16 octobre 2012

Propositions emploi et chômage de Fillon et Copé : Blanc bonnet et bonnet blanc !

Après Jean-François Copé, c'est au tour de François Fillon de nous expliquer que les français ne travaillent pas assez, que les chômeurs ne cherchent pas d'emploi et que le code du travail est un obstacle à l'emploi des jeunes. Comparons les !

La légende propagée par les soutiens de François Fillon pour la présidence de l'UMP voudrait que celui-ci soit très différent de Jean-François Copé son adversaire. Toujours selon eux, il serait : un « gaulliste social réformateur ».

Donc, François Fillon serait très différent du très libéral Jean-François Copé ?

Et pourtant, à la lecture d'interviews des deux candidats à la présidence de l'UMP, on s'aperçoit qu'il n'existe la moindre différence entre les deux, en ce qui concerne la politique de l'emploi et le traitement du chômage.

Jean-François Copé - 3 octobre 2012 dans son opuscule : « Manifeste pour une droite décomplexée » que nous avions décortiqué sur Slovar les Nouvelles

Suppression de toute référence à l'horaire légal de travail pour le remplacer par un temps de travail négocié entreprises par entreprises, dans la limite maximale de 48H00 par semaine

Instauration d'un contrat de travail unique

Chômeurs : Formation obligatoire et une indemnisation moins longue.

Comparons maintenant avec les propositions du «gaulliste social réformateur»

Interview François Fillon : Les Echos - 10 octobre - Extraits 

Contrat de travail : « (...) C'est la rigidité de notre droit du travail qui écarte une grande partie de la jeunesse française de l'emploi. L'angoisse dans notre société est d'abord liée au fait qu'une grande partie de la jeunesse n'a pas d'avenir professionnel (...) Je crains une crise politique majeure s'il n'y a pas rapidement d'assouplissement (...) »

Temps de travail :  « (...) Je milite pour des mesures d'urgence, en remettant en cause certaines dépenses sociales et en allongeant la durée du travail (...) Le redressement national passe par un effort de travail supplémentaire. Il faut supprimer la référence à la durée légale et autoriser une négociation collective dans les entreprises sur le temps de travail, dans les limites des règles européennes (...) »

Les chômeurs : « (...) D'abord, il faut faire la réforme fondamentale de l'assurance-chômage et de la formation professionnelle que Nicolas Sarkozy avait proposée. Il s'agirait de rémunérer les demandeurs d'emploi non pas parce qu'ils sont demandeurs d'emploi mais parce qu'ils sont en formation (...) »

En résumé, vous avez le choix entre le programme de Jean-François ... Fillé et François ... Copon. « Etonnant non ! » comme disait le regretté Pierre Desproges dans : « la rubrique nécessaire de monsieur cyclopède ».

Sauf que les deux prétendants à la présidence de l'UMP n'ont aucun humour et qu'ils appliqueront l'un comme l'autre l'intégralité des demandes formulées par Laurence Parisot qui, ne l'oublions pas, indiquait dans Libération le 9 octobre dernier, qu'il était nécessaire de :  « (...) Trouver les bonnes modalités pour adapter la durée du travail et la masse salariale en échange du maintien des effectifs lorsque l’entreprise fait face à une baisse d’activité significative (...) »

En fin de compte, la seule différence entre les deux repose sur le fait de savoir, en cas de retour de l'UMP au pouvoir, lequel sera ... le petit télégraphiste du Medef ... Pas vraiment étonnant à vrai dire ... 


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15 octobre 2012

« Recours radiation » : Dernier rempart des chômeurs contre les radiations abusives !

Etre radié par Pôle Emploi, voila la pire des angoisses pour tous les chômeurs. D'autant qu'il est de plus en plus difficile, en cas de radiation abusive, de se défendre face à un Pôle Emploi qui ressemble de plus en plus à monstre froid réfugié derrière son site Web. Heureusement, pour tous ceux qui craignent ou subissent une radiation, il existe le site Recours radiation.



Au de là de la difficulté de retrouver un emploi lorsqu'on l'a perdu, le plus grand tracas du chômeur est sa relation avec Pôle Emploi. Certes, le nombre d'inscrits a considérablement augmenté depuis la fin 2011, mais dans la mesure où obtenir un rendez-vous avec son conseiller relève de l'exploit, comment se défendre lorsque le courrier ou le mail de radiation temporaire ou définitive tombe ?

Si vous vous rendez sur le site de Pôle Emploi et que vous lancez la recherche "radiation", voilà ce que vous y trouverez

«  (...)  Le Code du travail précise les actes que les demandeurs d'emploi sont tenus d'accomplir à ce titre et les propositions qu'ils ne peuvent refuser sans s'exposer à être radiés.
Les motifs de radiation sont :

    insuffisance d'actes positifs et répétés de recherche d'emploi,
    refus d'un contrat d'apprentissage et d'un contrat de professionnalisation,
    refus d'un contrat aidé,
    refus de suivre une formation s'inscrivant dans le cadre du PPAE,
    refus d'une action d'insertion,
    absence à convocation, y compris convocation à une visite médicale,
    fausses déclarations,
    refus de définir ou d'actualiser le PPAE,
    refus de suivre une action d'aide à la recherche d'emploi s'inscrivant dans le cadre du PPAE,
    refus à 2 reprises sans motif légitime d'une offre raisonnable d'emploi

Les durées de radiation varient entre 15 jours et 12 mois en fonction de la nature des manquements constatés et de leur répétition
(...) »

Bon, ça c'est la théorie, mais dans la pratique, que se passe t-il ? Prenons au hasard un exemple significatif, publié sur le site Recours radiation

« (...) je suis jeune maman d'un petit garçon de 6 ans. Mon ordinateur a rendu l'âme depuis peu donc, j'etais dans l'impossibilité de consulter mes mails. Ce matin de chez une amie j'ai voulu m'actualiser. à ma grande surprise j'ai vu qu'on m'avait radiée, forcement je n'avais pas pu consulter le rendez vous qu'il m'avais donné du 27aout (...) j'ai pris mon telephone ce matin pour leur expliquer la situation mais la dame m'a dit que j'etais radiée depuis hier donc que maintenant tout se passe avec le directeur à qu'il faut que j'envoie un courrier beton pour qu'il puisse annuler ma radiation (...) » - Forum Recours radiation ( voir aussi : Radié 2 mois pour 10 min de retard )

En gros, vous êtes seul au monde face à un organisme qui lui, est le maître d'un jeu qui vous échappe. Prendre un avocat ? impossible financièrement pour la majorité des chômeurs.

