06 octobre 2008

Laurent FABIUS : Crise financière : surmonter les trois crises

Slovar publie ci-dessous une tribune de Laurent Fabius parue dans le journal Le Monde. Cette tribune est publiée en intégralité comme tous les textes envoyés à Slovar les Nouvelles par leurs auteurs


Tribune de Laurent Fabius publiée dans Le Monde du 3 octobre 2008

Le monde a peur et beaucoup de Français aussi. Malgré les apaisements officiels, les épargnants se demandent si leurs avoirs ne vont pas disparaître dans la tourmente. Les chefs d'entreprise constatent un fort ralentissement des affaires et du crédit. De nombreux salariés et retraités s'inquiètent. La prétendue séparation entre une Amérique gangrenée et une Europe immunisée, entre une finance fragile et une économie réputée solide, cette séparation vole en éclats. Les dirigeants en place agissent comme ils le peuvent, mais leurs errements passés renforcent souvent les inquiétudes plutôt qu'ils ne les apaisent. Que faire ?

Comprendre qu'il n'y a pas une crise, mais au moins trois. Et simultanément agir.

La première crise est américano-mondiale. Tout est parti des Etats-Unis, les subprimes et le reste. Pourquoi ? Parce que ce pays domine et symbolise notre système. Cette crise-là, celle qui restera dans les mémoires comme la marque spécifique, c'est la grande crise de l'argent fou. Il était fou de prêter sans garanties ni limites, en escomptant que la valeur des biens immobiliers monterait jusqu'au ciel et permettrait aux emprunteurs de rembourser.

Il était fou de transformer, bonus astronomiques à la clé, des déchets toxiques financiers en créances titrisées, permettant de spéculer dans l'opacité. Il était fou d'évaluer les actifs des entreprises à leur cours instantané, transformant par là même les baisses en effondrement. Il était fou de laisser les agences de notation sans visibilité ni contrôle suffisants, les fonds spéculatifs broyer leurs proies, et les paradis fiscaux abriter toute cette folie d'enfer, eux qui cesseraient d'exister si les principales nations le décidaient vraiment, comme je l'ai, souvent dans le passé, demandé au nom de la France. Bref, il était fou de faire de l'argent une religion et du tout-marché son grand prêtre.

Cela, que nous n'avons cessé à gauche de dénoncer depuis des années, éclate aujourd'hui à la face du monde et provoque des ravages en série sur les plans financier, économique, social. Les anti-étatistes d'hier, ouvriers de la 25e heure, se mettent à nationaliser et appellent à l'unité nationale...

Il faut revenir à plus de cohérence. L'urgent, c'est d'assurer la liquidité des banques, la continuité du crédit et de garantir les dépôts. Une fois le calme revenu, ce serait une nouvelle folie d'oublier combien la secousse a été grave : c'est toute la thèse libérale de l'autorégulation ou de la régulation par le seul marché qui s'est effondrée. Une nouvelle ère doit s'ouvrir. Elle devra être beaucoup moins favorable aux spéculateurs patentés et aux fortunes champignons, beaucoup plus propice à la définition et au respect de règles mondiales, beaucoup plus fondée sur le rôle régulateur de la puissance publique internationale, nationale et locale.

Il faudra reprendre point par point les dérives que j'ai citées afin d'y apporter des parades. C'est un travail énorme. Il s'agit de faire cesser ou en tout cas de réduire la distorsion gigantesque entre la sphère de la finance et celle de la production. Après un sommet mondial élargi au-delà des pays du G8, le Fonds monétaire international (FMI) devra contribuer à préparer ces changements, puis à les mettre en oeuvre. Il est le mieux placé pour le faire. Les libéraux ont failli, qu'on en tire les conséquences.

La deuxième crise est européenne. Contrairement à ce qu'on nous ressasse, l'Europe n'est pas immunisée contre le krach américain. D'abord, parce que la mondialisation est à l'oeuvre. Ensuite, parce que l'argent fou exerce aussi son emprise sur notre continent. Enfin, parce que l'Union européenne ne dispose malheureusement pas de la même puissance de réaction que le gouvernement américain.

Là est le paradoxe européen : une situation plus saine, mais des moyens pour réagir plus limités. Sans revenir sur des débats passés, délicats mais essentiels, je constate qu'en Europe il n'y a toujours pas de véritable pilotage économique commun, ni de faculté pour l'Union d'emprunter elle-même, ni de lien très étroit entre responsables politiques et Banque centrale européenne (BCE), ni d'autorité commune de régulation. C'est pourtant cela dont nous avons besoin, que j'ai réclamé avec d'autres et qu'on nous a refusé.

Dans ce contexte, comment agir à l'échelle européenne ? En nous coordonnant le mieux possible, malgré tout, entre gouvernements nationaux et avec la BCE, qui devrait baisser ses taux. En proposant aussi que l'Union européenne agisse pour muscler la croissance. Une chose en effet est de stabiliser le système financier, autre chose est de soutenir la croissance, ce qui s'avère indispensable.

Je souhaite que l'Europe, avec le relais de la Banque européenne d'investissement (BEI), décide rapidement un plan massif d'investissements utiles : dans les économies d'énergie et les sources nouvelles d'énergie, notamment pour le logement, ce qui soutiendra l'immobilier ; dans les grands équipements de recherche et les technologies nouvelles, ce qui favorisera l'innovation ; dans les transports, au service de l'écodéveloppement. Sans oublier de fixer un cadre précis et transparent à l'intervention des fonds souverains extra-européens : sinon, la faiblesse de nos munitions contrastant avec l'énormité de leurs ressources, ils ramasseront rapidement le meilleur du disponible européen, et bien au-delà. Quels que soient ses manques, il faut miser sur l'Europe. Elle seule est à la mesure de cette crise du système.

Enfin, il existe une dimension proprement française. Les efforts du gouvernement pour masquer ses responsabilités passées ne trompent que ceux qui veulent l'être. Ce n'est tout de même pas à cause des faillites américaines de septembre que le chômage a bondi en France au mois d'août ! Ce n'est pas non plus à cause de la crise financière que les déficits budgétaires, sociaux et commerciaux français se sont dangereusement creusés depuis plusieurs années, cependant que la compétitivité de nos entreprises reste insuffisante et l'injustice de notre fiscalité choquante.

Il y aurait une anthologie à établir sur les analyses erronées, promesses fallacieuses et actions injustes menées par ce pouvoir depuis seize mois. Pourtant, pas un mot de regret de sa part ou même simplement le constat des faits. Ce constat, c'est que le président actuel et la plupart des ministres n'ont rien vu venir. Ils ont dilapidé les quelques marges de manoeuvre du budget. Et ils continuent. Ils parlent du réarmement nécessaire de la puissance publique, mais ils veulent maintenant, quoiqu'ils prétendent, ouvrir la voie à une privatisation de La Poste, réduire les moyens des collectivités locales et mettre l'éducation à la diète. Réformer l'Etat, bien sûr !

Mais quelques décisions courageuses devraient s'imposer au gouvernement français, notamment celles-ci : qu'il suspende la majeure partie du paquet fiscal pour la consacrer moitié à une réduction du déficit, moitié au triangle du futur, éducation - recherche - investissement !

Qu'il encourage fiscalement les entreprises qui investissent ! Qu'il subordonne les exonérations de cotisations sociales pour les grandes entreprises à la conclusion d'accords salariaux ! Qu'il redonne un peu d'air au logement ainsi qu'aux collectivités locales, responsables de 75 % de l'investissement public. Bref, qu'il arrête la politique du fil de l'eau car elle nous conduit, tempête calmée ou non, vers le destin - que je refuse - d'un pays de deuxième zone, à la créativité amputée et aux salariés précarisés.

Face à ces trois crises, cumulatives mais distinctes, la France et l'Europe doivent agir ensemble. Elles n'ont pas besoin qu'au sommet de l'Etat on s'agite, de préférence sous le regard des caméras. Elles ont besoin de responsables sérieux, qui diagnostiquent juste et agissent fort.

03 octobre 2008

Récession en France : Pudeurs de langage et analyses du FMI

Le ministre français du budget Eric Woerth a estimé vendredi à Antibes (Alpes-Maritimes) que la France était en "récession technique" après deux trimestres de "croissance négative", tout en soulignant que sur l'ensemble de l'année 2008 la croissance sera de 1%.

"Il y a eu deux trimestres qui sont en croissance négative, ça s'appelle une récession technique. Il y a eu une année 2008 qui est en croissance de 1%, alors certes c'est pas beaucoup du tout, c'est même très très peu, mais ça reste de la croissance", a déclaré M. Woerth en marge des journées parlementaires UMP à Antibes.

Critiquant "une sorte de jeu de chasse et de la souris (...) ridicule" entre la presse et les membres du gouvernement pour savoir qui dira "le mot qu'il ne faut pas dire" (récession), M. Woerth a estimé que "ce qui est important, c'est qu'est-ce qu'on fait" car "on ne peut pas se satisfaire de 1% de croissance" ... / ... Source Le Point

Alors, c'est quoi la récession ?

Définition du terme récession par le site Web "L'or et l'argent" (Pièces d'or et investissement de crise)

Résumer la récession à la règle des deux trimestres consécutifs de chute du PIB est une vision pratique mais très limitée car les chiffres du PIB peuvent être trompeurs, ils sont sujets à d’importantes corrections. Selon le magazine The Economist il serait plus logique de définir une récession comme une période au cours de laquelle la croissance est nettement inférieure à son potentiel. Cependant les taux de croissance po­tentielle sont extrêmement difficiles à mesurer et les révisions des chiffres du PIB posent toujours un problème. L’une des solutions serait de faire bien plus attention au chômage, dont les chiffres, quoique imparfaits, ne sont généralement pas sujets à révision. Une hausse du chômage indique de manière fiable que la croissance est passée au-dessous de son potentiel. Mieux, elle correspond à la définition de la récession utilisée par le citoyen lambda. Quand votre voisin vient à perdre son emploi, c’est un ralentissement économique ; quand vous perdez le vôtre, c’est une récession. Mais, quand un économiste se retrouve au chômage, cela devient une dépression.

Voyez-vous, cette définition semble plus claire et balaye la "définition" du bon Monsieur Woerth.

Alors, à gauche, me direz-vous, ils ont probablement des gens qui ont une vision différente et surtout des arguments pour contrer cette gouvernance catastrophique ?

