26 février 2013

La retraite à 65 ans ? : Laissez nous d'abord travailler jusqu'à 62 !

Que ce soit au Medef ou à l'UMP, le son de cloche est le même : Il faut augmenter l'âge de départ à la retraite ! Or, le taux d'emploi des 55-64 ans ne progresse pas et leur nombre à Pôle emploi ne cesse d'augmenter !


Nul n'a oublié l'inénarrable Xavier Bertrand notamment dans sa période ministre du travail et du choooooommmage, comme aimait à le qualifier le regretté Patrick Roy ! Hé bien, Xavier Bertrand qui, rappelons le, ambitionne de devenir Président de la République en 2017 (du moins s'il gagne la primaire de l'UMP) vient de prendre la parole pour nous parler de ... l'âge de la retraite.

Que dit-il ?

« (...) La prochaine étape pour les retraites, disons-le sans détour, c'est 65 ans entre 2025 et 2030" mais "certainement plus près de 2025 (...) Il va falloir accepter de travailler plus longtemps (...) » - Libération

Ce que dit également Geoffroy Roux de Bézieux, candidat à la présidence du Medef : « (...) L'allongement de l'espérance de vie implique d'augmenter la durée d'activité. C'est non négociable ! (...) »

La seule différence entre ces deux promoteurs du travailler plus longtemps ?

Le fait que Roux de Bézieux ajoute : « (...) Cela passe aussi par un effort des entreprises pour maintenir les seniors dans l'emploi car, même si du chemin a été fait depuis dix ans, c'est loin d'être suffisant (...) »

Un effort des entreprises vis à vis des seniors ? Parlons en justement, au travers d'une étude publiée par l'association "A compétence égale" reprise par Capital sur son site Web.

Qu'y apprend-on ?

« (...) Les recruteurs ont tendance à écarter leurs profils perçus comme trop coûteux ou surdimensionnés par rapport au poste. Les consultants en recrutement, eux, redoutent qu'une recrue âgée ne s'intègre pas dans une équipe jeune, voire témoigne d'une trop grande résistance au changement (...) la loi de 2009, qui oblige les entreprises de plus de 50 salariés à mettre en place un plan d'action pour le maintien dans l'emploi et le recrutement des seniors, n'a eu qu'un effet très limité. Pour 84% des DRH et 83% des consultants en recrutement, elle s'avère même totalement inefficace (...) le taux d'emploi des 55-64 ans n'a quasiment pas progressé à 41,5%, un niveau encore bien en deçà de la moyenne européenne à 47,4%. Parallèlement, la crise a entraîné la flambée du taux de chômage des 55-64 ans (à 6,8% fin 2012). Ils sont ainsi plus de 682.000 quinquas à pointer à Pôle emploi (+16,9% sur un an) soit la plus forte hausse, toutes générations confondues (...)  »

Est ce à dire que M. Roux de Bézieux, comme ses collègues du Medef, se moque du monde ?

Certainement, dans la mesure où les entreprises françaises ont outrageusement abusé de la rupture conventionnelle pour se débarrasser de leurs salariés âgés !

Ainsi : « 17% des ruptures conventionnelles ont été signées par des salariés de 50 ans ou plus au 1er semestre 2012 (...) » et : « (...)  6,7% des ruptures conventionnelles concernent des salariés de plus de 58 ans (...) » Ecrit sur son blog Nathalie LAILLER avocate spécialisée en droit du travail. 

Ce que confirme son confrère Frédéric Benoist : « (...) La rupture conventionnelle est utilisée dans 3 cas sur 4 par les entreprises de moins de 50 salariés. Elle concernerait majoritairement les seniors (...) » tout comme le site Intelligence RH : « (..) un demandeur d’emploi de 55 à 60 ans sur cinq s’est inscrit à Pôle emploi au cours du premier trimestre 2010 suite à une rupture conventionnelle de son contrat de travail (...) »

Loin d'être suffisant disiez vous M. de Bézieux ? Reconnaissez tout simplement que l'objectif des entreprises est de transférer à l'UNEDIC la charge des salariés les plus âgés.

Hé oui, certains, après deux ou trois ans de chômage indemnisé, pourront faire valoir leurs droits à la retraite. Ceux nés en 1952 ou 1953 pourront espérer toucher l'allocation équivalent retraite (AER) rétablie à compter du 1er mars, quant aux autres ....  

Du côté de Xavier Bertrand qui, au passage, avait supprimé l'AER pour faire des économies, pour ensuite lui substituer l'ATS, quasi impossible à obtenir, puisqu'elle n'avait concerné que 500 personnes en juillet 2012, au lieu de 68 700 allocataires en janvier 2008 pour l'AER, on évite le sujet, préférant reprendre l'éternel fantasme du Medef : La capitalisation retraite !

Or, ce que demandent les salariés seniors, ce n'est pas de jongler d'une indemnisation ou d'une aide à l'autre. Ce qu'ils réclament, c'est :

Le droit de continuer à travailler sans subir de discrimination à cause de leur âge
Le droit à être formé si nécessaire pour s'adapter à toute nouvelle technologie
Et surtout celui de ne pas voir leurs candidatures être rejetées avant même d'avoir été étudiées ou même simplement lues !

Alors, MM. de Bézieux et Bertrand, avant de nous obliger à attendre 65 ans pour partir à la retraite, laissez nous déjà travailler jusqu'à ... 62 ans !


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22 février 2013

Manifestations du 5 mars contre l'ANI : Demandez le programme !

Le 5 mars prochain sera l'occasion pour les syndicats non signataires de l'ANI (accord national interprofessionnel) de manifester contre la possible mise en place d'une des plus grande dérèglementation du code du travail !


Slovar a été de ceux qui ont souhaité attirer l'attention des salariés sur le contenu de  l’accord interprofessionnel sur l’emploi du 11 janvier 2013 dit ANI. Nous l'avons fait au travers, notamment de l'interview de Maurad Rhabi de la CGT qui avait décrypté pour nos lecteurs le contenu du texte.

Nous vous conseillons par ailleurs les nombreux billets publiés par Gérard Filoche sur son blog, qui analysent le texte et ses conséquences.

Cet accord, rappelons le a été signé par l'ensemble des organisations patronales ainsi que la CFDT, la CFE-CGC et la CFTC. Ce qui lui donne fort peu de légitimité dans la mesure où la loi de 2008 sur la représentativité syndicale considère que la CFTC n'est plus représentative et que la CFE-CGC n'est représentative que des cadres.

Cette situation a fait réagir ATTAC qui a lancé une pétition soutenue, entre autre par : CADAC, CGT Commerce Paris, CGT Hôtels Prestiges et Economiques, CGT-Finances, CNDF, CNT-Solidarité ouvrière Ile-de-France, Convergence de défense et développement des services publics, Convergences & Alternative, Fédération pour une alternative sociale et écologique, Fondation Copernic, FSU, Gauche anticapitaliste, Gauche unitaire, Les Alternatifs, Les efFRONTé-e-s, Marches européennes contre le chômage, Mouvement national des chômeurs et précaires, Nouveau parti anticapitaliste, Osez le féminisme !, Parti communiste, Parti communiste des ouvriers de France, Parti de gauche, Réseau féministe « Ruptures », Résistance sociale, République & Socialisme, Union syndicale Solidaires...

