03 juin 2011

Abandon des « actions de groupe » : Le cadeau éléctoral de l'UMP au Medef ?

Frédéric Lefebvre vient, discrètement, de faire passer à la trappe une des promesses du candidat Sarkozy : La création des « actions de groupe ». Un beau cadeau électoral offert aux organisations patronales ?


Qu’est-ce qu’une action de groupe ?

Selon la définition de l’UFC-Que Choisir : « (...) c’est une procédure par laquelle une personne ou une association prend seule l’initiative de saisir un juge pour le compte d’un groupe comprenant un nombre indéterminé d’individus concernés par un même litige. La personne ou l’association demande au juge de sanctionner le professionnel auteur du préjudice et de fixer le montant de l’indemnité que ce dernier devra verser à chaque membre du groupe (...) »

Le 12 juillet 2007, Nicolas Sarkozy envoyait une lettre de mission à Christine Lagarde dans laquelle, il lui demandait : « (...) pour la fin 2007 une loi de modernisation de l'économie, comportant notamment la création d'une « action de groupe à la française ». Il s'agit de permettre aux consommateurs de recourir à des plaintes collectives, sur le modèle des class actions américaines (...) »

Si cette « loi de modernisation de l'économie », a bien vu le jour en avril 2008, au grand dam des organisations de consommateurs : « (...) Sur ce sujet, le projet de loi sur la modernisation de l'économie, présenté ce lundi 28 avril en conseil des ministres, ne pipe mot (...) » nous expliquait le site 01.net. Lire aussi le compte rendu détaillé de l'Usine Nouvelle

Il faut dire que le Medef et la CGPME, bien aidés en cela par Christine Lagarde, avaient torpillé le projet. Ainsi en 2009, pour contrer les demandes réitérés des associations de consommateurs, Christine Lagarde, arguait de son expérience d'ancienne avocate au cabinet américain Baker & McKenzie, pour dénoncer les « abus » de cette procédure

Alors, sujet clos ?

Et bien non, puisqu'on on apprenait, en mai 2011, par Le Figaro, que les français étaient dans leur grande majorité : favorable à la mise en place des actions de groupe. Le Figaro évoquait les résultats d'une consultation nationale de l'UFC Que choisir sur le sujet.

« (...) Entre mi-décembre et mi-avril, l'association a interrogé par courrier ou internet 56.437 personnes de tous âges, de toutes conditions et repartis sur l'ensemble du territoire. 95% des répondants se sont prononcés en faveur de la mise en place de l'action de groupe (...) »

Et quelle réponse le gouvernement a t-il donné à cette attente ?

La réponse est venue de Frédéric Lefebvre, lobbyiste de métier et : Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie , chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, du Tourisme, des Services, des Professions Libérales et de la Consommation.

Profitant de la présentation du : « Projet de loi renforçant les droits, la protection et l’information des consommateurs » , qui comporte : « (...) 25 mesures concrètes (...) destinées à renforcer la protection des consommateurs dans les principaux secteurs de la vie courante (...) » il a glissé, au sujet des actions de groupe : « Cette solution n'est pas satisfaisante, contrairement à ce que je pensais moi-même avant la crise (...) Celle-ci aurait montré que les actions de groupe pouvaient avoir des conséquences dramatiques pour l'économie » avant d'ajouter, que les class actions avait coûté : « un point et demi de PIB aux entreprises américaines »

En gros, ce que déclarait Laurence Parisot au nom du Medef en juillet ... 2006 ! : « (...) Selon des études faites aux Etats-Unis, on estime que les class actions ont un impact négatif et qu`elles coûtent en moyenne un point de PIB par an (...) »

Medef qui n'hésitait pas la même année, comme nous l'apprenait Hélène Constanty, à envoyer une lettre aux députés, ayant signé un appel avec les associations de consommateurs, en faveur d’une action de groupe, dans laquelle elle les menaçait, clairement !

« (...) Je découvre avec étonnement que vous êtes signataire de l’appel des 100 en faveur d’une action de groupe, lancée par sept associations de consommateurs, et je le regrette (...) Les entreprises de votre circonscription, notamment les PME, pourraient se retrouver en difficulté si cette demande aboutissait (...) Les conséquences peuvent aboutir, dans le pire des cas , au dépôt de bilan, sans que la responsabilité de l’entreprise ait été prouvée (...) J’espère que ces quelques mois qui nous séparent d’échéances électorales importantes ne pousseront pas des élus responsables, dont vous êtes, à prendre des décisions mettant en péril la compétitivité des entreprises, de leur territoire et de l’emploi (...) »

Une menace intemporelle que le gouvernement et sa majorité parlementaire ont gardé à l'esprit en vue des élections de 2012 ! Sans doute une belle définition de la « démocratie exemplaire » clamée par notre Président !


Bibliographie
Class Action en France par Me Eolas

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Le Figaro

02 juin 2011

Elus UMP : Qui sera le vainqueur du concours de « sujets tabous »?

Ces derniers mois, on ne compte plus les idées et déclarations provocatrices ou saugrenues, en provenance des élus UMP. Découvrons aujourd'hui, Fernand Siré, qui propose de supprimer : la sociologie, la psychologie et la géologie à l’Université !

« A l'avenir, chacun aura son quart d'heure de célébrité » disait Andy Warhol. Ceci doit s'appliquer aux parlementaires UMP. Car, parlerait-on de Chantal Brunel sans ses : bateaux d'immigrés à remettre à la mer, de Pierre Lang sans son : STO pour les titulaires du RSA ou de Brigitte Barège sans sa : comparaison du mariage homosexuel avec des unions avec des animaux ?

Certes non !

Un de leurs collègues, n'a manifestement pas obtenu ce même « quart d'heure de célébrité » alors que son idée, était tout aussi fumeuse, que celle de ses collègues. Nous avons nommé : Fernand Siré

Fernand Siré est véritablement victime d'une injustice médiatique, puisque : ce député des Pyrénées orientales très impliqué chez les réformateurs libéraux, qui ont organisé à l'Assemblée Nationale, le 2 mars 2011, une convention sur : « Les normes vont-elles tuer les libertés des Français ? de l'air ! » reste inconnu du grand public.

