27 septembre 2012

Compétitivité des usines françaises : De qui se moque le PDG de Renault ?

Le PDG de Renault lance un cri de détresse sur la compétitivité de ses usines françaises, oubliant au passage de préciser qu'il a déjà délocalisé 83% de la production actuelle et qu'une baisse des cotisations patronales ne servirait au mieux qu'à maintenir un minimum d'emplois.


Restera t-il, dans peu de temps, une usine de production automobile en France ?

C'est la question qu'on peut légitimement se poser en écoutant les très nombreuses lamentations des PDG sur le manque de compétitivité des usines françaises ou d'Europe de l'ouest. En fait, aucun ne parle du cycle de paupérisation, du aux cures d'austérité, imposées aux populations, qui ont détruit toute notion de pouvoir d'achat. Non, ils se plaignent que leurs clients, hormis les produits essentiels, reportent leurs achats les plus importants, notamment ceux d'achats d'automobiles neuves.

Que faire, lorsque les salaires sont trop bas et que l'angoisse du chômage réfrène toute velléité de consommation ?

Henri Ford qui n'était ni philanthrope, ni bolchévique, avait choisi de payer en moyenne deux fois mieux ses salariés que ses concurrents. Pour quelles raisons ? : attirer les ouvriers aux compétences les meilleures afin d’augmenter la productivité du travail et le fait que : « Un ouvrier bien payé est un excellent client ». Force est de constater qu'un siècle plus tard, les patrons de PSA et Renault nous expliquent que faute d'acheteurs, il est nécessaire de baisser le coût du travail et de flexibiliser le travail et les salaires de leurs ouvriers.

Ce qui ne résoudra rien puisque les clients sont aux abonnés absents. Mais écoutons les arguments du PDG de Renault. 

Carlos Ghosn souligne que le problème de Renault était moins lié aux surcapacités qu'à la compétitivité de ses usines françaises. « Aujourd'hui, le principal sujet de Renault, notre urgence même, c'est notre compétitivité en France (...) » Carlos Ghosn, disant attendre du gouvernement : « des choix et un plan d'action (...) Nous avons un problème de coût du travail et nous avons besoin de flexibiliser le travail, notamment dans l'industrie (...) »

Notons au passage que Carlos Ghosn n'a pas le moindre scrupule à concurrencer les productions de  ses usines françaises avec des DACIA made in Roumanie ou Maroc. Ou même de proposer sous le logo Renault les modèles haut de gamme Latitude et Koleos fabriqué en Corée. Pas plus qu'il n'a de scrupule à importer plus de véhicules au losange en France qu'il n'en exporte ! Allons, soyons sérieux deux minutes. Comment peux t-on comparer les coûts salariaux des ouvriers slovènes, turcs, marocains, roumains ou russes avec ceux des français ?

La compétitivité, un simple alibi ?

La réalité, c'est que monsieur Ghosn a fait des choix stratégique par lesquels la marque Renault est devenue, au fil du temps, un moyen de rebadger des productions DACIA (Brésil et Russie) et surtout ne doit pas gêner Nissan et sa filiale de luxe INFINITI si chers à son coeur. Et ce ne sont pas les véhicules électriques dont la diffusion devrait rester confidentielle, qui vont cacher le fait qu'à part la nouvelle Clio (dont seulement une partie sera fabriquée en France) et le serpent de mer Alpine, l'avenir industriel de Renault n'est plus en France. 

L'argument compétitivité n'est qu'un alibi. Car, en admettant que le gouvernement français diminue de façon considérable les cotisations patronales, rien n'empêchera les constructeurs automobiles de continuer de développer leur outil de production dans les pays aux coûts salariaux et aux normes sociales les plus bas.

En fait, à terme, les clients de la zone Europe, deviendront des consommateurs d'appoint puisque les constructeurs ont déjà les yeux tournés vers la future clientèle des pays émergents où ils ont des usines ou des joint-ventures qui fourniront un jour ou l'autre ... le marché européen.

Alors, faire croire qu'en transférant les cotisations des entreprises vers les consommateurs (TVA) ou les contribuables (CSG) suffirait à ne plus supprimer d'emplois et même à en créer n'est qu'une imposture et viendrait au mieux améliorer les marges au profit ... des actionnaires. 

La longue plainte de nos constructeurs automobiles n'est en fait qu'un rideau de fumée destiné aux français, qui pourraient prendre ombrage en tant que consommateurs de la programmation des fermeture d'usines de production dans l'hexagone. 

De façon plus prosaïque, l'avenir de l'automobile française est déjà en place. La Roumanie, le Maroc et probablement bientôt la Chine et l'Inde fourniront les véhicules low cost destinés aux salariés low cost. La République Tchèque, la Slovaquie ou la Hongrie fourniront les classes moyennes, et des accords passés avec des constructeurs germaniques permettront de proposer du haut de gamme. 

Ce qui fait qu'on oubliera le plus rapidement du monde le label France, inventé par le précédent gouvernement, que ni Renault ni PSA n'ont demandé, mais que, curieusement TOYOTA a obtenu haut la main. TOYOTA qui, outre ne pas pousser de longues plaintes, va exporter aux Etats Unis des Yaris fabriqués en France.

Suggérer à Carlos Ghosn d'aller leur demander conseil pour ses problèmes de compétitivité en France ne serait, décidément pas, une mauvaise chose ! 


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21 septembre 2012

Flexibilité des salariés : L'arme légale de destruction massive d'emploi du Medef ?

La première réunion des syndicats de salariés et des organisations patronale a lieu aujourd'hui au siège du Medef. Laurence Parisot n'a qu'un objectif : la flexibilité pour tous et quelques autres propositions qui devraient ... inquiéter des millions de salariés !


