05 octobre 2011

Lutte contre la solitude : Les solutions « bon marché » de l'UMP ?

En vue de 2012, pour remobiliser l'électorat âgé, déçu, par l'abandon du dossier de la dépendance, l'UMP lance en catastrophe des idées pour lutter contre la solitude. Au programme : Bénévolat et compassion !

De qui ce brûlot sur la situation des français et l'inertie du gouvernement face à la solitude ? : « Précarité familiale, montée de l’individualisme, pressions constantes dans le monde du travail, sentiment d’une mise en concurrence permanente, perte de repères face à la mondialisation : la solitude est aujourd’hui devenue un phénomène social majeur qui touche aussi bien les jeunes que les personnes âgées, les hommes que les femmes, dans tous les milieux (...) »

Et bien de l'UMP qui l'écrit dans ses 27 propositions « Lutte contre la solitude : un nouveau défi pour tous les Français »

Outre, qu'on pourra se féliciter de la lucidité (tardive) de la majorité présidentielle, pourtant aux manettes des deux assemblées pendant quatre ans, on remarquera que ses propositions tombent à pic pour essayer de remobiliser l'électorat âgé, habituel fond de commerce de l'UMP, qui n'a pas digéré l'abandon du dossier de la dépendance. Au point qu'en août 2011, les plus de 65 ans n'étaient plus que 47 % à accorder leur confiance au Chef de l'Etat !

Il faut dire que l'abandon de la création d'une cinquième branche de protection sociale, destinée à prendre en charge la dépendance Abandonnée au profit de financements, tous plus hypothétiques les uns que les autres, puis repoussée au calendes grecques par Fillon en 2011, a eu un effet dévastateur sur l'électorat âgé !

Or, quel signe envoyer aux plus de 65 ans, pour qu'ils n'abandonnent pas le Président candidat et l'UMP en 2012, compte tenu que cette fois-ci, les caisses sont vraiment vides ?

La réponse a été donnée par Michelle Alliot Marie qui s'est improvisée spécialiste de la solitude. Que dit-elle ?

Attention, sortez vos mouchoirs !

« Vous savez, la solitude est une expérience que chacun peut faire à un moment ou un autre dans sa vie professionnelle ou personnelle (...) » - JDD

On notera aussi cette émouvante déclaration de Jean-François Copé : « Lorsque j'ai été battu lors des législatives en 1997, j' ai connu des moments de solitude »

Mais que proposent ces anciens solitaires, qui viennent de se souvenir que le gouvernement a justement décrété la solitude grande cause nationale 2011 ?

Nous ressortant une fois de plus l'argument de l'assistanat coûteux, ils proposent de : « remplacer une logique de guichet par une logique de lien social, en sensibilisant chaque Français sur la nécessité de savoir aller vers l'autre » Et de quelle façon ? : « prolonger la sensibilisation de tous les publics par une campagne de communication récurrente, insistant sur la responsabilité de chacun pour lutter contre ce fléau »

En clair, ça fera toujours un peu d'argent pour les agences de communication amies, qui pourront expliquer aux français, qu'en fin de compte, il n'y a pas que l'argent qui compte dans la vie !

Et l'UMP de lancer des initiatives (non chiffrées) regroupant des mesures déjà existantes ou à créer, comme : « (...) généraliser les offres de visite à domicile des personnes isolées par les réseaux de service public (facteurs, gendarmes...) » ce qui est assez farce lorsqu'on sait la détermination et l'acharnement de l'UMP et du gouvernement sur le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux, partant à la retraite !

Néanmoins, la mesure la plus emblématique est : « (...) la création d'une heure citoyenne, un engagement d'une heure par mois pour les Français qui souhaitent se mettre bénévolement au service des autres, en s'appuyant sur les réseaux sociaux numériques pour faciliter le passage à l'acte et la mise en relation (...) »

Ce qui pourrait être utile à terme aux ministres et députés de l'UMP, si ces ingrats de français avaient la cruauté de leur faire découvrir la solitude pour au moins 5 ans !

Mais, comme le déclare Roselyne Bachelot, ministre des solidarités et de la cohésion sociale qui n'ose y croire : « nos compatriotes attendent une réponse d'un grand parti politique » Défense de rire !


Crédit image
Le Post

04 octobre 2011

Secrets et manipulations ? : « Au cœur du Medef » par Eric Verhaeghe

« Au cœur du Medef - chronique d’un fin annoncée » C'est le titre du dernier ouvrage d'Eric Verhaeghe qui n'avait pas hésité en janvier de claquer la porte Medef pour désaccord complet avec la politique menée par Laurence Parisot depuis 2008


En janvier dernier nous vous présentions « Jusqu'ici tout va bien » (1) le premier livre d'Eric Verhaeghe écrit, suite à sa démission de l'APEC et de tous les mandats qu'il exerçait au nom du Medef. Dans cet ouvrage, il égratignait certaines méthodes et positions de l’organisation de Laurence Parisot. Mais l'essentiel était une remise en cause d'idées reçues et dogmes dans les domaines économiques.

Lors d'une rencontre, il avait évoqué l'hypothèse d'un futur autre livre consacré exclusivement au Medef et nous avait promis une interview en cas de sortie. Il a tenu parole, puisque nous l'avons rencontré à nouveau ce mois ci, pour la sortie de : « Au cœur du Medef - chronique d’un fin annoncée » où l'on découvre les dessous d'une organisation en voie de sclérose et une Laurence Parisot opportuniste, autoritaire et peu efficace.

Slovar : Bonjour Eric Verhaeghe. Tout d'abord, comment allez-vous depuis notre dernier entretien consécutif à la sortie de votre premier livre ?

Eric Verhaeghe : Je suis très en forme. Et à titre personnel, puisque je me suis marié cet été, et à titre professionnel, puisque je me lance dans l'aventure d'une création d'entreprise.

Slovar : Dans « Jusqu'ici tout va bien » le fonctionnement du Medef où vous avez évolué pendant trois ans et demi ne représentait que quelques pages. Votre dernier livre lui est entièrement consacré. On va enfin connaître la face cachée du Medef et de ses dirigeants ?

Eric Verhaeghe : Pas forcément. L'esprit du livre n'est certainement pas de laver du linge sale, et ceux qui y cherchent des polémiques croustillantes seront déçus. Cela fait d'ailleurs le désespoir de mon éditeur, qui préconise de longues polémiques pour lancer le livre. Malgré cela, je ne souhaite pas me placer sur un plan personnel. Depuis ma démission de janvier, je n'ai guère eu l'occasion d'expliquer les raisons de mon départ. J'ai souhaité prendre la plume pour expliquer ces raisons, en montrant je crois très clairement qu'elles répondent à des sujets de fond et n'ont rien à voir avec des questions de personnes.