Il l'est, probablement moins, des organisations patronales, puisqu'on trouvera aisément un lien de parenté entre « de l'air ! » et l'opération de lobbying du Medef, décliné en 2007, et qui portait le nom de « Besoin d'air »

Extrait : « (...) Aujourd’hui, nous sommes dans un carcan. Les excès de la fiscalité, les excès du code du travail, les labyrinthes indéchiffrables, l’impossibilité notoire d’en déjouer les contradictions, l’hyper réglementation, tout cela nous oppresse, tout cela empêche nos entreprises de grandir, tout cela oppresse et opprime bien inutilement et bien dangereusement les entreprises françaises (...) »

Pour en revenir à Fernand Siré, suppléant devenu député en 2010, qui si l'on en croît le site nosdéputes.fr, n'a déposé, à ce jour : aucun rapport ou proposition de loi et dont les dernières question orales ont été sur : L'aide à la viticulture et la retraite des agriculteurs. Il a tenté, lors d'une réunion de la Commission des affaires sociales, le 16 mars 2011, de lancer une « brillante idée/polémique», susceptible d'améliorer les finances publiques et accessoirement de satisfaire ... les organisations patronales

Extrait du compte rendu, disponible sur le site de l'Assemblée Nationale : « En termes de rationalisation budgétaire, on ne peut que constater la faillite de l’éducation nationale s’agissant de la formation des jeunes : non seulement certains s’arrêtent avant le niveau bac + 2 sans diplôme tandis que d’autres quittent l’école à seize ans sans rien faire après, mais on perpétue des classes dans le seul intérêt de professeurs dont le souci est uniquement de protéger leur emploi.

Mieux vaudrait rationaliser les dépenses en supprimant toutes les filières qui ne conduisent à rien – par exemple psychologie, sociologie ou encore géologie à l’université – et en réintroduisant les entreprises dans la formation plutôt que de leur demander de faire des efforts sur leurs propres deniers pour former des jeunes : alors que c’est le rôle de l’éducation nationale, celle-ci délivre au contraire à des jeunes entre seize ans et dix-neuf ans une fausse formation que les parents se seront sacrifiés à payer bien qu’elle ne mène à rien »

Allez courage, monsieur Siré, l'UMP, dans le cadre de son « travail de fonds », pourrait bien réutiliser votre idée puisque, comme le déclare Jean-François Copé : (...) Aucun sujet n’est tabou dans les débats (...) que cela soit au niveau local, départemental, régional ou national (...) » Et que : « (...) l’UMP poursuit inlassablement son travail sur le fond en détectant et travaillant de nouvelles idées, de nouveaux projets et propositions, pour répondre au mieux aux préoccupations des Français et d’une société en perpétuel mouvement (...) »

Et enfin connaître le fameux : « quart d'heure de célébrité » A moins que jusque là, un de vos collègues, n'ai encore une « meilleure » idée ! En attendant, le jeu : Qui sera le vainqueur du concours de « sujets tabous » continue !

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Rue89 - Campus des jeunes UMP

01 juin 2011

Législatives 2012 : Le pays de Candy d'Hervé Novelli !

En vue des législatives de 2012, Hervé Novelli vient de faire publier sous forme de BD, la vie idéale d'une famille virtuelle vivant dans sa circonscription. Naïveté, cynisme ou simple propagande ? A vous de juger !

La vie politique française est pleine de surprises. Ainsi, on vient d'apprendre que le très « féroce » Hervé Novelli, dont le rêve consiste à : « supprimer la durée légale du travail, réformer de façon globale des contrats de travail, modifier le Code du travail, ériger la flexibilité comme une règle, supprimer les exonérations fiscales et sociales des heures supplémentaires » aurait gardé une âme d'enfant. Ou du moins, il pense que c'est le cas de ses électeurs !

En effet, on découvre sur le site Bedenews, cette touchante déclaration de l'ex ministre : « J'ai voulu présenter mon bilan sous une forme un peu originale (...) » La forme en question c'est une bande dessinée, composée de huit dessins. Ils montrent une famille originaire de Chinon, dans l'Indre et Loire, dont Hervé Novelli est le député (...) » Précise Bede-News

Il faut dire que son bilan, présenté par une batterie d'outils de promotion (Site Web, Facebook et Twitter) sur le Net, ne lui a pas évité ... une cuisante défaite aux dernières régionales

Alors, cette fois-ci, Hervé Novelli a décidé de changer de technique et de conter aux électeurs de sa circonscription, l'ensemble des bienfaits issus de son action.

Ainsi, on apprend dans la BD tirée à 55.000 exemplaires, et envoyée dans les prochains jours, aux électeurs de sa 4e circonscription d'Indre-et-Loire, que : « dans la famille Moreau qui habite entre Tours et Chinon : La vie quotidienne de cette famille tourangelle a été sensiblement modifiée entre 2007 et 2010 par les actions du gouvernement de la France auquel a appartenu Hervé Novelli (...) »

Dans cette famille type : le père est ainsi un restaurateur heureux, il a pu embaucher du personnel grâce à la baisse de TVA à 5,5% mise en place par Hervé Novelli dans le secteur de la restauration. La mère a pu gagner plus en travaillant plus grâce au mécanisme d'exonération de charges sociales mis en place depuis 2007 par le gouvernement, Yvonne, la grand mère bénéficie d'une maison de santé et a vu son minimum vieillesse augmenter de 25%, Vincent le fils se rend en toute sécurité à l'école puisque : la délinquance a baissé de 17,5%, ...

Et cerise sur le gâteau ! : « La famille Moreau sait que même en cas de grève, elle pourra se rendre chaque année sur le stand de la Touraine au salon de l'agriculture grâce au service minimum dans les transports »

Par contre, il n'y a pas de chômeurs et certainement pas de titulaires des minima sociaux dans la famille Moreau

D'ailleurs : les Réformateurs-Libéraux dont Hervé Novelli est le leader ont applaudit l'idée de Laurent Wuaquiez sur le RSA : « (...) Ils se félicitent (...) de voir leurs idées gagner du terrain au sein de la majorité (...) il faut mettre un coup d'arrêt à l'explosion des dépenses sociales qui creusent le déficit sans profiter à la croissance (...) Renforcer l'équité, amoindrir l'égalitarisme, affirmer que chaque droit doit être assorti de devoirs, telle doit être la nouvelle ligne directrice de notre pacte social. L'État-assistance doit céder la place à l'État-protecteur »

Non mais !

Certains pourront regretter que la famille Moreau n'exprime pas, dans la BD, son avis sur : les chômeurs de longue durée, familles mono parentales, et autres « parasites » qui ne vivent que de l'assistanat alors que : « Les classes moyennes n'en peuvent plus de l'assistanat ! » comme l'écrit Atlantico, qui ... est de droite. Mais après tout, la campagne ne fait que commencer et un deuxième album est toujours possible !

Source
Le site d'Hervé Novelli

31 mai 2011

Prime aux salariés : Députés et Sénateurs vont-ils donner satisfaction au Medef ?

Le projet de loi du gouvernement instituant la prime aux salariés doit passer par l'Assemblée Nationale le 14 juin. Le Medef a annoncé une action immédiate de lobbying auprès des parlementaires pour réduire son champ d'application !