On semble en parler sur le sur le site d'Europe1

"DSK attend que son parti se recentre. Ses arguments sociaux-démocrates ont trouvé un écho dans la nouvelle déclaration de principes du PS. Le député parisien Jean-Marie Le Guen souligne "le coefficient de pénétration de ses idées s'est accru, il est presque devenu consensuel au PS."

Fort bien, mais au fait, Au fait, savez-vous qui en février 2008 écrivait :

"De l'avis des administrateurs, les réformes du marché du travail doivent être au cœur de toute stratégie visant à rehausser la croissance, réduire le chômage et améliorer le pouvoir d'achat des ménages français. Ils observent que le gouvernement a déjà pris des mesures pour atténuer le caractère très restrictif de la réglementation du travail, notamment en assouplissant les dispositions des 35 heures et en encourageant l'accord conclu par les partenaires sociaux visant à rationaliser les contrats d'emploi et à accroître la flexibilité du travail. Les administrateurs saluent aussi les mesures améliorant le fonctionnement des services publiques de l'emploi. Ils insistent sur la nécessité de poursuivre les réformes, notamment pour réduire la compression de l'échelle des bas salaires en évitant à l'avenir les coups de pouce au salaire minimum, en assouplissant encore les dispositions sur le temps de travail et en prenant des mesures plus fondamentales pour améliorer la flexibilité des contrats à durée indéterminée ... / ...

Les administrateurs estiment que les réformes du marché des biens et des services offrent de vraies possibilités d'accroitre sensiblement la production et d'augmenter le bien-être des consommateurs. Ils se félicitent des mesures visant à libéraliser le commerce de détail, qui devraient avoir un effet positif sur l'inflation, ainsi que du projet d'instituer une autorité de la concurrence unique. Plus généralement, il conviendrait d'exploiter pleinement les possibilités de libéralisation offerte par la Directive de l'UE sur les services. ... /...

Les turbulences sur les marchés financiers mondiaux n'ont à ce jour eu qu'un impact limité sur l'économie réelle, et les performances du secteur bancaire restent solides... / ...

L'exposition des banques françaises au marché américain des prêts hypothécaires à risque semble relativement limitée Ils recommandent que les autorités procèdent à la modernisation du marché financier français en rompant avec son passé de marché administré, comme le recommande aussi le récent rapport Camdessus sur l'épargne administrée. Un secteur financier plus efficient contribuerait grandement au renforcement de la croissance économique"

Réponse : Les administrateurs du FMI dont le patron un certain "DSK" n'a certainement pas eu le temps ... d'en prendre connaissance. Le FMI conclut les consultations de 2007 au titre de l'article IV avec la France - Note d'information au public (NIP) n°08/23 (F) - le 20 février 2008

En français, ça s'appelle blanc bonnet et bonnet blanc, Monsieur Le Guen. Et, nous ne sommes pas certain que les français aient cette vision de l'alternance économique


Crise financière mondiale : Fréquence "Rire & Chansons"

Avez-vous remarqué que l'anniversaire des 80 ans de la crise de 1929 aura lieu l'année prochaine, c'est à dire dans quelques mois ?

Les gourous et thuriféraires du libéralisme sans entrave ayant semble t-il disparu des télévisions, radios et journaux, les citoyens de la planète en sont réduis à attendre des déclarations des gardiens des temples monétaires

En ce qui concerne les européens, et surtout ceux qui utilisent l'Euro comme monnaie, nous avons le droit aux déclarations de Jean-Claude TRICHET le gouverneur de la BCE.

Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet s'est refusé ce matin à prononcer le mot de "récession" au sujet de la France ou de la zone euro qui connaît, selon lui, "une croissance ralentie" - Source Europe1

Cliquez sur le montage pour l'agrandir
Néanmoins, sur France 24, il déclarait :

Jean-Claude Trichet, a estimé jeudi que la crise financière constituait "un événement jamais rencontré depuis la seconde guerre mondiale" et a appelé à une meilleure coordination des Européens pour y faire face.

"Rien dans le passé ne ressemble à ce que nous voyons actuellement", a déclaré M. Trichet. "Les événements en face de nous sont probablement les plus graves depuis la seconde guerre mondiale". "C'est un phénomène de très, très grande ampleur", "une période d'incertitude absolument exceptionnelle", a-t-il souligné.

Globalement, en fonction du jour et du media ... Nous ne sommes pas loin du sketch de Coluche : "on s'autorise à penser dans les milieux autorisés qu'un accord secret aurait pu être conclu ... " En bref, ça va sauter mais on cherche les mots qui peuvent réconforter.

Européens certes, mais vivant en France, nous nous interrogeons sur la réaction de nos "pilotes"C'est notre Premier Ministre (qui après avoir essayé de piquer l'argent des livrets A) s'y colle : François Fillon maintient le cap malgré la récession. Lors des journées parlementaires de l'UMP, le Premier ministre, soucieux de rassurer les partenaires européens de la France, a confirmé vendredi l'objectif d'un déficit public "proche de zéro" en 2012, écartant implicitement l'appel d'Henri Guaino à s'affranchir des critères de Maastricht. Renoncer à maîtriser les dépenses "serait trahir nos engagements européens", a fait valoir l'hôte de Matignon.

"Sang froid, ténacité et unité nationale": le Premier ministre a tenté de montrer dans son discours devant les députés et sénateurs de l'UMP que le cap restait solidement tenu dans "un monde au bord du gouffre" ... - Source Nouvel Obs

Néanmoins : "Pendant que tombaient les prévisions de l'INSEE annonçant que la France était entrée en récession, les parlementaires UMP assistaient jeudi soir à un spectacle d'orques et dînaient au champagne au Marineland d'Antibes"

"Les orques nous ont fait une démonstration extraordinaire", a déclaré Henri de Raincourt, patron des sénateurs UMP avant de porter un toast "à notre nouveau bébé que nous avons conçu ensemble et qui est magnifique", allusion à la récompense de "bébé Blédine" dont M. Larcher avait été honoré dans son enfance - Source Marseille Ville

Une question : Il était frais le champagne ?

Au fait, vous connaissez la différence entre la France et le Titanic ?

Et bien lorsque le Titanic a coulé il y avait au moins un orchestre à bord ...

Montage
Slovar les Nouvelles




02 octobre 2008

Taxi, Roulotte et Corrida ...

Le premier ministre a affirmé mercredi qu'il ne s'interdirait «aucun moyen» pour éviter la faillite d'une banque française (tiens donc, alors, c'est possible ...)

L'idée de François Fillon de puiser dans les excédents du Livret A (destiné à l'origine à la construction de HLM) pour financer les PME a déclenché le feu des critiques. Les syndicats et la gauche redoutent que cette affectation des excédents du Livret A remette en cause la sécurité du produit d'épargne le plus populaire en France. L'excédent de collecte atteint 12 milliards d'euros depuis le début de l'année (sur un encours total de 214 milliards) mais, selon le directeur général de la Caisse des dépôts, entre 20 et 30 milliards d'euros sont placés en titres sécurisés. C'est sur cette somme que lorgne le gouvernement. Le syndicat FO est allé jusqu'à qualifier l'initiative gouvernementale de "détournement de fonds"- Source Le Monde


Sur les 150 milliards centralisés aujourd'hui:

- 105 milliards sont prêtés, notamment à des offices publics d'HLM et sans profit pour la CDD, afin de construire des logements sociaux.

- 30 milliards constituent « une poche de liquidités » selon la CDD. Cette somme est utilisée pour faire face aux retraits des possesseurs de livrets A, donc en cas de décollecte.

- Enfin, le reste, c'est à dire 15 milliards d'euros, appelé le résidu est placé sur les marchés financiers en actions et en obligations.

Il semblerait que ce « résidu » pourrait donc être utilisé pour aider à financer les entreprises et l'économie. Historiquement, depuis la fin du 19ème siècle, les fonds du livret A collectés par la Caisse des dépôts ont déjà été attribués au financement des chemins de fer ou au développement de l'électricité dans les campagnes.

Mais cette fois, les syndicats (Sud PTT et FO) redoutent que cette affectation des excédents du livret A ne serve de réserve de liquidités pour les banques ayant des problèmes de refinancement liés à la crise financière. Source L'Express

Cette fois, on assiste à du grandiose : Les caisses vides et l'incurie des banques et institutions financières vont justifier un véritable hold up légal sur l'épargne des français. Français dont certains seront licenciés dans les mois à venir pour cause de "difficultés économiques"

Sachez tout de même que dans le même temps : "Le financement du milliard d'euros investi par l'Etat dans le plan de sauvetage de la banque franco-belge Dexia pourrait passer par un emprunt de l'Etat, a avancé mercredi le porte-parole du gouvernement Luc Chatel.

"Le mode de financement n'a pas été complètement arrêté", a expliqué le ministre de la Consommation au lendemain de l'augmentation de capital de la banque, à laquelle le gouvernement français et la Caisse des dépôts et consignations (CDC) vont participer à hauteur de trois milliards.

"Il n'est pas exclu que ce financement soit de l'emprunt", a-t-il expliqué. "Il s'agit d'un investissement: l'Etat français va prendre une participation dans un établissement bancaire, avec pour objectif peut-être un jour d'en ressortir, il n'est pas aberrant qu'il soit financé par de l'emprunt - Source AFP

Pour les agios, faites passer .. aux français

Il n'en reste pas moins que la Présidence française de l'Union vous coûtera (pour 6 mois dont deux de congés)

- La présidence de la France coûtera normalement 190 millions d'euros aux contribuables.
- La dernière présidence, en 2000, avait coûté trois fois moins (56,9 millions) et celle de 1995 plus de dix fois moins (14,1 millions).
- Le Parlement a voté ce budget, qui comprend trois parties, à l'automne dernier.

Les dépenses

1ère partie: les activités obligatoires et traditionnelles de la présidence:
- Budget: 89 millions d'euros, en autorisation d'engagement.
- Il s'agit des réunions du Conseil européen et du conseil des ministres, celles des hauts fonctionnaires, les réunions ministérielles préparatoires, les séminaires avec la Commission et le Parlement...

2e partie: les manifestations propres à la présidence française:
- Budget: 82 millions d'euros, en autorisation d'engagement.
- Cela comprend le sommet de l'Union pour la Méditerranée, la saison culturelle européenne, le 60e anniversaire de la déclaration universelle des droits de l'Homme, les journées européennes du développement...