Bien sur, vous pouvez faire appel au médiateur national ou régional de Pôle Emploi, mais sachez que : « (...) qu'il soit national ou régional, ils ne formulent que des recommandations aux Directeurs/trices d'agence locale mais n'ont pas le pouvoir d'imposer leurs décisions... (...) »


Alors, pour s'en sortir, quels que soient ses moyens financiers, la seule solution c'est de se rendre sur le formidable site Recours radiation qui, comme le faisait remarquer Michel Abhervé sur son blog, au début du mois d'octobre, a fait peau neuve : « (...) un site consacré aux recours sur les radiations faites par Pôle emploi) qui, quotidiennement, aide, des demandeurs d’emploi, victimes de radiations parfois justifiées, souvent abusives, et en tous cas toujours rétroactives et donc sur ce point illégales (..) » nous ajouterons : Et foi de professionnels du web, la nouvelle version de leur site est franchement claire et efficace ! 

Qui sont-ils ?

« (...) Agé de 32 ans, David, le créateur du site, est juriste. Il a notamment eu l'occasion d'enseigner le droit à l'Université et de travailler pour des juges internationaux. Trois semaines après la mise en ligne du site et du forum, Rose-Marie (alias Rosecelavi) a rejoint le projet, enthousiasmée à l’idée qu’enfin un site sur les droits des demandeurs d’emploi face à ces radiations ait été créé.  Conseillère à Pôle emploi pendant 28 ans, elle a permis la traduction et le décryptage de nombreuses procédures suivies par Pôle Emploi. Syndicaliste, elle a siégé dans les années 90 à la commission départementale de recours où elle a essayé de défendre l'intérêt des chômeurs radiés par l'ANPE, ou exclus par la DDTEFP. Depuis plus de 2 ans, Rose-Marie assure de manière quotidienne l’animation du forum. Comme le disait récemment un juge du Tribunal Administratif de Lyon dans une affaire de radiation abusive : "les droits du justiciable sont sacrés". Mais ce site est là parce que justement les droits des demandeurs d'emploi sont parfois sacrément mis à mal... Ce site est mis à jour et animé de manière complètement indépendante (...) »

Il se trouvera bien quelques chafouins du genre « Medef et associés » pour reprocher aux animateurs du site de fournir des solutions gratuites et légales à : « des chômeurs qui ont gravement failli à leurs obligations » mais tous les autres ne pourront que tirer leur chapeau bien bas à David et Rose-Marie ! 



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11 octobre 2012

Marché du travail européen : Les recettes à l'emporte-pièce de la BCE !

Selon la BCE, les problèmes d'emploi en Europe se résument à : Salariés trop payés et chômeurs dont les qualifications sont inadaptés aux offres. C'est du moins ce qu'on peut lire dans sa dernière analyse que l'association "Sauvons l'Europe" a décortiqué et conteste à juste titre !


Si les politiques n'ont toujours pas trouvé la martingale du plein emploi et que l'OIT pousse depuis des mois des cris d'alarme sur l'envolée du chômage et la montée de la précarité, la BCE dirigée par Mario Draghi affirme haut et clair qu'elle détient LES solutions pour résoudre toutes les difficultés. Elle les a mises noir sur blanc dans un rapport (en anglais) de 126 pages, qu'elle vient de publier : " Euro aera labour and the crisis

Ce rapport a été décortiqué par l'association Sauvons l'Europe qui a notamment extrait les morceaux d'anthologie.

La première cause du chômage selon la BCE : Les salaires trop élevés !

" la rigidité salariale à la baisse empêche la résorption de la crise de compétitivité "

Ben voyons ! Ainsi, pour lutter contre la concurrence asiatique il suffirait de baisser les salaires, un peu comme en Grèce où la population est en train de passer de la précarité à la misère. Ce dont se moque la BCE, puisque l'essentiel c'est que les salaires et le temps de travail se rapprochent le plus possible de ceux des travailleurs asiatiques afin de produire au moindre coût. La quasi totalité de cette production sera bien entendu exportée dans des pays où les salariés ont provisoirement un meilleur pouvoir d'achat.

Ce à quoi Sauvons l'Europe ajoute : " (...) La question centrale des entreprises n’est pas, en effet, combien me coûte une heure de travail dans tel pays, mais bien combien me coûte un travailleur pour fabriquer une valeur de 100 dans tel pays (...) "

L'OIT de son côté donne un avis avisé sur cette baisse des salaires : " (...) L’Organisation Internationale du travail (OIT) met en garde contre des mesures entraînant une baisse de la consommation intérieure et affectant négativement la croissance (...)  De plus, insistent les économistes de l’OIT, si des réductions compétitives de salaires sont menés simultanément dans plusieurs pays, on ouvre alors la voix à une dépression globale de la situation de l’emploi "

La deuxième cause du chômage élevé selon la BCE : l’inadéquation des qualification des chercheurs d’emploi aux besoins des entreprises ! En fait affirme la BCE : " le chômage est d’abord un problème structurel "

" (...) Ainsi, par la magie de la crise, une force de travail qui était plus ou moins adaptée aux besoins des entreprises deviendrait entre 2008 et 2009 soudainement inadéquate ? Un choc de productivité majeur a eu lieu qui a transformé profondément la majeure partie des métiers sans que les salariés ne suivent ? Une vague d’alcoolisme due à la crise a brusquement produit une foule d’handicapés (...) " lui répond Sauvons l'Europe, qui ajoute : " (...) Le plus atterrant dans cette affaire est que ce débat, dans un contexte politique chargé, a eu lieu de manière très étendue aux Etats-Unis, où un consensus a fini par se dessiner sur le fait qu’il n’y a pas de mismatch structurel, mais une bête crise de la demande de travail (...) La BCE donne la sensation curieuse de travailler en apesanteur et de postuler la singularité de l’espace économique européen par rapport au reste du monde.(...) Qui plus est, la BCE rejette l’explication d’un chômage purement géographique, avec des salariés formés dans un pays et les entreprises souhaitant les embaucher dans un autre. C’est bien à l’intérieur de chaque pays que les salariés sont devenus des inadaptés à la tâche productive !!! (...) "

Sauvons l'Europe qui nous livre le diagnostic plus cohérent de l'économiste américain Paul Krugman : " (...) il suffit d’une part de vérifier si les entreprises tournent à plein régime ou ne trouvent plus de débouchés, et surtout si le chômage est fort dans quelques activités économiques alors que la demande non satisfaite est importante dans d’autres, ou bien si le chômage a partout augmenté. Pour le premier critère, la lecture des activités économiques sur le moral des entreprises européennes et leur carnet de commande renseigne : les entreprises n’ont pas aujourd’hui un besoin féroce d’embaucher. Pour le second, un rapide tour non exhaustif sur le site d’Eurostat ne m’a pas permis de trouver des masses d’activités en tension de main d’oeuvre ; le chômage augmente partout (...) "

.En clair, la BCE a décidé que les pays les moins-disants au niveau salarial et social étaient devenus la nouvelle référence mondiale, et que l'avenir des salariés d'Europe se résumait à une précarisation généralisée de ceux qui ont un emploi et à des mini jobs obligatoires, mais aléatoires, pour les chômeurs.

