16 mai 2012

Législatives : Stop à l'interdiction de cantine scolaire des enfants de chômeurs !

Nombre d'élus UMP continuent de bannir les enfants de chômeurs des cantines scolaires. Une profonde injustice qu'il mériterait à elle seule une sanction pour les candidats du Mouvement Populaire aux prochaines législatives !



En septembre 2011 nous écrivions : « Perdre son emploi est toujours vécu comme un drame, auquel s'ajoute, dans certaines communes gérées par l'UMP, l'humiliation d'expliquer à ses enfants pourquoi ils sont exclus de la cantine scolaire ! Quel point commun entre Thonon-les-Bains, Bordeaux, Nice, Meaux, Troyes ou Toulon ? Et bien hormis qu'elles sont dirigées par l'UMP, elles ont mis en place un système de restriction ou d'interdiction de leurs cantines scolaires aux enfants de chômeurs »

Et ce n'est pas un épiphénomène puisqu'à la rentrée 2011, au moins 70 communes effectuaient une sélection à l'entrée des cantines selon divers critères.

Loin d'être terminée, ce bannissement continue de faire des émules chez les élus du « parti des droits et des devoirs » En effet, on apprend par nos amis du site Actuchomage que le maire de Saint-Cyr-l'École (78) a instauré des restrictions envers les enfants dont l'« un des parents ne travaille pas »

la mairie UMP de Saint-Cyr-l'École explique Actuchomage : « (...) perpétue la tradition (...) le département des Yvelines est l'un des plus riches de France et son taux de chômage très inférieur à la moyenne nationale (...) Là aussi, l'UMP est aux manettes, quitte à faire dans l'illégalité. Sébastien est un saint-cyrien privé d'emploi qui vient d'apprendre l'exclusion de sa fille de la restauration scolaire deux jours par semaine. En effet, sa mairie a mis en place un « guide de l'enfance » qui prévoit de nouvelles priorités et conditions d'accès aux services périscolaires : cantines, accueils, centres de loisirs. Les enfants dont l’« un des parents ne travaille pas » ont moins de droits que les autres : deux jours de restauration autorisés par semaine au lieu de quatre, centre de loisirs une fois par mois au lieu de tous les mercredis, etc. Seconde restriction amplifiant cette discrimination : ces enfants stigmatisés ne seront admis que « suivant les places disponibles ». Sont en particulier visés les chômeurs, bien sûr, mais aussi les malades de longue durée (...) »

Ulcéré par cette discrimination il a décidé de se battre pour que l'égalité entre tous représentée par les valeurs de l'école républicaine soit appliquée sans restriction.  De la même façon que Actuchomage, nous soutenons son initiative qui prend la forme d'une pétition publiée sur un site Web qu'il a créé pour l'occasion.

Tout comme nous invitons les électeurs qui sont révolté par le bannissement d'enfants de chômeurs des cantines scolaires à interroger les candidats UMP aux législatives sur ce sujet. Car, il ne suffit pas de diffuser un tract : « Choisissons la France » dans lequel on peut lire : « Construisons une France plus généreuse pour aider les plus fragiles » pour s'exonérer de la pire des injustices, voire des saloperies : La stigmatisation d'un enfant !

A bon électeur/entendeur ...


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15 mai 2012

Elections professionnelles dans les TPE : Syndicats cherchent votes ou adhérents ?

Moins médiatiques que la Présidentielles et les législatives, les élections professionnelles dans les TPE sont toutefois importantes. Elles vont en effet, participer à la représentativité des syndicats. Mais qu'en sera t-il du sort des salariés des TPE une fois les élections passées ? 




En France, le taux de syndicalisation des salariés est faible, ce qui est regrettable dans la mesure où  des syndicats puissants sont plus à même de peser dans les négociations avec les organisations d'employeurs ou les pouvoirs publics.

Ce constat prend encore plus de valeur lorsqu'on traverse une période de crise financière et économique où le moindre acquis social est la cible des économistes libéraux pour qui les seules solutions sont la flexibilité et la remise en cause du contrat et du droit du travail.

Ajoutons à cela que la part de salariés travaillant dans des entreprises de plus de 1000 personnes n'a cessé de se raréfier années après années au profit de PME ou même de TPE dans lesquelles le taux de syndicalisation est quasi nul. Tout comme d'ailleurs le taux d'adhésion des patrons de ces entreprises à une organisation patronale.

Le gouvernement Fillon a pourtant décidé de ne mesurer que l'audience et la représentativité des syndicats de salariés au travers de la réforme de la loi du 20 août 2008. Celle-ci : « (...) se fondera principalement sur l'audience électorale des syndicats. Ainsi, pour être représentatif au niveau de la branche et au niveau national et interprofessionnel, un syndicat devra notamment totaliser 8 % des votes exprimés au premier tour des élections professionnelles. Ces pourcentages seront déterminés à partir de la somme des suffrages obtenus à la fois :

Dans le cadre des élections professionnelles « classiques », à savoir les votes pour le comité d'entreprise, les délégués du personnel et le délégué unique du personnel.

