08 novembre 2011

Education nationale : Les « bricolages » statistiques de Luc Chatel ?

Selon le Collectif Interstat, Luc Chatel bloquerait la parution de plusieurs indicateurs gênants et aurait recours à un organisme dépendant de son ministère pour améliorer les chiffres en sa faveur.

Interstat le Collectif de syndicats de l'INSEE et des services ministériels accuse dans un communiqué du 2 novembre, Luc Chatel, le ministre l'éducation nationale de se livrer à un vilain jeu. Ils l'expliquent au travers d'un tract publié le 2 novembre dernier.

Que déclare le Collectif ?

« Interstat, collectif de syndicats de l’Insee et des Services statistiques ministériels (SSM), doit s’insurger une nouvelle fois contre les pratiques de nos dirigeants politiques. L’indépendance de la Statistique publique, désormais inscrite dans la loi depuis la Loi de modernisation de l’économie d’août 2008, est une réalité que les agissements des gouvernements et de leurs entourages tentent de remettre en cause.

Comme en 2008, il nous faut rappeler au ministre de l’Éducation nationale, que la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (Depp) n’est pas un service statistique dont il serait le seul utilisateur, mais qu’elle fait partie du service statistique public. À ce titre, elle produit les données relatives à l’Éducation sur lesquelles s'élabore le débat public (...) Les études portent sur des sujets aussi variés que le nombre d’élèves dans les classes, la prévision de l’évolution de ce nombre d’élèves, le nombre de professeurs en postes, recrutés, les résultats au baccalauréat, au brevet (...) »

Interstat fait référence à la conférence de presse de Luc Chatel de ren­trée du 1er sep­tembre dernier, au cours de laquelle, en s'appuyant sur des statistiques, il se flattait de l'amélioration, malgré l'augmentation de leur nombre, de leurs compétences, bien que le nombre d'enseignants soit en baisse !

Et Interstat d'expliquer que le ministre a utilisé un subterfuge : « Ces résul­tats sont pour­tant sujets à cau­tion: alors que jus­qu'au milieu des années 2000 les enquêtes dont sont tirés ces résul­tats étaient conçues et réa­li­sées conjoin­te­ment par des sta­tis­ti­ciens et des ensei­gnants, elles sont à pré­sent menées par la Direction péda­go­gique du minis­tère (Dgesco) (...) »

Qui est la Dgesco ?

Selon leur site web la Dgesco : « élabore la politique éducative et pédagogique ainsi que les programmes d'enseignement des écoles, des collèges, des lycées et des lycées professionnels ». La lecture des ses attributions ne mentionne en aucun cas la moindre expertise dans le domaine statistique.

Ce que confirme Interstat : « (...) réa­li­sa­tion et l'exploitation d'enquêtes de ce type ne fait pas par­tie a priori des mis­sions de la Dgesco (...) »

Des statistiques pas vraiment indépendantes ?

C'est ce que laisse entendre Interstat en précisant que : « (...) La publi­ca­tion des résul­tats moins flat­teurs d'opé­ra­tions conduites en paral­lèle par la Depp nest pas auto­ri­sée (...) »

Justement qu'en est-il des résultats publiés par la Depp ( Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance ) ?

« (...) sur douze Notes d’informations annuelles annoncées dans le programme de travail 2011, et qui devaient être publiées entre janvier et juillet 2011, seules quatre ont été publiées pendant cette période (...) Aucune des treize Notes d’informations occasionnelles, portant sur des thèmes moins récurrents, n’est accessible. Des publications validées et prêtes à être diffusées sont retenues en attendant une éventuelle communication du ministre sur le sujet, ou un moment plus propice pour qu’elle ne génère pas de polémique dans le débat social (...) »

Cliquez sur l'image pour l'agrandir

Évolution du nombre de Notes d'Information publiées par les services statistiques de l'Éducation depuis 2000 - Source Interstat

On ne peut rien leur cacher !

Quant à Luc Chatel, que VousNousIls, l'E-mag de l'Education, et Le Monde ont essayé d'interroger, la réponse a été nette et claire : « Le ministère de l'éducation n'a pas souhaité réagir » et dans la mesure où qui ne dit mot ...


Crédit Photo
Montesquieu Volvestre

07 novembre 2011

La très belle « prime dividendes » des salariés ... de l'UMP ?

Alors que le gouvernement avec l'assentiment de l'UMP, doit annoncer aujourd'hui de nouvelles mesures d'austérité, on apprend que les salariés de l'UMP vont toucher de de 1.000 à 2.000 euros au titre ... de la « prime dividendes » !

La Prime dividendes inventée par le Président de la République pour récompenser les « efforts consentis par les salariés pendant la crise » est, on le sait aujourd'hui, un flop monumental ! Ce qui n'avait pas empêché Xavier Bertrand de justifier cette mystification en déclarant : « Pour certaines entreprises, c'est 150 euros, d'autres 200, d'autres 600 (...) s'il n'y avait pas eu cette loi, on ne toucherait rien du tout (...) »

On pourra s'étonner toutefois que ce dernier n'ait publié aucun communiqué ou réaction enthousiastes au sujet du seul endroit en France où les salariés vont toucher une prime de 1000 à 2000 euros !

Il faut dire, à sa décharge que les 120 heureux salariés récompensés pour avoir fait des efforts pendant la crise, ne travaillent pas dans une entreprise mais ... à l'UMP, si l'on en croît le dernier numéro du JDD qui a publié hier une brève dont nous vous donnons ci-dessous l'intégralité.

« Les 120 salariés de l’UMP vont recevoir l’équivalent d’un 13e mois au titre de la « prime dividendes » créée par le gouvernement. Le montant sera compris entre 1.000 et 2.000 euros. Jean-François Copé fait observer que l’UMP a choisi d’être exemplaire puisque cette prime est obligatoire seulement pour les entreprises versant des dividendes à leurs actionnaires»

On rappellera pour mémoire à Jean-François Copé, les termes de : « Loi de financement rectificative de la sécurité sociale pour 2011 qui institue la « prime dividendes » , également appelée « prime de partage » des profits »

« (...) Plusieurs critères définissent les sociétés concernées par le versement de la prime dividendes : Type de sociétés concernées : sociétés commerciales (SA, SAS, SARL, SNC...)

