05 janvier 2010

Lionel Jospin ou le masochisme comme seul avenir des français de gauche ?

Il vient de le dire : "J'ai surestimé le rejet de Jacques Chirac, j'ai surestimé la perception positive de mon bilan. J'ai sous-estimé l'impact qu'avait la division de la gauche, j'ai sous-estimé le premier tour. Ma campagne n'a pas été assez offensive"

Et nous serions tenté de dire : Tu ne crois pas Lionel que tout le monde s'en fout, 8 ans après ?

" J’assume pleinement les responsabilités de l’échec, et j’en tire les conclusions en me retirant de la vie politique après la fin de l’élection présidentielle " c'est avec cette lourde sentence que tu plantais là parti, militants et électeurs au soir du premier tour de l’élection présidentielle de 2002.

Si la défaite était un profond échec et une humiliation pour toi qui venait de diriger la France en cohabitation avec Jacques Chirac, la presse compatissante te prédisait pourtant un avenir :

Le Nouvel Observateur affirmait le 2 janvier 2003 que, parmi les " électeurs de gauche " : " 69% croient déjà à son retour, 59% souhaitent qu’il soit candidat à la présidentielle en 2007 ", ce alors que " dirigeants et militants veulent tourner la page Jospin ". " Une majorité (51% contre 44) veut qu’il redevienne un acteur de la vie politique, un dirigeant actif. " Les sympathisants de gauche sont persuadés que Jospin n’est pas mort le 21 avril. ... / ... 56% d’entre eux pensent qu’il doit s’exprimer à son heure, quand il le jugera nécessaire "- Source Acrimed

Mais quelques années de Chiraquisme et de Sarkozysme plus tard, qui a vraiment envie en France de tes commentaires sur le passé et du retour de l'homme qui s'est publiquement retiré de la vie publique ?

Même si tu as amorcé depuis, quelques timides retours, fait quelques déclarations tonitruantes et comme à ton habitude donné des bonnes et mauvaises notes, tu t'étais fait, avec le temps de plus en plus discret au plan médiatique.

Et bien, voila, tu es de retour, au moment ou le navire socialiste, déstabilisé par ton départ grandiloquent, n'arrive toujours pas à se trouver un leader incontesté et incontestable !

Allons nous assister, une fois de plus à un autodafé suivit d'une liste de regrets et de conseils ?

"L'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin dit assumer l'entière" responsabilité de la défaite de la gauche lors de la présidentielle de 2002, dans un "film-confession" qui sera diffusé à la télévision en janvier ... / ... Le film réalisé par Patrick Rotman sera diffusé les 14 et 21 janvier sur France 2, dans la foulée d'un livre, "Lionel raconte Jospin", testament politique de l'ancien chef du gouvernement qui sort le 7 janvier aux éditions du Seuil.

" ... / ... J'ai surestimé le rejet de Jacques Chirac, j'ai surestimé la perception positive de mon bilan. J'ai sous-estimé l'impact qu'avait la division de la gauche, j'ai sous-estimé le premier tour. Ma campagne n'a pas été assez offensive. Mais quand l'attelage va à hue et à dia, c'est difficile d'être bon", explique Lionel Jospin. L'ancien Premier ministre, sur le plan politique, a le "regret d'une marche qui était à notre portée, à ma portée, à celle de la gauche. Et le sentiment que cinq années avec nous auraient été préférables à la stagnation du quinquennat chiraquien".

Sur un plan personnel, Lionel Jospin dit à la fois regretter et ne pas regretter que sa vie politique se soit arrêtée avant la dernière marche. "Oui, parce que j'aurais été fier de représenter la France et les Français. Non, parce que j'ai cette chance de pouvoir être heureux hors de toute fonction politique", confie-t-il.

... / ... Lionel Jospin revient par ailleurs sur son passé de militant trotskiste, qu'il a reconnu en 2001 sous la pression de la presse. "Pourquoi je ne l'avais pas dit avant? Honnêtement pour être tranquille", avoue-t-il. "Ce que je peux me reprocher, c'est ne pas avoir répondu en 1995 à une question du 'Monde'". Le journal lui demandait s'il avait été trotskiste, et Lionel Jospin avait répondu qu'on le confondait avec son frère Olivier. "J'ai répondu non, j'aurais dû répondre oui" AP/Yahoo

Super. Mais pourquoi nous infliger ta thérapie ?

A ce stade, afin d'éviter les discussions sans fin qui permettent de réécrire l'histoire, nous avons préféré nous replonger dans une analyse assez dense, rédigée en 2002 par Gérard Filoche qui était à l'époque : Membre du Bureau national.

Cette analyse/bilan a plusieurs mérites

Tout d'abord de se replonger en 2002 après la défaite et surtout d'être assez intemporelle face à la situation actuelle du Parti Socialiste qui, aujourd'hui comme à cette époque hésite toujours entre le besoin d'une vraie politique de gauche plébiscité par les électeurs et une sociale démocratie molle qui ne satisfait personne.

Nous vous laissons lire, ci-dessous le texte écrit par Gérard Filoche, dans son intégralité.

Tirer sérieusement le bilan de la défaite du PS le 21 avril pour mieux faire aux menaces de la droite de combat - Contribution au bilan de Lionel Jospin écrite en été 2002

La défaite historique que nous avons connu le 21 avril 2002 n'est pas un "accident", ni un "malentendu". Il faut aller aux racines. Car, pour que le Parti socialiste passe ainsi derrière l'extrême droite, il a fallu que se creuse une terrible incompréhension entre ses dirigeants et la majorité écrasante de sa base sociale naturelle.

Ce jour-là, Chirac, la droite perdaient 4 millions de voix et Le Pen et Megret réunis avaient moins de voix que n'en avaient eu Le Pen et De Villiers en 1995. C'était loin d'être une victoire de la droite et de l'extrême droite. Il s'en est fallu de 194 558 voix que Lionel Jospin ne soit au second tour. Ce jour-là, la gauche était majoritaire en voix : 42,96 % des voix contre 40, 56 % des voix à la droite.

Mais c'était la première fois que le Parti socialiste était minoritaire au sein de la gauche, son total de voix étant inférieur au total de celui des autres candidats. Et ce jour-là, la gauche plurielle gouvernementale perdait 1,6 million de voix tandis que l'extrême gauche en gagnait 1,9 million : le centre de gravité de la gauche se déplaçait nettement vers la gauche, nous n'avions ni entendu, ni anticipé ce phénomène.

Lionel Jospin disait souvent dans ses discours, qu'il "reconnaissait des impatiences sociales". Ce sont celles-ci qui se sont brutalement révélées. La France allait mieux après cinq ans de gouvernement de gauche... mais pas tous les Français. La croissance, le recul du chômage rendaient encore plus intolérable, à ceux qui la subissaient, la misère sociale créée par la crise antérieure : ceux qui n'ont pas bénéficié du progrès des années 1997-2000 souffraient d'autant plus intolérablement, et ils demandaient un volontarisme, un interventionnisme de l'état dans l'économie, que notre gouvernement n'a malheureusement pas voulu avoir. Nous n'avons pas frappé assez fort pour faire face aux urgences sociales, pour combler les inégalités, pour redistribuer les richesses.

L'erreur fatale serait, de la part des socialistes, d'attribuer "la faute aux autres" : en vrac, aux "abstentionnistes", à "ceux qui ont dispersé leurs voix", à la "diversité de la gauche", aux "gauchistes qui divisent", à tous ceux qui n'ont pas compris, ne se sont pas rendu compte, n'ont pas vu le danger, etc.

Car le problème clef est celui de la coupure entre la direction principale de la gauche, socialiste, et sa base populaire.

Ce n'est pourtant pas faute de signes avertisseurs : lors des élections municipales de mars 2001, déjà, nous avions été nombreux, dans le Parti socialiste à tirer le signal d'alarme. Nous avions insisté avec force sur la nécessaire fusion, tôt et dans de bonnes conditions maîtrisées, entre le Parti socialiste et le mouvement social, entre la gauche institutionnelle et la gauche militante, "motivée".

D'autant que lors de nombreux scrutins européens, la social-démocratie s'était vue, ces dernières années, sanctionner pour des raisons semblables, l'Europe rose laissant la place à une vague bleue... La gauche était au pouvoir dans 13 pays sur 15, au sein de l'Union européenne, en 1997, et si, peu à peu, cette situation s'est inversée, ce n'est pas le résultat d'une fatalité. C'est qu'au lieu de répondre aux attentes des peuples et d'engager le chantier de l'Europe sociale, les différentes directions des partis sociaux-démocrates, ont subi l'Europe libérale, monétaire, marchande, laissant les pouvoirs aux multinationales toutes puissantes, et aux technocrates libéraux soucieux de déréglementer les services publics, de rogner les interventions économiques des états et des citoyens.

Pourtant, les forces populaires des différentes gauches ne sont pas vaincues, ni réellement minorisées : ni en France comme on l'a vu, ni en Europe où il y a une grande combativité : de Porto à Goteborg,, de Nice à Laeken, de Gênes à Barcelone, Séville et Rome, depuis 1997, ce sont chaque fois des centaines de milliers de manifestants, parfois des millions qui ont défilé pour l'Europe sociale, avec leurs syndicats et leurs associations, type Attac.

Il est quand même contradictoire de constater que les mobilisations montent et que le cours politique à gauche semble inversé. C'est bien la faute à nos partis qui ne "prennent" pas "le vent" des impatiences sociales !

Il y a deux causes profondes au 21 avril :

La première, c'est le bilan du gouvernement Jospin qui était nettement partagé, positif et négatif, pas unilatéral. On a pu, certes, souligner qu'il était "le plus à gauche d'Europe". Mais au plan intérieur il était pourtant en dessous des exigences sociales des salariés français, ce qui l'a perdu.

La deuxième est dans la campagne de Lionel Jospin : elle n'a pas su dessiner un projet de transformation sociale assez radical pour séduire ceux auxquels il était vraiment censé s'adresser. Pas de projet de changement de société, pas d'idéal socialiste, pas de souffle global, pas de mesure-phare pour le salariat.

En matière de bilan, qui nous occupe ici, il faut combattre le simplisme selon lequel Lionel Jospin aurait "agi comme la droite", et qu'il aurait "été social-libéral comme Blair".

Dans le rapport de force français et mondial, le gouvernement "rouge-rose-vert" de Lionel Jospin avait des caractéristiques plus avancées, qui le distinguait significativement des tenants de la "troisième voie" Clinton-Blair. Il était davantage proche de ce que fut le premier gouvernement de la gauche en 1981-82. Il a opéré certains choix volontaires que le reste de la social-démocratie européenne a refusé : les "35 h sans perte de salaire", des droits nouveaux du travail, le maintien des retraites, la CMU, l'APA, mais aussi le PACS, la parité, l'IVG, le non-cumul des mandats... La France était, après novembre-décembre 95, la défaite de Chirac en 97, et au terme des cinq ans de la gauche, en 2002, un des pays au monde les plus avancés socialement.

Cela provient d'un rapport de force, qui est lui-même un "résultat différé" de la grande gréve générale de novembre-décembre 1995 et de la mise en place d'un gouvernement de coalition rouge rose verte. Cela provient aussi de ce qu'au cours des années 1997 - 2000, la combativité des salariés (nombre de jours de gréve, durée des grèves, caractère massif des grèves, priorité revenue aux revendications salariales, etc.) a été remarquablement dynamique et croissante : pour la première fois depuis les années 70, l'activité sociale se redéveloppait à un rythme très fort (Cf. Le Monde, 7 mars 2000).

En cinq ans, le salariat s'est renforcé et non pas affaibli.La masse salariale globale a ré augmenté par rapport au capital.

De 1977 à 1997, la politique de développement du chômage et de précarisation de l’emploi avait pesé sur les salaires et obtenu une hausse importante de la part des profits dans la valeur ajoutée : elle était passée, en France, de 31 % à 41 %. De 1997 à 2002, le gouvernement Jospin a stoppé cette régression de la part des salaires dans la valeur ajoutée : même si elle a stagné à 59 %. Les inégalités qui se creusaient sous la droite, ont été freinées (cf. "CAC 40 des inégalités" d'Alternatives économiques) puis ont stagné elles-aussi.