Aujourd'hui s'ouvraient, au siège du Medef, les négociations sur la réforme du marché du travail, qui va impacter la vie de millions de salariés français. Si cette première journée devait être assez consensuelle, puisqu'on y parlait des contrats de génération, les suivantes devraient être musclées puisque, comme l'a déclaré Laurence Parisot, le Medef ne cèdera pas sur « l'indispensable » ... flexibilité !

La flexibilité de tous les salariés, rêve, que dis je, ultime fantasme du patronat deviendra t-elle une réalité ? 

C'est bien ce que qu'espère une partie du patronat qui passe sont temps à nous expliquer qu'à condition qu'on puisse se débarrasser à moindre coût d'une partie du personnel, lorsqu'il le jugent nécessaire, on frôlerait quasiment le plein emploi !

Dans l'attente de ce « grand soir », les CDD (de plus en plus courts) sont devenus avec la rupture conventionnelle les deux principaux outils de flexibilité du patronat. Ce qui n'est pas encore assez aux yeux du Medef.

Néanmoins il existe encore des entreprises qui embauchent en CDI et qui étrangement sont traités de la même façon que les pourvoyeurs de CDD. D'où l'idée émise par Michel Sapin le ministre du travail d'augmenter les cotisations chômages sur les CDD et de les diminuer sur les CDI.

Bonne idée direz-vous. Que nenni, répond la patronne du Medef. Au lieu de celà il vaudrait mieux ... flexibiliser l'ensemble des salariés ! 

Laurence Parisot explique : « (...) si la France a davantage recours aux contrats courts que les autres pays européens, c’est parce que ce sont les seuls éléments de souplesse à la disposition des entreprises »

Quel est le rapport avec le fait que certains employeurs usent abusent des CDD alors que d'autres privilégient les CDI et qu'une baisse des cotisations chômage de ces derniers serait méritée ?

Aucun. mais attendez la suite  ...

Laurence Parsiot : « Un tel mécanisme de taxes pourrait s’envisager si nous progressons en termes de souplesse (...) il faut faire les choses dans l’ordre, c’est-à-dire offrir davantage de flexibilité aux entreprises avant de se pencher sur une éventuelle taxation des contrats courts (...) »

Envie de rire ? Ne vous gênez pas, mais pas trop longtemps car notre amie Laurence a encore d'autres idée géniales

« (...) le Medef réclame un cadre normatif nouveau concernant la durée du travail et le maintien des effectifs dans l’entreprise, un raccourcissement et une sécurisation des procédures collectives et, enfin, l’instauration d’un mécanisme permettant de plafonner les dommages et intérêts versés au salarié, notamment dans les TPE et les PME (...) »

En clair : Suppression de la durée légale du travail (et de facto, fin des heures supplémentaires), assouplissement des procédures de licenciement, mise à mort des obligations en cas de plans sociaux et enfin un plafonnement des sommes, le plus souvent légitimes, que les salariés peuvent obtenir au prud'hommes !

En gros, les salariés éviteraient juste de faire cadeau de leur salaire pour avoir le droit de venir tous les jours au boulot .... Mais s'ils insistent, le Medef n'est pas contre.

Et que propose le Medef en échange de tout ça ?

Laurence Parisot explique que celà s'accompagnerait : « (...) de nouvelles garanties pour les salariés, notamment en termes de portabilité des droits (...) » Et préconise qu'il faudrait : . « (...) également améliorer l’accompagnement des demandeurs d’emploi (...) »

Foutage de gueule ? Certainement, mais au Medef, ils doivent franchement rigoler à l'idée que les syndicats doivent discuter des ces accompagnements et préconisations !

En fait, la seule question qui vaille d'être posée, c'est : Qui va payer pour former ou réorienter des milliers de salariés licenciés au moment où l'objectif est le désendettement de l'état que le Medef réclame à cor et à cri ?

Réponse : ça n'est pas le problème du Medef, puisque la compétitivité passe obligatoirement par des dégraissages et des charrettes de licenciés. Mais il est certain qu'au cas où le Medef obtiendrait gain de cause, que le nombre d'inscrits à Pôle Emploi exploserait, et que ces nouveaux chômeurs découvriraient que la flexi-sécurité se résume à pointer tous les mois avec les plus anciens !  

En colère ? Vous pouvez, mais attendez, madame Parisot n'a pas finit

Laurence, décidemmment dans un grand jour, propose de : (...) donner davantage d’informations aux représentants du personnel dans l’entreprise » et conclue, en déclarant cette flexi-sécurité, sauce Medef : « permettrait d’atténuer deux grandes peurs réelles dans la société : celle du chômage et celle de l’embauche »

Cynisme ou humour ? A vous d'en décider.

Il n'en reste pas moins qu'à l'issue de cette négociation majeure, qui sera probablement la dernière de Laurence Parisot, dont le mandat à la tête du Medef prendra fin en 2013, deux solutions s'offriront aux salariés : Se battre contre une précarisation généralisée, ou passer de temps en temps admirer la statue en marbre, ou en or massif de Laurence Parisot, que le Medef lui aura consacré, et qui sera installée dans l'entrée de son siège social, histoire de se remémorer le temps d'avant la flexibilité !

Sources
Le Point
20Minutes
Direct Matin
L'Express

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14 septembre 2012

Prix du tabac : La moralisation par l'argent ?

Les cigarettes vont encore augmenter. Ce qui va ravir les associations anti tabac et remplir les caisses de l'état à un moment opportun. Problème les plus touchés seront tous les précaires. Simple moralisation par l'argent ? 




En augmentant le prix des cigarettes de 40 centimes au paquet, c'est à dire une hausse de 6% pour les moins chères et de 7% pour les plus chères, il faudra donc sortir de 6,10 à 6,60 € de son porte monnaie pour en acquérir.