3e partie: les actions de communications:
- Budget: 19 millions d'euros, dont 15 millions pour la communication et 3,35 millions pour le fonctionnement du secrétariat général de la présidence.
- La présidence de la France coûtera normalement 190 millions d'euros aux contribuables.
- La dernière présidence, en 2000, avait coûté trois fois moins (56,9 millions) et celle de 1995 plus de dix fois moins (14,1 millions).
- Le Parlement a voté ce budget, qui comprend trois parties, à l'automne dernier. - Source Challenge


Allez, juste pour le plaisir, quels étaient les engagements du candidat Sarkozy ?

Mon projet : ensemble tout devient possible (Source http://www.sarkozy.fr)

1. Mettre fin à l'impuissance publique
2. Une démocratie irréprochable
3. Vaincre le chômage
4. Réhabiliter le travail
5. Augmenter le pouvoir d'achat
6. L'Europe doit protéger dans la mondialisation
7. Répondre à l'urgence du développement durable
8. Permettre à tous les Français d'être propriétaires de leur logement
9. Transmettre les repères de l'autorité, du respect et du mérite
10. Une école qui garantit la réussite de tous les élèves
11. Mettre l'enseignement supérieur et la recherche au niveau des meilleurs mondiaux
12. Sortir les quartiers difficiles de l'engrenage de la violence et de la relégation
13. Maîtriser l'immigration
14. De grandes politiques de solidarité, fraternelles et responsables
15. Fiers d'être français

Vous pouvez recopier cette liste et l'adresser par courrier à :
Présidence de la République
55 Rue du Faubourg Saint-Honoré
75008 Paris

Mais il est possible que la ou les réponses se fassent attendre ...


Source et copyright titre

Taxi, roulotte et corrida : Réalisation : André Hunebelle, Scénario : Jean Halain - Un chauffeur de taxi parisien, Maurice Berger, qui part en Espagne passer ses vacances avec sa femme Germaine et son fils Jacques, accepte d'accrocher à sa voiture la roulotte confectionnée par son beau-frère Léon, accompagné de sa femme Mathilde et leurs fille Nicole. Pleins de bonne humeur, tous ces vacanciers passent la frontière. Bien des péripéties les attendent. En particulier, le passage de malfrats, voleurs de diamants que Maurice recèle à son corps défendant.

Crédit dessin
Le Placide

01 octobre 2008

Le retour du serpent de mer "formation permanente"

Crise économique et retour du chômage aidant, on reparle du rôle de la formation permanente comme outil miracle contre les circonvolutions du système.

Une fois de plus, les syndicats et les organisations patronales ont ouvert mardi la négociation sur la réforme de la formation professionnelle en réaffirmant l'autonomie des partenaires sociaux sur le calendrier et les sujets à aborder, face au gouvernement qui les presse de conclure.

Une fois de plus on notera que le gouvernement essaye de traiter au pas de charge un problème qui au-delà de sa complexité fait partie des sujets sur lesquels il est impossible d'obtenir l'unanimité. Car : "Le gouvernement souhaite que cette négociation interprofessionnelle s'achève dans trois mois, en préalable à un projet de loi qu'il veut présenter avant la fin de l'année"

Allez hop, encore une loi qui ne verra probablement jamais ses décrets d'application. Mais en termes de communication politique tout est bon à prendre ...

Au delà du "bon coup" médiatique préparé par le gouvernement, il faut parer au plus vite à la parution d'un rapport de la Cour des comptes publié aujourd'hui.

Ce rapport pointe en effet sur les mécanismes de cette formation et sur l'efficacité obtenue. En effet, lorsqu'on sait que celle-ci représente 25,9 milliards d'euros, soit 1,5% du Produit intérieur brut (PIB), dont 10,5 mds d'euros venant des entreprises, 4,4 mds de l'Etat, et 3,2 mds des régions (selon un dernier bilan datant de 2005) et que les employeurs continuent à nous infliger la ritournelle du "nous manquons de personnel formé ... nous devons pouvoir adapter les connaissance de notre personnel ...." et autres lamentations, on est en droit de s'interroger dans la mesure ou une partie de ces fonds est gérée par les partenaires sociaux.

Que dit le rapport de la Cour des Comptes ?

La Cour des comptes épingle la formation professionnelle tout au long de la vie. Dans un rapport rendu public mercredi 1er octobre. Nous vous livrons ci-dessous le texte du communiqué de presse

1. Les formations sont largement inadaptées aux besoins des individus et des entreprises.
La formation professionnelle initiale ne garantit pas aux jeunes qui en bénéficient une insertion satisfaisante sur le marché du travail tandis que la formation continue, loin de donner une deuxième chance aux personnes en ayant besoin, bénéficie en priorité aux personnes les mieux insérées dans l’emploi.

2. Les financements sont abondants (plus de 34 milliards d’euros en 2006) mais très insuffisamment mutualisés ; les circuits financiers sont excessivement cloisonnés et peu contrôlables.

3. Les intervenants sont éclatés à l’extrême et ne coordonnent qu’insuffisamment leurs actions.

La Cour appelle donc à une profonde réforme d’un système inefficace, inéquitable et coûteux. Ses recommandations s’articulent autour des trois axes suivants :

1. Adapter l’offre de formation aux besoins des individus et des entreprises.
En matière de formation initiale, l’Etat et les régions doivent mieux se coordonner pour que les formations en lycées professionnels et en apprentissage soient plus complémentaires et mieux adaptées aux besoins du marché du travail. En matière de formation continue, les opérateurs publics – AFPA et réseau des GRETA – doivent faire évoluer sans délai leur forme juridique et leurs modes de gestion. La possibilité d’un rapprochement ou d’une mise en commun de leurs moyens ne doit pas être exclue. Enfin, les régions doivent s’attacher, dans le cadre des commandes publiques de formation, désormais soumises au droit de la concurrence, à exercer complètement leurs responsabilités et à définir précisément en fonction des besoins le contenu des actions financées, en rupture avec la logique de l’offre qui continue largement à prévaloir.

2. Clarifier les modalités de collecte des fonds de l’apprentissage et de la formation continue et assurer leur meilleure répartition

Les réformes à mettre en œuvre doivent viser non pas à accroître des moyens déjà abondants, mais à les mutualiser beaucoup plus fortement et à les réorienter vers les publics qui en ont le plus grand besoin tout en diminuant très sensiblement les coûts de collecte. Une diminution du nombre d’organismes collecteurs apparaît donc nécessaire, ce qui suppose que l’on rehausse le seuil de collecte donnant accès à l’agrément ; l’hypothèse d’une fusion du réseau de collecte des fonds de la formation professionnelle avec celui de la taxe d’apprentissage, voire celle d’un transfert de la collecte de l’ensemble de ces contributions aux URSSAF, devraient être examinées à cette occasion.

3. Créer les conditions d’une stratégie coordonnée en matière de formation tout au long de la vie

La mise en œuvre d’une telle stratégie suppose un renouvellement complet des méthodes de coordination entre les acteurs.
- Elle pourrait s’appuyer sur une instance commune de diagnostic et de programmation, réunissant l’ensemble des acteurs de la formation professionnelle, tant au niveau national (elle s’appuierait sur l’actuel Conseil national de la formation tout au long de la vie) qu’au niveau local ;
- un dispositif commun de financement abondé par l’ensemble des acteurs, et notamment les organismes collecteurs des fonds de la formation professionnelle ;
- un dispositif d’information et d’évaluation de nature à combler les importantes lacunes constatées dans ce domaine.

Certains argueront que la Cour des Comptes est avant tout un organisme gouvernemental coupé de la réalité des entreprises ...

En réponse à ces sceptiques, Slovar s'est procuré un document (public) édité par la Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris dont le titre est : "Près de six Français sur dix n'ont jamais suivi de formation continue"


Près de six Français sur dix âgés de 18 à 60 ans n'ont jamais suivi de formation professionnelle continue, selon une enquête d'opinion nationale réalisée auprès de 1 020 personnes par l'Ofem (Observatoire de la formation, de l'emploi et des métiers) de la CCIP et rendue publique dans le cadre du forum de la formation continue organisé la chambre consulaire, mardi 30 septembre 2009. Parmi, les 42% de personnes interrogées ayant suivi au moins une action de formation au cours de leur vie professionnelle, le profil type du bénéficiaire est un homme de 45 ans, issu des CSP (catégories socioprofessionnelles) supérieures et intermédiaires, avec un niveau de diplôme au moins égal à bac+2.

Près des trois quarts (72%) des personnes interrogées considèrent que l'entreprise est la première bénéficiaire des formations suivies par ses salariés. Un peu plus d'une sur deux (54%) citent le développement de la culture et de ses connaissances générales. Le bénéfice professionnel personnel est l'item le moins bien placé (25%).

Plus des trois-quarts des Français estiment connaître ce que recouvre la formation continue. Cette appréciation est sensiblement la même quelle que soit la catégorie socioprofessionnelle ou le niveau de diplôme considéré. Ils considèrent très majoritairement (80%) qu'elle s'adresse à tous (cadres, employés, ouvriers, chômeurs, non salariés) et 87% affirment que la formation continue doit aussi s'adresser aux plus diplômés. Ils sont d'accord à 88% avec le fait qu'il n'y a pas d'âge pour effectuer une formation.

HORS TEMPS DE TRAVAIL

Les trois-quarts jugent qu'un diplôme obtenu par la formation continue est "aussi bien" qu'un diplôme scolaire ou universitaire. L'effet "seconde chance" est cité par 80% des personnes interrogées: selon elles, la formation continue permet d'obtenir un diplôme "qu'on a pas pu avoir plus jeune". Près de neuf sur dix (88%) assurent qu'il est "indispensable de se former tout au long de sa vie et qu'un seul diplôme ne suffit plus".

Plus de 60% des Français seraient prêts à suivre une formation sur leur temps personnel et à en financer une partie. Les CSP supérieures disposant d'un haut niveau de diplôme y sont le plus favorables: 47% d'entre elles seraient tout à fait d'accord pour le faire contre 34% des CSP intermédiaires et inférieures. Toutefois, sur le principe, les Français déclarent à 60% que l'entreprise doit être le premier financeur, l'État le deuxième (35%), l'individu le troisième (15%).

L'enquête est consultable à l'adresse: http://www.forum-formation-continue.ccip.fr

Alors puisque tout le monde semble d'accord sur le constat, que va t-on probablement faire dans les tous prochains mois ?