Et,

Dans le cadre de scrutins régionaux réservés aux TPE de moins de 11 salariés (...) »

Or, nous expliquent Les Echos, ce sera au tour des salariés des entreprises de moins de 11 personnes de voter dans le cadre des élections professionnelles. Ce qui a une importance capitale pour les syndicats puisque, les résultats : « (...) seront agrégés à ceux des élections professionnelles dans les plus grandes sociétés pour déterminer, dès 2013, la représentativité des syndicats - c'est-à-dire leur droit de négocier - dans les branches et au niveau national (...) »

Bien que les députés de l'UMP à la demande du Medef et de la CGPME ont réussi à enterrer le projet de loi de dialogue social dans les TPE, ce qui a ôté une grande partie de l'intérêt du scrutin pour les salariés de ces entreprises, il va falloir, pour les syndicats, déployer les grands moyens pour attirer les salariés/électeurs. D'autant que le scrutin se fera par Internet et sur sigle !

Et là, il va y avoir du boulot ! En effet, dans les TPE, le simple fait de réclamer la convention collective de la branche peut vous valoir une surveillance accrue de l'employeur. Alors, le soupçon d'une appartenance syndicale ... 

Néanmoins, le droit du travail est applicable à tous les salariés y compris à les apprentis ou ceux qui travaillent pour un particulier dans le cadre des services à la personne. Donc, les syndicats vont essayer d'informer le plus large public au travers d'actions que nous présentent Les Echos

« (...) la CGT, a présenté hier son bus « Info-droits » qui sillonnera le pays jusqu'à la mi-juin puis à la rentrée (...) La CFTC qui craint de ne pas obtenir le seuil minimum de représentativité : (...) multiplie les rencontres de terrain depuis décembre et accélérera cet été, en participant entre autre à la caravane du Tour de France et en sillonnant les plages en camping-car (...) » FO de son côté : « (...) a créé pour l'occasion un syndicat FO TPE et a édité 450.000 dépliants (...) la CFDT et la CFTC font le tour des centres de formation des apprentis (...) »

Ok, mais que se passera t-il pour les salariés des TPE une fois le scrutin terminé ?

C'est toute la question puisque jusqu'à présent, les syndicats de salariés ont toujours privilégié leurs bastions ou places fortes (grandes entreprises ou fonction publique) sans vraiment se préoccuper des TPE. Et, comme le font remarquer Les Echos : L'exercice est très difficile, faute de moyens et de relais dans les TPE.

Et pourtant, c'est un enjeu majeur pour le futur des syndicats dans la mesure où 97% des salariés travaillent aujourd'hui dans des entreprises de moins de 20 salariés ! Il est évident que si la présence sur le terrain ou les opérations d'information par le Web ne devaient pas avoir de suite une fois le scrutin terminé qu'il s'agirait d'un échec pour les syndicats et surtout pour les salariés des TPE.

D'autant, explique Pascale Coton de la CFTC que ces salariés : « (...) se sentent lésés et ont envie de s'exprimer, mais ils sont isolés et ne connaissent pas leurs droits (...) »

Alors au boulot, et ne décevez pas ceux que vous rencontrerez et avec qui il sera nécessaire d'avoir un dialogue ... durable ! 


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14 mai 2012

Législatives : Le dernier tract électoral de l'UMP est-il illégal ?

L'UMP en vue des législatives va distribuer un tract bleu-blanc-rouge édité à 8 millions d'exemplaires. Problème, selon le code électoral, l'appropriation des 3 couleurs est interdite sur les affiches et circulaires !

C'est le 15 mai, date de l'investiture du nouveau Président de la République que l'UMP a décidé de diffuser son tract en vue des législatives. Si sans surprise on y retrouve les « grandes réussites » de la législature :

Le pouvoir d'achat
La lutte contre le chômage
La lutte contre la délinquance
L'Immigration

Cliquer sur l'image pour lire le document dans son contexte

 


Dont les candidats de l'UMP proposent de s'occuper au cas où les français leur donneraient une majorité aux prochaines législatives. Si le slogan : « Ensemble choisissons la France » peut faire sourire, on pourra par contre légitimement s'étonner de l'utilisation d'une marée de drapeaux bleu-blanc-rouge en couverture du document !

Si l'UMP argue que : « (...) La présence des drapeaux tricolores sur ce document de quatre pages (...) et le choix du slogan se veulent une réponse, selon l'UMP, à la fête de la Bastille, le soir de l'élection de François Hollande, dimanche 6 mai, où les partisans du nouveau président avaient brandi des drapeaux français et étrangers (...) »

Cette appropriation du principal symbole national par l'UMP est assez choquante dans la mesure où elle sous entend que les autres formations et candidats seraient moins français que les siens. Mais, que ne ferait-on pas pour attirer les électeurs du parti qui fête Jeanne d'Arc le 1er mai !

Il serait toutefois bon de rappeler à l'UMP et à ses candidats qu'on ne peut pas faire n'importe quoi avec les couleurs nationales !

En effet, il suffit de lire l'article R27 du code électoral pour s'en convaincre : « Les affiches et circulaires ayant un but ou un caractère électoral qui comprennent une combinaison des trois couleurs : bleu, blanc et rouge à l'exception de la reproduction de l'emblème d'un parti ou groupement politique sont interdites »

Ce qui en clair signifie que l'UMP joue avec le feu légal en s'attribuant une marée de drapeau bleu blanc rouge pour faire campagne !




Il ne reste plus maintenant qu'à savoir si la justice sera saisie pour cette initiative du parti « des droits et  des devoirs » pour utilisation illégale des symboles de la nation. Utilisation  qui quoi qu'il arrive ne trompera personne et ne saurait éviter une défaite cuisante à l'UMP aux prochaines législatives ! 


