29 mars 2012

ArcelorMittal Florange : Marcher pour ne pas mourir !

Abandonnés à leur sort par le Président candidat, une vingtaine de salariés de de l'aciérie ArcelorMittal de Florange vont marcher jusqu'à Paris pour expliquer pourquoi ils ne veulent pas mourir comme leurs hauts-fourneaux !

Les salariés des hauts fourneaux d'ArcelorMittal n'auront pas eu la chance de voir le Président candidat trouver dans son répertoire téléphonique un ami industriel prêt à investir pour sauver leur emploi ! Tout ce qu'ils auront obtenu du Président candidat, c'est de la méprisance et ... des gaz lacrymogènes !

Devant tant de sollicitude, une poignée de salariés de Florange ont décidé de se lancer dans une marche sur Paris, décrite, entre autre par le Télégramme : « (...) Vêtus de survêtements bleus sur lesquels on pouvait lire « L'acier lorrain vivra », une vingtaine de métallos ont entamé vers 9 h mercredi matin une marche de l'acier sur Paris. Elle doit arriver vendredi 6 avril dans la capitale »

Petit détail au combien important, donné par Reuters, qui montre la solidarité envers leur démarche : « (...) Durant leur voyage, les marcheurs, auxquels des commerçants mosellans ont offert paires de chaussures et matériel de randonnée, seront accueillis par les communes ou communautés de communes des villes étapes (...) »

Quel est le sens de leur démarche ?

Tout d'abord : Expliquer aux populations la situation de leur outil de travail et de leur avenir : « Nous marchons dans l'espoir de pouvoir sauver les 5.000 emplois de Florange en expliquant aux populations la situation de notre usine (...) »

Quels sont les endroits où vous pourrez leur manifester votre soutien ?

Landres (Meurthe-et-Moselle), Belleville-sur-Meuse (Meuse), Sainte-Menehould (Marne), Fagnière (Marne), Epernay (Marne), Château-Thierry (Aisne), La Ferté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne), Meaux (Seine-et-Marne) et Bobigny (Seine-Saint-Denis)

Pour leur arrivée à Paris, Bernard Lavilliers et le groupe Zebda ont décidé d'organiser un concert en leur honneur, au pied de la Tour Eiffel, réalisée avec l'acier forgé en Lorraine.

Acier qu'on risque bien de ne plus faire couler puisque la direction d'ArcelorMittal se réfugie derrière un bien mince argument : Les hauts fourneaux redémarreraient dès que la conjoncture économique le permettrait !

Même si les beaux esprits et économistes libéraux nous expliqueront certainement que la mondialisation nous est profitable et qu'il est souhaitable de s'adapter constamment, il est inadmissible de nous abreuver de discours sur la valeur travail et sur le produire en France et de laisser mourir une fois de plus un savoir-faire exercé par des ouvriers ultra qualifiés !

La marche des salariés de Florange n'est pas qu'un symbole, c'est une tentative peut être désespérée mais courageuse, pour ne pas voir mourir tout avenir qui s'éloigne pour des régions entières. Ils marchent pour stigmatiser des années d'incompétence des pouvoirs de droite qui se sont succédés. Et enfin, ils marchent pour tous ceux qui craignent pour leur emploi et celui de leurs enfants !

Bonne marche les gars et rendez-vous à la Tour Eiffel !


Crédit photo
Blog CFDT Gandrange

28 mars 2012

Le Medef prépare t-il les délocalisations de l'après présidentielle ?

Selon maghreb-intelligence, le Medef aurait décidé de se montrer discret sur la visite de sa délégation au Maroc pour ne pas indisposer les candidats à la présidentielle. Peut être aussi pour éviter qu'on évoque de nouvelles délocalisations ...


Le 14 mars, nous évoquions l'inauguration par Eric Besson de l'usine Renault géante au Maroc. Nous vous expliquions que le ministre qui avait affirmé : que la production de la nouvelle usine marocaine de Renault ne concernerait la France, que de façon marginale, fournirait en fait le monospace Dacia Lodgy aux consommateurs français.

Même s'il est normal que le Maroc puisse bénéficier d'investissements étrangers pour se développer, ce bien vilain mensonge avait créé une levée de boucliers au moment où le Président candidat et l'UMP ne cessent de nous parler de travailler plus et de produire en France.

Et dans la mesure où la première préoccupation des français reste le chômage, on peut comprendre la discrétion de la délégation du Medef qui se trouve actuellement au Maroc pour y rencontrer des investisseurs.

Ceci nous est expliqué par le site maghreb-intelligence : « D-I-S-C-R-E-T-I-O-N », c’est le mot d’ordre sur toutes les bouches des patronats français et marocains alors que s’ouvre aujourd’hui un grand Raoult réunissant le MEDEF et la CGEM à Rabat. Il faut dire que les français ont été très échaudés par la récente polémique autour de l’inauguration de l’usine Renault à Tanger, et qu’ils ne souhaitent pas froisser les candidats à la présidentielle français en affichant avec « impudeur » l’excellence de leurs relations avec les grands patrons du royaume chérifien. A la manœuvre, l’on retrouve l’increvable Jean-René Fourtou, Président du conseil de surveillance de Vivendi, qui a été le premier à venir prendre la température du nouveau gouvernement islamiste en Janvier dernier, au cours d’une discrète « visite » de travail commandité par l’Elysée (...) »