Les organisations d'employeurs vont mettre en avant le fait que "dans des entreprises de moins de 20 salariés, il est impossible de permettre à un ou plusieurs de ces salariés de suivre des formations puisque cela mettrait en cause le bon fonctionnement de l'entreprise". Il sera probablement proposé que les salariés qui souhaitent se former le fassent pendant leurs RTT (pour ceux qui en ont encore) ou sur leurs congés.

Les syndicats de salariés pour qui les entreprises de moins de 50 personnes (où elles ne mettent jamais les pieds) sont des" cas à part" manifesteront mollement leur désaccord sans plus d'enthousiasme.

Le gouvernement bien aidé en cela par des parlementaires soumis aux différents lobbies décidera que les nouvelles mesures seront incitatives mais pas obligatoires (comme le demande régulièrement la CGPME fer de lance des PME et TPE)

Dans la mesure où les salariés éparpilles des 97% d'entreprises de moins de moins 20 salariés ne revendiquent ni ne se mettent jamais en grève, on passera à autre chose. Pour mieux resservir dans quelques temps si nécessaire un retour du serpent de mer de la formation ou même ... de la participation.


30 septembre 2008

Bien mal acquis ne profite jamais ! Faut voir ...

Qui peut dire si le tsunami financier légué par les Etats Unis au monde ne va pas arranger certaines affaires ?

C'est vrai qu'il est impossible à moins de vivre dans une grotte hermétiquement close, de ne pas être informé de la crise financière mondiale. Cette crise qui selon le Président en exercice de l'Union Européenne serait bien entendu exclusivement due aux vautours de la finance américaine.

Selon le discours très "marxiste" du locataire de l'Elysée, la France et à fortiori l'Europe ne possèderaient aucune des caractéristiques qui ont mené le capitalisme jusqu'au bord du gouffre. Les très récents sauvetages de banques britanniques et belges ne sont pourtant qu'un prélude à la poussière que l'on souhaitait "cacher sous le tapis"

Dans le déferlement d'informations toutes plus catastrophiques que les autres, une information est passée inaperçue, et c'est dommage.

L'UIMM va démarrer une campagne de communication en faveur des métiers de l'industrie où il va falloir recruter 100 000 personnes par an. "Nous nous engageons à financer des programmes d'insertion des jeunes et des adultes en difficulté. Ce sera notamment notre réponse à Martin Hirsch, le haut commissaire aux solidarités actives, qui nous avait sollicités lors du lancement du RSA.

Pour la formation et la lutte contre l'exclusion, nous avons prévu de créer une fondation qui bénéficiera de 20 millions d'euros abondés chaque année de 10 millions supplémentaires. Un fonds de développement et d'aide au capital des PME sera instauré, doté de 50 millions d'euros. Par ailleurs, nous allons proposer la création d'une fondation pour renforcer les relations entre l'industrie, la recherche et l'enseignement supérieur qui recevra au départ 10 millions d'euros puis 2 millions par an... " ... / ...

Qui gérera et assurera le contrôle de ces actions ?

Tous ces projets seront financés grâce aux intérêts générés par les réserves. Cela représente 255 millions d'euros sur cinq ans. Nous sommes la seule branche professionnelle à engager de telles actions qui seront gérées, selon leur nature, par des dirigeants de l'UIMM et des experts. Nous n'avons pas encore décidé si les fondations seront spécifiques ou abritées à la Fondation de France. Source Le Monde

Fort bien, mais il faut semble t-il, tempérer l'enthousiasme des foules, puisque Sabine Syfuss-Arnaud, grand reporter à Challenges dans son article du jeudi 25 septembre écrit : "Le mystère UIMM demeure épais, donc. A ce jour, il y a eu neuf mises en examens, et de nouvelles auditions devraient être lancées début octobre. La brigade financière travaille toujours sur le dossier, mais à effectifs réduits. Il y a dix jours, François Werner, le patron de Tracfin -la cellule anti-blanchiment de Bercy- celui là même qui avait transmis, il y a un an, le dossier à la justice, a quitté discrètement ses fonctions…

Aujourd’hui, veille de la date anniversaire, l’UIMM, avec sa nouvelle direction qui se présente blanche comme neige, avait convié les médias à une conférence de presse. Elle devait annoncer à quelles fins seraient utilisés les centaines de millions d’euros de la Caisse d’entraide. Las, l’événement a été annulé. Officiellement pour cause d’actualité chargée. Un communiqué sera envoyé en fin d’après-midi. Sans doute plus facile à gérer que des questions trop insistantes de journalistes Source Challenge

Ne cherchez aucune réaction de la part de Bercy, du Commissariat aux Solidarités actives contre la pauvreté ni du MEDEF, il n'y en a pas. Par contre, "Ce sera notamment notre réponse à Martin Hirsch, le haut commissaire aux solidarités actives, qui nous avait sollicités lors du lancement du RSA. Pour la formation et la lutte contre l'exclusion, nous avons prévu de créer une fondation qui bénéficiera de 20 millions d'euros abondés chaque année de 10 millions supplémentaires" ça sent la rédemption et peut être ... l'accord amical ?

Pour ceux qui l'auraient oublié, l'affaire UIMM c'est :

Les caisses noires d’argent sale du MEDF-UIMM atteignaient 600 millions d’euros. Certains disent un milliard. Cela représente un cinquième de ce qui a été perdu par les spéculations financières aventureuses de la Société générale, huit fois plus que l’enjeu de la dernière grève SNCF, douze fois plus que les crédits de Martin Hirsh pour faire travailler les pauvres au RSA. Cela a été révélé le 26 septembre 2007 : la bande organisée ( Denis Gautier-Sauvagnac, Laurence Parisot, Michel de Virville, D. de Calan...) qui trafiquait cet argent sale pour corrompre des politiques et casser des grèves, payer des salaires en liquide sans cotisations, s’octroyer des prêts gratuits, n’est toujours pas sous les verrous.

Les entreprises qui cotisaient à ces fonds secrets redistribués en mallettes de 26 à 32 kg à raison d’au moins 2 millions d’euros par an, ne sont pas inquiétées.

D’où vient l’argent ? Ou va t il ? C’est l’omerta.

Il n’y a guère de journalisme d’investigation sur le sujet. Les révélations sur la façon dont le Medef détourne des fonds, des locaux, des permanents sur le compte de la médecine du travail sont aussi restées sans suite ... / ... Source D& S

Dans le détail par France 24 du 29 février 2008 :

L'ancien président de l'UIMM, Denis Gautier-Sauvagnac, a négocié une indemnité de départ d'un 1,5 million d'euros et la prise en charge financière par l'organisation patronale des conséquences de l'affaire des retraits suspects des caisses du patronat de la métallurgie.

Révélés par l'hebdomadaire Marianne à paraître samedi, ces deux accords conclus entre DGS et l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) ont été négociés respectivement début novembre et fin décembre, a-t-on appris jeudi de source proche du dossier. Dans la soirée, l'UIMM a confirmé qu'"une transaction a été signée début décembre 2007 pour mettre fin à des différents existant entre les parties. Dans le cadre de cette transaction, un montant de 1,5 million d'euros bruts, soumis à cotisations sociales et à impôts, a été versé à Denis Gautier-Sauvagnac".

Selon Marianne un second accord "garantit à M. Gautier-Sauvagnac que toutes les condamnations éventuelles liées à la procédure judiciaire en cours seront financièrement prises en charge par l'UIMM". Le contenu de ce second accord aurait été, selon l'hebdomadaire, "partiellement dissimulé à certains membres du bureau" de l'UIMM qui réunit des dirigeants de grands groupes industriels français.

L'UIMM affirme de son côté avoir, après une décision du bureau "à l'unanimité", signé un accord avec DSGS "au terme duquel l'UIMM assumerait les seules éventuelles conséquences fiscales" pour M. Gautier-Sauvagnac de l'affaire des retraits suspects. Ce dernier pourrait en effet faire l'objet d'un redressement fiscal pour avoir perçu des primes non-déclarées sur les fonds prélevés en espèces des caisses de l'organisation patronale

Selon une source proche du dossier, ces accords, négociés avec Michel de Virville, mandaté par le bureau de l'union patronale, auraient pour objectif de s'assurer du silence de M. Gautier-Sauvagnac dans le dossier, pour lequel il a été mis en examen le 15 janvier, notamment pour "abus de confiance". Quelque 19 millions d'euros ont au total été retirés entre 2000 et 2007 sous son autorité. Les enquêteurs soupçonnent que la majeure partie de ces sommes a pu servir au financement occulte de syndicats.

Denis Gautier-Sauvagnac n'en dit rien et se contente d'affirmer qu'il avait procédé, comme ses prédécesseurs, "à des remises de fonds aux représentants des organismes participant à la vie sociale du pays" "Je n'ai sur ce sujet aucun commentaire à faire", a déclaré à l'AFP Me Jean-Yves Le Borgne, avocat de DGS.

Ces deux contrats n'ont pas été versés au dossier instruit par le juge financier Roger Le Loire, selon des sources judiciaires.

... / ...

Selon Marianne, le contrat conclu en novembre stipulerait qu'il "quittera ses fonctions de délégué général au plus tard le 31 janvier 2009". Dans ce dossier, le délégué général adjoint de l'UIMM, Dominique de Calan, a lui aussi été mis en examen le 14 février pour complicité et recel d'abus de confiance. Selon une source proche du dossier, il pourrait avoir conclu des accords similaires à ceux de Denis Gautier-Sauvagnac, une affirmation démentie de source proche de l'UIMM.

Certes, l'indemnité de Denis Gautier-Sauvagnac a été diminuée et un certain nombre de protagonistes ont été soit mis en examen. Le MEDEF "pris à la gorge" a suspendu de leurs fonctions quelques protagonistes trop exposés et Madame Parisot nous a gratifié de discours sur l'éthique et le "responsable mais pas coupable" ... Alors que : "tous (Ceyrac, Gattaz, Dewavrin) expliquent que c’était un secret de polichinelle, que cela existait depuis 123 ans, ou selon, depuis 1901 ou 1947 ou 1968, qu’il y a eu jusqu’à un milliard d’euros, dans la caisse puisque Mme Parisot a reconnu qu’elle était « salie » et que « beaucoup savaient inconsciemment » ce « secret de famille honteux » Source D&S

Et voila que justement en période de caisses vides, de retour de la pauvreté et de marasme financier, ce qu'on peut considérer comme le plus grand scandale économico financier français (des responsables de l'UIMM reconnaissent avoir financé des syndicats et brisé des grèves de salariés et affirment avoir versé des sommes importantes à des partis politiques) risque de tomber dans l'oubli et un règlement sommes toutes amiable.

