13 novembre 2008

Congrès de Reims : Interview d'Henri Emmanuelli et déclaration de Gérard Filoche

Comme Slovar s'y était engagé, nous publions en intégralité deux textes qui nous ont été envoyés ce jour. Il s'agit d'une interview d'Henri Emmanuelli réalisée par Bernard Mazières et un texte déclaration de Gérard Filoche. Vous trouverez les deux en intégralité ci-dessous.

Nous vous rappelons que Slovar publie tous les textes et déclarations que les participants au congrès de Reims souhaiteraient lui envoyer. Nous rappelons également que Slovar les Nouvelles n'a voté pour aucune motion puisque ses animateurs et contributeurs sont tous indépendants des partis politiques.


Député socialiste des Landes, ancien ministre et ancien président de l'Assemblée nationale, Henri Emmanuelli est signataire de la motion la plus à gauche du prochain congrès du PS à Reims, celle du député européen Benoît Hamon, 41 ans, candidat à la succession de François Hollande à la tête du Parti socialiste. Pour Emmanuelli, Ségolène Royal ne peut prétendre à la direction du parti.

Une candidature de Ségolène Royal serait-elle bonne pour le PS ou serait-elle une candidature d'«affrontement», comme le disent certains ?

Henri Emmanuelli. Sa candidature est un problème de choix politique et de stratégie. Et je ne partage ni ses choix ni sa stratégie. Ils ne sont pas bons pour notre parti.

Mais concrètement que lui reprochez-vous ?

Sa stra-té-gie! Je ne l'ai quand même pas rêvé, lors de la présidentielle, elle a proposé à François Bayrou d'être Premier ministre. C'est le problème n°1, il est essentiel.

Ce n'est quand même pas François Bayrou qui va faire la pluie et le beau temps au congrès socialiste !

Justement, non! Je ne le veux pas. Ce n'est pas moi et 70% des socialistes qui font des appels du pied aux centristes.

Autrement dit, pour vous, une candidature alternative s'impose...

Evidemment ! Depuis le vote des militants, on assiste à quelque chose de stupéfiant. Tout le monde se met à penser dans ce pays que lorsque que l'on fait moins d'un tiers des voix, on est majoritaire ! Ce n'est pas le cas. La motion Collomb ou Mme Royal était, a fait seulement 29 % au sein du PS, on comprend bien dans ces conditions qu'il y aura d'autres candidatures.

Souhaitez-vous d'autres candidatures, en dehors de celle de Benoît Hamon que vous soutenez ?

Je soutiens celle de Benoît Hamon, s'il devait y en avoir d'autres, j'aviserai. Mais, pour le moment, il n' y en a pas d'autres.

Appelez-vous à un front «anti-Ségolène» ?

Mais ce n'est pas un front ! Chacun a le droit de défendre ses options politiques. Je ne comprends pas cet acharnement, qui devient d'ailleurs suspect, à présenter les 70% des militants qui n'ont pas voté Royal comme des «anti». Ce sont plutôt les minoritaires, c'est-à-dire les royalistes, à qui on pourrait faire ce reproche. Il y a une volonté de présenter ce congrès en termes d'affrontement de personnes que je désapprouve totalement. Je le répète avec force : 70% de ceux qui ont une stratégie commune ont le droit d'avoir un candidat commun. Cela me paraît la moindre des choses.

Seriez-vous prêt à soutenir la candidature de Martine Aubry?

Pour le moment, je ne connais qu'un candidat déclaré : Benoît Hamon.

Justement, ne trouvez-vous pas anormal qu'à deux jours de l'ouverture du Congrès de Reims, aucun autre leader ne se soit déclaré pour devenir le chef de l'opposition ?

Ne dramatisons pas ! Ce n'est pas la première fois. Rappelez-vous l'histoire du PS. A la veille du congrès d'Epinay (ndlr: congrès fondateur en 1971), François Mitterrand n'était pas candidat et il est devenu premier secrétaire trois jours après. On connaît la suite.

Mais aujourd'hui, personne ne s'impose. Le vote des militants, le 6 novembre, le démontre. Il y a une crise de leadership...

Est-ce que Nicolas Sarkozy était président de l'UMP quatre ans avant la présidentielle? Non. Depuis quand est-il devenu urgent d'avoir un candidat à la présidentielle? Qui l'a décrété? Personne.

A vous entendre, le PS serait donc en parfaite santé ? Genre «circulez, il n'y a rien à voir»...

Non, je ne dis pas cela. Il y a eu un rejet des personnes que l'on a sans doute trop vues. Il faut qu'elles cèdent la place, c'est le sens du vote des militants. Il faut un renouvellement. Quant à savoir si le PS est malade, c'est un peu surréaliste. Je vous rappelle que les socialistes, cette année, n'ont perdu aucune élection. Au contraire. Or on parle de lui comme s'il avait été un grand vaincu.

Reconnaissez qu'à deux jours de votre congrès, ce psychodrame autour des candidatures au siège de François Hollande fait désordre...

Il n'y a aucun psychodrame. Un congrès du PS, ce n'est pas la Star Ac ! Je le répète : 30% veulent une alliance avec le centre et 70% n'en veulent pas. Les choses sont claires. Il faut donc un candidat commun à ces 70%.

Redoutez-vous des dérapages au congrès de Reims ? Un peu comme à Rennes, il y a presque vingt ans, avec l'affrontement Jospin-Fabius...

C'est une situation pas facile. La solution pour sortir par le haut est de présenter un candidat commun issu des motions Delanoë-Aubry-Hamon pour contrer la candidature de Ségolène Royal.

Propos recueillis par Bernard Mazières



Il y a un vrai choix politique entre deux candidats légitimes au poste de Premier secrétaire du Parti socialiste - par Gérard Filoche

Benoit Hamon est candidat au poste de premier secrétaire, il l’avait clairement annoncé dés le premier jour du débat. Ségolène Royal est candidate au poste de première secrétaire. Après avoir soutenu la motion présentée par Gérard Collomb, elle est ressortie du "frigidaire". La motion Gérard Collomb a obtenu 29 % des voix, la motion Benoit Hamon a obtenu 19 % des voix.

Il n’y a pas de motion majoritaire, les deux candidatures sont légitimes et ce sont 100 % des militants qui vont voter pour départager les deux prétendants. Comment vont se partager les voix ?

Ça ne peut être qu’un choix très politique.

Nous avons encore tous dans la mémoire la souffrance de l’échec de mai 2007 face à Nicolas Sarkozy. Quel gâchis alors que la France s’est confirmée comme étant de gauche dans toutes les autres élections que la présidentielle de 2007. Les municipales de 2008 ont prouvé qu’on disposait de la majorité absolue au point de gagner 2 villes sur 3 a gauche et 61 % des départements - en plus de 20 régions sur 22 de mars 2004 et des 30 % aux européennes de juin 2004.

Pour gagner nationalement face à Nicolas Sarkozy, il faut pouvoir le désigner comme le responsable de la terrible politique anti sociale qu’il fait subir aux Français en faisant reculer les salaires, le droit aux soins pour tous, les retraites, le droit du travail, les services publics. Sarkozy a trouvé des centaines de milliards d’euros pour les banques pas pour nos écoles, ni nos hôpitaux, ni nos services publics, ni nos salaires. Il faut être capable de battre son slogan odieux sur lequel il a gagné en 2007 : “la (prétendue) liberté de travailler plus pour gagner plus (sic)”. Il faut désigner le monde de Sarkozy, celui du Fouquet’s, du CAC 40, des 500 familles les plus riches, des grands prédateurs financiers, comme étant le responsable de la crise du capitalisme.

Il faut reprendre “un monde d’avance” pour effacer la défaite de 2007 qui est derrière nous.

- Le candidat du changement est Benoît Hamon. C’est une candidature fraîche.
- C’est le candidat du renouveau du PS ancré à gauche, pas allié avec la droite baptisée “centre”.
- C’est le candidat qui n’a pas été “surpris” par la catastrophique crise du capitalisme mais qui a présenté une motion qui a polarisé le débat de tout le congrès ces dernières semaines.
- C’est le candidat qui respecte la vie et l’histoire du parti socialiste pour mieux le transformer, le rénover.
- C’est le candidat dont le programme d’action immédiat sur les questions sociales attirera les français recréant les chances qui n’ont pas été saisies à la présidentielle.