Ce qui doit mettre en joie les associations anti fumeurs et un peu aussi Jérôme Cahuzac le ministre du budget. Bien entendu, le message est : " Le moyen le plus efficace pour réduire la consommation de tabac". Néanmoins nous explique Metro France : " (...) le tabac constitue l'une des sources de revenus pour les finances publiques, taxes et TVA avaient rapporté 13,8 milliards d'euros à l'Etat "


Soyons clair, il n'est pas question ici de faire l'apologie d'un produit que nous savons tous nocif, mais de poser une question : Quels sont les fumeurs qui vont être le plus touchés par cette nouvelle hausse ?

Roselyne Bachelot alors ministre de la Santé  s'inquiétait d'une hausse de la consommation et nous en donnait la raison : " (...) l'augmentation de la consommation chez les femmes, mais aussi " un effet crise "

Effet crise, c'est à dire ?

Et Roselyne Bachelot d'ajouter : " Pratiquement 50% des chômeurs sont fumeurs et à l'évidence la crise, l'augmentation du chômage, a eu un effet sur l'augmentation de la consommation du tabac " et pour finir, de déclarer : " Je me rapproche de Pôle Emploi pour qu'il y ait une action spécifique" menée auprès de ce public (...) "

Choquant ? Certainement ! car si on peut avec d'énormes efforts cesser de fumer, la volonté n'est pas suffisante pour les plus de 5 millions de français inscrits à Pôle Emploi pour trouver un travail décent. Après tout pourquoi les chômeurs n'essayeraient-ils pas la camomille ?

Mais pour en revenir à la prochaine augmentation, et notre question : Quels sont les fumeurs qui vont être le plus touchés par cette nouvelle hausse ?

Si nous excluons les mineurs et les jeunes, principale, cible, annoncée des gouvernements, ce seront les fumeurs pauvres et/ou précaires. Dans la mesure où ceux-ci sont en permanence sur le fil du rasoir, en ce qui concerne leur budget, ils se priveront d'autre chose pour continuer à fumer, tout en continuant à largement contribuer ... au renflouement des caisses de l'état.

Que ne sont-ils riches ou au moins aisés ! Car dans ce cas, ils pourraient rapporter quelques cartouches détaxées acquises lors de leurs déplacements professionnels ou touristiques. Ils pourraient même, avoir le bon goût de fumer avec élégance quelques cigares de qualité, sans s'interroger un instant sur le prix de cette élégance.

En fait, tout le monde se fout de savoir comment les moins fortunés d'entre nous s'arrangeront avec la nouvelle augmentation. Le tout étant que la lutte anti tabac est un marronnier de communication utilisé par tous les gouvernements en difficulté financière ! Et comme environ 70% de la population ne fume pas, la stigmatisation est d'autant plus facile ...

Maintenant, la moralisation par l'argent qui consiste à pénaliser exclusivement ceux qui en ont le moins est assez méprisable. Tout comme l'idée de pénaliser les consommateurs de produits trop gras, trop sucrés ou trop salés, dont les pauvres seraient les premiers acheteurs ! 

Nous sommes parfaitement conscient que notre coup de gueule équivaut à "pisser dans le désert" et qu'un certain nombre de bien pensants trouveront toujours à nous opposer le fait que le nombre de pauvres est très supérieur à celui des riches.  Et que c'est pour cela qu'il faut frapper ces premiers au porte monnaie pour leur faire passer leur sale manie.

D'autant ajouteront-ils que ce sont ceux qui boivent le plus de mauvais alcools, développent de lourdes pathologies et coûtent cher à notre sécurité sociale.

Décidément, les pauvres et les précaires pourraient faire un effort pour devenir riches ou alors adopter rapidement un mode de vie plus sain, que diable !


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Le Figaro

12 septembre 2012

Chômage : Fillon veut faire travailler plus .. ceux qui ont un emploi !

Pour François Fillon l'essentiel n'est pas de réduire le chômage, mais de faire travailler plus ... ceux qui ont un emploi. Curieuse idée au moment où plus de 5 millions de personnes pointent à Pôle Emploi !


Si la guerre des candidatures fait rage à l'UMP, il existe toujours un moyen de faire l'unité, c'est de dénoncer les 35H00 qui sont, comme tout le monde le sait, coupables : Du manque de compétitivité, du déclin économique de la France, un cauchemar pour les entreprises et peut être même responsables du réchauffement climatique, de la déroute du capitalisme mondial et pourquoi pas de la défaite de l'UMP aux dernières élections !

Qu'à donc déclaré l'ancien collaborateur de l'ex Président de la République à propos des 35H00 ?

En campagne pour la présidence de l'UMP à Pavillons sous Bois dans le 93 avec ses "spécialistes" Laurent Wauquiez, Valérie Pécresse et Eric Woerth dont deux se sont illustrés dans leur incapacité à réduire la montée du chômage et de la précarité, il a déclaré : " Le plus important aujourd'hui, c'est de sauver l'économie française (...) Pour cela, il faut travailler plus (...) Il n'y a aucune chance de s'en sortir en étant le pays au monde avec le temps de travail le plus faible"

Résumons : Après avoir défiscalisé les heures supplémentaires, ce qui a eu pour effet de diminuer l'embauche des entreprises, il faudrait, alors que plus de 5 millions de personnes snt inscrites à Pôle Emploi, faire travailler plus ceux qui ont un emploi !

Etonnant direz-vous. Et vous auriez raison !

Car l'idée de François Fillon est la suivante : " qu'on puisse négocier dans chaque entreprise la durée du temps de travail ". Sachant que la durée légale maximale du travail fixée par l'Europe est de 48H00 par semaine et qu'il n'existerait plus d'horaire légal national, les salariés en poste auraient toutes les chances de ne plus jamais toucher de majoration pour leurs heures supplémentaires. Quant à ceux qui sont à la recherche d'un emploi, il faudrait qu'il attendent une démission, un départ à la retraite où d'un décès, pour espérer trouver un poste de libre !