Et pourquoi , une commission arbitrale (par exemple) pour régler le problème ?


On peut lire ce matin dans Les Echos : "Pour « montrer la voie » à l'Etat, la présidente du Medef a jugé hier nécessaire de réduire les cotisations chômage. Cette annonce survient alors que le gouvernement table sur une stabilisation de l'emploi en 2009, qui risque de peser sur les comptes de l'Unedic Source Les Echos

Ouest France nous fait découvrir une autre déclaration tonitruante :

"Laurence Parisot critique la politique fiscale du gouvernement à deux jours de la présentation du budget. Il faut faire baisser les impôts, dit-elle.

Les entreprises sont écrasées par le poids des charges. Cette doléance du patronat n'est pas nouvelle. Hier, la présidente du Medef a évoqué une fois encore ce sujet qui fâche. Un moment qui ne doit rien au hasard. Le projet de loi de finances 2009 sera présenté, vendredi, en Conseil des ministres. Et ce qui s'annonce n'augure rien de bon, selon l'organisation patronale.

« Dans un contexte de crise, toute hausse des prélèvements obligatoires peut faire déborder un vase déjà quasi trop plein. Aujourd'hui, on estime que la France est en danger, assure Laurence Parisot. Nous avons de bonnes raisons de croire qu'on repart à la hausse. Je prédis une situation catastrophique, si on ne prend pas la décision d'inverser la tendance. »

Et de souligner que la France a le niveau de prélèvements obligatoires « le plus élevé au monde ». Sans pouvoir l'évaluer précisément, puisque, selon elle, « aucune source officielle n'en donne le montant total ».

Et de conclure : "L'organisation patronale a notamment fustigé la pénalité de 1 % sur la masse salariale, envisagée par le gouvernement pour les entreprises qui n'auront pas conclu un accord avec les syndicats ou établi un plan d'action sur l'emploi des seniors d'ici à la fin 2009. « Il y a, aujourd'hui, une logique punitive qui n'est pas acceptable », dénonce Laurence Parisot"

Sans commentaire ... ou plutôt si, mais j'ai peur de pas avoir assez de place ...


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ATTAC Belgique

29 septembre 2008

Les Français et la pauvreté

Si dans les années 60 ou 70 la pauvreté était surtout représentée par des populations marginales, il était possible de ne pas connaître ses affres en trouvant un travail.

Travail qui permettait dans beaucoup de cas de rapidement s'élever dans la société et de construire une famille et un patrimoine (même modeste) puis d'espérer vivre correctement sa retraite.

Or, depuis quelques années, les CDD les temps partiels non souhaités et autres contrats précaires ont fait émerger en France et en Europe une catégorie que connaissaient depuis longtemps les américains : Les travailleurs pauvres. Ce statut conduit invariablement leurs proches à la pauvreté et surtout, inquiète de plus en plus de français qui se disent que chacun d'eux peut être un jour ou l'autre confronté à ce problème majeur.

Les déclarations des élus de la majorité présidentielle exhortant les pauvres à retrouver un travail pour retrouver leur dignité sont indécents et tellement pétris d'incompétence qu'on serait tenté de dire que pour certains députés ou sénateurs parler de la pauvreté c'est (comme le disait Pierre Desproges) "comme si le pape parlait du stérilet de ma belle soeur"

Sortir de la pauvreté par le travail n'est plus une réalité. Or, il va "falloir faire" avec 1,5 milliards d'Euro pour justement conjuguer emploi et sortie de la misère. Pour ceux qui l'auraient oublié : En 2005, Martin Hirsch avait chiffré les besoins pour le RSA entre 4 et 8 milliards d'euros. Lors de la campagne présidentielle, quand Royal et Sarkozy avaient tous les deux acheté son idée, la facture oscillait entre 2 et 3 milliards. «Avec 1,5 milliard, on sait faire» déclare aujourd'hui le même Martin Hirsch.

On en rirait si le sujet n'était pas aussi grave !!!

Afin de donner un peu de clarté au débat, il serait bon de se poser une question : Mais c'est quoi la pauvreté ?

Selon la définition de la pauvreté utilisée (seuil à 50 % ou à 60 % du niveau de vie médian), la France comptait en 2006 entre 4,2 et 7,9 millions de personnes pauvres. La part de personnes pauvres est comprise entre 7,1 et 13,2 %.

Une frange considérable de la population manque de ressources. Il ne s’agit pas (dans la plupart des cas) de dénuement total, comparable à ce que l’on rencontre dans les pays les plus pauvres. Il n’empêche que des millions d’enfants, d’hommes et de femmes vivent à l’écart des normes de la société. Ils n’aspirent pas seulement à manger, mais à avoir un logement décent, à étudier ou à travailler, à se soigner... comme les autres. Cette pauvreté suscite l’indignation dans tous les milieux sociaux, mais elle est souvent déconnectée de la question des inégalités de façon générale
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L’évolution récente :

En considérant les données 2005 et 2006 de l’Insee tirées d’une nouvelle série qui intègre les prestations sociales réelles (et non plus estimées) et une prise en compte plus complète des revenus des produits financiers, le taux de pauvreté stagne (13,1 % en 2005 et 13,2 % en 2006). Depuis, la situation de l’emploi s’est améliorée et le nombre de Rmistes a diminué. Les années 2007 et 2008 ne seront pas nécessairement marquées par une hausse de la pauvreté. Encore faut-il mesurer la qualité des emplois (certains sont rémunérés à un niveau inférieur au seuil de pauvreté) et ne pas oublier que la situation d’un grand nombre de personnes pauvres ne dépend en rien de celle de l’emploi (personnes âgées, enfants, handicapés, etc.) - Source Observatoire des inégalités

Le Parisien, dans son numéro daté du 23 septembre, estime à 2 millions le nombre de ménages pauvres contre 1,7 millions il y a sept ans. 55% sont des hommes et 45 % des femmes, toujours selon le quotidien. Le seuil de pauvreté est atteint quand une personne seule gagne 880 euros par mois. Il se situe à 1 320 euros pour un couple, à 1 580 pour un couple avec un enfant et 1 140 euros pour une famille monoparentale avec un enfant, selon les critères avancés par Le Parisien.

Le débat fait rage depuis quelques temps autour du RSA porté par Martin Hirsch pour lequel l'opposition de gauche devrait voter alors que dans la majorité présidentielle, on traine les pieds : "Soutenu par une majorité, les plus libéraux de l'UMP se sont rebiffés contre la création d'une taxe de 1,1 % sur le revenu du capital et de l'épargne. Bernard Accoyer, le président de l'Assemblée Nationale, a demandé que cette taxe soit transitoire et qu'elle disparaisse quand le RSA atteindrait son objectif. Au final, la taxe RSA pourrait être financée par un plafonnement global des niches fiscales - Souce Nouvel Obs

Au delà des avis des uns et des autres sur le montant affecté au RSA, les méthodes plus ou moins libérales (au sens économique du terme), les français une fois de plus semblent écarté du débat sur la pauvreté. C'est pourquoi nous avons jugé bon de publier des extraits d'une étude réalisée les 22 et 23 août 2008 par l'IFOP à la demande du Secours Populaire.

LES FRANÇAIS ET LA PAUVRETÉ : UNE CRAINTE DE PLUS EN PLUS FORTE, UN SEUIL TOUJOURS AUSSI ELEVÉ

La crainte de voir ses enfants tomber dans la pauvreté se répand de plus en plus au sein de la population, notamment au sein des catégories populaires

De plus en plus de Français craignent de voir leurs enfants tomber dans la pauvreté. En effet, pour 85% d’entre eux – ils étaient 80% il y a un an –, les risques que leurs enfants connaissent un jour une situation de pauvreté sont « plus élevés » que pour leur génération.

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A noter que ces risques apparaissent chez les répondants d’autant plus élevés que leur niveau d’étude est bas : inférieur à la moyenne chez les diplômés du supérieur - où elle atteint déjà le chiffre de 46% -, elle monte à 59% chez ceux qui ont un niveau d’études inférieur au Bac.

Les Français situent le seuil de pauvreté au-dessus du seuil officiel établi pour le RSA

Officiellement, le seuil de pauvreté établi pour l’obtention du Revenu de Solidarité Active est de 880 € pour une personne seule, c'est-à-dire 60 % du revenu médian (norme Eurostat). Or, ce seuil est loin du niveau de revenu en dessous duquel les Français considèrent une personne pauvre dans un pays comme la France.

En effet, d’après cette enquête, ces derniers situent, en moyenne, le seuil de pauvreté à 1 006 € nets/mois pour une personne seule, soit exactement le niveau du SMIC net mensuel avant sa réévaluation du mois dernier. A noter qu’il y a an, ils situaient ce seuil à peu près au même niveau : en moyenne à 1 016 € nets. Le salaire minimum reste donc dans l’esprit des Français comme la barrière en dessous de laquelle ils considèrent une personne pauvre.

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Une conception de la pauvreté élargie aux conditions de vie d’ordre matériel ou culturel

Au-delà de cette évaluation « monétaire » de la pauvreté, différentes situations sont perçues par les Français comme un signe de pauvreté. En effet, leur conception de la pauvreté ne se limite pas au seul état d’indigence

Aux yeux des Français, la pauvreté, ce n'est pas seulement être dans le dénuement total mais aussi ne pas pouvoir accéder à la culture, aux loisirs ou aux soins. Par exemple, en ce qui concerne l’alimentation, l’accès au minimum vital nécessaire à tout individu n’est pas considérée comme suffisante pour échapper à la pauvreté. Pour la quasi-totalité des Français (92%), ne pas réussir à se procurer une alimentation « saine et équilibrée » est aussi un signe de pauvreté. Leur conception de la pauvreté est donc aussi qualitative que quantitative.

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LES DIFFICULTÉS D’ACCES A LA SANTÉ : UN AUTRE SIGNE DE PAUVRETÉ

Dans le cadre de la seconde vague du baromètre, Ipsos et le Secours populaire ont consacré un volet spécifique aux questions de santé et plus particulièrement aux problèmes d’accès aux soins qu’ils soient liés à des questions de coût ou de distance.