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UMP 

11 mai 2012

Mission de Pôle Emploi : Priorité des priorité du nouveau quinquennat !

La création de Pôle Emploi voulue par Nicolas Sarkozy aura créé plus de problèmes que de solutions pour les chômeurs. François Hollande lui donnera t-il une vrai stratégie et les moyens d'être efficace  ? En tous cas, il y a urgence à faire mieux !




Le 17 octobre 2009, on pouvait lire, sur le site du gouvernement, le texte suivant : « Pôle emploi : c’est le nom de l’organisme issu de la fusion ANPE-Unedic dévoilé le 16 octobre par Christine Lagarde et Laurent Wauquiez. (...) Laurent Wauquiez a indiqué que l'objectif de cette fusion ANPE-Unedic et triple : simplicité pour le demandeur d'emploi, accompagnement sur mesure, efficacité pour le retour vers l'emploi. Pôle emploi mettra en place des guichets uniques pour assurer à la fois l'accueil, l'orientation, la formation, le placement des demandeurs d'emploi et pour leur verser un revenu de remplacement. Par ailleurs, chaque demandeur d'emploi aura, dès son inscription, un conseiller attitré chargé de l'accompagner sur la durée. Le secrétaire d'Etat a par ailleurs indiqué vouloir instaurer une "culture du résultat" au sein de Pôle emploi : à l'horizon de trois ans, la France doit bénéficier du service public de l'emploi le plus moderne et le plus efficace d'Europe »

Texte qui pourrait faire sourire si la France ne comptait pas plus de 5 millions d'inscrits à Pôle Emploi ! Or, les français l'ont exprimé à de nombreuses reprises ces dernières années, leur première préoccupation est le chômage et son traitement ! 

Alors, comment mieux prendre en compte le problème des chômeurs et leur permettre de retrouver le chemin de l'emploi durable ?

Dans la mesure où le nouveau Président n'a pas encore pris officiellement ses fonctions et n'a pas encore nommé de Ministre du travail, il faut se contenter des réflexions de la direction de Pôle Emploi présentées par le journal Les Echos.

Pôle Emploi a répartit les chômeurs en trois catégories :

Les plus éloignés de l'emploi
Les moins éloignés du marché du travail
Les proches du marché du travail

Compte tenu de l'allongement progressif de la durée moyenne du chômage, que propose Pôle Emploi pour :  « Les plus éloignés de l'emploi » qui sont de plus en plus nombreux.

« (...) Pour les chômeurs « qui sont les plus éloignés de l'emploi », le texte préconise un « accompagnement renforcé ». Les « conseillers dédiés » qui traiteront ces dossiers - 50 à 70 chacun au maximum - devront avoir un contact « au moins mensuel » avec ces personnes. Tout demandeur d'emploi qui n'a eu « aucune période d'activité au cours des neuf mois suivant son inscription » bénéficiera d'un « entretien approfondi »

Ce qui n'est pas sans rappeler les illusoires promesses de 2008, émises par Christine Largarde qui affirmait vouloir tenir l'objectif de : « (...) 70 à 80 demandeurs d'emploi suivis par agent » alors que quatre ans plus tard, le nombre de 300 est devenu commun ! 

En clair, un recyclage de « bonnes intentions » qui fait l'impasse sur les dégâts causés par le processus de déshumanisation dans lequel on a placé les chômeurs.

Eh oui, l'époque est à l'efficacité (faire mieux avec moins) et à la rentabilité. Alors, passer quelques minutes avec un conseiller devient un privilège. Le reste du temps, un numéro de téléphone, très souvent saturé ou un site web qui propose des réponses standards sont les seuls liens avec Pôle Emploi. Quand ils ne sont pas des outils de sanction destinés à suspendre provisoirement les indemnités !

C'est pourtant cette déshumanisation qui est en partie responsable de l'inefficacité du système ! C'est également elle qui est à l'origine du climat de tension entre salariés et usagers de Pôle Emploi !

Dans l'immédiat, le site La Fusion pour le Nuls citant Le Monde nous apprend que : « (...) le prochain gouvernement pourrait demander à Jean Bassères (actuel patron de Pôle Emploi) de revoir sa copie (...)  » Bonne idée, mais dossier à suivre, avec attention ...

10 mai 2012

Législatives 2012 : L'exécrable « bilan social » des députés UMP - Volet 2

Si les dirigeants de l'UMP ont retenu : « Choisissons la France » comme slogan de campagne législative, dans le domaine social, ils ont surtout choisi celui des organisations patronales. Exemple : La pénibilité !




L'UMP a dévoilé hier son slogan officiel pour les législatives : « Choisissons la France ». Outre nous apprend L'Express, qu'ils n'ont fait que piquer une formule utilisée dans la profession de foi de François Hollande pour le second tour, on se demande bien en quoi les élus du Mouvement Populaire représenteraient mieux la France que les autres partis ou mouvements politiques.

Par contre, reconnaissons aux élus de l'UMP une constance de 5 ans dans leurs choix sociaux puisque comme nous l'avons démontré à de nombreuses reprises ils ont reproduit jusqu'au copié collé les demandes des organisations patronales. Un des meilleurs exemples étant : La prise en compte de la pénibilité dans la dernière réforme des retraites !