Slovar : Vous semblez indiquer que Laurence Parisot et le Medef auraient été, malgré ce qu'on aurait pu croire, une force d'inertie vis à vis de Nicolas Sarkozy et n'aurait pas honoré certains engagements prévus ?

Eric Verhaeghe : Ce n'est pas exactement cela. Je dis plutôt que, depuis les lois Auroux, les gouvernements, de gauche comme de droite, ont mené une politique assez cohérente de développement du dialogue social dans l'entreprise et d'affaiblissement des structures paritaires. Nicolas Sarkozy a voulu accélérer l'histoire en proposant des réformes de fond comme la mise en place d'une sécurité sociale professionnelle, qui rencontre l'agrément de syndicats de salariés, comme la CGT par exemple.

Paradoxalement, c'est le Medef qui s'est montré le plus rétif à ces évolutions, et qui les a toutes entravées, voire noyées. Le plus caricatural fut sans doute la réforme de la formation professionnelle, que le Medef a enterrée alors qu'elle constitue un enjeu crucial pour la compétitivité des entreprises. Le paradoxe est là : alors qu'un président très volontaire était élu, alors que les syndicats de salariés jouaient le jeu, comme sur la réforme de la représentativité, le Medef s'est assez rapidement cramponné à une conception CNPF du dialogue social.

Slovar : Le Medef aurait donc volontairement torpillé les accords sur la modernisation du marché du travail et celui de la représentativité au profit de vielles querelles et au nom du conservatisme ?

Eric Verhaeghe : Je modérerais un peu le propos, mais il correspond globalement à une vérité. Il y a une sorte de force centripète au Medef, et le centre, c'est le CNPF de toujours, celui qui fut créé par De Gaulle en 1945 pour gérer le paritarisme. En transformant le CNPF en Medef, Seillères et Kessler ont tenté de négocier un virage historique du mouvement patronal. Force est de constater que le virage est manqué.

Slovar : Pensez-vous que l'audience accordée au Medef par les pouvoirs publics et les média ne soit pas en rapport avec sa représentativité ?

Eric Verhaeghe : Personne n'en sait rien. A la différence de ce qui existe pour les syndicats de salariés où, depuis la loi du 20 août 2008, la capacité à négocier est liée aux résultats aux élections, la représentativité du Medef est restée sur les bases gaulliennes de la reconnaissance par le gouvernement. Mais personne ne peut prouver que les chefs d'entreprise se reconnaissent dans les positions frileuses et peu imaginatives du Medef.

Slovar : Laurence Parisot ne cesse de pousser le gouvernement et les partis politiques, a laisser plus de champs à la négociation, entre partenaires sociaux. Mais quelle est réellement l'attitude du Medef vis à vis des syndicats de salariés ?

Eric Verhaeghe : En fait, je raconte dans mon livre comment le Medef a refusé d'envisager un système à l'allemande où l'Etat n'aurait aucune compétence en matière de dialogue social. Cette idée épouvante le patronat, qui ne pourrait plus mettre les négociations en échec, en attendant que l'Etat arbitre.

Slovar : Le Medef a été un des promoteurs du report de l'âge légal de la retraite au fait que cela permettrait aux salariés âges de trouver plus facilement un emploi. Pouvez-nous dire ce qu'on en disait en off au Medef ?

Eric Verhaeghe : Pas grand chose en réalité. A la base, tout le monde a constaté que, à périmètre de cotisations constant, l'âge minimum de départ à la retraite nécessaire à atteindre pour rétablir l'équilibre financier du système se situait autour de 64 ans. Tout le monde le sait, et tout le monde sait que le relèvement de l'âge de la retraite à 64 ans effectifs est inévitable. Je sais que cela vous agace, mon cher Slovar, mais la science actuarielle est têtue. Le relèvement à 64 ans est incontournable, sauf à élargir l'assiette de cotisations en fiscalisant les recettes de la sécurité sociale. Mais ce scénario-là implique l'étatisation définitive de la Sécurité Sociale.

Slovar : Permettez-moi de préférer le deuxième scénario au premier en ce qui concerne l'âge légal de la retraite. Du moins tant que le Medef ne tiendra pas ses engagements sur l'emploi des seniors, ce qui vous l'avouerez est loin d'être gagné ! Mais peut être aurons-nous l'occasion d'en reparler ?

Eric Verhaeghe : Avec plaisir

Merci Eric pour cette interview et bonne chance à vous et au livre


Interview réalisée le 3 octobre 2011
(1) Extraits en PDF


« Au cœur du Medef - chronique d’un fin annoncée » Eric Verhaeghe Editions Jacob-Duvernet - Présentation de l'éditeur

« Nicolas Sarkozy arrive au pouvoir en mai 2007 avec un programme de réformes sociales où le Medef doit jouer un rôle essentiel : mise en place d'une « flexisécurité à la française, recomposition du paysage syndical, remise à plat des 35 heures. A ce moment commence à s'écrire une pièce à rebondissements, une sorte de marivaudage où n'est pas forcément cocu celui qu'on croit. Entre fâcheries patronales, affaire de l'UIMM, crise de 2008, et autres revirements de situation, Eric Verhaeghe raconte de l'intérieur comment la France a manqué le virage de sa réinvention sociale pendant plus de 3 années intenses, faites de tergiversations, de malentendus et d'hésitations. Reste une question majeure : l'héritage du CNPF que le Medef incarne est-il encore adapté aux besoins de notre temps ? Est-il capable de porter la vision dont la France a besoin pour demain ? En lui demandant de réformer le monde pour lequel il a été inventé, ne lui demande-t-on pas, tout simplement, de scier la branche sur laquelle il est assis ? Avec des mots simples et percutants, et après le succès de Jusqu'ici tout va bien, Eric Verhaeghe propose un autre modèle pour demain »


Crédit image
Editions Jacob-Duvernet

03 octobre 2011

Xavier Bertrand : Comment gagner 220 millions sur le dos des salariés malades !

Décidément, au gouvernement comme à l'UMP, si on rechigne à supprimer certaines niches fiscales, on ne se pose pas de question lorsqu'il s'agit de faire payer aux salariés, les conséquences d'un arrêt de travail !

Pour ceux qui l'auraient oublié, nous devons à Jean-François Copé, soutenu par Nicolas Sarkozy, et aux parlementaires de l'UMP, la mise en place en 2009 de : La fiscalisation des indemnités journalières versées en cas d'arrêt de travail pour accident du travail ou maladie professionnelle.

