20 mai 2011

Les salaires deviendront-ils la future variable d'ajustement de la conjoncture ?

Les salariés pourraient-ils voir leurs rémunération varier à la hausse comme à la baisse en fonction de l'activité ? En tous cas c'est la dernière idée en vogue à l'UIMM, le patronat de la métallurgie !

Un de mes anciens employeurs, expliquait tous les matins à ses troupes, la chance qu'ils avaient de profiter de ses locaux (au demeurant, mal chauffés en hiver) et de toucher en toute insouciance, un salaire (les plus bas de la profession) alors que lui, ne connaissait que les tourments, des affaires fluctuantes ! Ce qui l'amenait, à la fin de chaque mois, lorsqu'il distribuait les bulletins de salaires, à nous déclarer : « On ne devrait payer les employés que lorsque l'entreprise a de l'activité » !

Bien entendu, en fin d'année positive, en ce qui concerne une distribution, même symbolique des bénéfices, nous devions nous limiter à un ... discours sur le bonheur, que nous aurions à ... recommencer un nouvel exercice ... coûteux pour la trésorerie de l'entreprise !

Et bien, le rêve de ce monsieur, pourrait bien devenir une réalité, si on en croît l'information, révélée ce matin, par Marc Landré, un des meilleurs spécialistes des sujets sociaux, au Figaro !

En effet, on apprend que l'UIMM propose : « (...) d'ajuster temporairement la durée du travail et les rémunérations des salariés, à la hausse comme à la baisse, en fonction de la conjoncture »

Pour ceux qui ignoreraient encore qui est l'UIMM, il faut leur expliquer qu'il s'agit, d'une : « organisation professionnelle dont la vocation est de représenter et de promouvoir les intérêts des entreprises de la métallurgie de toutes tailles et couvrant de nombreux secteurs d’activités (...) l’industrie automobile, le nucléaire, la construction navale, aéronautique, spatiale et ferroviaire, la fabrication d’équipements ménagers, la construction mécanique, la métallurgie et la transformation des métaux, ou encore les industries des composants et des équipements électriques et électroniques, auxquels peuvent être associées les entreprises de services à l’industrie (...) » - Source UIMM

Outre être un des plus gros employeurs de France, l'UIMM s'est illustré par des : « (...) retraits suspects de 16,5 millions d’euros retirés en liquide entre 2000 et 2007 (...) semble t-il destinés à « fluidifier le dialogue social » et d'avantages financiers indus, comme : contrats d'assurance-vie payés par l'organisation patronale, complément de retraite (en liquide), au profit de quelques uns de ses membres

Néanmoins, après que L'UIMM, soupçonnée d'avoir versé des primes non déclarées à des salariés entre 2004 et 2007, ait été mise en examen pour : travail dissimulé, en 2010, Frédéric Saint-Geours, son nouveau président, affirmait que tout était rentré dans l'ordre. Dont acte !

C'est le même Frédéric Saint-Geours qui selon Marc Landré, aurait présenté, jeudi, lors de la convention de l'UIMM, un document préparatoire au « Manifeste pour l'industrie » qu'elle compte : « (...) présenter à l'automne dans le cadre de la présidentielle »

Outre les pistes pour : « (...) limiter le coût et l'impact de l'assurance-chômage » et la « redéfinition du licenciement économique », il faut être attentif, à une des propositions, qui pourrait, si elle était reprise dans le programme électoral du parti qui gagnera les élections de 2012, réserver une bien mauvaise surprise aux salariés !

Quelle est-elle ?

L'UIMM a confié à Pierre Cahuc (coauteur avec Gilbert Cette et André Zylberberg d'un rapport « Salaire minimum et bas revenus » et qui recommandait au gouvernement de : remettre en cause les règles d'indexation du salaire minimum et plus récemment, avec Francis Kramarz d'un rapport recommandant la création d'un contrat de travail unique ) la responsabilité de la rédiger Il propose de :

« (...) donner plus de marges de négociation aux partenaires sociaux dans l'entreprise, en permettant via un accord collectif d'«ajuster temporairement la durée du travail et les rémunérations des salariés, à la hausse comme à la baisse, en fonction de la conjoncture». Bref, pouvoir augmenter salaires et temps de travail quand l'entreprise fait face à une hausse temporaire de ses commandes… et les baisser en période de vaches maigres. «De tels ajustements ont contribué à amortir l'impact sur l'emploi de la récession de 2008 en Allemagne, plaide Pierre Cahuc (...) »

Une remarque au passage : Il n'est pas question dans ce raisonnement de voir les salaires augmenter mais plutôt de faire travailler plus d'heures rémunérées en période de pointe. Donc : Exit les heures supplémentaires ! Ce qui équivaut à toucher la même chose en ... le répartissant sur l'année entière !

Autres conséquences pour les salariés d'une telle proposition ?

Première conséquence : Dans la mesure où la négociation ne serait plus nationale mais entreprise par entreprise, il y aurait une grande disparité d'accords dont la qualité risque d'être très inégale !

Deuxième conséquence, la pire ! : Obliger les salariés à gérer leur budget au gré des fluctuations économiques alors que ceux-ci n'ont absolument pas la même faculté que les entreprises à négocier avec leur banque pour payer leurs charges et dettes !

Une « grande idée » que nous pourrions bien retrouver, dans les programmes électoraux de l'UMP et des quelques centristes dissidents, pour 2012. A vous d'être attentifs !

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Rodho

19 mai 2011

Prime aux salariés : Maxi promesse mini certitude !

Notre Président a affirmé qu'il ne cèderait pas sur la prime aux salariés. De son côté le Medef, qui refuse toujours son principe, est prêt à utiliser toutes les ficelles juridiques, pour lui tordre le cou ou la minimiser

Lors de son déplacement à Nancy sur le thème de l'emploi des seniors, Nicolas Sarkozy a réaffirmé le fait qu'il ne cèderait pas, au refus des organisations d'employeurs de verser une prime aux salariés : « (...) Exonérée de charges sociales jusqu'à hauteur de 1 200 euros (..) prime, rapellons le, qui serait : « obligatoire dans les entreprises de plus de 50 salariés qui distribuent des dividendes en hausse à leurs actionnaires (...) »

En ce qui concerne le Medef, on continue d'estimer que : « (...) cette mesure bafoue complètement le dialogue social dans les entreprises (...) » Sur quoi s'appuie cet argument ?

Il faut lire pour cela, la déclaration de Laurence Parisot, au point presse du Medef du 17 mai dernier, où on apprend « l'amour immodéré » de son mouvement pour le paritarisme ... Du moins, lorsque ça l'arrange !