Versement des dividendes aux associés ou actionnaires : la société doit avoir attribué à ses associés ou actionnaires des dividendes, dont le montant par part sociale ou par action est en augmentation par rapport à la moyenne des dividendes par part sociale ou par action versés au titre des deux exercices précédents
(...) »

A moins que l'UMP n'ait changé de statut et que ses dirigeants n'aient perçu des dividendes, on voit mal en quoi cette prime « exemplaire » est justifiée !

Autre particularité de cette « prime dividendes » : Elle proviendra en tout ou partie des subventions publiques aux partis politiques ( 54 019 008 € en 2009 - CNCCFP Page 5 )

Quant à la santé financière de l'UMP, nous l'évoquions en décembre 2010 : « L'UMP, qui accusait un déficit de 30 millions d'euros après la présidentielle de 2007, table sur un retour à l'équilibre en 2011, a déclaré à l'AFP son trésorier Dominique Dord (...) Et pour ce qui concerne les comptes de 2010, celui-ci prévoit : (...) un déficit réduit à 3 à 4 millions d'euros à la fin de l'année, pour un retour à l'équilibre en 2011 (...) »

Cela n'avait pas empêché l'UMP, en juin 2010, de se lancer dans l'acquisition de son nouveau siège de 5 500 m2 « baigné de lumière », situé au 238, rue de Vaugirard, pour un montant de 40 millions d'euros, qu'elle allait, selon Xavier Bertrand, emprunter. Les conditions du prêt étant très probablement liées au versement du financement public issu des futurs résultats électoraux de l'UMP en 2012 et à la générosité des donateurs privés !

Donc, vous constaterez que tous les critères retenus pour le versement d'une « prime dividendes » sont bien réunis !

Allons, ne boudons pas notre plaisir, puisque 120 salariés français vont toucher beaucoup plus que les 1000 euros, suggérés à l'origine, par François Baroin. Ce qui devrait mettre du baume au coeur des salariés dont quelques uns se sont vu proposer en moyenne 300 euros et les autres de 8 à 20 euros ou même ... rien du tout !


Crédit photo
Cap Info

04 novembre 2011

« Nominations irréprochables » : Vers une nouvelle récidive de l'Elysée ?

L'Elysée envisagerait de nommer un de ses proches collaborateurs à la tête de l'une de nos plus belles ambassades. Problème : Il ne remplit pas les conditions exigées par le statut diplomatique. Encore une future « Nomination irréprochable » ?


En septembre dernier nous rappelions avec quelle désinvolture notre Président avait géré son intention de ne procéder qu'à des nominations irréprochables. Nous indiquions notamment celle de Dominique Tibéri nommé contrôleur général économique et financier de première classe, malgré l'avis défavorable à l'unanimité des six membres de la commission chargée d'apprécier l'aptitude des candidats.

Si l'on en croît le très informé Acteurs Publics, l'Elysée essayerait d'imposer un de ses conseillers, Damien Loras, actuellement : Conseiller des Amériques, de la Russie, du Caucase, des Balkans et de l'Asie centrale de la Présidence, à la tête d'une de nos plus belles ambassades : Celle du Brésil.

Or, la CFDT du Ministère des Affaires Etrangères qui indique que : « L’intéressé n’a jamais, exercé de fonctions d’encadrement comme l’exige pourtant le statut diplomatique » serait prête à saisir le Conseil d'Etat, en cas de passage en force de l'Elysée.

Que dit Acteurs Publics

« Damien Loras, 41 ans, membre de la cellule diplomatique de l’Élysée, est pressenti pour être nommé ambassadeur à Brasilia (...) Ce n’est encore pour l’instant qu’un projet, mais il fait déjà beaucoup de bruit dans le Landerneau diplomatico-administratif. L’Élysée songe à nommer l’un de ses jeunes conseillers, Damien Loras, à la tête de l’une des plus belles et plus importantes représentations du réseau diplomatique français, l’ambassade de France au Brésil (...) La CFDT du ministère, très vigilante sur ces questions, estime que Damien Loras ne satisfait pas à l’une des deux conditions posée par le décret n°2009-588 du 25 mai 2009 - art. 1 modifiant le décret du 6 mars 1969 relatif au statut particulier des agents diplomatiques et consulaires, à savoir qu’il convient d’avoir exercé des responsabilités dans l’encadrement pour pouvoir être nommé ambassadeur (...) »

Qui est Damien Loras ?

Le Figaro nous donnait en 2007 quelques précisions sur le personnage :

DAMIEN LORAS - La cheville ouvrière à l’Elysée

« Diplomate, actuellement conseiller technique à la cellule diplomatique de l’Elysée, il travaille sous les ordres de Jean-David Levitte. Damien Loras était membre du cabinet de Philippe Douste-Blazy, ministre des Affaires étrangères du dernier gouvernement Villepin. Il a effectué l’essentiel de sa jeune carrière à l’ONU, où il occupait la fonction de premier secrétaire de la mission française auprès de l’ambassadeur Jean-Marc de La Sablière, représentant permanent de la France aux Nations unies. Il y était plus particulièrement chargé du Moyen-Orient (...) »

Le poste d'Ambassadeur au Brésil est-il vacant ?

Certes non, puisque explique Acteurs Publics : « Sondé sur une nouvelle affectation (....) l'actuel ambassadeur (...) Yves Saint-Geours aurait refusé la direction générale de la mondialisation du ministère (...) » De plus l'actuel titulaire du poste, comme ses prédécesseurs appartient au grade supérieur de ministre plénipotentiaire ou de conseiller d’État, ce qui n'est pas le cas de Damien Loras.

La CFDT du Quai d'Orsay ayant précisée qu'elle ne cèderait pas, il se murmure que Damien Loras pourrait dans ce cas ambassadeur à Mexico. Ce qui ne règlerait rien écrit Acteurs Publics car : « (...) Sur le fond, le problème reste le même et le syndicat attaquerait le décret de la même façon (...) »

Il va donc falloir que l'Elysée et le Ministère des Affaires Etrangères se creusent la tête pour permettre au conseiller du Président de trouver un point de chute agréable. Ou bien renoncer au projet de nomination. Ce qui aurait pour avantage de rendre, pour une fois crédible, l'engagement de notre Président sur les « nominations irréprochables »


Crédit photo
Ambassade de France au Brésil

03 novembre 2011

Responsabilité sociale des entreprises : De qui se moque Laurence Parisot ?

Le Medef l'affirme, il va coordonner des réflexions croisées sur la responsabilité sociétale de l’entreprise au B20, version patronale du G20. Or, c'est lui qui a réussit avec l'aide des députés à vider de sa substance le contenu du texte de loi français sur la RSE !