Ce gouvernement a favorisé délibérément la croissance, et fait reculer le chômage de masse : 1 742 000 emplois créés en cinq ans dont 643 000 dans la seule année 2000, record historique sans précédent (+ 4,3 %).

Le taux de chômage des jeunes est passé de 28 % en 97 à 18,7 en 2000. Il a imposé une avancée majeure avec la réduction du temps de travail par la loi à 35 hebdomadaires : 400 000 emplois créés, 21 millions de salariés concernés, même si, hélas, un sur deux en a réellement bénéficié, et encore un sur trois, parmi ceux-là, en a vraiment profité comme une conquête sociale (2 à 3 millions de salariés).

Une loi pleine de contradictions mais nettement plus avancée que n'importe où ailleurs. Il y a même eu un petit début de recul de la précarité (- 0,4 % environ) des CDD (- 33 000 soit une baisse de 1,5 % entre mars 2000 et mars 2001) temps partiels (- 0,6 %) en fin 2000, début 2001 et une forte baisse du chômage partiel (- 64 % en 1999) y compris des "emplois aidés" (de 455 000 à 408 000). L'intérim baisse fin 2000-2001 mais il ré augmente en 2° semestre 01. Il y a eu aussi une hausse du nombre et de la durée moyenne des CDI. L'écart entre la moyenne des salaires des cadres et celle des employés-ouvriers n'est que de 2,5 points.


Tous cela a réellement distingué Lionel Jospin du reste de la pratique social-démocratie européenne. Ceux qui ont intérêt à le nier ou à le sous-estimer privent notre gauche française d'autant de point d'appui, de référence sur ce qui est possible, et d'espoir d'aller plus à gauche. Ni Laurent Fabius, ni Dominique Strauss-Kahn n'ont apprécié et l'ont fait savoir, les aspects les plus avancés des 35 h ou de la loi de modernisation sociale.

En vérité, à l'heure du bilan, nous nous félicitons, de ce que le socialisme français ait plutôt été un pôle de résistance au social-libéralisme, et à "la troisième voie" façon Blair... même si, encore une fois, cela n'a pas été suffisant pour répondre au niveau des exigences sociales.

Regardons-y de plus prés :

L'Europe : D'Amsterdam (juin 1997) à Barcelone (mars 2002), l'acceptation de compromis, sans bataille ouverte, sans orientation compréhensible, a abouti à laisser en permanence l'Europe libérale l'emporter.

Parce que la situation économique était bonne, il n'y avait pas d'inflation, le commerce extérieur était excellent, les déficits limités, une politique de relance était possible, les critères de Maastricht et d'Amsterdam ont été relativisés pendant cette période.

Mais dés qu'au milieu 2001, des nuages noirs se sont amoncelés dans la situation économique internationale, le carcan des critères maastrichiens s'est refait re-sentir, les mises en garde contre les déficits, ont recommencé, l'échéance de 2004 est réapparue.

Et à Barcelone, le 23 mars 2002 en pleine campagne électorale, Lionel Jospin est obligé de côtoyer, comme en juin 1997, Jacques Chirac en faisant mine de s'entendre avec lui... et d'accepter des mesures indignes sur les retraites et contre les services publics !

Pire : Lionel Jospin a même engagé la polémique électorale en accusant Chirac de faire des promesses incompatibles avec le "déficit-zéro" exigé par les libéraux à Barcelone !
Il fallait, il faut accuser Chirac du contraire : de ne pas se battre pour desserrer l'étau du "déficit-zéro" fixé en 2004. D'autant qu'en Europe nous n'étions pas les seuls à vouloir le faire !

Les 35 h : Il a fallu cinq ans, deux lois, des dizaines de décrets et de circulaires, des dizaines de milliers d'accords ad hoc, 105 milliards, une "usine à gaz" juridique, pour permettre à une partie trop restreinte des salariés d'obtenir les 35 h.

Autant le projet était grand et conquérant, historique, autant il a été géré petit bras, en multipliant les concessions à un patronat pourtant délibérément hostile et décidé à saboter le projet par tous les moyens. Ainsi, il apparaît dans les sondages, une perception mitigée des 35 h : tous les maux du monde leur ont été attribués (gel des salaires, flexibilité, annualisation, augmentation des cadences, non embauche, "travail à deux vitesses, forfaits-jours, etc. selon la taille des entreprises, les branches, ou le secteur privé ou public..)

L'article n°1 des deux lois "Aubry" - la durée légale à 35 h - est pourtant une avancée fantastique, aussi importante que les 40 h en 36, les 39 h et la cinquième semaine en 82. Les jours de réduction du temps de travail s'ajoutent aux congés payés : on est ainsi passé, grâce à la gauche, entre 1936 et 2002 de deux semaines à six semaines de congés payés, record dans le monde.

La réduction du temps de travail était conçue à juste titre comme l'instrument privilégié de lutte contre le chômage de masse : si elle n'a créé que 400 000 emplois, c'est en raison des timidités d'application et, bien sûr, du sabotage, de la "guerre" déclarée menée par le patronat.

Mais il aurait été possible à tout moment de faire autrement et mieux : la Gauche socialiste, n'a cessé de le redire, de proposer des aménagements juridiques précis, argumentés, réalistes, aux deux lois du 13 juin 1998 et du 19 janvier 2000.

Le pire est que le Parti socialiste et son candidat aient même donné l'impression de "tourner" sur le bilan des 35 h et ont décidé de ne pas mener campagne sur ce thème. Ainsi s'explique "l'oubli" incroyable pendant la campagne électorale, de ces 35 h, réduites en une ligne, page 4 du programme du candidat : contresens, erreur politique et pédagogique considérable alors que 9 millions de salariés (4,5 millions dans les entreprises de moins de 20 salariés 4,5 millions dans le secteur public) ne "découvraient" lesdites 35 h qu'à partir du 2 janvier 2002, en février et mars, en pleine campagne.

Laurent Fabius avait même proposé un "assouplissement" des 35 h pour les entreprises de moins de 20 salariés : c'est ainsi que le contingent annuel d'heures supplémentaires est porté à 180 h (... en 2004) et que des millions de salariés des petites entreprises ne verront que du feu en guise de 35 h... ce sont pourtant ceux-là au bas de l'échelle du salariat qui souffrent le plus et ne voient jamais rien venir des réformes de la gauche...

Il aurait fallu une politique offensive, convaincue et pratique pour développer tous les avantages des 35 h : avoir fait l'impasse sur cette mesure emblématique (celle-là même qui avait permis de gagner en juin 97) fut une immense erreur - encore sous-estimée gravement par la direction du parti.

La question des retraites : Elle fut tout aussi mal utilisée. Pourtant Lionel Jospin a eu un rôle concret positif : il a protégé nos retraites pendant cinq ans, dans la foulée de la grande gréve de novembre-décembre 1995 qui les avait déjà vigoureusement défendues contre le gouvernement Chirac-Juppé.

Finalement, en abrogeant la loi Thomas sur les fonds de pension (tardivement, 17-1-02, loi de modernisation sociale), en défendant la retraite par répartition (intervention en mars 2000, rapport du COR, décembre 2001), et l'âge de départ officiel à 60 ans, (y compris après Barcelone, 23 mars 2002) en demandant des rapports différents de l'erroné "livre blanc" de Michel Rocard, en mettant en place un "fonds de réserve", en refusant toutes les pressions, pourtant forcenées, du Medef contre les retraites complémentaires, (blocage du 31-12-00, accord du 11 février 2001 avec détournement de 16 milliards, trois mois de cotisations !) le gouvernement rouge, rose, vert, répondait en partie aux attentes des Français.

La question des retraites, comme celle du Smic, de l'Ecole et de la "Sécu" compte parmi les grandes questions décisives dans l'opinion, la culture, les "réflexes sociaux" profonds des Français. Elle est même au "palmarès" des préoccupations et elle a, rappelons-le, suscité encore une fois, la plus grande manifestation de la législature, le 25 janvier 2001.
Mais, paralysé par ceux, comme Laurent Fabius, qui estimaient qu'il était "aussi courageux d'aligner les fonctionnaires sur les 40 années de cotisation du privé... que d'être contre la peine de mort en 1981", (intervention faite à L'Atelier, pendant la campagne, cf. Libération) ou Michel Sapin qui proposait dans Le Monde de faire reculer les fonctionnaires à 40 annuités, Lionel Jospin, pas aidé par ses proches, laissait percer des intentions contradictoires, inquiétantes pour des millions de salariés !

Paradoxe : le gouvernement refusa en novembre 2001 le principe de verser une retraite à taux plein à ceux du privé qui avaient travaillé 40 ans... et le candidat le proposa en mars 2002.

Pourtant, la Gauche socialiste avait argumenté en temps utile sur l'importance de cette question (comme sur d'autres) et de nombreux votes dans les fédérations avaient démontré qu'une immense majorité du Parti socialiste (et de toute la gauche, et de la France...) étaient favorables à un retour aux 37,5 annuités pour tous, privé et public.

La question de la sécurité et de la justice ont été aussi des terrains de débats en grande partie ratés. Les avancées sociales de la législature "rouge rose verte" n'ont pas suffi à faire reculer les dégâts antérieurs de la crise économique. Trop de misères, trop de chômage de longue durée, trop de jeunes sans emploi, trop de quartiers ghettos, trop d'économie parallèle, trop de délinquance, le cancer était profond dans nos villes, nos écoles, nos hôpitaux. Il fallait non seulement que la France "aille mieux" mais que les Français sentent massivement que l'immense majorité d'entre eux "allait s'en sortir"...

Dégradation des quartiers, zones de non droit, recul des services publics, policiers tués, accidents du travail en hausse, accidents de la route catastrophique, violences à l'école, drogue... L'insécurité est multiforme et plus gravement ressentie en période de sortie de crise, de relance. Des années de destruction du tissu social, de la vie associative, syndicale, politique, de l'encadrement de la jeunesse, des espoirs ne pouvaient s'effacer par simple effet de la croissance.

L'insécurité libérale avait mis en péril le modèle républicain : peur du lendemain, peur de la perte d'emploi, du logement insalubre, de la banlieue grise, peur des "vieux jours", peur de l'isolement, de "l'autre", de l'étranger, de la petite délinquance de proximité qui met en jeu les maigres et rares biens, tout cela a été longuement exploité par l'extrême droite et la droite chiraquienne. Tout comme l'immigration, c'est un leitmotiv réactionnaire prégnant.

Le gouvernement aurait pu répondre plus activement aux "urgences sociales" :, mais c'était se heurter frontalement à ceux qui avaient décidé que, "pour gagner il fallait baisser les impôts" ! Alors qu'au contraire, il ne fallait pas se placer sur la défensive à propos d'une "cagnotte publique", il fallait s'en prendre à l'immense "cagnotte privée" produite par la croissance et en engager la redistribution.

Il fallait, plus frontalement une politique de "sécurité globale", tout azimut, incluant prévention, éducation des jeunes, école, insertion, emploi, réhabilitation des logements, redéploiement des services publics (dont la police républicaine, les éducateurs sociaux, une justice plus efficace).

On devait prôner une sécurité globale, sociale, détaillée, avec tous les éléments de prévention, d'éducation et de fermeté nécessaires. Au lieu de cela, on laissa accréditer l'idée qu'il n'y avait "pas de différence" avec la droite sur ce terrain et... celle-ci finit par réduire les réponses à l'insécurité sociale à la seule répression policière. Jusqu'à ce que Raffarin et Sarkozy remplacent "l'état social" par "l'état pénal"... aidés par des médias que la gauche a laissés presqu'entiérement contrôlés par les toutes-puissances financières hostiles.