Bienvenue dans un monde de dumping permanent où seuls les marchés financiers, dont monsieur Draghi est issu, seront les gagnants !

Sources

03 octobre 2012

Flexibilité et précarité : Jean-François Copé persiste et signe !

Alors que la négociation sur la sécurisation de l'emploi commence demain au siège du Medef, Jean-François Copé indique dans son dernier opuscule, sa vision du monde du travail et du traitement du chômage. Elle ressemble à s'y méprendre aux propositions de campagne de Nicolas Sarkozy qui étaient inspirées ... des demandes du Medef !


Nombreux sont les politiques à réfuter le « contre le chômage on a tout essayé » de François Mitterrand. Force est pourtant de constater que face à des organisations patronales qui se sont de plus en plus radicalisées et dont les adhérents n'ont plus qu'une lointaine ressemblance avec le capitalisme familial qui prévalait il y a quarante ou cinquante ans, il est de plus en plus difficile d'imposer quoi que soit en termes d'emploi.

C'est pourtant ce que tente le gouvernement en poussant les partenaires sociaux à travailler ensemble pour essayer d'aboutir, si ce n'est à un compromis, du moins à un accord sur : d'avantage de souplesse aux entreprises en échange de plus de sécurité pour les salariés

C'est au même moment que Jean-François Copé, le candidat à la présidence de l'UMP, publie son dernier opuscule : « Manifeste pour une droite décomplexée » dont le volet emploi est décalqué sur les demandes du Medef que Nicolas Sarkozy et l'UMP avaient intégrés dans leurs programme.

A savoir :

Instauration de la TVA sociale, pudiquement rebaptisée TVA antidélocalisation, qui ne devrait pas empêcher de dormir ceux qui souhaitent délocaliser leurs productions, mais permettrait un certain nombre de variantes, comme l'expliquait Laurence Parisot : « (...) l'entreprise pourra profiter des baisses de cotisations pour baisser son prix hors taxes, investir, augmenter les salaires... ou conserver sa marge. Pas question de négocier des engagements (...) Il faut laisser la liberté d'utiliser les marges de manoeuvre »

Traduction : Maintien des prix, pas d'augmentation des salaires et une meilleure rémunération pour les actionnaires. Vous noterez au passage qu'il n'est fait aucune référence à l'emploi. Donc la TVA antidélocalisation est un leurre en termes d'emploi ! 

L'instauration d'un contrat de travail unique : Cette mesure figurait au programme présidentiel de 2007 de Nicolas Sarkozy, mais n'a jamais été appliquée. En quoi consiste t-elle ? Eh bien, comme nous l'écrivions en novembre 2010 : « A partager le chômage entre tous ». En gros, l'idée serait de nous reproposer les fameux CPE et CNE. Mais en les réunissant, cette fois, en une même formule ! Et surtout de faire baisser considérablement ... le montant des indemnités dues en cas de licenciement

Traduction : Permettre aux patrons de licencier à leur guise, quasiment sans préavis ! Vous noterez au passage que le volet de sécurisation professionnelle à la mode danoise qui consiste à « recycler » dans les meilleures conditions, les salariés licenciés, à étonnement disparu. Il faudra par conséquent se contenter du séjour plus ou moins long à Pôle Emploi qui, comme tout le monde le sait, a les plus grandes difficultés à faire face à l'afflux de chômeurs.

Mais direz-vous, si licencier devient une simple formalité, le nombre de chômeurs devrait s'accroître, ce qui mettrait rapidement l'UNEDIC en difficulté !

Vous avez raison. C'est pourquoi, Jean-François Copé a décidé de recycler une autre proposition de l'ancien Président candidat : Il prône une formation obligatoire et ... une indemnisation moins longue.

Traduction : Obliger les chômeurs à accepter les emplois qui ne trouvent pas preneurs pour cause de très bas salaires et/ou de temps partiel imposé. En fait nous ressortir la loi n°2008-758 du 1er août 2008 et le décret n°2008-1056 du 13 octobre 2008, qui concerne la procédure de radiation de la liste des demandeurs d’emploi. Dans laquelle on peut lire : Tout demandeur d'emploi qui refuserait, sans motif légitime, et à deux reprises, une offre d'emploi raisonnable. Mesure qui n'a que peu été appliquée par Pôle Emploi dans la mesure où il aurait fallut être capable d'en proposer au moins une !

Formation obligatoire ? Si ce n'était pas aussi pathétique, ça pourrait amuser les salariés qui ont fait un passage par Pôle Emploi et qui ont essayé d'obtenir une formation qualifiante. Mais cette fois-ci, changement de ton, et retour de la belle légende des emplois non pourvus !

En fait, la formation pourrait se résumer aux quelques jours nécessaires pour devenir vendeuse à domicile en lingerie ou vendeur de portes et fenêtres et tout un tas de boulots payés au lance pierre ne durant en général que quelques semaines ou même jours, et qui sont la spécialité d'un certain nombre d'entreprises qui se lamentent de ne pas trouver de candidats.

Quant à savoir si celà permettra aux salariés de se loger ou se nourrir correctement, ça n'est, évidemment pas le problème de M. Copé !  

Et enfin, le (seul) slogan fédérateur de l'UMP : La fin des 35H00, qui est en général suivi de : « Nous ne travaillons pas assez ! » qui fait irrésistiblement penser au : « S'ils n'ont pas de pain, qu'ils mangent de la brioche ! » attribué à Marie-Antionette

C'est d'ailleurs le seul point sur lequel les quelques 5 millions d'inscrits à Pôle Emploi sont d'accord avec Jean-François Copé ! Mais comme nous l'avons déjà expliqué à plusieurs reprises, l'objectif n'est pas d'avoir plus de salariés travaillant 35H00. Mais bien de supprimer toute référence à l'horaire légal de travail pour le remplacer par un temps de travail négocié entreprises par entreprises, dans la limite maximale de 48H00 par semaine. Ce qui permettrait de faire travailler plus longtemps les salariés sans aucune heure supplémentaire. Et bien entendu de limiter les embauches au strict minimum !