Un nouveau bras de fer entre Laurence Parisot et Nicolas Sarkozy vient de commencer. Même si elle sait que son opposition farouche à la prime aux salariés, voulue par le Président de la République, ne peut qu'exacerber les tensions entre employeurs et employés, elle se battra jusqu'au bout pour faire modifier le texte et supprimer la prime à certains salariés.

Comment compte t-elle s'y prendre ?

« On va expliquer aux députés, aux sénateurs » a t-elle déclaré. Plus simplement, l'organisation patronale va effectuer, une vaste opération de lobbying auprès des parlementaires. C'est donc, entre autre, le représentant du Medef auprès de l'Assemblée et du Sénat qui pèse : 80 branches professionnelles 148 unions patronales territorialisées 750 000 entreprises qui va avoir la charge de leur transmettre le message de l'organisation patronale.

Et ça va marcher ?

Lorsqu'on se souvient de l'épisode du dialogue social dans les TPE, il y a tout lieu de penser que Laurence Parisot est assez sereine sur le résultat.

En effet, en 2009 et 2010 : « (...) Le MEDEF et la CGPME voulaient la peau des commissions paritaires territoriales. Après un très fort lobbying allant (...) jusqu'à : menacer les députés UMP de voter à l'extrême droite : (...) les élus UMP, ont peur de la sanction électorale que pourraient leur infliger les petits patrons lors des prochaines élections, présidentielle et législatives, si jamais ils votaient ce texte. Beaucoup ont été très explicites sur ce point, confirme un député (...) » Les parlementaires UMP s'étaient donc mobilisés à la demande de Xavier Bertrand et de Jean-François Copé pour les faire disparaître et vider de tout son sens cette partie du projet de loi ! - Slovar

Or, vous avouerez qu'à quelques mois de la présidentielle, et surtout des législatives, les députés de la majorité vont être à nouveau ... sensibles à ce genre d'arguments !

Que va expliquer le Medef aux députés et sénateurs ?

Tout en affirmant que : « L'association de tous à la richesse créée par l'entreprise et la garantie d'un juste équilibre de la répartition de la valeur ajoutée, entreprise par entreprise, sont deux objectifs que le Medef poursuit depuis longtemps (...) » Le Medef par la voix de Laurence Parisot affirme que : « (...) Le projet présenté le 25 mai en Conseil des ministres fait courir aux entreprises et aux salariés plusieurs risques (...) » Les parlementaires sont donc priés de modifier : le seuil (à partir de laquelle la prime est prévue) de 50 à 500 salariés. Et de privilégier l'improbable : « négociation interprofessionnelle actuelle qui a pour objectif d'établir un nouveau Tableau de Bord de la Valeur Ajoutée »

Et pour ceux qui hésiteraient encore, Laurence Parisot leur précise qu'il en va de : « l'avenir du capitalisme familial dans notre pays »

En clair, laissez les entreprises servir leurs actionnaires tranquillement. Pour le partage de la valeur ajoutée, on s'en occupe directement avec les syndicats de salariés !

Et de quelle façon ?

Le 28 mai dernier : « (...) A l'issue d'une séance de près de quatre heures, le patronat (Medef, CGPME, UPA) et les syndicats (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC) sont parvenus à définir une méthode pour améliorer le dialogue social (...) Le texte (...) entend améliorer l'information-consultation des instances représentatives du personnel (Comité d'entreprise) sur la richesse créée par l'entreprise (...) »

Ce qui a fait dire à Patrick Bernasconi du Medef : « Il y a une volonté d'avancer »

Volonté d'avancer ?

Pour l'instant, comme l'indique la CFTC : « (...) On va parler de consultation sur le partage de la valeur ajoutée, alors que les salariés ont besoin d'augmentations de salaires (...) »

Quoi qu'il en soit, c'est bien mal engagé pour les salariés. Néanmoins, ces salariés/électeurs, ne devraient pas attendre longtemps pour connaître les noms et l'orientation politique des parlementaires qui, sur recommandation du Medef, lutteront pour assurer la survie et : « l'avenir du capitalisme familial dans notre pays »


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Public Affairs Council

30 mai 2011

Carla Bruni Sarkozy : Un micro show très ... communicant ?

Dernier chic chez les people : Les actions en faveur du micro crédit. Dernière en date à se lancer : L'épouse du Président qui donnera ce soir, un concert privé pour 15 personnes au profit de MicroWorld.

Début mai, Carla Bruni Sarkozy : confiait aux lecteurs du Parisien qu'elle retardait son prochain album. « En fait, je me suis aperçue que le disque ne serait prêt qu’en janvier, février prochain, en pleine bagarre électorale… Donc, j’ai décidé d’attendre de le sortir plus tard, tranquillement, en toute liberté, sans risque d’être jugée »

Dont acte. Mais alors, comment les français vont-ils interpréter le fait que : Carla Bruni Sarkozy, se produira aujourd'hui : « (...) lors d'un MicroShow unique, exceptionnel et convivial (...) » au profit de MicroWorld, nous dit Pure People

Mais au fait, qui est MicroWorld ?

MicroWorld est une filiale de PlaNetFinance, créée en 2009, qui propose : « une plateforme de prêt en ligne, destinée aux microentrepreneurs du monde entier » les deux créés par Jacques Attali. MicroWorld, avait comme ambition de devenir, selon les propres mots de son directeur général : le « Facebook du microcrédit »

Bon, la ressemblance avec le réseau de Mark Zuckerberg, s'arrête là , puisque, à ce jour MicroWolrd ne dispose que de 48 groupes dont le plus gros prêteur : Amis PlaNet Finance créé le 02/12/2010 a investit ... 3520 €.

Néanmoins, MicroWolrd peut compter sur l'un de ses actionnaires : Le groupe bancaire genevois Reyl & Cie (4 milliards de francs d'encours) qui possède, depuis le 1er avril une participation de 4 % dans le capital. Et dont la vocation première est de mettre : « (...) analystes, juristes et fiscalistes, spécialistes en assurance-vie ou en stock-options, ingénieurs patrimoniaux, experts en financement » au service d'investisseurs demandeurs de « (...) méthodes de gestion adaptées au cadre juridique et fiscal français (...) »

Ces spécialistes, justifient, avec le plus grand sérieux, leur participation à MicroWorld par le fait qu'elle les : « (...) ramène à la vocation même d’une banque : sa mission première est de proposer des solutions de financement à des entrepreneurs et de contribuer à la croissance de l’économie (...) »

Tout cela est bel et bon, mais PlanetFinance et MicroWorld manquent visiblement, de fonds et de notoriété !