Faites ce que je dis, pas ce que je fais ! Cette expression populaire correspond bien à l'action du Medef, en ce qui concerne la responsabilité sociale des entreprises.

En effet, il faut une sacré dose de mauvaise foi pour écrire : « (...) Bien que le gouvernement français n’ait pas inscrit la RSE à l’ordre du jour du prochain G20, le MEDEF a jugé indispensable d’aborder la question dans le cadre du B20, opportunité exceptionnelle de débattre ensemble de ce sujet à forte dimension mondiale (...) Et le Medef, d'évoquer les ateliers suivants : Régulations financières, Développement, Dimension sociale de la RSE et Anti-corruption.

C'est d'autant plus amusant que, depuis plusieurs mois, le Tandem AFEP/Medef, n'a cessé de faire du lobbying, auprès des députés de la majorité, pour vider de son contenu l'article 225 de la loi Grenelle 2, qui définit les termes de la responsabilité sociale des entreprises.

Ce qui est confirmé par Bertrand Pancher, député UMP de la Meuse, qui a déclaré : « (...) ces mêmes organisations ont réussi à mobiliser la partie la plus conservatrice de la majorité, laquelle, malgré des appels à la sagesse du gouvernement et du président de la commission des lois, met au pilori cet important dispositif (...) »

Chronique d'un détricotage !

Tout d'abord, le Medef et l'AFEP, suivit en cela par le gouvernement avaient obtenu de larges assouplissements, à la liste des obligations applicables aux entreprises non cotées, par rapport à celles des sociétés cotées. La CGT citée par Ressources solidaires donne comme exemple : Auchan qui, dans ce cas, n'aurait aucune obligation de communiquer : « les informations concernant les CDD et l’intérim, celles relatives aux plans de réduction des effectifs et plans de sauvegarde de l’emploi, le temps partiel, l’intéressement, la participation et l’épargne salariale »

Novethic explique de son côté : « (...) L’objectif des lobbyistes coté entreprises était ouvertement de limiter le (...) l’obligation de faire évaluer par un tiers les données environnementales et sociales de l’entreprise (...) Un premier coup de butoir avait été porté à l’article 225 avec la suppression de la possibilité pour les institutions représentatives du personnel et les parties prenantes participant à des dialogues avec les entreprises de présenter leur avis sur les démarches de responsabilité sociale, environnementale et sociétale (...) »

Et pour conclure : « (...) Les députés ont voté dans la nuit du 11 au 12 octobre un amendement qui repousse d'un an l'obligation de reporting environnemental et social des entreprises, prévue par l'article 225 de la loi Grenelle 2 (...) » Et bien entendu établit : « (...) la distinction entre entreprises cotées et non cotées pour les obligations de rapport annuel sociétal (...) » et ce, malgré l'avis défavorable du Conseil d'Etat. - Actu Environnement

Et de quelle façon ! Puisque, cet amendement a été adopté lors de l'examen en séance publique à l'Assemblée de l'article 10 de la proposition de loi fourre-tout sur la simplification administrative présentée par le député UMP Warsmann.

En clair, un sabotage en règle qui vide de toute sa substance la notion de responsabilité sociale dont le Medef se targue d'être un des plus fervents défenseur et promoteur !

Jean Pierre Bompard, économiste, et négociateur des « Grenelle » de l'environnement, écrit pour sa part : « (...) Pendant ce temps, rien ne se fait, et la RSE n’avance pas. La stratégie de lobbying du Medef détricote le Grenelle de l’environnement. Après les menaces de délocalisation liée au prix du CO2 (...) les lois Grenelles qui représentaient une réelle avancée risque de devenir une coquille en partie vide. Vide dans le domaine des nouveaux droits sociaux »

C'est donc forte de cette stratégie de « nettoyage par le vide » que Laurence Parisot va apporter son expertise pour coordonner : « des réflexions croisées sur la responsabilité sociétale de l’entreprise » au B20/G20.

Une preuve de cette expertise ?

Les patrons du B20 ont indiqué qu'ils insisteront fortement sur les efforts que le G20 doit faire : « (...) au niveau international pour améliorer le fonctionnement des marchés du travail et stimuler la création d’emplois, en favorisant la souplesse et les formes de travail flexibles (...) » On se disait aussi ...


Crédit et copyright photo
20Minutes

02 novembre 2011

Santé des français : En route vers un grand krach sanitaire ?

Les députés ont adopté le 27 octobre, un amendement du gouvernement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2012 qui instaure le secteur optionnel. Les malades seront une fois de plus les dindons de la farce !


Après le doublement de la taxe sur les contrats de santé solidaires et responsables des complémentaires santé, qui devrait, selon la Mutualité française, entraîner une hausse des tarifs de 4,7% en moyenne en 2012 , le gouvernement a présenté un amendement voté par les députés, qui instaure un secteur optionnel, destiné à règlementer les dépassements d'honoraires pour : les trois spécialités de chirurgie, gynécologie-obstétrique et d’anesthésie-réanimation, et pour les seuls médecins du secteur 2.

Or, cette nouveauté, loin de limiter les dépassements d'honoraires, pourrait bien provoquer, une forte augmentation généralisée des consultations médicales !

Pourquoi cet amendement du gouvernement ?

Il faut pour cela se souvenir que les dépassements d'honoraires sont :« Théoriquement soumis « au tact et à la mesure », ces dépassements d’honoraires sont en fait incontrôlés. Ils s’imposent à des personnes qui, confrontées à la maladie, constituent une patientèle captive et obligée d’accepter - par absence d’alternative - les conditions financières des soins qui leur sont proposées. Les dépassements d’honoraires augmentent donc sans que quiconque n’intervienne pour les réguler (...) » nous dit le Collectif interassociatif Sur la Santé

D'où l'idée du gouvernement de créer un secteur optionnel limitant les dépassements tout en donnant des contre parties aux médecins le choisissant.