La question du droit du licenciement est de même nature dans le bilan et dans la campagne électorale. Lionel Jospin avait repris, en mai-juin 97, la proposition de rétablir une forme de contrôle administratif sur les licenciements. Elle figurait dans son discours d'investiture devant l'Assemblée nationale.

J'avais proposé et cela avait été adopté unanimement par le Parti socialiste, un dispositif adapté, de type nouveau pour permettre à la puissance publique de venir en appoint aux luttes syndicales, aux institutions représentatives du personnel et pouvoir dire "stop" aux licenciements dits de convenance boursière, y compris aux licenciements abusifs individuels qui minent la vie de tant de "petits" salariés...

Cette promesse ne fut mise en oeuvre alors que plusieurs fois la question rebondit négativement : lors des licenciements Michelin (automne 1999 : "l'état ne peut pas tout") et lors des plans "sociaux" Danone et Marks & Spencer (forte baisse de la popularité de Lionel Jospin consécutive au printemps 2001 au refus de faire intervenir l'état : "nous ne sommes pas pour une économie administrée").

Est-ce que l'état est là seulement pour subventionner sans contrôler ?

Est-ce qu'il est là pour distribuer les aides à l'embauche mais ne peut dire "stop" lorsque les licenciements sont visiblement abusifs ? Est-ce que l'état ne peut "rien" en économie ? Donner le sentiment d'impuissance publique en la matière a été un terrible affaiblissement du gouvernement. D'ailleurs l'effet dans les sondages au printemps 2001, lors des grandes manifestations contre les plans sociaux en série (Danone, etc.) a été dramatique, et chaque fois que le sujet est réapparu, l'opinion était constante à reprocher l'inaction du gouvernement. Jusque dans la campagne électorale où le Premier ministre ne sait répondre au salarié de chez LU, en Essonne, devant les caméras.

La loi de modernisation sociale, dernière occasion, sinon d'interdire, mais de freiner et de rendre plus difficiles les licenciements massifs abusifs, ne fut même pas adoptée en procédure d'urgence, elle traîna de juin 2001 au 17 janvier 2002, ne fut pas mise en oeuvre sérieusement avant le 21 avril. Il n'y eut aucune tentative pour contrer la censure éhontée du Conseil constitutionnel. Même le doublement des indemnités individuelles de licenciement ne rentra en application... que par un décret du 7 mai 2002 ! Il faut dire que cette loi avait l'opposition de Laurent Fabius et de DSK qui y voyaient une "gêne" pour les entreprises !

C'est parce qu'il n'a pas réduit suffisamment les inégalités, pas assez corrigé les effets de la crise antérieure, pas assez redistribué les richesses que Lionel Jospin a été battu.

La Gauche socialiste avait fait, au Congrès de Brest, un thème central de "l'urgence sociale", de la nécessité de renverser le cours des choses. Nous n'avons pas mené ce débat en vain. Il y a eu une lutte autour de cette question. Sur ce point décisif, Lionel Jospin ne fut ni tout à fait avec Laurent Fabius et DSK, ni tout à fait avec nous.

Hélas, la recherche de "l'équilibre", souci permanent de Lionel Jospin ne donne pas la clef d'une vraie politique sociale : la France était dans un état ou il ne lui suffisait plus d'une politique d'amélioration économique avec des effets sociaux, il faut des mesures d'urgence, de correction volontariste du fossé, de la fameuse fracture sociale qui a été créée, développée, tout au long des années de crise.

Tout le reste de la politique contradictoire du gouvernement est un peu comme cela : un pas vers la taxe Tobin in fine, mais hésitation, toujours parce que Laurent Fabius et DSK sont contre, un pas contre la mondialisation, pour rencontrer Attac, mais pas de voyage à Porto Alegre, et meeting discret avec Lula à Bordeaux, clivage à Malmö au sein du PSE en début de mandat, mais silence à Berlin en 2001, etc.

Cette recherche paralysante d'"équilibre" si difficile, a souvent gâché des chances : par exemple, sur les questions des sans papiers, de la double peine, et quelques autres sujets comme le droit de vote à 16 ans, et l'allocation-autonomie pour la jeunesse.

Tous ces points constituent un ensemble inséparable : le "succès" de Lionel Jospin, dans l'opinion, réussissant brillamment, à la surprise générale, à "tenir" cinq ans, est aussi, paradoxalement, la cause de son échec.

Il a encouragé des espoirs qu'il ne s'est pas donné les moyens de satisfaire. À la différence de ses prédécesseurs, il a fait avancer les choses dans le bon sens et à cause de cela, il a encouragé une opinion qui s'est mobilisée, il améliore les rapports de force, mais il n'a pas suivi la "donne".

Entouré de "technos", pas assez de militants de terrain, il n'a pas senti ou trop tard, cette immense attente à gauche. D'où le "gap". D'où ce "gap" particulier ou il est donné gagnant, et où il perd tragiquement.


Gérard Filoche

Alors, Lionel, loin du masochisme que tu sembles nous proposer, pourquoi, cette fois ne pas suivre le judicieux conseil de Julien Clerc dans sa chanson partir :

"Partir Partir
Comme les trains sont bleus
Quand on y pense
Et les bateaux heureux
Quand on y danse
Oh partir sans rien dire"

Et laisser à d'autres, qui, lorsqu'on leur demandera s'ils sont " trotskiste" ou si "leur campagne est socialiste" répondront "oui", la responsabilité de définir la gauche de demain.

Une gauche, qui gagnera, elle !


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Maester

04 janvier 2010

Peoplerie de l'UMP : Après David Douillet, Elodie Gossuin rêve de devenir députée !

Non, ce n'est pas un gag !

En effet, l'ex Miss France et Europe, participante à la Ferme Célébrité, qui avait été élue aux dernière régionales, sur la liste de Gilles de Robien et qui brigue un nouveau mandat au Conseil régional de Picardie aux régionales de 2010 a des envies d'Assemblée Nationale.

Doit-on y voir le moindre mimétisme avec la récente élection de l'ancien judoka Douillet ? Car, Elodie, élue sur une liste UMP/UDF, vient de faire part à la presse de son envie de siéger au Palais Bourbon !

On peut lire sur le site Première (TV Mag) qu' : "Elle se présentera sur la liste de droite sans étiquette de Mme la maire de Beauvais, Caroline Cayeux." Elle déclare : "Ce n'est pas un mandat de pacotille, pour ceux qui doutent encore de la sincérité de mon engagement. Je consacre beaucoup de temps à la gestion de mes dossiers. C'est très épanouissant. À terme, mon rêve est de postuler pour un mandat nécessitant un engagement plus important sur le terrain, comme celui de député. Ça me fait rêver"

ça va les chevilles ? Mais, après tout, notre Président de la République nous habitué depuis un certain temps à ce joyeux mélange des genres entre les paillettes et la politique.

"Faute d’avoir une ligne politique identifiée, l’UMP aura été le parti de l’image. Un parti identifiable aux personnalités qui l’incarnent. Et plus précisément à la personnalité centrale et incontournable qui l’incarnait jusqu’ici : Nicolas Sarkozy. Faute de pouvoir remplacer l’irremplaçable, « poste pour poste », par le sympathique mais encore un peu candide Xavier Bertrand, l’UMP a choisi de changer de stratégie. Oubliez l’Union pour un Mouvement Populaire: vive l’Union pour un Mouvement People!" Ecrivait Régis Soubrouillard dans Marianne2 le 3 mars 2009

En effet, nul n'a oublié les soutiens des : Johnny Hallyday, Doc Gynéco, Gilbert Montagné (devenu secrétaire national au handicap de l'UMP), Enrico Macias, Carlos, Henri Salvador, Faudel, Rika Zaraï, Raphaëlle Ricci, Faudel. Paul-Loup Sulitzer, Christian Clavier, Charlotte Rampling, Véronique Genest, Jean Reno, Michou, Arthur, Jean-Marie Bigard, les frères Bogdanoff et le tout nouvellement décoré chevalier de la Légion d'Honneur début décembre 2009 par Nicolas Sarkozy en personne. - Source LCI

Si parmi les sportifs on trouvait : Alain Prost, Henri Leconte, Basile Boli, Philippe Candelero, Bernard Laporte, Christophe Dominici, ainsi Marielle Goitschel., nul n'a oublié l'ascension fulgurante de David Douillet, passé du secrétariat national de l'UMP à un siège de député

Mais quel est le profil de cette "battante" de l'UMP qui aspire à siéger à l'Assemblée Nationale ?

Le parti populaire, n'ayant visiblement pas, fortement communiqué sur le sujet, nous nous sommes rabattus sur son site officiel, où on peut trouver quelques reprises d'articles concernant sa "vocation" et son "engagement" politique

Extraits du défunt magazine Oh la! n° 285

" Dans sa Picardie natale, miss France 2001 figure en position d'éligibilité sur la liste du ministre de l'Equipement Gilles de Robien. Elle a l'habitude d'aller sur le terrain. De serrer des mains, de sillonner la France. Ambassadrice de l'élégance à la française, Elodie Gossuin se lance dans un nouveau défi : celui de la politique ... /...

Pourquoi cette soudaine entrée en politique ? Est-ce une réelle démarche individuelle ou avez-vous été sollicitée ?

J'ai toujours été passionnée de politique. Très jeune, quand on me demandait : « Qu'est-ce que tu veux faire plus tard ? », je répondais : « De la politique. » Je regardais les débats télévisuels et je voulais comprendre comment fonctionne une mairie, comment on gère une ville… Mais au lycée on m'a plus dirigée vers les sciences, donc je suis partie en faculté de médecine. Après mon élection en tant que Miss France, j'ai souvent parlé de mon goût pour la politique dans les journaux. C'est pour cela que l'on a pensé à moi ... / ... "

Or, on peut lire sur le site Actualité de Star une toute autre version : "Élodie Gossuin-Lacherie a grandi en Picardie, à Trosly-Breuil, un petit village près de Compiègne dans l'Oise. Son ambition était de devenir infirmière ; elle a obtenu un baccalauréat scientifique, option biologie. Elle a étudié à la faculté de médecine d'Amiens puis s'est orientée vers une école de soins infirmiers"

... / ... En quoi consiste votre engagement ?

La région consacre un budget très important à l'aménagement du territoire. Moi, je n'ai pas la capacité de m'engager dans cette voie-là. Je vais plus m'impliquer dans le développement du tourisme : la Picardie a besoin qu'on parle un peu plus d'elle. Pourtant, c'est l'une des régions les plus riches en monuments historiques. Nous avons aussi un littoral magnifique, des universités qui offrent de riches potentialités. On ne parle pas assez de ces infrastructures.

... / ... En quoi vous reconnaissez-vous dans les idées de l'UMP ?

C'est une liste UDF-UMP menée par Gilles de Robien, mais la liste s'appelle « Aimer la Picardie ». Pour le moment, je ne souhaite pas être encartée dans un parti, même si mes convictions sont plutôt à droite. Je m'engage pour le conseil régional et, en France, c'est l'institution la plus apolitique dans la politique ... / ... "

On perçoit bien chez l'impétrante un certain talent dans la langue de bois et les belles biographies ...

Autre coupure de presse parue dans Paris Match n°2866

" Miss Camping, Reine du Muguet, Miss Oise, Miss Picardie, Miss Europe… Elle a gravi tous les échelons pour incarner aujourd’hui une Miss France profonde !

Etre Miss France, ça mène à tout. Conseillère régionale, fermière pour la télévision... et mieux encore. Quand on a été Miss France, on peut tenir sa place dans toutes les circonstances. Mme de Fontenay a fait de «ses» filles, comme elle dit, une troupe de petits soldats dont la plus vaillante est cette Elodie, longtemps sa préférée, celle qui oppose à toutes les péripéties - traite des vaches, arrivée intempestive d'un huissier de justice - le même sourire, la même bonne humeur.