Cette fiscalisation avait pour but, selon JF Copé de rétablir l'équité avec les arrêts maladie et congés maternité, qui eux étaient taxés. Cerise sur le gâteau, précisait en 2010 le site Legavox : « (...) Contrairement à ce qui avait été annoncé en septembre 2009 par Jean-François Copé, la mesure adoptée en début d'année ( Loi de Finance 2010 ) ne concerne pas que les arrêts courts de moins de 29 jours mais inclut également les arrêts de longue durée (...) »

Mais pourquoi s'arrêter en si bon chemin alors que les comptes de la sécurité sociale subissent encore un lourd déficit ? C'est probablement ce qu'à du se dire Xavier Bertrand, qui a discrètement glissé dans le PLFS de 2012, une mesure qui consiste à modifier le calcul des indemnités, en cas d'arrêt maladie.

La FNATH, association dont la vocation est de défendre les droits des victimes d’accidents au travail, a été une des premières à révéler le pot aux roses dans un communiqué publié le 22 septembre. Extrait

« (...) la FNATH ne peut que dénoncer la nouvelle ponction de 220 millions d’euros qui est envisagée sur les indemnités journalières maladie au motif que ce poste de dépenses serait en augmentation par rapport à 2010 - L'exécutif justifie ce choix en soulignant la « dynamique » des arrêts maladie - (...) La FNATH rappelle que les salariés ne sont pas les prescripteurs des arrêts de travail, qu’ils ne sont pas responsables de conditions de travail qui bien souvent usent les organismes ou encore de l’absence d’un véritable dispositif de pénibilité (...) »

Quelle va être l'implication de cette mesure ?

C'est simple et assez sournois : « (...) Les indemnités sont actuellement égales à 50% du salaire brut. Elles seraient désormais égales à 60% du salaire net (...) Pour les salariés, en arrêt maladie ou en congé maternité, cela représenterait une perte d’environ 10%, qui accentuerait encore les difficultés d’accès au soin, à moins que les entreprises décident de compenser cette perte d’indemnités (...) » nous dit Jacques Voisin Président Confédéral de la CFTC

Sauf que, explique la CGT , pour ceux : « (...) souvent employés des plus petites entreprises, le droit du travail ne prévoit un complément de l'employeur pour atteindre 90 % du salaire brut qu'au-delà de huit jours d'arrêt maladie, et uniquement pour les salariés qui ont plus d'un an d'ancienneté (...) »

Ce qui est confirmé par Le Monde : « (...) au cabinet du ministre de la santé, on admet que ce sont les salariés les plus jeunes et les plus précaires qui verront le plus leurs indemnités baisser. Les salariés en arrêt longue maladie sans accord d'entreprise seront aussi lourdement touchés (...) »

Mais, diront certains, le Sénat passé à gauche devrait pouvoir s'opposer vigoureusement à cette mesure inique ?

Et bien non, puisque, si pour la taxation des hauts revenus, nous avons eu une bataille homérique entre les parlementaires et le gouvernement. Pour amputer les indemnités journalières des salariés, il n' y aura pas de débat, dans la mesure où : « (...) elle sera mise en œuvre par décret, annonce le ministère de la santé (...) » Merci qui ?


Crédit et copyright photo
Le Monde

30 septembre 2011

Députés 2.0 : La démocratie interactive pas vraiment en marche ?

Habilités à légiférer dans le domaine de l'internet et de ses usages, les députés n'y brillent pourtant pas par leur activité ou connaissance. C'est la conclusion de l'étude réalisée par le site Elu 2.0

Lorsque les députés s'emparent du sujet de l'Internet, c'est bien souvent pour fustiger ses contenus ou la protection du droit de la propriété intellectuelle. La plus grande réforme votée par les parlementaires UMP restant Hadopi, que Pascal Nègre (PDG d'Universal Music France) a tenu à remercier pour « (...) son combat courageux (...) » lors de sa très récente convention nationale sur la culture !

Pour ce qui concerne le reste, une simple visite du site de l'Assemblée Nationale suffit, pour se rendre compte de la façon dont de nombreux députés, appréhendent le phénomène. Quelques exemples

Proposition de loi : visant à dispenser au sein des établissements de l’enseignement secondaire une initiation pédagogique et juridique sur les dangers inhérents à l’utilisation d’internet
Culture : diffusion et protection de la création sur internet
Economie : jeux d'argent et de hasard en ligne

Et surtout, la célèbre question du député UMP, André Wojciechowski, qui attirait l'attention du ministre sur : « (...) les dérives de l'anonymat dans les discussions sur Internet. L'évolution constante des réseaux proposés sur le web incite les internautes à communiquer de plus en plus ouvertement sur des sites de discussion. Le couvert d'un certain anonymat laisse s'installer un régime de liberté de parole qui va à l'encontre du droit et occasionne quelques fois des écrits qui peuvent être considérés comme diffamatoires. Afin de rendre plus responsables les utilisateurs du dialogue sur Internet, il lui demande si le Gouvernement envisage de proposer l'instauration de la personnalisation des messageries Internet par l'obligation de déclarer sa véritable identité »

Ce qui prouve que, si pour les citoyens, le Web est devenu un outil de dialogue incontournable, pour beaucoup de parlementaires, il reste un outil de promotion/propagande ou tout simplement ... ignoré ! C'est ce que confirme l'étude du site Elu 2.0 sur l'usage que font nos élus de l'Internet.

Constat ?

79 députés (14%) sans aucune présence Web
110 députés (20%) sans blog (1)
307 députés (54%) ne sont pas sur Facebook et 458 députés (80%) n'ont pas de page Facebook.
451 députés (78%) n'ont pas de compte Twitter
391 députés (66%) n'ont pas de compte vidéo
4 députés seulement ont fait développer une application mobile permettant aux citoyens d'interagir avec eux

(1) Commentaire du site Elu 2.0 cité par Clubic : « seulement 10 % des blogs peuvent être considérés comme des sites 2.0, c'est-à-dire des sites collaboratifs autorisant le partage et le dialogue avec les internautes (zone de commentaires, flux RSS et fonctionnalité de partage des articles sur les réseaux sociaux) »

Carte issue de l'étude : « Les députés et Internet »
permettant de connaître l'activité web des élus


Pierre Guillou, fondateur du site, interviewé par Libération nous livre l'analyse suivante

« (...) les politiques se font de la communication politique : ils sont souvent retranchés dans des méthodes anciennes où, finalement, on délivre une parole qui tombe d'en haut via des médias classiques. Il s'agit encore trop souvent d'une communication unilatérale (...) l'enjeu pour la plupart des députés est de changer leur façon de communiquer. Il s'agit d'ouvrir le débat, de demander aux gens ce qu'ils pensent et d'intégrer leurs réflexions et leurs propositions dans l'élaboration des programmes politiques. C'est une révolution pour l'élu, qui reconnait ainsi ne pas être tout-puissant (...) »

Et bref, il y a du boulot pour les élus qui accepteraient vraiment d'ouvrir le dialogue et de défendre leurs idées avec les internautes/citoyens/électeurs.