Le 16 juin 2010 à l'Assemblée Nationale, le gouvernement et les députés de la majorité présidentielle réfléchissaient sur la prise en compte de la pénibilité dans le cadre de la réforme des retraites. Eric Woerth avec sa délicatesse coutumière lançait : « On pourrait bien sûr dire que tous les métiers, que le travail en général, comme la vie d’ailleurs, sont fatigants ; c’est vrai que quand on est éveillé, c’est plus fatigant que lorsque l’on dort ! »

Le tout aboutissant à considérer la pénibilité comme ... une invalidité, ce qui existait déjà depuis longtemps !

Or, en décembre 2011, on obtenait les résultats du volet pénibilité que l'UMP commentait comme une grande avancée sociale pour les salariés.

S'appuyant sur les conditions dans lesquelles un salarié peut demander son départ à 60 ans pour cause de pénibilité.

« Les assurés qui justifient d'un taux d'incapacité permanente d'au moins 20 % provoqué par une maladie professionnelle ou un accident du travail peuvent continuer à liquider leurs droits à 60 ans (...) Ceux qui souffrent d'une incapacité comprise entre 10 % et 20 % peuvent également faire une demande, mais la retraite à 60 ans ne leur est pas accordée automatiquement. Une commission pluridisciplinaire examine leur dossier. L'assuré doit avoir été exposé pendant au moins dix-sept ans à des facteurs de risque dont la liste est précisément établie (...) »

On apprenait que de 30 000 départs annoncés par le gouvernement, seules  466 demandes avaient abouti à un départ à 60 ans ! Si du côté gouvernemental, , écrivions-nous, on préfère justifier ce nombre ridicule, par le manque d'information des salariés, du côté de la CGT on est plus réaliste : « (...) de nombreuses personnes qui ont eu des carrières pénibles ne sont plus en activité à 60 ans mais au chômage, en invalidité ou aux minima sociaux. »

Néanmoins, le 18 avril dernier Eric Woerth qui figure dans l'organigramme de l'UMP comme conseiller politique, n'hésitait pas à déclarer au site Atlantico : « (...) Nous avons créé la notion de pénibilité, qui, pour la première fois, permet à certains salariés « usés » par le travail de partir à la retraite de façon anticipée (...) » et concluait façon visionnaire : « L'attitude de François Hollande sur les retraites est en réalité la même que celle de Martine Aubry, à l'époque, au sujet des 35 heures : celle du déni de la « valeur travail » et de l'effort ! Cette France hésitante et irresponsable, les Français sauront la refuser. Le 6 mai, ils ne s’y tromperont pas et feront le choix de l’action et du courage. J’en suis certain »

Choix de « l'action et du courage » qu'ils vont très probablement, une fois de plus rejeter en juin, histoire de rapeller aux députés de l'UMP qu'on ne peut pas se moquer impunément d'eux ! 


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09 mai 2012

Législatives 2012 : L'exécrable « bilan social » des députés UMP !

Paniquée par une probable lourde défaite aux législatives, l'UMP aimerait bien qu'on oublie le traitement réservé aux salariés durant la dernière mandature, comme par exemple : la taxation des indemnités d'accident du travail ! 




Ainsi, l'UMP afin d'éviter une déroute aux législatives, a demandé aux français de lui donner une majorité à l'Assemblée Nationale pour rééquilibrer les pouvoirs ! Néanmoins, comme nous l'écrivions précédemment il serait étonnant que les français après avoir infligé la plus sévère des corrections à l'UMP, à chaque élection, décide de donner massivement leurs votes à un mouvement ... qu'ils ne cessent de rejeter. Mais à l'UMP on fait mine de croire qu'un si faible argument pourrait influencer les électeurs salariés !

Ce qui est dommage car les Copé, Bertrand, Morano, Wauquiez et députés de l'UMP qui nous ont chanté sur tous les tons la valeur travail auraient pu profiter de la campagne des législatives pour justifier l'une des mesures les plus scandaleuses du quinquennat : La Taxation des indemnités d'accident du travail !

Pour ceux qui l'auraient oublié : En 2009, Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblé nationale proposait de taxer les indemnités journalières liées aux accidents du travail, expliquant que pour lui il était inique de ne pas les taxer alors que toutes les autres indemnités journalières l'étaient ! Copé qui déclarait : « C’est un revenu qu’il s’agit de soumettre à l’impôt. Cela n’a rien de choquant (...) cela rapportera environ 150 millions d’euros »

Revenu bien involontaire dans la mesure où nul salarié ne souhaite être victime d’un accident du travail. Ce que faisait judicieusement remarquer la FNATH dans L’Expansion : «  (...) Si les indemnités journalières versés aux victimes du travail ne sont pas taxées, c’est parce qu’elles constituent non pas un revenu de remplacement, mais la réparation d’un préjudice subi du fait d’un risque professionnel (...) »

La Fondation Copernic lançait une pétition reprise par de très nombreux sites dans laquelle elle écrivait : 

« Il y a quelque chose d’obscène dans la mesure annoncée qui vise à imposer les indemnités des accidentés du travail. C’est s’en prendre aux salariés dans leur chair. Alors que, subordonnés à l’employeur, ils viennent d’être brutalement vulnérabilisés par un accident survenu au travail.

Alors qu’ils ne touchent déjà que 80 % puis 60 % du salaire journalier de base. Alors qu’ils sont frappés par les franchises médicales et les déremboursements.

Alors que, très souvent, leur avenir est devenu incertain du fait du handicap qu’ils subissent. La justice serait, au contraire, que les accidentés touchent davantage que la totalité de leur salaire, à titre de réparation.