« (...) Le dossier prime liée à dividendes, est un dossier qui devrait être traité dans le cadre du paritarisme (...) Or, en 2007, une loi a été votée par l’actuelle majorité qui dit : il convient aujourd’hui d’approfondir le dialogue social et la démocratie sociale (...) Vraiment, il ne faut pas que la loi Larcher soit une loi qui reste de l’ordre du symbole, il faut en garder l’ esprit, qui est le signe d’une profonde transformation du dialogue social dans notre pays »

Mais, lorsqu'on explique à Laurence Parisot que les résultats de la croissance au premier trimestre, sont bons, elle reconnaît que : « (...) tout le monde a fait beaucoup d’efforts depuis plus de deux ans pour remettre notre pays sur les rails de la croissance et de la prospérité économique. Il faut féliciter chaque Français pour ce travail (...) »

Alors, une prime pour ces français, qui ont travaillé si dur, se justifierait donc ?

Et bien non, puisque le lendemain, 18 mai : « (...) Laurence Parisot a (...) répété son opposition à la prime pour les salariés des entreprises dont les dividendes progressent telle qu'elle est présentée par le gouvernement. « Le dossier doit être traité à l'intérieur de la négociation que nous menons actuellement (...) »

Et comme il faut ajouter que : L'idée émise début mai par Laurence Parisot et soumise à Xavier Bertrand de demander : « (...) aux dirigeants des 40 plus grands groupes français cotés de faire un geste exceptionnel (...) » vient d'échouer puisque : « (...) la présidente du Medef, qui avait un temps pensé pouvoir fédérer les grands groupes autour d'un engagement commun sur une prime, pour éviter qu'elle ne soit imposée aux PME, n'y est pas parvenue »

Ceci rend caduc les exigences de Xavier Bertrand, dont celle : « Que les employeurs ne prétextent pas de la non-rétroactivité de la prime pour ne pas avoir à la verser » - Les Echos

C'est à dire ?

Et bien tout simplement que le Chef de l'Etat savait, en lançant l'obligation de la prime que celle-ci pourrait être soumise, à un problème juridique de rétroactivité. En clair un problème constitutionnel ! En effet, il l'avait reconnu dans une interview, publiée par L'Express : « On me dit qu'il peut y avoir un problème juridique de rétroactivité (...) »

Et quel est le problème ?

Tout simplement : « Parce-que les assemblées générales d’actionnaires définissant la répartition des dividendes et les modalités de leur versement ont lieu actuellement dans les grandes entreprises. Or le montant de cette prime devra, on le sait, être calculé sur le montant des profits encaissés, donc à partir des comptes-rendus validés par ces réunions d’actionnaires à une époque où la loi n’existait pas » nous explique le site Conseil juridique

Ce qui signifierait, en l'état, que : Au mieux, le montant des primes versées serait de l'ordre symbolique, au pire qu'elle ne verrait jamais le jour ! Et, dans la mesure où la possible annulation de la prime serait une catastrophe pour l'image du futur candidat Nicolas Sarkozy, il y a tout lieu de penser que dans tous les cas de figure, les dindons de la farce seront ... les salariés !

18 mai 2011

G8 : Haro sur le net et impasse sur les paradis fiscaux ?

Le G8, présidé par la France se réunira le 24 avant de se rendre à Deauville, les 26 et 27 mai. S'il est prévu d'évoquer : « toutes les questions liées au développement d'internet », nul ne sait par contre, si le sujet des paradis fiscaux, toujours bien vivants, fera partie des débats.

Souvenez-vous : Du G8 de 2008 au G20 de Pittsburg, un des principaux sujets se trouvait être les paradis fiscaux. La France qui se voulait en pointe déclarait alors : « (...) des sanctions sont prévues dès le mois de mars 2010 contre les pays qui ne se seront pas mis en règle (...) le président de la République annoncera très vite des mesures de durcissement de la réglementation fiscale sur les paradis fiscaux (...) »

Annoncés comme disparus, pour cause de conventions fiscales, par les chefs d'états et de gouvernement, il semblerait qu'ils ne figurent plus au programme de la présidence française des G8 et G20.

Et pourtant, à quelques jours du G8 organisé et présidé par la France, un intéressant document publié le 4 mai 2011, par le Centre d'Analyse Stratégique, affirme que les : « Centres financiers offshore et le système bancaire fantôme » affichent une santé insolente !

Que dit ce document ?

« La crise financière a mis en lumière le rôle décisif joué par le système bancaire fantôme - expression qui recouvre la plupart des acteurs financiers non régulés - dans la propagation du risque systémique.(...) Certaines de ces institutions ont profité des contournements possibles de la régulation en se domiciliant dans les centres financiers offshore (...) Les centres financiers offshore (CFO) ou paradis prudentiels font ainsi figure de lignes de faille de la supervision macroprudentielle nécessaire à la stabilité du système financier (...) Cette note vise à cerner ce concept de CFO, flou du point de vue juridique, en explorant les données révélant leur rôle de production d’ingénierie financière pour le reste du monde. Elle donne un aperçu du degré d’imbrication des centres offshore dans les places financières classiques, élément important durant la crise (...) »

Système bancaire fantôme ?

Selon le Centre d'Analyse Stratégique, il est constitué des : « (...) organismes de crédit non bancaires, ainsi que les organismes de placement collectif monétaires et les banques d’investissement qui les financent (...) le système fantôme est extrêmement connecté aux banques (...) Peu ou pas régulé et à l’origine d’une grande opacité concernant la localisation des risques et l’exposition des agents bancaires traditionnels, il a été un facteur important de contagion du risque systémique, particulièrement durant la crise économique récente (...) » Page 9 du document

Et où sont-ils installés ?