Deux Français sur cinq ont déjà retardé ou renoncé à des soins à cause de leur coût

L’enquête révèle qu’à cause de leur coût, près de deux Français sur cinq (39%) ont déjà retardé ou renoncé à des soins, cette proportion montant à 52% dans les foyers les plus pauvres (moins de 1 200 € nets / mois). Ainsi, près d’un Français sur trois a déjà retardé ou renoncé à l’achat de prothèses dentaires (31%) ou de lunettes (29%). Et il faut souligner qu’en ce qui concerne l’achat de produits d’optique, cette proportion est deux fois plus élevée dans les foyers les plus pauvres (40%) que dans les foyers les plus riches (20%).

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De plus en plus de Français renoncent à consulter leur médecin en raison de la distance

L’étude révèle que 17% des Français ont déjà renoncé à une consultation chez un médecin pour des raisons d’éloignement géographique. Mais dans un contexte de hausse du prix des carburants,/ l’enquête montre aussi que leur nombre a sensiblement augmenté par rapport à l’an dernier.

Pour ce qui est des généralistes, la proportion de personnes ayant déjà renoncé à une consultation est passée de 6% (enquête Ipsos / C.I.S.S. du mois de septembre 2007) à 9% en un an. Et pour ce qui est des spécialistes, cette proportion est passée de 9 à 13%. Ainsi, la proportion de personnes ayant déjà renoncé à une consultation est toujours plus importante pour les consultations de spécialistes que pour les consultations de généralistes. Sans doute que la densité du maillage territorial des médecins traitants n’y est pas étrangère.

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DE FORTES DISPARITÉS EN MATIERE DE SANTÉ ET D’ALIMENTATION EQUILIBRÉE

En dehors de leurs problèmes d’accès aux soins, cette enquête montre que les plus pauvres perçoivent leur état de santé de façon plus négative que le reste de la population, sachant que près de la moitié admettent avoir du mal à se procurer une alimentation saine et équilibrée.

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Dans l’ensemble, le taux de satisfaction des Français à propos de leur état de santé est élevé : ils sont neuf sur dix (89%) à se dire satisfaits de leur état de santé par rapport aux personnes de leur âge, plus d’un tiers (36%) se disant même « très satisfait ».

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Mais surtout, l’insatisfaction à l’égard de son état de santé est particulièrement forte chez les personnes ayant les plus bas revenus : 22% des répondants aux revenus inférieurs à 1 200 € nets par mois se disent insatisfait de leur état de santé, contre seulement 3% des répondants ayant des revenus supérieurs à 3 000 € nets par mois. Le taux de satisfaction des français appartenant aux catégories de revenus comprises entre 1 200 et 3 000 € se situe, lui, dans la moyenne.

Un tiers des Français n’a pas les moyens de s’offrir une alimentation saine et équilibrée

Ces différences sociales dans la perception de son état de santé se retrouvent sur les questions d’accès à une alimentation saine et équilibrée. Dans l’ensemble, la grande majorité de Français situe plutôt bien sa situation en matière d’alimentation : 81% ont le sentiment d’être bien informé sur le sujet, 80% déclarent avoir globalement une alimentation saine et équilibrée et 70% disent avoir les moyens financiers pour disposer d’une alimentation saine et équilibrée.

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Voir le diaporama des résultats disponible sur le site de l'IFOP

Nous espérons que nos élus en auront pris connaissance lorsqu'il vont définir les règles d'application du RSA et éventuellement supprimer ou diminuer les emplois aidés ...

Mais dans la mesure où : "Le gouvernement exclut de retirer du bouclier fiscal la taxe pour le RSA ... / ... La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, a affirmé, dans un entretien au quotidien La Tribune lundi, que la taxe sur les revenus des capitaux de 1,1%, prévue pour financer le revenu minimum de solidarité, entrera dans le calcul du bouclier fiscal. Le dispositif du bouclier fiscal plafonne à 50% des revenus le niveau des impôts directs, CSG (contribution sociale généralisée) et CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale) comprises.

"Je crois qu'il ne faut pas changer la logique du bouclier, parce qu'elle est bonne. Cela conduit naturellement à inclure la nouvelle contribution RSA dans le bouclier fiscal", a déclaré la ministre."

On se demande si ce texte du dessinateur humoristique QUINO (Mafalda) : "Je n'ai rien contre les pauvres. Je crois qu'ils méritent aide et compréhension. Je dirai même plus. Je suis convaincue que la majorité des gens qui sont pauvres ne le font pas par méchanceté." n'a pas été écrit par ... Christine Lagarde et son équipe.

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Jean Zin
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Le Figaro

26 septembre 2008

Présidence Frégoli

Il était serein, solennel et ... très bronzé notre Président hier à Toulon. A peine revenu des Etats Unis où une fondation ultra libérale et des plus réactionnaires en termes économique lui avait remis le prix d'homme d'état de l'année, il nous a asséné du GUAINO du meilleur cru. Cette fois-ci pas de Jaurès ni d'Edgar Morin, juste Nicolas tout puissant contre les requins de la finance mondiale.

Slovar a décidé de vous donner avec l'aide du magazine Le Point quelques morceaux choisis illustrés avec quelques dessins et images montrant bien la qualité du foutage de g..... auquel nous avons une fois de plus assisté.

"La génération qui a vaincu le communisme a rêvé d'un monde où la mondialisation réglerait tous les problèmes. Ce rêve s'est brisé. C'est une certaine idée de la mondialisation qui s'achève avec la fin du capitalisme financier. L'idée que les marchés ont toujours raison est une idée folle."

"Ce système où celui qui est responsable d'un désastre peut partir avec un parachute doré, où un trader peut faire perdre 5 milliards d'euros à sa banque sans que personne ne s'en aperçoive... ce système a créé des inégalités, a démoralisé les classes moyennes et a alimenté les spéculations. Mais ce système ce n'est pas l'économie de marché, ce n'est pas le capitalisme"

"L'économie de marché, c'est un marché régulé, le marché mis au service du développement, du marché, de tous. L'économie de marché, ce n'est pas la loi de la jungle. C'est la concurrence qui réduit les prix, qui élimine les rentes et qui profite à tous les consommateurs, explique Sarkozy. Ce n'est pas la primauté donnée aux spéculateurs, mais à l'entrepreneur. C'est la récompense du travail, de l'effort."

"Le capitalisme, c'est une éthique, c'est une morale, ce sont des institutions, insiste-t-il. La crise financière que nous connaissons aujourd'hui, c'est la crise d'un système qui s'est éloigné des valeurs les plus fondamentales."

"Il faut réglementer les banques pour réguler le système. La crise que nous connaissons devrait amener à une restructuration de grande ampleur de tout le secteur bancaire. En France, l'État sera attentif et jouera un rôle actif." Il faut selon le Président "poser les questions qui fâchent, comme les paradis fiscaux, les ventes à découvert, ou la cotation en continu qui permet de vendre ou d'acheter à tout moment des actifs". "Nous allons décider de contrôler les agences de notation. Elles ont été défaillantes. Elles ne doivent pas échapper au contrôle de régulation. Il faut mettre un terme au désordre des monnaies, au coeur de la crise."

"Je ne conduirai pas une politique d'austérité, qui conduirait à la récession. Notre objectif, c'est de rendre du pouvoir d'achat aux Français, non de leur en prendre. La France s'en sortira en investissant plus, dit Sarkozy. Si nous arrivons à diminuer le nombre d'échelons territoriaux, nous pourrons nous poser la question de la disparition de la taxe professionnelle. La France s'en sortira en travaillant davantage."

"Jamais depuis 1958 autant de changements n'ont été accomplis en si peu de temps. Quand la situation mondiale deviendra meilleure, nous tirerons les fruits de nos efforts, sur l'équilibre de nos finances publiques, sur l'emploi, sur le pouvoir d'achat. Je suis lucide sur la crise, mais optimiste. J'ai la conviction qu'il n'y a pas d'autres voies efficaces pour la France. Nous devons précéder la marche du monde et non la suivre. Ainsi, la France sera fidèle à son identité, à son histoire", conclut-il - Sources et crédit Le Point

Et, jamais depuis 1958, on a fait un discours de mystification d'un tel niveau.
Jamais depuis 1958 on a pris les français dans leur ensemble pour des c... à ce point

Bon, il reste une hypothèse : Organiser de grands concerts de solidarité afin de renflouer les caisses des états et des banques, comme autrefois pour l'Arménie ou l'Ethiopie ou organiser des dîners de charité comme celui au cours duquel notre nouvel altermondialiste a reçu un si beau prix. De Doc Gynéco en passant par Bigard et une chanteuse proche, on devrait pouvoir trouver de quoi régler le problème.

Et si ça ne marche pas, le bateau d'un grand industriel français sera toujours prêt à appareiller vers d'autres aventures. Dépêchez-vous, le nombre de places est limité ...



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Le Placide
HUB
Source Montage
Sarkostique
SarkoShow


Leopoldo Fregoli (né le 2 juillet 1867 à Rome et mort le 26 novembre 1936 à Viareggio) était un acteur et un artiste italien, ventriloque et musicien, réputé pour ses changements de costumes très rapides, un transformiste qui a été jusqu'à interpréter 100 rôles costumés dans le même spectacle.


25 septembre 2008

"Un financier, ça n'a jamais de remords. Même pas de regrets. Tout simplement la pétoche" - Michel Audiard

Comme il était agréable et décontracté Henri de Castries ce matin sur Europe 1 en nous expliquant tel le serpent KA du livre de la jungle : "aie confiance" ... Il déclarait : que le groupe étudie les «opportunités» de rachat de sociétés dévalorisées.

Le séisme qui frappe les banques et les marchés financiers pourrait faire les affaires d'Axa. Henri de Castries, le président du directoire de l'assureur, a en effet indiqué jeudi matin sur Europe 1 que son groupe pourrait profiter de la baisse des cours de Bourse pour opérer des rachats de sociétés. «La situation d'aujourd'hui nous offrira, dans quelques mois, les opportunités de conforter encore nos positions», a-t-il précisé ... / ...

En omettant (involontairement bien sur) que

Au premier semestre 2008, Axa a enregistré 786 millions d'euros de dépréciations. Sur la période, le bénéfice du groupe a atteint 2,16 milliards d'euros. Ce montant, supérieur aux attentes des marchés, représente une baisse de 32% sur un an - Source Le Figaro

Autre son de cloche de la part de Jacques ATTALI interviwé par le Parisien

Plusieurs scénarios sont possibles. Le plus vraisemblable, c’est que la panique va continuer, avec de nouvelles annonces, dans les jours ou les semaines à venir, concernant le rachat de certaines banques américaines d’affaires par des banques de dépôt étrangères ou américaines. On va aussi voir se préciser des incertitudes autour de banques suisses, belges, anglaises, peut-être françaises, et autour de certains rehausseurs de crédit ces établissements financiers qui apportent leurs garanties lors d’émission d’emprunts sur les marchés et collectivités locales, dans de nombreux pays.