La plupart seront présents aux manifestations du 5 mars. De notre côté nous avons décidé de relayer ici le texte publié par la CGT sur son site Web

" Le 11 janvier 2013, les négociations nationales dites de "sécurisation de l’emploi" se sont terminées par un accord d’une extrême gravité pour les droits des salariés. Les confédérations CGT et FO (qui représentent plus de salariés que les trois organisations syndicales signataires) ont refusé de signer cet accord de régression sociale. Elles appellent ensemble, et c’est une première depuis de nombreuses années, à l’action dans toute la France le 5 mars par des rassemblements, des manifestations et des arrêts de travail.

La FSU et Solidaires appellent à la mobilisation

La FSU a fait savoir jeudi 15 février, lors de son 7e congrès national à Poitiers, qu’elle s’associerait à la journée de mobilisation du 5 mars organisée par la CGT et FO, l’union syndicale Solidaires indiquant peu après qu’elle ferait de même.


 

nous recenserons au fur et à mesure de leur parution tous les appels des professions et des organisations territoriales " (Pour plus de détails, cliquez sur la carte)

Maintenant, c'est vous qui voyez !


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Faujour

15 février 2013

Les belles légendes du libéralisme : Salariés et chômeurs obstacles à la sortie de crise !

Oubliée la spéculation financière responsable de la crise économique et sociale qui frappe tant de pays. Aujourd'hui, selon les économistes libéraux, ce sont ces s.... de salariés qui ont un emploi et, ceux qui n'en n'ont pas qui sont des obstacles à la reprise !


On doit l'avouer, on n'est jamais déçu par les analyse de l'OCDE, dont l'objectif, rappelons le est : « (...) de promouvoir les politiques qui amélioreront le bien-être économique et social partout dans le monde (...) En nous appuyant sur les faits et l’expérience concrète, nous recommandons des politiques dont le but est d’améliorer la vie de l’homme de la rue (...) »

Et de quelle façon rend t-on plus heureux l'homme de la rue ?

« (...) D’abord et avant tout, les gouvernements doivent restaurer la confiance dans les marchés ainsi que les institutions et les entreprises qui les font fonctionner (...) Ensuite, les gouvernements doivent rétablir les finances publiques saines qui sont à la base de la croissance économique durable de demain (...) Enfin, pour asseoir l’innovation et la croissance, nous devons nous assurer que chacun, quel que soit son âge, peut acquérir les compétences nécessaires aux emplois de demain et à un travail productif et satisfaisant (...) »

C'est donc au nom du travail productif est satisfaisant que l'OCDE a publié aujourd'hui sur son site un texte « enthousiasmant » : Les réformes structurelles plus importantes que jamais pour le retour d’une croissance forte et équilibrée 

Focalisons nous sur la partie qui concerne directement l'homme de la rue et le travail productif et satisfaisant.

Extraits : « (...) Affronter les conséquences de la crise sur le marché de l’emploi est sans doute le plus grand défi auquel sont actuellement confrontés les pays membres de l’OCDE et du G20 (...) Par rapport aux années précédentes, l’édition  2013 d’Objectif croissance contient davantage de recommandations à l’intention des gouvernements à court de liquidité qui doivent trouver les moyens de préserver la couverture sociale du chômage tout en améliorant les politiques du marché du travail susceptibles de faciliter le retour à l’emploi des chômeurs »

Vous craignez le pire ? vous avez raison !

Concentrons-nous sur la vielle Europe à laquelle, appartient notre beau pays :  « (...) En Europe, où le chômage demeure supérieur aux niveaux d’avant la crise, de nombreux pays (dont le Danemark, l’Espagne, la France, l’Italie, le Portugal, la Slovénie et la Suède) doivent encore réduire les obstacles à la création d’emplois, à l’embauche et à la mobilité des travailleurs, tout en renforçant les incitations à prendre un emploi (...) »

Ce qui devrait ravir entre autre, les espagnols, italiens et portugais dont le marché du travail a été considérablement flexibilisé et dont l'indemnisation du chômage a été diminuée mais qui affichent des chiffres du chômage colossaux !

C'est donc dans ce contexte « performant » qu'on apprend, d'après Le Figaro, que dans le cadre de sa publication économique Objectif croissance qui doit être dévoilé aujourd'hui à 14H30, l'OCDE est sévère pour le marché du travail français.

Florilège

« Le coût du travail en France reste « élevé » et « réduit les possibilités d'emploi, en particulier pour les travailleurs jeunes et peu qualifiés » (...) l'OCDE recommande de « laisser diminuer le coût minimum du travail par rapport au salaire médian, en particulier pour les jeunes». À moyen terme, il faut « alléger encore les cotisations de Sécurité sociale tout en réduisant les dépenses publiques et les dépenses fiscales inefficientes »

Mais encore

« (...) L'assouplissement du marché du travail va dans le sens préconisé par l'OCDE: des CDI et des licenciements plus flexibles pour, en principe, faciliter les embauches (...) la France « doit réformer l'indemnisation du chômage de façon à ce qu'elle soit généreuse à court terme puis dégressive dans le temps, et plus limitée pour les chômeurs âgés »

Transmis aux chômeurs âgés condamnés par le marché du travail !

Par ailleurs, l'OCDE salue l'accord (très contestable) sur l'emploi signé par trois syndicats de salariés et le patronat français et, bien entendu, plébiscite la réforme des retraites de 2010 (dont tout le monde sait qu'elle n'a pas été correctement financée )

Donc si l'on en croît l'OCDE et l'ensemble de ses adorateurs à commencer par les organisations patronales européennes, nous avons :

D'un côté : les salariés privilégiés, qui ont un emploi, et qui doivent travailler plus pour un tarif inférieur afin de le conserver. Mais qui doivent aussi comprendre qu'il est nécessaire d'accepter de goûter régulièrement au chômage, pour laisser la place à ceux qui n'en ont pas.

Une nouvelle version des chaises musicales en quelque sorte, mais adapté à un marché du travail en difficulté !

De l'autre : un tas de pas ou peu courageux qui ne cherchent pas vraiment un emploi et à qui il est nécessaire de couper le plus vite possible le robinet des indemnités afin qu'ils se motivent pour faire baisser les chiffres du chômage.

Variante de « la faim ou le taureau » que chantait Jean Ferrat en 1965 sur la pauvreté de l'Espagne

Alors, heureux l'homme de la rue concerné par le travail productif et satisfaisant ?

08 février 2013

Sécurisation de l'emploi : Il s'agissait bien d'un accord de dupes !

Ceux qui croyaient naïvement que l'accord sur la sécurisation de l'emploi signé notamment par la CFDT était du type « gagnant gagnant » vont tomber de haut. En effet, Laurence Parisot va s'opposer à ce que le texte qui doit être présenté aux parlementaires soit réécrit en droit. En clair, la CGT et FO avaient raison lorsqu'ils affirmaient qu'en fait de sécurité, c'était la seule flexibilité qui attendait les salariés.


Le 21 janvier dernier Maurad Rabhi, membre de la direction confédérale de la CGT,en charge des questions d’emploi et du chômage accordait une interview exclusive à Slovar les Nouvelles, où il déclarait : « Les patrons sont les grands gagnants de cette négociation. Les salariés dans leur grande majorité n'ont pas encore pris la mesure rélle de la portée de l’accord du 11 janvier 2013 (...) » Et ajoutait : « (...) Ainsi, on a parlé de formation, de complémentaire santé, de temps partiel, de droits rechargeables pour les chômeurs. Dont les modalités et le délai de mise en oeuvre sont particulièrement flous (...) »

Ce qui contredisait les propos des organisations signatrices de l'accord qui nous expliquaient qu'enfin la flexisécurité à la française était en marche et que, cet accord était « gagnant gagnant » pour les entreprises et les salariés. Or, hier soir, on apprenait que : « Laurence Parisot n'est pas satisfaite de la réécriture de plusieurs dispositions de l'accord, qui modifie l'équilibre général du texte »

C'est à dire ?