Extrait du document page 6 : « (...) Le noyau dur est constitué des juridictions à l’imposition inexistante et où l’importance des transactions financières est étonnante au regard de leur économie. Il regroupe les îles Caïmans, le Luxembourg, les Bahamas, Jersey, Bahreïn, Guernesey, les Antilles néerlandaises, la République de Maurice, l’île de Man, les îles Marshall et la Barbade. L’exportation de services financiers par les îles Caïmans est particulièrement significative. Le Luxembourg est également présent en tant que noeud central en Europe des transactions entre fonds : en 2010, c’est le troisième gestionnaire mondial de fonds en total d’actifs financiers, après le Royaume-Uni et les États-Unis, et le deuxième marché des fonds communs de placement, en étant notamment le principal destinataire de fonds provenant du Liechtenstein et des îles Caïmans, qu’il redistribue ensuite aux principaux centres financiers (...) »

(...) Ces centres alimentent des niches spécifiques : les Bermudes attirent un tiers du marché mondial de la réassurance grâce à un traitement fiscal favorable ; les îles Caïmans sont le premier marché des hedge funds ; les îles Vierges britanniques accueillent plus de 800 000 entreprises internationales. La Suisse, créatrice du secret bancaire, détient 27 % (environ 2 000 milliards de dollars) du patrimoine des particuliers placé offshore, selon le dernier rapport du Boston Consulting Group sur la richesse mondiale (...) » - Boston Consulting Group - Global Wealth 2010, Regaining Lost Ground : Resurgent Markets and New Opportunities, juin

Ce qui signifie que le problème est très loin d'être résolu. Mais plus grave, rien n'empêche ce « système bancaire fantôme», comme l'écrit L'Expansion de : « déstabiliser le système financier mondial ». Avec comme corolaire une une addition encore plus lourde à faire payer ... aux populations !

Mais dans l'immédiat, il était préférable, comme l'expliquait la Quadrature du Net, d'imposer le concept de « l'internet civilisé » qui sera présenté au cours du Forum e-G8 et dont l'inspiration, selon la Quadrature, trouverait ses origines : « (...) dans le modèle chinois du contrôle d'Internet (...) »

Et oui, que voulez-vous, entre mettre au pas des prédateurs financiers ou des effrontés, dont les écrits, peuvent déplaire, le choix est vite fait !

Intégralité du document du Centre d'Analyse Stratégique


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Présidence Française G8 G20

17 mai 2011

Travailler plus longtemps : La grande mystification du quinquennat !

La visite du Président en Meurthe-et-Moselle sur le thème du développement de l'emploi et du travail des seniors ne pourra cacher les faits : Aucune mesure prise par le gouvernement n'aura permis de maintenir, durablement, les seniors dans l'emploi !

Notre Président, toujours pas déclaré candidat à sa succession en 2012, continue de défendre son bilan en visitant la France d'en bas. Le thème d'aujourd'hui, comme l'indique le site de l'Elysée est : L'emploi et le travail des seniors.

Il est assez peu probable qu'il retrouve les accents lyriques du 6 mai 2008, lors d'une table ronde sur l'emploi des seniors : « Je veux dénoncer le gâchis que représente pour la France la mise à l'écart des travailleurs dès 50 ou 55 ans. Il faut arrêter de penser qu'à 50 ans, on devrait s'excuser de vouloir travailler. A 50 ans, on est un travailleur, avec une force de travail et de l'expérience. »

Il est plus raisonnable de penser qu'il glorifiera sa prime de : « 2.000 euros d'aide à l'embauche en contrat de professionnalisation d'un chômeur de 45 ans et plus », annoncée en mars dernier et dont les détails ont été fixés par le le décret (n°2011-524) du ... 16 mai 2011 !

Mais, à part quelques entreprises chasseuses de primes pour qui, ce sera un nouvel effet d'aubaine, il y a fort à penser que cette initiative, ressemblera à un cautère sur une jambe de bois !

En premier lieu, parce que les entreprises continuent à se débarrasser des plus âgés en se servant de la rupture conventionnelle dont notre président et sa majorité nous ont vanté en son temps les vertus.

Or, comme l'écrit Marc Landré sur son blog : « (...) Sur les 542 586 rupture conventionnelles homologuées par le Ministère du travail depuis 2008 (...) D'après les dernières statistiques disponibles, un chômeur sur cinq qui s'inscrit à Pôle emploi suite à une RC a plus de 50 ans, soit le double de leurs autres motifs d'entrée. Les entreprises de plus de 250 salariés raffolent de surcroit des RC car près d'une séparation à l'amiable sur cinq touche les plus de 58 ans, soit 13 points de plus que dans les moins de 50 personnes. L'Unedic a d'ailleurs commandé une étude sur le sujet dont on devrait connaitre les conclusions avant la fin juin (...) »

En deuxième lieu, parce que les entreprises pratiquent de façon dissimulée ou non une discrimination à l'embauche assez systématique. Un exemple, parmi tant d'autres, nous est donné par le site Pour se Former

« Consultante free-lance en organisation dans le domaine de la billetterie de spectacles, Marianne, 45 ans, a ainsi répondu à une annonce pour un CDD de un an de responsable adjointe dans un grand établissement public culturel (...) qui correspondait (...) largement à son expérience, elle qui travaille dans ce secteur depuis dix-sept ans (...) Marianne envoie son CV bâti sur ses compétences avec sa photo, sans mentionner son âge (...) Quelques jours après, Marianne reçoit un mail poli du recruteur, s’excusant de [lui] demander [son] âge, car la responsable du service a une trentaine d’années (...) En réponse, Marianne indique son âge, en prenant soin de préciser dans son courriel que cela ne lui posait aucun problème d’avoir une supérieure hiérarchique plus jeune, que seuls comptent le respect et l’esprit d’équipe et qu’elle était prête à en discuter au besoin par téléphone. Mais à ce jour, aucun retour… (...) »

Or, il faut rapeller que :

Le Code du travail (art L.1132-1) stipule qu’aucune personne ne peut être écartée d’une procédure de recrutement ou de l’accès à un stage ou à une période de formation en entreprise […] en raison de […] son âge. Mais, pour obtenir un avis tranché sur le sujet, il faudra probablement attendre la nomination du tout nouveau Défenseur des Droits, s'il en trouve le temps !

Discrimination que certains animateurs ou conseillers de Pôle Emploi reconnaissent : « (...) Avec le plan seniors, les entreprises se sont surtout engagées dans une dynamique de maintien dans l’emploi des seniors. Mais les demandeurs d’emploi de cette catégorie sont restés peu concerné » déclare une animatrice du Pôle emploi de Courbevoie (92) qui a créé un « club seniors »

Un exemple ?

« Brigitte, 54 ans (...) a testé un job dating proposé par une agence d’intérim : Comme d’habitude, on m’a dit que mon CV ne correspondait pas aux attentes (...) on me dit vous êtes formidable (...) Face au découragement de Brigitte (...) les deux animatrices du Club, n’hésitent pas à lui conseiller de prendre une semaine de vacances. Lâchez pendant une semaine. Vous êtes fatiguée. Plus de CV, de mails, de lettres… Vous reviendrez à nouveau motivée (...) »

Nous pourrions malheureusement multiplier les exemples de ces salariés à qui on explique qu'ils sont : « trop expérimentés » ou à qui on recommande : « (...) de bien se renseigner sur le marché du travail et d'explorer le marché caché, en faisant jouer le réseau relationnel (...) » tout en leur répétant : Qu'ils doivent croire en eux !