Elodie, toujours prête à monter à l'assaut. Toujours émue à l'idée de représenter la France. ... / ... A 15 ans, elle devenait Miss Camping au Cap d'Adge, à 18, reine du Muguet, Miss Oise, Miss Picardie, avant de rafler les titres de Miss France et de Miss Europe. Elodie a toujours été tarabustée par l'idée d'être la première.

... / ... Au départ, Elodie voulait être infirmière, pour venir en aide aux plus faibles. Les bébés, les vieillards. Et voilà qu'elle avait le meilleur de la charité, les dîners de gala, les réceptions élégantes, les robes du soir, les bijoux. ... / ... Et trouver le moyen de durer. Télévision, cinéma ? Il y a encore tant de marches à grimper, à Cannes par exemple. Mais pas à l'école d'infirmière. «Je n'ai pas le courage de consacrer trois années à un métier formidable, mais très difficile.».... / ... Ce n'est pas ce qu'elle répliqua à Gilles de Robien lorsqu'il lui proposa de s'engager dans la vie régionale. ... / ... Chacun ses convictions mais qu'elle respecte celles des autres. Elle qui se veut si proche des gens et ne cesse de promouvoir le terroir, comment peut-elle critiquer mon entrée dans «La Ferme»? Promotion de la ruralité, contact avec les animaux, choses simples, vraies valeurs, c'est ça notre programme.»

... / ... Son engagement montre que les jeunes de Picardie peuvent réussir.» Pas un faux pas, ni dans la boue ni dans la paille et pourtant du sérieux. Elle jure qu'elle continue, devant le poêle à bois, à potasser ses dossiers.

Elle a rallié la dernière séance du conseil en avion privé, «quoi qu'il arrive, promet-elle, je me rendrai à la prochaine, le 28 mai». Jamais autant de journalistes n'avaient été présents au rendez-vous. «Tous mes collègues exercent une profession. A mes côtés, j'ai un maréchal-ferrant, un médecin, un agriculteur; on ne leur demande pas si leur travail va les empêcher d'honorer leur mandat.» ... / ... "

Nul doute qu'à la relecture de ces deux portraits, l'UMP va lui donner une investiture en 2012 !

En attendant, notre future élue de la nation travaille d'arrache-pied à un son futur programme, puisque sur TF6 les dimanches 19 et 26 avril : Elodie présentait deux primes exceptionnels à 20h40 dont les sujets étaient : "Les sports les plus cons du monde" et "Les inventions les plus cons du monde" !

Mon dieu, nous tremblons pour elle ! En effet, si jamais, David Douillet, grand médaillé d'or et Nicolas Sarkozy avec son grand emprunt y voyaient la moindre ironie, cela pourrait bien, briser une carrière, pourtant si prometteuse !

Et ce serait dommage ! Car comme le disait Brassens : "Au moins, ça nous aurait fait rire un peu" ... et peut être réveillé quelques parlementaires peu éveillés ou amélioré les chiffres de l'absentéisme à l'Assemblée Nationale !


Crédit et copyright photos
Elodie Gossuin le site
France Dimanche
TF6




01 janvier 2010

Voeux du Président : Impuissance et ternitude !

Surprise pour certains (dont nous) : Les voeux du Président de la République prononcés le 31 décembre, n'ont été repris au journal de 13H00 du 1 er janvier, ni par TF1, ni par France2 (pour cause de concert du nouvel an)

Il faut dire que le contenu de ces voeux sentaient un peu le réchauffé, mais surtout l'impuissance !

C'est vrai qu'on était loin du Président du pouvoir d'achat, pourfendeur des 35H00 et promoteur du travailler plus et du Ensemble tout est possible. Nous avons eu cette fois-ci le droit à un discours terne, qui n'aura abusé personne !

"En 2010, il va nous falloir faire reculer le chômage et l'exclusion, réduire nos dépenses courantes pour nous permettre d'accroître nos dépenses d'avenir, simplifier notre organisation territoriale trop lourde, trop compliquée, trop onéreuse, consolider notre système de retraites dont j'ai le devoir d'assurer la pérennité financière, relever le défi de la dépendance qui sera dans les décennies à venir l'un des problèmes les plus douloureux auxquels nos familles seront confrontées", a-t-il énuméré. Et d'ajouter: "nous réformerons notre justice pour qu'elle protège davantage les libertés et qu'elle soit plus attentive aux victimes".- Source AP/Yahoo

Même "notre ami" Frédéric Lefebvre, a semblé chercher ses mots pour commenter cette prestation

: " Dans un communiqué, Frédéric Lefebvre, porte-parole du parti majoritaire, a estimé que le chef de l'Etat avait «clairement envoyé le signal que ce n'est que rassemblés et unis, que nous pourrons préparer notre avenir et participer à la construction d'un monde nouveau» «Son plaidoyer pour la réforme dans un monde qui bouge était d'autant plus convaincant qu'il a pu s'appuyer sur les premiers effets des réformes accomplies depuis deux ans et demi», poursuit-il, citant travail, enseignement, culture, santé, justice, défense et organisation territoriale" - Source Le Parisien

Communiqué et voeux qui ne sont curieusement absents du site de l'UMP, aujourd'hui !

Que propose, pour cette nouvelle année Président dans le cadre de son : "année de renouveau"

Le chômage et l'exclusion :

De 4 à 6 millions de français sont aujourd'hui dans cette nasse ! Le pouvoir politique ne dispose plus d'aucun levier pour inverser la tendance. En effet, comment contraindre des employeurs à embaucher, alors que le MEDEF et la CGPME cherchent de nouvelles solutions pour la mobilité et la flexibilité. La seule solution actuelle de l'exonération des charges sociales est une catastrophe pour les comptes sociaux.

Or : "Le budget 2010, adopté définitivement fin décembre 2009, prévoit un déficit budgétaire de 117,369 milliards et un creusement du déficit des comptes sociaux qui fera passer le déficit public à 8,5% du produit intérieur brut contre 8,2% cette année " - Source L'Express

Les dépenses d'avenir : Que prévoit le grand emprunt pour l'avenir de la France et des français ?

Enseignement supérieur et formation : 11 milliards d'euros
Recherche : 8 milliards d'euros.
Soutien à l'industrie et aux PME : 6,5 milliards d'euros
Développement durable : 5 milliards d'euros
Passage à l'économie numérique : 4,5 milliards d'euros

Le tout financé par : "des économies supplémentaires sur les dépenses courantes de l'Etat". C'est à dire par une réduction de plus en plus importante des services au public !

Par contre, il n'est toujours pas question de réduire le train de vie de l'Elysée, des ministères où on continue à employer une pléiade de conseillers et en tous genres !

Quant à la dépendance : Il est intéressant de se remémorer, à partir de l'abécédaire de l'UMP ce que disait Nicolas Sarkozy en 2007 dans son projet

"Je souhaite ensuite mettre en oeuvre une grande politique de la fin de vie. Je veux que, dans la manière dont notre société prend en charge les personnes très âgées et lutte contre leur solitude, nous soyons un exemple de civilisation. Je lancerai un plan de prévention et de recherche sur les maladies de la vieillesse, notamment la maladie d’Alzheimer. Je créerai une cinquième branche de la protection sociale pour consacrer suffisamment de moyens à la perte d’autonomie et garantir à tous les Français qu’ils pourront rester à domicile s’ils le souhaitent. Je veux enfin que chacun puisse prendre un congé rémunéré pour pouvoir s’occuper d’un proche en fin de vie.

Je veux que la France soit un modèle dans la prise en charge des personnes âgées et dépendantes. L’honneur d’une civilisation, c’est la manière dont elle s’occupe des plus fragiles d’entre nous : la petite enfance, les personnes handicapées, les malades, les personnes âgées.

Je veux créer une cinquième branche de la protection sociale pour prendre en charge la dépendance. Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire que nous devons créer, dans notre organisation administrative et sociale, un organisme dont le but sera de préparer notre pays au défi de la dépendance, et de veiller à ce que, sur tout le territoire, de manière égale, il existe les structures suffisantes pour prendre en charge les personnes en perte d’autonomie. Cet organisme aura des ressources spécialement affectées. C’est la seule manière de garantir que nous consacrons assez d’argent à cet enjeu ... / ... " Source(s) Mon Projet Rencontre « Femmes et égalité des chances » (06/04/07)

Deux ans plus tard, on attend toujours l'ébauche d'une solution !

Les retraites : ... / ... Rien ne peut se faire avant la mi-2010, pour cause d'élections régionales en mars et de congrès de la CFDT en juin (du 7 au 11). Le Conseil d'orientation des retraites (COR) apportera, comme c'est sa vocation, sa pierre au débat : en février, il doit rendre au Parlement un rapport sur les régimes de retraite par points et en "comptes notionnels". L'un et l'autre permettent de faire l'économie d'un débat sur l'âge de la retraite, car ils reposent sur l'idée d'une accumulation de droits par des salariés choisissant plus ou moins librement le moment de leur départ. Le COR actualisera aussi, d'ici à mi -2010, ses projections sur les besoins de financement des retraites ... / ... " Nous rappelle Le Monde

En clair, comme vous l'expliquait Slovar les Nouvelles (Mine de rien, le gouvernement planifie la réforme des retraites), on se prépare à faire un mauvais coup aux salariés mais pas avant d'avoir fait voter les français aux régionales.

Le pire, dans cette affaire, est de savoir que le gouvernement compte sur la "pédagogie" de la CFDT pour faire passer la pilule ! Bravo au "grand syndicat réformateur" !

Le débat sur l'identité nationale

Destiné à perturber la gauche et chasser sur les terres électorales du Front National, il est devenu un cauchemar permettant à l'extrême droite d'envisager de se maintenir au deuxième tour dans quelques 10 régions. Le Président qui est à l'origine de cette brillante idée, nous aurait fait rire hier soir si le sujet n'était pas si grave !

"Je souhaite que 2010 soit l'année où nous redonnerons un sens au beau mot de fraternité qui est inscrit dans notre devise républicaine" "Respectons-nous les uns les autres, faisons l'effort de nous comprendre, évitons les mots et les attitudes qui blessent. Soyons capables de débattre sans nous déchirer, sans nous insulter, sans nous désunir"

Réformer notre justice " pour qu'elle protège davantage les libertés et qu'elle soit plus attentive aux victimes" ?

"178 tribunaux ferment leurs portes aujourd'hui" écrivait Ouest France, le jeudi 31 décembre 2009 : " ... / ... C'est une étape décisive de la refonte de la carte des tribunaux français. Lancée en 2007 par Rachida Dati, alors ministre de la Justice, échafaudée trop vite et sans grande concertation selon ses détracteurs, la réforme vise à supprimer 341 juridictions. L'idée ? Redessiner une carte datant du XIXe siècle rural pour l'adapter à une France plus urbaine. Déjà 31 greffes ont fermé, ainsi que 62 conseils de prud'hommes (droit du travail) et 55 tribunaux de commerce ... / ... "

Par contre, le Président s'est fait discret sur la fiscalité (à l'exception de la taxe carbone) et n'a pas évoqué le bouclier fiscal. C'est dommage, puisque sa majorité dans les assemblées a réussit le tour de force de préserver au plus haut ledit bouclier. Bouclier qui dans une période où : "il va nous falloir faire reculer le chômage et l'exclusion" devient de plus en plus indécent !

" ... / ... Bercy a planché sur un article qui annulerait l'amendement Carrez qui prévoit une intégration des dividendes à 100% dans le calcul du bouclier fiscal.

Le texte de Bercy permettra de revenir à la réglementation actuellement applicable, qui ne prend en compte dans le calcul du bouclier que les 60% de dividendes taxés à l'impôt sur le revenu. Les 40% soumis à abattement d'impôt sur le revenu (venu compenser la disparition de l'avoir fiscal et éviter ainsi une double imposition à l'impôt sur le revenu et à l'impôt sur les sociétés) ne viendront donc pas peser dans la balance du bouclier fiscal ... / ... " - Source Challenges

Résultat : "Dans le cadre du collectif budgétaire, après la lecture au Sénat, la commission mixte paritaire (CMP) est revenue sur la disposition de l'Assemblée et a décidé d'étaler la mesure dans le temps, jusqu'en 2012. "On ne peut pas calculer le bouclier fiscal à partir de revenus minorés", a déclaré M. Migaud ... / ... " Source Les Echos Et bien, dans la France de Nicolas Sarkozy, SI !