Que Choisir ? expliquait en septembre dernier : « (...) Le secteur optionnel, en discussion depuis 2004, autoriserait certains médecins spécialistes (chirurgiens, anesthésistes, gynécologues obstétriciens) à pratiquer des dépassements d’honoraires pouvant atteindre 50 % du tarif de sécurité sociale, à condition qu’ils réalisent 30 % de leurs actes au tarif conventionné. Les médecins concernés bénéficieraient d’un financement d’une partie de leurs cotisations sociales par la collectivité (...) »

Or la création de ce nouveau secteur, loin de contenir les dépassements d'honoraires des professionnels ayant fait le choix des honoraires libres, pourrait bien donner des idées à ceux qui les appliquent encore : « au tact et à la mesure »

Car, écrit le blog santé mutuelle : « (...) le secteur optionnel représentera bien entendu une aubaine pour les médecins qui se situaient jusque là en dessous du niveau de dépassement retenu. Ce qui les encouragerait à demander systématiquement 50% de dépassements, le plafond légal qui serait instauré »

Ce que confirme Que Choisir ?

« (...) Dans les zones en tension (Paris, Côte d’Azur), les médecins, qui pratiquent aujourd’hui des dépassements plus élevés que le plafond, n’adhéreront pas au nouveau secteur, qui ne sera donc d’aucune utilité. A l’inverse, dans des régions où les spécialistes pratiquent des dépassements plus limités, la fixation d’un plafond, avec prise en charge imposée aux complémentaires santé, se traduira très probablement par un alignement de tous sur ce nouveau tarif (...) »

Ce qui pourrait pénaliser un peu plus la santé des français, dans la mesure où, comme tout le monde le sait, les dépassements d'honoraires ne sont pas pris en charge par l'Assurance Maladie et que seuls les patients disposant d'une complémentaire de santé peuvent, sous certaines conditions, les faire prendre en charge par leur assurance privée.

Or les mutualistes ne sont absolument pas d'accord pour prendre en charge le nouveau secteur optionnel. Ils l'ont expliqué dans un communiqué : « (...) La Mutualité Française s’oppose à une obligation de prise en charge des dépassements d’honoraires qui ne répond pas aux enjeux de l’accès à des soins de qualité (...) »

Conséquences ?

Que Choisir ? résumait parfaitement bien ce qui attend les français : « (...) Pour l’usager en effet, loin de l’avancée promise, c’est un nouveau renchérissement du coût de sa santé qui se profile, après l’explosion de 6,7 milliards d’euros entre 2006 et 2010 (...) La mise en œuvre du secteur optionnel entraînerait automatiquement une nouvelle augmentation des cotisations de complémentaire santé, avec la répercussion sur les assurés des honoraires supplémentaires à rembourser. Elle signifierait en outre que les 4 millions de Français dépourvus de couverture complémentaire devraient assumer seuls le poids écrasant de ces nouveaux dérapages tarifaires (...) »

4 millions dont une partie pourraient n'avoir d'autre recours que les ONG comme Médecins du Monde qui publiait le 17 octobre, son baromètre annuel de l’accès aux soins en France et évoquait l'imminence d'un krach sanitaire pour les plus précaires, dont le nombre devrait irrémédiablement augmenter, sous les effets conjugués de la rigueur du chômage et du prix de la santé !

Mais comme le déclarait notre Président, en 2007 : « Je ne serai pas celui qui ira raconter aux Français que l’on ne dépensera pas plus pour la santé des Français. On dépensera davantage »


Crédit photo
Buzz santé

01 novembre 2011

Loi sur le cumul des mandats : De qui se moque Christian Estrosi ?

Christian Estrosi l'un des champions du cumul de mandats a déposé très récemment une proposition de loi visant limiter le cumul des mandats. Humour ou provocation de la part de l'un des champions de ce « sport » ?


Détesté par une grande partie des parlementaires, mais de plus en plus réclamée par les citoyens électeurs, le débat sur le cumul de mandats électifs revient sur le devant de la scène. Il était temps diront certain, d'autant que comme le précise l'Internaute : « (...) En France, 87 % des parlementaires occupent au moins un mandat ou une fonction supplémentaire en dehors de l'Assemblée ou du Sénat (...) »

Le débat est officiellement relancé sous la forme d'un projet de loi : « visant à accélérer le renouvellement de la classe politique en limitant le nombre de mandats consécutifs, n° 3882, déposée le 28 octobre 2011 et renvoyée à la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la république » Heureuse initiative qui perd tout son sérieux, lorsqu'on apprend que le député porteur de cette proposition de loi organique est l'un des champion du cumul : Christian Estrosi !

En effet, L'Internaute avait, l'année dernière, révélé dans un de ses dossiers : « Qui sont les champions du cumul des mandats ? » le nom de ceux qui se distinguent dans le domaine. Et le vainqueur était ?

1er ex-aequo : Christian Estrosi : « (...) champion du cumul des mandats en France (...) »

Au delà du fait que Christian Estrosi aurait pu de lui même abandonner un ou plusieurs de ses mandats actuels, pour crédibiliser sa proposition de loi, il est intéressant de lire, comment il conçoit la fin du cumul.

Eh bien : Il commence par justifier ... le cumul de mandats !

« (...) ce débat est un faux débat, car le cumul des mandats entre local et national est indispensable. Lui seul permet un meilleur ancrage dans les territoires, sur le terrain, une meilleure connaissance des problèmes locaux, et une plus grande proximité avec les citoyens (...) »

On pourra d'ailleurs trouver confirmation de cet ancrage local et national dans un article de Rue89 publié en septembre 2010 : « Sept raisons pour cumuler les mandats en toute mauvaise foi ». On y retrouvait Estrosi qui expliquait qu'il avait juré se consacrer à sa ville de Nice : « Je consacrerai l'essentiel de mon énergie à ma seule ville de Nice, si jamais les Niçois me confient l'administration de leur ville pour les six ans qui viennent. Je démissionnerai immédiatement du gouvernement (...) Je ne reviendrai pas sur ce choix (...) » ce qui le l'a pas empêché de devenir dans la foulé président du conseil général des Alpes-Maritimes et président de la communauté urbaine Nice-Côte-d'Azur, député et ministre !

Que dit-il du débat sur le cumul des mandats et quelle est sa proposition ?

Pour Christian Estrosi sur son blog : « Le débat n’a jamais été posé sous le bon angle. Il ne s’agit pas de limiter les mandats entre local et national, qui sont et doivent demeurer complémentaires, mais il s’agit de permettre un meilleur renouvellement de la classe politique. D’où ma proposition de limiter à deux le nombre de mandats consécutifs pour agir plutôt que de se maintenir »

Cette proposition a t-elle la moindre chance d'aboutir ?