C'est donc pour cela que Jacques Attali s'est inspiré très récemment, à Cannes, des techniques de l'association de Sharon Stone, consistant à organiser : « (...) un dîner caritatif dont les places étaient payantes et au cours duquel des objets étaient mis aux enchères (...) » et au cours duquel, Carole Bouquet, maîtresse de cérémonie d'un soir, s'était exclamée : « (...) Allons mesdames et messieurs, vous pouvez mieux faire ! (...) »

En ce qui concerne le manque de notoriété, les responsables de MicroWorld ont décidé de recruter des artistes qui participent à des micro shows.

Micro shows ?

Présentation par le site MicroWorld : « (...) Le MicroShow est une rencontre privilégiée qui réunit une vingtaine de membres de MicroWorld autour d'un artiste. C'est un moment unique d'échanges et d'engagements pour le microcrédit. Les MicroShows ont lieu à Paris et sa région, environ un soir par mois » Ont déjà participé : Raphael, Jean-Louis Aubert et Ours.

Et cette fois-ci la guest star est ... Carla Bruni Sarkozy !

Celle-ci se produira donc aujourd'hui : « (...) lors d'un MicroShow unique, exceptionnel et convivial (...) » Et « pour une quinzaine de membres du site internet MicroWorld.org de membres du site internet MicroWorld.org (...) » précise Ne Rien Louper

Bien entendu, sa participation est annoncée par un bon nombre de sites Web et par le communiqué de presse de MicroWorld. On y notera au passage que figure dans les contacts presse une Consultante en RP et Gestion de Crise d' Euro RSCG C&O

Euro RSCG , rappelons le, qui est une filiale du groupe Havas, dont le très sarkozyste Séguéla est le vice Président. Séguéla qui, outre avoir présenté la top model au Président, nous annonçait, la semaine dernière le sexe de l'enfant présidentiel à venir et sera, très vraisemblablement, en charge du budget de campagne ... de Nicolas Sarkozy, pour 2012

Le hasard fait décidément bien les choses, pour le plus grand bonheur des emprunteurs de micro crédits, cela va de soi !


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Free

27 mai 2011

Radars fixes : Dépensez plus ... pour gagner plus ?

Comment relancer les recettes issues de PV, tout en faisant baisser la mortalité routière ? C'est le dernier casse tête du gouvernement qui, pour l'instant propose de dépenser plus, pour éventuellement, à terme gagner plus ... de recettes ?

Le 6 mai dernier : « Le Premier ministre François Fillon annonçait le gel des dépenses de l'Etat pour les trois prochaines années (...) » Dans le collimateur : Les opérateurs de l'Etat, les aides sociales et l'enseignement !

Gel qui ne s'appliquera définitivement pas, aux radars routiers. Puisque la décision du gouvernement de supprimer les panneaux de signalisation de ces mêmes radars et leur remplacement progressif (mais vague) par des modèles pédagogiques va coûter fort cher avant de rapporter gros !

Les chiffres de la mortalité routière ont parfois bon dos. Surtout lorsqu'on apprend que : « Le produit des amendes qui atteignait 500 millions en 2009 risquait de ne pas dépasser 430 millions en 2011 » Canard Enchaîné du 25 mai 2011

Or, comme l'explique Dominique Seux des Echos : « (...) Longtemps, le produit des amendes radars allait aux collectivités locales, à des investissements de sécurité routière et à l’achat ou à l’entretien des matériels. Donc, rien pour l’Etat. Sauf que (c’est subtil), l’Etat encaissait le produit des amendes majorées, celles payées avec retard, qui sont de nature judiciaire. Depuis cette année, changement : le partage est 50-50 (...) »

Comment donc, optimiser cette cagnotte ?

Tout d'abord en rassurant les députés UMP qui se font incendier par leurs administrés et s'inquiètent d'un vote sanction aux législatives de 2012 : « Il pourra y avoir des radars pédagogiques, le signalement d’une zone où sont pratiqués des contrôles réguliers ou encore (...) des messages variables sur les autoroutes pour prévenir d’itinéraires sous contrôle, mais on est bien sûr à la fin de l’annonce systématique des radars fixes »

Mais, quel va être le prix de cette opération ?

« Interrogé (...) sur le coût d’un tel dispositif, le chef de files des députés UMP, Christian Jacob, sèche mais invoque «une plus grande efficacité que le panneau » - Libération

Il aurait peut être du lire : le Canard Enchaîné et Le Figaro, qui donnent des chiffres précis.

En premier, le démontage des panneaux : Selon le Canard Enchaîné : Le coût de démontage d'un panneau d'avertissement de radar fixe s'élève à 2316 €. Ce qui signifie, si le gouvernement tient sa parole, que le coût total du démontage représenterait : 4,5 millions d''€ ! Ce à quoi il faut ajouter la mise en décharge des dits panneaux, qui ont coûté à l'origine, pose comprise : entre 2778 et 7178 €

En deuxième, la mise en place de radars pédagogiques : « (...) le gouvernement a concédé la mise en place de 1000 radars pédagogiques dont le prix est compris entre : 2000 et 8000 euros, pose comprise, suivant les prestataires et les fabricants » Nous dit Le Figaro qui précise que : « Remplacer tous les panneaux avertisseurs par des radars préventifs devrait ainsi coûter entre 4,4 et 17,6 millions d'euros. Et il ne s'agit que d'une hypothèse basse ! »

Ce qui laisse à penser qu'il n'y aura certainement pas autant de radars pédagogiques que de panneaux fixes et que ... le rendement financier n'en serait que meilleur ! Et comme pour l'instant, nul ne sait vraiment qui, de l'état ou des collectivités locales, va payer la note. La seule certitude, c'est que les français financeront l'opération, qu'ils respectent ou non les limitations de vitesse !

A ceux qui s'étonneraient que des élus UMP, pourtant si prolixes sur les dépenses de l'état et des collectivités locales, aient pu participer, à un trou supplémentaire dans des caisses bien vides, il faut expliquer, que l'un d'entre eux, a décidé de faire des économies substantielles, en étant impitoyable avec ... la fraude aux aides sociales, dont le RSA !

En effet, Eric Ciotti, va créer une : « brigade antifraude, aux aides sociales qui interviendra en cas de doutes, lors de l'ouverture d'un dossier (...) Celle-ci sera composée de seize personnes – agents du département – contrôlant le parcours des bénéficiaires d'allocations versées par le conseil général, qui relèvent de la compétence des Alpes-Maritimes »

En fin de compte, il ne reste plus qu'à trouver un élu UMP qui proposera que ces « assistés » soient installés, munis d'un panneau en carton, cinq heures par semaine, à proximité d'un radar fixe ! et affirmer que : ça coûterait moins cher qu'un radar pédagogique et justifierait leurs indemnités ! ... Pour que la boucle soit bouclée !