Par chance pour les salariés, monsieur Copé et ses amis de l'UMP sont pour cinq ans dans l'opposition et réduits, lorsqu'ils auront terminé leurs primaires pour la présidence de l'UMP et pour la candidature à la présidentielle de 2017, à porter les revendications les plus extrêmes de certains milieux patronaux.

Ce qui, toutefois n'exonère pas le gouvernement et son actuelle majorité de suivre avec la plus grande attention le déroulement de la négociation sur la sécurisation de l'emploi, dans la mesure où le Medef y exigera la mise en place de la flexibilité. Gouvernement et actuelle majorité qui nous l'espérons a fait siens les propos de Michel Sapin, qui a déclaré , il y a peu, qu'il réfutait le terme de flexibilité qui était pour les salariés synonyme de « courber l'échine ».

Pour les salariés, le match ne fait que commencer ...


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27 septembre 2012

Compétitivité des usines françaises : De qui se moque le PDG de Renault ?

Le PDG de Renault lance un cri de détresse sur la compétitivité de ses usines françaises, oubliant au passage de préciser qu'il a déjà délocalisé 83% de la production actuelle et qu'une baisse des cotisations patronales ne servirait au mieux qu'à maintenir un minimum d'emplois.


Restera t-il, dans peu de temps, une usine de production automobile en France ?

C'est la question qu'on peut légitimement se poser en écoutant les très nombreuses lamentations des PDG sur le manque de compétitivité des usines françaises ou d'Europe de l'ouest. En fait, aucun ne parle du cycle de paupérisation, du aux cures d'austérité, imposées aux populations, qui ont détruit toute notion de pouvoir d'achat. Non, ils se plaignent que leurs clients, hormis les produits essentiels, reportent leurs achats les plus importants, notamment ceux d'achats d'automobiles neuves.

Que faire, lorsque les salaires sont trop bas et que l'angoisse du chômage réfrène toute velléité de consommation ?

Henri Ford qui n'était ni philanthrope, ni bolchévique, avait choisi de payer en moyenne deux fois mieux ses salariés que ses concurrents. Pour quelles raisons ? : attirer les ouvriers aux compétences les meilleures afin d’augmenter la productivité du travail et le fait que : « Un ouvrier bien payé est un excellent client ». Force est de constater qu'un siècle plus tard, les patrons de PSA et Renault nous expliquent que faute d'acheteurs, il est nécessaire de baisser le coût du travail et de flexibiliser le travail et les salaires de leurs ouvriers.

Ce qui ne résoudra rien puisque les clients sont aux abonnés absents. Mais écoutons les arguments du PDG de Renault. 

Carlos Ghosn souligne que le problème de Renault était moins lié aux surcapacités qu'à la compétitivité de ses usines françaises. « Aujourd'hui, le principal sujet de Renault, notre urgence même, c'est notre compétitivité en France (...) » Carlos Ghosn, disant attendre du gouvernement : « des choix et un plan d'action (...) Nous avons un problème de coût du travail et nous avons besoin de flexibiliser le travail, notamment dans l'industrie (...) »

Notons au passage que Carlos Ghosn n'a pas le moindre scrupule à concurrencer les productions de  ses usines françaises avec des DACIA made in Roumanie ou Maroc. Ou même de proposer sous le logo Renault les modèles haut de gamme Latitude et Koleos fabriqué en Corée. Pas plus qu'il n'a de scrupule à importer plus de véhicules au losange en France qu'il n'en exporte ! Allons, soyons sérieux deux minutes. Comment peux t-on comparer les coûts salariaux des ouvriers slovènes, turcs, marocains, roumains ou russes avec ceux des français ?

La compétitivité, un simple alibi ?

La réalité, c'est que monsieur Ghosn a fait des choix stratégique par lesquels la marque Renault est devenue, au fil du temps, un moyen de rebadger des productions DACIA (Brésil et Russie) et surtout ne doit pas gêner Nissan et sa filiale de luxe INFINITI si chers à son coeur. Et ce ne sont pas les véhicules électriques dont la diffusion devrait rester confidentielle, qui vont cacher le fait qu'à part la nouvelle Clio (dont seulement une partie sera fabriquée en France) et le serpent de mer Alpine, l'avenir industriel de Renault n'est plus en France. 

L'argument compétitivité n'est qu'un alibi. Car, en admettant que le gouvernement français diminue de façon considérable les cotisations patronales, rien n'empêchera les constructeurs automobiles de continuer de développer leur outil de production dans les pays aux coûts salariaux et aux normes sociales les plus bas.

En fait, à terme, les clients de la zone Europe, deviendront des consommateurs d'appoint puisque les constructeurs ont déjà les yeux tournés vers la future clientèle des pays émergents où ils ont des usines ou des joint-ventures qui fourniront un jour ou l'autre ... le marché européen.

Alors, faire croire qu'en transférant les cotisations des entreprises vers les consommateurs (TVA) ou les contribuables (CSG) suffirait à ne plus supprimer d'emplois et même à en créer n'est qu'une imposture et viendrait au mieux améliorer les marges au profit ... des actionnaires. 

La longue plainte de nos constructeurs automobiles n'est en fait qu'un rideau de fumée destiné aux français, qui pourraient prendre ombrage en tant que consommateurs de la programmation des fermeture d'usines de production dans l'hexagone. 

De façon plus prosaïque, l'avenir de l'automobile française est déjà en place. La Roumanie, le Maroc et probablement bientôt la Chine et l'Inde fourniront les véhicules low cost destinés aux salariés low cost. La République Tchèque, la Slovaquie ou la Hongrie fourniront les classes moyennes, et des accords passés avec des constructeurs germaniques permettront de proposer du haut de gamme. 

Ce qui fait qu'on oubliera le plus rapidement du monde le label France, inventé par le précédent gouvernement, que ni Renault ni PSA n'ont demandé, mais que, curieusement TOYOTA a obtenu haut la main. TOYOTA qui, outre ne pas pousser de longues plaintes, va exporter aux Etats Unis des Yaris fabriqués en France.

Suggérer à Carlos Ghosn d'aller leur demander conseil pour ses problèmes de compétitivité en France ne serait, décidément pas, une mauvaise chose ! 


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21 septembre 2012

Flexibilité des salariés : L'arme légale de destruction massive d'emploi du Medef ?