Comment expliquer le rebond du 19 septembre ?

Jusque-là, une question restait en suspens : qui des contribuables ou des actionnaires allait payer les erreurs des banquiers ? Aux Etats-Unis, les divers acteurs semblent avoir décidé que c’est aux contribuables de payer. En mettant 700 milliards de dollars (soit 483 milliards d’euros) au pot, le gouvernement américain a sorti assez d’argent pour calmer le jeu… un moment. Le plan qu’il vient de déclencher est aussi important que celui de Roosevelt en 1933. Mais cela va représenter des dépenses publiques considérables et risque de reporter les échéances sur les contribuables, par les impôts, ou sur les consommateurs, par l’inflation, sans soigner les causes de la crise.

« L’économie de la cupidité doit cesser » ... / ... Source Le Parisien

Nous serions tentés de croire plus volontiers le second que le premier puisque : "Le gendarme boursier américain, la SEC, soupçonne une vingtaine de fonds spéculatifs d'avoir propagé des rumeurs sur plusieurs établissements financiers afin de faire baisser les cours et d'en tirer profit, d'après le Wall Street Journal.

Et si des fonds spéculatifs avaient agi pour faire baisser les cours de plusieurs entreprises du secteur financier américain pour en tirer profit ? C'est ce que soupçonne la SEC, l'autorité de régulation de la Bourse américaine, selon le Wall Street Journal. D'après le quotidien, plus d'une vingtaine de hedge funds ont déjà reçu une citation à comparaître devant le gendarme de Wall Street.

Ils sont soupçonnés d'avoir propagé des rumeurs afin de faire baisser artificiellement les cours de plusieurs institutions financières, dont Goldman Sachs, Morgan Stanley, Washington Mutual, Merrill Lynch, Lehman Brothers et l'assureur AIG. L'enquête en cours vise à déterminer s'il y a eu utilisation abusive de la vente à découvert, une méthode de spéculation parfaitement légale à l'origine, mais dont l'utilisation a été interdite il y a quelques jours, notamment pour les valeurs financières, sur plusieurs marchés, dont aux Etats-Unis et au Royaume-Uni - Source La Tribune

Alors, qui va payer ? Car, les assureurs sont avant tout les principaux gestionnaires des retraites par capitalisation dont une grande partie des experts et élus de droite vantent avec délices les vertus. Justement plus proche de nous, les suisses qui sont habitués à la capitalisation retraite, on s'interroge.

ÉLISABETH NICOUD ZURICH | 25.09.2008 |24Heures.ch

Les chiffres donnent des frissons: cet été, on estimait que 60 milliards de francs de l’argent des retraites étaient partis en fumée dans la comptabilité des caisses de pension, emportés dans la spirale de la crise financière. Hier, cette descente aux enfers se voyait quelque peu freinée – à 30 milliards de francs selon Swisscanto, le centre de compétences des banques cantonales –, mais elle n’en reste pas moins toujours très alarmante. Le point avec quelques spécialistes.

MA CAISSE DE PENSION A-T-ELLE PERDU DES PLUMES DANS LA CRISE FINANCIÈRE? Oui, indirectement, parce que comme tous les investisseurs, les caisses, qui gèrent quelque 650 milliards de francs, placent aussi une partie de cet argent en actions. Ces dernières ont plongé en moyenne de 20% ces douze derniers mois en Suisse. Par contre, cette mauvaise performance boursière affecte diversement chaque caisse. Les plus touchées sont celles qui possèdent une proportion élevée d’actions dans leur portefeuille, soit des niveaux pouvant aller jusqu’à 40% ou même 50% de leurs placements ... / ...

LES CAISSES DE PENSION NE SONT-ELLES PAS INSUFFISAMMENT PROTÉGÉES? Selon une étude menée par Complementa sur un échantillon de 427 caisses de pension – pour une fortune globale de plus de 400 milliards de francs pour plus de 2,3 millions d’assurés –, le degré de couverture, qui s’établissait à 109% en 2007, a reculé à 103% en août, soit une baisse de 6%. Cette pondération donne une tendance générale, mais les situations divergent d’une caisse à l’autre. Ainsi, selon Swisscanto, 13% des caisses privées et 62% des caisses publiques n’ont pas une couverture suffisante (en dessous de 100%) ... / ...

Résultat de ce franc succès : Les futurs retraités toucheront moins

Les cotisants au 2e pilier pourraient perdre 10% de leur rente. La faute, surtout, au vieillissement de la population, souligne le camp bourgeois, qui l’a emporté hier au Conseil national.

Concrètement, le taux de conversion LPP, qui permet de calculer les futures rentes, est aujourd’hui de 7,05% pour les hommes et de 7,1% pour les femmes. Exemple théorique: un actif qui a accumulé un capital de prévoyance professionnelle de 100 000 francs au moment de partir à la retraite touche aujourd’hui une rente annuelle de 7050 francs, respectivement de 7100 francs.

Des montants auxquels il faudrait soustraire 700 francs avec un taux de conversion abaissé à 6,4%, tel que l’a avalisé la Chambre du peuple. Le dossier retourne au Conseil des Etats, mais tout indique que les sénateurs confirmeront la mesure. Pourquoi une intervention aussi drastique? La crise qui secoue les marchés financiers a certes été évoquée par les élus. Mais, plus fondamentalement, c’est l’augmentation de l’espérance de vie, conjuguée à une baisse des rendements des placements, qui motive une diminution des prestations, a souligné Pascal Couchepin (Président de la Confédération helvétique) ... / ...

Il n’y aurait aucune raison de s’alarmer, même en période de turbulences boursières, le système du deuxième pilier reposant précisément sur des investissements à long terme. «La baisse du taux de conversion n’est qu’un cadeau, un de plus, fait aux assureurs», dénonce le socialiste bâlois Rudolf Rechsteiner . Certains spécialistes ne lui donnent pas tort.

Pour ménager les actifs qui sont aux portes de la retraite, le National a néanmoins décidé d’échelonner la baisse du taux sur cinq ans au lieu des trois ans prévus par le gouvernement. La réduction ne devrait donc être achevée qu’en 2015.

Super. Après une telle démonstration, on est obligé de réclamer au gouvernement la mise en place d'un tel système qui forcément sauverait notre système par répartition.

Mais, pas d'inquiétude pour la planète puisque : Hier, le FBI, allié à l’Autorité américaine des marchés financiers, a annoncé avoir entamé une enquête auprès de quatorze acteurs financiers, à tous les échelons du système. Les limiers cherchent à savoir si certains ont alimenté la bulle de l’immobilier par des moyens frauduleux: surévaluation de biens immobiliers pour faciliter l’octroi de prêts, emprunteurs trompés sur l’évolution future de leurs taux hypothécaires, etc. Le FBI n’en est pas à son coup d’essai: entre mars et juin 2008, il a déjà inculpé 406 personnes dans le cadre d’une opération baptisée «Malicious Mortgage» (hypothèques véreuses) ... / ... Source 24Heures (Suisse)

C'est bizarre, mais les grands media audiovisuels français semblent d'une pudeur de rosière sur le sujet ... Allons, n'oublions pas le duel de titan pour la présidence du Sénat et surtout le prix d'homme de l'année (Fondation Appeal of Conscience à l'occasion de la remise du prix "World Statesman Award" ) remis à notre président par un groupe d'ultra religieux et de droite ultra conservatrice


"Vous n'avez pas su faire payer les gros, maître Pergamon sera faire payer les petits" disait Georges Descrières dans le film "le sucre" Et oui, tout va devenir possible mais cette fois-ci, combien de gens croient encore que le mot ensemble fera partie du slogan ?

Crédit images
Delucq
Garnotte

24 septembre 2008

Gouvernance cosmétique

"Amusant" clin d'oeil au passé proche ou nouvelle version de l'histoire qui repasse les plats ?

40 ans après, on repropose aux français la participation des salariés comme alternative économique.

Nous vous donnons ci-dessous lecture d'un texte de Pierre MAZEAU (ancien Président du Conseil Constitutionnel) gaulliste historique s'il en est sur l'épopée de la participation:

Extraits du site Gaullisme.fr

Il y a quarante ans, le 17 août 1967, le général de Gaulle signait l'ordonnance sur « la participation des salariés aux fruits de l'expansion des entreprises. » ... / ...Si le mot de participation retrouve une nouvelle actualité en cette année 1967, l'idée est ancienne et continue dans la pensée humaniste du général de Gaulle, inspirée en particulier par sa méfiance envers la « loi d'airain » du capitalisme. Durant la guerre, le rassemblement des Français qu'il prône va de pair avec le double refus de l'injustice sociale et de la lutte des classes. En créant les comités d'entreprise en 1945, il concrétise un des points du programme du Conseil national de la Résistance.

... / ... Pour le Général, ce qui est en jeu est la condition morale du salarié dans la civilisation moderne, sa responsabilisation comme partenaire à part entière, « associé » à la gestion et au partage des fruits de l'essor de l'entreprise. La participation dans l'entreprise, il la voit comme une solution concrète pour faire évoluer la condition matérielle et morale des travailleurs, et répondre à la contradiction entre le libéralisme et le socialisme.

Son champ d'application est très ambitieux puisqu'il embrasse à la fois les bénéfices, le capital et la gestion, selon un processus qui devrait étendre progressivement le droit des salariés à la propriété des entreprises. Révolutionnaire, puisqu'elle déroge à la logique capitaliste, cette innovation se heurte à des puissants obstacles, le refus des milieux d'affaires conjugué à la contestation de ce que syndicats et forces de gauche appellent la collaboration de classes.

Au cours de son second septennat, le Général reprend l'idée car le moment est venu, comme il l'affirme dans sa conférence du 16 mai 1967, que « les travailleurs français participent d'une manière organique et en vertu de la loi, aux progrès de l'expansion dès lors que ceux-ci se traduisent en bénéfices ou en enrichissements. » Cette étape nouvelle, qu'il nomme désormais la participation... / ... Par cette mesure de 1967, le Général entendait associer la modernisation du pays et sa rénovation sociale sur la base d'équité et de dignité pour un grand nombre de salariés. Il y voyait un essai de conjuguer l'esprit d'entreprise et l'esprit d'association, pour avancer vers ce qu'il appelait « un ordre social nouveau » capable de changer le sort de l'homme « pris dans les engrenages de la société mécanique ».