Même l'intéressé n'y croit pas vraiment puisqu'il déclare qu'elle constituera : « (...) une contribution dans le débat pour la présidentielle 2012 (...) »

Et dans la mesure où on a vu avec quel acharnement les élus de la majorité on défendu et obtenu le maintien de l'écrêtement (leur surplus d'indemnités ) destiné dans certains cas à rémunérer un proche ou un ami sans s'exposer aux poursuites pour emploi fictif. On se dit que la proposition de Christian Estrosi tient au mieux, de l'aimable plaisanterie, au pire d'une provocation d'élu cumulard qui s'assume !


Crédit photo
L'Express

31 octobre 2011

G20 des patrons : Le retour du « faciliter les licenciements pour mieux embaucher » ?

Au B20, version patronale du G20, on devrait parler croissance et emploi. Les solutions devraient faire la part belle à la flexibilité des salariés du moins si l'on en croit les propositions du groupe des fédérations industrielle, le représentant des industriels au sein du Medef !


Laurence Parisot vit son heure de gloire. En effet, on peut lire sur le site du Medef : « La présidence française du G20 a demandé au Medef d’organiser, en marge du sommet des chefs d’Etat, un B20 qui réunira les organisations patronales et les entreprises des 20 pays les plus industrialisés (...) »

L'une de ces thématiques abordée, porte le nom de : Emploi et dimension sociale. Elle est présentée sur le site du B20 de la façon suivante : « Suite à la crise financière et économique, entraînant une augmentation du chômage, de la pauvreté et des inégalités ainsi que des bouleversements au sein des entreprises, le Sommet du G20, ainsi que la communauté des affaires, s’attaqueront aux problèmes d’ordre économique et social (...) »

Bien que, précise le JDD : « (...) rien ne s’y décide de concret (...) Le G20 est (...) l’occasion d’un face-à-face au sommet entre chefs d’État et chefs d’entreprise (...) Raison de plus pour que les salariés soient attentifs aux solutions que les organisations d'employeurs proposeront.

On peut néanmoins en avoir un aperçu en lisant le : « Nouveau Pacte pour l’Industrie, pour la Croissance et pour l’Emploi », présenté le 25 octobre 2011 par le Groupe des Fédérations Industrielles (GFI).

Groupe des Fédérations Industrielles, Késako ?

Selon leur site web : « Créé en 1988, le Groupe des Fédérations Industrielles (GFI) rassemble les plus importantes fédérations industrielles françaises et représente ainsi environ 80% de l’industrie (...) Les fédérations industrielles composant le GFI représentent l’industrie au MEDEF (...) »

De quoi parle ce pacte ?

« Avec un Nouveau Pacte pour l’Industrie, pour la Croissance et pour l’Emploi, le GFI apporte la contribution de l’industrie aux débats publics qui précèderont les élections de 2012. Ce Pacte propose un choc de compétitivité pour créer les conditions d’un nouveau développement de l’industrie en France »

On y trouve 12 propositions allant de : l'ambition industrielle pour le pays clairement affirmée et mise en oeuvre en passant par : une réglementation fiscale, juridique et environnementale simplifiée et surtout, l'explication du : « choc de compétitivité ».

Point 5 : « Pour améliorer la croissance et l'emploi, le GFI propose de : réduire significativement le coût du travail en France, en basculant une partie du financement de la protection sociale vers la fiscalité (TVA, CSG,…) »

Celà suffirait-il à relancer l'emploi ? Certes non mais le GFI a d'autres pistes qu'on pourrait qualifier de « fantasmes ultimes » du patronat français

« (...) En France, la croissance est contrainte par de multiples obstacles : (...) Une législation et une réglementation du travail qui freinent l’embauche en période de croissance et handicapent l’ajustement rapide des effectifs de l’entreprise en période de ralentisse­ment de l’activité (...) »

Car, tout le monde sait que lorsqu'on simplifie les procédures de licenciement, les employeurs se mettent brutalement a embaucher. Il n'y a qu'à voir les « brillants résultats » de la rupture conventionnelle, qui aura servi essentiellement à se délester des plus de 50 ans. Quant à la suppression/transfert de la protection sociale il faudrait être assez naïf pour ne pas croire qu'il permettrait aux entreprises d'augmenter leurs marges et la rétribution des actionnaires !

Mais là où les salariés doivent être les plus vigilants c'est sur le dialogue social. Et là, on touche au sublime puisqu'il s'agit de laisser : « (...) la responsabilité et la liberté aux parte­naires sociaux représentatifs de négo­cier et de décider entre eux les compro­mis les meilleurs en matière d’emploi, de durée du travail et de rémunérations (...) »

Dans le détail

« Rendre aux partenaires sociaux le réel pouvoir de négociation et de décision sur l’emploi, la durée du travail, les rémunérations. Faciliter la gestion conjoncturelle de l’emploi dans les entreprises, leur per­mettant d’adapter en temps réel le niveau des effectifs avec celui de l’ac­tivité tout en sécurisant les parcours professionnels des salariés concernés » Et le GFI d'ajouter (sans rire) : (...) Tant que la pression de l’exécutif et du législatif s’exercera en France sur ce qui doit être négocié par les partenaires sociaux en liberté et en responsabilité, il est illusoire d’imaginer une améliora­tion sensible et durable de la situation de l’emploi (...) »

Qu'arriverait-il dans ce cas ? Eh bien l'application de ce que le GFI appelle la facilitation de gestion conjoncturelle dans les entreprises et dans les branches !

« (...) L’intensité et la vitesse de diffusion de la crise économique de 2008/2010 ont exigé des entreprises une réactivité sans précédent pour s’adapter à des chutes d’activité comprises entre 20 et 30 % en moyenne, certaines atteignant plus de 50 % en quelques semaines ! Sans cette réactivité, l’entreprise peut disparaître (...) »

Ce qui aboutit à cette recommandation : « Le GFI recommande que la gestion des effec­tifs en période de crise soit totalement revue en confiant aux partenaires sociaux le soin de définir les solutions pertinentes préser­vant au maximum les capacités de rebond (...)»

Au fait, pour ceux qui l'ignoreraient, le président du GFI se nomme Pierre Gattaz et est le fils d'Yvon Gattaz qui dirigea le CNPF (ancêtre du MEDEF) et avait annoncé en 1986 que la suppression de l'autorisation administrative de licenciement se traduirait par la création de 400 000 emplois. Ce qui avait eu pour effet de : faciliter, pour les entreprises, le recours aux contrats à durée déterminée, au travail temporaire, et au travail à temps partiel.