Ainsi, aux vues de ce catalogue de promesses non tenues d'impuissance à régler les problèmes des français, le Président, nous aurait : «clairement envoyé le signal que ce n'est que rassemblés et unis, que nous pourrons préparer notre avenir et participer à la construction d'un monde nouveau» ?

Il est, pourtant, assez probable qu'il va être particulièrement difficile de nous refaire le coup d' : " Ensemble tout est possible"

Bonne année 2010 quand même !


Crédit et copyright dessins
Delucq
Gremi

31 décembre 2009

Après la "rupture conventionnelle", le MEDEF souhaite : La "mobilité professionnelle" sans retour !

Au MEDEF, à défaut d'avoir des idées pour embaucher, on n'en manque pas pour alléger les effectifs !

Le patronat a déja obtenu la fameuse rupture conventionnelle, qui permet à un employeur et un salarié de se séparer d'un commun accord. Rupture décrite sur le site du Ministère du travail

"Dans les conditions fixées par les articles L. 1237-11 à L. 1237-16 du Code du travail, issus de la loi n° 2008-596 du 25 juin 2008 « portant modernisation du marché du travail » (JO du 26 juin), l’employeur et le salarié peuvent convenir d’un commun accord des conditions de la rupture du contrat de travail qui les lie.

Cette rupture conventionnelle du contrat de travail obéit à une procédure spécifique : entretien(s) entre les deux parties, homologation de la convention… Elle est entourée d’un certain nombre de garanties pour le salarié et lui ouvre droit, dans les conditions de droit commun (activité préalable suffisante, recherche active d’emploi…), au bénéfice de l’allocation d’assurance chômage"

Mais, celà ne semblait pas suffir au MEDEF qui vient de proposer aux syndicats de modifier, encore une fois, la législation du travail pour permettre à un salarié de quitter son employeur d’un «commun accord» pour aller voir ailleurs, avec la «possibilité» de revenir si l’essai n’est pas concluant.

Oui, mais cette fois-ci, le patronat propose un nouveau mode de rupture "spécifique" du contrat de travail !

Ce que le Medef propose d’instituer à titre expérimental, sur une période de deux ans, c’est :

"un droit conventionnel prenant la forme d’un accord de mobilité professionnelle individuelle sécurisée" ouvert aux salariés avec deux ans d’ancienneté. En cas d’échec, le salarié aurait la possibilité de retrouver dans l’entreprise son ancien emploi ou un emploi équivalent dans les six mois suivant la rupture de son contrat, voire davantage si la période d’essai du nouveau poste, renouvellement compris, excède six mois. Le contrat serait rompu d'un "commun accord des parties... / ... "

ça c'est pour la théorie, mais qu'en sera t-il dans les faits ?

Tout salarié sait parfaitement que lorsqu'on s'est absenté durant un certain temps de son entreprise, il est particulièrement difficile de retrouver ses marques. De plus, pendant une absence prolongée, il est naturel pour l'entreprise de trouver un remplaçant pour le poste vacant.

Que se passerait-il, si le projet du MEDEF s'appliquait ?

Si l'employeur embauche quelqu'un à sa place, supprime le poste, réduit les effectifs ou n'a plus d'emploi équivalent à proposer, le salarié ne serait pas réintégré mais pourrait s'inscrire au chômage et aurait droit à une demi-indemnité.

Dans le détail :

Si le salarié ne peut retrouver son poste, l’employeur devrait lui faire part de cette impossibilité par écrit, dans le mois de sa demande, en lui indiquant la raison.

Le document patronal liste quatre raisons de refus :


– une embauche ultérieure destinée à compenser le départ du salarié ;
– la suppression du poste du salarié avec ou sans réorganisation destinée à compenser son départ ;
– la réduction des effectifs de l’entreprise en cours au moment de la demande de retour ou programmée ;
– l’absence d’emploi équivalent disponible.

Le salarié ne pouvant revenir à son poste bénéficierait d’une indemnité spécifique égale à la moitié de l’indemnité qui lui aurait été due au moment de son départ et de même nature juridique que l’indemnité de licenciement. - Source WK RH

Et les syndicats, fortement hostiles à cette proposition de préciser :

Quatre motifs -et pas des moindres- sont susceptibles de mettre en échec le retour du salarié. En effet, une embauche ultérieure pour remplacer le départ, la suppression du poste, une réduction d’effectifs ou l’absence d’emploi équivalant disponible sont autant de raisons légitimes justifiant qu’un employeur ne réembauche pas le salarié

"Ces modalités ne nous conviennent pas», a réagi Gabrielle Simon (CFTC), qui explique que «dans une mobilité sécurisée, il n’y a pas rupture du contrat de travail mais suspension comme dans le congé maternité

"Là, on prend les gens pour des imbéciles. Si l’indemnité est plus faible qu’à travers un licenciement ou une rupture conventionnelle, le salarié fera vite le calcul", commente Maurad Rahbi de la CGT - Source 20Minutes

Du côté du patronat, on affiche une bonne humeur manifeste quant à ce nouveau dispositif

"Je suis très fière au nom du patronat de proposer ce dispositif", a au contraire déclaré Dominique Castéra, DRH de Safran et chef de file de la délégation patronale. "Cela permet à un salarié qui souhaite réaliser un projet dans une autre entreprise et n'ose pas, d'avoir un droit de retour, certes encadré, dans son entreprise initiale, et sinon de bénéficier d'une indemnité.

Si le salarié a la conviction de faire quelque chose dans un nouveau cadre et que ça va marcher, c'est normal que ça démarre par une rupture du contrat" de travail, a-t-elle défendu.


Mine de rien, ce dispositif, pourrait être, fort intéressant, pour les entreprises qui ont des salariés "trop vieux" ou "trop remuants" et dont elles souhaitent se débarrasser à moindre coût !

"La vie, la santé, l'amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ?" déclarait Laurence Parisot en prélude à l'adoption de la rupture conventionnelle.

C'est d'ailleurs une "formidable" réussite, puisque : En vigueur depuis maintenant un an, la rupture conventionnelle intéresse de plus en plus d’employeurs et de salariés. Le nombre de demandes reçues et homologuées par les directions départementales du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle (DDTEFP) augmente constamment.

Entre août 2008 et fin juin 2009, 111.670 demandes de rupture conventionnelle ont été homologuées. Le mois de juin 2009 est de loin le plus important, avec 17.173 demandes homologuées, soit 4.000 de plus que le mois précédent ! Employeurs et salariés semblent de mieux en mieux informés et de plus en plus séduits par ce nouveau mode de rupture du contrat de travail, qui a de beaux jours devant lui ! - Source Editions Tissot

Yves Nicol, avocat du droit du travail a sa petite idée sur le sujet

" ... / ... Je pense qu'il y a deux enseignements possibles :

- les ruptures se substituent à des licenciements et dans ce cas il est difficile de parler de rupture d'un commun accord....Je constate pour ma part que dans la majorité des cas, on utilise ce dispositif pour remplacer un licenciement. Voir ce que j'en pense ICI et lire les avantages et inconvénients ICI

- soit ce sont vraiment des ruptures d'un commun accord, qui ne substituent pas à des licenciements, mais alors ce dispositif entraîne une augmentation du nombre de demandeurs d'emploi et ce n'est peut-être pas la meilleure chose dans le contexte actuel ... / ... "

Devant ce "succès", il nous semble important de poser la seule question quoi vaille : Combien de nouveaux licenciements déguisés vont être issus du nouveau "dispositif" proposé par Dominique Castéra au nom du MEDEF s'il est validé par les pouvoirs publics et le parlement ?


Sources complémentaires
La Tribune
AFP/Google
Crédit image
Babouse




30 décembre 2009

Santé de l'industrie française : Liquidation judiciaire des motos VOXAN !

Ainsi, la marque de motos française VOXAN est morte si l'on en croît les journaux l'Auvergne et La Montagne :

" ... / ... L'ultime offre de reprise, qui émanait de la société FIL (Fortune immobilière du Luxembourg), a été déclarée irrecevable. Elle ne présentait pas les garanties bancaires correspondant à son engagement d'injecter plus d'une dizaine de millions d'euros notamment dans le rachat des actifs et le renflouement de la trésorerie de Voxan ... / ... "

On aura beau dire ce qu'on voudra, mais la disparition d'un entreprise est toujours quelque chose de grave. Néanmoins, dans cette période "d'écologisme extrême" pour cause d'élection régionales à venir, la mort d'un fabricant d'engins émettant du CO2 ne devrait pas lever les foules ni nos dirigeants politiques.

Et pourtant, il ne semble pas que les chefs de gouvernement ou les élus allemands, britanniques ou italiens aient particulièrement honte de : BMW, TRIUMPH, DUCATI, PIAGGIO et autres petits constructeurs autochtones qui pérennisent un savoir faire et transmettent beaucoup d'émotion à ceux qui les conduisent.

Mais si la France a un passé motocycliste : PEUGEOT, TERROT, RENE GILLET, Koehler-Escoffier, MONET GOYON, Gnôme et Rhône (voir Moto Histo ) cela fait bien longtemps qu'en haut lieu, on n'a plus d'yeux que pour l'automobile.

Pour quelle raison cet amour immodéré du quatre roues ?

Tout simplement parce que ce secteur de la production, est un des derniers, à être représentatif en France, en termes d'images et d'emploi. Quel politique ne s'est pas rendu dans une usine automobile pour parader, tout en oubliant de rappeler que de plus en plus de véhicules sont fabriqués ... hors de France.

Mais du moment que la photo est bonne !

Pendant que l'Etat paye plein pot ses différentes primes (CO2, casse) pour des véhicules majoritairement importés (merci le commerce extérieur !) il continue à négliger le deux roues motorisé qui, pourtant (n'en déplaise aux khmers verts également) est une partie du remède à l'engorgement des villes.

Pour en revenir à la marque VOXAN, on ne peut pas dire que son histoire aura été de tout repos

26 décembre 1995 : La société Voxan se lance à Issoire dans la fabrication de la seule moto française sur le marché mondial.

Mai 1997 : A l'étude depuis deux ans, la première version de la moto de grosse cylindrée Voxan quitte ses locaux pour des essais grandeur nature.

Janvier 1998 : Jacques Gardette, le père de la Voxan, est sacré Auvergnat de l'année par son défi de relancer l'industrie de la moto française.

Janvier 1999 : Le groupe Dassault entre dans le capital de Voxan.

23 mars 1999 : Le président, Jacques Chirac, se fait présenter deux exemplaires de la nouvelle moto française dans le parc de l'Elysée.

24 Août 1999 : Seule une centaine d'unités sont livrées à ce jour. Lors d'une conférence de presse, Jacques Gardette reconnaît : "Nous avons fait une bêtise en présentant la Voxan lors du salon du deux-roues à Paris, en septembre 1997 [...] Nous avons brûlé les étapes".

22 février 2000 : Jacques Gardette injecte de l'argent frais en cédant sa participation chez Biodôme, spécialiste dans le biomédical.

Janvier 2001 : Voxan réclame plus de place pour produire sa moto française à Issoire et menace d'aller voir ailleurs. Mais il lui faut trente millions de francs et les banques refusent de suivre.

29 juin 2001 : Le tribunal de commerce de Clermont Ferrand prononce la mise en liquidation judiciaire, avec une période d'observation de six mois, de la société Voxan.

21 décembre 2001 : Candidat à la reprise de dernière minute, le groupe suisse Merker se fait connaître lors de l'audience où le tribunal de commerce de Clermont Ferrand.

5 avril 2002 : Désistement du groupe Merker "pour cause de campagne de presse et de mauvaise volonté des salariés..." dissimulant en vérité une arnaque pure et simple de la part du groupe Merker.