En effet, confirme Afriscoop, cette journée de travail permettra : « (...) au chef du gouvernement et aux ministres de s’adresser aux chefs d’entreprises pour présenter les opportunités offertes par le Maroc et répondre à leurs questions (...) »

Le site bled.ma est encore plus précis sur le contenu de la rencontre, puisqu'il indique que : « (...) le Gouvernement marocain a décidé d’associer les investisseurs des deux pays à un bilan d’étape des politiques sectorielles. C’est ainsi qu’une série de groupes de travail conjoints ont vu le jour, ici au Maroc dès le mois de février. Pour préparer les ateliers du 28 mars, ces groupes ont travaillé sur huit thèmes : tourisme, offshoring, aéronautique, équipements automobiles, agro- industries, infrastructures (énergie et transports), partenariats publics-privés et ressources humaines (...) »

Et dans la mesure où : « (...) Pour élargir la gamme de ses ventes, le Maroc a mis en place en 2009 un plan dénommé Maroc Export plus dont l’objectif est de doubler les exportations d’ici 2018 (...) » que les salaires y sont particulièrement bas et les opportunités nombreuses ...

Dans l'immédiat, Eric Besson qui doit être en train de préparer sa reconversion « footballistique » s'est montré aussi discret que le Medef. Mais dans la mesure où il nous aurait probablement expliqué que la totalité des produits qui pourraient être fabriqués dans de nouvelles usines : « ne concernerait la France, que de façon marginale » ...

Mais comptons sur Laurence Parisot au cas où de nouvelles délocalisations de productions françaises prendraient la route du Maroc, pour nous expliquer le concept de « colocalisation » ou de compétitivité équitable absolument nécessaires aux entreprises pour leur permettre un développement harmonieux, dans le cadre ... de la mondialisation heureuse !


Crédit photo
Maroc Business Intelligence

27 mars 2012

Paroles des Sans Voix : La réponse des « assistés » à l'UMP et à son candidat ?

Offrir une tribune aux personnes vivant la précarité, Amnesty International, le Secours Catholique et ATD Quart-Monde renouvellent l'expérience de 2007. Une occasion pour les plus démunis d'expliquer une réalité bien éloignée de celle de profiteurs décrite par l'UMP et son candidat.


La précarité, tout le monde en parle mais jamais ceux qui la vivent. C'est le constat que font Amnesty International, le Secours Catholique et d'ATD Quart-Monde. C'est pourquoi comme lors de la présidentielle de 2007, ils ont renouvelé l'opération « Paroles des Sans Voix », un supplément réalisé à leur initiative. Celui ci sera diffusé à sept millions d'exemplaires par la quasi totalité des quotidiens français.

A noter qu'un site web a été lancé : « pour recueillir des réactions des lecteurs du journal (...) et partager des expériences positives d'insertion »

Mais qui sont-ils ces précaires que l'on livre trop souvent à la vindicte publique en les accusant de se satisfaire des aides sociales ?

On peut lire un formidable témoignage sur le site du Secours Catholique

« On n’est pas des sans voix. Ce sont les autres qui n’ont pas d’oreilles ». Paulette Liard est émue quand elle prend la parole. Conseillère municipale de Loos, commune de 21.000 habitants près de Lille, elle a connu les épreuves de la pauvreté et la difficulté de pouvoir la dire. Cette mère de 5 enfants, grand-mère et arrière-grand-mère, est « heureuse aujourd’hui de pouvoir payer le loyer, l’assurance et de quoi manger »

Le Magazine La Vie qui soutien l'opération donne à cette occasion la parole à François Soulage, le président du Secours catholique. Celui-ci résume clairement les revendications bien modestes de ceux qu'on a pris l'habitude de nommer : Pauvres, précaires ou exclus : « (...) les Sans Voix ne réclament pas de nouveaux droits mais tout simplement l'application des droits existants comme ceux à l'emploi, au logement, à la santé et à l'éducation (...) »

Le but de l'opération ?

Tout simplement se faire entendre des candidats à la présidentielle. Si des rendez-vous ont été déja été pris avec Eva Joly, François Bayrou et d'autres programmés avec Jean-Luc Mélenchon et François Hollande, La Vie nous apprend que Nicolas Sarkozy, se fera remplacer par un de ses représentant !

Si du côté de la presse, quasiment tout les journaux ont accepté de jouer le jeu, de l'Humanité à La Croix en passant par Le Monde, Ouest-France à La Provence, il semblerait que deux groupes de presse on refusé de s'associer à l'opération. Selon La Vie : « Le Figaro et les journaux de l'Est appartenant au Crédit Mutuel (Le Républicain Lorrain, l'Alsace...) n'auraient pas souhaité relayer cette initiative, considérée comme "anti-sarkozyste" »

Pas de surprise dira t-on en ce qui concerne Le Figaro qui est depuis longtemps à la pointe du combat contre : « les assistés fraudeurs qui ne veulent pas travailler pour s'en sortir ». Par contre, on pourra s'étonner que le Crédit Mutuel, un des porte drapeaux de l'économie sociale et solidaire, puisse avoir décidé de se mettre à l'écart d'une telle opération.