Ne pas imposer jusque-là les indemnités journalières des accidentés du travail n’était qu’une frêle compensation. La supprimer serait scandaleux. D’autant que le total des accidents du travail vient d’augmenter de 0,4 % depuis 2 ans. Et que les suicides à cause du travail, et pas seulement à France Télécoms, ne sont pas reconnus légalement autant qu’il le faudrait comme des accidents.

Il faudrait aller exactement dans la voie inverse et mieux prévenir, protéger, réparer les accidents et les victimes. Car il y a 2 morts par jour au travail dans le seul secteur privé, 16 % de plus entre 2006 et 2008.

On dénombre 720 150 accidents du travail avec arrêt par an, 46 436 accidents avec incapacité permanente, 37 millions de journées d’indemnisation AT. Les rapports officiels reconnaissent, d’autre part, que le chiffre de 43 832 maladies professionnelles, avec 8, 7 millions de journées d’IT, est largement sous-déclaré.

Ce sont des chiffres ? Non, ce sont des vies. Des dizaines de milliers de vies que l’organisation du travail brise. Nous appelons à la mobilisation pour réagir, alerter, rassembler tous celles et ceux qui sont scandalisé-e-s, de façon à faire reculer, catégoriquement, cette mesure inique, intolérable, inhumaine »

Il est à noter que dans le même temps : Le ministre du Budget restait opposé à toute réforme du bouclier fiscal qui permet aux ménages de ne pas verser en impôts plus de 50% de leur revenu. Ce qui montrait clairement que le gouvernement et une majeure partie des parlementaires UMP avaient plus de considération pour les titulaires du bouclier que pour les victimes d'un accident du travail invalidant.

Le ministre du Budget Eric Woerth de son côté expliquait que :  le gouvernement soutiendrait la fiscalisation des indemnités journalières pour les accidents du travail, réclamée par le chef des députés UMP Jean-François Copé (...) »

En clair comme l'expliquait la FNATH : « (...) nous pouvons donc aller travailler, mais surtout en n’ayant pas d’accident ! »

Il ne reste donc plus que quelques semaines aux anciens ministres et députés candidats de l'UMP pour justifier aux électeurs cette scandaleuse mesure, aux antipodes de la valeur travail si chère à leur mouvement politique !

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07 mai 2012

Législatives : Après #AuRevoirNS nous n'oublierons pas de dire #AuRevoirUMP !

Le mouvement dirigé par Jean-François Copé ne pourra pas s'appuyer sur la victoire et le bilan de Nicolas Sarkozy pour éviter une déroute aux  les législatives. Leur seul argument sera de demander aux français une majorité UMP pour rééquilibrer les pouvoirs !





Question : Un mouvement politique qui a perdu toutes les élections durant les cinq dernières années, y compris la présidentielle, peut-il implorer les français de lui donner une majorité à l'Assemblée Nationale ? A priori non.Eh bien c'est pourtant ce que l'UMP demande aux électeurs !

En effet, Nathalie Kosciusko-Morizet  n'hésitait pas hier soir à lancer : « Nous avons perdu cette élection », mais « ce n'est pas fini » Avant d'ajouter aujourd'hui qu'elle souhaitait : « (...) une majorité la plus large possible pour l'UMP aux élections législatives pour rééquilibrer les pouvoirs après l'élection de François Hollande à la présidence (...) on a le nouveau président de la République, le Sénat, la plupart des régions, un très grand nombre de départements, beaucoup de grandes villes, qui sont à gauche (...) Je rêve d'un rééquilibrage à l'occasion des législatives. Ce serait inédit en France que tous les pouvoirs soient aux mains d'un seul parti, en l'occurence les socialistes (...) »

Donc, si on comprend bien le message de Nathalie Kosciusko-Morizet, les français après avoir infligé la plus sévère des corrections à l'UMP, à chaque élection, devraient dans leur grande mansuétude, donner massivement leurs votes à un mouvement ... qu'ils ne cessent de rejeter ? Mais dites moi chère madame, pourquoi ne vous a t-on pas entendue vous offusquer lorsque la droite parlementaire dirigeait sans partage le pays ?

Au delà du comique involontaire des propos, on notera surtout que l'UMP, en cas de défaite importante aux législatives, risque de se retrouver devant un sérieux problème ... de trésorerie. Car, comme tout le monde le sait, les dotations de l'état aux mouvements et partis politiques sont liées aux résultats électoraux. Dans le cas d'une déroute ou du moins d'un mauvais résultat, quid du remboursement du nouveau siège de l'UMP, du fonctionnement du parti (permanents, matériel de propagande, ...) et surtout du financement des prochaines campagnes à venir (municipales) ?

Vous avouerez qu'on en bien loin des convictions ou engagements de la présidentielle. Surtout que ceux-ci ayant échoué à convaincre les français ne devraient pas être mis en avant par les candidats de l'UMP ! Néanmoins, Slovar dans les semaines qui viennent ne manquera pas de vous rappeler le contenu des programmes de l'UMP et du Président candidat validé par le même UMP !

Dans le domaine des convictions, on pourra au passage s'amuser du courage politique d''Alain Juppé qui a déclaré : « Nous ne ne renoncerons pas, bien sûr, à nos convictions, nous allons repartir à la prochaine bataille, celle des élections législatives » mais ne se sera pas candidat à Bordeaux, alors qu'en mars dernier, il expliquait au Figaro qu'il le serait. Il faut dire que : Dans la deuxième circonscription où Alain Juppé aurait été opposé à la députée sortante socialiste Michèle Delaunay, le nouveau chef de l'État a obtenu 59% des suffrages ... Alors, l'excuse du non cumul de mandats ....