La réalité, c'est qu'en prétextant un hypothétique, futur changement de mentalité chez les employeurs, qui pourrait intervenir vers ... 2060. Le gouvernement a validé toutes les propositions des organisations d'employeurs, qui expliquaient que pour relancer l'emploi des seniors, il fallait : « (...) annoncer que l’on allait relever l’âge légal de la retraite, comme l’ont fait tous les pays européens (...) » Ainsi que : « (...) supprimer la dispense de recherche d’emploi des plus de 57 ans et demi (...) » Que le même gouvernement s'est satisfait des nombreux codes de bonnes conduites ou intentions destinés à éviter toute obligation ou sanction : Seniors Compétence de la CGPME ou Emploi des seniors le guide pratique du Medef. Avec les résultat qu'on connaît aujourd'hui !

Mais, dans la mesure où, il y a peu de chances que le Président, son gouvernement et sa majorité se mettent brutalement à imposer, quoi que soit, aux entreprises, à quelques mois de la présidentielle, il est assez probable qu'on demande, dans les mois à venir, aux seniors privés d'emploi de : Croire en eux ! Avant que, fin de leurs indemnités oblige, ils découvrent (s'ils y ont droit) les minima sociaux et la possible obligation, de travailler ... gratuitement 5 heures par semaines !


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Tropic@lBoy

16 mai 2011

Service civique : Futur fournisseur de salariés bon marché ?

A l'UMP, si on a peu d'idées pour faire reculer le chômage, on en a plein sur : les obligations de travail des titulaires du RSA et des prisonniers ou la mise en concurrence des salariés et chômeurs avec des populations sous rémunérées !

Ainsi, après Laurent Wauquiez, proposant d'imposer une contrepartie d'activité au versement du RSA. Oubliant au passage comme l'expliquait Marc Landré sur son blog, qu'actuellement ces missions sont déjà effectuées par des personnes : « (...) la plupart du temps en contrat aidé - déjà très éloignées du marché de l'emploi (bénéficiaires de minima sociaux, chômeurs de longue durée ou en fin de droits, handicapés...) et dont le petit boulot qu'elles exercent est censé les aider à leur remettre le pied à l'étrier (...) »

Ou Richard Mallié, député UMP des Bouches-du-Rhône (monsieur travail du dimanche ) qui propose, d'exiger que les détenus soient obligés de travailler, au fait que : « Un détenu est nourri, logé, blanchi aux frais de la princesse par le contribuable. Si on exige de lui qu’il fasse une activité utile, et payée en plus si c’est un travail, cela vous choque ? » - Libération

C'est au tour de Jean-François Copé, d'utiliser une autre idée de son meilleur ennemi, Martin Hirsch : Le service civique, pour proposer : (...) l'instauration d'un service civique obligatoire de quatre mois pour tous les jeunes entre 18 et 25 ans (...) Originalité de la proposition : . « Après un tronc commun de quinze jours, au cours duquel chaque jeune définirait son projet personnel, le service proprement dit suivrait. Il s'agirait de missions de service public pour lesquels les jeunes seraient rémunérés 350 € par mois (...) ».

Mais qu'en est-il actuellement du service civique ?

Prenons un exemple, publié le site de la République des Pyrénées : « (...) Pour expliquer aux Billérois la gestion des espaces verts selon les principes du développement durable et la nouvelle organisation de la collecte des déchets, la municipalité a décidé de faire appel à deux personnes majeures en contrat service civique, pour une durée de 6 mois (...) L'indemnisation prévue est de 442,11€/mois auxquels s'ajoutent 105€ de chèques restaurant/mois pour une durée de travail hebdomadaire de 28h (...) »

Ou cet autre exemple d'interview publiée dans Ouest France, de la mission locale de Redon : « (...) L'avantage pour les structures, c'est le coût. Elles déboursent peu. Nous n'aurions pas eu les moyens d'engager quelqu'un en CDD. En service civique, si, affirme d'ailleurs Bruno Chéron, directeur de la Fédération d'animations rurales en Pays de Vilaine (Fédé), qui a recruté deux jeunes hommes depuis janvier dernier (...) »

En fin de compte, le service civique est un excellente affaire pour les : « associations, fondations, fédérations, ONG ou personnes morales de droit public : Etat, collectivités locales, établissements publics » - Association Mode d'Emploi qui bien que bénéficiant de moyens financiers (collectes, subventions, budget de l'état ou des collectivités) restent ... des employeurs, comme les autres !

Maintenant, imaginez une seconde ce qui pourrait se passer, si du volontariat (à peine 10.000 jeunes par an), on passait, pour les 18 à 25 ans à une obligation ?

Nous assisterions tout simplement à une mise en concurrence impitoyable entre les salariés (et demandeurs d'emplois) et ce nouveau « vivier » de main d'oeuvre bon marché. Le tout arbitré par les « bénévoles » du RSA !

Scandaleux ? Certainement ! Et, surtout inconscient, dans un contexte ou plus de 4 millions de français sont touchés par le chômage total ou partiel !

Mais dans la mesure ou pour l'UMP, des jeunes de 18 à 25 ans occupés pendant 4 mois dans des : associations, fondations, fédérations, ONG ou personnes morales de droit public, ce seraient des jeunes qui sortiraient (provisoirement) des chiffres du chômage ... Le pire est à craindre !

13 mai 2011

De quelle gauche Terra Nova parle t-elle ?

Terra Nova le think tank de gauche l'affirme : « la gauche centrée sur la classe ouvrière est en déclin » et explique l'incapacité de cette gauche à renouer avec ces classes populaires. Mais de quelle gauche parle t-elle ?

Ainsi, après l'UMP, spécialiste des débats « sans tabou », c'est au tour de Terra Nova, think tank qui se réclame de gauche, de succomber à cette mode .

Dans un rapport publié sur son site Terra Nova affirme que : La sociale démocratie ne pourrait gagner en 2012 qu'en faisant l'impasse sur le vote des classes populaires et en misant sur celui d'autre catégories plus porteuses !

Or, au moment où les appels à l'union à gauche se multiplient, essayant de regrouper sous une même bannière, toutes les composantes de celle-ci. Le débat que viennent de lancer Bruno Jeanbart et Olivier Ferrand ressemble bien à un mauvais coup porté à leur camp.

Et, bien qu'Olivier Ferrand essaye de se défendre dans un billet, parfaitement contradictoire avec le rapport et portant le titre de : Qui défend les classes populaires publié aujourd'hui, le mal est fait !