Oui mais, explique Fillon :  " la concurrence des pays asiatiques rend nécessaire un "changement radical d'attitude"

Ce qui devrait ravir les salariés français, puisque pour lutter contre les pays asiatiques, il serait nécessaire de travailler de 70 à 80 heures, sans aucun droit du travail, de revendication ou de grève et d'accepter d'être viré du jour au lendemain sans demander son reste. On n'ose imaginer ce que François Fillon compte nous proposer pour lutter contre les produits fabriqués par des prisonniers ou des enfants mineurs !

Nul doute que ces propositions doivent faire un tabac à l'UMP et que les Copé, NKM, Chatel, Novelli, Bertrand, dont le livre de chevet est le programme économique du MEDEF vont les revendiquer haut et fort.

Et dire que ces gens aspirent à diriger à nouveau la France dans 5 ans ....



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06 septembre 2012

La compétitivité est un leurre dangereux !

Selon les dirigeants d'entreprises et les économistes, les problèmes de la France se résument à un banal problème de compétitivité. Symbolisée par les accords compétitivité-emploi, elle n'est qu'une spirale infernale pour les salariés. 


Un des gourous américains du marketing disait, il y a quelques années : " Il faut arrêter de réfléchir en termes de marges mais plutôt en termes de prix que le consommateur est prêt à payer "

Ce qui s'est avéré vrai, puisque le grand public est prêt à payer des sommes disproportionnées pour le dernier smarphone à la mode et que les plus riches d'entre nous sont capables d'attendre des années pour se faire livrer une voiture d'exception.

Dans l'industrie électronique, on sait depuis longtemps faire travailler des sous traitants asiatiques, pratiquant de très bas salaires, tout en investissant dans la communication et la publicité. Tout comme l'industrie textile sportive, par exemple, où le moindre maillot se négocie à 75 €, et la dernière paire de basket à la mode 140 €

Dans le monde du luxe, on entende très peu de plaintes de la part des dirigeants de LVMH, d'Hermes, de Breitling, de Rolex, Ferrari, Rolls ou Aston Martin, au sujet de la compétitivité. 

Dans les deux cas, nous sommes devant des cas de marges juteuses pour des produits pour lesquels les consommateurs ne discute pas le prix puisque la passion fait place à la raison.

Et puis, il a les achats de raison, les plus nombreux, qui sont soumis à la plus féroce concurrence. Dans ce cas, le consommateur, pour des raisons bien souvent budgétaires va faire jouer la concurrence et s'orienter vers les prix les plus avantageux ou les plus bas.

Comment en ce cas, les industriels français peuvent-ils répondre à la demande de "raison" ?

Pour certains, en délocalisant la production dans des pays à bas coût de main d'oeuvre, et pour d'autres, en envisageant de faire participer leurs salariés à la baisse des prix de leurs produits.

Comment envisagent-ils le faire ?

Hé bien tout simplement au travers d'accords compétitivité-emploi et de flexibilité accrue. Ce qui signifie que les salariés accepteraient de baisser temporairement (ce qui reste à prouver) leurs salaires, ne plus avoir d'horaire légal de travail, ou éventuellement travailler gratuitement au delà des 35H00 légales.

Admettons cette "participation" des salariés à la compétitivité de leurs entreprises permette de baisser le prix des produits qu'ils fabriquent. Il est plus que probable que leurs concurrents étrangers, de peur de perdre des parts de marché, demanderont des efforts identiques à leurs salariés, ou chercheront tout simplement un pays ... encore plus accueillant au niveau des salaires et conditions de travail.

L'entreprise française se verra donc obligée de demander un nouvel effort à ses salariés, ce qui déclenchera une réaction identique des ses concurrents étrangers ... Ce petit jeu pourrait continuer jusqu'au moment où les entreprises ne verseraient plus de salaire. Mais il aurait longtemps qu'il n'y aurait plus d'acheteur pour les produits.

Ce raisonnement qui peut paraître absurde est pourtant celui que l'on essaye de faire croire à l'ensemble des salariés. Salariés à qui on répète en boucle que ces mesures n'ont pour but que de préserver les emplois, alors que nul ne sait si les sacrifices qu'ils auront consentit donnera un avenir à leurs usines.

La réalité c'est que le libre échange a atteint ses limites. Lorsqu'on sait que la Chine, par transferts technologiques dispose aujourd'hui de tous les moyens intellectuels et techniques lui permettant de noyer le reste du monde de produits "achats de raison" et qu'il est le premier sous traitant des fabricants des "achats de passion" il est clair que mettre en place la spirale de baisse des salaires des ouvriers français n'a aucun sens !

En clair, Il serait nécessaire :

De revoir de fond en comble la nature des accords d'échanges entre pays adhérents à l'OMC
De se pencher sur les trous de la passoire européenne
D'exiger que pour exporter en Europe, les normes définies par l'Organisation Internationales du Travail soient clairement appliquées.

C'est pas demain la veille direz-vous ?

Et c'est bien dommage, car si ces exigences ne sont pas appliquées, ce sont les seuls salariés qui payeront la folie de la compétitivité.

Mais n'ayez crainte, cet appauvrissement progressif des salariés ne profitera pas uniquement aux éventuels consommateurs. Une partie de ce qu'ils auront cédé intégrera la poche des actionnaires qui, de toute façon, n'ont aucune envie de participer à la compétitivité des entreprises.

Quand on vous dit que la compétitivité est un leurre ! 

31 août 2012

Medef : Les entrepreneurs premiers discriminés de France ?

Durant les journées d'été du Medef, au milieu des habituelles revendications de flexibilité du personnel et du coût du travail a émergé un cri : Les patrons ne sont pas assez aimés. Ils en débattaient aujourd'hui. Ils ont essayé de nous prouver qu'ils étaient quasiment les premiers discriminés de France. 