Laurence Parisot, qui essaye de faire modifier les statuts du Medef, pour refaire un autre mandat, est en campagne, et veut montrer à ses adhérents, qu'elle est capable de défier le gouvernement et la représentation parlementaire. 

Pour ce faire, elle refuse que le texte issu de l'accord que le gouvernement doit réécrire en droit, pour le soumettre aux parlementaires, intègre la mise en place immédiate de la généralisation des complémentaires santé, ainsi que celle des droits rechargeables (permettant aux chômeurs de conserver leur reliquat de droits à l'indemnisation en cas de retour à l'emploi). 

Comment le justifie t-elle ?

: « (...) Selon le camp patronal, le ministère du Travail a réintroduit la «clause de désignation» dans l'article 1, qui vise à généraliser les complémentaires santé. Exit dans ce cas la liberté de choix laissée aux entreprises, qui n'auraient donc d'autre liberté que de retenir le prestataire jusqu'ici simplement recommandé par la branche. « C'est un casus belli pour nous », martèle-t-on ce jeudi soir au Medef. 

Donc pas d'égalité de traitement des salariés par branches mais un traitement plus ou moins favorable en fonction de l'humeur des patrons de chaque entreprise ! 
 
Autre disposition litigieuse: la mise en place de droits rechargeables pour les chômeurs est à ce stade «obligatoire», alors qu'elle est conditionnée dans l'accord à la réalisation d'études d'impact préalables. «Cela contrevient à ce que nous avons signé», s'insurge-t-on au Medef (...) » nous dit Le Figaro

Mais, direz-vous, on n'est plus vraiment dans le « gagnant gagnant ». C'est exactement ce que nous expliquait Maurad Rhabi lorsqu'il déclarait : Les patrons sont les grands gagnants de cette négociation.

« Cela contrevient à ce que nous avons signé ».  Ce qui laisserait entendre que la CFDT, la CGC et la CFTC, les trois syndicats signataires étaient non seulement au courant mais ont validé ces dispositions. 

En résumé, la fléxibilité est immédiatement applicable mais la sécurité est remise aux calendes grecques ! Car, ne l'oublions pas, le Medef n'a pas caché il y a quelques jours son intention de mettre en place une réforme en profondeur de l'assurance chômage. Et même si la CFDT affirme qu'il n'est pas question de baisser les indemnités de chômage, on est en droit de penser que la sécurisation des salariés est bien mal partie ! Alors, les droits rechargeables ...

Pour donner la dernière touche à ce tableau, il faut noter que l'une des mesures tant vantée par Laurent Berger le secrétaire général de la CFDT : la représentation des élus dans les conseils d'administration des grandes entreprises, est ... également rejetée par le Medef.

Qu'en dit la CFDT ?

Est-elle en colère ? Hé bien non, puisqu'elle déclare un peu gênée : « Nous avions convenu avec le Medef que ces points seraient précisés au Parlement », avoue-t-on à la CFDT. Justement pour donner du grain à moudre aux députés et ne pas leur donner l'impression de n'être qu'une chambre enregistreuse »

Prendre les parlementaires pour des enfants en bas âge et se moquer ouvertement des salariés, il n'a pas à dire, c'est vraiment un accord « gagnant gagnant » qui ressemble furieusement à ... un marché de dupes !

Sources

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05 février 2013

« Les français pour la retraite à 65 ans » : Une étude providentielle pour la bancassurance !

Une étude réalisée par le Cercle des épargnants affirme que les français seraient d'accord pour reporter l'âge légal de la retraite à 65 ans. Sauf que le Cercle des épargnants est un promoteur de l'épargne retraite par capitalisation et ami ... des bancassureurs.



Nombreux sont les média qui ont repris ou vont reprendre l'étude du Cercle des épargnants : « 11ème enquête du Cercle sur l’épargne et la retraite » publiée aujourd'hui sur son site web et disponible en intégralité sur leur blog. Et pourtant ! 

Que dit-elle ?

Extraits : « En 2013, plus des deux tiers des Français se déclarent inquiets en matière de retraite (67 %), soit le plus haut niveau enregistré depuis 2006. La proportion des « très inquiets » progresse de 8 points en un an (...) De ce fait, il n’est pas illogique que les sondés placent parmi les priorités le financement de la retraite (56 %) devant l’assurance-maladie (43 %) et l’aide au logement (26 %) (...)  Si le report à 65 ans n’est pas réellement souhaité, il s’impose, en revanche, dans les esprits. 60 % des Français considèrent ce report  comme nécessaire contre 37 % qui ne la jugent pas nécessaire (...) »

Pour ceux qui ignoreraient qui est le Cercle des épargnants, nous leur avions consacré un long billet lors de la publication du même rapport le 18 mai 2010.

Qui est le Cercle des épargnants ? écrivions nous le 18 mai 2010. Lors d'un de leurs rapports

« L'association est domiciliée 11, boulevard Haussmann 75009 Paris au beau milieu du "quartier des assureurs". Le Cercle des Epargnants, issu de l’Association Générale pour l’Assurance et la Prévoyance (AGAP) créée en 1950, est présidé par Jean-Pierre Gaillard, journaliste économique à LCI et à France Info. Le Cercle des Épargnants supervise plus de 210 contrats de groupe (essentiellement des contrats Madelin) et cinq plans d’épargne retraite populaire. A ce titre, le Cercle est enregistré auprès de l’Autorité de Contrôle des Assurances et des Mutuelles comme Groupement d’Épargne Retraite Populaire. Elle assure des fonctions de contrôle et d’information auprès de tous ses adhérents (...) peut-on lire sur leur site

Jean-Pierre Gaillard ? Mais si, vous savez, celui que Libération décrivait comme celui qui : " scande comme un métronome les cotations, sur les ondes et les écrans" et son célèbre : " En direct de la Bourse de Paris" qui eu un temps sa marionnette au Guignols de l'Info de Canal+

Il est à noter que le site du "Cercle des Epargnants" est également accessible par l'adresse "alias" : http://www.agirpourmaretraite.com/ dont il est propriétaire du nom de domaine. Et que "Agir pour ma retraite" est également le nom d'une "Lettre" et d'un blog édités par Philippe Crevel, le Secrétaire général du même "Cercle des Epargnants"

Il est d'ailleurs amusant de noter que Philippe Crevel, sur son site, indique habiter : 7, Bd HAUSSMANN 75009 PARIS. Adresse qui correspond à celle de la compagnie d'assurances GENERALI : "dont le siège social est situé au 7/9 Bd Haussmann 75009 Paris" comme l'indiquent les mentions légales de leur site (...)
»

Donc, il ne vous étonnera pas que le Cercle des épargnants porte le logo de GENERALI et  distribue cerains de ses contrats. Tout comme il ne vous étonnera pas d'apprendre que GENERALI ainsi que de nombreux assureurs ou institutions de prévoyance qui commercialisent des contrats de capitalisation retraite, sont sponsors du Medef.