Outre ce qu'expliquait mon camarade Variae sur son blog hier : « (...) Le groupe de travail Terra Nova, confondant cause et conséquence, inspecte les facteurs déterminant le vote de gauche aux dernières élections, et en tire, au petit bonheur la chance, un inventaire à la Prévert de catégories mélangeant genre (les femmes), origine (les immigrés), âge (les jeunes), diplôme (les diplômés du supérieur) et situation professionnelle (les CSP+) (...) »

Terra Nova écrit que : « Partout en Europe, la social-démocratie est en crise. Elle ne gouverne plus que dans 6 pays sur 27 (...) Le modèle de société porté par la social-démocratie – l’économie sociale de marché, autour de la construction de l’Etat-providence – n’est plus compatible en l’état avec le nouveau monde globalisé. Il doit être refondé (...) »

Mais, vous êtes vous posé messieurs les beaux esprits de Terra Nova la question de vraiment savoir pourquoi la sociale démocratie ne fait plus recette en Europe ?

Peut être d'avoir finit, dans beaucoup de cas, à tellement ressembler à la droite que leurs électeurs ont préféré voter pour les écologistes, des formations plus à gauche ou tout simplement se réfugier dans l'abstention !

Ou peut être d'avoir oublié ses valeurs en cours de route comme l'écrivait Philippe Marlière sur D&S : « (...) Avant son recentrage des années 80, la social-démocratie s’était définie à travers son action contre les injustices sociales (économiques et culturelles). A ce titre, elle a toujours été perçue par le public comme une force de gauche. Après vingt années de « modération » économique, de cogestion néolibérale et d’alliances avec la droite sur le plan national et européen, la nature de gauche des partis sociaux-démocrates est incertaine. En tout cas, elle n’apparaît plus comme allant de soi pour un nombre croissant d’électeurs. L’Europe sociale, revendiquée par les sociaux-démocrates, n’a connu aucune avancée majeure, car elle est rejetée par une majorité des partis issus du Parti des socialistes européens (...) »

En France, la sociale démocratie n'a pas perdu ses électeurs des classes populaires parce : « (...) Les classes populaires (ouvriers et employés) ont (...) des valeurs culturelles conservatrices (ordre et sécurité, refus de l’immigration et de l’islam, rejet de l’Europe, défense des traditions…) » Mais bien parce qu'elle a délaissé le champ social, le laissant aux seuls partenaires sociaux avec le déséquilibre que l'on connaît entre la puissance des organisations d'employeurs et les syndicats de salariés.

La mondialisation acceptée, telle quelle, par la droite et une partie des sociaux démocrates a touché en premier ces mêmes ouvriers et employés qui ont du, soit accepter de baisser leurs salaires (travailler plus pour le même tarif) ou simplement voir fermer leurs usines !

Ce qui serait, selon Terra Nova, une chance pour les sociaux démocrate puisque: « (...) il est possible d’identifier au sein des classes populaires des sous-catégories plus aisées à raccrocher à la gauche. Il y a d’abord les précaires, les chômeurs, les exclus : ceux-là votent à 70% à gauche (...) » Quant aux autres, pas de temps à perdre puisque :« le problème de la gauche se situe avec les classes populaires au travail, qui sont en CDI mais qui ont peur du déclassement (...) »

Mais direz-vous, quid des réactions à gauche et notamment au PS sur cette vision bien particulière de faire de la politique ?

Arnaud Montebourg a écrit sur son blog : « (...) Mon analyse diffère radicalement de celle de la note de Terra Nova (...) Même si les catégories populaires s’abstiennent massivement aux élections régionales, cantonales ou européennes, je n’oublie pas que le taux de participation a été massif en 2007 parmi elles comme dans l’ensemble du pays. Je n’oublie pas que leur vote est déterminé par la capacité ou non de la gauche à répondre aux causes et conséquences de la mondialisation. La clé de la victoire pour la gauche, dans l’avenir proche comme sur le long terme, c’est le lien qu’elle doit renouer avec ces classes populaires (...) »

Pierre Moscovici a également, sur RFI, rejeté les arguments de Terra Nova !

Et enfin, Solférino 2012 qui est un groupe de plus de 50 députés socialistes qui veut conforter l'action de Martine Aubry à la tête du Parti socialiste a écrit : « (...) Ce choix, défendu dans certains milieux bien pensants et ripoliné en modernisme, serait mortifère pour la Gauche. D'abord parce que ce qui a toujours été au coeur de la Gauche et qui l'a réunie est la volonté d'améliorer d'un même mouvement les conditions de vie quotidiennes des classes moyennes et populaires. Toutes les victoires de la Gauche se sont bâties sur ce principe, et notamment celle du 10 mai 1981 (...) »

Et oui, monsieur Ferrand, il ne suffit pas aujourd'hui de publier une sorte de rectificatif qui permettrait de décrypter ce que vous avez publié la veille. C'est hier qu'il fallait le faire figurer avec votre « essai » !

Reste maintenant à savoir si certains candidats à la primaire socialiste sont en mesure d'approuver le raisonnement de Terra Nova. Si c'est le cas, qu'il se fassent connaître rapidement, afin que les votants à cette primaire, les éliminent rapidement et sans remord !


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Terra Nova

12 mai 2011

Mais ou est donc passé : l'Observatoire du fabriqué en france ?

Particulièrement prisés par les politiques et les milieux économiques, les observatoires ont pour utilité de calmer l'opinion tout en ayant vocation au mieux à végéter, au pire à disparaître. Il semble que c'est le cas de " l'observatoire du fabriqué en France "

Qui à part Christian Estrosi, l'éphémère ministre de l'industrie ou quelques initiés, se souviennent de : « l’Observatoire du Fabriqué en France » ? En septembre 2010, le blogueur Eugène repris par Marianne2 en faisait état lors de son lancement, rappelant que : « (...) les indicateurs du premier tableau de bord du Fabriqué en France, dévoilé le 31 août par Christian Estrosi, étaient dans le rouge »

Rappelons nous un instant les déclarations du ministre toujours disponibles, sur le site du gouvernement : « Christian Estrosi a présenté l’Observatoire du Fabriqué en France, à Paris le 31 août 2010. Ce nouvel outil permettra de faire le point chaque année sur l’état de l’industrie française (...) En créant l’observatoire du Fabriqué en France, Christian Estrosi souhaite préparer la France d’après crise. Pour le ministre, il s’agit de redonner à l’industrie française les moyens de regagner des parts de marché et de créer des emplois, tout en augmentant la production industrielle de 25 % d’ici à 2015 (...) »