On finira (provisoirement) par le courage politique de ces ministres ou députés UMP qui ont souhaité trouver au plus vite une circonscription accueillante qui leur éviterait un combat difficile ?

Alors, madame Kosciusko-Morizet, monsieur Juppé et monsieur Copé, il va falloir trouver d'autres arguments que le simple rééquilibrage des pouvoirs pour éviter de sombrer corps et biens dans quelques semaines. Et comme c'est assez improbable ...


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04 mai 2012

Le 6 mai, ne vous laissez pas tromper par le candidat du « vrai travail » !

Nicolas Sarkozy a raison de dire que l'élection de dimanche est un choix crucial pour la France. En effet, en cas de victoire, celui qui affirme être le candidat du « vrai travail » deviendrait le liquidateur des droits des salariés !



Dimanche, les français vont désigner le Président de la République pour les cinq années à venir. Compte tenu de la situation délicate de l'économie française, il devrait rapidement se pencher sur l'avenir de millions de salariés et le sort de plus de 4 millions de chômeurs.

Le Président candidat s'il a occulté le sujet entre deux tours pour se concentrer sur les frontières et les immigrés, n'a pas caché au début de sa campagne son alignement sur les demandes des organisations patronales : Medef, UIMM et Afep.Pour ceux qui les auraient oublié, nous rappellerons

La TVA sociale

Celle ci fera augmenter les prix à la consommation et donc écornera un peu plus le pouvoir d'achat. Par contre, elle devrait permettre aux entreprises de regonfler leurs marges sans pour cela créer d'emploi, du moins à temps plein, puisque l'investissement et les embauches ne sont visiblement pas la priorité du Medef !

Laurence Parisot : « (...) l'entreprise pourra profiter des baisses de cotisations pour baisser son prix hors taxes, investir, augmenter les salaires... ou conserver sa marge. Pas question de négocier des engagements. « Il faut laisser la liberté d'utiliser les marges de manoeuvre »

Droit et contrat de travail

Les organisations patronales sont obsédées par le droit et le code du travail qu'elles souhaitent réduire toujours plus. D'où l'idée de mettre en avant les accords compétitivité-emploi considérés comme prioritaires par le Medef, l'UIMM et le Président candidat. Le but :  Transformer la rémunération des salariés en variable d'ajustement de l'activité économique !

Afin d'y parvenir, il est nécessaire de priver ces salariés du droit de s'opposer à une modification unilatérale de leur contrat de travail ! Les organisations patronales n'ayant pas ce pouvoir, elles comptent sur une réélection de Nicolas Sarkozy pour obtenir satisfaction !

Petit détail : « (...) le Medef indique clairement que les dirigeants et actionnaires ne seront pas contraints de faire le même effort que les salariés ! En clair, pendant que les salariés voient leur rémunération baisser, celles des dirigeants restent intactes et les actionnaires continuent à toucher des dividendes ! Au final, les entreprises pourraient donc baisser les rémunérations pour augmenter leur profit ! (...) »

Chômage et indemnisation

Le Medef ne cache pas qu'il souhaiterait revenir à une forme de dégressivité des allocations versées aux chômeurs et un raccourcissement de leur durée. C'est exactement ce qu'a évoqué Xavier Bertrand le 28 novembre dernier dans Le Figaro dans lequel il se posait la question : « des freins au retour à l'emploi » avec comme exemple : « la réintroduction d'une dégressivité des allocations chômage, incitative à la reprise d'emploi (...) »

Flexibilité et précarité pour tous !

On n'oubliera pas non plus le manifeste des 25 grands patrons français, publié en avril dernier, réclamant : « Des assouplissements du droit du travail, encore plus de flexibilité pour les salariés et des obligations revues à la baisse en cas de plans sociaux » , qui est en réalité un synthèse des demandes patronales avec la quelle Xavier Bertand est en osmose.

Voilà donc ce qui attend les salariés et chômeurs français au cas où le Président candidat venait à être réélu. Maintenant c'est vous qui voyez !


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L'Express

03 mai 2012

Affaire Viveo : La justice refuse de condamner les « licenciements sans motif économique » !

Depuis plusieurs mois les salariés de Viveo veulent faire annuler un plan social non motivé par des difficultés économiques. S'ils avaient gagné la première manche, leur patron a gagné la seconde. La belle se jouera en Cour d'appel mais sans grand espoir pour les salariés ! 




Patrons, DRH, avocats et syndicats attendaient avec la plus grande impatience la réponse de la justice à une question : « Un juge peut-il revenir sur un plan social s’il considère que les difficultés économiques invoquées par l’entreprise sont insuffisantes ? » Cette question se référait à l'affaire Viveo dont Slovar vous avait longuement parlé

« (...) En mars 2010 les salariés de Viveo France manifestaient contre la mise en place d'un plan de restructuration par la société suisse Temenos qui était en train de les racheter. Le Comité d'Entreprise de Viveo mandatait un expert indépendant pour analyser la situation économique du groupe. Le rapport de l'expert concluait qu' « il n'y avait pas de motif économique au projet de restructuration présenté et visant à supprimer plus du tiers des effectifs de Viveo France. Fort de ces éléments le CE assignait la direction en justice, devant le Tribunal de Grande Instance de Paris, afin que soit prononcée la nullité du PSE (Plan de sauvegarde de l'emploi) en raison de l'absence de motif économique. La direction de Temenos France affirmant de son côté que le PSE était justifié par une perte de compétitivité des produits Viveo sur le marché domestique. Résultat des courses, le PSE de Temenos était annulé, ce qui était confirmé par la Cour d'Appel (...) »

