariés et l'état coûtent trop cher !

1ere cause : Les " Charges annexes au salaire " !

Sachez que pour établir ce graphique, Eurostat définit le coût horaire de la main d'oeuvre de la façon suivante : " Comprend la rémunération des employés, avec les salaires et espèces et en nature, les cotisations patronales de sécurité sociales, les frais de formation professionnelle, les autres dépenses telles le coût de recrutement et le vêtements de travail, et les taxes sur l'emploi considérées comme coût de main d'oeuvre déduction faite des subventions reçues

Selon ce graphique, en intégrant tous les paramètres d'Eurostat, la France se trouve la plus onéreuse d'une sélection de pays de l'Union Européenne.

De quoi faire sourire plus d'un salarié qui n'a jamais obtenu la moindre heure de formation ni avantage en nature et qui n'a jamais croisé un recruteur professionnel de sa vie !

2eme cause : " Le partage de la valeur ajoutée des entreprises "

Et là, étonnamment, plus de comparaisons avec nos voisins européens mais uniquement des courbes montrant une forte augmentation, de 2007 à 2012, tout d'abord des rémunérations "chargées" soit 3,6%, puis des salaires, qui bien qu'impressionnante en termes de courbe, ne représente en fait que ... 2,6% en 5 ans !

On pourra donc s'étonner que dans le graphique suivant qui représente le : " Partage de la valeur ajoutée depuis le début de la crise ", l'évolution des rémunérations chargée soit de + 10,9% et pas + 3,6%, alors qu'il s'agit de la même période. Mais dans la mesure où aucune explication n'est donnée, il faudra s'en contenter.

On n'oubliera pas de rappeler aux petits génies de la communication du Medef ce qu'est la notion de "charges" si bien expliquée par mon ami Gérard Filoche : " (...) Regardez vos feuilles de paie : ce qu’il y a, c’est un « salaire brut » en haut et un « salaire net » en bas. Expliquez-le autour de vous : dans les deux cas, c’est du « salaire ». Un « salaire net » qu’on touche et que l’on consomme tout de suite. Et un « salaire brut » constitué d’une partie de « cotisations sociales » : c’est une part de salaire socialisé, mutualisé, mise dans un pot commun et redistribuée à chacun selon ses besoins. C’est-à-dire que chacun cotise pour celui qui est dans le besoin lorsqu’il est malade, en accident du travail ou maladie professionnelle, au chômage, en charge de famille nombreuse, en difficulté de logement, ou encore en retraite. C’est un prélèvement volontaire et progressif, avec redistribution égalitaire. Les libéraux haïssent cela (...)

Néanmoins, la conclusion du graphique est que si la part affectée aux salariés a considérablement augmenté, la marge brute des entreprises a chuté au point de faire baisser leur profit net de 3,6% !

Ce qui exclut de facto toute augmentation de salaires et permettrait de justifier les mesures de gel et de flexibilité salariale et horaire revendiquées par le Medef. Flexibilité horaire qui bien entendu permettrait de faire travailler les salariés sans leur payer la moindre heure supplémentaire !

S'ensuit des pages de graphiques sur les finances publiques où la France est la plus mauvaise en termes de dépenses publiques, prélèvements obligatoires et déficit public, l'Allemagne étant dans tous les cas de figure meilleure que le reste de l'Europe.

Par contre, ne cherchez pas, il n'existe pas dans l'empilement de statistiques, de données sur le coût du crédit impôt recherche, sur les baisses de cotisations sociales sur les bas salaires ou sur les commandes publiques dont les entreprises privés sont bénficiaires.

Il n'en existe pas non plus sur la responsabilité des dirigeants d'entreprises qui ont préféré choyer leurs actionnaires plutôt que d'investir dans la recherche et le développement, ceux qui ont laissé vieillir l'outil de travail, le rendant de moins en moins compétitif ou bien ceux qui ont délocalisé progressivement leur production dans des pays à très faible coût de main d'oeuvre.

Le Medef n'en a pas non plus trouvé sur l'utilisation des bénéfices records des grands groupe français qui en 2007 atteignaient 95 milliards d'euro, 50 milliards en 2009 , sans oublier les 80 milliards de 2010 et les petits 46 milliards de 2011 ? 