La première réunion des syndicats de salariés et des organisations patronale a lieu aujourd'hui au siège du Medef. Laurence Parisot n'a qu'un objectif : la flexibilité pour tous et quelques autres propositions qui devraient ... inquiéter des millions de salariés !


Aujourd'hui s'ouvraient, au siège du Medef, les négociations sur la réforme du marché du travail, qui va impacter la vie de millions de salariés français. Si cette première journée devait être assez consensuelle, puisqu'on y parlait des contrats de génération, les suivantes devraient être musclées puisque, comme l'a déclaré Laurence Parisot, le Medef ne cèdera pas sur « l'indispensable » ... flexibilité !

La flexibilité de tous les salariés, rêve, que dis je, ultime fantasme du patronat deviendra t-elle une réalité ? 

C'est bien ce que qu'espère une partie du patronat qui passe sont temps à nous expliquer qu'à condition qu'on puisse se débarrasser à moindre coût d'une partie du personnel, lorsqu'il le jugent nécessaire, on frôlerait quasiment le plein emploi !

Dans l'attente de ce « grand soir », les CDD (de plus en plus courts) sont devenus avec la rupture conventionnelle les deux principaux outils de flexibilité du patronat. Ce qui n'est pas encore assez aux yeux du Medef.

Néanmoins il existe encore des entreprises qui embauchent en CDI et qui étrangement sont traités de la même façon que les pourvoyeurs de CDD. D'où l'idée émise par Michel Sapin le ministre du travail d'augmenter les cotisations chômages sur les CDD et de les diminuer sur les CDI.

Bonne idée direz-vous. Que nenni, répond la patronne du Medef. Au lieu de celà il vaudrait mieux ... flexibiliser l'ensemble des salariés ! 

Laurence Parisot explique : « (...) si la France a davantage recours aux contrats courts que les autres pays européens, c’est parce que ce sont les seuls éléments de souplesse à la disposition des entreprises »

Quel est le rapport avec le fait que certains employeurs usent abusent des CDD alors que d'autres privilégient les CDI et qu'une baisse des cotisations chômage de ces derniers serait méritée ?

Aucun. mais attendez la suite  ...

Laurence Parsiot : « Un tel mécanisme de taxes pourrait s’envisager si nous progressons en termes de souplesse (...) il faut faire les choses dans l’ordre, c’est-à-dire offrir davantage de flexibilité aux entreprises avant de se pencher sur une éventuelle taxation des contrats courts (...) »

Envie de rire ? Ne vous gênez pas, mais pas trop longtemps car notre amie Laurence a encore d'autres idée géniales

« (...) le Medef réclame un cadre normatif nouveau concernant la durée du travail et le maintien des effectifs dans l’entreprise, un raccourcissement et une sécurisation des procédures collectives et, enfin, l’instauration d’un mécanisme permettant de plafonner les dommages et intérêts versés au salarié, notamment dans les TPE et les PME (...) »

En clair : Suppression de la durée légale du travail (et de facto, fin des heures supplémentaires), assouplissement des procédures de licenciement, mise à mort des obligations en cas de plans sociaux et enfin un plafonnement des sommes, le plus souvent légitimes, que les salariés peuvent obtenir au prud'hommes !

En gros, les salariés éviteraient juste de faire cadeau de leur salaire pour avoir le droit de venir tous les jours au boulot .... Mais s'ils insistent, le Medef n'est pas contre.

Et que propose le Medef en échange de tout ça ?

Laurence Parisot explique que celà s'accompagnerait : « (...) de nouvelles garanties pour les salariés, notamment en termes de portabilité des droits (...) » Et préconise qu'il faudrait : . « (...) également améliorer l’accompagnement des demandeurs d’emploi (...) »

Foutage de gueule ? Certainement, mais au Medef, ils doivent franchement rigoler à l'idée que les syndicats doivent discuter des ces accompagnements et préconisations !

En fait, la seule question qui vaille d'être posée, c'est : Qui va payer pour former ou réorienter des milliers de salariés licenciés au moment où l'objectif est le désendettement de l'état que le Medef réclame à cor et à cri ?

Réponse : ça n'est pas le problème du Medef, puisque la compétitivité passe obligatoirement par des dégraissages et des charrettes de licenciés. Mais il est certain qu'au cas où le Medef obtiendrait gain de cause, que le nombre d'inscrits à Pôle Emploi exploserait, et que ces nouveaux chômeurs découvriraient que la flexi-sécurité se résume à pointer tous les mois avec les plus anciens !  

En colère ? Vous pouvez, mais attendez, madame Parisot n'a pas finit

Laurence, décidemmment dans un grand jour, propose de : (...) donner davantage d’informations aux représentants du personnel dans l’entreprise » et conclue, en déclarant cette flexi-sécurité, sauce Medef : « permettrait d’atténuer deux grandes peurs réelles dans la société : celle du chômage et celle de l’embauche »

Cynisme ou humour ? A vous d'en décider.

Il n'en reste pas moins qu'à l'issue de cette négociation majeure, qui sera probablement la dernière de Laurence Parisot, dont le mandat à la tête du Medef prendra fin en 2013, deux solutions s'offriront aux salariés : Se battre contre une précarisation généralisée, ou passer de temps en temps admirer la statue en marbre, ou en or massif de Laurence Parisot, que le Medef lui aura consacré, et qui sera installée dans l'entrée de son siège social, histoire de se remémorer le temps d'avant la flexibilité !

Sources
Le Point
20Minutes
Direct Matin
L'Express

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14 septembre 2012

Prix du tabac : La moralisation par l'argent ?

Les cigarettes vont encore augmenter. Ce qui va ravir les associations anti tabac et remplir les caisses de l'état à un moment opportun. Problème les plus touchés seront tous les précaires. Simple moralisation par l'argent ? 




En augmentant le prix des cigarettes de 40 centimes au paquet, c'est à dire une hausse de 6% pour les moins chères et de 7% pour les plus chères, il faudra donc sortir de 6,10 à 6,60 € de son porte monnaie pour en acquérir.

Ce qui doit mettre en joie les associations anti fumeurs et un peu aussi Jérôme Cahuzac le ministre du budget. Bien entendu, le message est : " Le moyen le plus efficace pour réduire la consommation de tabac". Néanmoins nous explique Metro France : " (...) le tabac constitue l'une des sources de revenus pour les finances publiques, taxes et TVA avaient rapporté 13,8 milliards d'euros à l'Etat "


Soyons clair, il n'est pas question ici de faire l'apologie d'un produit que nous savons tous nocif, mais de poser une question : Quels sont les fumeurs qui vont être le plus touchés par cette nouvelle hausse ?