En clair cette étude ne fait que promouvoir l'idée que Laurence Parisot avait lancée en ... mai 2010 et qui  préconisait de : «  rendre très incitatif, voire obligatoire une part de capitalisation dans la retraite des salariés français (...) »

Ajoutons à cela, que notre amie Laurence fait des pieds et des mains, pour que le gouvernement reporte une nouvelle fois l'âge de la retraite, souhaitant toujours arriver à terme à 67 ans, au fait que, comme elle l'expliquait : « quand on aura 67 ans en 2030, on sera dans un état de santé, un état physique comparable à 62 ans aujourd’hui ».

Sans oublier bien entendu que la Présidente du Medef est membre du conseil d'administration de BNP Paribas, l'un des plus grands bancassureurs français.

Foutage de gueule direz-vous ?

Non, il s'agit d'une opération parfaitement concertée destinée à imposer par l'angoisse et un jour par ... la loi l'obligation pour tous les français de souscrire un contrat retraite par capitalisation.

Car, il faut savoir que justement, les négociations sur les retraites auront lieu au printemps 2013, et qu'il ne fait nul doute que les négociateurs du Medef utiliseront l'enquête du Cercle des épargnants lors des ces négociations !

Alors, imaginez qu'on décide de reporter une fois de plus l'âge de la retraite et qu'on décide comme le préconise le COR, d' une remise en cause du principe des « 25 meilleures années » pour le calcul de celle-ci. Nombreux seront les salariés tentés par un contrat de capitalisation destiné à compléter une retraite dont le montant deviendra encore un peu plus hypothétique.

Dans ce cas, à terme, un énorme jackpot à se répartir entre les banques et les compagnies d'assurance sans aucune garantie de retour pour des épargnants qui confieront leur argent pour des durées supérieures à 40 ans !

Quand on vous disait qu'il s'agissait d'une opération parfaitement concertée ...


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Blog la retraite

31 janvier 2013

ça ne dépend que de vous : Le site Actuchomage ne doit pas disparaître !

Actuchomage, l'un des seuls sites incontournables d'actualité et de défense des chômeurs menace de jeter l'éponge par manque de moyens financiers. Impossible d'être indifférent à cette hypothèse en cette période de plans sociaux massifs et de chômage de longue durée  !


Le chômage nous concerne tous. Qu'on soit salarié ou retraité, qui n'a pas dans ses proches quelqu'un touché ou en passe d'être touché par le chômage ?

Et une fois au chômage  :

Qui n'a pas connu la sensation de découragement face au site Web de Pôle Emploi qui tel un monstre froid se fout de votre niveau de compréhension ou d'angoisse ?

Un exemple vécu ? 

Vous avez trouvé un CDD de 3 mois, du coup, vous ne prenez plus le temps de vous connecter dans votre espace personnel. Vous recevez un mail vous annonçant que votre espace va être fermé. Un peu angoissé vous téléphonez au 39 49 pour vous expliquer et vous vous faites rembarrer par un conseiller anonyme qui vous répond sèchement : « ça dépend de l'informatique et je peux rien y faire » sauf qu'il est impossible de joindre quelqu'un au service informatique.

En clair, le chômeur vit dans l'angoisse permanente. Celle d'avoir loupé une convocation, envoyée par mail, qui aurait pu être considérée comme un spam, par sa messagerie. Ou celle plus grave, d'une remise en cause de ses droits, contre laquelle il aura toutes les peines du monde à se défendre, face à un conseiller dont certains  gèrent de 300 à 600 dossiers, et vous renvoient souvent vers ... le site Web de Pôle Emploi. 

Contrairement à ce que prétendent certains économistes distingués et politiciens « chasseurs d'assistés », le chômeur ne se déconnecte pas de l'actualité. Par contre, il regrette que les seules informations sur le chômage et sa réalité, disponibles dans la presse, soient exclusivement centrées sur le coût et le déficit de l'assurance chômage.

C'est pourquoi des sites web d'analyses, de conseils et de défense comme Actuchomage sont essentiels.

Actuchomage, c'est : 80.000 à 100.000 visiteurs qui fréquentent le site chaque mois, les 5.500 inscrits à leur lettre d’infos, des dizaines de milliers de messages postés sur leurs forums et sur leurs articles, 200.000 vidéos vues sur leurs chaînes Dailymotion et YouTube.

Un beau succès direz-vous !

Oui, sauf que, explique Yves Barraud, le Président d’APNÉE/Actuchomage dans un édito publié sur le site : « c’est à peine si nous réussissons à lever 1.700 euros en un mois de campagne d’adhésions et de ré-adhésions »

Hé oui, contrairement aux sites disposant de subventions ou de financements privés, ou ceux truffés de publicités clignotant comme des sapins de noël, Actuchomage ne fonctionne que par les adhésions et dons, et l'énergie de ses animateurs. 

Et combien ça coute pour adhérer ou soutenir Actuchomage ?

« 5 € par an, pour les personnes sans revenu ou relevant des minimas sociaux (ASS et RMI), les femmes au foyer et les étudiants.
10 € par an, pour les personnes relevant du régime général d'Assurance Chômage
35 € par an pour les retraités, les salariés et autres activités (professions libérales, artisans, commerçants…).
Les Membres bienfaiteurs devront s'acquitter d'une cotisation d'un montant minimum de 60 € par an »

Malgré tout, déplore Yves Barraud : « (...) Nous disposons de 400 à 500 euros pour faire tourner ce site 24/24, 7/7 et 365/365, depuis septembre 2004. Un exploit ! Parce que c’est du boulot, mine de rien (...) Selon les périodes, il nous arrive aussi de nous investir dans des actions collectives avec les autres mouvements de chômeurs et précaires, de participer à des manifestations, à des colloques, à des réunions. On répond à toutes les questions qui nous parviennent (25 à 30% d’augmentation sur un an). On conseille les gens par téléphone. On cherche des solutions pour eux. On anime et supervise nos forums. On soutient des procédures juridiques engagées par des chômeurs spoliés. On décrypte l’actualité de l’emploi, du chômage et de la précarité au quotidien »

Et de poser cette question : « Si celles et ceux qui nous suivent de près ou de loin ne voient pas l’intérêt de soutenir notre association et le site Actuchomage, nous le comprenons et l’acceptons sans rechigner. Si nous ne sommes pas capables de réunir 200 à 300 personnes autour de nos actions et un budget annuel de 6.000 euros, est-ce que l’initiative mérite d’être poursuivie ? »

A priori, sans réaction des lecteurs et de ceux qui se sentent concerné par le chômage et son isolement, il est possible que le site ne cesse son activité en 2014. Ce qui serait complètement fou au moment où les entreprises devraient continuer à diminuer les effectifs pour des raisons de « compétitivité » notamment en raison des accords signés entre certains syndicats et le patronat

Mais, c'est avant tout, à vous de décider si un site aussi important doit continuer de vivre et, d'aider des milliers de gens, ainsi que l'expliquent les animateurs du site : « Comme nous sommes des gens sérieux, on préfère ouvrir le débat avant de prendre des décisions irréversibles.  Car « c'est pas nous qu'on décide », comme dirait l'autre. C'est vous !

• Soit vous estimez que notre association et Actuchomage ont une utilité.
• Soit vous vous en désintéressez. Ce n'est pas un problème. Nous voulons juste savoir »

Alors, au lieu de vous dire que ce serait vraiement dommage et d'espérer secrêtement que ce soient les autres qui mettent la main au porte monnaie, réagissez si vous vous sentez concernés !

En savoir plus

21 janvier 2013

Maurad Rabhi (CGT) : Les patrons sont les grands gagnants de la négociation emploi !