Pas un mot non plus sur l'endettement et la gestion des entreprises. Car, comme tout le monde le sait, la dette des entreprises est forcément une bonne dette et tous les patrons sont forcement des gestionnaires hors pair ! 

En résumé un parfait document de propagande qui ne trompe personne mais qui en dit long sur le niveau d'intox que le Medef est prêt à utiliser pour flexibiliser à outrance les salariés tout en leur proposant de travailler plus pour ... regonfler les marges des entreprises et continuer de choyer leurs très chers actionnaires !


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20 novembre 2012

Salariés : Vous serez les seuls à payer le prix de la compétitivité et de la crise !

Les salariés seront les seuls à faire les frais de la compétitivité, symbole selon les « experts »  de la sortie de crise économique qui frappe, entre autre, l'Europe. En attestent les déclarations de Moody's, du Medef et du très libéral REXECODE, expliquant que le salut est dans la mise en place d'une plus grande précarité des salariés français !

Savez-vous quel est le principal obstacle à la sortie de la crise économique et financière qui frappe la France depuis la crise spéculative des subprimes ?

Les spéculateurs de tous poils, l'évasion fiscale organisée par les banques et les multinationnales dans les paradis fiscaux, les délocalisations sauvages ? Rien de tout ça, si l'on en croît l'agence de notation Moody's, le Medef et son officine Rexecode.

Non, le fléau qui nuit à la reprise économique, c'est ... le salarié !

Hé oui braves gens, le salarié français dont la rémunération moyenne tournait en 2010 autour des 2000 €, c'est à dire, dans beaucoup de cas, à peine de quoi payer le loyer et la nourriture correcte d'une famille serait donc un handicap majeur pour la relance de l'économie française.

Car, il faut savoir que l'agence de notation Moody's les a clairement montré du doigt dans sa décision de dégrader la note de la France. Extrait : « (...) La France a aussi un autre défi structurel selon Moody's : la réforme du marché du travail dont l'agence pointe des rigidités durables. Et de dénoncer : « une protection importante pour les contrats à durée indéterminée, rendant les licenciements particulièrement difficiles et source de freins à l'embauche (...) » 

Ce qui a permis à Laurence Parisot de se ruer sur le premier micro pour déclarer : « il est temps, pardonnez le néologisme, de détabouiser le mot de flexibilité, c'est la clef pour réussir cette négociation, il faut arrêter d'avoir peur du mot, nous avons besoin de flexibilité pour recréer des emplois »

En clair : Il n'y a plus assez de travail à partager, donc, partageons le chômage entre tous ! 

Et la patronne du Medef d'ajouter : « (...) Nous ne signerons pas d'accord si du côté des organisations syndicales, il n'y a pas une acceptation de principe ou des principes que nous mettons derrière la notion de flexibilité (...) Pour que les entreprises embauchent, il faut diminuer l'aléa judiciaire sur les procédures individuelles ou collectives de licenciement (...) en plafonnant pour les TPE et PME les dommages et intérêts accordés aux salariés par les prud'hommes (...) » Et de conclure, sans rire : « (...) que les entreprises puissent procéder à des reclassements ou redéploiements sans avoir à passer par un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), afin d'aller beaucoup plus vite et de manière beaucoup plus rassurante pour tout le monde (...) »

Seul regret inavoué de notre amie Laurence, c'est que les salariés aient cessé trop tôt de croire au Père Noël ! C'eut été préférable, dans la mesure où, chacun d'eux sait parfaitement qu'il n'existe aucune corrélation entre facilité de licenciement et embauche. Si ce n'est de recruter des salariés moins payés, en lieu et place de ceux dont on s'est débarrassé ! Quant à croire que les employeurs vont gentiment reclasser les salariés dont ils n'ont plus besoin, on frise le grandiose ! Surtout lorsqu'on se souvient des offres de reclassements en Bulgarie ou Roumanie avec, bien entendu, un salaire ... local. 

Il ne vous étonnera pas, au passage, que le Medef allié de circonstance de la CGPME n'entend pas céder à la demande de modulation des cotisations chômages, pour les contrats précaires. Demande qu'elle a renvoyé à la renégociation de l'assurance chômage, prévue fin 2013.