Gérard Filoche, mardi 11 novembre 2008

Les débats et articles sur le site de Démocratie & Socialisme
Le Forum général D&S

12 novembre 2008

Assemblée Nationale : L'équité et la bonne gestion expliquées aux Français

Vous connaissez forcément le credo d'une partie de la classe politique (bien aidée en cela par quelques experts) concernant l'équilibre des comptes sociaux. Les mots sont terribles pour ces français : qui ont abusé comme des profiteurs des retraites et des avantages sociaux en mettant en péril l'avenir des leurs enfants et petits enfants.

L'exemple même de ce credo est le livre de Bernard SPITZ, (expert "tout terrain" puisqu'il s'occupe actuellement des Etats Généraux de la Presse)

Extrait : "Dans les trente prochaines années, le nombre des plus de 60 ans va doubler. Celui des moins de 25 ans va diminuer. D’un côté plus de retraités, vivant plus longtemps, dépensant plus pour leur santé ; de l’autre une population active moins nombreuse. Les jeunes devront payer au prix fort: Plus de prélèvements pour moins de prestations, de formation, de services publics, d’emplois…

Le Papy Krach ne sera pas seulement économique mais aussi social et moral. Pourtant quand les jeunes protestent, c’est en se trompant de cible. Ils s’opposent aux réformes qui pourraient alléger leur fardeau ; et ils soutiennent les conservatismes qui vivent à leurs dépens
... / ... Le Papy Krach Bernard SPITZ

Hasard ou non, la Cours des Comptes affiche en ce moment en page d'accueil de son site Web un rapport : C.P.O. : La répartition des prélèvements obligatoires ... Nous vous donnons ci-dessous un extrait du communiqué de presse accompagnant ce rapport

« La répartition des prélèvements obligatoires entre générations et la question de l’équité intergénérationnelle » Le Conseil des prélèvements obligatoires, présidé par M. Philippe SÉGUIN, publie le 6 novembre 2008 ses travaux sur « La répartition des prélèvements obligatoires entre générations et la question de l’équité intergénérationnelle ». Ce rapport vient d’être remis au Président de la République, au Président de l’Assemblée Nationale et au Président du Sénat ... / ...

1. Le système de retraite français produit par nature des transferts entre générations sans que cela n’induise une situation manifestement inéquitable entre ces dernières. Il apparaît ainsi que les premières générations ont bénéficié d’un taux de rendement relativement élevé dû au fait qu’elles ont pu recevoir des prestations en ayant peu cotisé, profitant ainsi d’un « repas gratuit ». Pour les générations suivantes, le taux de rendement a progressivement diminué et continuera ainsi quelle que soit l’option d’ajustement retenue pour se stabiliser ensuite à un taux qui correspond au taux de croissance à long terme. Pour être préservé, le système de retraite français exige des mesures - éventuellement combinées - de modération des prestations, d’augmentation des cotisations, de recul de l’âge de la retraite et de développement d’un régime de capitalisation partielle ... / ...


3. L’analyse de la répartition des prélèvements obligatoires par génération montre que les plus de 65 ans contribuent relativement moins que les classes actives. En effet, les prélèvements obligatoires sur les revenus et la consommation produisent un transfert en faveur des plus de 65 ans tandis que les prélèvements obligatoires sur le patrimoine, certes plus réduits, augmentent quant à eux avec l’âge. Le présent rapport fait ainsi une analyse détaillée de la structure par âge de chacun de ces prélèvements tout en appréhendant l’impact sur celle-ci des modifications récentes (diminution du barème de l’impôt sur le revenu, etc.) ou potentielles (TVA sociales, etc.).


4. Les prélèvements obligatoires prennent en compte les transferts intrafamiliaux sans pour autant que ces derniers corrigent ni même n’aient vocation à corriger cette situation. Qu’il s’agisse de l’entraide, des donations, des successions, les réformes récentes ont conduit à des diminutions de la fiscalité, ce qui les a bien entendu favorisées. Toutefois, ces transferts intra-familiaux qui expriment une solidarité familiale, sont le plus souvent le fait des générations les plus âgées au profit des générations les plus jeunes. Ils ne représentent que 1% du patrimoine total et 15% des revenus des ménages et ne peuvent de ce fait prétendre corriger les transferts précédemment décrits.


La situation actuelle ne met pas en évidence le sacrifice des jeunes au profit des plus âgés mais devrait conduire les pouvoirs publics à prendre en compte le transfert entre générations comme une grille de lecture pertinente pour les choix de politique sociale et fiscale. Il convient en effet avant tout de mettre en place un véritable tableau de bord d’indicateurs permettant de suivre l’équité inter-générationnelle et de prévenir l’apparition d’inéquités particulièrement manifestes entre générations. L’équité intergénérationnelle doit ainsi être prise en compte dans les réformes budgétaires comme une grille d’analyse pertinente. Sans imposer une règle trop complexe et fragile pour un sujet comme celui-ci, l’instauration de plus de transparence dans le suivi et le débat budgétaire permettrait sans doute de répartir plus équitablement les prélèvements obligatoires entre générations ... / ... Source Cour des Comptes

Un très beau réquisitoire pour une gestion saine et équilibrée des fonds publics et de l'équité. Oui mais, ce réquisitoire a un peu tendance à s'effriter lorsqu'on apprend par le JDD relayé par le Canard Enchaîné l'existence d'un rapport qui avait vocation à orner un bureau ou finir ses jours dans un tiroir.

Le JDD s'est procuré le rapport de synthèse de 18 pages, rédigé par la Cour des comptes à la suite d'un audit effectué à l'Assemblée nationale. Dans ce rapport, les magistrats de la Cour des comptes qui ont analysé les dépenses du parlement ont déploré des coûts de fonctionnements élevés et croissants sur la période 2006-2007. Le rapport a également analysé les budgets de l'Assemblée nationale depuis 10 ans, et les chiffres sont sans appel

Les dépenses totales ont augmenté de 47% en 10 ans. C'est 30 points de plus que l'inflation.

Une multitude de comptes bancaires incompréhensible : L'Assemblée Nationale utiliserait une dizaine de comptes bancaires différents, gérés de manière totalement cloisonnée.


Les mauvais placements de la cagnotte ont fait perdre 1,8 million d'euros : L' « insuffisance de méthode » dans la politique des placements de la fameuse cagnotte évaluée à 302 millions en 2007 aurait occasionné « un manque à gagner de 1,8 million d'euros », depuis 2001.

Les chambres d'hôtel payées pour rien, faute d'annulation : La Cour des Comptes remarque que les chambres d'hôtels réservées pour les députés et jamais annulées lors des désistements, et donc automatiquement débitées, ont coûté cher à l'Assemblée.


6,5 millions dépensés en 2007 uniquement pour le matériel informatique : Pourtant, le service des fiches de paie de l'Assemblée ne dispose toujours pas de logiciel informatique qui fonctionne pour traiter les salaires, malgré l'achat d'un logiciel dédié aux paies en 2003, pour un montant de 4,3 millions d'euros.


Les frais de personnel les plus importants d'Europe : La part des frais de personnel représente 25% de l'ensemble du budget de l'Assemblée, contre 15% à la Chambres des Communes de Londres et 12% au Bundestag à Berlin.
213 000 euros bruts de salaire annuel pour les hauts fonctionnaires : Les 24 hauts fonctionnaires les mieux payés perçoivent 213 000 euros bruts de salaire annuel.

125 millions d'euros pour rénover deux immeubles : La rénovation du 101 rue de l'Université (où les députés ont leurs bureaux et certains, leurs logements) et du 32 rue Saint Dominique depuis 2004 devrait dépasser les 125 millions d'euros, soit le double de la somme prévue au départ.
Sources JDD et RMC

Philippe SEGUIN qui brandit régulièrement la transparence comme philosophie professionnelle a eu si l'on en croit le Canard Enchaîné bien du mal à calmer le Président de l'Assemblée Nationale et ses collègues et jure semble t-il qu'il n'est pas à l'origine de la fuite.