Ce qui mettait en rage un des cabinets d'avocats préféré des DRH qui affichait clairement sa volonté de mettre hors jeu les juges qui vérifient la validité des plans sociaux et lançait ce chantage : « (...) si la Cour de Cassation devait donner raison aux salariés de Viveo, ce serait ouvrir : « la porte à l'interdiction de tout licenciement en France » et nuirait « à l'attractivité de la France et à sa capacité à retenir ou créer des emplois »

Et pourtant, depuis son début, cette affaire n'a quasiment pas été médiatisée. Ce qui est assez extraordinaire lorsqu'on sait qu'elle symbolise un modèle économique et un mode de management méprisants à l'encontre des salariés. 

Or, on apprend aujourd'hui que : « (...) la chambre sociale de la Cour de cassation a invalidé l'arrêt de la Cour d'appel de Paris annulant, pour absence de motif économique (...) »

Ce qui a fait dire au représentant CGT de Viveo que : « (...) cette décision de la Cour de cassation donnait carte blanche pour les licenciements après le 2ème tour de la présidentielle (...) » En effet, après la décison de la Cour de Cassation, les entreprises pourront continuer à alléger leurs effectifs même si elles affichent une excellente santé, dans la mesure où la justice ne s'opposera pas à des licenciements sans motif économique ! Et comme de nombreuses entreprises ont accepté à la demande de Xavier Bertrand de reporter les dégraissages après le résultat du 6 mai ...

L'affaire devra néanmoins être rejugée par la cour d'appel de Versailles qui statuera à nouveau « en conformité avec l'analyse de la Cour de cassation ». Ce qui laisse aux salariés de Viveo peu de chances et beaucoup d'amertume. Et pour tout les salariés français beaucoup d'inquiétude pour les mois et années à venir !

A 3 jours de la présidentielle, la balle est désormais dans le camp des politiques qui devront décider en cas de victoire, si un modèle économique et social qui méprise les salariés, au point d'exiger de ne pas avoir de raison à leur donner pour les licencier, mérite de l'indulgence ou une réelle sanction !   



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02 mai 2012

Apprentissage : Le meilleur et le pire expliqué par les apprentis

Si les politiques n'ont pas assez de mots pour magnifier l'apprentissage. Or, on connaissait peu ou pas l'avis des jeunes qui ont fait ce choix. C'est pourquoi l'étude que la Jeunesse ouvrière chrétienne vient de publier est intéressante !






Très longtemps, l'apprentissage a eu mauvaise réputation. En effet, il serait aisé de faire témoigner de très nombreux anciens apprentis, qui au lieu d'apprendre un métier ont passé le balai, ont fait les courses des employeurs, ont préparé les repas ou on servi de baby-sitters. 

Mais, affirment les dirigeants politiques et économiques aujourd'hui tout cela est terminé. D'ailleurs l'apprentissage est représenté par une Nadine Morano : « ministre auprès du ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé, chargée de l’Apprentissage et de la Formation professionnelle »  qui en parle avec des larmes d'émotion dans les yeux.

Devant une telle unanimité, nul n'avait jusqu'à présent pensé à demander leur avis aux premiers concernés : Les apprentis. C'est en partie réparé grâce à l'enquête réalisée par La JOC (Jeunesse ouvrière chrétienne) auprès de 1080 jeunes de 15 à 30 ans, qui organisait hier 1er mai des tables rondes avec des syndicats, des responsables politiques, des employeurs et des jeunes.

Que disent et pensent les apprentis de leur formation, de leur conditions de travail et de vie ?

S'ils reconnaissent que l'apprentissage est une des moins mauvaises solutions pour obtenir un emploi durable. Ils sont : « (...) 68,3 % des jeunes interrogés à penser qu'ils ne sont ni entendus, ni respectés dans la société (...) Et sont 54,2% à considérer qu'ils n’ont pas de bonnes conditions de travail (...) »

En résumé : S'ils sont une large majorité (61,3%) à indiquer que leur formation est passionnante, ils déplorent majoritairement le très faible niveau de rémunération (70%). Et surtout : Ils disent être perçus comme étant des subalternes qui ne comptent pas dans la vie de l'entreprise ou dans la vie sociale et politique. Le fait que les apprentis n'aient aucune représentation officielle n'y est sûrement pas pour rien écrit la JOC.

JOC qui conclut : « (...) Cette enquête inédite montre bien que les campagnes de publicité ne suffiront pas à changer l'image de l'apprentissage. Reconnaissance, salaire, conditions de travail et d'étude, logement (...) sont autant de sujets qui demandent de vrai changements pour que les apprentis soient enfin reconnus à leur juste valeur »

Ce qui ne semble pourtant pas avoir été la préoccupation des parlementaires de l'UMP dont les priorités auront été de déposer une proposition de loi visant à « adapter l'apprentissage aux situations locales ». C'est à dire : « faire sauter l'interdiction pour les jeunes apprentis de travailler de nuit » et ont cherché par deux récents décrets à remettre en place l'apprentissage à 14 ans !