18 juin 2002 : Le tribunal de commerce de Clermont Ferrand accorde la reprise de Voxan à la société de développement et de participation Guy Couach dirigée par Didier Cazeaux ... / .. Voxan repart avec 16 salariés et une production de 700 motos par an dès 2003.

18 avril 2003 : Sortie officielle de la première moto de la chaîne de montage à Issoire. Source Voxan Club de France

Mais cette "bonne nouvelle" pour les fans de la marque, n'aura qu'un temps, bien court !

Didier Cazeaux ambitieux déclarait le 19/4/2003 au site MOTO NET

" Je ne doute pas que dans deux ans, tout le monde dira que j'ai encore eu beaucoup de chances en prenant une place facile, mais il y a un an, il n'y avait pas la guerre au tribunal de commerce de Clermont pour reprendre cette affaire ... / ... Grâce à l'expérience que je commençais à avoir, j'avais de bonnes chances de sauver Voxan et il aurait été dommage de ne pas essayer de corriger cette véritable malédiction incompréhensible qui frappe la moto française. ... / ...

Quel sont vos objectifs ?

... / ... Nous allons produire 800 machines cette année, peut-être un peu plus, mais notre objectif le plus ambitieux est d'arriver à suivre la demande des concessionnaires. Il serait illusoire de ma part de vous dire qu'on va faire 2500 motos l'année prochaine et 10 000 l'année d'après .. / ...

Quel est votre seuil de rentabilité ?

Voxan sera rentable dès le 1er exercice ! C'est une règle que j'ai dans mes entreprises. Si Voxan n'était pas rentable dès le premier exercice, elle serait condamnée à mort d'une façon ou d'une autre à terme, et ça n'arrivera pas. ... / ... Nous avons investi 2,5 millions d'euros pour reprendre la production entre juin 2002 et avril 2003. ... / ... Donc, normalement, on va durer dans ce métier ! ... / ... "

Quelques mois plus tard, plombé par des difficultés (réseau et sous-traitants touchés par la crise ou devenus soupçonneux), la marque essayait de se relancer en signant un accord avec un nouveau réseau de distribution très ... exotique !

En 2006, la signature d'un partenariat avec Sidam Europe : Distributeur des marques chinoise Jialing, Jincheng, Lifan, Zongshen mais aussi Jianshe, Regal Raptor et CFMoto devait permettre une distribution dans les concessions du réseau Sidam à l'échelle européenne. - Source Moto Net

Puis une entrée en bourse sur le Marché Libre d’Euronext Paris en septembre 2007 (code MLVOX) devaient redresser la barre, bien mal engagée.

Or, le 1/04/2009 : " ... / ... Couach Yachts, la société de Didier Cazeaux qui lui avait permis de mettre la main sur Voxan, déposait une déclaration de cessation de paiement auprès du Tribunal de Commerce de Bordeaux. La direction du chantier naval invoquait les conséquences de la crise financières sur la solvabilité de ses clients et l'augmentation de sa dette suite au développement de navires de 50 m. ... / ... Didier Cazeaux avait largement communiqué sur le succès de sa reprise de Guy Couach lors de celle de Voxan. Or, une trésorerie fragilisée qui est aussi le lot de Couach Yachts, le chantier naval de yachts de luxe de l'entrepreneur girondin. produira t-elle un effet domino ? " écrivait MOTO Station

Depuis, seule la presse moto se faisait de temps en temps l'écho de quelques informations sur la marque. Et puis, l'information est tombée, il y a quelques heures : "Le constructeur de moto s'est vu signifié par le tribunal administratif de Clermont sa liquidation judiciaire" ... /...Créé en 1995, Voxan n'a jamais vraiment décollé. ... / ... cette fois, Voxan risque de rejoindre définitivement BFG, MF et Moto Boccardo au cimetière des marques françaises de motos. - Source France3

" ... / ... L'ultime offre de reprise, qui émanait de la société FIL (Fortune immobilière du Luxembourg), a été déclarée irrecevable. Elle ne présentait pas les garanties bancaires correspondant à son engagement d'injecter plus d'une dizaine de millions d'euros notamment dans le rachat des actifs et le renflouement de la trésorerie de Voxan, a expliqué cette source. Une autre offre, qui émanait de la Société de développement de moteurs (Sodemo), basée dans la Nièvre, près du circuit de Magny-Cours, avait finalement été retirée par cette dernière début décembre.


Voxan, dont la douzaine de derniers salariés (120 en 2001) va être licenciée, avait été créée en 1995 à Issoire (Puy-de-Dôme). La cotation de son titre au Marché libre d'Euronext Paris avait été suspendue en septembre dernier, lors de sa mise en redressement judiciaire. Il sera radié de la côte dans les prochains jours. L'entreprise auvergnate, dont le passif dépassait 5 millions d'euros, n'avait réalisé en 2008 qu'un chiffre d'affaires de 450.000 euros, avec moins de trente motos de 1.000 cm3 vendues. - L'Express.be

"En quatorze ans, la marque a autant fait parler d'elle pour ses déboires judiciaires que pour ses créations". Explique La Montagne

... / ... 2006 : Endettée à hauteur de deux millions d'euros, la société licencie vingt-deux des trente-quatre salariés de la société.
2008 : La ville d'Issoire, qui demandait l'expulsion de Voxan des locaux qu'elle lui avait loués, est déboutée par le tribunal de grande instance de Clermont-Ferrand"


Clairement, le désastre est le fait d'une aventure industrielle aventureuse. En effet, si Jacques Gardette, tel Bernard Palissy, s'est ruiné par pure passion, tous les autres investisseurs n'ont fait qu'enfoncer un peu plus la marque par incompétence ou opportunisme. Résultat : Grosse gueule de bois pour les salariés et les clients.

L'Etat pourra affirmer que ce n'est pas son rôle d'intervenir dans des entreprises privées dont la viabilité n'est pas démontrée.

Pourtant, Hervé Novelli ce matin sur Europe1 expliquait sans le moindre complexe le rôle du même état dans le financement des restaurants, dont plus de la moitié se sont vu offrir un cadeau de plusieurs milliards sans la moindre estimation de leur viabilité ! Au moins les salariés de la restauration auront le plaisir d'être augmenté directement par l'état - Source AFP/Google

C'est quand même dommage que le Président qui : "aime les usines" et déclarait en visite à l'usine SMART : "Mes prédécesseurs adoraient visiter des laboratoires. Moi, je préfère rencontrer de vrais gens" - Source Républicain Lorrain Ne se soit pas entiché de celle-ci !

C'est également dommage que le ministre de l'industrie ne se soit pas senti concerné. Mais après tout Christian Estrosi qui souhaite transférer le Musée National du Sport dans le chef lieu des Alpes-Maritimes ne se sent probablement pas concerné par la moto.

Bien que comme nous le rappelle MOTOMAG : " ... / ... Il est amusant de noter que, désormais, le sieur Estrosi se montre fier de son passé de pilote moto. Ce ne fut pas le cas il y a quelques années, quand il était ministre délégué à l’Aménagement du territoire, et refusait d’aborder le sujet dans ses interviewes… Aurait-il compris, désormais, que cet antécédent pouvait lui apporter de la notoriété ? "

En tous cas, ça n'aura pas servi à grand chose à la dernière marque de moto française, qui vient comme tant d'autres de rejoindre le musée des arts et traditions ... industrielles françaises !

Crédit images et photos
Voxan
Voxan.org

Absentéisme des élus : De la nocivité du cumul des mandats !

"Briguer un mandat auprès des électeurs, c'est bien, mais l'honorer correctement, une fois élu, c'est le minimum !"

Pourrait devenir le leitmotiv des électeurs de la région IDF, ayant pris connaissance, de l'article du journal Le Parisien sur l'absentéisme de certains élus au réunions du conseil régional.

Surtout que nous sommes, à quelques mois, des élections régionales !!!

En effet, à chaque élection, nombreux sont ces élus, qui disposent déjà d'un ou de plusieurs mandats et qui souhaitent en ajouter un nouveau sur leur CV. Si un certain nombre de partis ou formations politiques s'en émeuvent à l'occasion, le système de "collection" continue à bon train et donne à certaines assemblées, un air certain, de ... j'menfoutisme !

Comment ne pas parler de j'menfoutisme lorsqu'on apprend que :

"Les réunions du conseil régional d'Ile-de-France ne font pas souvent salle comble. Selon une enquête du Parisien publiée mardi 29 décembre, l'assiduité des 209 élus du conseil laisse à désirer. Le quotidien qui a dépouillé les feuilles de présence renvoie dos à dos la droite et la gauche. Ce sont pourtant deux figures de la majorité présidentielle qui remportent les palmes de l'absentéisme.

La secrétaire d'Etat chargée de la Prospective et du Développement de l'économie numérique Nathalie Kosciusko-Morizet bat tous les records, avec un taux d'absentéisme de 75%. En 2005, elle n'a honoré qu'une seule et unique fois le conseil de sa présence. Elle est suivie par le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre qui affiche un taux avoisinant les 60%, "avec des apparitions au compte-goutte". Interrogé par Le Parisien, l'UMP Roger Karoutchi reconnait : "Le travail en région n'est pas valorisant. Le manque de contact avec la population conduit parfois à la déresponsabilisation."

Julien Dray, très présent pendant la tempête

.. / ... le socialiste Julien Dray a eu 34% d'absence, se plaçant dans la même catégorie que la ministre de la Recherche Valérie Pécresse (UMP) avec 35% d'absence. Le Parisien précise malicieusement que Julien Dray "au plus fort de la tempête médiatico-judiciaire qui le visait en 2008 (…) s'est montré plus présent à la région. Quant à Valérie Pécresse, depuis sa désignation comme tête de liste, elle n'a plus raté une réunion. Si prompte à vilipender les abus, Marine Le Pen n'honore que rarement ses collègues de sa présence avec un taux d'absence qui dépasse les 43%. Elle touche pourtant son indemnité mensuelle de 2.500 euros.

S'attaquer aux indemnités des absents

A droite comme à gauche, les responsables envisagent d'ailleurs de s'attaquer aux indemnités des absents. Roger Karoutchi soutient ce projet : "Deux mille euros par mois d'indemnités, c'est déjà une somme. Il faut assumer." Certains élus se souviennent de leurs années d'école et reprennent les bons vieux trucs du lycée, n'hésitant pas à signer la feuille de présence pour un collègue parti faire l'école buissonnière. Au cas où la gauche conserverait la région en 2010, la PS Michèle Sabban propose la mise en place d'une pointeuse." - Source Nouvel Obs

"Agenda trop chargé pour cause d'autres fonctions", répondront les ministres, mais surtout les députés ou sénateurs, qui sont régulièrement montrés du doigt, pour leurs absences dans les assemblées. Tout en apportant la preuve de la toxicité du cumul de mandats !

Les élus qui façonnent la loi applicable à tous les citoyens se devraient d'être exemplaire dans leur engagement. Se voir confier une responsabilité politique par le vote des français oblige à une implication identique à celle que chaque citoyen salarié montre quotidiennement dans les entreprises ou administrations de ce pays !

Or, d'après le New York Times : "la pratique du cumul de mandats concernait en 2008 la quasi-totalité des parlementaires français : 85% d’entre eux exerçaient un second mandat électif, contre moins de 20% des parlementaires en Allemagne, en Italie ou au Royaume-Uni" - Source Gralon

Le cumul des mandats à ses partisans et ses détracteurs

Pour le cumul

Jacques Chirac, grand cumulard devant l’Eternel, déclara le 11/9/95 (depuis, il a changé d’avis) "un député ou un ministre qui n’a pas de mandat local, qui n’a pas l’obligation d’aller passer ses week-ends sur le terrain, sur les champs de foire, dans les quartiers difficiles, auprès des gens, eh bien il y a un grand danger qu’il devienne rapidement un apparatchik"

C’est l’argument le plus fréquemment employé par les défenseurs du cumul. Selon les cumulards, l’expérience acquise sur le terrain permet aux parlementaires d’élaborer des textes plus concrets, plus proches des besoins des Français.