Mais, pour tous ceux (et il sont plus nombreux qu'on ne le croît) qui fuient les visites de cages d'escalier ou de marchés dominicaux, se faire interpeller ou critiquer en ligne sera probablement difficile à concevoir et accepter. Et restera toujours plus inconfortable qu'un passage ... bien organisé à la télévision, à la radio ou dans un quotidien ami !

Bibliographie
Etude Elu 2.0
Palmarès des députés sur le Web

Crédit image
L'Express

29 septembre 2011

Salariés grévistes de la faim attendent Président qui pense aux ouvriers !

Nicolas Sarkozy a récemment lancé : « Mon devoir est de penser aux ouvriers plus qu'à ceux qui ont un statut qui les protège ». Il est dommage qu'il n'ait pas réservé cette déclaration aux ouvriers de Lafarge, en grève de la faim, pour conserver leur usine !

Les derniers propos du Président sur l'attention qu'il porterait : « (...) aux ouvriers, aux salariés et aux cadres qui sont lancés dans la compétition internationale et qui ont besoin du soutien de l'Etat, plus que de penser à ceux qui ont un travail difficile mais qui ont un statut qui les protège » ont été accueillis avec scepticisme et colère.

Au delà de la démonstration électorale, on serait tenté de lui demander pourquoi il n'a pas fait preuve d'une telle détermination, pour aider ou sauver l'emploi des ouvriers de : Grandange, Continental, Molex et tant d'autres, moins connus, mais frappés par les restructurations, plans sociaux ou délocalisation de l'outil de travail ?

Et oui, Monsieur le Président, il ne suffit pas de clamer haut et fort qu'on aime les usines et les ouvriers. Et puisque leur défense, c'est « votre truc », nous vous proposons de vous rendre, au plus vite, auprès des douze salariés du cimentier Lafarge, qui ont arrêté de manger pour protester, contre la fermeture de leur usine de Frangey, dans l'Yonne !

A cas où vous ignoreriez cette affaire, nous vous conseillons la lecture d'un article de Libération qui explique que ces « salariés qui sont lancés dans la compétition internationale et qui ont besoin du soutien de l'Etat » ont décidé de : (...) ne plus s’alimenter plutôt que perdre leur emploi (...) ils se sont directement installés devant le siège de Lafarge Ciments à Saint-Cloud (...) » Ou si vous êtes pressé de regarder la vidéo que BFM leur a consacré.


Mais, si vous mettez en doute les média, vous pouvez aussi prendre connaissance de leur combat sur un blog qu'ils ont créé pour expliquer leur geste

« Avec des bénéfices record, même en période de crise, Lafarge Ciments a décidé de fermer notre usine de Frangey dans l’Yonne. « En surcapacité dans un local de petite taille et qui peut difficilement s’adapter à l’évolution des besoins en nouveaux ciments à faible empreinte environnementale » Voilà, la messe est dite. Langage technocratique, voix du pouvoir et de la force. La direction de Lafarge Ciments a communiqué !

Tous les élus locaux et départementaux, les syndicats ainsi que les représentants du personnel ont travaillé dur et ont sacrifié leur vie de famille afin de prouver que les raisons annoncées par la direction du groupe ne sont pas fondées. Aujourd’hui c’est chose faite! Malgré cela, la direction ne veut pas approfondir et continue à imposer son plan de fermeture.

Nous sommes contre la délocalisation de l’industrie française et la destruction de nos emplois au bénéfice d’investissements à l’étranger et au seul profit des actionnaires.

De plus, nous dénonçons une réorganisation des marchés par les cimentiers français. Notre usine est exemplaire en matière de sécurité, elle est une des plus fiables au monde, elle est propre (norme iso 14001 récemment), novatrice (Frangey est la seule usine au monde à avoir produit le clinker du futur : Aether*) et surtout elle est, et restera rentable dans le futur. Elle ne demande qu’à faire vivre de nombreuses familles et toute une région déjà bien sinistrée.

Jusqu’à maintenant, nous avons toujours été pacifiques dans nos démarches, même quand Lafarge nous a, sans aucune raison, envoyé les CRS! A présent, nous sommes prêts à aller jusqu’au bout pour une chose et une seule : Le retrait définitif du projet de fermeture de notre usine de Frangey!

Nous pensons que vous trouverez dans ce geste la logique, le bon sens et l’humanisme nécessaires à son approbation. Votre soutien nous est précieux »

Voilà, Monsieur le Président, une occasion unique d'aller à la rencontre de salariés qui luttent pour garder leur emploi, et donc privilégient la valeur travail que vous asséniez dans votre programme de 2007 !

Mais accepterez-vous un déplacement, qui n'aurait pas été plannifié par vos services, et au cours duquel vous ne pourriez pas faire de déclaration tonitruante, sur votre bon bilan, et au cours duquel il serait difficile d'expliquer que vous êtes le défenseur de ceux « qui se lèvent tôt », de « la France qui souffre et dont on ne parle jamais » ?

Sachez toutefois que des salariés grévistes de la faim attendent un Président qui pense aux ouvriers ! A bon entendeur ....

Crédit photo
Le blog des grévistes de la faim de Frangey

28 septembre 2011

Les bonnes idées « pouvoir d'achat » de l'UMP : 1 euro de prime à l'arrestation !

Henri Leroy, le Maire UMP de Mandelieu-La Napoule vient provisoirement de prendre la tête du classement des idées les plus saugrenues de l'UMP. Il propose à ses policiers municipaux une prime de 1 euro, pour chaque arrestation réussie, grâce à la vidéo surveillance.

Mandelieu-La Napoule vous connaissez ?

Ville de 20 200 habitants, sa population est relativement âgée. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (35,7 %) est en effet supérieur au taux national (21,6 %) et au taux départemental (27,3 %). Elle arrive au 23 rang du palmarès des 50 villes les plus riches de France au sens de l’ISF.

Selon un conseiller municipal d'opposition de gauche, c'est une sorte de : « réserve de gens aisés ». En effet, son maire Henri Leroy qui, lorsqu'on lui parle de logements sociaux répond : « Je ne veux pas faire de HLM » pour ce faire, il préfère payer les amendes, pour non respect de la loi SRU.