Selon Maurad Rabhi, en charge à la CGT des questions d’emploi et du chômage, l'accord sur l'emploi négocié entre les organisations patronales et certains syndicats est particulièrement déséquilibré. Nous lui avons proposé de nous en donner les raisons, ce qu'il a accepté de faire, en exclusivité, sur Slovar les Nouvelles.

Slovar: Maurad, vous étiez l'un des négociateurs de la CGT lors du marathon de la négociation sur la réforme du marché du travail. De très nombreux observateurs ont indiqué que l'accord final est équilibré. Il n'y aurait finalement que des gagnants ?

Maurad Rabhi : Les patrons sont les grands gagnants de cette négociation. Les salariés dans leur grande majorité n'ont pas encore pris la mesure rélle de la portée de l’accord du 11 janvier 2013. Et pourtant, ce texte présenté comme une nouvelle phase de « flexisécurité » constitue, en vérité, la régression la plus importante qu’ont eu à connaître les droits des salariés depuis les années 1980.

Slovar : Les "experts" qui ont commenté positivement le texte auraient-ils été partiaux ?

MR : En ce qui concerne la presse, la quasi totalité s'est focalisée sur les hypothétiques nouveaux droits auxquels les salariés pourraient prétendre sans s'interroger sur les effets pervers de certaines propositions. Ainsi, on a parlé de formation, de complémentaire santé, de temps partiel, de droits rechargeables pour les chômeurs. Dont les modalités et le délai de mise en oeuvre sont particulièrement flous. Mais j'y reviendrai.

Quant à la taxation des contrats courts, elle a servi de leurre tout au long de la négociation pour mieux détourner l’attention de l’opinion sur les aspects de flexibilité ou de sécurité juridique que le patronat réclamait pour son propre compte.

Slovar : Oui, mais, la formation, les complémentaires santé, le temps partiel, et les droits rechargeables pour les chômeurs ont bien été inclus dans le texte final ?

J'ai dit que j'y reviendrais. Alors, analysons précisément les "nouveaux" droits inclus dans l'accord.

Mise en place du compte personnel de formation : Sorte de serpent de mer, on en parle depuis des années. Elle reste conditionnée à un accord tripartite (Etat, Région et partenaires sociaux). Ce qui vous l'avouerez est d'une grande lourdeur face au problème. Néanmoins, on ignore tout de ses modalités de financement !

La complémentaire santé pour les salariés qui en sont dépourvus peut-être considérée comme une avancée (même si elle est payée pour moitié par le salarié). Néanmoins, il faut que les salariés sachent qu'elle n’entrera en vigueur qu’en 2016 ! En outre, il faudra que les conditions soient réunies dans l'entreprise pour que les contrats de complémentaire santé soient appliqués. 

Les droits rechargeables pour les chômeurs devront être financés à coût constant par le budget de l’Unedic. Rien n’a été arrêté sur le paramétrage des droits rechargeables. La prochaine convention d’assurance-chômage devra définir la durée des droits, le taux d’indemnisation et la période que l’on retient pour calculer les droits rechargeables. Ce qui est sûr, c’est que le Medef propose en contrepartie, pour ne pas grever le déficit, de remettre en place la dégressivité de l’allocation pour tous les demandeurs d’emploi ou alors de baisser le niveau des allocations de 10 à 15 % pour tous. Enfin, autre proposition, c’est de diminuer la durée des droits pour tous. Autrement dit, cela signifie qu’on déshabille Paul pour habiller Jacques.

En ce qui concerne la taxation des contrats courts revendiquée de longue date par la Cgt, l'accord « oublie » les intérimaires, les saisonniers et les CDD supérieurs à 3 mois. Cerise sur le gâteau, cette mesure au total rapportera au patronat plus d’argent qu’elle ne lui en coûte avec la contrepartie relative à l’exonération des cotisations pour l’embauche d’un jeune de moins de 26 ans.

Slovar : Maintenant que nous avons vu le côté "sécurisation" de l'accord, passons, si vous voulez bien du volet "flexibilité ?

MR : Tout d'abord, sachez que si les mesures présentées en faveur des salariés ou des demandeurs d’emploi sont hypothétiques ou renvoyées à plus tard, les mesures de flexibilité au profit des employeurs sont bien réelles et d’application immédiate.

Mesure-t-on la gravité des nouvelles dispositions relatives aux procédures de licenciement encadrées et sécurisées juridiquement à la main du patronat, qui pourra engager des restructurations y compris quand l’entreprise est en bonne santé financière ?

Slovar : C'est à dire ?

MR : Premièrement : La réduction drastique des délais de la procédure (entre 2 et 4 mois) interdira, en pratique, aux représentants des salariés de discuter du fondement économique des licenciements et d’élaborer des solutions alternatives. Les négociations risquent donc de ne porter que sur le volet social du plan de sauvegarde à l’emploi et la stratégie de l’entreprise est validée dans tous les cas de figure.

Deuxièmement : Mesure-t-on les conséquences d’une mobilité forcée pour les salariés ? Ils ne pourront plus contester les propositions patronales, même si elles ne sont pas conformes aux clauses de leur contrat de travail. Un refus vaudra licenciement pour motif personnel (et non plus économique), donc sans mesure d’accompagnement possible.

Troisièmement : Mesure-t-on les conséquences des accords dits « de maintien dans l’emploi » qui ressemblent furieusement aux accords "compétitivité-emploi" proposés par le Medef sous l'ancienne présidence de la République et, dont on voit actuellement ce qu’ils signifient, par exemple, chez Renault ?

Non seulement les garanties en matière d’emploi seront toujours sujettes à caution, mais le chantage exercé en toute impunité par les employeurs leur permettra de réduire les salaires ou d’augmenter la durée du travail pour améliorer les marges financières des entreprises. Les salariés qui refuseront seront licenciés pour un motif qui s’apparente à un licenciement économique, mais l’entreprise sera dispensée de toutes les obligations sociales du plan de sauvegarde à l’emploi (formation, reclassement, revitalisation du bassin d’emploi, priorité de réembauche, etc…).

Quatrièmement : Mesure-t-on ce que signifie l’immunité judiciaire offerte aux employeurs ?

Les voies de recours des salariés pour contester les décisions patronales sont réduites et les sanctions aussi. On glisse ainsi du lien de subordination du salarié à l’employeur vers un lien de ... soumission !

Les conséquences de cet accord pour les salariés ont été manifestement sous-évaluées. Elles se révèleront malheureusement avec le temps. Le compromis issu de cette négociation est trop déséquilibré en faveur du patronat. On est loin d’un dialogue social constructif où les intérêts des uns et des autres sont pris en compte.

Slovar : Oui, mais l'accord ayant été signé conjointement par les organisations patronales et par la CFDT, la CFECGC et la CFTC, il devrait selon toute logique s'appliquer ?

MR : Il faut d’abord savoir que si l’on avait utilisé les nouvelles règles de représentativité qui entreront en application dès le mois de juillet, l’accord serait minoritaire car la CFTC ne sera plus représentative sur le plan interprofessionnel et la CGC deviendra un syndicat catégoriel. Il faut tout d'abord que le Parlement donne son avis. C’est pourquoi il doit modifier le texte pour le remettre en conformité avec son intitulé et avec la propre feuille de route du gouvernement. Cet accord est en deçà du plancher légal existant sur beaucoup de points, il n’est pas possible que ce gouvernement entérine de tels reculs sociaux.