- Pour le Sénat, l’argument est encore plus fort : L’article 24 de la constitution déclare que le Sénat assure « la représentation des collectivités territoriales de la République ». Les sénateurs affirme que justement, les détacher de tout lien local en leur interdisant le cumul leur ferait perdre leur caractère de représentants des collectivités locales.
- Les élus ne peuvent souvent financièrement pas se permettre d’exercer un seul mandat local. Surtout, le cumul des mandats est un moyen de palier à l’absence de statut de l’élu.

Contre le cumul

- L’argument financier n’est pas pertinent : d’abord parce qu’un cumul parfait des indemnités est impossible (1,5 fois l’indemnité parlementaire ). Et surtout, comment font ceux qui ne cumulent pas ?

Les arguments en faveur du non-cumul des mandats sont nombreux.

C’est Guy Carcassonne (spécialiste du droit constitutionnel) qui les a le mieux théorisés :

- la dérive de l’irresponsabilité : le cumul conduit à des délégations de signature. Les élus n’ont pas le temps d’exercer leur deux ou trois mandats.
- la dérive du localisme : le cumul des mandats conduit à des conflits d’intérêt + prééminence de l’intérêt local sur l’intérêt national.
- la dérive de la médiocrité (qui est plus discutable).

Quoiqu’il en soit, le cumul des mandats favorise l’oligarchie politique. Les femmes, les minorités, les jeunes - Source Reso

Et que répondent les deux champions de l'absentéisme au CG de l'IDF ?

Curieusement, on ne trouve aucune réaction, sur le blog, du pourtant prolixe, porte parole et donneur de leçons de l'UMP : Frédéric Lefebvre.

On pourra, néanmoins, consulter sa fiche sur le site du Groupe de la majorité présidentielle du CG de l'IDF pour s'apercevoir qu'il est toujours ... député : "Pour les élections législatives de 2007, il est désigné suppléant du député sortant de la 10ème circonscription des Hauts-de-Seine, le centriste André Santini. Frédéric Lefebvre deviendra alors député le 20 juillet 2007."

Comme sur son blog d'ailleurs. Alors qu'André Santini est redevenu député depuis son départ du gouvernement !

Nostalgie ou oubli ?

Mais Frédéric Lefebvre ne fait-il, peut être que s''appliquer à lui même le télétravail qu'il explique avoir "brillamment défendu à l'Assemblée Nationale au travers de la : "prise en charge du contrat de services de communications électroniques des salariés par l'employeur" Ce qui pourrait expliquer sa faible assiduité ...

L'entourage de Nathalie Kosciusko-Morizet, joint par LEXPRESS.fr, précise que NKM : " ... / ... défend beaucoup de dossiers au niveau régional. Et on met en avant l'efficacité de ses actions menées sur le terrain : "Les actions extérieures sont plus efficaces qu'à l'intérieur de l'Hémicycle, particulièrement pour l'Essonne, grand oublié de l'ordre du jour du conseil ... / ... " Sans bien entendu évoquer son travail ... ministériel.

A moins, que ce travail, ne soit pas si intense qu'on pourrait le croire ? Page de NKM sur le site du Groupe de la majorité présidentielle du CG de l'IDF

Luc Mandret, notre ami blogueur a consacré un article : "à la gabegie liée à cette non représentation dans les instances régionales. "NKM a participé à moins de 21 séances plénières, et son camarade Lefebvre à 34 séances. En 68 mois de mandature. 68 mois durant lesquels Monsieur Lefebvre et Madame Kosciusko-Morizet auront chacun touché 170,000 euros d'indemnités pour l'exercice de leur (non-)mandat.

On peut donc en conclure que la présence à une séance plénière du Conseil régional de Monsieur Lefebvre revient à 5000 euros, et de celle de Madame Kosciusko-Morizet à plus de 8 000 euros!
" - Source L'Express

"Une démocratie irréprochable" proposait Nicolas Sarkozy dans : "Mon projet : ensemble tout devient possible" (voir Slovar les Nouvelles du 29 décembre)

Il reste deux ans pour nous le prouver Monsieur le Président. Pourquoi pas en demandant aux élus de votre majorité de se prononcer clairement sur l'interdiction pure et simple de tout cumul abusif de mandats électoraux ?

Mais n'étiez-vous pas vous même, un fervent utilisateur dudit cumul et de ses effets pervers , puisque : député pendant 12 ans (de 1988 à 1993 puis de 1995 à 2002) vous n'avez pris la parole "que dix fois en séance","déposé aucun amendement" ... Ce qui, pour le député apparenté PS, René Dosière, correspond à "moins d'une heure de parole en douze ans de vie parlementaire" - Source Le Monde

C'est certain que Député maire, Président du Conseil Général des Hauts de Seine, Président de l'EPAD, ...


Bibliographie : "Le cumul des mandats électoraux - Ministère de l'Intérieur (Mis à jour le : 23/09/2005)

Crédit et copyright photos
Groupe de la majorité présidentielle du CG de l'IDF

29 décembre 2009

Les cadeaux du Président du "pouvoir d'achat" aux français pour 2010

ça doit cogiter ferme, en ce moment, chez Henri Guaino et ses scribes de l'Elysée, pour préparer le traditionnel discours de voeux du Président !

En effet, il faut permettre à celui-ci de nous expliquer en quelques mots, comment l'an 2009, si mauvais, aux dires de tous les économistes et organismes officiels, aura été une : "année de transition bien gérée par le Président, son gouvernement et sa majorité"

Transition, oui, mais vers où et quoi ? ça, personne ne le sait ! Mais :

- Avec des paradis fiscaux, loin d'avoir disparu (voir argentsale.org),
- Des banques qui fêtent joyeusement le retour aux profits (Fusions acquisitions en 2009) et en remercient au passage ... les contribuables,
- Un tissu industriel qui ressemble de plus en plus à une désertification désorganisée et
- Une dette devenue incontrôlable,

il va vraiment falloir déployer beaucoup de talent pour convaincre les français que : "la croissance, certes, légère, est une nouvelle fois au rendez-vous du 3ème trimestre comme au 2ème. A la veille de la nouvelle année, ces statistiques doivent nous donner espoir, mais doivent surtout nous convaincre qu'il faut poursuivre dans le sens qui a été choisi pour la France" comme l'a déclaré Frédéric Lefebvre (l'un des rois de l'absentéisme au Conseil régional d'Ile de France )

S'il est par contre un domaine où le Président ne cédera pas, c'est sur les impôts : Son ministre du Budget l' a réaffirmé : "il n'y aurait pas d'augmentation d'impôts en 2010". "Les ménages ne payeront pas plus de prélèvements fiscaux au sens large du terme en 2010", a déclaré M. Woerth. "Les recettes ne viendront pas de l'augmentation des impôts, mais de l'activité". Il a de nouveau exclu tout assouplissement du bouclier fiscal, refusant toute exception à ce dispositif fiscal qui plafonne l'impôt d'un contribuable à 50% de ses revenus. "Sur le bouclier, on est très ferme, nous ne changerons pas les choses" - Source E24

Pas d'augmentation des impôts peut être mais quid des taxes ou prélèvements nouveaux ?

Il ne nous étonnerait pas que notre Président nous explique comment les autres chefs d'état et de gouvernement l'ont empêché de sauver la planète ! Et surtout que ce sont eux, qui sont responsables, du fait que la France va s'imposer unilatéralement une nouvelle taxe : La taxe carbone

En effet : "C'est le 1er janvier 2010 que la taxe carbone entrera en vigueur. Et pour éviter les mauvaises surprises, l'association de consommateurs Consommation, logement et cadre de vie (CLCV) a mis en ligne un outil permettant aux ménages de calculer le montant de cette nouvelle taxe tant contestée.

Combien vous coûtera la contribution climat-énergie, qui vise à taxer les énergies fossiles pour en diminuer la consommation au profit des énergies renouvelables ? ... / ... Contestée par les particuliers comme les professionnels, la taxe carbone dont le montant a été fixé à 17 euros par tonne de CO2, entrera en vigueur dès vendredi prochain. Son prix augmentera ensuite progressivement pour atteindre 100 euros en 2030. - Source Maxisciences

Autre conséquence de cette taxe : Les tarifs du gaz vont connaître une hausse de 3,14 euros/MWh pour le gaz naturel.

Et comme le slogan : "travailler plus pour gagner plus" est à ranger définitivement, au panthéon des déclarations politiques (du fait des plus de 4 millions de chômeurs et de précaires) le fameux pouvoir d'achat cher à notre Président va encore, au gré des augmentation traditionnelles de début d'année, se recroqueviller un peu plus !

Quelques hausses :

Santé
- Le forfait hospitalier va augmenter de deux euros passant de 16 à 18 euros.
- Les cotisations des mutuelles santé devraient augmenter d’au moins 3,9 %.

Transports
- La course de taxis va augmenter de 1,2% et le prix minimum, supplément inclus, passe de 6€ à 6€10.
- SNCF : les billets de TGV vont subir une hausse de 1,9%.
- Assurances automobiles : hausse moyenne de 5% ainsi que pour la taxe d’habitation.

Epargne
Doublement du «forfait social» instauré l'an dernier (taxe sur l'intéressement, la participation ou l'épargne salariale). «Remise en cause» de l'exonération de prélèvements sociaux dont bénéficiaient jusqu'à présent certains contrats d'assurance-vie en cas de décès du bénéficiaire.

Mas comme diraient certains élus de l'UMP, il y aura quelques "privilégiés"

Le Revenu de solidarité active (RSA) augmentera de 1,2%, à 460,09 euros pour une personne seule sans enfant. Par exemple pour un couple sans enfants ou une personne seule avec un enfant le RSA passera à 690,14, pour 3 personnes (couple avec enfant ou personne seule avec 2 enfants c’est 828,17 euros qui seront perçus par le foyer.

Le montant du Smic. Le Smic est porté à 8,86 euros l’heure, soit 1.343,77 euros mensuels bruts (quelque 1.056 euros nets) sur la base de 35 heures (Liste complète fournie par Le Télégramme )

Devant tant de difficulté à nous ciseler un discours encourageant, si Henri Guaino hésite, nous pouvons toujours lui conseiller de se replonger dans un texte fondateur du Sarkozysme présidentiel : "Mon projet : ensemble tout devient possible" qui reste une référence en termes de promesses à tenir, même ... pour 2010 !

1. Mettre fin à l'impuissance publique
2. Une démocratie irréprochable
3. Vaincre le chômage
4. Réhabiliter le travail
5. Augmenter le pouvoir d'achat

6. L'Europe doit protéger dans la mondialisation

7. Répondre à l'urgence du développement durable

8. Permettre à tous les Français d'être propriétaires de leur logement

9. Transmettre les repères de l'autorité, du respect et du mérite

10. Une école qui garantit la réussite de tous les élèves

11. Mettre l'enseignement supérieur et la recherche au niveau des meilleurs mondiaux

12. Sortir les quartiers difficiles de l'engrenage de la violence et de la relégation

13. Maîtriser l'immigration

14. De grandes politiques de solidarité, fraternelles et responsables

15. Fiers d'être français


Bon courage, à lui et surtout aux français ...

28 décembre 2009

Plan emploi seniors : Laurent Wauquiez se complaît dans les mesures cosmétiques !

Laurent Wauquiez et le gouvernement n'en finissent pas de chercher des solutions pour améliorer la situation du chômage en France.

Après avoir officialisé le travail du dimanche sans qu'on puisse noter jusqu'à présent son résultat sur l'emploi, le gouvernement qui s'apprête à dévoiler aux français sa réforme des retraites (après les élections régionales bien entendu) essaye de nous faire croire à son nouveau dispositif emploi seniors.