Etonnant non ?


Crédit et copyright photo
B20

28 octobre 2011

Frédéric Lefebvre : Comment tuer une association hostile au gouvernement ?

Pas assez docile aux yeux du gouvernement, la Confédération nationale du logement, l'une des principales association de locataires, pourrait se voir supprimer sa subvention annuelle. Un nouvel exemple de démocratie exemplaire ?


Comme l'affaire de la candidature avortée de Jean-Louis Borloo l'a montrée, à l'UMP, on est un grand spécialiste de la démocratie par ... asphyxie financière . En effet, menacer de couper les vivres à un adversaire est toujours efficace.

Il semble bien que c'est cette technique, assez méprisable, que Frédéric Lefebvre, le : Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie, chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, du Tourisme, des Services, des Professions Libérales et de la Consommation, est en train d'utiliser contre la turbulente, mais indispensable Confédération nationale du logement (CNL).

Qui est la CNL ?

Elle se présente comme la : « Première organisation nationale d'habitants (69 000 adhérents)» Elle définit son action de la façon suivante : « (...) défendre l'intérêt des locataires et des accédants à la propriété (...) » et revendique : « le droit au logement pour tous et une démocratie et une citoyenneté véritables dans l'habitat »

Ses 89 fédérations, de ses 21 associations régionales et de ses 4 640 associations locales attestent de sa représentativité. Ce qui l'amène à interpeller nombre de ministres sur des sujets que ceux-ci aimeraient bien éviter.

Depuis trente ans la CNL obtenait son son agrément, préalable nécessaire pour obtenir l’aide de l’Etat, jusqu'à l'arrivé du « très progressiste » Hervé Novelli qui a bloqué leur subvention en septembre 2010.

Explication par la CNL

« (...) En novembre dernier, le ministre de la consommation, M. Hervé Novelli, a refusé de renouveler l’agrément consommation de la CNL pour les cinq années à venir sous le prétexte que le nombre d’adhérents et le montant des cotisations n’étaient pas joints au dossier (...) la CNL a fourni tous les élements en temps et en heure à l’administration (...) Les services ont pris un soin particulier à s’acharner contre la CNL : perte à plusieurs reprises des éléments du dossier, demande d’un recours gracieux au ministre de la consommation égarée, les tracasseries ont été incessantes (...) »

Ne pouvant pas réutiliser ce subterfuge, son successeur, Frédéric Lefebvre a trouvé une nouvelle astuce tout aussi méprisable pour continuer le blocage de la subvention. Selon lui, l'obstacle au renouvellement de son agrément, serait lié au fait que la CNL aurait : « des partenariats avec les entreprises privées. Cela remet en cause son indépendance, donc son agrément »

Et la CNL de signaler que ces partenariats qui existent depuis trente ans n'ont jamais posé de problème en ce qui concerne cet agrément. Oui, mais rappelle Le Figaro, ces dangereux activistes ont eu la mauvaise idée de : chahuter le secrétaire d'Etat au logement Benoist Apparu l’an dernier à Strasbourg, lorsqu’il avait annoncé son intention de ponctionner 340 millions d'euros par an des caisses d’organismes HLM.

Conséquences du blocage : « (...) la CNL ne peut plus ester en justice, c’est-à-dire qu’elle ne peut plus défendre, devant les tribunaux, les milliers de consommateurs qui lui font confiance au quotidien pour les aider à régler leurs litiges. Deuxièmement, la CNL ne peut plus siéger au Conseil national de la consommation, alors que depuis des années, elle y mène une activité importante (...) » Et enfin, le non versement de la subvention : « (...) a un fort impact sur son budget et met en danger son fonctionnement (...) »

La CNL conclut : « (...) cette décision est révélatrice d’une volonté politique délibérée de faire taire les associations de consommateurs un peu trop revendicatrices en leur coupant leurs moyens financiers mais aussi légaux pour défendre les usagers (...) » - Source CNL

On ne peut rien leur cacher !

Crédit photo
Le Pays

27 octobre 2011

Les DRH prédisent l'explosion sociale en France pour 2012 !

Entreprise & Personnel , le think tank des DRH de grandes entreprises envisage une explosion sociale, due à la rigueur en 2012. Il appelle les patrons à faire preuve de pédagogie et à se montrer exemplaires en termes de responsabilité sociale. Pas gagné !

Inconnu du grand public mais adulé par les experts et journalistes économiques, la note de conjoncture d' Entreprise & Personnel, est attendue, tous les ans comme le messie. Il faut dire que ce think tank regroupe aujourd'hui plus de 110 des grandes entreprises, organisations privées et publiques.

Originalité de leur dernière note de conjoncture : Une vision apocalyptique de la situation sociale. En clair, une explosion sociale liée à la rigueur qui devrait s'accroître en 2012 et à l'incompréhension grandissante entre les salariés et leurs employeurs.

Sandra Enlart directrice général d'Entreprise & Personnel s'en expliquait sur BFM Business le 21 octobre dernier.

Outre indiquer aux entreprises qu'il est nécessaire de faire attention au climat social interne, elle prône la pédagogie du : « Vivre ensemble » et les appelle à assumer leurs responsabilités et obligations et se montrer exemplaires termes de responsabilité sociale. Elle tire également la sonnette d'alarme sur le dialogue social en panne, craignant que les partenaires sociaux ne se fassent déborder par leur base !

Quelques extraits du rapport sur l'avenir des salariés en 2012 ?

De nouvelles délocalisations à venir !

« (...) L’atonie des marchés européens et américains risque en outre d’entraîner des délocalisations vers l’Asie et l’Amérique du Sud (...) ce contexte doit inciter les entreprises à redoubler d’efforts d’« explication » des stratégies auprès de salariés déboussolés (...) » - Le Collectif

Les salaires en berne !

« (...) Pour les grandes entreprises, ce rendez-vous risque d'être difficile (...) Elles vont annoncer de bons résultats, la distribution de bonus mais leurs politiques salariales vont tenir compte des réalités économiques et de l'inflation. Les négociations risquent d'être tendues (...) Et la prime dividende n'est pas venue simplifier les discussions. Elle a généré plus de déceptions que d'attente (...) elle aura un impact sur la renégociation des accords d'intéressement et sur les politiques de rémunération en 2012 »- Actuel-RH

« Des entreprises qui (...) vont devoir expliquer à leurs troupes pourquoi, alors qu’elles vont enregistrer en 2011 des résultats records, elles vont revoir à la baisse les augmentations de salaires qu’elles prévoyaient encore au printemps dernier : leur hausse devrait ainsi être comprise entre 2 % et 2,5 % contre les 3 % précédemment annoncés »- Pour se former

Le chômage en augmentation !