Ceux qui croyaient que la discrimination touchait essentiellement les jeunes issus de l'immigration, les précaires, les chômeurs, les femmes, doivent revoir leur copie. En effet, les français les plus discriminés sont ... les patrons. Du moins, c'est ce qu'on affirmé une partie des invités à la Conférence-débat : « L’entrepreneur face aux dérives de l'exception française » de l'université d'été du Medef.

Victimes de la dette de l'état, des fonctionnaires, des impôts, du manque de souplesse dans la gestion des ressources humaines et d'obligations qu'ils qualifient d'un autre temps, les invités s'en sont donné à coeur joie.

Animée par Laurent Guez, directeur délégué de la rédaction, Enjeux Les Echos qui a frôlé l'orgasme en expliquant, en préambule, que : « entrepreneur » était ... le plus beau mot de la langue française, on y a évoqué, entre autre

La montée des préjugés anti-patrons
Les reliefs de la culture du conflit
Leurs conséquences aux prud’hommes
Thésauriser plutôt qu’investir : l’esprit bas de laine
     
Que dire de cette première liste ?

Tout simplement qu'au Medef on souhaiterait que les français et surtout les salariés acceptent de croire à un monde de Bisounours.

Un monde dans lequel, à son domicile, on remplacerait la photo des vieux parents par celle de son patron. A qui d'ailleurs on enverrai une petite carte pour son anniversaire et à qui on ne demanderait pas de payer d'heures supplémentaires de peur de lui faire de la peine.
Un monde où on remplacerait, dans les livres d'histoire, les héros morts pour la France par les patrons créateurs de richesse et de bonheur social
Un mode dans lequel on accepterait d'être uniquement payé lorsque la santé de l'entreprise est bonne
Un monde dans lequel les syndicats, autour d'un café ou d'une boisson plus corsée, viendraient récolter les éléments de langage destinés à faire passer un plan social
Un monde dans lequel aucun salarié ne se considérerait licencié abusivement
Un monde dans lequel les français refuseraient la sécurité du livret A au profit d'actions d'entreprises sans aucune garantie de spéculation ou de malversation

D'ailleurs, le Medef, dans sa grande sagesse, a des solutions pour nous entrainer dans ce merveilleux monde. Quelles sont-elles ?

En ce qui concerne les salariés, on retiendra : Le tutorat, le dialogue social et la rupture conventionnelle

Comme nous ne sommes pas encore dans un mode de Bisounours, nous rapellerons, pour mémoire, le résultat de ces solutions tant appréciées par le Medef

En janvier 2011, on pouvait lire sur le site du Figaro l'article suivant : Seniors : un abus de ruptures conventionnelles. Extraits

« (...) Ces « séparations à l'amiable » pourraient servir de préretraites déguisées financées par l'Unedic. L'étau se resserre sur les ruptures conventionnelles, ces «séparations à l'amiable» (...) connaissent un grand succès(...) et représentent désormais 11% des motifs de rupture de CDI (...) D'après le patron de Pôle emploi, un demandeur d'emploi sur cinq entrant à Pôle emploi suite à une rupture conventionnelle a plus de 50 ans. Cela représente le double de leurs autres motifs d'inscription. Or, les quinquas au chômage peuvent prétendre à une indemnisation pendant trois ans s'ils ont cotisé 36 mois. Et s'ils ont plus de 58 ans, «ils peuvent donc être indemnisés jusqu'à leur âge de départ à la retraite», admet le ministère du Travail (...) De là à dire que les employeurs se servent des ruptures conventionnelles pour se séparer «à bon compte et aux frais de l'assurance-chômage» de leurs seniors, il n'y a qu'un pas que l'OCDE a franchi en avril dernier (...) »

Donc vous en conviendrez, autant de possibles tuteurs en moins, ce dont le patronat ne s'est pas franchement vanté ! Ce qui n'empêche pas le même patronat de faire la fine bouche sur les contrats de génération, promis par François Hollande, et qui correspondent à un vrai tutorat !

Le dialogue social ou plutôt le ... monologue social

Laurence Parisot l'a démontré ces dernières années, et réitéré lors des dernières semaines : Si les entreprises n'obtiennent pas de négociation sur la flexibilité accrue de l'ensemble des salariés, il n'y aura rien à discuter. La position de Laurence Parisot est simple : elle attend de voir le document d'orientation avant de confirmer sa présence à la table des négociations, sachant que la flexibilité est LE sujet sur lequel elle ne cédera pas, sous peine d'accélérer les plans sociaux, comme nous vous l'expliquions hier.

Il est assez peu probable que les salariés accueillent favorablement des mesures basées sur la flexibilité et la souplesse de licenciement, sachant que ceux-ci déploraient, dans une enquête de l'OVAT de 2011, le manque de reconnaissance de leur hiérarchie à leur égard.

Reconnaissance qui devrait se limiter, si le Medef obtenait satisfaction, à apprendre à se contenter du monde de Bisounours décrit plus haut. Ce qui va être difficile à vendre à des salariés qui ont passé l'âge des contes de fée.

Une preuve, s'il en fallait,dirait notre amie Laurence, de : La montée des préjugés anti-patrons !


30 août 2012

Flexibilité et liberté de licencier : Nouvelle devise du Medef ?

Au Medef, on est pour la liberté de se séparer des salariés et de flexibiliser ceux qui restent. Mais ne vous inquiétez pas puisqu'il paraît que c'est pour éviter d'en mettre toujours plus au chômage.

Globalement si l'on en croît la majorité des média, à l'exception habituelle du Figaro, les dirigeants du Medef ont apprécié la visite de Jean-Marc Ayrault à leurs journées d'été. Néanmoins, ils continuent de réclamer plus de liberté pour flexibiliser le temps de travail ou licencier.