En clair, permettre à l'éducation nationale de se séparer des gamins les plus en difficulté pour les envoyer dans le monde de l'entreprise. Gamins qui risquent de se retrouver dans une impasse sans possibilité de retour. Mais auront fourni une main d'oeuvre temporaire, bon marché, pour certaines entreprises peu regardantes ou ... opportunistes !

 Alors, plutôt que hurler au miracle comme le font le Président candidat et son gouvernement, n'est-il pas plus judicieux de prendre le temps de réfléchir à la condition d'apprenti et son amélioration au lieu de vouloir pratiquer une politique du chiffre qui relève de la communication politique ?

Le résultat de la présidentielle et des législatives qui suivront donneront certainement un début de réponse ....


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30 avril 2012

Austérité, flexibilité et démantèlement des droits des salariés nous mènent dans le mur !

Alors que Nicolas Sarkozy continue de brandir la valeur travail, le recours à la plus grande des flexibilités et réduction des droits des salariés, l'OIT vient de publier un rapport dans lequel elle remet en cause cette stratégie et appelle à un changement de cap !


Demain, le Président candidat rassemblera ses troupes à Paris pour parler du « vrai travail » qui n'est comme le fait remarquer avec justesse BFM qu'une version actualisée du « travailler plus pour gagner plus »

Ainsi, il suffirait de faire travailler plus ceux qui ont un emploi, faire varier le temps de travail et de généraliser les petits boulots précaires pour sortir du marasme issu de la crise de 2008 !

Or, cette légende ne résiste pas un seconde à la lecture du rapport de l'Organisation Internationale du Travail qui s'inquiète du nombre particulièrement élevé de chômeurs, mais aussi de la mauvaise qualité des emplois créés.

En effet, après avoir indiqué que : « (...) Fin 2011, le monde comptait 196 millions de personnes au chômage et pronostiqué que fin 2012, ce chiffre devrait atteindre 202 millions (...) » L'OIT met en garde contre ceux qui expliquent qu'il serait aisé de réduire le nombre de chômeurs et écrit : « (...) Après quatre années de crise mondiale, les déséquilibres du marché du travail sont devenus plus structurels, et de ce fait plus difficiles à surmonter. Certaines catégories de personnes, comme les chômeurs de longue durée, sont menacées d’exclusion du marché du travail. Ce qui signifie qu’elles ne parviendront pas à obtenir un nouvel emploi, même s’il y avait une forte reprise (...) En outre, pour une proportion grandissante de travailleurs qui occupent un emploi, le travail est devenu plus instable ou précaire. Le travail à temps partiel contraint s’est développé dans deux-tiers des économies avancées et le travail temporaire dans plus de la moitié de ces économies (...)  »

Et l'OIT d'expliquer que les politiques d'austérité couplées au démantèlement du droit des salariés en Europe mènent à la catastrophe 

« (...) Dans les faits, l’austérité s’est traduite par une faible croissance économique, une volatilité accrue et une détérioration des bilans des banques qui débouche sur une contraction supplémentaire du crédit, une baisse de l’investissement et, par conséquent, de nouvelles pertes d’emplois. Paradoxalement, cela a aussi altéré les budgets des gouvernements, exigeant encore plus d’austérité. De plus, il n’y a guère eu de progrès en matière de déficits budgétaires dans les pays qui mènent avec détermination des politiques de rigueur. Quant aux politiques de dérégulation, le Rapport estime qu’elles ne permettront pas de relancer la croissance ni l’emploi à court terme – un horizon pourtant crucial en période de crise. En effet, les effets sur l’emploi des réformes du marché du travail dépendent en grande partie du cycle économique. En période de récession, une réglementation moins contraignante pourrait conduire à davantage de licenciements sans contribuer pour autant à la création d’emplois. De même, un affaiblissement de la négociation collective enclencherait sans doute une spirale à la baisse des salaires, retardant d’autant la reprise (...) »

Constat qui invalide les déclarations des politiciens et économistes libréaux qui nous répètent que la flexibilité et l'adaptabilité sont la clé du plein emploi à moyen terme. Mais par contre, rejoignent la décision de François Hollande de renégocier le pacte de stabilité pour y ajouter un « volet croissance »

Car, il est clair que l'Europe doit réagir vite sous peine de connaître une récession sans fin. Pour ce faire l'OIT prône une : « (...) stratégie de croissance et d’emploi (...) En Europe, la stratégie pourrait intégrer une approche coordonnée pour résoudre la crise de la dette, dans laquelle des mécanismes de financement novateurs et une meilleure utilisation des Fonds structurels européens – mieux orientés pour répondre aux déficits d’emploi actuels – seraient précieux (...) »

Par ailleurs, l'OIT recommande : (...) aux pays européens aujourd’hui confrontés à un marché de l’emploi sinistré de privilégier la stimulation de la qualité des emplois et le renforcement des institutions plutôt que d'aller vers une dérégulation tous azimuts (...) »

C'est à dire tout le contraire des propositions des organisations patronales (Medef, UIMM et AFEP) reprises intégralement par le Président candidat et confirmées par Xavier Bertrand qui préconise de les imposer par la force : « Je préfère avoir moins de signataires ou pas de signataires mais avoir une réforme 100% efficace »

A prendre en compte, assurément, avant de voter dimanche !

Sources
World of Work Report 2012 "Better Jobs for a Better Economy" (ENG)
Résumé du rapport sur le travail dans le monde 2012 (Fra)

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CyberPresse