Dans ce concert, il ne manquait que la caution traditionnelle d'une officine pseudo scientifique souvent citée par le Medef pour ses études et travaux, j'ai nommé : Rexecode

Dans la mesure où on apprenait que la France avait cessé de perdre des parts de marché à l'exportation, il était nécessaire de faire intervenir ces spécialistes, pour ne pas gâcher le tableau brossé par Moody's et le Medef. Ainsi, Rexecode, après avoir du bout des lèvres, constaté que la compétitivité française avait tendance à se : « (...) stabiliser par rapport à celle des autres pays de la zone euro (...) » montre à son tour du doigt ces nuisibles de salariés français : « (...) l'évolution du coût du travail n'incite pas à l'optimisme. Depuis deux ans, le coût salarial unitaire augmente plus vite que dans les pays du sud de l'Europe, alors que ce n'était pas le cas auparavant. En d'autres termes, l'Italie, l'Espagne ou encore le Portugal regagnent en compétitivité-coût au prix de l'austérité salariale, ce qui n'est pas le cas en France (...) Pour Rexecode, l'annonce d'un crédit d'impôt de 20 milliards pour les entreprises est donc forcément une bonne nouvelle (...) Mais cela ne peut être suffisant, selon lui. Il faut qu'il s'accompagne d'une flexibilisation du marché du travail, sur le modèle allemand (...) notamment la possibilité de déroger, par accord d'entreprise, aux conditions imposées dans la branche, notamment sur la question des salaires et du temps de travail (...)  »

Le taux de chômage a t-il baissé en Italie, au Portugal ou en Espagne ? Non, bien entendu, mais comme nous vous l'expliquions précédemment, la baisse des salaires a fait le bonheur de constructeurs automobiles comme Renault ou Ford qui se sont rués en Espagne où, il est facile d'imposer à peu près n'importe quoi à des salariés forcés de l'accepter, sous peine de voir les emplois partir ... où c'est encore moins cher, et moins contraignant socialement parlant !

Les actionnaires quant à eux se réjouissent de ces propositions qui, sans nul doute, devraient, au travers du regonflement des marges des entreprises, leur offrir d'excellents dividendes. Du moins dans un premier temps, puisque dans la mesure où chaque pays de l'union européenne aura à coeur de paupériser toujours un peu plus ses salariés, qui consommeront de moins en moins, le jeu devrait prendre fin à moyen terme.

Ensuite que fera t-on ?

Hé bien nul ne le sait. Après tout, c'est ça la mondialisation Coco ! 


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12 novembre 2012

Sondage IPSOS/Le Figaro : Le chantage aux plans sociaux a de l'avenir !

IPSOS vient de publier un sondage dans lequel il explique que : " Les salariés sont prêts à des concessions sur les salaires et le temps de travail pour échapper à des suppressions de postes " Donc avec un bon chantage, on pourrait obtenir l'accord des salariés sur les accords compétitivité-emploi réclamés à cor et à cri par le MEDEF !


Le Figaro jubile sur son site Web. En effet selon le sondage réalisé par Ipsos pour le Cesi, en partenariat avec ... Le Figaro, les salariés seraient 64% à renoncer aux 35H00 et 59% accepteraient un gel de leurs salaires. Voila qui va ravir le MEDEF qui n'a toujours pas digéré l'abandon (provisoire ?) des accords compétitivité-emploi promis par Nicolas Sarkozy et l'UMP en cas de victoire.

Que dit l'étude/sondage ?

Que les salariés seraient prêts à abandonner les 35H00 et un gel des salaires pour les raisons suivantes : « Près d'un salarié sur cinq indique avoir observé dans son entreprise une recrudescence de licenciements économiques individuels ou de plans sociaux  » commente Étienne Mercier, directeur adjoint du département opinion Ipsos Public Affairs, qui ajoute : « Plus d'un salarié sur cinq juge même qu'il existe une importante probabilité qu'il connaisse une période de chômage dans les deux prochaines années »

Vous avouerez que ce sondage tombe à pic pour le MEDEF dont l'unique objectif est la mise en place de la flexibilité des salariés. D'autant que ce sondage survient à mi course des négociations entre patronat et syndicats, initiées par le gouvernement. On imagine avec quelle gourmandise les négociateurs du MEDEF vont le brandir devant les syndicalistes.