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Contrôle Radar

26 mai 2011

Partis de gauche : Un programme, un candidat… la victoire en 2012 !

Pour la gauche, la victoire en 2012 n'est possible que dans l'union. Pour cela, il lui faut s'unir dès le premier tour ! C'est le sens du texte signé par un groupe de blogueurs dont Slovar !

Lorsqu'on est imprégné des valeurs de gauche et qu'on lit, écoute ou regarde les média, on est bien souvent atterré par le nombre potentiel de candidats qui sont censés les porter et les défendre.

A tel point qu'on a envie de tous leur dire : Existe t-il autant de façon de faire le bonheur des gens que de candidats potentiels ?

Mais aussi: N'avez-vous pas, au nom de la confiance et des mandats que vous ont confié le peuple : DES OBLIGATIONS. Dont celle de gagner ! Pour arrêter : le massacre social, le détricotage des droits des salariés, le démantèlement de la santé pour tous et le retour de l'état régulateur face à la spéculation alimentaire ou énergétique ?

Alors, face :

Au bal des égos qui menace une fois de plus le parti socialiste
Au psychodrame permanent des Verts EE
Face à un Front de Gauche qui hésite à se choisir un candidat
Face à un NPA qui a perdu son candidat fétiche
Et au désastreux rapport publié par Terra Nova indiquant qu'il est nécessaire pour la gauche de faire l'impasse sur les ouvriers et employés

Les blogueurs : Captainhaka : Le grumeau , Custin d’Astrée : 365 mots , Cycee : bahbycc , Dominique Darcy : dominiquedarcy, Eric Citoyen : Mon Mulhouse , Gaël : De tout et de rien, Jean-Claude : Slovar les Nouvelles, Jean Renaud Roy : @jr_roy, Juan : SarkoFrance, Jules Praxis : @jules_praxis, Le Coucou : Le coucou de Claviers, Melclalex : A Perdre la raison, MrsClooney : La femme de George (s), Nicolas : Partageons mon avis, Nicolas : La rénovitude, Nicolas Cadène : Débat socialiste, Richard Trois : Richardtrois, Rimbus : Rimbus le Blog, Romain Pigenel : Variae , Ronald : Intox2007, Jacques Rosselin : @rosselin, Seb Musset : Les jours et l’ennui de… , Stef : Une autre vie, Sylvie Stefani : Trublyonne, Valérie de Saint-Do : Microcassandre, Vogelsong : Piratages, Yann Savidan : Carnet de notes de… , Zeyesnidzeno : La France a peur ... ont décidé de publier : Unité 2012 - Lettre ouverte d’un électeur à tous ceux qui font de la politique à gauche

Le Kremlin-Bicêtre, Mai 2011

Chers camarades,

Comme disent les Chinois, il est des coups de massue qui rendent lucides : si la gauche veut remporter l’élection présidentielle de 2012, elle devra aller unie au combat dès le premier tour.

Imaginer que tel ou tel candidat ou candidate évitera la dispersion des voix à gauche entre vos différents partis, provoquera le réflexe d’un vote « utile », est un pari dangereux, une illusion entretenue par des sondages dont on connaît la volatilité… et la fiabilité.

Enterrer Nicolas Sarkozy trop vite est tout aussi illusoire. C’est un redoutable adversaire en campagne électorale, chacun le sait. C’est un des rares domaines où sa compétence n’a pas encore été mise en doute.

Mais surtout, Marine Le Pen sera vraisemblablement au second tour, nul besoin de sondages pour le craindre.

L’élection présidentielle de 2012 se gagnera donc au premier tour. Autrement dit, celui des deux candidats, de gauche ou de droite, qui aura le plus rassemblé son camp avant le scrutin présidentiel aura de fortes chances de l’emporter, soit parce qu’il sera face à Marine Le Pen, scénario hélas le plus probable, soit parce qu’il aura obtenu un score élevé au premier tour et aura donc créé une dynamique suffisante pour gagner le second.

C’est le bête et implacable raisonnement arithmétique qu’impose notre scrutin majoritaire à deux tours. On peut regretter qu’il en soit ainsi, qu’il ne nous soit plus permis de faire un « choix de coeur » au premier tour. Mais c’est comme ça.

Cette réalité électorale doit conduire les politiques que vous êtes à agir en conséquence, c’est à dire à vous battre pour que ce soit bien le candidat de gauche qui rassemble le plus efficacement son camp dès le premier tour, et non celui de droite, Nicolas Sarkozy.

Inutile d’attendre le dernier moment pour bâcler un marchandage de circonstance, purement politicien, ou le programme et les idées passeront à la trappe. Inutile encore de compter sur un accord entre les deux tours, vite fait bien fait, entre les partis de gauche au cas où ce serait l’un des leurs qui accède au second tour. Dans le premier cas, face à Le Pen, pourquoi le candidat s’embarrasserait-il d’une négociation avec ses amis politiques alors qu’il est pratiquement certain d’être élu ? Dans le second cas, face à Sarkozy, redoutable candidat, le spectacle de chefs de partis de gauche se rabibochant opportunément après une campagne qui les aura durement opposés sera d’un effet déplorable et ne peut que favoriser le candidat de la droite.

Avez-vous le droit d’envisager cette défaite ? N’avez-vous pas, au nom de la confiance et des mandats que vous ont confié le peuple, des obligations, dont celle de gagner pour mettre un terme à la politique désastreuse menée par Nicolas Sarkozy ?

Chers camarades, il est temps d’atterrir. D’arrêter d’avancer en ordre dispersé, avec des candidatures tactiques, « providentielles » ou fantaisistes. Bref, il est temps de prendre la mesure de cette nouvelle donne électorale et d’en tirer les conséquences. Dès que possible, vos partis doivent travailler ensemble à une plateforme commune et à la désignation d’un candidat unique pour toute la gauche. Après tout, les primaires ont bien été imaginées pour cela, non ?

Rappelez-vous : n’avaient-elles pas vocation, à l’origine, à sortir des logiques partisanes en s’adressant à tous ceux qui « partagent les valeurs de la gauche », qu’ils soient roses, verts ou rouges ? Imaginez la dimension que prendraient ces primaires si elles mobilisaient tous les partis ! Elles donneraient un autre souffle à la campagne et un autre poids au candidat ainsi désigné. Et avouons-le, elles seraient sûrement prises beaucoup plus au sérieux qu’aujourd’hui.

Pour vous, responsables politiques, ce ne sera pas facile de dépasser les clivages et les rivalités d’appareils, on l’imagine. Certains d’entre vous ne souhaiteront peut-être pas monter dans le train de l’unité. Mais l’enjeu est à la hauteur de l’effort : pour que la gauche remporte ce scrutin présidentiel, l’unité et les concessions qu’elle implique, sont le prix à payer et, soyons plus positifs, le défi à relever.