Mais, peu importe puisque tous les autres journaux vous permettront de retrouver les articles réalisés par des reporters citoyens, dont la première réaction devrait vous donner envie de lire leur travail : « Nous partions juste réaliser une interview, et nous en revenions avec le sentiment que la personne nous avait apporté quelque chose d’essentiel. Ils nous ont transmis leur courage, leur énergie. Nous avons vu qu’ils se sentaient porte-parole des autres, qu’ils avaient une mission à mener (...) »


Paroles de sans voix
Et supplément de 8 pages distribué ce mardi 27 mars par la presse nationale et régionale

26 mars 2012

Chômage : Connaissiez-vous la « baisse tendancielle de la hausse » ?

Nicolas Sarkozy a remplacé Xavier Bertrand pour annoncer la tendance des chiffres du chômage. Sachez que pour février le candidat président a annoncé une « baisse de la hausse » .... bien artificielle !

Que serait la politique française sans les éléments de langage ? C'est la question qu'on peut se poser en prenant connaissance des derniers propos du Président candidat sur France Info qui a tenu sur les chiffres du chômage de février.

Ceux-ci, selon le Président candidat : manifesteront une amélioration de la situation avec une baisse tendancielle de l'augmentation du nombre de chômeurs (Vidéo à 16'50). Néanmoins, pour connaître le chiffre exact de cette : « augmentation assez modérée », il faudra attendre ce soir.



Ce qui signifie tout simplement que le chômage est encore en hausse ! Et que le Président candidat a omis de signaler lors de son interview que son gouvernement s'est rué sur les emplois aidés, comme l'expliquent Les Echos : « (...) ces emplois subventionnés par l'État pour faciliter l'insertion de certains demandeurs d'emploi. Alors que le gouvernement Fillon avait d'abord cherché à les réduire nettement, il a augmenté depuis 2009 l'effort. Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, a fixé, fin décembre, à ses services l'objectif de réaliser sur la première moitié de l'année les deux tiers des 340 000 contrats budgétés pour 2012 (...) »

Ce qui est confirmé par la directrice d’une agence Pôle emploi qui confiait : « consigne de faire des contrats aidés » et « de les renouveler systématiquement » alors que ces contrats « sont normalement destinés à ceux qui sont les plus éloignés de l’emploi »

Compte tenu que les chiffres communiqués ne correspondront, une fois de plus qu'à la catégorie A, il faudra donc être attentif à toutes les autres catégories, notamment à ceux de la catégorie E : demandeurs d’emploi non tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, en emploi (par exemple : bénéficiaires de contrats aidés)

Sans oublier bien entendu ceux des catégories

B : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite courte (i.e. de 78 heures ou moins au cours du mois) ;
C : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite longue (i.e. de plus de 78 heures au cours du mois) ;
D : demandeurs d’emploi non tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi (en raison d’un stage, d’une formation, d’une maladie…), sans emploi ;

L'ensemble devrait confirmer que la baisse de la hausse n'est aucunement liée comme l'affirme le Président candidat à : « (...) une reprise économique sensible depuis que nous avons essayé de résoudre la crise financière de la Grèce (...) » mais bel et bien une astuce que tous les gouvernements en place ont essayé un jour ou l'autre à l'approche d'élections majeures !

Désolé, Monsieur le Président, mais il faudra trouver autre chose ...


Crédit montage
Sarkozynews

23 mars 2012

Dépassements d'honoraires : Les petits cadeaux électoraux de Xavier Bertrand

Xavier Bertrand n'aura tenu aucun compte du refus des mutualistes et des syndicats de salariés en ce qui concerne les dépassements d'honoraires. Le nouveau secteur optionnel va créer un effet d'aubaine et une augmentation des cotisations des assurés ... à 30 jour du premier tour de la présidentielle !

Le 2 novembre 2011, Slovar vous informait de l'adoption d'un amendement défendu par Xavier projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2012 qui instaurant le secteur optionnel.

Avec la plus grande des discrétions, le ministre vient de faire publier au JO un décret et un arrêté instaurant l'option de coordination renforcée qui oblige les assureurs et mutuelles à rembourser aux patients des dépassements d’honoraires plafonnés à 50 % au-dessus du tarif Sécu en ce qui concerne il concerne trois spécialités : la chirurgie, l’anesthésie-réanimation et la gynécologie-obstétrique

Vers un grand krach sanitaire ?

C'est assez probable dans la mesure où après le doublement de la taxe sur les contrats de santé solidaires et responsables des complémentaires santé, qui devrait, selon la Mutualité française, entraîner une hausse des tarifs de 4,7% en moyenne en 2012, on voit mal les assureurs et mutualistes ne pas répercuter, une fois de plus, la nouvelle obligation de remboursement !

Quelle efficacité sur la hausse permanente des dépassements d'honoraires ?

Visiblement aucune expliquent les organisations de consommateurs qui expliquent : « (...) les médecins pratiquant de gros honoraires en secteur 2 avec une bonne clientèle n'ont aucun intérêt à passer dans le secteur optionnel. Quant à ceux qui dépassent peu vont augmenter leurs prix puisqu'in fine, le dépassement sera pris en charge par les mutuelles (...) »

Ce que la Mutualité française qualifie, à juste titre, comme un formidable effet d'aubaine !