Slovar : Merci Maurad Rabhi


Maurad Rabhi est secrétaire général de la fédération Thc Cgt, Membre de la direction confédérale en charge des questions d’emploi et du chômage.

14 janvier 2013

Mariage pour tous : Décadence ou printemps de droits nouveaux ?

Tout ou n'importe quoi a été dit ou affiché, hier, dans la manifestation contre le mariage pour tous. Face à cela, les députés socialistes on décidé de répondre aux allégations des manifestants par un clip vidéo bigrement efficace qui remet les choses à leur place ! 



Qu'à t-on entendu à la manifestation d'hier pilotée par l'église catholique et suivie par l'extrême droite et une partie des dirigeants de l'UMP ( en quête de légitimité auprès de son électorat), qui portait abusivement le nom de " Manifestation pour tous" ?

Ni plus ni moins que le choeur de tous ceux qui s'étaient érigés en juge des bonne moeurs au temps du Pacs, au fait que notre pays allait sombrer dans la décadence et disparaître si on donnait les mêmes droits à tous en termes de famille. En fait, malgré les prédictions de madame Boutin et de quelques uns de ses collègues, tout s'est bien passé, au point que plusieurs dirigeants de l'UMP reconnaissaient regretter leur prise de position opposée de l'époque.


Entre temps, le monde a continué d'avancer et de nombreux pays y compris en Europe, dont la Belgique, il y a un peu plus de 10 ans, ou l'Espagne, ont fait le choix d'ouvrir le mariage civil aux couples de même sexe.


Ce qui faisait dire à Charline Vanhoenacker, correspondante pour la radio nationale belge RTBF : " (...) une majorité de Français semble très frileuse sur les sujets sociaux. En Belgique, nous avons légalisé le mariage gay et l’euthanasie, mais aussi le vote des étrangers non européens aux élections locales. Ce conservatisme me semble plutôt hypocrite : à l’UMP, où l’on se prononce plutôt contre le mariage gay, la majorité des cadres y est personnellement favorable, mais le parti s’y oppose pour des raisons électoralistes (...) "

Ceci dit, outre des slogans travaillés par des communicants comme :  " Oui, oui oui, au mariage homme femme ! ", " Un père, une mère, c'est élémentaire ! ",  "Mariageophile, pas homophobe ! ",  si l'on écarte les traditionnelles outrances verbales consistant, à associer la légalisation du "mariage pour tous" à celui futur de la polygamie ou de l'inceste, on retrouvait les habituels poncifs : 

ça va détruire la famille !
ça va destabiliser la société !
les français ne sont pas prêts à un tel bouleversement
cette loi va sacrifier l'intérêt de l'enfant !

Poncifs auxquels les députés socialistes avaient décidé de répondre point par point. Ils l'ont fait dans une vidéo que nous trouvons particulièrement efficace.


Mariage pour tous - le printemps d'un nouveau... par GroupeSRC

 

A vous d'en juger et ... de vous faire votre propre opinion !

09 janvier 2013

Compétitivité :" Les profits d’hier n’ont pas été les investissements d’aujourd’hui "

" La dégradation du taux de marge et du potentiel de croissance de l’économie n’est pas due à des salaires directs ou indirects excessifs " explique preuves à l'appui, Liêm Hoang-Ngoc, économiste, Maître de conférences à l’Université de Paris I. Par contre, le Medef et ses "experts" aimera bien nous le faire croire !

Si on écoute un tant soi peu Laurence Parisot ou sa garde rapprochée, la situation actuelle des entreprises n'est due qu'aux 35H00, au manque de flexibilité des salariés et, bien entendu aux salaires trop élevés, face à la concurrence internationale. Salaires qui sont très souvent désignés comme étant les premiers responsables de la dégradation des marges des entreprises françaises.

Cette dernière accusation restée longtemps sans réponse est démontée pièce par pièce par Liêm Hoang-Ngoc, économiste, membre du bureau national du PS et député européen dans une tribune qu'il a publiée le 8 janvier dans Le Monde

Selon Liêm Hoang-Ngoc, on nous vend toujours le même argument : " (...) Lestées par un coût du travail trop élevé, les entreprises ne dégageraient pas suffisamment de marges d’autofinancement pour engager les investissements nécessaires afin de réorienter l’offre sur une trajectoire hors coût à l’allemande. La restauration des marges d’aujourd’hui serait donc les investissements de demain et la compétitivité hors coût d’après demain (...) "

Or, ce n'est pas le coût du travail qui est le premier critère mais l'augmentation des dividendes au détriment de l'investissement

" (...) que nous enseigne l’analyse de l’évolution récente du taux de marge en France ? (...) une part croissante des bénéfices fut redistribuée, au détriment de l’investissement, sous forme de dividendes. Les profits d’hier n’ont pas été les investissements d’aujourd’hui (...) "

On pourra lire à ce sujet un article publié en novembre 2008 par Michel Husson qui écrivait : " (...) la part des salaires a baissé et celle des profits a donc augmenté. Mais les entreprises ne se sont pas servies de cette manne pour investir plus. Comparant la périodes 2000-2006 aux deux décennies précédentes précédentes, un rapport de l'ONU montre que dans un grand nombre de pays, dont la France, le taux d'investissement a baissé en dépit de l'augmentation de la part des profits dans la valeur ajoutée (...) "

Ce qui est confirmé dans autre article publié en mai 2010 : " (...) Pendant ce temps les revenus nets distribués par les sociétés non financières (pour l’essentiel des dividendes) continuent leur ascension, en dépit de la crise (...)
En 2009, les entreprises consacrent donc plus de 8 % de leur valeur ajoutée aux actionnaires contre 3 % au début des années 1980
Si on prend l’excédent brut d’exploitation (EBE) comme référence, c’est près de 28 % du profit qui va aux actionnaires (13 % au début des années 1980). L’année 2009 est en quelque sorte un rattrapage du creux de 2008, et cela malgré la baisse relative du taux de marge
(...) "

De la légende du coût du travail "assassin" à la réalité de l'insuffisance de demande 

La légende : " (...) Selon l’interprétation la plus courante, le taux de marge aurait baissé à cause de l’augmentation du coût unitaire du travail (calculé en tenant compte de la productivité). Cela plomberait donc l’incitation à investir et, par voie de conséquence, la compétitivité et serait la cause de la dégradation du solde extérieur, en dehors de l’impact exercé par la hausse du prix des importations de matières premières. Pour restaurer la compétitivité, il suffirait donc de réduire le coût du travail afin de restaurer le taux de marge et rendre l’investissement profitable. Plus le choc est important (20 milliards selon Gallois), plus l’effet serait spectaculaire (...) "

La réalité : " (...) La dégradation du taux de marge et du potentiel de croissance de l’économie n’est pas due à des salaires directs ou indirects excessifs (leur progression ayant été contenue, sous la « pression exercée par le chômage » dans les négociations sociales). La baisse du taux de marge est avant tout est liée à une dégradation de la demande. La conjoncture, devenue morose à partir de 2008, a en effet amenuisé les carnets de commandes des entreprises, qui ont donc réduit leurs ventes. Leur production fut donc moins forte, sans que les entreprises n’ajustent immédiatement l’emploi à la baisse. La productivité a donc mécaniquement baissé. Le coût unitaire de la main d’œuvre a donc augmenté et, symétriquement, le taux de marge a diminué (...) "

Les entreprises utiliseront-elles le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi pour investir ?