Nous avons vous l'imaginez immédiatement fait une recherche sur le site Web de la Cour des Comptes en composant la requête suivante : "audit assemblée nationale " Nous avons obtenu le résultat suivant : "389 résultats trouvés pour audit assemblée nationale dans la catégorie sélectionnée" en ayant fait défiler les résultats, nous n'avons pas trouvé trace de l'audit. Une nouvelle requête "Assemblée Nationale" donne des résultats mais sans aucun rapport avec l'audit découvert par le JDD. Ce rapport était donc, en toute transparence ... confidentiel.

En ce qui nous concerne, nous souhaitons féliciter la Cour des Comptes pour cette transparence et saluer le sommet d'équité intergénérationnelle envers nos élus. Car, en fin de compte, c'est beaucoup mieux qu'un "repas gratuit" qu'ils se sont accordés avec l'argent public.

Si certains de nos lecteurs se disent que Slovar aura bien l'occasion de nous parler de l'audit que la Cour des Comptes réaliserait au Sénat, nous sommes désolés de leur dire qu'il ne sera rien. En effet, le Sénat par l'intermédiaire de son Président Gérard LARCHER a fait savoir qu'il refuserait tout audit.

Non mais, ce ne sont quand même pas les citoyens qui vont expliquer à l'élite de la nation comment faire !!!


Le Web au service des élections prud'homales

Slovar vous a parlé il y a quelques jours de l'imminence des élections prud'homales (3 décembre 2008) et de leurs enjeux dans l'article "De l'importance des élections prud'homales en cas ... de crise économique"

Nous vous rappelions que : "Les conseils de prud’hommes, restent, à ce jour, une juridiction unique en Europe… Et que : "Le conseil de prud’hommes est la seule institution française qui accorde le droit de voter aux jeunes dès 16 ans. De plus, aucune condition de nationalité n’est exigée : seul compte le contrat de travail de droit français. Les salariés de nationalité étrangère peuvent donc voter"

Nous évoquions à cette occasion la mise en place d'un site d'information créé par le gouvernement Prud'hommes 2008.

Et bien, c'est maintenant au tour de la CGT de se faire une place sur le Net au sujet de ces élections. Elections qui, au delà de la représentation des salariés amenés à faire valoir leurs droits, vont définir la représentativité de chaque syndicat dans les négociations avec les autres partenaires sociaux et le gouvernement.

La CGT nous a communiquée l'information suivante :

La CGT inaugure un site internet consacré entièrement aux élections prud’homales. … ce site est en fait un blog assez dense intégrant de nombreuses rubriques :

* Légitimes défenses
* Histoires de prud'hommes
* Brèves de terrain
* Les mots totem
* Les chiffres parlent !
* Ils ont osé dire
* Comment voter ?
* Embarquement immédiat

Très axé vidéos, il propose des témoignages, des chiffres et des réflexions de terrain. Pour vous faire un avis ou une idée, vous pouvez visiter le blog en cliquant sur le lien La CGT prud'homales 2008

Sources et crédits
La CGT

11 novembre 2008

Parti Socialiste : De l'espoir à la désespérance ?

Les marchés boursiers sont repassés dans le rouge mardi, l'optimisme suscité par le plan de relance en Chine cédant la place aux craintes pour la santé de l'économie et des entreprises, en particulier du géant automobile américain General Motors au bord du dépôt de bilan.

Bon, on ne peut pas dire que les injections, qui tournent à la perfusion au système financier mondial arrangent les choses.

Pendant ce temps :

En Autriche on va licencier des milliers de salariés à la Poste et dans les télécommunications.
Aux Etats Unis, on a perdu 240 000 emplois
Volvo va supprimer 1000 emplois
Renault, (outre les suppresions de postes annoncées en France) envisage le licenciement de 1 000 ouvriers argentins
Mattel y va de 1 000 personnes
Motorola de 3 000
Sony Ericson de 2 000
NISSAN de 3 500
mais aussi
HP
FORD
LENOVO, ...

La liste est tellement impressionnante qu'elle ne tiendrait pas sur une page de blog. Dans le même temps, il faut rappeler que les députés de la majorité ont validé les offres d'emplois raisonnables

Petit rappel pour ceux qui l'avaient oublié au travers du site du Premier Ministre

Le projet de loi sur l’offre raisonnable d’emploi repose sur un engagement entre l’ANPE et le demandeur d’emploi afin de "ne pas basculer dans le chômage de longue durée". Il précise que "L’ANPE prendra des engagements pour mieux accompagner le demandeur d’emploi en contrepartie de quoi celui-ci s’engagera à accepter une offre d’emploi raisonnable." ... / ...

Des droits et des devoirs renforcés

Le projet de loi participe à la volonté du Gouvernement de réduire, d’ici à 2012, le taux de chômage à 5 % ... / ...

Le demandeur d’emploi, en contrepartie, s’engage à ne pas refuser plus de deux offres raisonnables d’emploi, définies dans son projet professionnel à partir de critères dont certains prennent en compte la durée du chômage :

- le salaire de l’emploi proposé doit représenter au moins 95% du salaire antérieur après trois mois de chômage, au moins 85% après 6 mois, au moins le montant de l’allocation perçue après un an. Il ne peut être inférieur au salaire normalement pratiqué dans la région et dans le domaine d’activité et ne peut contrevenir aux règles législatives et réglementaires relatives au salaire minimum ; après un an sans emploi, le chômeur sera obligé d’accepter tout emploi rémunéré "à hauteur du revenu de remplacement " versé par les Assedic, ou par l’Etat (Allocation spécifique de solidarité) s’il est en fin de droits.
- sur le plan géographique, après six mois de chômage, l’offre est valable si le lieu de travail est distant du domicile d’au plus 30 km ou une heure de transport en commun. L’existence de ces deux critères alternatifs est adaptée au lieu de domiciliation du demandeur d’emploi, à savoir s’il habite en zone rurale ou en zone urbaine.

Un décret précisera que le refus de deux offres raisonnables d’emploi entraîne une radiation de deux mois, prononcée par le nouvel organisme issu de la fusion ANPE- Assédic, qui donne lieu elle-même à la suspension provisoire de l’allocation perçue par le demandeur d’emploi. Le projet de loi est donc un dispositif organisé par paliers de 3, 6 et 12 mois prévoyant une radiation des listes d’un chômeur ayant refusé une ORE pour une des raisons suivantes :
- refus "sans motif légitime à deux reprises d’une offre raisonnable d’emploi ;
- refus "sans motif légitime de suivre une action de formation ou d’aide à la recherche d’emploi" ;
- refus "de répondre à une convocation ou de se soumettre à une visite médicale auprès des services médicaux destinée à vérifier son aptitude" ;
- refus d’une proposition de contrat d’apprentissage ou de contrat de professionnalisation ;
- refus d’une action d’insertion ou d’une offre de contrat aidé ;
- impossibilité de "justifier de l’accomplissement d’actes positifs et répétés" en vue de retrouver un emploi ;
- fausses déclarations établies.

La majorité et le gouvernement ont décidé de l'allongement de la durée de cotisation pour la retraite

La Commission de garantie des retraites a recommandé, le 29 octobre, l’allongement progressif, d’ici à 2012, de 40 à 41 années, de la durée de cotisation de l’ensemble des salariés.

Cet avis consultatif confirme les prévisions du Premier ministre qui avait déclaré, en juillet dernier, que "l’allongement de la durée de cotisation prévu en 2003 n’est pas une option, il aura lieu au terme de la procédure prévue par la loi". Il avait également précisé, fin septembre, que la Commission de garantie des retraites ferait état "en toute transparence de l’ensemble des données montrant que l’augmentation de l’espérance de vie justifie un tel allongement."

En ne pas oublier bien entendu le travail du dimanche : "Le ministre du Travail Xavier Bertrand a réaffirmé être favorable à l'assouplissement des règles du travail le dimanche, à condition que cela reste sur "la base du volontariat" et que "cela soit payé double" et la retraite à 70 ans qui bien qu'elle est essentiellement instituée pour permettre à quelques cadres ou dirigeants de pouvoir continuer à recevoir d'excellents émoluments pendant quelques années de plus (alors qu'on a également institué le cumul emploi retraite)

Certes l'opposition à l'Assemblée ou au Sénat pour les élus de gauche est difficile puisqu'elle est toujours minoritaire (même avec les quelques voix du MODEM ?) mais que peux t-on lire sur l'actualité de cette opposition vis à vis des rudes coups portés contre les français en générale et les salariés en particulier ces derniers jours ?