Vous imaginez bien que dans ce contexte, la sécurité est l'arme électorale préférée du maire qui s'est doté d'une police municipale disponible 7 jours sur 7 et 24H00 sur 24 et bien entendu d'une surveillance vidéo de pointe.

Quels sont les effectifs de la police municipale de Mandelieu-La Napoule ?

Selon le site web de la ville, les effectifs sont de :

3 cadres : Direction administration, 3 agents administratifs,
42 policiers municipaux,
9 agents de Surveillance de la Voie Publique (ASVP) surveillent les parkings et la zone bleue,
7 agents affectés au Centre Superviseur Urbain de la Vidéosurveillance plus l'administrateur
11 agents municipaux affectés à la sécurité des établissements ERP ou assimilés
(Établissement Recevant du Public : Palais des congrès Europa, Estérel Galery, Parking Ecureuil)
3 agents sécurité école

Et comme rien n'est trop beau pour protéger les biens et les personnes habitant la commune, le maire a récemment inauguré la rénovation du centre de vidéo-protection.

C'est au cours de celle-ci qu'il a lancé l'idée qui lui vaut « l'oscar » du mois des idées saugrenues de l'UMP : « il a promis une prime d'un euro chaque fois que l'un de ses agents du centre de vidéo-protection permettrait l'arrestation d'un délinquant en flagrant délit » nous explique Nice Matin

Comment Henri Leroy justifie t-il cette idée « pouvoir d'achat » pour ses policiers municipaux ?

« L'esprit de cette opération que nous mettrons en place d'ici la fin de l'année, c'est de dire aux agents : Vous avez participé efficacement à la sécurité des usagers, nous désirons vous récompenser. Et d'attribuer une prime à la méritocratie à la fin de l'année » Il a d'ailleurs justifié cette idée aux Grandes Gueules de RMC, réitérant qu'il ne fallait y voir : « (...) qu'une volonté de féliciter et d'encourager au mérite son équipe municipale de sécurité (...) »

Il est bien évident que la rétribution faramineuse d'un euro, proposée par le maire a déclenché un tollé chez les policiers municipaux, qui ont immédiatement fait savoir qu'ils jugeait la proposition vexatoire, et refusaient de se transformer en chasseurs de primes.

« Les policiers municipaux devront donc faire un effort particulier pour déceler parmi les personnes circulant dans la ville, celles qui pourraient faire l’objet d’une suspicion puis d’une arrestation pour crime ou délit (...) Le maire souligne que pour cette année, la Police municipale a permis l’arrestation de 49 personnes présumés coupables de crimes ou délits contre plus de 200 en 2004 l’année de l’installation du centre de surveillance urbain par caméras » indique, sous anonymat, un policier municipal qui ajoute avec humour : « le maire ne précise pas si c’est du HT ou du TTC »

Les habitants interviewé par M6, sont hilares ou désabusés, de savoir que les opérateurs pourraient au mieux se partager environ 150 euro par an, alors que la nouvelle installation a coûté plus de 900 000 euro !


Le Maire a néanmoins tenu à rassurer ses policiers, puisque cette prime à l'arrestation n'est, selon lui, pas figée et pourrait évoluer : « J'ai annoncé le minimum mais nous allons refaire nos calculs sur la question et nous verrons à combien s'élèvera cette prime… » En effet, dans la vidéo, il laisse entendre qu'il pourrait aller, jusqu'à ... 2 euro !

Inutile de dire que nous attendons avec impatience, l'idée saugrenues de l'UMP du mois d'octobre et ne pouvons que regretter que notre Président n'ait pas pensé à un portefeuille de ministre pour cet élu inventif, économe et fervent défenseur du : « travailler plus pour gagner plus » !


Crédit photo
RTL

27 septembre 2011

Retraite à 67 ans : Laurence Parisot fan de l'idée de François Fillon !

Les chiffres du chômage du mois d'août, sont une fois encore désastreux pour les seniors. Ceux-ci voient la durée de leur inactivité augmenter. Néanmoins, Laurence Parisot est enthousiaste à l'idée de leur faire attendre 67 ans pour partir à la retraite.

Xavier Bertrand a fait profil bas sur les chiffres du chômage du mois d'août. Se limitant à saluer une : « évolution positive » sur le front de l'emploi, « malgré un net ralentissement de la croissance depuis plusieurs mois » Ce tout petit satisfecit ne résiste néanmoins pas à l'analyse des données fournies par le Ministère de l'emploi et Pôle Emploi.

En effet, si on note un recul de 0,1% des demandeurs d'emploi en catégorie A : « En additionnant les demandeurs de catégorie B et C, qui exercent un activité réduite, la hausse du chômage en août est de 0,5%, soit 20.200 personnes de plus en un mois, pour atteindre 4.148.200 (...) » Mais plus grave, la durée du chômage augmente : le nombre de d'inscrits à Pôle Emploi depuis plus d'un an progresse de 0,6% par rapport à juillet pour remonter à 1.581.300 en août. « Un chiffre sans précédent depuis novembre 1999 selon les statistiques du ministère du Travail » précise Boursier.com

De quelle ampleur est cette augmentation ?

« (...) En un an, le nombre de demandeurs inscrits depuis deux à trois ans a augmenté de 25 % et ceux inscrits depuis plus de trois ans de 19,8 % (...) » indique Eric Heyer de l'OFCE qui précise que la catastrophe annoncée ici à plusieurs reprises du chômage des seniors s'accélère : « (...) Entre juillet et août, le nombre de chômeurs de plus de 50 ans a augmenté de 0,9 %. Sur un an, ils ont même grimpé de 13,5 %. « On constate les effets de la réforme des retraites (...) 40.000 personnes qui auraient dû sortir de la population active au début de l’été y sont restées. » - France Soir

Si on ajoute à cela le rapport OIT-OCDE, qui indique clairement que : « la crise économique mondiale pourrait se traduire par une pénurie massive d'emplois » Et que selon le rapport : (...) il sera impossible à court terme de combler le déficit d'emplois accumulés pendant la crise, qui s'élève à plus de 20 millions (...) » Rapport complet en anglais

Force est de constater que les seniors n'arriveront pas à se maintenir dans l'emploi, jusqu'à leurs 65 ans pour obtenir une retraite sans décote. Tout comme il sera illusoire de faire croire que les moins âgés auront la capacité de cotiser 42 ou 43 ans, pour obtenir un taux plein. A moins, bien entendu, de partir à la retraite au delà à 67 ans ou plus ! Seulement, les français, conscients qu'ils seront tous un jour des salariés seniors ... au chômage, espèrent partir avant leurs 67 ans, quitte à toucher une pension minorée pour cause de décote !