D’ailleurs pensez-vous sérieusement qu’un programme qui rassemble tous les partis de gauche soit un défi aussi insurmontable ? Nous partageons tous un socle de valeurs communes : écologie, services publics, société solidaire, emploi pour tous, fiscalité redistributive, laïcité, régulation de la finance, éducation, innovation, recherche, et bien sûr, l’ambition d’une France forte, généreuse et influente sur la scène mondiale.

Chers camarades, quelle tâche plus stimulante qu’un programme unitaire pour ceux qui aiment la politique et veulent changer les choses ! Ce n’est pas une utopie, c’est une nécessité. Les électeurs le sentent et multiplient les appels dans la presse et sur le Net. Nous sommes à un an de l’échéance, vous avez encore le temps de vous y mettre. N’attendez pas.

Un programme, un candidat… la victoire en 2012 !

Si vous souhaitez devenir signataire et/ou diffuser cette lettre ou la faire parvenir aux responsables politiques de la gauche, rendez-vous sur le site Unité 2012

25 mai 2011

Financements politiques : De l'utilité des micro partis ... pour 2012 ?

La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques vient de publier son dernier rapport. Elle y consacre un chapitre important sur les « micro-partis » qui à l'approche de 2012 se multiplient !

Il paraît que les français aiment la politique. Celle-ci lui rend bien ! En effet, la CNCCFP en comptabilise : 320 ! Une offre qui semble totalement disproportionnée, dans laquelle, constate le CNCCFP : les « micro-partis » (lire page 93 du rapport ) autrefois marginaux, ont le vent en poupe, puisqu'il s'en est créé 37, depuis le premier janvier.

Que dit la CNCCFP à ce sujet ?

« Sans cautionner le terme de « micro-parti » abondamment utilisé en 2010 dans le débat médiatique, la commission a tenu à apporter quelques éléments d’éclairage sur la question de l’existence d’un nombre élevé de formations ou groupements politiques entrant dans le champ de la loi sur la transparence financière. Le phénomène dit des « micro-partis » n’est pas nouveau et se révèle fort complexe puisque, quel que soit le critère retenu pour les définir, ils regroupent des entités en réalité fort différentes sur plusieurs aspects (...) »

Les partis politiques ont de l'imagination !

La CNCCFP nous apprend que : « (...) on peut relever l’apparition de structures ayant pour objet de financer une campagne électorale dans une circonscription de moins de 9 000 habitants. En effet, dans ces circonscriptions, les candidats n’ont pas à déposer de compte de campagne et les donateurs ne peuvent bénéficier de l’avantage fiscal. Il peut donc apparaître opportun pour certains candidats ou groupes d’élus de créer un parti politique pour financer la campagne électorale en demandant aux personnes désireuses de les aider financièrement d’apporter leurs fonds non pas directement à eux-mêmes mais aux mandataires des partis qui les soutiennent. Dans ces conditions, les donateurs ou cotisants, voire le candidat lui-même, peuvent bénéficier de l’avantage fiscal (...) »

Que pense la CNCCFP de cette déviance du système ?

« Si la typologie des partis, en raison même de leur liberté de constitution et d’organisation, ne peut que rester évolutive et discutable, le concept de « micro-parti » est lui-même difficile à cerner, aucun critère ne paraissant pleinement satisfaisant. Ainsi l’approche par le critère de l’aide publique (les « micro-partis » seraient ceux qui n’en bénéficient pas), l’approche structurelle ou l’approche en termes d’objectifs affichés se révèlent trop floues ou réductrices. L’approche financière peut apparaître comme la plus objective (...) »

En fin de compte, comment ça fonctionne ?

En 2010, L'Express qui traitait de l'affaire Woerth/Bettencourt l'expliquait très clairement : (...) Le procédé est simple. Le fan de l'UMP donne 7500 euros au parti présidentiel, puis 7500 aux Amis d'Eric Woerth, 7500 au Chêne de Michèle Alliot-Marie,...etc Les mouvements reversent ensuite au vaisseau-amiral tout ou partie de l'argent perçu. En toute liberté puisque les transferts d'argent de parti à parti ne sont pas limités.

Pour encaisser 150 000 euros, on peut donc passer par 33 personnes à 4600 euros. Ou 10 donnant 7500 euros à deux mouvements amis. Ou 2 personnes donnant à dix partis satellites. A charge ensuite de reverser le tout au parti principal (...)

Choquante, cette chasse à l'argent ? Assurément ! Surtout lorsqu'on comprend de quelle manière elle est organisée ... en vue de garnir les caisses pour 2012 !

Alors, direz-vous, qu'attendent les élus et responsables politiques pour y mettre fin ? Et bien, c'est à nouveau L'Express qui nous donne la réponse : (...) Lors de ses auditions au Sénat ou à l'Assemblée nationale, la CNCCFP a bien tenté de limiter ces dons à un seul parti par an mais ses revendications sont pour l'instant restées lettres mortes (...)

Qu'ajouter ?

L'intégralité du rapport du CNCCFP
Cartographie 2010 des micro partis

24 mai 2011

Education nationale : Y a t-il encore un ministre aux commandes ?

Luc Chatel, spécialiste du « faire mieux avec moins», limite de plus en plus son action à des coupes budgétaires drastiques et dramatiques. ce que confirme l'Association des maires de France qui vient saisir le gouvernement notamment sur les suppressions de postes dans le primaire.

Luc Chatel qui fut DRH chez L'oréal, tient plus, depuis sa nomination, du cost killer et du promoteur d'idées gadgets que du ministre de l'éducation nationale.

Dans les idées gadget, on citera : l'improbable signature d'un partenariat avec Facebook destiné à : « (...) ne pas laisser impuni le harcèlement à l’école (...) » et qui se traduira en fin de compte par : « un guide visant à aider les équipes éducatives à repérer et à prévenir le harcèlement » d'une : « campagne d’information nationale » et d’un « site internet et d’une ligne d’aide spécifique (...) »

Et dans le cost killing : les suppressions d'effectifs, qu'il essaye régulièrement de sous estimer, en noyant ses interlocuteurs sous des données statistiques. Données contestées très récemment, chiffres à l'appui par Libération

Malgré ses dénégations, c'est au tour de l'Association des Maires de France par la voix de son président, le député maire UMP Jacques Pélissard, de tirer la sonnette d'alarme. Il vient de faire savoir que l'AMF : « (...) va saisir le gouvernement afin de contester la méthode d’élaboration de la carte scolaire 2011 et demander qu’une analyse objective des besoins scolaires soit effectuée préalablement à toute décision de réductions d’effectifs »

Et pourquoi ?