Revue de presse AP - AFP - REUTERS

Le député Patrick Bloche, patron depuis janvier 2000 de la fédération PS de Paris, la deuxième de France, a décidé de "passer la main" à Rémi Féraud, maire du Xe, qui sera son candidat pour lui succéder

Le député-maire de Lens Guy Delcourt, soutien de la motion de Bertrand Delanoë, a mis en garde lundi contre une "négociation à huis clos" pour désigner le successeur de François Hollande au poste de premier secrétaire du PS et demandé un "vrai vote démocratique" au congrès de Reims.

Le député des Landes Henri Emmanuelli a prôné lundi une alliance entre "les amis de Martine Aubry, de Bertrand Delanoë" et ceux de Benoît Hamon pour le congrès de Reims, car Ségolène Royal a "une stratégie minoritaire" au PS en prônant une alliance avec le MoDem.

Razzy Hammadi (gauche du PS) a appelé lundi Bertrand Delanoë et Martine Aubry à "un rassemblement" autour de Benoît Hamon pour le congrès PS de Reims incluant trois principes: "le renouvellement", "l'ancrage à gauche" et "le refus d'un accord de gouvernement avec le MoDem

Ségolène Royal, qui apparaît de plus en plus déterminée à diriger elle-même le Parti socialiste, fait du rassemblement de la gauche un préalable pour gagner la prochaine élection présidentielle de 2012.

Jean-Christophe Cambadélis. […] On avouera qu’entre ce que dit Manuel Valls et ce que propose Julien Dray, voire Vincent Peillon, il y a un gap que Ségolène Royal devrait clarifier pour faire une majorité.

Ségolène Royal rappelle que la stratégie du PS "a toujours consisté d'abord à rassembler la gauche, toute la gauche, autour d'un contrat de gouvernement", puis à s'adresser "seulement ensuite à toutes les forces susceptibles de se reconnaître dans le projet socialiste pour battre la droite"

Et encore, nous vous avons évité les échanges violents et parfois déplacés dans la blogosphère socialiste !!! En résumé pas un mot sur ce qui inquiète les français quant à leur avenir.

Et comment la droite gère t-elle cette actualité ?

La cote de confiance du président de la République progresse de 8 points dans le baromètre Ipsos-Le Point rendu public lundi, M. Sarkozy atteignant son meilleur score depuis janvier avec 49% d'opinions favorables. "c'est parmi les catégories populaires que M. Sarkozy remonte le plus". Ce qu'il met sur le compte du discours de Réthel, lorsque le chef de l'Etat a annoncé, le 28 octobre, dans les Ardennes, plusieurs mesures en faveur de l'emploi, notamment les contrats aidés, et sur ses critiques envers l'attitude de certains banquiers.

On serait tenté de dire aux socialistes qui vont s'affronter à Reims : 49 % de satisfaits, vous ne croyez pas que vous portez une partie de la responsabilité de cette remontée ?

Un sondage est paru le même jour sur le choix de leaders de gauche face à Nicolas Sarkozy

Interrogés sur la personnalité qu'ils souhaitent comme leader de la gauche face à Nicolas Sarkozy

Les français dans leur ensemble
Dominique Strauss-Kahn 27%
Bertrand Delanoë 21%
Ségolène ROYAL 17%
Olivier Besancenot 13%
Martine Aubry 9%
Benoît Hamon 6%.

Chez les militants socialistes
Ségolène Royal 26%
Dominique Strauss-Kahn et Bertrand Delanoë ex-aequo 21%.
Olivier Besancenot 12%
Martine Aubry 11%
Benoît Hamon 6%

Les sympathisants de gauche
Ségolène Royal 23%
Olivier Besancenot 20%
Bertrand Delanoë 19%
DSK 18%,
Martine Aubry 11%
M. Hamon 6%

Des résultats qui comme tous les sondages, méritent d'être relativisés. Néanmoins, les déclarations du NPA/LCR, sa présence sur le terrain dans tous les conflits sociaux, ses propositions d'interdiction des licenciements, de taxation des marchés financiers sonnent pour beaucoup de français comme le seul discours de gauche.

Est-ce crédible comme programme de gouvernement ?

Probablement que non mais en l'absence d'un Parti Socialiste uni et fédérateur à gauche, l'epoir même fou redonne confiance. La presse se faisait l'echo des intentions de Nicolas Sarkozy d'........ les socialistes avec la LCR comme ceux-ci l'avaient fait avec le FN. Sans un sursaut unitaire, il est probable qu'il n'aura même pas besoin de mettre sa menace à éxécution.

Lors du Congrès de Reims, les français observeront et décideront si le Parti Socialiste et ses alliés (clairement définis) sont aptes à l'alternance ou (s'ils persistent dans leurs divisions) qu'ils retrouvent le score d'un certain Gaston Deferre en 1969 qui obtenait 5,01% et ou d'un Michel Rocard qui affichait 3,61 %.

Au fait, cette année là, le candidat de la Ligue Communiste Alain Krivine obtenait 1,06 % et le PCF 21,27%. Etonnant non ? A méditer ... pour le futur.


10 novembre 2008

Salariés : De l'importance des élections prud'homales en cas ... de crise économique

On parle de plus en plus de plans sociaux mais beaucoup moins de licenciements individuels. Pourtant, ce sont ces derniers qui donnent le plus souvent lieu à des recours devant le tribunal des prud'hommes.

Justice gratuite, elle permet aux salariés de faire valoir leurs droits dans des domaines aussi différents que le non paiement de salaires, d'heures supplémentaires ou même de harcèlement moral ou sexuel. C'est aussi auprès de cette juridiction que sont portés les cas de discrimination au travail.

Pour vous parler des prud'hommes ?

Tout simplement parce que les élections des juges auront lieu le 3 décembre 2008.

Un site a été mis en ligne par le gouvernement. Ce site qui porte le nom de Prud'hommes 2008 permet aux salariés comme aux employeurs de comprendre comment fonctionne cette juridiction et la façon de voter et mêm d'être candidat (A noter une page témoignage bien faite).

Extraits :

Vous faites partie de la catégorie « salarié » si, au 28 décembre 2007, vous étiez titulaire d’un contrat de travail de droit privé, écrit ou non, en CDI ou en CDD ou en contrat de travail temporaire. Vous faites également partie de ce collège si vous étiez en contrat d’apprentissage ou si vous bénéficiez d’un contrat entrant dans le cadre des mesures pour l’emploi (contrat de professionnalisation, contrat emploi solidarité, contrat d’accès à l’emploi, contrat d’accompagnement dans l’emploi…) ... / ...

Voter est donc un acte essentiel pour défendre vos droits et vos intérêts. C’est aussi une façon de vous impliquer pleinement dans la vie sociale et économique et de faire perdurer une institution, vieille de plus de 200 ans… Une institution originale, unique en Europe qui, lorsqu’un désaccord intervient entre vous et votre employeur, prévoit avant tout jugement, la possibilité de résoudre votre litige en conciliation. ... / ... Licenciement, sanctions disciplinaires injustifiées, discrimination au travail, rupture d’une promesse d’embauche, conflit lié au salaire ... / ... Son fonctionnement, qui est fondé sur la parité. Autrement dit, votre litige est traité par un nombre égal de conseillers prud’hommes employeurs et salariés. Cette parité constitue un atout majeur : elle favorise le dialogue et permet la résolution des conflits au travers de décisions équilibrées et impartiales ... / ... Voter, c’est enfin assurer la pérennité des conseils de prud’hommes, qui restent, à ce jour, une juridiction unique en Europe…

Derrière cette élection on trouve la plupart du temps des candidats issus des principaux syndicats de salariés. J'en vois déja qui nous sortent le "syndicat caca" de Coluche !!!