" (...) La contraction des carnets de commandes a en effet provoqué une baisse du taux d’utilisation des capacités de production, qui se situe à son plus bas historique. Dans ce contexte, les entreprises n’ont aucune raison d’investir (...), même en présence d’une baisse du coût du travail. Elles ont d’ores et déjà tendance à déclasser leur stock de capital inutilisé et à « ajuster » leur main d’œuvre (...) "

Ce qui ne fait que confirmer les propos de Laurence Parisot qui, lorsqu'elle réclamait une baisse des cotisations sociales des entreprises, en octobre 2012, refusait la moindre contrepartie, y compris d'investissement : « (...) l'entreprise pourra profiter des baisses de cotisations pour baisser son prix hors taxes, investir, augmenter les salaires... ou conserver sa marge. Pas question de négocier des engagements (...) Il faut laisser la liberté d'utiliser les marges de manoeuvre »

Peux t-on être plus clair ?

Ce qui amène Liêm Hoang-Ngoc à conclure que contrairement au fait qu'aucune contrepartie n'a été demandée aux entreprises pour bénéficier du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), il va falloir : " (...) tôt ou tard conditionner l’octroi du CICE aux entreprises à des décisions d’investissement, dès lors que la relation causale allant du taux de marge à l’investissement n’est pas avérée (...) "

Faute de quoi, une fois de plus, dans quelques années, on ne pourra que constater que  : " Les profits d’hier n’ont pas été les investissements d’aujourd’hui ".  Ce qui n'empêchera certainement pas le successeur de Laurence Parisot au Medef d'essayer de nous démontrer le contraire !

A découvrir :

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08 janvier 2013

Négociations emploi : Accepterez-vous la « flexibilité pour tous » voulue par le Medef ?

D'accord historique, en termes de négociations sur l'emploi, sauf coup de théâtre de dernière minute, il n'y aura pas. Il faut dire que le Medef avait dès le début plombé la négociation en exigeant la flexibilité maximale pour tous.


Slovar les Nouvelles vous a expliqué au fil de ces dernières semaines, comment le Medef s'était ingénié à plomber les négociations sur l'emploi. Après le premier constat d'échec, en décembre 2012, on s'achemine vers la fin du compromis historique souhaité par François Hollande. Car, il est clair comme nous l'écrivions que Laurence Parisot souhaite maintenant mettre la pression sur le gouvernement et sur les parlementaires en les soumettant au chantage à l'emploi ou au licenciement.

Cette tactique est méprisable dans la mesure où cela fait des années que le Medef souhaite remplacer le législateur par le dialogue entre partenaires sociaux. Sauf que pour le Medef, le dialogue social se résume à ... un monologue ! 

Une des raisons étant que traditionnellement, les grandes négociations se déroulent au siège du Medef, autour, comme le révélait le site Atlantico, de ses propositions, toutes plus outrancières les unes que les autres. Le jeu consistant, pour les syndicats, d'essayer d'obtenir un adoucissement plus ou moins prononcé de celles-ci.

Or, cette fois-ci, le Medef, s'appuyant sur un taux de chômage record, a décidé de placer la barre très haut,  puisqu'il exige la mise en place : d'une flexibilité généralisée, de la capacité de licencier plus facilement et à moindre coût et de la suppression de la voie judiciaire en cas de plan social injustifié. Le tout, sans quasiment aucune contre partie. 

Son argument ? : Fluidifier le marché du travail. En clair, si on rendait les licenciement plus simples et moins onéreux cela améliorerait l'embauche !

Quelle sont les réactions des organisations syndicales ?

Du côté de la CGT et de FO, on est parfaitement clair : « Les secrétaires généraux de la CGT et de Force ouvrière (FO) ont confirmé mardi que leurs organisations ne signeraient pas un accord sur la réforme du marché du travail si le patronat maintenait ses exigences en matière de flexibilité (...) » Lire aussi le communiqué sur le site de la CGT qui appelle à manifester devant le siège du Medef.

Qu'en est-il des autres organisations ?

A la CFDT, on continue d'y croire, sans trop d'illusions, toutefois : « (...)  L’objectif est de trouver un compromis qui fasse avancer les droits des salariés et notamment des plus précaires. » (...)  En clair, l’heure n’est plus aux manœuvres dilatoires.  « Le 10 et 11 janvier constitueront le dernier round de négociation, prévient le chef de file de la délégation. Le patronat porte désormais l’entière responsabilité d’un éventuel échec. Il doit être conscient qu’après le 11, la balle sera dans le camp du gouvernement. » À bon entendeur… »

A la CGC si on montrait les dents, on se targuait d'avoir obtenu des avancées  : « (...) ou l’art patronal de freiner une négociation qui avançait vers le consensus ! Est-ce bien digne de l’urgence à relever le marché du travail de la chute où les plans sociaux successifs l’entraînent ? Cependant, la CFE-CGC a obtenu quelques avancées : un compte personnel de formation tout au long de la vie et un droit à la mobilité temporaire plutôt bien encadré...mais les enjeux sont tels que ces propositions pèsent bien peu face aux demandes réaffirmées du MEDEF de libéralisation maximale des procédures de licenciements, face à une « barémisation » indécente des indemnités et dommages et intérêt ! »

Quant à la CFTC qui ne sait toujours pas si elle pourra continuer à exister par manque de représentativité, on se persuadait d'être efficace : « (...) Même si rien de concret n’a été acté sur la lutte contre la précarité de l’emploi, les employeurs qui se montraient si inflexibles n’ont pas été totalement insensibles aux revendications des organisations syndicales exprimées les semaines précédentes. “On sent du côté du patronat plus d’ouverture, notamment sur les contrats précaires (...) »

Or, la lecture d'un communiqué du MUNCI, association professionnelle qui fédère en France les membres salariés indépendants et demandeurs d’emploi des professions informatique et des métiers du numérique, publié le 18 décembre 2012 et mis à jour le 6 janvier 2013, on apprenait que : 

« (...) Sans rien à redire, plusieurs syndicats (la CFDT, la CFTC et peut-être aussi la CFE-CGC ) sont sur le point de valider deux propositions du patronat particulièrement dangereuses pour les travailleurs : une extension du "contrat de travail intermittent" aux entreprises de -50 salariés et à de nouveaux secteurs, et surtout la création d’un "contrat de projet à durée indéterminée" (une vieille revendication du patronat jusqu’ici toujours rejetée par les syndicats de salariés). Les maigres compensations offertes en retour par le patronat sont sans commune mesure avec la PRÉCARITÉ MAXIMUM qui concernera potentiellement des MILLIONS DE SALARIÉS TRAVAILLANT EN MODE PROJET (tels que les prestataires de services), sans compter la CONCURRENCE ABUSIVE que ces contrats pourra engendrer vis à vis des CENTAINES DE MILLIERS de PROFESSIONNELS AUTONOMES (indépendants, portage salarial) qui ont fait le choix d’une FLEXIBILITÉ ASSUMÉE en contrepartie de revenus nettement plus élevés en période d’activité. Par esprit de compromission, ces syndicats vont-ils "sacrifier" de nombreux travailleurs pour tenter d’obtenir un accord "globalement équilibré" avec le patronat ?Le MUNCI entend combattre RADICALEMENT cette nouvelle flexibilité dans nos professions (…) et met en garde les syndicats de salariés contre un détournement durable et profond des travailleurs à leur égard…»

Information qu'apprécieront certainement l'ensemble des salariés et les adhérents à ces syndicats avides d'accords à tout prix ! Néanmoins, il faudra attendre le 11 janvier pour connaître la position officielle de ces syndicats.