Suivaient de très sérieux indicateurs : « (...) L’Observatoire du Fabriqué en France va se fonder sur trois indicateurs, mis à jour chaque année (...) » Pour finir par ce morceau d'anthologie : « L’Observatoire que vous découvrez aujourd’hui n’a pas été conçu comme un simple outil de description statistique, mais comme un objet de dialogue, de débat, et de décision »

Les activités concernés par l'observatoire étaient : « Automobile, ferroviaire, aéronautique, construction navale, technologies et services de l'information et de la communication, industrie de la mode et du luxe, industries des biens de consommation, chimie et matériaux, industries de santé, agroalimentaire et éco-industries »

Et puis plus rien ... jusqu'au 4 avril dernier où, on apprenait, que : « Eric Besson a annoncé qu'une double concertation serait bientôt engagée sur le marquage des produits français mis en vente sur le marché communautaire d'une part, et sur l'éventuelle création d'une indication géographique protégée industrielle au niveau communautaire d'autre part (...) le ministre a annoncé l’engagement de travaux destinés à mettre en œuvre les propositions formulées par Yves Jego, en faveur du made in France, dans le rapport qu’il a remis au président de la République en mai 2010. (...) »

Nouveauté : Eric Besson a créé en mars 2011 un : « Comité stratégique de filière des industries des biens de consommation » dont la mission sera d'examiner : « (...) La valorisation du fabriqué en France (...) »

Maintenant, en termes d'efficacité, il ne semble pas possible de connaître les résultats du : « nouvel outil qui devait permettre de faire le point chaque année sur l’état de l’industrie française » et à fortiori de ceux qui devait permettre : « à l’industrie française les moyens de regagner des parts de marché et de créer des emplois »

Mais pas d'impatience, puisque, comme l'indiquait, le site du ministère de l'économie et des finances, le 4 mars 2011 : « Les résultats de ces travaux (Comité stratégique de la filière des industries des biens de consommation) seront rapportés devant la conférence nationale de l’industrie (CNI) »

Résultats qui, sans doute seront longuement étudiés ... jusqu'au lancement officiel de la campagne présidentielle de 2012. Pendant laquelle, il sera toujours temps de promettre de : « redonner à l’industrie française les moyens de regagner des parts de marché et de créer des emplois, tout en augmentant la production industrielle de 25 % d’ici à 2015 » !

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Portail du gouvernement

11 mai 2011

Réforme fiscale et prime aux salariés : Champagne et fumisterie ?

Etonnante coïncidence : Le gouvernement espère faire voter en même temps, les textes sur la prime des salariés et de la réforme fiscale. Une habile façon de détourner l'attention des salariés sur les cadeaux fiscaux faits aux plus aisés ?


Selon l'Usine Nouvelle, le gouvernement envisage, en ce qui concerne la prime aux salariés : « (...) une adoption définitive du texte avant l’été par le Parlement. La première lecture doit avoir lieu dans la semaine du 14 juin à l’Assemblée Nationale (...) et en ce qui concerne la réforme fiscale, il : « (...) souhaite une adoption du projet de loi avant le 14 juillet. La première lecture à l’Assemblée nationale pourrait donc être effectuée début juin (...) »

Si certains diront qu'il s'agit de rationaliser le temps et l'énergie des nos parlementaires, d'autres, s'attarderont sur le machiavélisme du tempo !

En effet, ce n'est qu'en 2012 que le bouclier fiscal devrait disparaître. Néanmoins, il est maintenu pour cette année et le gouvernement a décidé, comme l'écrit l'AFP : « (...) pour plus de discrétion (...) » que « (...) le fisc n'adressera plus de chèques cette année-là aux contribuables aisés. Ils déduiront eux-mêmes, ni vus, ni connus, le montant du bouclier et celui de l'ISF dont ils s'acquittent parallèlement (...) »

Sur l'ISF en particulier, les allègements représenteront un perte de : « 900 millions pour les caisses de l'Etat que le gouvernement a promis de compenser à l'euro près (...) »

Toutefois : « (...) Selon les calculs du syndicat des impôts Snui-SUD Trésor, les 1000 ménages disposant à la fois d’un capital de plus de 16 millions d’euros et de très hauts revenus devraient ainsi économiser, chacun, près de 400 000 € par an (...) »

De quoi irriter la fameuse classe moyenne, que prétend défendre Laurent Wauquiez, le pourfendeur ... de l'assistanat social !

En effet, le site Web de L'entreprise, qui semble bien informé, donne aujourd'hui, les détails du projet de prime, que le gouvernement devrait soumettre aux assemblées. Et là, pas de quoi pavoiser !

Première information : « La nouvelle prime sera exonérée de cotisations jusqu'à 1200 € »

Quelles seront les entreprises qui y seront assujetties ?

« (...) Les entreprises (ou les groupes) de 50 salariés et plus qui ont versé des dividendes en hausse par rapport à la moyenne des dividendes des deux années précédentes (...) »

Le montant et les modalités seront-ils fixé par la loi ?

« (...) Le montant et les modalités de versement de la prime seront librement déterminés dans chaque entreprise (...) »

Quelle fiscalité lui sera t-elle imposée ?

« (...) Le salarié sera imposé sur cette prime. Pour les entreprises, elle sera déductible de l'impôt sur les sociétés (...) »

Question qui fâche : A défaut de connaître le montant que chaque entreprise acceptera, après négociations, accord avec le personnel ou tout simplement de façon unilatérale. Combien de salariés toucheront quelque chose ?

Partant du principe que : le nombre d'emplois salariés s'établissait à 16,4 millions au 3e trimestre 2010 et que, comme l'expliquait Le Monde : « (...) Une minorité d'entreprises verse des dividendes (...) » Et que seules : « 16,4 % des PME étaient concernées (...) » Rapport Cotis

« (...) environ quatre millions, seraient concernés par la prime, obligatoire dans les entreprises au-dessus de cette taille dont le dividende a progressé l'année par rapport à la moyenne des deux années précédentes. Cette annonce revient sur l’estimation effectuée par le même ministère fin avril. A l’époque, il évoquait un chiffre atteignant les huit millions de salariés concernés par les négociations (...) » explique l'Usine Nouvelle

Alors, opération de communication destinée à cacher au plus grand nombre, les petits cadeaux destinés à l'électorat traditionnel de l'UMP ?

C'est ce que pense Jean Arthuis, le très peu primesautier président de la commission des finances du Sénat (et partisan de la suppression totale de l'ISF) : « (...) Tout cela c’est de la gesticulation, cela ne fait pas une politique salariale et cela relève seulement de considérations de conjoncture politique (...) » Ce qui ne saurait, modifier l'attitude du gouvernement et de sa majorité parlementaire, qui ont d'ores et déjà décidé, des attributaires ... du champagne et de la fumisterie !