D'où la brillante idée de François Fillon de repousser l'âge légal de la retraite à 67 ans. Idée qui a provoqué un tollé ... sauf au Medef, où on clame son enthousiasme !

C'est vrai qu'un nouveau report de l'âge légal de la retraite salué par une organisation d'employeurs qui ne fait aucun effort, contrairement à ses promesses, pour recruter des seniors est du meilleur goût !

Mais Laurence Parisot qui n'en est pas à une contradiction ou une provocation près, n'en a cure. Invitée de RMC pour présenter son dernier livre, se plaindre des charges, de l'indolence des politiques face à la crise financière, et réclamer le transfert de l'assurance maladie vers d'autres sources de financement que les entreprises, elle en profitait (14 eme minute de la vidéo) pour approuver la proposition de François Fillon sur le report de l'âge légal de la retraite à 67 ans, indiquant au passage que c'était une excellente idée et que, après tout : « quand on aura 67 ans en 2030, on sera dans un état de santé, un état physique comparable à 62 ans aujourd’hui »


Rappelons, qu'alors que l'âge légal vient de passer à 62 ans, plus de 800 000 seniors sont au chômage en 2011. Combien seront-ils au regard du rapport OIT-OCDE en 2030 si l'âge légal de départ était fixé à 67 ans ?

Ce n'est cependant pas le problème de Laurence Parisot qui estime que c'est : « une excellente idée et une bonne réponse à la crise actuelle (...) »

Excellente idée ? A condition, madame Parisot de respecter les engagements du Medef en contrepartie du report de l'âge de la retraite, comme en 2008 : « Le MEDEF s’engage pleinement à tout faire pour augmenter le taux d’emploi des seniors dans le secteur privé (...) » et en 2009 : « (...) L’emploi et le maintien dans l’emploi des seniors font partie des objectifs prioritaires (...) Rompre avec la culture de la sortie précoce d’activité est une nécessité, ne serait-ce que pour faire face aux enjeux démographiques et préserver les régimes de retraite (...) Pour y parvenir, une véritable révolution des esprits a été ébauchée et doit se poursuivre (...) »

Ce qui, si l'on s'en réfère aux accords sur l'emploi des seniors, signés par les entreprises, est pour l'instant est un leurre. Mais que serait le Medef sans votre mauvaise foi légendaire ?


Crédit photo
Alvinet

26 septembre 2011

Aides aux buralistes : Suite des cadeaux pré électoraux du gouvernement ?

Conséquence des hausses du prix du tabac, les revenus des buralistes (survivants) ont augmenté de 57% en huit ans. Partant de ce constat, le gouvernement a décidé de leur allouer 320 millions d'Euros. Une décision opportune à quelques encablures de la présidentielle !

Tout le monde connaît la TVA réduite sur la restauration dont la remise en cause a été classée taboue par le Président et son gouvernement. En ce qui concerne les bureaux de tabac, on connaît également la politique du gouvernement qui ne cesse d'augmenter les prix, officiellement au nom du plan cancer, officieusement pour engranger de nouvelles recettes et qui devant la grogne des buralistes n'a cessé de leur accorder des aides financières de compensation.

Or cette fois-ci, le gouvernement à la recherche d'économies budgétaires avait décidé de ne plus allouer d'aides aux buralistes. C'était sans compter sur la proximité des élections de 2012 qui a attendrit, semble t-il, le gouvernement au point de leur proposer une aide de 320 millions d'Euros !

De plus en plus en plus de clients s'arrangent pour faire leurs emplettes de tabac hors de France. Au point que, affirme la confédération des buralistes sur son site Web : le marché parallèle représenterait : « (...) déjà à prés de 20% de la consommation totale (...) Confédération qui demandait : « (...) la mise en place d’un plan d’urgence de lutte contre toutes les formes du marché parallèle (...) » Oubliant au passage de signaler que : « (...) les revenus tirés par les buralistes de la vente du tabac avaient augmenté en moyenne de 57% en huit ans et que le chiffre d'affaires du secteur (près de 1,6 milliards d'Euro ) a progressé de 3,3% entre 2008 et 2009 et que la prochaine augmentation des prix va leur rapporter 80 millions d'Euro supplémentaires (...)» nous expliquait Le Parisien dans son édition du 24 septembre.

Le gouvernement soucieux de la grogne qui pourrait bien se traduire dans les urnes, a réagit positivement à la demande de sanction du marché parallèle, le 14 septembre dernier.

En effet, Valérie Pécresse, la Ministre du Budget, des Comptes publics et de la Réforme de l'Etat, s'est fendue d'un communiqué digne ... de la lutte anti terroristes : « La lutte contre les trafics de tabacs et de cigarettes constitue une priorité de la douane. Un plan d'action ministériel vise à renforcer la lutte contre les réseaux criminels qui distribuent les produits de contrebande (...) Elle a rappelé les dix mesures phares du plan d'action ministériel entré en vigueur le 1er septembre 2011 (...) » , extraits :

« (...) le déploiement de lecteurs automatisés de plaques d'immatriculation pour lutter contre le trafic de cigarettes par voie routière
(...) le renforcement des actions et des moyens de Cyberdouane afin de mieux identifier les expéditeurs de cigarettes à l'étranger et l'interception des colis dans les centres de fret express et de tri postal
(...) l'inscription de la lutte contre les trafics de cigarettes parmi les priorités des groupes d'intervention régionaux (GIR) (...) »

Ce qui n'a pas suffit à calmer les buralistes qui outre être passés de 35 585 en 2002, à 28 052 en 2010 (Source Parisien/Ministère du commerce et de l'artisanat) avaient pris goût aux aides versées en 2004 et 2008 qui représentaient tout de même 1 milliard d'Euro !

Ce qui fait que L’Etat et les buralistes ont signé un troisième Contrat d’avenir, destiné à soutenir les débitants de tabac confrontés à une baisse de leurs revenus, pour un montant de 320 millions d'euros.

En quoi consiste ce nouveau contrat d'avenir ?

« (...) Les buralistes continueront à bénéficier d'une remise compensatoire, attribuée en fonction de la diminution du chiffre d'affaires du débit de tabacs concerné, plafonnée à 50.000 euros (...) Par ailleurs, et en raison de son efficacité avérée en matière de réduction du nombre de sinistres et de vols, le dispositif actuel de subvention triennale accordé aux buralistes sera majoré de 50%, pour atteindre 15.000 euros HT. Il leur permettra de sécuriser et de moderniser leur débit de tabac (...) » Concernant les buralistes établis en milieu rural : « (...) Une prime de service public de proximité est ainsi spécialement créée, pouvant atteindre 1.500 euros, dont le versement est conditionné au respect des engagements pris en matière de diversification (vente de timbres fiscaux, timbres amendes, presse...) »

Un contrat d'avenir à caractère ... électoral ?