Pour ceux qui seraient tentés de dire : Après tout, pourquoi pas ? nous leur soumettrons un exemple de ce qui pourrait se passer au cas où la flexibilité horaire et le gel des salaires devenaient la règle 

Cet exemple se nomme Renault 

« (...) la direction du groupe a été claire. Elle n'attribuera de nouveaux véhicules ainsi que des volumes minimaux de production à ses différents sites hexagonaux que si un accord est trouvé sur une meilleure organisation du travail et les salaires. Avec comme modèle le site de Palencia, en Espagne, qui serait – c'est en tout cas ce que les partenaires sociaux entendent à longueur de réunions – le plus compétitif du groupe (...) »

En attendant de connaître les exigences réelle de la direction de Renault, les salariés français ont appris que leurs homologues espagnols étaient soumis aux contraintes suivantes : « (...) un accord qui permet notamment d'allonger la durée du travail de un à trois jours par an, de plafonner les hausses de salaires à la moitié de l'indice des prix et de créer une nouvelle grille pour les salaires d'embauche, démarrant à 72,5 % du salaire d'un agent qualifié (...) »

Mais Renault ne se limite pas à mettre la pression aux salariés français, puisque en Espagne, nous explique Le Monde, la référence c'est : L'usine roumaine ! Et donc, pour maintenir l'emploi , que ce soit à Palencia, Seville ou Valladolid, le constructeur exige des concessions des syndicats. Et comme l'Espagne compte près de 25% de chômeurs...

Cette particularité n'a pas échappé non plus à Ford qui n'a pas hésité à annoncer la fermeture de son unité de production en Belgique pour la tranférer ... en Espagne !

Sans oublier que ce chantage est sans fin puisque comme l'expliquent Les Echos : « (...) La durée de travail normale sur d'autres sites européens est bien plus importante, comme à Novo Mesto en Slovénie (environ 1.650 heures par an) ou Tanger au Maroc (plus de 1.950 heures). L'usine turque de Bursa, qui assemble la nouvelle Clio, constitue un cas extrême avec 2.050 heures environ (...) » Après tout, l'objectif n'est pas que les salariés soient en mesure d'acheter les véhicules qu'il fabriquent mais d'augmenter la marge réalisée sur chaque voiture assemblée ! Marge qui permettra de continuer de rémunérer grassement les équipes dirigeantes et les actionnaires.

Mais, se désolent IPSOS et Le Figaro, ces impertinents de salariés français, s'ils sont, selon eux, prêts à abandonner les 35H00 et à voir leur salaires gelés, ne seraient que 32% à accepter de baisser leurs salaires


Salariés qui sont, toujours selon le duo IPSOS/Figaro, responsables de leur possible future perte d'emploi, puisque   : « (...) seule une minorité d'entre eux consulte régulièrement les offres d'emploi pouvant les concerner (22%) et soigne ses relations à l'intérieur de l'entreprise (26% le font régulièrement) ou en dehors de l'entreprise (seuls 17%), y compris via les réseaux sociaux professionnels (seuls 7% le font régulièrement) »

En résumé, aux salariés français d'apprendre à vivre avec un salaire inférieur au seuil de pauvreté et d'anticiper leur licenciement !

Dégueulasse ? assurément ! Mais c'est la mondialisation Coco !


31 octobre 2012

Négociations sur le marché du travail : Pourquoi le Medef joue la montre !

Le Medef par ses propositions outrancières et son apathie dans le cadre des négociations sur le marché du travail, est en train de torpiller les négociations avec le syndicats. Un seul but pousser le gouvernement à légiférer sur le sujet, en le menaçant de charrettes de licenciements au cas où il n'obtiendrait pas gain de cause !


En temps normal, le Medef répète à l'envie qu'il préfère négocier avec les syndicats de salariés plutôt que de voir le gouvernement ou les parlementaires s'immiscer dans le dialogue social. Ce qui ne l'a pas empêché d'utiliser régulièrement des ministres ou élus de la nation de l'ancienne majorité pour porter ses demandes, comme ce fut le cas pour la rupture conventionnelle, la modification du temps de travail ou les assouplissements sur les 35H00. 