« (...) les maires font part de leur vif mécontentement au regard de la réduction de 8 967 postes de personnels enseignants du 1er degré en 2011. Elle aura pour conséquence la suppression de 1 500 classes, en milieu rural comme en milieu urbain, sachant que la réserve de remplaçants a déjà été fortement réduite depuis la rentrée précédente, que 379 postes de Rased seraient également supprimés et alors que 4 900 nouveaux élèves sont attendus (...) »

Bien que Jacques Pelissard, interviewé par Le Monde, espère être entendu par le gouvernement au fait que : « (...) C'est une association qui représente tous les maires de France, les maires de droite comme de gauche, les urbains comme les ruraux. En principe, la position de l'AMF a un certain poids (...) » Il y a tout lieu de penser que, notre cost killer de ministre, ne cédera rien ou si peu que ... la situation ne fera qu'empirer !

Par contre, si le ministre sait « montrer toute sa détermination » pour réduire les effectifs, il semble curieusement en manquer, en ce qui concerne le pouvoir d'achat des familles, pour la rentrée 2011.

En effet, Luc Chatel qui s'est autrefois illustré : « (...) Fin 2007–début 2008, lorsque les polémiques sur le pouvoir d’achat soulevaient le pays et qu'il s'emportait contre la flambée des prix » avoue, cette fois-ci, son impuissance à renouveler l'opération : « Les essentiels de la rentrée » pourtant maintenue en 2010

Essentiels de la rentrée ?

Il s'agissait pour le ministère de définir : « (...) Des listes de fournitures scolaires indispensables (...) pour chaque niveau d'enseignement pour limiter le prix de la rentrée (...) » A cette occasion : « (...) Des enseignes de la distribution s'étaient engagées à maintenir le coût global de chacune des listes au niveau de l'année précédente (...) » Le ministère insistait d'ailleurs sur le fait qu'il se mobilisait : « (...) pour la quatrième année consécutive pour maîtriser le coût de la rentrée scolaire »

Et bien, selon Le particulier : le Ministère a décidé de ne pas reconduire l'opération. Laissant aux associations la responsabilité de mener seule les négociations avec la grande distribution ! On notera au passage la détermination de Luc Chatel qui : « (...) recommande aux écoles de limiter les demandes de fournitures scolaires au strict nécessaire (...) » Leur expliquant qu'elles : « (...) pourront (...) s’appuyer sur les listes de fournitures scolaires essentielles, qui seront publiées comme chaque année au Bulletin officiel de l’éducation nationale (...) »

Le regretté Coluche aurait dit : « Dites nous ce dont vous avez besoin, on vous expliquera comment vous en passer » ! Quand on vous disait que Luc Chatel était le spécialiste du « faire mieux avec moins »

23 mai 2011

UMP : Chronique ordinaire d'une xénophobie assumée ?

Les déclarations de Claude Guéant et de l'UMP sur les étrangers, quasi copies conformes, à celles du FN, finissent par être prises, au premier degré, par des militants du parti présidentiel, qui n'hésitent plus à se lâcher en public. A jouer avec le feu !

Bien que notre Président continue à affirmer en petit comité que cette élection il la sent bien, on continue à l'Elysée à avoir les yeux rivés sur les sondages d'opinion et intentions de vote pour la présidentielle de 2012. Et comme Marine Le Pen continue d'être une menace pour le Président candidat dans le cas de candidatures multiples à droite ou au centre droit, il est nécessaire de continuer à donner régulièrement des gages à l'électorat potentiel du Front National.

Dernière prestation en date : Celle de Claude Guéant, auteur des : « (...) les Français ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux du fait d'une immigration incontrôlée (...) » - France 24 ou « (...) 24% des étrangers non européens qui se trouvent en France sont des demandeurs d'emploi. C'est presque trois plus que le taux (de chômage) national (...) » - Nouvel Obs

Invité de Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1, il a lancé : « (...) Contrairement à une légende, il est inexact que nous ayons besoin de talents, de compétences. Il y a de l’ordre de 2 000 personnes qui viennent à ce titre. Mais on n’a pas besoin de maçons, de serveurs de restaurants. Il y a en France de la ressource parmi les Français »

Comme le fait judicieusement remarquer Libération : « (...) Tout cela rappelle furieusement le slogan du FN, « Un travail aux Français ». Ce qui ne l'a pas empêché Guént d'ajouter : « II y aurait un grand tort des familles républicaines à laisser au Front l’exclusivité des souffrances des Français. Et on devrait être ravi qu’un parti politique s’empare d’un problème pour le régler de façon républicaine (...) »

Mais l'étranger n'est pas seulement un ennemi des ouvriers et employés, puisque Selon Guéant, ses enfants sont prédestinés à l'échec scolaire : « (...) les deux tiers des échecs scolaires, c'est l'échec d'enfants d'immigrés (...) » Il a probablement manqué de temps, pour expliquer, que la diminution du nombre d'enseignants pourrait être, largement compensée, par leur départ ou leur non arrivée en France !

Bêtise, cynisme, carrièrisme ? On se demande ce qui pourrait qualifier, clairement, ces propos, tenus par un ministre de la République, dont le seul but, est de permettre à un candidat et à sa majorité ... de se maintenir 5 ans de plus au pouvoir !

Si nul ne sait encore, si les « saillies » de Claude Guéant ont le moindre impact, sur ceux qui souhaitent voter pour la candidate du FN, il serait intéressant de connaître celui qu'elles ont sur les militants UMP. Or, un fait récent et peu médiatisé, remontant au 19 mai dernier, nous donne quelques pistes !

Ce jour là, se tenait à Besançon un séminaire de formation de l’UMP auquel participaient Jeannette Bougrab et d’Alain Joyandet. « (...) Le mot de trop est tombé juste avant la pause déjeuner des 280 participants (...) nous raconte Le Pays, sur son site Web : « (...) à l’occasion d’un débat sur la laïcité et plus précisément sur la construction de mosquées par rapport à l’état de délabrement de certaines églises. C’est à ce moment précis qu’un militant haut-saônois, ancien médecin, a lancé : « De l’argent, il n’y en a que pour les bougnoules ! »

Emoi de la secrétaire d'état qui a quitté la réunion. Mais plus grave : « (...) selon certains témoins catégoriques, une partie de la salle aurait apporté son soutien au militant raciste (...) »

Panique à la section locale de l'UMP, qui a donné tout de suite des consignes, pour que l'incident ne filtre pas à l’extérieur. A tel point nous dit Le Pays que : « De retour à Paris, la secrétaire d’État annonce un communiqué qui devait être transmis à la presse par Michel Viennet (secrétaire départemental de l’UMP du Doubs) . Il ne parviendra jamais dans les rédactions (...) » On aurait, semble t-il, en haut lieu, décidé de tirer un trait, si le militant envoyait une lettre d'excuses à la ministre !