... / ...rude tâche face à l'opposition du patronat et des syndicats et au scepticisme d'une partie du gouvernement. Et, en souhaitant « que la participation devienne la règle et le ressort d'une France renouvelée », le général de Gaulle songeait logiquement aux grands chantiers de l'université et de la réforme régionale ouverts en 1968 et 1969.

L'échec du référendum de 1969 freinera cette perspective de renouveau.

Utopie pionnière ou inspiration chrétienne, ou encore, méthode de démocratie participative avant l'heure, le fait est qu'aujourd'hui, après quatre décennies d'efforts législatifs, la participation reste une idée d'actualité, comme en témoigne récemment le rapport remis en avril 2007 au premier ministre par Alain Gournac et Paul Maillard, sur la participation des salariés aux résultats dans les entreprises de moins de 50 salariés. Il n'est donc pas inutile de rendre hommage, aujourd'hui, au rôle précurseur de Charles de Gaulle aussi dans le domaine de la réforme sociale ... / ... Intégralité du texte

Faites monter les couleurs nationales !!!

A notre tour de donner une interprétation du texte de Pierre Mazeau. Il faut se rappeler qu'à cette époque, les salaires étaient extrêmement faibles et que la participation était une astuce pour permettre de ne pas augmenter les salaires et une tentative de capitalisme populaire destinée à désamorcer toute velléité de révolte des salariés ainsi "actionnaires"

Entre temps, Mai 68 était passé par là et les accords de Grenelle (le vrai celui là) avaient permis de découvrir qu'on pouvait augmenter les salaires de plus de 30% (augmentation de 35 % du SMIG)

41 ans plus tard, dans un contexte économique particulièrement tendu et à la recherche d'un pouvoir d'achat clamé haut pendant la campagne présidentielle, le gouvernement nous ressort le serpent de mer de la participation pour tous.

Quel scoop. Car, la participation existe et profite aux salariés des entreprises de plus de 50 personnes

LES MÉCANISMES ACTUELS DE LA PARTICIPATION ET DE L'ACTIONNARIAT - La participation aux résultats de l'entreprise (ordonnance du 17 août 1967) - Source Assemblée Nationale

Toutes les entreprises d'au moins cinquante salariés sont obligatoirement assujetties à la participation aux résultats.
Les entreprises de moins de 50 salariés peuvent volontairement s'y soumettre par voie d'accord avec le personnel.
Le montant de la participation attribuée aux salariés résulte d'une formule de calcul qui constitue un minimum.

... / ... autrement dit, pour que les salariés aient droit à la participation, il faut que l'entreprise ait un bénéfice fiscal et que celui-ci soit supérieur à 5 % des capitaux propres.
La répartition se fait proportionnellement aux salaires dans la limite d'un double plafond. Le salaire pris en compte ne peut excéder quatre fois le plafond annuel de sécurité sociale. Chaque salarié ne peut recevoir au titre d'un exercice plus de 50 % du plafond annuel de sécurité sociale.

Les sommes portées à la réserve de participation sont indisponibles : 5 ans dans le cas général, 3 ans, mais avec des avantages réduits (exonération de 50 % de l'impôt sur le revenu), 8 ans en l'absence d'accord.
Il existe des cas de déblocage anticipé (mariage, naissance, divorce, invalidité, décès...).

Pour l'entreprise, la participation est déductible du résultat imposable.

Le salarié est exonéré d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales. En revanche, CSG et CRDS sont applicables.
L'accord de participation suit un certain formalisme mais peut être conclu, soit par accord avec les organisations syndicales, soit à la suite d'un vote du personnel à la majorité des deux tiers. L'accord peut être passé au niveau du groupe.

Pour les entreprises qui appliquent volontairement la participation ou concluent un accord dérogatoire, un avantage fiscal (provision pour investissement égale à 25 % ou 50 % de la réserve) a été institué.

Le plan d'épargne d'entreprise

Le plan d'épargne d'entreprise est un mécanisme favorisant l'épargne salariale qui peut être créé à l'initiative de l'entreprise ou en vertu d'un accord avec les représentants des salariés.
Tous les salariés peuvent participer au plan dans la limite du quart de leur rémunération individuelle ... / ...

L'intéressement, créé en 1959, est un système facultatif.

Il est indépendant des autres systèmes mais lorsqu'existe un plan d'épargne d'entreprise, les salariés peuvent placer leur intéressement sur le plan d'épargne d'entreprise et bénéficier du régime fiscal favorable du PEE (exonération d'impôt sur le revenu).

Stock option ou option d'achat d'actions

Contrairement aux dispositifs précédents qui prennent la forme de transferts financiers de l'entreprise vers les salariés, les options de souscription ou d'achat d'action sont un mécanisme par lequel les actionnaires de l'entreprise transfèrent une partie de leurs droits aux salariés si ceux-ci acquièrent des actions de l'entreprise ... / ...

Il n'est donc pas étonnant que "Medef se soit félicité, la semaine passée, des annonces du gouvernement en estimant que cela permettrait de renforcer un dispositif « encore trop peu utilisé aujourd'hui » puisque la très grande majorité de ses adhérents dirigent des entreprises de plus de 50 salariés et n'auront ... rien à changer.

La CGPME est plus "réservée". C'est d'autant plus ennuyeux pour les salariés, car, 97% d'eux travaillent dans des entreprises de moins de 20 salariés chez lesquelles la CGPME est l'une des plus représentative.

Projet de loi sur les revenus du travail : position de la CGPME

Alors que le Parlement a entamé l'examen du texte sur les "revenus du travail", la CGPME souligne l'intérêt du dispositif visant à inciter les PME à multiplier les accords d'intéressement, et ce grâce à un crédit d'impôt sur les sociétés. Elle regrette d'autant plus l'instauration d'une taxe sur l'épargne salariale qui sera dans l'esprit des chefs d'entreprises facteur de confusion, alimentant le sentiment que l'Etat donne d'une main pour reprendre de l'autre.

Par ailleurs, la Confédération craint la complexité et le caractère injuste du dispositif de "conditionnalité des allégements de charges", lequel risque de conduire à sanctionner une PME dont les salaires sont régulièrement revus à la hausse, au seul motif qu'elle appartient à une branche professionnelle dont un ou plusieurs minimas salariaux sont inférieurs au SMIC.

Enfin, il est à noter que la modification des mécanismes de revalorisation du SMIC devrait permettre de pérenniser la fin de la fameuse pratique politique du "coup de pouce" ne répondant pas à des considérations économiques. Communiqué du 22 septembre 2008

Traduction : Aucune contrainte et fin des différentes indexations des bas salaires. Quant au "revus régulièrement à la hausse" on croit rêver ... On sait négocier à la CGPME ....

Cette même CGPME qui dans un communiqué du 19 septembre écrivait

... / ... Il est maintenant impératif que le Président de la République jeudi, à Toulon, confirme le retour à une politique économique de soutien aux entreprises, leviers de la croissance et de l'emploi. L'augmentation du prix des matières premières, le ralentissement du crédit aux entreprises risquent en effet de fragiliser davantage encore les PME dont les patrons ont besoin de retrouver confiance, et ce dans l'intérêt même de la Nation

Ce qui signifie que la participation des salariés est vraiment un problème secondaire pour la confédération.

En fin de compte à quoi ressemble le projet du gouvernement déféndu par Xavier Bertrand ?

En 2005, 6 milliards d'euros ont été distribués au titre de l'intéressement à 4,2 millions de salariés. Actuellement, dans les entreprises de moins de 50 salariés, moins d'un travailleur sur dix bénéficie d'un accord d'intéressement.

Accord d'intéressement dans les entreprises

Destiné à améliorer le pouvoir d'achat des Français, ce texte prévoit que les entreprises qui n'avaient pas encore d'accord d'intéressement bénéficieront d'un crédit d'impôt de 20% sur la totalité des primes versées pendant les trois années de l'accord conclu. Ainsi, si une entreprise verse 1.000 euros de prime à un salarié, elle bénéficiera d'un crédit d'impôt de 200 euros.
Les entreprises qui ont déjà un accord bénéficieront de ce crédit d'impôt sur le surplus d'intéressement distribué après renégociation. Ainsi, si une entreprise qui versait jusque-là 1.000 euros à ses salariés en verse désormais 1.500, elle aura droit à un crédit d'impôt de 100 euros.

Ce crédit d'impôt bénéficiera à toutes les entreprises qui concluront un accord d'intéressement à compter de la publication de la loi et au plus tard le 31 décembre 2014. Source Challenge

Pour ceux qui l'ont oublié, un certain Jean-Lois Borloo et son ministre délégué Gérard Larcher avaient abandonné l'idée de l'extension de la participation à tous les salariés sous la pression des organisations d'employeurs. On ne voit pas à priori pourquoi ces mêmes organisations cèderaient le moindre pouce de terrain dans ce domaine. Par contre faire disparaître le SMIC et jouer sur des salariés au RSA...

Il n' y a pas à être un génie pour constater que le climat économique actuel y compris en Europe (où même les leaders sont confrontés à la récession) va se solder au mieux par un gel des embauches au pire par des vagues de licenciements (dégraissage des effectifs ou faillites) C'est donc une mesure des plus factices que le gouvernement souhaite faire passer en urgence avant le vote sur le RSA.

Le RSA, rappelons le, qui fait des remous au sein même de la majorité présidentielle. Faire passer une mesure cosmétique comme la participation endormirait la vigilance des français et calmerait les élus trublions.

Lorsqu'on voit avec quelle célérité la prime transport "facultative" a été décidée, on imagine bien que la participation aussi faible soit-elle sera très probablement laissée au bon vouloir des employeurs.

Cosmétique quand tu nous tiens ...

Dernière nouvelle qui n'est pas pour nous déplaire : Le phénix du Haut Poitou comme l'a baptisé Le Canard Enchaîné ne sera pas Président du Sénat puisque c'est Gérard Larcher qui a gagné la primaire de l'UMP. Et dire que la France va se priver d'un tel talent .... Nous en rigolons encore. Au conseil régional de Poitou Charentes certainement aussi ...