Or, cette fois-ci, alors que le gouvernement a choisi de permettre à l'ensemble des partenaires sociaux de travailler en semble, puis de faire des propositions concrètes sur l'avenir du marché du travail, curieusement, le Medef traine les pieds.

Cette attitude est-elle surprenante ?

Certes non, puisque, avant que la négociation commence, Laurence Parisot avait indiqué que le sujet principal en serait la flexibilité des salariés. Ce à quo est venu s'ajouter les vielles revendications sur la fin de l'horaire légal de travail, le plafonnement des indemnités de licenciement et la remise en cause des obligations liées aux plans de sauvegarde de l'emploi (plans sociaux), c'est à dire tout ce que l'ancien président et son ex majorité avaient accepté d'intégrer dans leur programme électoral !

Si du côté des syndicats on commence à s'impatienter. François Chérèque ayant, après avoir pointé du doigt : " le coût du travail comme un facteur de perte de compétitivité" et, cerise sur le gâteau recommandait : " (...) de le baisser en transférant une partie des charges sur la CSG ", fait part de son agacement, du côté de la CGT on ne cache pas que : " le Medef  joue la montre dans les négociations sur la sécurisation de l'emploi "

Agacement qui ne devrait qu'augmenter puisque comme le dit Bernard Thibault : " Une partie du patronat semble conditionner son attitude dans la négociation au débat et aux arbitrages futurs du gouvernement sur ses revendications visant à diminuer le coût du travail "

Or, il faut le savoir, la négociation ne porte pas simplement sur le coût du travail mais aussi sur : La lutte contre la précarité, l'anticipation des évolutions d'activité, les dispositifs de maintien de l'emploi en cas de difficultés, et la réforme des licenciements collectifs.

Ce à quoi le Medef répond avec une naïveté qui fleure bon le cynisme : " Au prochain rendez-vous, on va construire "

Construire, oui mais quoi ?

Car, l'objectif de Laurence Parisot est clair, ramener le débat au seul sujet qui intéresse le Medef et qu'elle définissait, il y a peu de la façon suivante : " Il y a une dimension dans la compétitivité "qui est l'adaptabilité, la souplesse, la flexibilité, ce mot tabou, et c'est de ça dont nous parlons dans la négociation avec les organisations syndicales "

Il est bien évident que dans ces conditions, aucun syndicat de salarié ne trouvera un accord avec le Medef, ce qui fera échouer la négociation. En ce qui nous concerne, nous ne partageons pas le point de vue de certains experts qui affirment que : le Medef a intérêt à aboutir à un accord avec les partenaires sociaux pour bloquer toute autre initiative du gouvernement. Ce que nous pensons, c'est qu'en cas d'échec, prévisible, des négociations, le Medef et ses nombreuses "boutiques" annexes brandiront devant le gouvernement d'innombrables plans sociaux ... incontournables, au cas où, adaptabilité, souplesse et flexibilité ne serait pas au rendez-vous ...

Et quelle forme prendrait ces exigences ?

Hé bien, généralisation des accords compétitivité-emploi auxquels les salariés ne pourraient pas s'opposer à titre individuel, avec à la clé : Augmentation sans contre partie financière de l'horaire de travail, gel des salaires et autre abandon de RTT ...

Cela suffira t-il à limiter les licenciements ?

En aucun cas, puisque si les entreprises considèrent que les accords signés ne donnent pas satisfaction en termes de compétitivité, elles auront recours, à nouveau à des réductions d'effectifs. Bien entendu, en cas de retour à la prospérité des entreprises, aucune garantie de retour à l'ancienne situation n'est prévue. 

Conclusion : Le Medef qui a soutenu le mouvement dit des pigeons n'aurait aucun remord à " pigeonner" les salariés français. Car, au delà de salaires plus bas issus du "travailler plus pour gagner moins", l'idée est de leur faire payer au travers de leurs impôts leur protection sociale. Avec comme rêve, à peine secret, qu'un gouvernement plus docile finisse par confier aux banques, assurances et cliniques privées adhérentes au Medef, la gestion de leur santé.

Salariés, à vous d'être vigilants et d'éviter de devenir les dindons de la farce !