10 mai 2011

Medef : Des tickets sports pour améliorer le climat social ?

Comment faire oublier aux salariés, la prime gouvernementale, la pénibilité, le stress, et améliorer le climat social dans les entreprises ? Voila une question à laquelle le Medef a une réponse simple : Offrir des «tickets sport» aux salariés !

Avec le Medef, en termes de propositions pour l'amélioration des conditions de travail, on est jamais déçu ! En effet, alors que celui-ci mène toujours un combat âpre pour minimiser le montant de la (future possible) prime gouvernementale pour les salariés, comme le montre le communiqué du Medef de l'Aude, publié aujourd'hui, dans le journal l'Indépendant

Extraits : « (...) Le Medef Aude s'élève contre cette décision qui vise une fois de plus à faire peser sur les entreprises de nouvelles dépenses obligatoires (...) les entrepreneurs ne comprennent pas l'ingérence d'un État dépensier dans le dialogue social des entreprises. Le dialogue social est de la compétence de chaque dirigeant ainsi que de leurs syndicats représentatifs. Ce que souhaitent réellement les salariés ce sont des augmentations de salaire pérennes, qui ne sont possibles que s'il y a de la croissance. Or, les entreprises de l'Aude sont encore trop fragiles pour prétendre à une telle augmentation (...) Un dispositif qui oppose au lieu de rassembler. De quoi favoriser un profond sentiment d'injustice sociale que les syndicats ont d'ailleurs parfaitement perçu. Sauf à révolutionner le modèle économique et social et à prendre le pouvoir dans les entreprises, l'État n'a pas à intervenir dans la gestion des entreprises. Nous ne pouvons accepter qu'il décide de donner l'argent des autres et ne remette pas en cause sa propre gestion (...) »

Il continue de réfléchir à l'amélioration du dialogue social et des conditions de travail des salariés ! Et de quelle façon, direz-vous ?

Et bien, en réfléchissant à la possibilité de distribuer des : « (...) titres sport comme il existe des titres restaurant (...) »

Extrait de Medef argu de mai 2011 : « Le sport un levier de croissance durable pour la France : (...) Les problématiques de santé et de bien-être au travail prennent une importance de plus en plus grande, pour les salariés, comme pour les chefs d’entreprise. Or quoi de mieux que le sport pour garder ou retrouver la forme et le moral !

L’entreprise peut être un des vecteurs majeurs du développement des activités physiques et sportives qui peuvent contribuer à réduire le stress professionnel, à répondre à la demande de mieux-être au travail des salariés et à améliorer le climat social dans l’entreprise. C’est pourquoi le Comité Sport du MEDEF a lancé une réflexion sur la mise en place d’un titre sport, comparable au titre restaurant (...) Des études d’impact sont en cours pour évaluer l’équilibre budgétaire de ce dispositif, l’impact en matière de santé publique et donc de moindre déficit de la sécurité sociale venant idéalement compenser les avantages fiscaux (...) »

Oui, car bien entendu, le Medef n'envisage pas de financer ce programme, puisqu'il indique en toutes lettres que celui-ci serait : « exonéré de charges sociales et fiscales pour l’entreprise » mais toutefois (il faut dire merci ?) « net d’impôt pour le salarié »

En gros : Des employés destressés, moins revendicatifs, souffrant moins de troubles squeleto musculaires et qui, par conséquent coûteraient moins cher à la sécurité sociale. Une idée de génie non ?

Enfin idée seulement, car, le Medef, toujours soucieux que l'Etat finance ses idées, mais refuse que celui-ci intervienne dans la gestion des entreprises, n'oublie surtout pas d'indiquer clairement que le titre sport serait : « facultatif pour l’entreprise » ! Non mais !


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TMS par CFDT Auchan

09 mai 2011

Wauquiez et Goasguen : Perdre son âme plutôt qu'une élection ?

Pour les hommes politiques au pouvoir, perdre les élections est leur pire cauchemar. Certains, comme Laurent Wauquiez ou Claude Goasguen, sont d'ailleurs prêts à adopter certaines demandes du Front National pour s'y maintenir !

Dans une chronique du 23 mars 2011, Marie-Bénédicte Allaire, du service politique de RTL déclarait : « (...) en 1987, une tribune de Michel Noir, à l'époque député maire RPR de Lyon avait jeté un pavé dans la mare ... il écrivait qu'il valait mieux perdre une élection que son âme ... l'UMP n'en est pas aujourd'hui à se poser la question d'une alliance avec le FN ... mais si elle ne veut pas en arriver là ... elle doit montrer qu'elle a d'autres réponses à apporter ... et notamment des réponses économiques sociales ... or on peut se poser la question ... lancer des débats qui tournent au défouloir anti-musulmans ... jeter l'opprobre sur les roms ... n'est-ce pas d'une certaine façon perdre son âme quand on se réclame d'une droite républicaine (...) »

Or, les dernières déclarations de Laurent Wauquiez au nom de la droite sociale et celles de Claude Goasguen au nom de la droite populaire laissent à penser que l'UMP préfère se focaliser sur le fait que : « (...) Marine Le Pen devient la personnalité qui recueille le plus de suffrages auprès des sympathisants de droite : 55 % (+ 10 points en un mois ) » que des : « réponses à apporter, notamment économiques sociales »

Laurent Wauquiez a : « jugé anormal que le système de protection social, le plus généreux d'Europe, permette aux étrangers, très facilement, de bénéficier de nos différents outils de solidarité. Il est normal que quelqu'un qui vienne en France bénéficie de notre système à condition qu'il ait un minimum contribué (...) suggérant d'établir une durée minimale de travail - cinq ans - pour pouvoir y prétendre (...) » - Le Monde

Franchement novateur, lorsqu'on sait que la proposition de monsieur Wauquiez a été émise en ... 1985 et en ... 2001 !