Première à dégainer, Laurence Parisot, nous promet, au cas où le gouvernement ne mettrait pas en place un transfert d'une partie des cotisations sociales des entreprises vers le contribuable et une flexibilité accrue pour tous les salariés que le chômage pourrait augmenter de 20% ! 

On pourrait appeler ça du chantage. En fait s'en est, mais chutt ...

En ce qui concerne les adhérents au Medef, leurs demandes sont assez similaires. On peut trouver une sélection dans un article publié par l'Expansion, dont le témoignage ci-dessous qui est assez symbolique de l'état d'esprit actuel d'un certain patronat

« (...) nous avons un rôle social majeur. Nous travaillons à une génération, ma boite familiale existe depuis trois générations et je travaille à la transmettre à la 4ème. On a besoin de souplesse : la dernière avancée c'est la rupture conventionnelle. On doit pouvoir embaucher et débaucher. Bref qu'on nous laisse notre pognon, qu'on nous donne de la souplesse et qu'on nous laisse faire ! (...) »

Souplesse et laisser faire ? Ben voyons !

Lorsqu'on sait que les ruptures conventionnelles sont tellement à la mode que même Laurent Wauquiez avait commencé à s'en inquiéter et que le : Embaucher et débaucher se traduit dans la majorité des cas par le seul ... débaucher, on est affolé à l'idée de laisser faire !

On peut aussi mesurer la fossé qui est en train de se creuser entre les salariés et certains employeurs. En effet, le salarié varialble unique d'ajustement est en train de devenir un tube patronal !

Et qu'arriverait-il, au cas où un gouvernement cédait à ce genre de revendications des employeurs ?

Hé bien, de 35H00, il serait possible par période de les faire travailler jusqu'à 48H00 les bons mois, et 20H00 ou moins lorsque l'activité ralentit. Au salarié de gérer sa trésorerie comme une entreprise et de se débattre avec sa banque dans les mois creux ! Bien entendu, au cas où l'activité stagnerait, il serait possible de se séparer à moindre coût d'une partie du personnel qui viendrait grossir le nombre des inscrits à Pôle Emploi.

Le Medef aurait tôt fait de hurler à la mort sur le sort de l'UNEDIC et on diminuerait la durée ou le montant de l'indemnisation. Dans le même temps, on obligerait les chômeurs à prendre n'importe quel job à trois euros six centimes, du genre ... mini job allemands. 

Pas engageant direz-vous ?

Certes. Cependant, Laurence Parisot, inventeuse de :  « La vie, la santé, l'amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? » a préféré, au lieu de se lamenter sur le sort des « variables d'ajustement » nous gratifier d'une nouvelle citation : « L'entrepreneur est comme l'albatros de Baudelaire : il se sent empêché, gauche, entravé par des réglementations aux contenus aporétiques »

A méditer ? Non, à oublier, vite ! 


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28 août 2012

Laurence Parisot : Sauvons les revenus et les rentiers du capital !

Laurence Parisot monte au créneau pour défendre les revenus du capital que le gouvernement souhaite aligner sur les revenus du travail. Elle aurait mieux fait de lire Alternatives économiques, avant de se proclamer défenseure des rentiers du capital !


A quelques heures de l'ouverture de l'université d'été du Medef, Laurence Parisot vient de lancer un anathème contre le gouvernement. Elle estime : « (...) qu'aligner les impôts sur les revenus du capital et ceux du travail comme le veut le gouvernement limiterait l'accès aux capitaux, plus personne n'ayant, par exemple, intérêt à placer son épargne en actions si la taxation des plus-values de cession est alourdie (...) »

En clair, si elle conçoit parfaitement qu'on puisse taxer à loisir les revenus du travail, pas touche aux revenus des actionnaires et autre rentiers des affaires. Cette déclaration tombe en même temps qu'un article fort intéressant sur : « Les inégalités en France », publié par Alternatives économiques dont l'Observatoire des inégalités a publié des extraits

Qu'y apprend t-on ?

Les riches n'ont cessé de s'enrichir depuis les années 90

« Dans les années 1990 et 2000, les riches se sont enrichis beaucoup plus vite que les autres et dans des proportions spectaculaires. Entre 2004 et 2007, tandis que les 90 % les plus modestes de la population voyaient leurs revenus déclarés augmenter de 9 % en moyenne, les 1 % les plus aisés connaissaient, eux, une hausse de 16 %, et les 0,01 % de 40 % (...) En pratique, l’essor des riches pendant cette période aura bien davantage consisté à garantir des gains considérables aux détenteurs de capital dans un contexte de croissance molle (...) »

Et Thierry Pech, directeur de la rédaction d’Alternatives économiques d'expliquer : « (...) aujourd’hui, à la faveur d’une crise qui met durement à l’épreuve les finances publiques, nombre d’États européens en reviennent. C’est notamment le cas en France où l’élection de François Hollande devrait marquer une rupture dans la politique fiscale à l’égard des plus fortunés : alignement de l’imposition des revenus du capital sur l’imposition des autres revenus, relèvement du seuil de la tranche marginale supérieure de l’impôt sur le revenu de 41 % à 45 %, création annoncée d’un taux d’imposition à 75 % pour la part des revenus excédant un million d’euros par an (...) »

Ce qui a le don de faire sortir de ses gonds dame Parisot  : « (...) Elle s'en prend également au projet de taxer à 75% la part des revenus annuels supérieure à un million d'euros, qui comporte de sérieux risques selon elle (...) » Désolé, mais on ne saura pas de quels risques il s'agit. Néanmoins, on peut imaginer que ces « victimes » soient nombreuses parmi ... les adhérents du Medef.