Et oui, car pour vendre aux salariés un allongement de la durée de cotisation, il faut faire croire qu'on est en mesure de les prolonger au delà de 50 ans dans le monde du travail. Or, depuis des années, on sait qu'en France, les entreprises se sont délestées des salariés de 50 ans et + et surtout n'en recrutent quasiment aucun.

Que déclare Laurent Wauquiez à ce sujet : "Le secrétaire d'État a reconnu "deux points d'attention", "les seniors et le chômage de longue durée". "Cela me conforte dans ma détermination absolue d'appliquer les textes à la rentrée.

Il faut absolument que les branches et les entreprises bougent sur la place accordée aux seniors", a-t-il déclaré. Au 1er janvier, les employeurs comptant au moins 50 salariés s'exposent à une pénalité s'ils ne sont pas couverts par un accord de branche ou d'entreprise ou un plan d'action de trois ans pour l'emploi des seniors ... / ... " - Source Le Point

Bo, ça c'est pour la "media attitude" car dans la réalité, en lisant le dernier communiqué de la CGPME (23 décembre), on peut lire :

"La crise économique fragilise tout particulièrement les PME. La CGPME s'est donc fortement mobilisée pour alerter les pouvoirs publics sur les conséquences négatives en matière d'emploi, de la pénalité senior d'une part et de la surcontribution Agefiph (emploi des personnes handicapées dans les entreprises du secteur privé) d'autre part. Le gouvernement, conscient de la situation délicate des petites entreprises, vient d'accepter de laisser un délai supplémentaire de 3 mois aux PME de 50 à 300 salariés pour conclure un accord ou définir un plan d'action en faveur de l'emploi des seniors ... / ... "

Ce qui confirme, comme nous l'avons écrit à plusieurs reprises, que dans la mesure où cette pénalité ne sera applicable qu'aux entreprises de plus de 50 salariés, elle n'aura aucun effet sur l'emploi seniors.

En effet : Les entreprises de moins de 20 salariés représentent aujourd'hui environ 97% du parc français et ne sont donc soumises à aucune contrainte.

En ce qui concerne les grandes entreprises

A titre exemple, voici quelques bonnes pratiques identifiées dans le domaine du recrutement :

- la formalisation par l’entreprise de l’engagement de développer le recrutement de personnes seniors, demandeurs d’emploi ou retraités ; - la visibilité, en interne et en externe, de l’engagement de l’entreprise contre toute forme de discrimination à l’égard des seniors ; - la contractualisation des principes et des objectifs de non-discrimination avec les intermédiaires du marché de l’emploi (Pôle emploi, entreprises de travail temporaire…) ; - la réduction des risques de discrimination dans les processus de recrutement (recours au CV anonyme, collégialité des décisions de sélection…) ; - la méthode de recrutement par simulation : aptitudes révélées par des tests en coopération avec des intermédiaires du marché de l’emploi ; - l'Assessment Center : aptitudes révélées par mise en situation dans un centre d’évaluation de l’entreprise ; - le testing : audit sur les réponses aux candidatures confiées à un organisme interne ; - le tableaux de bord : sur les recrutements par tranche d’âge, par source d’embauche.

Ce catalogue de bonnes pratiques, remis par Nicole Notat à Laurent Wauquiez, sera "adressé aux branches, aux entreprises, aux partenaires sociaux, aux chambres de commerce, etc. Le but est que les plans d'actions des entreprises pour l'emploi des seniors piochent dans cette liste." Jobetic RH

En d'autres temps, ça nous aurait fait sourire ...

Ce qui faisait écrire au JDD le 21 décembre : "... / ... Seuls 1000 sites de plus de 300 salariés sont allés jusqu’à la signature. Il faut préciser que les PME sont exonérées du dispositif dès lors que leur branche a négocié. "Les entreprises ont réalisé tardivement qu’elles risquaient des sanctions. Certaines ont inclus les seniors dans la négociation annuelle sur les salaires, en toute fin d’année, pour lui donner davantage de poids", analyse Bernard Borrely, avocat en droit social chez Landwell, cabinet de PricewaterhouseCoopers ... / ... Le gouvernement fera les comptes à la mi-2010. A moyen terme, son baromètre est le taux d’emploi des 55-64 ans, actuellement de 38,1% ... / ... Les centrales syndicales, elles, peinent à y croire. "J’ai peur qu’il s’agisse surtout d’effets d’annonce, sans changements effectifs" et surtout : "Il n’y a aucune obligation de résultat". Et le JDD de préciser en conclusion : " Les seniors constituent la moitié des séparations à l’amiable"

Et, ça ne risque pas de s'améliorer !

"Le nombre de demandeurs d'emploi en fin de droits (sans indemnisation de la part du régime d'assurance-chômage) augmente de façon inquiétante. En 2010, plus de 1 million de demandeurs d'emploi seront dans cette situation" ... / ..." Signale FO. "... /... les indicateurs publiés le 28 décembre 2009, montrent que la crise a durablement exclu certaines populations du marché du travail : la durée d'inscription au chômage s'allonge et le nombre d'inscrits depuis plus d'un an a fortement augmenté en octobre (+ 2,4 %). Les chômeurs de plus de 50 ans, qui n'auront bientôt plus aucune dispense de recherche d'emploi, sont en forte augmentation (+ 1,4 %, à 644.800) ... / ... " - Source Les Echos

Néanmoins, il y a au moins un responsable politique pour se réjouir de la situation : Frédéric Lefebvre !

Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, a estimé que "les chiffres de novembre montrent que le chômage est stabilisé en France", après la publication jeudi du nombre de demandeurs d'emploi en novembre. "Les chiffres de novembre montrent que le chômage est stabilisé en France, le chômage des jeunes amorçant une baisse, ce qui mérite d'être souligné, et est bien sûr, le fruit des mesures mises en place par le gouvernement", écrit M. Lefebvre dans un communiqué. "Ces bons chiffres confirment que la reprise enclenchée est solide, et que les choix du gouvernement en 2009 ont été les bons, n'en déplaise au Parti Socialiste", poursuit le porte-parole ... / ... " - Source Le Point

Mais après tout, comme le faisait remarquer, avec virulence, l'acteur Jacques Weber : " ... / ... Mais, naturellement, ce n’est pas un hasard si on prend le plus vulgaire, le plus con, le plus effroyable qui soit pour parler à la population. La population est bête et imbécile donc il faut un bête et un imbécile pour leur parler ... / ... " - Source Nouvel Obs

Crédit image
MINEFI

27 décembre 2009

Le dernier des chics en France sera de passer la nuit dans une ancienne prison reconvertie en hôtel 4 étoiles !

"C’est officiel depuis mardi 22 décembre, l’ancienne prison Saint-Anne, située près du palais des Papes, deviendra un hôtel de luxe 4 étoiles Plus. C'est la première fois qu’un ancien pénitencier français est transformé en luxueux hôtel ... / ..." Ecrit le site Zigonet

Bonne nouvelle diront certains qui vont pouvoir une fois les travaux terminés se donner pour des prix élevés le frisson en s'imaginant dans un épisode de Prison Break ou en se disant que leur chambre a peut être hébergé un assassin, un braqueur et pour les plus pervers : un violeur.

Ce joli conte de noël ne sera en tout cas pas perçu de la même façon par ceux qu'on entasse à quatre dans des cellules vétustes, ni par le personnel pénitentiaire qui ne cesse de prévenir sur les dangers du manque de place et de s'insurger contre des conditions de travail de plus en plus déplorables !

Exemple : Le 13 décembre dernier : Venu rencontrer l’équipe médicale de la maison centrale d’Ensisheim pour parler de santé en détention, le secrétaire d’État à la Justice, Jean-Marie Bockel, a été interpellé, hier, par le personnel pénitentiaire sur le non paiement des heures supplémentaires ... / ... À quinze jours de Noël, ils ont été « scandalisés » d’apprendre qu’ils ne toucheront pas le montant de leurs primes et de leurs heures supplémentaires du mois d’octobre, soit en moyenne 600 € par fonctionnaire.

... / ... Jean-Marie Bockel, qui a écourté sa visite de l’établissement pour discuter avec les représentants syndicaux, a admis des « difficultés budgétaires à financer les heures supplémentaires ». Le secrétaire d’État a expliqué que le recours aux heures supplémentaires, demandé au personnel par les établissements, a conduit « au doublement, puis au triplement voire au quadruplement des coûts » et a admis que « nous aurions dû les anticiper. » Il s’est engagé à « mettre la pression maximum sur Bercy afin qu’on puisse régler la question rapidement, dans les derniers jours de décembre ou les premiers de janvier. » ... / ... " Source L'Alsace

Mais aussi : "Le taux de suicide dans les prisons de France métropolitaine a quintuplé en 50 ans, constate l'Institut national d'études démographiques (INED) dans son dernier bulletin mensuel publié mercredi. Mais "contrairement aux idées reçues", la surpopulation carcérale et le suicide "n'évoluent pas de façon parallèle", selon l'INED.

Le taux de suicide en milieu carcéral est passé de quatre suicides pour 10.000 détenus en 1960 à 19 pour 10.000 en 2008, explique l'INED. Le niveau le plus élevé a été atteint en 1996 avec 26 suicides pour 10.000 détenus. Après une baisse au cours des dernières années, une "nouvelle augmentation" a caractérisé l'année 2008, précise cette étude publiée dans le bulletin "Population et sociétés" ... / ... " Source La Tribune

Ou bien : Etat des lieux des prisons en France : « une humiliation pour la République »

" ... / ... Malgré les recommandations du Comité européen pour la Prévention de la Torture (CPT) qui avait visité il y a quelques années des établissements pénitenciers à Lille et Toulon, la France ne fait pas face. On pourrait même dire qu’en la matière, la France mène parfois une politique de l’autruche quand on voit à quel point les lois pénitentiaires entrées en vigueur depuis cette visite ne respectent ni les recommandations du CPT, ni les règles pénitentiaires européennes. Les conditions de détention sont catastrophiques. La surpopulation carcérale conduit à des conditions d’hygiène et d’insalubrité insupportables, à une augmentation du nombre de détenus en cellule, créant des risques de conflits, de violences voire de suicides.

... / ... En observant la jurisprudence européenne, on constate que régulièrement, la France se fait condamnée par le Cour Européenne des Droits de l’Homme et ce pour diverses raisons ... / ... " Source Le Taurillon

Le problème, c'est que crise économique ou pas, les prisons sont systématiquement "zappées" des budgets et coûtent sans jamais ... rapporter le moindre Euro

Il est plus facile aux ministres en charge de la police et de la justice d'expliquer qu'après tout : Ce sont des canailles ou de la racaille ! Et comme nous sommes dans une période d'élection, ce qui a permis à notre président de ressortir son argumentation sécuritaire, vous pensez bien qu'on ne va pas perdre du temps sur les conditions de vie des détenus, alors qu'on fait la course aux électeurs d'extrême droite !

Mais pour en revenir à l'ancien pénitencier d'Avignon, il était bon de remplacer la racaille et le gibier de potence par quelque chose qui frappe le citoyen.

"Ainsi, l’ancienne prison Saint-Anne devrait devenir en 2013 un luxueux hôtel Marriott. Le début du chantier est prévu pour 2010 et le bâtiment a été vendu 2 millions d’euros pour des travaux estimés à 36 millions d'euros.

Pour l’architecte Michel Macary, qui a notamment conçu le stade de France et la Pyramide du Louvre, il s’agit avant tout là de "transformer un lieu de souffrance en un lieu de plaisir". L’hôtel devrait abriter 90 chambres pour une surface moyenne de 35 m² chacune, quelques suites de 55 m² et une suite présidentielle d’une surface de 140 m².

Le bâtiment disposera également d’un bar, d’une piscine extérieur, d’un spa, d’une salle de congrès de 700 sièges. A savoir également qu’il vous faudra débourser en moyenne 300 euros pour avoir le privilège de loger pendant une nuit dans cet endroit d’exception." - Source Zigonet

Sans commentaire ...


Photos
Prison Sainte Anne
Bibliographie
Les programmes immobiliers de la justice