En cas d'échec constaté, il reviendra au gouvernement et au parlement de faire les arbitrages entre les demandes de flexibilité et de sécurisation de millions de salariés. 

Imposeront-ils,  en contrepartie d'un assouplissement des conditions de licenciements et de généralisation d'accords compétitivité-emploi (qui faisaient partie du programme économique et social de l'ancienne majorité) ?  :

L'obligation d'une participation de toutes les entreprises à une complémentaire de santé ?
Une taxation des abus de CDD de courte durée ?
Des droits rechargeables pour ceux qui alternent période de chômage et d'emploi ?

Qui toutefois, comme l'écrit Gérard Filoche : « (...) sont tous petits et limités, sinon marginaux, en regard de ce que le Medef met dans la balance en face d’eux. Il n’y a rien de « gagnant-gagnant » là dedans ! Une taxe pour les contrats courts, qu’est-ce à côté du droit fondamental de licencier sans motif ? Qu’est ce qu’une « complémentaire » santé à charge des salariés, à coté de l’acceptation de pactes de compétitivité baissant les salaires, allongeant les durées du travail et augmentant le nombre de chômeurs ? (...) »

Aujourd'hui, nul ne le sait. Par contre, ce que tout le monde sait, c'est que le Medef vient de mettre fin à l'illusion du dialogue entre partenaires sociaux et faire naître chez tous les salariés une colère qui ne sera plus canalisable à court terme par les syndicats. D'autant que si l'assouplissement des conditions de licenciements et de travail devaient être avalisée, ce seraient des milliers de salariés en plus qui devraient se retrouver au chômage pendant que ceux qui ont encore un emploi seraient fragilisés par des contrats de travail à caractère précaire !

Réhabiliter la lutte des classes en guise de compétitivité, il fallait y penser. Laurence Parisot pourra se vanter de l'avoir fait !

03 janvier 2013

La mondialisation : ce sont ceux qui n'y sont pas confrontés qui en disent le plus grand bien !

Cela fait longtemps qu'on répète aux français qu'il faut qu'ils n'aient pas peur de la mondialisation, qu'elle est avant tout une chance. Vous remarquerez d'ailleurs que ce sont surtout ceux qui ont le moins à la craindre qui l'affirment.



Les chantres de la mondialisation me font penser à ces retraités de longue date qui fustigent : les 35H00, les chômeurs qui ne font pas d'effort pour trouver "n'importe quel petit boulot" et, les salariés qui devraient travailler plus longtemps. Mais, qui étaient tellement heureux au travail qu'ils ont immédiatement profité de la retraite à 60 ans, sans remord, dès sa mise en place.

Quant aux chantres de la mondialisation, imaginez une seconde que demain matin, nos politiciens, économistes ou journalistes économiques soient mis en concurrence avec leurs homologues des pays dits émergents.

Il ne fait nul doute qu'un Jean-François Copé, pour qui :  " (...) si on n'a ici que des gens qui se contentent de 5.000 euros par mois, on n'aura que des minables" serait le premier à hurler à la mort si un député indien, payé 345 $, le remplaçait au pied levé !

De même, François Lenglet, grand donneur de leçons économiques télévisuelles serait l'un de premiers à se révolter, s'il était mis en concurrence avec des confrères Vietnamiens, Bangladais ou Mozambicains probablement aussi "brillants" que lui, si elle lui était imposé par la mondialisation.

Et que dire de ces économistes "distingués" qui passent d'un plateau télé à l'autre pour expliquer que nous devons "nous adapter" et jeter aux orties toute notion de protection sociale, de durée du travail et cumuler, si nécessaire, 2 ou 3 "emplois" pour arriver à survivre. 

En existe t-il un qui ait été soumis à une baisse de son salaire parce que, des économistes, il en existe de talentueux et ... de moins onéreux, dans le monde entier ?

En clair ces prescripteurs sont : croyants mais pas pratiquants !

Quant aux pratiquants, c'est à dire les salariés et les  chômeurs, la mondialisation ça ressemble étrangement aux anciens combats de free fight dans lesquels s'affrontaient des combattants de poids et taille différents. Le public connaissait le vainqueur à l'avance, mais espérait secrètement que le plus chétif pourrait un jour avoir le dessus.

Petite différence, toutefois, avec le free fight, c'est que dans la mondialisation, l'atout nécessaire pour massacrer les autres ne repose pas sur la force mais sur l'absence de protection sociale et des salaires indigents. 

La mondialisation, ça consiste, par exemple, à mettre en concurrence un ouvrier chinois travaillant  7 jours sur 7, jusqu'à 12 heures par jour, soit 80 à 90 heures par semaine, pour un salaire d'environ 115 euros par mois, dormant dans un dortoir collectif, avec tous les autres salariés de la planète.

La mondialisation, c'est le règne de la flexibilité, synonyme de précarité, qui permet de liquider à moindre coût des gens qui ont donné 10, 20 ou 30 ans de leur vie à leur entreprise. C'est aussi, disposer d'un vivier mondial de salariés devenus moins exigeants puisqu'en concurrence permanente. Pour ce faire, il est nécessaire d'installer des usines flambantes neuves dans les pays à bas coût tout en laissant se dégrader les usines où c'est considéré comme trop cher.

La mondialisation c'est l'émergence du low cost tant vanté par nos politiques, économistes et journalistes économiques qui ne voyagent jamais sur Ryanair, n'achètent jamais de véhicules DACIA, et ne font jamais leurs courses chez les super discounters, mais en disent le plus grand bien. Low cost qui un est vrai "succès" puisque la grande majorité des salaires ne permettent plus d'acheter autre chose.

La mondialisation, enfin, ça consiste à liquider les services publics, considérés comme non rentables, pour les livrer au privé qui pourra ainsi se créer des rentes colossales. Car, ne l'oublions pas, pour les promoteurs de la mondialisation, les états-nations sont des structures trop anciennes et inadaptées, devant être remplacées par un gouvernement mondial, qui lui ne se mêlera pas d'économie ou de social.

Si vous pensez que j'exagère, je vous propose la lecture d'un texte disponible sur l'Express.be que ne renieraient pas nombre de politiques, économistes ou journalistes économiques. Il a été écrit par un dénommé Mohnish Pabrai dont le métier est semble t-il : "gestionnaire de portefeuille"

" (...) créer en Europe méridionale de petites zones économiques où le salaire minimum se limite à 5 euros de l'heure, où les employeurs peuvent licencier leurs employés quand ils le veulent, et où les syndicats ne sont pas autorisés pendant les 20 premières années. Ces zones deviendront sans délai le siège de bon nombre de multinationales (...) Les entreprises seront alors libérées de la mainmise que l'Etat exerce sur elles depuis des décennies, et retrouveront la liberté de créer des emplois, d'innover et de s'étendre, tout comme cela s'est passé en Corée du Sud et en Chine (...) ce n'est pas le manque de demande économique ou de stimulants, ni les "économies", mais bien les lois, les régulations et les directives imposées par les autorités, qui expliquent la persistance de la crise (...) "

Il a simplement oublié : supprimer le droit de vote et les reportages trop critiques. Ce qui aurait remis en cause l'élection de nombreux politiques et l'utilité d'experts économiques ou de journalistes spécialisés. C'est dommage parce que dans ce cas, la mondialisation leur aurait semblé ... particulièrement injuste !

Allez bonne année et courage à tous !