Plus précisément détaille Le Monde, cité par la Mutualité française : « (...) Avec ce dispositif, les mutuelles et les associations de consommateurs craignent que dans les grandes villes et les régions où les dépassements d'honoraires sont élevés (Paris, Paca, Rhône-Alpes…), le plafond de 50% du tarif opposable ne soit trop bas pour attirer les candidats, et que dans les zones où les tarifs du secteur 2 étaient peu élevés, les médecins ne soient tentés d'augmenter leurs prix jusqu'à 50% (...) »

Ajoutons à celà, que Selon Le Monde : « (...) le ministre de la Santé ne compte pas s'arrêter là et pourrait faire publier, avant la présidentielle, un nouveau décret, qui obligerait cette fois les complémentaires à prendre en charge les dépassements plafonnés à 20% des autres spécialités (...) »

Conséquence

Une nouvelle pénalisation de la santé des français qui ne disposent pas de complémentaire santé que UFC Que Choisir chiffre de façon précise : « cela signifiera que les 4 millions de Français dépourvus de complémentaire devront assumer seuls le poids écrasant de ces nouveaux dérapages tarifaires »

Face à cette décision de Xavier Bertrand, les syndicats de salariés et la Mutualité française réclament :

« un strict encadrement des dépassements d’honoraires comme première mesure d’urgence ;
- L’ouverture immédiate de négociations avec l’ensemble des acteurs concernés pour fixer une juste rémunération des actes médicaux »

Mais il est plus que probable, compte tenu de l'urgence avec laquelle cette mesure a été prise, que le ministre reste sourd à ces demandes et préfère sacrifier la santé d'au minimum 4 millions de français, afin d'obtenir le vote massif du corps médical pour le président candidat !


Crédit et copyright photo
Le Monde

21 mars 2012

Accords compétitivité-emploi : Travailler moins et gagner moins, travailler plus et toujours gagner moins !

Les discussions entre le patronat et les syndicats sur les accords compétitivité-emploi se poursuivent dans un climat tendu. Et pour cause, l'enjeu est : Travailler moins et gagner moins ou travailler plus et gagner moins !

Lancé par le Président candidat à la demande de l'UIMM et du Medef, les accords compétitivité-emploi ne devraient pas, selon le patronat et les syndicats de salariés, voir le jour avant l'élection présidentielle comme l'exigeait Nicolas Sarkozy.

C'est heureux, dans la mesure où, imposer à la va vite, aux salariés : « (...) la mise en place d'une répartition des horaires sur une période supérieure à la semaine et au plus égale à l'année ne constituant pas une modification du contrat de travail »comme il est écrit dans l'article 40 de la proposition loi « cavalier » de Jean-Luc Warsmann, député UMP, est un pur scandale !

Alors, où en est-on des négociations entre partenaires sociaux qui se déroulent en ce moment ?

La CFDT n'est pas fondamentalement hostile au fait que : « (...) En cas de difficulté, on doit pouvoir demander, ponctuellement, aux salariés, d'échanger temps de travail et/ou salaire contre une garantie d'emploi (...) »

Patrick Pierron, secrétaire national de la CFDT, qui participe au négociations, allant jusqu'à croire que le patronat est prêt à accepter de discuter, une fois par an, avec les salariés : (...) de la situation économique de l'entreprise, avec des informations vérifiables (...) »

Moins crédules la CGT et FO par la voix de Maurad Rabhi : « C'est une mascarade. Le patronat veut généraliser le chantage à l'emploi tout en le sécurisant juridiquement » et de Stéphane Lardy : « C'est un texte idéologique. qui vise à contourner toutes les obligations liées aux licenciements économiques, comme les aides au reclassement » refusent le marché de dupes proposé par le patronat.

Néanmoins, les trois syndicats se retrouvent pour condamner le fonctionnement des accords que souhaite leur imposer le Medef

Si le Medef : « (...) exclut toute remise en cause, dans les accords compétitivité-emploi, de la durée légale du temps de travail, des congrès payés ou du Smic (...) » Madame Parisot est trop bonne ! l'organisation patronale rêve toujours de rendre prioritaire un accord par rapport au contrat de travail.

Ce qui signifierait que dans le cas où une majorité se dégagerait parmi les salariés de l'entreprise, l'accord s'imposerait à l'ensemble. Quant aux réfractaires, ils seraient licenciés : « (...) Mais il ne s'agirait plus de licenciement pour faute ou de licenciement économique, une troisième voie, lui garantissant le versement d'indemnités et le droit à un préavis, restant à trouver ... (...) »

Comptons sur Laurence Parisot inventeuse de la rupture conventionnelle pour trouver un nouveau mode de licenciement adapté ... qui viendra plomber un peu plus les comptes de l'UNEDIC !

Bon, mais une fois le problème des réfractaires réglé, ce qui vous le constaterez est loin d'être fait, d'autres questions se posent pour ceux ayant accepté.

De quelle durée seront ces accords et seront-ils modifiables ?

Et là, le Medef n'y va pas par quatre chemins

Le Medef veut qu'un accord : « puisse être remis en cause en cours de route si l'activité se dégrade plus vite qu'imaginé et qu'en tel cas, un « médiateur » soit saisi « pour éviter une judiciarisation du processus »

Médiateur qui sera sans nul doute absent dans les petites entreprises où il n'existe pas de représentation syndicale et où l'employeur aura toute latitude pour remettre en cause les accords !

En ce qui concerne la durée, pas de trace, mais la possibilité de passer des accords correspondant à des difficultés conjoncturelles comme structurelles.

Traduction : Il y aura toujours une bonne raison pour imposer une baisse des salaires ou une augmentation du temps de travail sans contre partie financière !