Roselyne Bachelot alors ministre de la Santé  s'inquiétait d'une hausse de la consommation et nous en donnait la raison : " (...) l'augmentation de la consommation chez les femmes, mais aussi " un effet crise "

Effet crise, c'est à dire ?

Et Roselyne Bachelot d'ajouter : " Pratiquement 50% des chômeurs sont fumeurs et à l'évidence la crise, l'augmentation du chômage, a eu un effet sur l'augmentation de la consommation du tabac " et pour finir, de déclarer : " Je me rapproche de Pôle Emploi pour qu'il y ait une action spécifique" menée auprès de ce public (...) "

Choquant ? Certainement ! car si on peut avec d'énormes efforts cesser de fumer, la volonté n'est pas suffisante pour les plus de 5 millions de français inscrits à Pôle Emploi pour trouver un travail décent. Après tout pourquoi les chômeurs n'essayeraient-ils pas la camomille ?

Mais pour en revenir à la prochaine augmentation, et notre question : Quels sont les fumeurs qui vont être le plus touchés par cette nouvelle hausse ?

Si nous excluons les mineurs et les jeunes, principale, cible, annoncée des gouvernements, ce seront les fumeurs pauvres et/ou précaires. Dans la mesure où ceux-ci sont en permanence sur le fil du rasoir, en ce qui concerne leur budget, ils se priveront d'autre chose pour continuer à fumer, tout en continuant à largement contribuer ... au renflouement des caisses de l'état.

Que ne sont-ils riches ou au moins aisés ! Car dans ce cas, ils pourraient rapporter quelques cartouches détaxées acquises lors de leurs déplacements professionnels ou touristiques. Ils pourraient même, avoir le bon goût de fumer avec élégance quelques cigares de qualité, sans s'interroger un instant sur le prix de cette élégance.

En fait, tout le monde se fout de savoir comment les moins fortunés d'entre nous s'arrangeront avec la nouvelle augmentation. Le tout étant que la lutte anti tabac est un marronnier de communication utilisé par tous les gouvernements en difficulté financière ! Et comme environ 70% de la population ne fume pas, la stigmatisation est d'autant plus facile ...

Maintenant, la moralisation par l'argent qui consiste à pénaliser exclusivement ceux qui en ont le moins est assez méprisable. Tout comme l'idée de pénaliser les consommateurs de produits trop gras, trop sucrés ou trop salés, dont les pauvres seraient les premiers acheteurs ! 

Nous sommes parfaitement conscient que notre coup de gueule équivaut à "pisser dans le désert" et qu'un certain nombre de bien pensants trouveront toujours à nous opposer le fait que le nombre de pauvres est très supérieur à celui des riches.  Et que c'est pour cela qu'il faut frapper ces premiers au porte monnaie pour leur faire passer leur sale manie.

D'autant ajouteront-ils que ce sont ceux qui boivent le plus de mauvais alcools, développent de lourdes pathologies et coûtent cher à notre sécurité sociale.

Décidément, les pauvres et les précaires pourraient faire un effort pour devenir riches ou alors adopter rapidement un mode de vie plus sain, que diable !


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Le Figaro

12 septembre 2012

Chômage : Fillon veut faire travailler plus .. ceux qui ont un emploi !

Pour François Fillon l'essentiel n'est pas de réduire le chômage, mais de faire travailler plus ... ceux qui ont un emploi. Curieuse idée au moment où plus de 5 millions de personnes pointent à Pôle Emploi !


Si la guerre des candidatures fait rage à l'UMP, il existe toujours un moyen de faire l'unité, c'est de dénoncer les 35H00 qui sont, comme tout le monde le sait, coupables : Du manque de compétitivité, du déclin économique de la France, un cauchemar pour les entreprises et peut être même responsables du réchauffement climatique, de la déroute du capitalisme mondial et pourquoi pas de la défaite de l'UMP aux dernières élections !

Qu'à donc déclaré l'ancien collaborateur de l'ex Président de la République à propos des 35H00 ?

En campagne pour la présidence de l'UMP à Pavillons sous Bois dans le 93 avec ses "spécialistes" Laurent Wauquiez, Valérie Pécresse et Eric Woerth dont deux se sont illustrés dans leur incapacité à réduire la montée du chômage et de la précarité, il a déclaré : " Le plus important aujourd'hui, c'est de sauver l'économie française (...) Pour cela, il faut travailler plus (...) Il n'y a aucune chance de s'en sortir en étant le pays au monde avec le temps de travail le plus faible"

Résumons : Après avoir défiscalisé les heures supplémentaires, ce qui a eu pour effet de diminuer l'embauche des entreprises, il faudrait, alors que plus de 5 millions de personnes snt inscrites à Pôle Emploi, faire travailler plus ceux qui ont un emploi !

Etonnant direz-vous. Et vous auriez raison !

Car l'idée de François Fillon est la suivante : " qu'on puisse négocier dans chaque entreprise la durée du temps de travail ". Sachant que la durée légale maximale du travail fixée par l'Europe est de 48H00 par semaine et qu'il n'existerait plus d'horaire légal national, les salariés en poste auraient toutes les chances de ne plus jamais toucher de majoration pour leurs heures supplémentaires. Quant à ceux qui sont à la recherche d'un emploi, il faudrait qu'il attendent une démission, un départ à la retraite où d'un décès, pour espérer trouver un poste de libre !

Oui mais, explique Fillon :  " la concurrence des pays asiatiques rend nécessaire un "changement radical d'attitude"

Ce qui devrait ravir les salariés français, puisque pour lutter contre les pays asiatiques, il serait nécessaire de travailler de 70 à 80 heures, sans aucun droit du travail, de revendication ou de grève et d'accepter d'être viré du jour au lendemain sans demander son reste. On n'ose imaginer ce que François Fillon compte nous proposer pour lutter contre les produits fabriqués par des prisonniers ou des enfants mineurs !

Nul doute que ces propositions doivent faire un tabac à l'UMP et que les Copé, NKM, Chatel, Novelli, Bertrand, dont le livre de chevet est le programme économique du MEDEF vont les revendiquer haut et fort.

Et dire que ces gens aspirent à diriger à nouveau la France dans 5 ans ....



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06 septembre 2012

La compétitivité est un leurre dangereux !

Selon les dirigeants d'entreprises et les économistes, les problèmes de la France se résument à un banal problème de compétitivité. Symbolisée par les accords compétitivité-emploi, elle n'est qu'une spirale infernale pour les salariés. 