Et oui, si la désyndicalisation est énorme dans la population salariée, néanmoins, combien dans le cadre d'un conflit avec leur employeur se dépêcheront de trouver un représentant syndical pour les aider à faire valoir leurs doits ?

Il existe 271 conseils de prud'hommes, soit un au moins par département, dans le ressort des tribunaux de grande instance. Chaque conseil est organisé en cinq sections : agriculture, industrie, commerce, activités diverses (libérales, artistiques, d'enseignement, etc) et encadrement. Les affaires sont dirigées vers la section correspondant à l'activité principale de l'entreprise. En pratique, chaque secteur étant très vaste, il est tout à fait possible qu'un électricien juge un comptable et inversement ... / ... Source Journal du Net

Plus de 170.000 affaires sont jugées chaque année en France par les conseils des prud’hommes. Employeurs et salariés sont ainsi concernés. Bien que l’idée d’une procédure fasse peur, un plaideur qui connaît ses droits se défendra mieux. Devant les prud’hommes chacun peut en effet se présenter seul pour défendre personnellement son dossier. Celui qui connaîtra les règles de fonctionnement de cette juridiction ainsi qu'un minimum des principes du droit du travail sera d’autant plus à l’aise pour mettre tous les atouts de son côté.

D'où très souvent pour lutter à armes égales contre l'employeur dont beacoup ont recours à un avocat, l'utilité des syndicats de salariés qui peuvent mettre à votre diposition l'aide nécessaire pour monter un dossier et même vous fournir un conseil (avocat ou syndicaliste) pour l'audience.

Nous ajouterons que : "Le conseil de prud’hommes est la seule institution française qui accorde le droit de voter aux jeunes dès 16 ans. De plus, aucune condition de nationalité n’est exigée : seul compte le contrat de travail de droit français. Les salariés de nationalité étrangère peuvent donc voter"

Dans les circonstances économiques actuelles, ça peut devenir indispensable. Pourtant, dans le même temps, une intéressante étude de l'IFOP "Les intentions de vote aux élections prud'homales" datée du 20 octobre a de quoi étonner.

Nous vous en donnons ci-dessous quelques extraits significatifs

L'intention de participer au scrutin (en %)

Ensemble Participation 31 Abstention 69

18-24 ans Participation 10 Abstention 90
25-34 ans Participation 22 Abstention 78
35-49 ans Participation 34 Abstention 66
50 ans et plus Participation 44 Abstention 56


Si les élections prud’homales avaient lieu demain, pour lequel des syndicats suivants y aurait-il le plus de chances que vous votiez ?

Base : Personnes déclarant être tout à fait sûres d’aller voter - Ensemble (%)
• CGT ... 31
• CFDT . 25
• FO ......18
• CFTC .. 8
• CGC .....7
• UNSA .5
• SUD ....4
• Autre ..2

Au moment de voter, dans la liste suivante, qu’est-ce qui comptera le plus dans votre choix ?
Base : Personnes déclarant être tout à fait sûres d’aller voter - Ensemble (%)

• Votre volonté d’élire des conseillers prud’homaux compétents 47
• La situation économique et sociale de la France en général 25
• La situation des salariés dans votre entreprise 17
• Votre attachement et votre soutien à un syndicat en particulier 11

Est ce à dire que les salariés considèrent qu'il sera toujours temps de pousser la porte d'un syndicat au moment crucial ? Sont-ils si confiants ou zappeurs ?

Il est plus que probable que les salariés se comportent en la matière comme avec des produits de consommation courante. On s'en préoccupera au moment voulu. Justement, pendant que ce comportement consumériste s'installe, du côté des organisations d'employeurs, on ne reste pas les bras croisés.

Il ne faudrait pourtant pas oublier que cette justice professionnelle a subit récemment les coups de boutoirs de notre ministre de la justice qui a anoncé la suppression de 63 conseils de prud'hommes. Gérard FILOCHE inspecteur du travail nous explique dans un texte écrit le 10 novembre 2007, quelles sont les intentions des organisations patronales vis à vis des prud'hommmes :

"Ils ont déjà repoussé l’élection des prud’hommes qui devait avoir lieu en décembre 2007 au moins de décembre 2008. Ils ont limité les moyens des conseillers prud’hommes salariés : leur temps de formation, leur crédit d’heures pour rédiger leurs décisions, leurs financements. Rachida dati propose de supprimer 87 des 271 tribunaux prud’hommes qui maillent le territoire. Ils veulent aussi supprimer l’élection nationale qui démontre une trop grande représentativité des organisations syndicales et une trop grande faiblesse des organisations patronales. Ils veulent diminuer tout le droit du licenciement, et le remplacer par des « séparations à l’amiable », transactionnelles. Ils veulent en conséquence que les juridictions ne soient plus que des chambres paritaires, non plus élues mais cooptées au niveau de chaque branche sur propositions des « partenaires sociaux ».

Pourquoi tant de hargne ?

Parce que même avec la remise en cause de la loi de modernisation sociale de janvier 2002, même avec la réduction des droits du licenciement, ils trouvent que c’est encore trop : ils veulent pouvoir mettre à la porte, sans motif, sans juge, sans recours. Ils veulent que ce qui est arrivé aux Moulinex (En avril 2006, la Cour d’appel de Caen avait confirmé le jugement des Prud’hommes pour 16 ex-salariés Moulinex. Le 11 septembre 2007, le Conseil des Prud’hommes a réitèré et donné raison à 597 autres ex-salariés), n’arrive plus. Ils veulent que les patrons voyous qui « fluidifient les relations sociales » soient libres de le faire impunément, sans risque de juges élus ... / ...

Vous ne trouvez pas que ça mérite réflexion avant de s'abstenir le 3 décembre prochain ? Surtout que les salariés parisiens pourront voter en ligne

A moins que vous ne trouviez que la dernière juridiction paritaire ne doive rejoindre les livres d'histoire ?

C'est à vous de voir ...


07 novembre 2008

C'est Vendredi et on parle de Slovar

Vendredi l'hebdo c'est aujourd'hui et l'article que Slovar a consacré à au congrès de Reims est publié en page 2.

Extrait de l'article publié sur Slovar les Nouvelles : Le militantisme est-il un problème de pouvoir d'achat ?

Ségolène ROYAL vient à quelques jours du congrès de Reims de lancer son pavé dans la marre : "... / ... Le PS a perdu 80.000 militants en un an et demi ; je trouve cela très douloureux. Et je trouve scandaleux qu'on aille demander 100, 120 ou 150 € à des gens qui doivent régulariser deux ans pour pouvoir voter. Pour que le parti soit fort, il faut le plus de militants possibles. Si demain, c'est mon équipe qui a la responsabilité de gérer le parti, je ne consulterai même pas : l'adhésion sera à 10 ou 20 €, pour tout le monde. Sauf pour les élus, qui cotiseront en fonction des indemnités qu'ils reçoivent ... / ...

Ramener la perte de crédibilité et d'adhérents du Parti Socialiste à un montant plafond me semble un raccourci assez simpliste. Qui peut croire qu'il suffit de faire des prix discounts comme chez LIDL ou ALDI pour attirer les candidats militants à la marche en avant du Parti et surtout les classes "populaires" ou "moyennes". Si l'objectif est de retrouver les précédents adhérents à 10 ou 20 €, on peut s'interroger sur l'opportunité de faire revenir des militants à l'engagement si peu durable ... Lire l'intégralité de l'article

Un petit rappel à tous ceux qui nous font l'amité de lire et de commenter les articles publiés par Slovar les Nouvelles : Ce n'est pas parce que ces gens ont un site Web gratuit qu'il ne faut pas acheter le journal "papier" qui lui est payant, sinon la sanction sera immédiate : Pas de fric plus de journal.

A vous de voir !!!

Vendredi L'hebdo
http://www.vendredi.info

Communiqué de Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez

Jean-Luc Mélenchon viens de nous faire parvenir le communiqué suivant :

Ca suffit comme ça !

Le résultat du vote au parti socialiste est connu. Les trois motions issues de la majorité sortante du Parti arrivent en tête. Elles obtiennent 80% des suffrages.

Et la motion de Ségolène Royal l'emporte avec sa proposition d alliance au centre. Ainsi, les orientations qui dominent la social-démocratie européenne l'ont emporté alors qu elles conduisent partout à l'échec.