« Le chômage de longue durée tout comme le chômage des jeunes devraient repartir à la hausse (...) Les entreprises devraient continuer à maîtriser les coûts et à couper dans les effectifs afin de maintenir leur compétitivité (...) »

Le modèle social remis en cause ?

« (...) Personne ne peut dire aujourd'hui si, même en augmentant les prélèvements fiscaux, on pourra préserver notre modèle social ou s'il faudra le remettre en cause (...) les questions de son coût et de son financement, notamment via la TVA sociale, on ne les évitera pas (...) » - Blog Marc Landré

TVA sociale que, justement, le MEDEF vient de revendiquer en réclamant un transfert de 30 à 80 milliards vers les consommateurs qui, du coup ... diminueront leurs achats auprès des entreprises qui, elles mêmes diminueront le nombre de leurs salariés ....

Devant ce cocktail de « bonnes nouvelles», Entreprise & Personnel ajoute : « Reste à se demander jusqu'où le corps social acceptera ces restrictions » bonne question à laquelle devront répondre les candidats à la candidature suprême et surtout le vainqueur de l'élection présidentielle !

Crédit et copyright image
Fañch Ar Ruz

26 octobre 2011

Monsieur le Président : Et si vous nous reparliez des paradis fiscaux ... disparus ?

En 2009, Selon Nicolas Sarkozy, les paradis fiscaux, c'était terminé. Or, en 2011, la moitié des échanges commerciaux transitent toujours par les paradis fiscaux. En sera t-il question au G20 de Cannes ? Rien de moins certain.


Si l'on en croit la très informée Mathilde Dupré, du CCFD-Terre Solidaire, et auteure du rapport « Paradis fiscaux : le G20 de la dernière chance » : « (...) La moitié des échanges commerciaux transitent par les paradis fiscaux. « Ils abritent 21% des filiales des 50 premières grandes entreprises européennes et le problème n’est pas tant celui des « petites îles » mais davantage celui des grandes places financières occidentales, qui abritent la plus importante partie de la finance off shore (...) »

Donc, contrairement à ce qu'affirmait notre Président en 2009 : « Il n'y a plus de paradis fiscaux. Les paradis fiscaux, le secret bancaire, c'est fini » ce n'est justement pas fini !



Pour s'en convaincre, il suffit de prendre connaissance du tableau disponible pages 7, 8 et 9 du rapport de CCFD-Terre Solidaire.

Si on peut constater que pour l'OCDE il ne reste que 5 territoires non-coopératifs, du côté des organismes gouvernementaux et des ONG, les résultats sont bien différents.

Pour le Groupe d'action financière (GAFI) il existe 41 pays qui restent propices au blanchiment d’argent
Bercy, de son côté, a identifié 18 territoires qui ne coopèrent pas avec le fisc français
Et selon le réseau Tax Justice Network, le réseau d'ONG et de chercheurs, il existe au moins 54 territoires qui cultivent un fort degré d’opacité.

CCFDTerre Solidaire dans son rapport pose LA question : Le G20 peut-il publier une liste exhaustive des paradis fiscaux ?

La réponse est claire et nette : NON. Et pourquoi ?

« Pour la simple et bonne raison que les États membres représentent à eux seuls 39 % de l’opacité internationale, et 88 % si on y ajoute les autres pays de l’Union européenne et les territoires sous son influence (...) » Et l'ONG d'indiquer : « (...) parmi les premiers pourvoyeurs d’opacité, dans lesquels afflue l’argent sale (produit de l’évasion fiscale, de la corruption ou d’activités criminelles), on trouve le Luxembourg, les États-Unis, la Suisse, les îles Caïmans et Hong Kong (...) » Mais aussi (Voir tableau page 12 du rapport des « territoires les plus nocifs ») : Le Japon, l'Allemagne, le Royaume Uni et la Belgique !

Mais alors, à quoi ont servi les fameux « traités d’échange d’informations avec au moins 12 autres territoires » à qui ils promettent de communiquer des renseignements en matière fiscale, à la demande ?

Rappelons tout d'abord que ceux-ci excluaient : « (...) les territoires un peu trop connectés politiquement à certains États du G20 comme les îles vierges britanniques ou Hong-Kong ou Macao (...) » Ce qui a eu le don de mettre en rage la Suisse qui affirme que la plupart des fonds hébergés chez elle s'y seraient réfugiés en toute impunité depuis 2 ans !

En ce qui concerne les autres pays, CCFDTerre Solidaire nous explique qu'il : « (...) a suffi pour de nombreux paradis fiscaux de signer des traités entre eux ou avec des partenaires non significatifs pour atteindre le chiffre de 12 (...) Il est probable, par exemple, que l’Italie aurait su faire meilleur usage d’une convention d’échange de renseignements fiscaux avec Monaco que les Bahamas ou le Groenland mais la Principauté a préféré ces deux derniers (...) »

Alors, lorsque l'OCDE se satisfait des 14 milliards de dollars, que la lutte contre les paradis fiscaux a rapporté depuis deux ans, on pourrait être tenté de sourire lorsqu'on sait que le montant est, non significatif, par rapport à l'ampleur de la fraude et l'évasion fiscale !

Car comme le rappelle CCFD-Terre Solidaire (en pages 57 et 58 de son rapport ) : Les entreprises multinationales n'ont pas d'obligation de publier leurs comptes pays par pays. Les sociétés écran se portent bien. Et, la délinquance économique et financière, notamment en matière fiscale, perdrait énormément de son intérêt si elle cessait de faire l’objet d’une large impunité !

Alors, que va faire notre Président « tueur de paradis fiscaux » ?