Un des gourous américains du marketing disait, il y a quelques années : " Il faut arrêter de réfléchir en termes de marges mais plutôt en termes de prix que le consommateur est prêt à payer "

Ce qui s'est avéré vrai, puisque le grand public est prêt à payer des sommes disproportionnées pour le dernier smarphone à la mode et que les plus riches d'entre nous sont capables d'attendre des années pour se faire livrer une voiture d'exception.

Dans l'industrie électronique, on sait depuis longtemps faire travailler des sous traitants asiatiques, pratiquant de très bas salaires, tout en investissant dans la communication et la publicité. Tout comme l'industrie textile sportive, par exemple, où le moindre maillot se négocie à 75 €, et la dernière paire de basket à la mode 140 €

Dans le monde du luxe, on entende très peu de plaintes de la part des dirigeants de LVMH, d'Hermes, de Breitling, de Rolex, Ferrari, Rolls ou Aston Martin, au sujet de la compétitivité. 

Dans les deux cas, nous sommes devant des cas de marges juteuses pour des produits pour lesquels les consommateurs ne discute pas le prix puisque la passion fait place à la raison.

Et puis, il a les achats de raison, les plus nombreux, qui sont soumis à la plus féroce concurrence. Dans ce cas, le consommateur, pour des raisons bien souvent budgétaires va faire jouer la concurrence et s'orienter vers les prix les plus avantageux ou les plus bas.

Comment en ce cas, les industriels français peuvent-ils répondre à la demande de "raison" ?

Pour certains, en délocalisant la production dans des pays à bas coût de main d'oeuvre, et pour d'autres, en envisageant de faire participer leurs salariés à la baisse des prix de leurs produits.

Comment envisagent-ils le faire ?

Hé bien tout simplement au travers d'accords compétitivité-emploi et de flexibilité accrue. Ce qui signifie que les salariés accepteraient de baisser temporairement (ce qui reste à prouver) leurs salaires, ne plus avoir d'horaire légal de travail, ou éventuellement travailler gratuitement au delà des 35H00 légales.

Admettons cette "participation" des salariés à la compétitivité de leurs entreprises permette de baisser le prix des produits qu'ils fabriquent. Il est plus que probable que leurs concurrents étrangers, de peur de perdre des parts de marché, demanderont des efforts identiques à leurs salariés, ou chercheront tout simplement un pays ... encore plus accueillant au niveau des salaires et conditions de travail.

L'entreprise française se verra donc obligée de demander un nouvel effort à ses salariés, ce qui déclenchera une réaction identique des ses concurrents étrangers ... Ce petit jeu pourrait continuer jusqu'au moment où les entreprises ne verseraient plus de salaire. Mais il aurait longtemps qu'il n'y aurait plus d'acheteur pour les produits.

Ce raisonnement qui peut paraître absurde est pourtant celui que l'on essaye de faire croire à l'ensemble des salariés. Salariés à qui on répète en boucle que ces mesures n'ont pour but que de préserver les emplois, alors que nul ne sait si les sacrifices qu'ils auront consentit donnera un avenir à leurs usines.

La réalité c'est que le libre échange a atteint ses limites. Lorsqu'on sait que la Chine, par transferts technologiques dispose aujourd'hui de tous les moyens intellectuels et techniques lui permettant de noyer le reste du monde de produits "achats de raison" et qu'il est le premier sous traitant des fabricants des "achats de passion" il est clair que mettre en place la spirale de baisse des salaires des ouvriers français n'a aucun sens !

En clair, Il serait nécessaire :

De revoir de fond en comble la nature des accords d'échanges entre pays adhérents à l'OMC
De se pencher sur les trous de la passoire européenne
D'exiger que pour exporter en Europe, les normes définies par l'Organisation Internationales du Travail soient clairement appliquées.

C'est pas demain la veille direz-vous ?

Et c'est bien dommage, car si ces exigences ne sont pas appliquées, ce sont les seuls salariés qui payeront la folie de la compétitivité.

Mais n'ayez crainte, cet appauvrissement progressif des salariés ne profitera pas uniquement aux éventuels consommateurs. Une partie de ce qu'ils auront cédé intégrera la poche des actionnaires qui, de toute façon, n'ont aucune envie de participer à la compétitivité des entreprises.

Quand on vous dit que la compétitivité est un leurre ! 

31 août 2012

Medef : Les entrepreneurs premiers discriminés de France ?

Durant les journées d'été du Medef, au milieu des habituelles revendications de flexibilité du personnel et du coût du travail a émergé un cri : Les patrons ne sont pas assez aimés. Ils en débattaient aujourd'hui. Ils ont essayé de nous prouver qu'ils étaient quasiment les premiers discriminés de France. 


Ceux qui croyaient que la discrimination touchait essentiellement les jeunes issus de l'immigration, les précaires, les chômeurs, les femmes, doivent revoir leur copie. En effet, les français les plus discriminés sont ... les patrons. Du moins, c'est ce qu'on affirmé une partie des invités à la Conférence-débat : « L’entrepreneur face aux dérives de l'exception française » de l'université d'été du Medef.

Victimes de la dette de l'état, des fonctionnaires, des impôts, du manque de souplesse dans la gestion des ressources humaines et d'obligations qu'ils qualifient d'un autre temps, les invités s'en sont donné à coeur joie.

Animée par Laurent Guez, directeur délégué de la rédaction, Enjeux Les Echos qui a frôlé l'orgasme en expliquant, en préambule, que : « entrepreneur » était ... le plus beau mot de la langue française, on y a évoqué, entre autre

La montée des préjugés anti-patrons
Les reliefs de la culture du conflit
Leurs conséquences aux prud’hommes
Thésauriser plutôt qu’investir : l’esprit bas de laine
     
Que dire de cette première liste ?

Tout simplement qu'au Medef on souhaiterait que les français et surtout les salariés acceptent de croire à un monde de Bisounours.

Un monde dans lequel, à son domicile, on remplacerait la photo des vieux parents par celle de son patron. A qui d'ailleurs on enverrai une petite carte pour son anniversaire et à qui on ne demanderait pas de payer d'heures supplémentaires de peur de lui faire de la peine.
Un monde où on remplacerait, dans les livres d'histoire, les héros morts pour la France par les patrons créateurs de richesse et de bonheur social
Un mode dans lequel on accepterait d'être uniquement payé lorsque la santé de l'entreprise est bonne
Un monde dans lequel les syndicats, autour d'un café ou d'une boisson plus corsée, viendraient récolter les éléments de langage destinés à faire passer un plan social
Un monde dans lequel aucun salarié ne se considérerait licencié abusivement
Un monde dans lequel les français refuseraient la sécurité du livret A au profit d'actions d'entreprises sans aucune garantie de spéculation ou de malversation

D'ailleurs, le Medef, dans sa grande sagesse, a des solutions pour nous entrainer dans ce merveilleux monde. Quelles sont-elles ?