Elles avalisent l'Europe du traité de Lisbonne, les alliances changeantes, l'abstention face à la droite, et refusent de mettre en cause le capitalisme. Ce résultat est sans ambiguïté. Le score respectable de la gauche du parti n y change rien malheureusement.

Pour nous, ça suffit comme ça !

Nous refusons de nous renier en participant à des complots et des combinaisons tactiques. Car quelles que soient les arrangements qui sortiront du Congrès de Reims, la future direction du PS appliquera l'orientation majoritaire en particulier quand viendront les prochaines élections européennes. Il faudrait alors accepter ce que nous refusons depuis toujours : le traité de Lisbonne et le Manifeste commun avec les partis sociaux démocrates qui gouvernent avec la droite dans leur pays.

Non ! Pour nous, ça suffit comme ça ! Nous prenons nos responsabilités.

Dans la crise du capitalisme, notre pays a besoin d une autre voix à gauche. Nous voulons lui être utiles. Nous voulons reprendre l initiative, formuler une alternative, faire reculer et battre Sarkozy.

Par fidélité à nos engagements, nous prenons donc notre indépendance d'action. Nous quittons le Parti socialiste. Nous allons porter publiquement notre conception du combat républicain et socialiste, sans concession face à la droite, au capitalisme et leur irresponsabilité destructrice contre la société humaine et l'écosystème.

Nous allons la proposer au suffrage universel. Ainsi que nous l'a montré en Allemagne Oskar Lafontaine avec Die Linke, nous décidons d'engager avec tous ceux qui partagent ces orientations la construction d'un nouveau parti de gauche et nous appelons à la constitution d un front de forces de gauche pour les élections européennes.

Nous savons qu'une énergie immense dans notre peuple est disponible pour le changement. Il faut aller de l avant.

Jean-Luc Mélenchon, sénateur de l'Essonne
Marc Dolez, député du Nord

Pour aller de l'avant, un site sera ouvert en fin de journée (vers 17H00) à l'adresse http://www.casuffitcommeca.fr

Motions : Premiers résultats du vote des militants socialistes

Lu sur le site du quotidien Libération

En Gironde, c’est la motion de Bertrand Delanoë, avec 33,41%, qui arrive en tête, suivie de celle de Royal (27%). Lors de la primaire pour la présidentielle, la présidente de Poitou-Charentes avait recueilli 60% de voix dans le département. Suivent les motion de Benoît Hamon et Martine Aubry.

Dans le Nord, sans surprise, Martine Aubry arrive largement en tête dans son fief, avec 58%. En deuxième position, c'est la motion A de Delanoë, avec 16,22% des voix, suivie de celle de Hamon (13,68%). La motion de Royal fait 10,39%.

Du côté de Lyon, sur l'ensemble du Rhône, la motion de Gérard Collomb, soutenue par Royal, obtient 41,6% des suffrages, contre 22,9% pour Bertrand Delanoë. Benoit Hamon suit à 18,96%, devant Aubry.

Dans les Bouches-du-Rhône, Royal explose la concurrence, avec 73,2% des voix. Reste des miettes pour les autres: environ 9% pour Bertrand Delanoë, 9% également pour Martine Aubry, et 6,6% pour Benoit Hamon.

Dans la région Centre, le tiercé de tête donne Aubry (29%), Royal (27%) et Delanoë (23%). Hamon est à 17%.

Dans l’Est : En Moselle, Royal est en tête, dans le Bas-Rhin, c’est Delanoë et dans le Haut-Rhin, Aubry obtient une majorité de suffrage.

En Haute-Garonne, Royal n’arrive qu’en quatrième position, avec 21% quand même. C’est Delanoë qui l’emporte ici, avec 29,7%, suivi d’Aubry et Hamon.

Motion Royal vainqueur du vote militant

La motion de Ségolène Royal est arrivée en tête du vote des militants PS pour le congrès de Reims, avec 29,12% des voix. A noter les quelques 19% de la motion Hamon qui risque de jouer les arbitres pour l'élection du premier secrétaire.



Sources crédit et copyright
Libération

06 novembre 2008

Formation individuelle des salariés : Chronique d'une mort annoncée ... par le MEDEF ?

La commission des Finances, de l’économie générale et du plan de l’Assemblée nationale a confié, le 11 septembre 2007, à la Cour des comptes le soin de réaliser une enquête sur le droit individuel à la formation (DIF)

Le DIf c'est quoi ?

C'est le cumul annuel d'heures de formation, dont bénéficie chaque salarié titulaire d'un contrat de travail à durée indéterminée (CDI) et ayant un an d'ancienneté dans l'entreprise. Le droit individuel à la formation (DIF) permet au salarié de suivre une action de formation, en dehors de son temps de travail, tout en étant indemnisé. Le salarié peut, de sa propre initiative, suivre une formation professionnelle.

Ce nouveau droit ne constitue cependant pas un remède aux inégalités devant la formation professionnelle qu’il aurait l’ambition de corriger. La durée cumulée des droits acquis au titre du DIF, même au bout de six années, est bien trop courte pour offrir aux salariés des formations réellement qualifiantes. De surcroît, ce sont souvent les salariés les mieux formés qui bénéficient en priorité des actions de formation professionnelle au titre du DIF ... / ... Par ailleurs : Comme le note la Cour, assez peu de salariés en ont fait usage. D’après les dernières statistiques, qui datent de presque un an, moins de 4 % des salariés sont concernés, dans à peu près 14 % des entreprises. Même si nous pouvons estimer que le taux est, depuis, monté à 6 % cela reste très faible - Source Assemblée Nationale

Et pourtant, on nous l'a chanté sur tous les tons le DIF. Notre Jean-Pierre Raffarin national s'en gargarisait matin et soir. Alors, une mystification de plus ?

Retour sur la de la "merveille" de Jean-Pierre expliquée à l'époque par Le Réseau d'Alerte sur les Inégalités :

... /... L’accord mis en œuvre dans le cadre de la loi « Fillon » de novembre 2003 a été signé par toutes les organisations syndicales. La « grande avancée » de l’accord est la reconnaissance d’un Droit individuel à la formation (DIF), que tout salarié peut faire valoir auprès de son entreprise.

Mais ce droit n’est que de vingt heures de formation par an, ce qui suppose qu’il s’agira d’actions courtes de développement de compétences, strictement adaptées aux objectifs et aux besoins de l’employeur et du patronat local, et absolument pas de formation réalisée dans la perspective d’une promotion sociale.

Dans la mesure où une bonne partie de la formation devra s’effectuer en dehors du temps de travail, il y a là une manière de revenir sur les 35 heures. De plus, la rémunération de ce temps ne sera pas du salaire mais une indemnité inférieure au salaire qui ne fera pas l’objet de cotisations sociales ... / ...

Enfin, un « passeport formation » sera attribué à chaque salarié, où figureront les descriptions de chacun des emplois qu’il a occupé au cours de sa carrière, des formations suivies, des « compétences mises en œuvre dans le cadre de ces emplois », des décisions de formation prises à l’issue des entretiens individuels… bref, un parfait outil de contrôle et d’évaluation des personnes, en particulier à l’embauche - Source CAIRN

Un passeport formation ? ça vous la coupe !!!

Description : Il s’agit d’un document personnel, établi à votre initiative et qui reste votre propriété. Ce document permet d’identifier et de faire certifier vos connaissances, compétences et aptitudes professionnelles, acquises dans le cadre de la formation initiale ou continue ou lors d’expériences professionnelles.

Que contient-il ?

Le passeport formation inclut notamment :

les diplômes et les titres obtenus au cours de la formation initiale ;
les expériences professionnelles acquises lors des périodes de stage ou de formation en entreprise ;
les certifications à finalité professionnelle (diplômes, titres ou certificats de qualification) obtenues dans le cadre de la formation continue ou de la validation des acquis de l’expérience (VAE) ;
la nature et la durée des actions de formation suivies au titre de la formation professionnelle continue (y compris en cas de chômage) ;
le ou les emplois tenus dans une même entreprise sous contrat de travail, ainsi que les connaissances, compétences et aptitudes professionnelles mises en œuvre à cette occasion ;
les activités tutorales ;
dans une annexe et avec votre accord, les décisions en matière de formation qui seraient prises lors d’entretiens professionnels et de bilans de compétences dont vous avez bénéficié.