C'est ce que laisse entendre le Parisien qui indique que : le président de la confédération des buralistes a plaidé sa cause directement auprès de Nicolas Sarkozy en personne. Et précise que l'entourage de Valérie Pécresse déclare, sans rire, qu'il n'a pas été fait de cadeau aux buralistes !

Non, cette mesure est avant tout destinée à préserver nos territoires, puisque comme l'indique la confédération des buralistes : Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture, s'est exprimé à leur congrès sur le mot d'ordre suivant : « Pas de ruralité sans les buralistes »

Où trouvera t-on ces 320 millions, alors que le Premier Ministre ne cesse de nous expliquer que nous devons nous serrer la ceinture ? Peut être une fois de plus auprès des mutuelles que le gouvernement et l'UMP ont pris pour cible préférée ? En attendant, on ne peut que constater que l'adage : « servez-vous tant qu'il en reste encore » reste la règle d'or de nos gouvernants ! Mais que ne ferait-on pour garder les clés du pouvoir encore cinq ans !


Crédit photo
Saphirnews

23 septembre 2011

Manifestations du 11 octobre : Fillon va t-il relancer l'intersyndicale ?

François Fillon va t-il réussir à réunifier les syndicats en vue de la journée du 11 octobre prochain. Sa sortie sur la retraite à 67 ans pourrait en effet faire réfléchir la CFDT, qui avait torpillé l'idée d'une journée unitaire !

Le 16 septembre dernier, l'intersyndicale était à l'agonie, la CFDT et l'UNSA s'opposant à toute action nationale concertée, en vue de la journée d'action interprofessionnelle contre les mesures de rigueur du gouvernement. Le syndicat de François Chérèque ayant indiqué que : « le principal souci des salariés est actuellement le risque d'éclatement de la zone euro, pas le plan Fillon »

Or, ce « coup de main » au gouvernement aura été bien mal récompensé puisque la CFDT, qui est un des interlocuteurs principaux de François Fillon, depuis la réforme de 2003, vient d'apprendre que celui-ci, sans leur en parlé (semble t-il ?) a annoncé publiquement l'idée de placer l'âge légal de la retraite en France à 67 ans !

Même si tout le monde sait que cette annonce a été lancée pour plaire aux marchés et conserver à tous prix la note AAA de la France, elle a provoqué un émoi dans le monde syndical :

La CGT : « C'est illusoire de vouloir copier l'Allemagne. On s'opposera bien entendu à toute velléité d'augmenter de nouveau l'âge de départ en retraite ou d'augmenter la durée de cotisation »

FO : « si on va dans ce sens, il faut tout rediscuter (...) On ne peut pas avoir une protection sociale self-service en prenant les options européennes qui tirent vers le bas »,

CFTC : « l'annonce du Premier ministre est très mal venue: les salariés sont déjà anxieux, les conditions de travail ne sont pas bonnes, le moral est bas »

On pourra regretter que la réaction de Jean-Louis Malys pour la CFDT ne soit pas à la hauteur de la provocation de François Fillon : « C'est une déclaration très inopportune et provocatrice, on sort d'une réforme et on veut en rajouter une couche » tout en espérant que la centrale de François Chérèque manifestera dans les jours à venir, un peu plus d'agressivité à l'égard d'un pouvoir qui se moque d'elle et ... des tous les salariés !

Rendez-vous dans les jours à venir pour savoir si la CFDT et l'UNSA modifieront leur décision sur la journée du 11 octobre, et cesseront d'expliquer aux salariés que : « leur principal souci est actuellement le risque d'éclatement de la zone euro, pas le plan Fillon »

A vous lire, voir ou entendre sur le sujet, monsieur Chérèque !


Crédit photo
Le Post

22 septembre 2011

L'âge légal de départ la retraite à 67 ans : Le futur cadeau de Fillon aux français ?

La convergence fiscale entre la France et l'Allemagne a bon dos ! C'est au nom de celle-ci que François Fillon aimerait aligner progressivement l'âge légal de la retraite en France sur celle de l'Allemagne. C'est à dire 65 puis 67 ans ! Une façon de pousser les salariés vers des retraites par capitalisation ?

Beaucoup de gens ignorent ou ont oublié que c'est François Fillon, alors Ministre des Affaires Sociales, en 2003, qui a été le premier à remettre en cause le système des retraites. L'une des mesures phares de cette réforme était : « (...) un allongement de la durée de cotisation soit 40 ans en 2008 pour les fonctionnaires et pour l'ensemble des actifs à 41 ans en 2012. ( Détail complet sur Wikipedia)

Et même si c'est Eric Woerth dont ne nom est associé à celui de la réforme de 2010, il n'en était pas moins ministre de François Fillon qui l'a largement supervisée.

Résultat de l'opération : L'âge légal de la retraite est de 62 ans pour ceux nés à partir de 1956 et l'obtention du taux plein est passé de 65 à ... 67 ans. Ce qui signifie que, compte tenu de l'état exécrable du marché de l'emploi, pour les plus de 55 ans (+ de 800 000 chômeurs) il y a fort à parier que ceux-ci, choisiront majoritairement de partir avec une décote (voir Comment s’applique la décote par Notre Temps ). D'où pour beaucoup des retraites de misère après plus de 40 ans passés au travail !

Mais ce n'était, semble t-il, pas assez pour notre Premier Ministre qui vient d'utiliser l'argument de la convergence fiscale entre la France et l'Allemagne pour proposer de fixer l'âge de départ à la retraite à 67 ans !

Sur quoi s'appuie Fillon ?

En Allemagne nous dit TF1/LCI : « (...) l'âge légal de la retraite n'est pas de 62, mais de 65 ans. Et il va passer graduellement à 67 ans, en vertu d'une réforme votée en 2007 et destinée à éviter l'écroulement d'un système mis à mal par une espérance de vie toujours plus longue et un rétrécissement de la population active. Ce recul se fera toutefois très progressivement, pour atteindre effectivement 67 ans aux alentours de 2030 »

Et que propose t-il ?

« (...) Il faudra aller vers un temps de travail commun, il faudra aller vers un âge de retraite commun, il faudra aller vers une convergence progressive de l'organisation économique et sociale de nos deux pays, car c'est la clef de la survie et du développement de la zone euro et du continent européen (...) » Rien que ça ?