En ce qui concerne les salariés, on retiendra : Le tutorat, le dialogue social et la rupture conventionnelle

Comme nous ne sommes pas encore dans un mode de Bisounours, nous rapellerons, pour mémoire, le résultat de ces solutions tant appréciées par le Medef

En janvier 2011, on pouvait lire sur le site du Figaro l'article suivant : Seniors : un abus de ruptures conventionnelles. Extraits

« (...) Ces « séparations à l'amiable » pourraient servir de préretraites déguisées financées par l'Unedic. L'étau se resserre sur les ruptures conventionnelles, ces «séparations à l'amiable» (...) connaissent un grand succès(...) et représentent désormais 11% des motifs de rupture de CDI (...) D'après le patron de Pôle emploi, un demandeur d'emploi sur cinq entrant à Pôle emploi suite à une rupture conventionnelle a plus de 50 ans. Cela représente le double de leurs autres motifs d'inscription. Or, les quinquas au chômage peuvent prétendre à une indemnisation pendant trois ans s'ils ont cotisé 36 mois. Et s'ils ont plus de 58 ans, «ils peuvent donc être indemnisés jusqu'à leur âge de départ à la retraite», admet le ministère du Travail (...) De là à dire que les employeurs se servent des ruptures conventionnelles pour se séparer «à bon compte et aux frais de l'assurance-chômage» de leurs seniors, il n'y a qu'un pas que l'OCDE a franchi en avril dernier (...) »

Donc vous en conviendrez, autant de possibles tuteurs en moins, ce dont le patronat ne s'est pas franchement vanté ! Ce qui n'empêche pas le même patronat de faire la fine bouche sur les contrats de génération, promis par François Hollande, et qui correspondent à un vrai tutorat !

Le dialogue social ou plutôt le ... monologue social

Laurence Parisot l'a démontré ces dernières années, et réitéré lors des dernières semaines : Si les entreprises n'obtiennent pas de négociation sur la flexibilité accrue de l'ensemble des salariés, il n'y aura rien à discuter. La position de Laurence Parisot est simple : elle attend de voir le document d'orientation avant de confirmer sa présence à la table des négociations, sachant que la flexibilité est LE sujet sur lequel elle ne cédera pas, sous peine d'accélérer les plans sociaux, comme nous vous l'expliquions hier.

Il est assez peu probable que les salariés accueillent favorablement des mesures basées sur la flexibilité et la souplesse de licenciement, sachant que ceux-ci déploraient, dans une enquête de l'OVAT de 2011, le manque de reconnaissance de leur hiérarchie à leur égard.

Reconnaissance qui devrait se limiter, si le Medef obtenait satisfaction, à apprendre à se contenter du monde de Bisounours décrit plus haut. Ce qui va être difficile à vendre à des salariés qui ont passé l'âge des contes de fée.

Une preuve, s'il en fallait,dirait notre amie Laurence, de : La montée des préjugés anti-patrons !


30 août 2012

Flexibilité et liberté de licencier : Nouvelle devise du Medef ?

Au Medef, on est pour la liberté de se séparer des salariés et de flexibiliser ceux qui restent. Mais ne vous inquiétez pas puisqu'il paraît que c'est pour éviter d'en mettre toujours plus au chômage.

Globalement si l'on en croît la majorité des média, à l'exception habituelle du Figaro, les dirigeants du Medef ont apprécié la visite de Jean-Marc Ayrault à leurs journées d'été. Néanmoins, ils continuent de réclamer plus de liberté pour flexibiliser le temps de travail ou licencier.

Première à dégainer, Laurence Parisot, nous promet, au cas où le gouvernement ne mettrait pas en place un transfert d'une partie des cotisations sociales des entreprises vers le contribuable et une flexibilité accrue pour tous les salariés que le chômage pourrait augmenter de 20% ! 

On pourrait appeler ça du chantage. En fait s'en est, mais chutt ...

En ce qui concerne les adhérents au Medef, leurs demandes sont assez similaires. On peut trouver une sélection dans un article publié par l'Expansion, dont le témoignage ci-dessous qui est assez symbolique de l'état d'esprit actuel d'un certain patronat

« (...) nous avons un rôle social majeur. Nous travaillons à une génération, ma boite familiale existe depuis trois générations et je travaille à la transmettre à la 4ème. On a besoin de souplesse : la dernière avancée c'est la rupture conventionnelle. On doit pouvoir embaucher et débaucher. Bref qu'on nous laisse notre pognon, qu'on nous donne de la souplesse et qu'on nous laisse faire ! (...) »

Souplesse et laisser faire ? Ben voyons !

Lorsqu'on sait que les ruptures conventionnelles sont tellement à la mode que même Laurent Wauquiez avait commencé à s'en inquiéter et que le : Embaucher et débaucher se traduit dans la majorité des cas par le seul ... débaucher, on est affolé à l'idée de laisser faire !

On peut aussi mesurer la fossé qui est en train de se creuser entre les salariés et certains employeurs. En effet, le salarié varialble unique d'ajustement est en train de devenir un tube patronal !

Et qu'arriverait-il, au cas où un gouvernement cédait à ce genre de revendications des employeurs ?

Hé bien, de 35H00, il serait possible par période de les faire travailler jusqu'à 48H00 les bons mois, et 20H00 ou moins lorsque l'activité ralentit. Au salarié de gérer sa trésorerie comme une entreprise et de se débattre avec sa banque dans les mois creux ! Bien entendu, au cas où l'activité stagnerait, il serait possible de se séparer à moindre coût d'une partie du personnel qui viendrait grossir le nombre des inscrits à Pôle Emploi.

Le Medef aurait tôt fait de hurler à la mort sur le sort de l'UNEDIC et on diminuerait la durée ou le montant de l'indemnisation. Dans le même temps, on obligerait les chômeurs à prendre n'importe quel job à trois euros six centimes, du genre ... mini job allemands. 

Pas engageant direz-vous ?

Certes. Cependant, Laurence Parisot, inventeuse de :  « La vie, la santé, l'amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? » a préféré, au lieu de se lamenter sur le sort des « variables d'ajustement » nous gratifier d'une nouvelle citation : « L'entrepreneur est comme l'albatros de Baudelaire : il se sent empêché, gauche, entravé par des réglementations aux contenus aporétiques »

A méditer ? Non, à oublier, vite ! 


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