Comme la quasi totalité n'ont jamais entendu parler dudit passeport et à fortiori ne l'ont jamais vu, vous pouvez en télécharger un en cliquant sur http://www.passeportformation.eu/

ça vous rappelle pas le Carnet de Santé JUPPE qui après avoir coûté une fortune à imprimer est resté dans le tiroir des français ?

Seulement, cette fois-ci le MEDEF entend bien profiter des turbulences de la crise économico financière et surtout de la baisse d'influence de ssyndicats pour imposer ed nouvelles règles. Le site Web pourseformer donne de sa vision des vrais enjeux et frictions en cours et à venir entre partenaires sociaux. C'est à lire sur le site pourseformer

DIF-CDD, formations hors temps de travail, portabilité, rôle élargi des Fongecif... Bien qu’officiellement qualifiée de « constructif », le deuxième round des négociations sur la formation professionnelle laisse apparaître d’importantes divergences de vue entre le patronat et les partenaires sociaux.

Pression sur la formation hors temps de travail. Si le plan de formation devrait rester de la responsabilité de l’employeur concernant les actions liés à l’adaptation au poste, la proposition du Medef débattue lors de cette seconde séance ouvre de nouveau le débat de la formation hors temps de travail pour les formations liées à l’évolution des emplois et au développement des compétences, actuellement dévolues en partie à l’entreprise, via le DIF. Une incitation qui a fait bondir en cœur les syndicats. « Il ne faudrait pas que la règle privilégie certaines catégories de salariés plus que d’autres. Pour les familles monoparentales par exemple, se former hors temps de travail est extrêmement difficile », a plaidé Olivier Gourlé, chef de file des négociations pour la CFTC. ... / ...

Supprimer le DIF-CDD ?

En toile de fond, l’idée du MEDEF est de transférer aux Fongecif, les formations liées à l’évolution des compétences, en utilisant le dispositif du CIF, notamment pour les salariés en CDD.

Nota : Le CIF définition INSEE : Le congé individuel de formation (CIF) a pour objet de permettre à tout salarié, au cours de sa vie professionnelle, de suivre, à son initiative et à titre individuel, des actions de formation, tout en bénéficiant d'une prise en charge totale ou partielle de sa rémunération et des coûts de formation. Les formations suivies dans ce cadre sont indépendantes de sa participation aux stages compris dans le plan de formation de l'entreprise dans laquelle il exerce son activité.

Les syndicats craignent surtout que les entreprises se défaussent de leurs responsabilités de formation, le MEDEF proposant dans la foulée « d’optimiser le nombre de CIF, en réduisant la durée des formations ». Et évoquant là aussi le recours possible à la formation hors temps de travail, en redéfinissant les règles de prise en charge des Fongecif. « Le CIF est un droit rattaché à la personne, pas à l’employeur. Il ne faudrait pas que ce dispositif serve les besoins de l’entreprise, comme cela se fait parfois », a jugé Olivier Gourlé de la CFTC. Ces divergences de vue seront sans nul doute source de tensions dans les négociations.

... / ... Reste une question-phare : quels financements accompagneraient ces propositions, tant pour les Fongecif que pour les Les organismes paritaires collecteurs agrées (Opca) ?
Ce point, qui promet d’être houleux, sera débattu le 21 novembre entre les partenaires sociaux. ... / ... Source pourseformer

Et pourtant, qui proposait et déclarait en le 3 septembre 2007 à Marseille :

La création d’un compte d’épargne formation doté d’un capital initial de 20 ans et renouvelable au fil de la carrière du salarié. A quoi s’ajouteraient deux autres nouveaux droits : le droit à la première expérience professionnelle et le droit à une deuxième chance, sur le modèle des écoles éponymes. « que soit reconnu à chacun un droit à l’éducation et à la formation », et « que chacun reçoive un compte épargne formation c’est-à-dire un capital initial de formation par exemple de 20 années ». Lequel s’épuiserait au fil des années d’études et se reconstituerait au fur et à mesure que les années d’activité professionnelle apporteront de nouveaux droits. Par rapport à l’actuel droit individuel à la formation, ces nouveaux droits seraient « librement transférables » et applicables à tous les types de formation, qu’elles soient intellectuelles ou professionnelles, sous forme scolaire, de stages ou en alternance .... / ... Nicolas SARKOZY - Source Droit individuel formation

Et qui déclarait le 3 juillet 2007 ?

Formation professionnelle : la "refondation" ne peut plus attendre

"Quant à la restructuration de notre système de formation professionnelle, elle est absolument nécessaire. 24 milliards d’euros sont consacrés à la formation, 60 % des salariés n’y accèdent jamais. Je le dis clairement aux partenaires sociaux : nous ne pouvons plus attendre. J’entends qu’ils s’engagent dans une véritable refondation de la formation professionnelle. C’est un chantier pour 2008, et le Gouvernement, en concertation avec les régions, y sera particulièrement attentif." ... / .. .François FILLON (Tableau de bord UMP de suivi des engagements )

Transmis aux auteurs et à la présidence du MEDEF qui, après avoir imprimé ce texte en plusieurs exemplaires, pourra organiser un concours de cocottes en papier avant de se ruer au micros des radios et télévision et demander avec force que : Les salariés français puissent être formés tout au long de leur vie, afin d'améliorer ... leur flexibilité !!!

Etonnant non ?

Etats Unis : Constitution de l'équipe OBAMA et crise financière mondiale

Barack Obama a procédé à ses premières nominations afin d'assurer la transition avec l'administration Bush. Cette administration prendra ses fonctions au mois de janvier 2009.

Rahm Emanuel s'est vu proposer le poste de chief of staff, (directeur de cabinet, de la Maison Blanche). L'équipe de transition est composée en parti d'anciens de l'administration Clinton. On parle d'Howard Dean, le patron du Parti démocrate, pour le poste de Secrétaire à la Santé.

Dans le même temps, on igore s'il sera présent au G20 voulu par Nicolas Sarkozy

Les Européens se mettent mardi en ordre de bataille en vue du sommet mondial à venir sur la réforme du système financier international, en définissant leurs grandes priorités face à des Etats-Unis fragilisés par la crise bancaire et le départ en vue de George W. Bush.

Les Européens plaident avec force pour une réforme réelle et complète du système financier mondial, une sorte de nouveau Bretton Woods du nom des accords qui gouvernent depuis 1944 la finance internationale. Ils souhaitent rapidement une forme d'instance de supervision mondiale des marchés.

L'Europe entend profiter de la crise financière pour imposer ses vues aux Etats-Unis, placés en position d'accusés dans la mesure où la tourmente a pris naissance chez eux.

Une victoire lors de l'élection présidentielle de mardi du démocrate Barack Obama, plus ouvert à une régulation renforcée des marchés financiers que le républicain George W. Bush, pourrait les aider.

Mais la tâche ne sera pas aisée pour convaincre les Américains. Lundi, la Maison Blanche s'est montrée très prudente sur les chances de voir le prochain sommet du G20 sur la crise financière aboutir à des mesures concrètes, malgré la pression en ce sens exercée par le président français Nicolas Sarkozy ... / ... Source AFP/Google

Crédit montage
Le Sniper

05 novembre 2008

Seniors au travail : La cosmétique pour stratégie

Chez Slovar nous abordons régulièrement le sujet de l'emploi des plus de 50 ans. Et bien il va falloir que nous revoyons nos chiffres puisque c'est nouveau, 'il faut maintenant classer les plus de 45 ans dans cette catégorie !!!

Mais avant tout, penchons nous sur le nouveau "machin" mis en place par les pouvoirs publics pour permettre selon les termes en vogue depuis quelques jours pouvoir travailler jusqu'à 70 ans.