Ce que ne dit toutefois pas François Fillon, c'est que, précise Le Monde : « (...) l'Allemagne a programmé de relever progressivement de 65 à 67 ans entre 2011 et 2029 l'âge minimum de la pension. Mais même à cette date, les Allemands pourront continuer à partir à la retraite à 63 ans s'ils ont cotisé trente-cinq ans (...) » et non pas 41 ans révisables comme l'a décidé le gouvernement français !

Vous voyez une différence ? Fillon non !

Si jamais ce projet devait voir le jour, il est évident que de nombreux salariés, sachant qu'ils ne pourront pas attendre leurs 67 ans, chercheraient à se créer un complément de retraite privée destinée à compléter la décote qui leur serait appliquée pour départ anticipé. C'est déjà possible aujourd'hui, mais pas obligatoire.

Or, en mai 2010, Laurence Parisot patronne du MEDEF ( accessoirement administratrice de la BNP) auquel la Fédération française des société d'assurances et la Fédération Bancaire Française sont adhérentes, proposait de rendre OBLIGATOIRE, pour tous les salariés, une partie de capitalisation : « (...) Nous devons aujourd'hui nous demander comment mettre en place, en plus de ce que nous pourrions garder du système par répartition, un nouveau dispositif très incitatif, voire obligatoire, de système par capitalisation »

C'est vrai que lorsqu'on se souvient que l'OCDE écrivait : « (...) En raison de la forte baisse des Bourses en 2008, les fonds de pension ont vu la valeur de leurs investissements reculer de 23% en 2008, soit de quelque 5.400 milliards USD au total dans les pays de l’OCDE (...) » et que l'on observe l'actuelle situation financière et monétaire de l'Europe et des Etats Unis, on est tout de suite rassuré pour son épargne, qui devrait être immobilisée pendant 20, 30 ou 40 ans !

Oui mais, rappelons le : Si les français se constituaient tous une épargne retraite personnelle, il pourraient faire l’impasse sur les dernières années de cotisation ! Ce qui dans ce cas, arrangerait le gouvernement qui pourrait s'en emparer pour justifier un gel des pensions et ... permettrait aux établissements financiers de récupérer, une partie de l'épargne de précaution des français, qui refusent de placer leur argent en bourse !

Si c'est ce que François Fillon définit par : la clef de la survie et du développement de la zone euro et du continent européen , nous pensons qu'il est vraiment temps pour les français d'avoir la générosité de lui offrir, ainsi qu'aux élus de l'UMP ...un pot de départ à la retraite anticipée, en 2012 !


Crédit photo
L'Expansion

21 septembre 2011

Comment l'UMP envisage de faire les poches des mutuelles et de leurs adhérents !

Afin de récupérer 1,2 milliards d'Euro, le gouvernement et l'UMP ont augmenté la taxe sur les contrats de santé. Ce qui a été très mal vécu par les mutuelles et leurs adhérents. L'UMP furieuse d'apprendre que les mutuelles répercuteraient l'augmentation sur leurs tarif, menace d'en rajouter une couche !


Il semblerait que parler à Nicolas Sarkozy d'augmentation des impôts le rend hystérique. Mais, n'en déplaise à celui-ci et à l'UMP, les dernières taxes votées par ses parlementaires sont des impôts nouveaux qui vont amputer le pouvoir d'achat des français !

Et ça, en pré période électoral ça la fout mal ! C'est pourquoi lorsque les députés UMP ont voté le relèvement de la taxe sur les contrats responsables, qui rappelons le, outre représenter plus de 90% des contrats souscrits par les français, étaient issus d'une demande du gouvernement sur la responsabilisation des patients, ils étaient persuadés que les mutualistes, afin de ne pas pénaliser leurs adhérents, se serviraient de leurs profits pour que la taxe soit indolore. En clair ni vu ni connu !

Sauf que les mutuelles qui ne sont pas des entreprises capitalistiques puisque l'intégralité des fonds détenus qu'elles détiennent appartiennent à leurs adhérents et surtout que les mutuelles qui ont déja donné en 2008, ne voyaient pas pourquoi elles serviraient de caution pour une opération à caractère politicien.

Elles ont donc annoncé qu'elles répercuteraient intégralement l'augmentation de la taxe sur leurs tarifs. Le Président de la Mutualité Française Etienne Caniard a été parfaitement clair, l'augmentation due à la taxe allait toucher de plein fouet : « (...) les populations fragiles, les personnes les plus malades, les familles modestes, les familles monoparentales, les personnes âgées ( ...) » qui s'orienteraient : (...) vers des contrats minimums (...) » et indiquait que : « (...) Au lieu de se rendre chez son médecin, l'assuré attendra que la maladie ait évolué pour aller se faire soigner aux urgences de l'hôpital. Ce qui coûtera encore plus cher à la collectivité (...) »

Et donc, que cette situation serait de l'entière responsabilité du gouvernement et de l'UMP !

C'est était visiblement trop pour l'UMP, qui a décidé de se venger ! En effet, la députée UMP Valérie Rosso-Debord : « (...) a indiqué mardi qu'un amendement serait déposé la semaine prochaine au projet de loi sur le financement de la sécurité sociale en 2012 pour taxer les réserves des mutuelles, dont elle juge que le mode de gestion ne va pas dans le sens de l'intérêt de leurs cotisants (...) » arguant que ces réserves sont : « (...) cinq à six fois au delà de leur niveau obligatoire (...) »

Au delà de l'habituelle loghorrée, issue des communicants appointés par l'UMP, on pourra trouver étonnant que madame Rosso-Debord prenne les mutuelles pour une niche fiscale, comme le font remarquer les mutualistes de la région PACA, qui en feront leur slogan de manifestation

Par ailleurs, voir l'UMP qui a validé depuis le début la politique fiscale du gouvernement, avec les résultats déficitaires que l'on connaît est assez farce. En effet, comme l'explique Etienne Canniard : « (...) les mutuelles sont pratiquement les seuls acteurs économiques à avoir traversé la crise financière sans encourir le moindre reproche (...) » Or, entendre madame Rosso-Debord déclarer que les mutuelles : « (...) ont un mode de gestion patrimonial, qui n'est pas dans l'intérêt de leurs cotisants (...) » montre sa totale méconnaissance du statut mutualiste et une mauvaise foi à toute épreuve !

Oui, mais faire passer le gouvernement et l'UMP pour des destructeurs du pouvoir d'achat et des naufrageurs de la santé des français à une encablure de la présidentielle et des législatives a un prix que madame Rosso-Debord a voulut signifier aux mutualistes !

Prix qui ne concerne pas la TVA sur la restauration, plus grosse niche fiscale, défendue bec et ongles par l'UMP. Mais comme tout le monde le sait: Un bon repas vous éloigne du médecin !

Crédit photo
20Minutes