Quant aux millions de salariés qui ne vivent que leur travail, Laurence Parisot n'a pas eu un mot pour eux. Il faut dire qu'elle avait annoncé la couleur des licenciements massifs avant de partir en vacances. Pourquoi perdre son temps à parler des salariés variables d'ajustement, alors que de nombreux rentiers du capital vivent d'ores et déjà dans l'angoisse du lendemain ?


Extrait de Alternatives Economiques Poche "Les inégalités en France" n° 056- septembre 2012. En vente en kiosque et sur le site du magazine Alternatives Economiques

27 août 2012

Unilever, ou le capitalisme adapté aux pauvres !

Crise économique aidant, les plus grandes multinationales voient leurs chiffres d'affaires décliner. Unilever a une solution : Vendre les mêmes produits mais, en plus petite quantité. Une belle leçon de cynisme commercial !  


Unilever fait partie de ces géants de l'agroalimentaire dont on connaît plus les marques que le nom. Et pourtant, ces derniers mois, les français ont pu découvrir ses méthodes, notamment au travers de l'affaire Fralib.

Affaire Fralib ?

Pour ceux qui l'auraient oublié, Fralib est une filiale française à 100%d'Unilever qui fabrique les infusion des marques Lipton et Elephant. Or, depuis septembre 2010, pour d'obscures raisons de rentabilité, Unilever a annoncé la fermeture de l’usine Fralib de Gémenos (Bouches-du-Rhône), afin de délocaliser la production à l’étranger.

Outre que le plan de sauvegarde de l'emploi a été rejeté par l'inspection du travail, Paul POLMAN, le PDG d'Unilever refuse mordicus de céder la marque aux employés qui envisagent de reprendre l’activité sous forme de société coopérative de production.

Il s'en est expliqué au Figaro dans une interview où il menace le gouvernement français, et nous gratifie d'une logorrhée bien patronale, par laquelle il réclame pèle mêle : La réduction des dépenses de l'état, la compétitivité qui serait obtenue, bien entendu, en augmentant la flexibilité des salariés, ... Et d'ajouter : « En Europe, les charges sur les salaires sont trop élevées »

Mais encore ?

« (...) L'Europe doit aussi s'attaquer au défi de la compétitivité de l'emploi, avec des charges sur les salaires souvent trop élevées. La crise monétaire est un symptôme des problèmes de l'Europe, elle n'en est pas la cause… La pression des charges sur le travail nous fait perdre du terrain en matière de compétitivité par rapport aux fabricants de marques de distributeurs (...) »

On notera au passage que monsieur POLMAN a une vision bien particulière de la concurrence ! Et une mauvaise foi totale, dans la mesure où les charges qu'il incrimine sont strictement les mêmes pour les industriels qui fabriquent les produits de marques des distributeurs.

Au passage ce grand humaniste explique : « (...) Notre défi, c'est l'Europe, où les coûts augmentent et où les consommateurs ont moins d'argent (...) » D'où cette idée de génie lancée aujourd'hui et reprise, entre autre par le Nouvel Obs : Tout simplement diminuer la taille des contenants ! 

Alors comment continuer à vendre aux pauvres tout en conservant des marges confortables ?

Jan Zijderveld  : « Si un Espagnol ne dépense plus en moyenne que 17 euros quand il fait les courses, je ne vais pas lui proposer un paquet de lessive qui coûte la moitié de son budget » Donc pourquoi ne pas proposer comme dans les pays asiatiques : « (...) des produits meilleur marché car en plus petit conditionnement (...) » Et Zijderveld de nous expliquer : « (...) En Indonésie nous vendons des échantillons individuels de shampoing pour 2 à 3 centimes pièce et pourtant nous gagnons de l'argent (...) »

Le Financial Times Deutschland qui l'a interviewé nous explique d'ailleurs : « (...) qu'Unilever a par exemple commencé à vendre en Espagne de petits paquets de lessive ne permettant de faire que cinq machines »

Belle démonstration de cynisme que les consommateurs des produits et marques d'Unilever devraient apprécier à sa juste valeur ... 


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09 août 2012

Métiers verts : Un grand fourre tout, limite ... foutoir ?

Symbole de la sortie de crise, pour certains, dans la mesure où ils représenteraient un formidable gisement d'emploi, permettant de sortir de la crise, les emplois verts sont montrés du doigt par un rapport remis au gouvernement.


A chaque époque où le chômage a augmenté à cause de la fermeture d'usines, nos dirigeants ont toujours sorti de leurs chapeaux de nouvelles pistes ou gisements d'emplois.

Il y a quelques années, Jean-Louis Borloo s'ébaubissait devant les emplois à la personne qui devaient créer pas moins de 300 à 500 000 postes (majoritairement précaires) qu'on attend toujours soit dit en passant.

Aujourd'hui, en ces temps de saccage industriel, c'est au tour des emplois verts ou verdissants qui seraient susceptibles de nous sortir du marasme. C'est pourquoi notre attention a été attirée par un petit article publié par le site Envirojob portant le titre suivant : « Emploi : Grand ménage sur les métiers verts »

Qui apprend t-on ?