Tout le monde a pu se rendre compte que l'auto régulation des marchés était une catastrophe. Cela n'a pas empêché le MEDEF de présenter il y a peu son nouveau "code de gouvernance" afin que le législateur n'intervienne pas. Madame Parisot déclarait à cette occasion : "Nous demandons très clairement à toutes les entreprises françaises cotées sur les marchés réglementés d’adhérer à ce code de gouvernement d’entreprise. ... / ... En élaborant ce code, les organisations patronales veulent éviter tout projet législatif et ne s’en cachent pas : « Dans ce domaine, tout le monde sait que la loi est contre-productive (…) La législation nuit à la créativité et aux engagements des chefs d’entreprise »

C'est probablement au nom de cette éthique auto régulée que le secrétaire d'Etat chargé de l'Emploi, Laurent Wauquiez a annoncé de nouvelels mesures pour l'emploi des seniors.

"Nous avons souhaité, en lien avec Vigeo et des entreprises qui ont accepté de jouer le jeu (Adecco, Areva, Axa, Cofidis, EADS, L'Oréal, La Poste, O2, Siemens, Vinci), mettre en avant les bonnes pratiques sur l'emploi des seniors car ce n'est pas seulement une pénalité dans la loi qui va faire bouger les choses"

Vigeo, si vous ne le savez pas est l'entreprise dirigée par Nicole NOTAT l'ex dirigeante de la CFDT.

Présentation de Vigeo sur son site : "Le Groupe Vigeo mesure les performances et le niveau de maîtrise des risques de responsabilité sociale des entreprises et des organisations.

Nous mesurons le degré auquel les entreprises ou les collectivités publiques prennent en compte dans la définition et le déploiement de leur stratégie, ou de leurs politiques, des objectifs environnementaux, sociaux, sociétaux et de gouvernance, qui constituent pour elles des facteurs de risque.

Nos analyses permettent :

* D'évaluer le niveau d'engagement des organisations sur chaque objectif de responsabilité sociale ou de développement durable ;
* D'identifier les risques encourus par l’entreprise ou l’organisation en ces matières ;
* Et d'estimer leur degré de maîtrise - Source Vigeo

En résumé : Vigéo est une agence de notation spécialisée en responsabilité sociale qui permet entre autre aux "investisseurs et gestionnaires d'actifs de recevoir des analyses ISR (Investissements Socialement Responsables) sur 1500 valeurs européennes, asiatiques et américaines"

Qui compose son conseil d'administration ?

Le Conseil d’Administration
Il est composé de :

Présidente : Nicole Notat
Sécrétaire : François Rogé

Pour les entreprises :
* BNP-Paribas, représentée par M. Christian Aubin
* M. Jean Gandois (Suez)
* EADS, représentée par Mme Laurence Dors

Pour mémoire, Jean Gandois était à la tête du CNPF lorsque Martine AUBRY promulgua la loi sur les 35H00. Il donna d'ailleurs sa démission en expliquant qu'elle était inaplicable alors que chez Cockerill-Sambre (groupe Usinor en 1998 devenu groupe Arcelor en 2001, et groupe ArcelorMittal en 2006) qu'il dirigeait on travaillait 32H00.

Pour les gestionnaires financiers :

* Caisse Nationale des Caisses d’Epargne, représentée par M. Pierre Dutrieu et M. Erik Pointillart
* Crédit Agricole AM, représenté par M. Patrice de Larrard

Pour les organisations syndicales européennes et ONG :

* Confédération Française Démocratique du Travail, représentée par M. Gaby Bonnand
* M. Luc Cortebeeck, Confédération des Syndicats Chrétiens (CSC), Belgique
* Forum Ethibel, représentée par M. Mark Lambrechts (Vice-président du Conseil d’Administration), Belgique

Pour les personnalités indépendantes :

* M. Bernard Bayot
* M. Dirk Dalle
* M. Jacques Hintzy
* Mme Nicole Notat
* Transparency International, représenté par Mme Anne-Marie Ducroux
* Pro-Natura International, représenté par M. Guy Reinaud

Le Ministre explique : Les audits seront réalisés "d'ici début 2009 et à partir de là sera effectué un catalogue des bonnes pratiques dans lequel les entreprises et les partenaires sociaux vont pouvoir piocher", a-t-il précisé ... / ...

Vigeo va réaliser dans ces entreprises un diagnostic des actions en termes de formation après 45 ans, d'aménagement des postes de travail, de tutorat et de transmission des compétences, de mise en place de bilans de mi-carrière, de recrutement de salariés âgés de plus de 50 ans, etc.

Parmi les diverses mesures citées par les entreprises, Siemens a mentionné "l'acceptation automatique d'un bilan de compétences demandé par un salarié de plus de 45 ans", La Poste "des aménagements de postes, d'horaires, des reconversions", Cofidis "un point santé spécifique".

Quant à la société O2 (services à la personne), elle a cité notamment le recrutement de jeunes retraitées pour garder les enfants après l'école.

La présidente de Vigeo, Nicole Notat, a souligné que les audits seniors "se font sur la base du volontariat des entreprises" et "donnent de la crédibilité à la communication des entreprises". "Ce n'est pas gratuit, on passe un contrat avec chaque entreprise", a précisé Nicole NOTAT, évoquant "une fourchette de prix entre 15.000 et 20.000 euros".

Ce qui traduit avec un peu de bon sens signifie : Prix des audits réservés à des très grandes entreprises qui pourront comme l'indique Madame NOTAT "donner de la crédibilité à leur communication" Pour ce qui concerne 97% des entreprises françaises qui elles emploient moins de 20 salariés, nous laissons le lecteur libre de juger de l'efficacité de la mesure.

Le ministre du Travail Xavier Bertrand a rappelé qu'"il faudra discuter de l'emploi des seniors dans toutes les entreprises en 2009, notamment des conditions de travail, de la formation, de la rémunération, et les entreprises qui auront refusé de le faire seront sujettes à une pénalité à partir de 2010". "Quand, dans un plan social, on met volontairement des seniors dehors, même ceux qui ne le souhaitent pas, c'est sanctionnable", a rappelé M. Bertrand. Interrogé sur l'impact des plans de suppressions d'effectifs annoncés récemment, M. Wauquiez a répondu: "Dire que, vu la conjoncture actuelle il faut mettre les seniors dehors, ça me choque".

C'est beau comme du Verlaine mais ça ne convainc personne. Quant aux discussions évoquées par Xavier BERTAND sur la rémunération, il suffira aux entreprise de "discuter" pour éviter les sanctions. Au passage, nul contrôle ne sera mis en place et lorsqu'on connaît l'aversion quasi viscérale des chefs de petites entreprises pour les salariés syndiqués ou revendicatifs, on a déjà un aperçu de la qualité des "discussions". Discussions qui pourraient prendre fin avant de commencer si l'entreprise n'a pas dégagé de résultats positifs.

Du côté des grandes entreprises qui vont coopérer avec Vigéo, on trouve ADECCO un des leaders du travail temporaire (et donc précaire)

Le Pdg d'Adecco-France François Davy s'est engagé mardi à ce que son groupe, partenaire de l'opération "bonnes pratiques", ne fasse "aucune préretraite et aucun départ contraint de salarié de plus de 45 ans" dans le cadre du plan de suppression de 600 emplois que le groupe de travail temporaire va réaliser d'ici juin 2009.

Monsieur Davy est trop bon !!! Faut-il lui envoyer des courriers de remerciement ? le décorer (si ce n'est fait) de l'ordre du mérite ?

Et oui, nous vous le disions en début d'article : Il faut maintenant classer les plus de 45 ans dans la catégorie "seniors" ou peut être "pré seniors" Franchement ça ne nous rassure pas lorsqu'on sait que : Le projet initial de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) proposait une suppression de la mise à la retraite d'office à 65 ans à partir de 2010. Mais l'amendement parlementaire qui a modifié cette mesure, en introduisant notamment un plafond à 70 ans.

Une visite du site Web de la CFDT effectuée ce jour ne nous a pas permis de trouver de réaction concernant "les bonnes pratiques sur l'emploi des seniors" Dans la mesure où Gaby Bonnand le Secrétaire National de la CFDT fait partie du conseil d'administration de Vigeo, on peut imaginer qu'il était au courant de l'opération et qu'il ne manquera certainement pas de commenter la mise en place de ce dispositif ... terriblement cosmétique.

Source et copyright
AFP
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NA