« (...) nous offrons pratiquement gratuitement aux gens qui rentrent chez nous sans aucun contrôle des services sociaux qui sont gratuits pour ceux qui en bénéficient mais pas pour la communauté Française qui les paie avec ses impôts (...) » J-M Le Pen à L'heure de vérité

Dans le même registre, on trouve : « (...) Dans cet esprit, je veux que la priorité soit de nouveau accordée aux citoyens français pour les emplois et les prestations sociales. Et cette mesure ne constituera pas seulement une mesure de justice à l'égard de nos compatriotes, mais contribuera aussi à dissuader les étrangers peu scrupuleux de venir chez nous abuser de notre pays (...) » Bruno MEGRET - Discours de lancement de la campagne présidentielle

Le tout synthétisé dans le programme du FN : « (...) Supprimer les pompes aspirantes en réservant les aides sociales diverses et les allocations familiales aux seuls Français et en réinstaurant, dans le cadre de nouvelles dispositions législatives, la préférence nationale pour les prestations sociales (...) »

Moins médiatisé mais pourtant aussi significatif : Claude Goasguen, qui ne souhaitait pas être en reste a lancé : « (...) Je souhaite que l'on commence par enregistrer les situations de double nationalité au moment des actes de mariage, de naissance ou de naturalisation. On disposerait ainsi à terme d'un registre des binationaux, (...) En France aujourd'hui, on ne sait pas combien ils sont, sans doute 4 à 5 millions. Je souhaite aussi qu'on aille progressivement vers une limitation de la double nationalité (...) »

Qui n'est qu'une variante de : « (...) Lancer une réforme du droit de la nationalité, en supprimant notamment la binationalité et l’acquisition automatique de la nationalité (celle-ci ne serait alors automatique que si l’on est de père ou de mère français) » Programme du Front National ou de : « (...) Oui je crois qu'il faut changer le code de la nationalité, qu'il faut supprimer le droit du sol et je pense qu'il faut supprimer la double nationalité (...) » Marine Le Pen en 2009

Et qui fait suite à l'échec d'une tentative du même Goasguen à l'Assemblée Nationale, avortée par le Sénat qui a : « (...) retoqué deux dispositions, introduites par les députés à la demande de la Droite populaire (issue de la droite de l'UMP), modifiant l'accès à la nationalité. Le premier supprimait l'automaticité de l'acquisition de la nationalité pour les jeunes étrangers de 18 ans (...) » - Le Figaro

Mais qu'en est-il vraiment, de l'application des ces mesures, destinées à convaincre l'électorat de droite extrême de revenir dans le giron de l'UMP ?

Danièle Lochak, professeur à l'université de Paris X-Nanterre et présidente du Gisti donne une réponse précise : « (...) L'administration ne saurait, de son côté, refuser à un étranger le bénéfice d'un droit ou d'une prestation aussi longtemps qu'il n'existe aucun texte législatif ou réglementaire réservant ce droit ou cette prestation aux Français. L'article 187-1 du Code pénal punit en effet de peines de prison et d'amende « tout dépositaire de l'autorité publique ou citoyen chargé d'un ministère de service public » qui refuse sciemment à une personne, en raison de son origine, ou de son appartenance ou de sa non appartenance à une race ou une nation déterminée, le bénéfice d'un droit auquel elle pouvait prétendre (...) »

Néanmoins, ajoute Danièle Lochak, un débat reste toujours possible puisque : « (...) Le Conseil constitutionnel n'a jamais eu à se prononcer directement sur cette question. Dans une décision rendue le 23 janvier 1987, il n'a pas considéré comme inconstitutionnelle la loi qui ouvrait la possibilité de subordonner à une durée minimale de résidence sur le territoire français le bénéfice de certaines prestations sociales, se bornant à indiquer que la mise en oeuvre de cette loi par le pouvoir réglementaire ne devrait pas aboutir à dénaturer le principe posé par le Préambule de la constitution de 1946 selon lequel « la nation garantit à tous (...) la protection de la santé, la sécurité matérielle (...) »

Alors, l'UMP et ses dirigeants pousseront-ils leur raisonnement jusqu'à rendre un peu plus crédible la déclaration de Jean-Marie Le Pen : « les électeurs préféreront un jour l'original à la copie » ? En tous cas, il semble bien qu'à l'UMP, on ait choisit de : perdre son âme plutôt qu'une élection !

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Hervé Baudry

06 mai 2011

2007 - 2011 : Que reste t-il du sarkozysme flamboyant ?

Que reste t-il, aujourd'hui, du sarkozysme en 2011 ? C'est ce qu'on est en droit de se demander, au moment où seuls 17% des français jugent son bilan plutôt positif et que sa côte de confiance est de 20%. Peut être quelques vidéos flamboyantes et ... accablantes !

Il n'y aura, aujourd'hui, de fête à l'Elysée pour célébrer les quatre ans de présidence de Nicolas Sarkozy. La seule manifestation publique aura lieu à Toul, fief de Nadine Morano, où François Fillon fera semblant de se réjouir d'un bon bilan !

Mais, au delà des quatre années passées, il ne faut pas oublier que le début de la conquête du pouvoir par Nicolas Sarkozy et l'UMP remonte à 2005. Nous avons d'ailleurs trouvé une vidéo UMP dans laquelle les promesses d'un monde nouveau et meilleur abondaient



Pour ce qui concerne la suite, nous avons décidé de vous remémorer les spots de campagne du candidat Sarkozy qui sont, vous l'avouerez, des morceaux d'anthologie !


Nicolas Sarkozy - Spot campagne



Nicolas Sarkozy - Spot Campagne 2



Nicolas Sarkozy - Spot Campagne 3


Ne pas oublier, bien entendu, le très célèbre : « Je ne vous décevrai pas .... »


Sarkozy: je ne decevrai pas par dagrouik


Ni l'engagement formel sur le maintien de la retraite à 60 ans



Quand à la « présidence du pouvoir d'achat » , les français retiendront que, pendant qu'on s'active sur l'allègement de l'ISF, la très grande majorité des salariés ne seraient pas concernés par la prime « médiatique », puisque celle-ci pourrait, en fin de compte, ne concerner que ceux des entreprises du CAC40 !

En fait, chaque citoyen électeur peut mesurer la distance, qui sépare les promesses du candidat à celle du Président, qui pourtant, continue à ne pas douter de ses chances, pour un nouveau mandat de 5 ans.

En effet, c'est sans le moindre complexe qu'il a déclaré, lors d'une récente réception des députés UMP à l'Elysée : « (...) Moi, la situation je la sens bien. Je viens de si loin. Depuis 1995, j'ai tant d'expérience du pays, les Français regardent leurs dirigeants, comment ils se comportent et, dans la difficulté, s'ils sont solides (...) Quand le paysan sème, l'imbécile au bord de la route ne voit pas qu'il sème et qu'il a labouré profond depuis longtemps (...) cette élection, je commence à pas trop mal la sentir (...) »

Au delà de cette immodestie, Monsieur le Président, permettez-nous de vous dire, que ce sera aux français, et à eux seul, de juger de vos capacités à diriger le pays ... en 2012 !