Et bien pas grand chose semble t-il, puisque : « (...) force est de constater que les rangs de la lutte contre les paradis fiscaux au sein du G20 se sont éclaircis. Et les alliés de 2009, notamment l’Allemagne et les États-Unis semblent aujourd’hui concentrer leur attention sur d’autres sujets ou préférer des mesures unilatérales ou bilatérales (...) le Royaume-Uni qui doit une part de sa prospérité à l’envergure de la place financière londonienne, avance à reculons sur la question (...) »

Et surtout ajoute CCFD-Terre Solidaire : « Malgré les annonces de Nicolas Sarkozy en décembre 2010, la France n’a pas retenu le sujet au rang de ses priorités (...) »

C'est d'autant plus dommage que les mesures que vont évoquer les pays participants au G20 vont en partie se résumer à faire payer leurs dettes aux populations en diminuant les montants affectés à la santé, l'éducation, le traitement de la précarité, tout en augmentant sans cesse ... l'âge de départ à la retraite !

Après tout, pourquoi perdre du temps à traquer des sommes colossales qui échappe aux fiscs des pays du G20, dans la mesure où depuis 2009 : « Il n'y a plus de paradis fiscaux. Les paradis fiscaux, le secret bancaire, c'est fini » ?


Bibliographie et sources
Rapport CCFD-Terre Solidaire
Novethic : Paradis fiscaux et finance illicite
Secours Catholique

Crédit image
Stop Paradis Fiscaux

25 octobre 2011

La précarité, principale raison du miracle économique allemand ?

Si le modèle économique allemand est porté au pinacle par les responsables politiques et économiques français, force est de constater qu'on ignore la réalité sociale de celui-ci. C'est ce qu'a fait le site Myeurope qui révèle les dessous du « miracle » !

« Un vrai miracle économique: un taux de chômage historiquement bas, un commerce extérieur florissant, une croissance meilleure qu'en France, des PME orientées vers les nouvelles technologies... N'en jetez plus ! (...) L'Allemagne, c'est aussi, d'après l'OCDE, le pays développé où les inégalités et la pauvreté ont le plus progressé. 20% de travailleurs pauvres, des retraités obligés de retourner travailler pour compléter leurs maigres pensions (...) . Cette face cachée ne concerne pas seulement les oubliés du miracle allemand. Elle est une des raisons de ce miracle (...) A l’heure de la sacro-sainte nécessité d’une convergence franco-allemande, ces questions méritaient bien d’être posées. Retraites, immigration, démographie, précarité... » peut-on lire sur le site de Myeurope qui vient de consacrer un dossier en plusieurs volets : « Le miracle allemand, à quel prix ? »

Nos élites politiques ou économiques français si promptes à louer le modèle économique de l'Allemagne nous auraient donc menti sur la formidable réussite d'un modèle qu'ils recommandent chaudement pour notre pays ?

Nicolas Sarkozy : « J’admire le modèle économique allemand » Jean-François Copé : « Nous devrions utiliser le modèle allemand comme exemple » François Fillon : « Il faudra aller vers un temps de travail commun, vers un âge de retraite commun […], c’est la clé de la survie de la zone euro » Laurence Parisot : « il est indispensable que la France et l’Allemagne aient une approche économique et sociale de plus en plus similaire, pas forcément identique mais similaire et ce que veut dire le mot convergence, c’est réduire les divergences »

Le problème, c'est que toutes ces « déclarations d'amour » font l'impasse, par méconnaissance ou opportunisme, sur une des pires conséquences du modèle économique allemand : La précarité !

Pour la découvrir, il est nécessaire de prendre connaissance du dossier publié par Myeurope dont nous vous donnons ci-dessous quelques extraits

Premier volet de : « les failles et les défis du modèle allemand » (extrait)

La réalité des chiffres du chômage

« (...) un système qui, par vases communicants, aurait progressivement fait passer plusieurs millions d’allemands des listes de chômeurs à ceux de quasi-chômeurs ou travailleurs pauvres (...) Une responsable de l’Arbeitsagentur d’Hambourg (Pôle-emploi allemand), souhaitant garder l’anonymat, ne cache pas sa colère : Qu’on arrête de parler de miracle économique. Aujourd’hui, le gouvernement répète que nous sommes aux alentours de 3 millions de chômeurs, ce qui serait effectivement historique. La réalité est toute autre, 6 millions de personnes touchent Hartz IV, ce sont tous des chômeurs ou des grands précaires. Le vrai chiffre n’est pas 3 millions de chômeurs mais 9 millions de précaires (...) »

Deuxième volet de : « les failles et les défis du modèle allemand » (extrait)

Les nouveaux types de contrat de travail. Focus sur celui qui séduit le plus les employeurs allemands

« Les Mini-Jobs : des contrats à temps partiel, payés 400 euros par mois, qui permettent aux employeurs d’être exonérés de charges mais prive ses bénéficiaires d’assurance maladie et travail. Ils n'ouvrent aucun droit à la retraite ou aux allocations chômage (...) »

Ils : (...) tiennent le haut du pavé, avec une augmentation de 47,7%, simplement devancés par le boom de l’intérim (+134%) (...) Certaines entreprises ont voulu tirer profit du système, privilégiant, par exemple, deux ou trois mini-jobs, fiscalement neutres, à l’embauche d’un salarié en plein-temps (...) »

Troisième volet de : « les failles et les défis du modèle allemand » (extrait)

Myeurope cite le cas de ce retraité qui sert des parts de gâteau à la cafétéria d’un centre de soins : « En tant que retraité je touche 525 euros par mois. Je paye un loyer de 440 euros. Avec téléphone, le gaz, etc, il faut rajouter 150 euros. Et cela ne suffit pas. Il faut bien vivre de quelque chose c’est pour ca que je travaille ici. Wolgang travaille donc 20 heures par semaine dans ce centre, et cela pour 390 euros par mois (...)

D'autres données ?

« Selon le ministère des affaires sociales, plus de 660 000 séniors de 65 à 74 ans auraient un emploi à temps partiel (...) cette catégorie de population est menacée de paupérisation. Ils n’étaient que 416 000 en 2000. Leur nombre a donc augmenté de plus de 58% en dix ans ( soit 660 000 ) Selon les experts, la paupérisation des séniors ne va cesser d’augmenter durant les vingt prochaines années (...) »

Conclusion d'une retraitée : « (...) Des salaires de misère ne peuvent entrainer que des retraites de misère (...) »

A noter au passage, que ces « ingrats » d'allemands, contrairement à Nicolas Sarkozy ou Jean-François Copé ne trouvent pas ce miracle à leur goût. Ils profitent d'ailleurs de chaque élection pour balayer les candidats du parti d'Angela Merckel !

Alors, toujours tenté par : « une approche économique et sociale de plus en plus similaire » ?


Dossier Myeurope : Le miracle allemand, à quel prix ?

Crédit photo
Zec blog