Lettre publiée par France3 Franche Comté

« Madame,

Je vous prie de bien vouloir m’excuser pour la phrase que j’ai prononcée comme une boutade lors du séminaire de Franche-Comté. Mon intervention n’était pas de blesser les personnes réunies dans la salle mais ces paroles qui me font honte aujourd’hui faisaient suite à une intervention d’un jeune de l’UMP.

Il avait déclaré que la restauration de la cathédrale de Strasbourg n’était pas aidée financièrement, mais celle de la construction de la mosquée l’était. Je n’ai pas cherché à vérifier la véracité de ces propos. Je me suis offusqué à tort, j’ai eu un mauvais réflexe que je regrette amèrement aujourd’hui.

Cela fait plus de trente ans que j’assiste aux réunions de l’UMP et je n’avais jamais entendu véhiculer d’idées fausses. Depuis ma retraite, j’étudie l’économie politique, je fais un travail dans ce sens, je suis venu pour parfaire mes connaissances.

Je vous prie de croire, Madame, à l’expression de mon profond respect ». "

Une Boutade ? Ben voyons !


Crédit photo
Les inrocks

20 mai 2011

Les salaires deviendront-ils la future variable d'ajustement de la conjoncture ?

Les salariés pourraient-ils voir leurs rémunération varier à la hausse comme à la baisse en fonction de l'activité ? En tous cas c'est la dernière idée en vogue à l'UIMM, le patronat de la métallurgie !

Un de mes anciens employeurs, expliquait tous les matins à ses troupes, la chance qu'ils avaient de profiter de ses locaux (au demeurant, mal chauffés en hiver) et de toucher en toute insouciance, un salaire (les plus bas de la profession) alors que lui, ne connaissait que les tourments, des affaires fluctuantes ! Ce qui l'amenait, à la fin de chaque mois, lorsqu'il distribuait les bulletins de salaires, à nous déclarer : « On ne devrait payer les employés que lorsque l'entreprise a de l'activité » !

Bien entendu, en fin d'année positive, en ce qui concerne une distribution, même symbolique des bénéfices, nous devions nous limiter à un ... discours sur le bonheur, que nous aurions à ... recommencer un nouvel exercice ... coûteux pour la trésorerie de l'entreprise !

Et bien, le rêve de ce monsieur, pourrait bien devenir une réalité, si on en croît l'information, révélée ce matin, par Marc Landré, un des meilleurs spécialistes des sujets sociaux, au Figaro !

En effet, on apprend que l'UIMM propose : « (...) d'ajuster temporairement la durée du travail et les rémunérations des salariés, à la hausse comme à la baisse, en fonction de la conjoncture »

Pour ceux qui ignoreraient encore qui est l'UIMM, il faut leur expliquer qu'il s'agit, d'une : « organisation professionnelle dont la vocation est de représenter et de promouvoir les intérêts des entreprises de la métallurgie de toutes tailles et couvrant de nombreux secteurs d’activités (...) l’industrie automobile, le nucléaire, la construction navale, aéronautique, spatiale et ferroviaire, la fabrication d’équipements ménagers, la construction mécanique, la métallurgie et la transformation des métaux, ou encore les industries des composants et des équipements électriques et électroniques, auxquels peuvent être associées les entreprises de services à l’industrie (...) » - Source UIMM

Outre être un des plus gros employeurs de France, l'UIMM s'est illustré par des : « (...) retraits suspects de 16,5 millions d’euros retirés en liquide entre 2000 et 2007 (...) semble t-il destinés à « fluidifier le dialogue social » et d'avantages financiers indus, comme : contrats d'assurance-vie payés par l'organisation patronale, complément de retraite (en liquide), au profit de quelques uns de ses membres

Néanmoins, après que L'UIMM, soupçonnée d'avoir versé des primes non déclarées à des salariés entre 2004 et 2007, ait été mise en examen pour : travail dissimulé, en 2010, Frédéric Saint-Geours, son nouveau président, affirmait que tout était rentré dans l'ordre. Dont acte !

C'est le même Frédéric Saint-Geours qui selon Marc Landré, aurait présenté, jeudi, lors de la convention de l'UIMM, un document préparatoire au « Manifeste pour l'industrie » qu'elle compte : « (...) présenter à l'automne dans le cadre de la présidentielle »

Outre les pistes pour : « (...) limiter le coût et l'impact de l'assurance-chômage » et la « redéfinition du licenciement économique », il faut être attentif, à une des propositions, qui pourrait, si elle était reprise dans le programme électoral du parti qui gagnera les élections de 2012, réserver une bien mauvaise surprise aux salariés !

Quelle est-elle ?

L'UIMM a confié à Pierre Cahuc (coauteur avec Gilbert Cette et André Zylberberg d'un rapport « Salaire minimum et bas revenus » et qui recommandait au gouvernement de : remettre en cause les règles d'indexation du salaire minimum et plus récemment, avec Francis Kramarz d'un rapport recommandant la création d'un contrat de travail unique ) la responsabilité de la rédiger Il propose de :

« (...) donner plus de marges de négociation aux partenaires sociaux dans l'entreprise, en permettant via un accord collectif d'«ajuster temporairement la durée du travail et les rémunérations des salariés, à la hausse comme à la baisse, en fonction de la conjoncture». Bref, pouvoir augmenter salaires et temps de travail quand l'entreprise fait face à une hausse temporaire de ses commandes… et les baisser en période de vaches maigres. «De tels ajustements ont contribué à amortir l'impact sur l'emploi de la récession de 2008 en Allemagne, plaide Pierre Cahuc (...) »

Une remarque au passage : Il n'est pas question dans ce raisonnement de voir les salaires augmenter mais plutôt de faire travailler plus d'heures rémunérées en période de pointe. Donc : Exit les heures supplémentaires ! Ce qui équivaut à toucher la même chose en ... le répartissant sur l'année entière !

Autres conséquences pour les salariés d'une telle proposition ?

Première conséquence : Dans la mesure où la négociation ne serait plus nationale mais entreprise par entreprise, il y aurait une grande disparité d'accords dont la qualité risque d'être très inégale !

Deuxième conséquence, la pire ! : Obliger les salariés à gérer leur budget au gré des fluctuations économiques alors que ceux-ci n'ont absolument pas la même faculté que les entreprises à négocier avec leur banque pour payer leurs charges et dettes !

Une « grande idée » que nous pourrions bien retrouver, dans les programmes électoraux de l'UMP et des quelques centristes dissidents, pour 2012. A vous d'être attentifs !

Crédit image
Rodho