Il est clair qu'en l'état seule la CFDT reste naïvement persuadée d'obtenir un bon accord avec le patronat. Il est également clair que le patronat sait qu'en cas de réélection de Nicolas Sarkozy, celui-ci n'hésitera pas une seconde à lancer un référendum sur le sujet.

De quoi faire réfléchir nombre de de salariés électeurs ...


Sources
Le blog Questions sociales
Les Echos
L'Usine Nouvelle

20 mars 2012

Bien être au travail : Y a encore du boulot !

Alors que Laurence Parisot ne cesse de vanter le bien être au travail, il est indispensable de prendre connaissance d'une étude de la DARES publiée le 16 mars indiquant que le travail en entreprise est toujours plus intense.

Les salariés vont être ravis : « Le 3 avril prochain Le Medef 44 organise et anime avec l'association Market Cadres une Table Ronde sur le thème : Le bien-être au travail : quand l’épanouissement du salarié devient un vrai levier de performance pour l’entreprise ! » Source Medef 44 et Market Cadres

Cette « bonne nouvelle » est à comparer avec l'étude de la Dares (ministère du Travail) publiée vendredi 16 mars dernier, qui montre le véritable état du bien être au travail.

Que dit l'un des passages les plus importants de l'étude ?

« L’intensité du travail est l’une des principales dimensions des facteurs psychosociaux de risque au travail (...) la mesure de ces risques repose sur différentes variables, comme les contraintes de rythme, l’exposition à des objectifs irréalistes ou flous, des instructions contradictoires ou encore des interruptions répétées d’activité (...) la demande psychologique, définie comme la charge mentale qu’engendre l’accomplissement des tâches tend à augmenter entre 2003 et 2010 pour toutes les catégories professionnelles Cette situation qui s’accompagne d’une baisse de la latitude décisionnelle des salariés engendre un net accroissement de la proportion de salariés en situation de « job strain », c’est à dire de « tension au travail »

Pour ceux qui mettraient en doute la valeur de cette étude, la CGT qui a publié l'information précise que : « Ces résultats sont issus du dernier volet de l’enquête SUMER (Surveillance médicale des expositions aux risques professionnels), réalisée en 2009-2010 par 2.400 médecins du travail auprès de 48.000 salariés représentatifs du privé et du public »

Il est à noter qu'en novembre 2009, François Fillon avait demandé à Henri Lachmann, président du Conseil de surveillance de Schneider Electric SA, Christian Larose, président de la section du travail du Conseil économique, social et environnemental, et Muriel Pénicaud, directrice générale des ressources humaines du groupe Danone, de lui proposer des mesures pour améliorer les conditions de santé psychologique au travail.

Ils remettait au Premier Ministre le 17 février 2010, leur rapport sur la prévention du stress au travail « Bien-être et efficacité au travail »

A cette occasion François Fillon a : « (...) insisté sur la priorité qu’il y a à mieux mobiliser les instances dirigeantes des entreprises dans la dimension sociale de l’entreprise en général et dans la politique de santé au travail en particulier. Il est de la responsabilité primordiale des dirigeants d’intégrer le facteur humain dans toutes leurs décisions. La responsabilité sociale des entreprises est d’abord celle de ses dirigeants (...) »

Et depuis, plus rien ! D'ailleurs, une recherche sur l'expression « stress au travail » sur le site du Premier Ministre vous confirmera que la dernière action sur le sujet remonte au 17 février ... 2010 !

Les plus enthousiastes diront qu'il reste encore quelques jours à François Fillon pour nous expliquer de quelle façon il compte s'occuper du bien être des salariés. Les autres pourraient en rire s'il ne s'agissait pas de leur santé !

19 mars 2012

Auto-entrepreneur : Faut-il réformer ou supprimer le statut de toutes les dérives ?

Entre l'enthousiasme exprimé par Hervé Novelli l'initiateur du statut d'auto-entrepreneur et la réalité des témoignages de salariés obligés de choisir ce statut pour travailler, on est en droit de se poser la question de sa validité !

En novembre 2010, L'Expansion interrogeait Hervé Novelli sur le statut d'auto-entrepreneur et lui posait la question suivante : « Le statut d'auto-entrepreneur est régulièrement mis en cause. Il (...) serait utilisé par les employeurs pour ne pas embaucher de salariés. Qu'en pensez-vous ? »

Hervé Novelli : « Depuis qu'il a été créé le statut d'auto-entrepreneur suscite la critique de part et d'autre. Mais ces situations qui sont très fréquemment soulevées dans la presse restent très marginales (...) Certaines personnes ont été licenciées et obligées de s'inscrire en tant qu'auto-entrepreneur, c'est fort regrettable (...) »

Et pourtant en mars 2010, L'Express dénonçait déjà de nombreuses dérives dans : Les vices cachés de l'auto-entreprenariat. Extrait

« (...) certaines PME proposent désormais à leurs nouveaux collaborateurs de travailler sous le statut d'auto-entrepreneur plutôt que de les embaucher. Ce salariat déguisé leur permet de ne pas payer de charges, de primes de précarité ou de congés. Cette pratique, déjà sanctionnée par le code du travail, ne garantit aucune sécurité à ces employés. La majorité d'entre eux n'ont que cette entreprise comme source de revenus et sont donc plus dans un rapport d'employé-employeur que de client-fournisseur (...) »

Vous trouverez sur le net de nombreux exemples d'annonces de recrutement de collaborateurs avec statut d'auto-entrepreneurs.