Qu'un rapport : « remis au gouvernement rappelle à l’ordre les métiers « verts » et « verdissants ». Il émane de la Commission nationale de la certification professionnelle et de la Délégation auprès du Premier ministre à l’information et à l’orientation (...) Son diagnostic ? Les nomenclatures classiques (code Rome…) sont inadaptées aux métiers de la croissance verte. La certification des compétences professionnelles s’avère tout aussi problématique. La fragmentation des données s’accompagne d’une surabondance d’informations. »

Quelques extraits

Si les rédacteurs du rapport reprennent les chiffres venus dont ne sais où : « (...) Le potentiel lié à la « croissance verte » est évalué selon les critères de définitions employés et « sous certaines conditions » à plusieurs centaines de milliers d’emplois et environ 600 000 « dans la prochaine décennie » Ils écornent la belle légende des emplois verts en écrivant : « (...) Moins créateur d’emplois et de nouveaux métiers que prévu, la protection de l’environnement en tant que telle affecte toute l’économie et nécessite une adaptation d’un grand nombre de métiers aux nouvelles exigences générées. La « croissance verte » va essentiellement contribuer à faire évoluer les emplois existants, voire traditionnels »

Et surtout, on apprend que : « (...) le repérage dans le Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) afin d’identifier les métiers de la croissance verte (...) » est quasi impossible, ajoutant : « (...) Autrement dit, comment signaler le degré de verdissement des compétences et savoir-faire attestés par chaque certification qu’il s’agisse du stock des certifications existantes créées par des certificateurs publics (les ministères notamment) ou privés (les branches professionnelles, les organismes de formation, les professions…) ou qu’il s’agisse des certifications à venir (le flux) »

En gros, à part les métiers rebaptisé verts, mais qui existent déja comme le traitement des eaux, ordures ménagères, la voirie (cantonniers) ou les eaux et forêts (bucherons, garde champêtre) nul ne sait à quoi correspondront les fameux 600 000 emplois annoncés !

Ce que confirment les rédacteurs du rapport qui prônent : « (...) une signalétique à trois niveaux. Le premier pour les métiers ayant recours à des produits ou services visant à moins polluer, par exemple en application de la réglementation. Le deuxième pour les professions en évolution, intégrant des compétences durables dans leurs coeurs de métiers traditionnels. Le troisième, enfin, pour les éco-activités (...) »

Allez, pas d'inquiétude, dans quelques années, il se trouvera bien quelqu'un pour nous annoncer la découverte d'un nouveau gisement d'emploi !  Jusque là ... 


Source

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26 juillet 2012

Accord compétitivité PSA Sevelnor : En route pour la généralisation du chantage à l'emploi ?

On croyait les accords de compétitivité enterrés. Ils reviennent pourtant par le biais de PSA qui en propose un à ses salariés de Sevelnor. S'il devait être signé, nul doute que d'autres employeurs s'engouffreront dans la brèche !


Les accords compétitivité-emploi, c'est cette technique de management du personnel qui consiste à demander aux salariés d'accepter un gel de leur salaire et une flexibilité accrue, pour éviter les licenciements ou la fermeture de leur usine. L'idée en revient au Medef et à l'UIMM et faisait partie du programme de Nicolas Sarkozy et de l'UMP.

A l'époque où ils étaient évoqués, c'est à dire pendant la campagne présidentielle, aucun plan social n'avait été dévoilé, les organisations patronales comptant sur la réélection du Président sortant.

Or, le résultat des urnes ayant été différent, les entreprises ont lâché les chiffres des licenciements et fermetures de sites prévues, avec pour point d'orgue, les 8000 suppressions de postes de PSA.

Et là, le message est clair : Soit vous acceptez (et faites accepter) de subtiles dérogations au droit du travail, soit nous serons obligés de licencier massivement. Le tout bien entendu au nom de la compétitivité des entreprises françaises.

En attendant que le gouvernement veuille bien céder à cet oukase, c'est dans le groupe PSA que se joue le premier bras de fer. En effet, PSA propose à ses salariés de Sevelnord (2.700 personnes ) : « (...) un gel des salaires pour l'ensemble du personnel en 2013 et 2014. Pour faire face aux baisses d'activité, il est envisagé aussi une mobilité accrue, qu'elle soit interne sur le site ou externe dans la région Nord-Pas-de-Calais, et une plus grande flexibilité dans les délais nécessaires pour monter une équipe en cas de surcroît de demande imprévu (...) » Jusque là direz-vous, rien de que, malheureusement, de très classique. Sauf qu'il est nécessaire de lire la deuxième partie du projet d'accord : « (...) L'accord, que la direction aimerait voir signé avant la fin du mois pour une durée de cinq ans, n'entrerait en vigueur que si Sevelnord obtenait le K-Zéro, pour lequel l'usine est en concurrence avec le site de Vigo, en Espagne, où le coût du travail est inférieur d'un tiers (...)  »

Franchement pas emballant ! Néanmoins, la CFE-CGC, le SPI-GSEA ( syndicat maison majoritaire) et FO ont décidé de signer l'accord. Seule la CGT a refusé de signer, et demande que soit organisé un référendum auprès de tous les salariés, à la rentrée : « (...) On ne signe pas dans le dos des salariés à la veille des congés payés (...) Quand on mesure l'impact d'un tel accord qui va remettre en cause la vie de famille, les conditions de travail, le pouvoir d'achat pour les salariés à venir, des mesures exceptionnelles telles qu'un référendum ne sont pas absurdes (...) »

CGT qui assimile, à juste titre : « (...)  l'accord de compétitivité à un chantage pour l'attribution à Sevelnord par PSA de la production d'un nouveau véhicule utilitaire, le K-zéro, à l'horizon 2015-2016 (...) »

Néanmoins, le groupe PSA joue sur du velours, dans la mesure où il sait parfaitement que dans un contexte d'emplois rares, les salariés, pour ne pas grossir les rangs des chômeurs, déja très nombreux dans la région nord accepteront le projet d'accord.

Si c'est le cas, celà pourrait donner des idées à de nombreuses entreprises françaises qui pourraient se réclamer de l'accord compétitivité PSA pour le proposer à leurs salariés.

Mais que vaudra la parole donné lorsqu'on se souvient de ce qu'il est advenu des salariés de Continental qui avaient accepté un accord de ce type ?

Et quid des conditions de travail et de salaires une fois que les entreprises seront redevenues bénéficiaires ? N'expliquera t-on pas à ce moment là aux salariés que pour des raisons de compétitivité, on ne change rien ?

Des questions qu'il faut se poser maintenant, sous peine de grosses désillusions