« L'éditeur xxxxx recherche des commerciaux indépendants (statut auto-entrepreneur) susceptibles de représenter notre société d’Edition dans diverses villes de France (...) »

« xxxxx recrute commerciaux h/f sur toute la France. Bénéficiez du nouveau statut auto-entrepreneur. Postes à temps plein, en complément de revenus ou en complément de retraite »

Comme variante, on aura soin de lire le témoignage de cette formatrice en langue qui racontait comment l'un de ses employeurs lui avait proposé une augmentation obligatoirement liée ... au passage au statut d'auto-entrepreneur !

Au gouvernement, on avait promis, la main sur le coeur, de mettre fin à ce genre de pratiques. Elle ont malgré continué à persister puisqu'on apprenait le 16 mars dernier que : « Acadomia, le leader du soutien scolaire en France, venait d'être a été épinglé par l’Urssaf Paris-Ile de France pour avoir incité une partie de ses salariés à prendre le statut d’auto-entrepreneur, afin de réduire ses charges sociales »

Pas de surprise pour Michel Abhervé qui en 2009 dénonçait sur son blog : « les pratiques d’Acadomia qui associait à un usage généralisé de la défiscalisation au nom de l’encouragement à l’emploi à domicile une pratique d’incitation généralisée à l’auto-entrepreneuriat, facteur d’économies de charges, et donc de profit maximisé »

Si Acadomia va subir un redressement de cotisations sociales légitime, il est clair comme l'explique le magazine Challenge, qui a révélé l'affaire, que les pratiques qu'Hevé Novelli qualifiait de marginales, sont légions dans le secteur des services à la personne. Où écrit le magazine : certaines entreprises emploieraient même 100 % de leur effectif en auto-entrepreneur

Si on ne souhaite pas communiquer au sommet de l'état sur ces pratiques. Challenge nous explique qu' à sa demande, la Délégation Nationale de Lutte contre la fraude vient de missionner les Urssaf d'une vaste opération de contrôle des auto-entrepreneurs.

Ce qui tendrait à prouver que le phénomène est tout sauf marginal !

D'ailleurs, trois députés UMP s'étaient émus en février 2012 de cette situation et avaient proposé, pour lutter contre cette forme de salariat déguisé de : « (...) mettre clairement en garde chaque auto-entrepreneur au moment où il s'inscrit des conséquences en cas d'une activité de sous-traitance avec son ancien ou son futur employeur (absence d'assurance chômage notamment) (...) tout en admettant que le chiffre de 1,5% des auto-entrepreneurs affirmant avoir créé leur entreprise à la demande de leur ancien ou de leur futur employeur (...) est sans doute minoré (...) »

Ce qui imposerait, en toute logique, un moratoire destiné à réviser le dispositif et définir des pénalités exemplaires pour les entreprises abusant de ce statut pour améliorer leurs profits.

Néanmoins, du côté de l'UMP, au delà de la dérisoire « mise en garde des auto-entrepreneurs », la priorité est l'extension du statut d'auto-entrepreneur aux étudiants. En effet, en cas de victoire à la présidentielle et aux législatives, l'UMP propose dans son projet numérique : « (...) la création d’une vraie culture du numérique. A ce titre, le statut d’auto-entrepreneur devrait être renforcé pour répondre aux nouveaux usages du numérique (...) » Du travail en perspective pour les contrôleurs de l'Urssaf ...

16 mars 2012

Chômage des seniors : Le plus grand scandale du quinquennat Sarkozy !

Alors que le nombre de chômeurs seniors a largement dépassé les 800 000, le 14 mars, se tenait à Paris le Forum emploi seniors organisé par le Medef et le Ministère de l'Emploi qui durait ... une journée !

En Février 2010, Laurent Wauquiez alors Secrétaire d'Etat à l'Emploi visitait le Forum emploi seniors où il se montrait très optimiste quant aux perspectives d'emploi de ces chômeurs.

Le 15 mars 2012, le site SeniorActu publiait un reportage sur le Forum emploi seniors qui s'est déroulé mercredi 14. On y apprend que : « (...) moins de 40% des 55-65 ans ont un emploi en France (...) Bien que la France compte 6 millions d’actifs de 50 ans et plus, le taux d'emploi des seniors continue d'être l’un des plus faibles d'Europe avec 37,8% (...) » de quoi afficher, effectivement, un bel optimisme !

En clair, rien n'a changé, si ce n'est que les seniors sont toujours les premiers concernés par la rupture conventionnelle réclamée par le Medef et votée par les parlementaires de l'UMP et qu'une fois au chômage, ils n'ont quasiment aucune chance de revenir dans le monde du travail !

Opinion qui n'est pas partagée par deux entreprises spécialistes auto proclamés de l'emploi des seniors interviewés par L'Express

Selon Bertrand Favre, président et co-fondateur de Bitwiin, un site qui met en relation seniors et recruteurs, les seniors ne frapperaient pas toujours aux bonnes portes : « On sait qu'il y a des centaines de milliers d'emploi à pourvoir dans les PME (...) D'autant que le dirigeant de PME veut juste trouver quelqu'un pour remplir un poste. Il n'a pas de frein lié à l'âge, surtout que les jeunes ne s'y pressent pas (...) »

On pourra également sourire ou hausser les épaules aux propos de Christian Cazalot président du cabinet de recrutement Attitudes : « (...) Beaucoup de candidats seniors font des erreurs de ciblage. Quand ils postulent dans des grandes entreprises, leurs difficultés ne viennent pas toujours de stéréotypes associés à leur âge, mais de processus de recrutement complexes (...) ce n'est pas eux qui ne sont pas faits pour l'entreprise, mais l'entreprise qui n'est pas faite pour eux (...) »

On en rirait si ce n'était pas aussi grave !

Agé de 57 ans, j'ai récemment connu 26 mois de chômage consécutif pendant lesquels après avoir successivement revu mes exigences jusqu'à un niveau de junior et recherché un poste dans d'autres secteurs d'activité je n'ai obtenu que deux entretiens d'embauche infructueux !

Et pourtant, contrairement à l'objection sur l'inadaptation des salariés âgés, je maîtrise la bureautique et je maîtrise les NTIC depuis plus de dix ans. Néanmoins, comme me l'a dit un recruteur au téléphone : Dans l'Internet, monsieur, l'âge de recrutement se situe aux alentours de 25 ans ! Quant à envisager les autres secteurs d'activité, la réponse aura été la même que celle qu'on fait à tous les demandeurs d'emploi : Vous manquez d'expérience !

Alors, que pouvaient trouver les chômeurs seniors au Forum emploi seniors ?

SeniorActu nous présente quelques opportunité qui étaient offertes au seniors à la recherche d'un emploi

Une association éditrice d'un site de valorisation des compétences qui organise, comme Pôle Emploi des ateliers : CV (avec conseils pour CV, lettre de motivations, des bilans de compétences ) ainsi que : « des séances gratuites sur : le conseil en image et communication ; le marketing de soi ; les solutions pour concrétiser le retour à l'emploi ; l'étude du CV et de la lettre de motivation (...) »

Comment obtenir un diplôme avec la Validation des Acquis de l’Expérience

Une association qui proposait aux seniors : « (...) de s’investir bénévolement à leurs côtés pour accompagner les demandeurs d’emploi et s’adresse également aux seniors en recherche d’emploi (...) »

Des activités de mandataire indépendant en assurances proposées par AXA qui précise que : « (...) cette opportunité est particulièrement adaptée aux jeunes retraités, aux artisans, commerçants (...) »

Une enseigne de vente à domicile de produits cosmétiques : « (...) spécifiquement dédiés aux peaux matures (...) dont les vendeuses : sont à la retraite, et d’autres exercent encore une activité professionnelle en parallèle de l'activité de conseillère (...) »

Du lourd comme vous pouvez le voir ! A part ça, comme le disait notre Président candidat s'adressant à un chômeurs âgé, lors de l'émission Parole de Candidat : A 57 ans on est pas fichu ...


Crédit photo
Le site de l'Elysée

14 mars 2012

Le Gros mensonge d'Eric Besson : « Les Dacia fabriquées au Maroc resteront au Maghreb »

En février dernier, Eric Besson inaugurait avec Carlos Ghosn une usine Renault géante au Maroc. Il affirmait à cette occasion que les véhicules produits seraient réservés Maghreb et ne rentreraient en France que de façon marginale. Un bien vilain mensonge !

Un peu plus d'un mois après les propos d'Eric Besson, ministre de l'industrie, qui certifiait que la production de la nouvelle usine marocaine de Renault ne concernerait la France, que de façon marginale, on apprend par le site Boursier.com, que les consommateurs français pourront se rendre dans les concessions Dacia ou Renault/Dacia, pour passer commande d'une Dacia Lodgy entièrement fabriqué à Tanger.

Cette information n'est que la confirmation de ce qu'écrivait la presse spécialisée en janvier : « (...) En tête de production, le monospace Lodgy de Dacia pour une commercialisation en France au printemps. Avec un prix aux alentours de 12 000 euros, le Lodgy est presque deux fois moins cher qu’un Scenic (plus de 20 000 euros), mais ne cible pas la même clientèle argue le constructeur. Pour réduire ses coûts, Dacia mutualise les composants (en valeur) avec ses autres modèles à hauteur de 70% et réutilise des composants déjà rentabilisés (près de 800 000 véhicules produits sur la plate-forme Logan en 2011). Mais surtout, les usines marocaines ont un avantage salarial sur les sites roumains, avec des salaires nets deux fois moins élevés (...) » Rappelons que le Renault Scénic est fabriqué à Douai

Il faut savoir, indiquait La Tribune qu'un : « un ludospace style Kangoo sera produit dans la nouvelle usine géante de Tanger ce modèle devrait coûter deux fois moins cher que le célèbre Kangoo (...) » qui est fabriqué, lui, à Maubeuge

Quand on connaît les chiffres de vente de Dacia en France et le pouvoir d'achat en baisse des consommateurs français, il y a tout lieu de penser que les volumes commercialisés seront loin d'être marginaux !

Et comme l'usine qui emploiera 2600 salariés au démarrage devrait employer 6.000 salariés en 2015, rien n'empêchera Renault de produire d'autres modèles, ou de délocaliser une part un peu plus importante de sa production française, au Maroc.

Ce qui n'empêchait pas Eric Besson interrogé par la presse lors de l'inauguration de l'usine de Tanger de déclarer : « qu’il faut s’habituer à l’idée que nos entreprises doivent conquérir des parts de marché à l’extérieur (...) » avant d'ajouter cette précision incontournable : la batterie du Dacia Lodgy sera fabriquée en France !

Cette situation ne devrait pas améliorer, vous vous en doutez, les choses pour les ouvriers des usines française qui enchaînent les semaines de chômage technique. De même qu'elle risque de toucher les salariés des sous traitants de Renault, dont un certain nombre se sont installés ou vont le faire autour du site de Tanger.

Grave direz-vous au moment où l'industrie française continue de perdre des emplois !

Mais nul doute que notre Président candidat qui s'offusquait que Renault, dont l'état reste le premier actionnaire, puisse fabriquer ses Clio IV en Turquie. Et répétait encore ce matin sur Europe1 qu'il souhaitait qu'on fabrique de plus en plus en France, pourra nous donner quelques explications ...


Crédit photo
Usine Renault de Tanger par JOL Press

12 mars 2012

Référendum Sarkozy : Outil de destruction massive des syndicats de salariés ?

Nicolas Sarkozy qui aura passé 5 ans à vanter les vertus du dialogue social alors que celui ci n'a cessé de se dégrader, propose d'utiliser le référendum pour neutraliser les syndicats de salariés. Bel exemple de démocratie sociale !

En octobre 2011 Slovar les Nouvelles vous expliquait comment les organisations patronales concevait le syndicalisme du futur : « (...) le Président de la CGPME régionale affirme : « Quand on a un syndicalisme décadent, il faut le réformer. Celui-ci est trop politique, trop partisan et c'est d'ailleurs pour cela que les salariés ne s'y retrouvent pas » La solution étant selon les organisations patronales : « (...) de favoriser le dialogue avec des personnes représentatives et non plus enfermées dans des bastions » En gros, ce syndicalisme « new look » se limiterait par exemple, à expliquer aux autres salariés pourquoi ils doivent accepter des modifications de leurs horaires ou durée du travail, sans bien entendu, revendiquer d'augmentations de salaires, au nom d'une : « certaine complicité entre l'économique et le social »

Or, à Villepinte, le Président candidat a confirmé qu'en cas de réélection, il aurait recours au référendum au fait que : « (...) les blocages auxquels il a été confronté venaient de certains syndicats (...) qui ont intérêt à l'immobilisme, au conservatisme par crainte d'un monde nouveau qui verrait diminuer leur influence (...) »

En fin de compte, pas de surprise, Nicolas Sarkozy qui n'a jamais voulu imposer quoi que ce soit au patronat est prêt à éliminer toute opposition même légitime à ses réformes en ce qui concerne les salariés !

Ce qui met un point final aux déclarations et engagements que Nicolas Sarkozy a pu distiller pendant son quinquennat !

En 2007, le tout nouveau Président recevant FO et de la CFTC déclarait : « Il n'y aura pas de passage en force sur les dossiers sociaux. Il y aura un respect du dialogue social (...) » Jean-Claude Mailly ajoutant que Nicolas Sarkozy avait : « confirmé qu'il n'avait pas l'intention de faire autrement que de passer par le dialogue social (...) »

La même année, répondant à la CGPME le Président déclarait : « Je souhaite que les cinq prochaines années soient celles d’une revitalisation profonde du dialogue social, parce que je suis convaincu que le temps de la démocratie sociale n’est pas un temps perdu… »

En 2008, il se félicitait d'avoir : « (...) en l’espace de quelques mois, trouvé avec les syndicats des solutions à des problèmes que personne n’avait su résoudre auparavant (...) » vantant son bilan en matière de dialogue social dans une tribune parue dans Le Monde, dont le Nouvel Obs reproduisait des extraits

« Le chef de l’Etat voit dans le récent accord sur la représentativité des syndicats l’annonce de la refondation complète de la démocratie sociale qu’il appelle de ses vœux. Le dialogue social engagé avec les partenaires sociaux depuis un an est un succès (...) Nicolas Sarkozy attribue ces succès à sa méthode consistant à construire un agenda social partagé avec les syndicats et le patronat (...) Le président dit son estime aux dirigeants syndicaux et patronaux, qu’il a pris l’habitude de rencontrer très régulièrement depuis son élection. Nous avons parfois des divergences, mais notre dialogue est toujours franc (...) Je crois à la nécessité des réformes. Je crois à la vertu et à la force du dialogue social. Je crois au rôle éminent de la convention collective à côté de la loi. Je crois à l’esprit de responsabilité des partenaires sociaux (...) »

Donc, en 2012, les syndicats sont devenus des empêcheurs de tourner en rond, et le dialogue social un handicap qu'il est urgent d'éliminer, en ayant recours à un référendum, dès que le gouvernement aura la certitude que les syndicats refuseront de signer ... ce qu'on leur présente !

Référendums qui porteront immanquablement sur la liquidation progressive des droits des salariés. Par contre, l'égalité salariale homme femmes, le respect du nombre de salariés handicapés ou âgés, l'abus de contrats de travail précaires qui relèvent des employeurs seront bien entendu, exclus de toute consultation référendaire !

Eh oui, la compétitivité de la France serait à ce prix ! Néanmoins, ce sera aux salariés de dire, dans 41 jours s'ils adhèrent à cette vision du dialogue et de la démocratie sociale ...


Crédit et copyright photo
Paris Match