26 juin 2012

Le Medef envisage t-il de torpiller le « contrat de génération »?

Le Medef trouve l'idée du contrat de génération « intéressante » mais pas au point de sacrifier ses allégements des cotisations sur les bas salaires. Chronique d'un sabordage en vue ?  



Habile torpillage en vue du contrat de génération ? C'est la question qu'on peut se poser après avoir appris que le Medef aurait refusé les exonérations de cotisations sociales attachées au contrat de génération. 

En effet, ses représentant préfèrent en discuter dans le cadre de  : « (...) l'ouverture d'une négociation entre syndicats et patronat (...) » mais surtout : « (...) se prémunir contre la remise en cause du dispositif général d'allégements des cotisations sur les salaires entre un et 1,6 Smic (...) »

Contrat de génération késako ?

C'était l'une des promesses phares du candidat Hollande destinée à maintenir les salariés âgés dans les entreprises, tout en embauchant des jeunes à la recherche d'un emploi.

Contrairement au tutorat défini par la loi du 21 décembre 2006, qui permet à un ancien salarié, parti à la retraite, de devenir le tuteur d’un ou de plusieurs salariés de l’entreprise, le contrat de génération, lui, vise les seniors salariés encore en activité.

Extrait du programme de François Hollande 

« (...) Le dispositif consisterait en la conclusion d’un contrat entre l’employeur et deux de ses salariés : un jeune, de moins de 30 ans et un senior, de plus de 55 ans. Par ce contrat l’entreprise s’engagerait à former le jeune salarié en recourant à l’expérience du salarié senior. Le salarié senior devrait consacrer une part de son temps de travail (le quart ou le tiers du temps) à former, entraîner et guider le jeune salarié. Le senior serait donc chargé d’apprendre son métier au jeune. Le dispositif serait réservé aux jeunes titulaires d’un diplôme dont le niveau restera à discuter avec les partenaires sociaux ; l’objectif de cette mesure est de favoriser l’emploi dans l’industrie, et d’éviter le déclassement des diplômes pour des jeunes qui, à l’issue de leur formation, ont des difficultés à trouver un travail (...) »

Bien que des dérives ou des effets d'aubaine soient toujours possibles, il est clair que la volonté de maintenir dans l'emploi les plus âgés tout en intégrant les jeunes générations mérite qu'on s'y arrête. En effet, il s'agit des deux catégories les plus exposées au chômage.

Comment devraient-ils être financés ?

Apparement par la fin de l'exonération des heures supplémentaires, parfaitement contreproductive, alors qu'on compte un peu plus de 5 millions d'inscrits à Pôle Emploi, et un redéploiement des éxonérations de cotisations sociales.

A la surprise générale, Laurence Parisot qui : « (...) réitère son soutien au contrat de génération (...) » a déclaré : (...) il n'est pas nécessaire que cette forme modernisée du tutorat soit accompagnée d'un allègement de charges (...) »

Et par quel miracle, le Medef qui est à l'affût de toutes les aides, refuserait celle-ci ? 

Oh, certes pas au nom de la solidarité budgétaire avec le gouvernement, mais pour un motif beaucoup plus terre à terre que nous explique La Tribune. Ce refus a pour but de : « (...) se prémunir contre la remise en cause du dispositif général d'allégements des cotisations sur les salaires entre un et 1,6 Smic (...) »

Ce qui signifie dans l'esprit du Medef, qu'à terme, le mécanisme du contrat de génération pourrait reposer sur le seul volontariat des entreprises. Et qui dit volontariat ... Entre temps, combien de seniors auront quitté les entreprises par le le biais des ruptures conventionnelles, première raison de la mise au chômage des plus de 55 ans ? Et, combien de jeunes continueront à chercher un emploi ?

On pourra se poser également la question du report de l'âge de la retraite, sachant que de nombreux rapports indiquent que le tutorat effectué par des salariés âgés auprès de jeunes entrants dans l'entreprise, est un des principaux atouts pour maintenir les seniors dans l'emploi ? 

Oui, mais comme le préconisent ces rapports, cette démarche implique des adaptations et une méthodologie qui a ... un coût. Mais dans la mesure où l'actuel combat du Medef serait plutôt : Le refus de la taxation des dividendes, Alors le devenir des salariés âgés et des jeunes sans emploi ... 


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22 juin 2012

Pôle Emploi : Déshabiller les uns pour à peine habiller les autres ?

Le plan stratégique de la direction de Pôle Emploi ne satisfait quasiment personne. Il prévoit de différencier le suivi des chômeurs, mais pas d'augmenter des effectifs de conseillers. Devra t-on être obligatoirement chômeur de longue durée pour bénéficier d'un suivi qualitatif ?




Nous avons a plusieurs reprises écrit sur l'impossibilité de faire fonctionner le « grand service de l'emploi » voulut par Nicolas Sarkozy avec un sous effectif chronique. De fait, on ne compte plus les conseillers qui ont a gérer au delà de 250 chômeurs.Cette situation qui désole le personnel de Pôle Emploi et tétanise les chômeurs n'a jusqu'à présent pas trouvé de solution.

Or, le conseil d'administration de Pôle Emploi vient d'adopter jeudi son plan stratégique 2015 dévoilé par le site La Fusion pour les Nuls.

Quelles sont les principales innovations ? 

Au delà du fait que Pôle Emploi pourrait passer des accords avec des sites de petites annonces (Monster). Et utiliser son site comme kiosque permettant aux entreprises de rentrer directement en contact avec les demandeurs d'emploi, la principale innovation serait : « (...) un suivi différencié des demandeurs d'emplois. Les chômeurs de longue durée bénéficieront désormais d'un accompagnement renforcé (...) » la direction de Pôle Emploi indiquant que c'est : « une manière d'alléger le portefeuille des conseillers, qui dans certains cas pouvaient suivre jusqu'à plus de 100 demandeurs d'emploi par mois »

Selon les propres termes François Nogué, le Président du conseil d'administration de Pôle Emploi : « (...) Il nous faut d'abord faire plus pour ceux qui en ont le plus besoin (...) » quant aux autres, ils devront se convertir progressivement d'un accompagnement Web avec : « si nécessaire, un contact physique »

Pour ceux qui sont inscrits à Pôle Emploi, ce discours n'augure, à vrai dire rien de bon ! En effet, après la dématérialisation des courriers qui oblige les chômeurs à disposer ou trouver une connexion internet pour savoir s'ils sont convoqués, et la saturation plus que fréquente et la déhumanisation du 3949, s'ils ne sont pas chômeurs de longue durée, leur isolement risque d'augmenter encore. 

En résumé, on propose de continuer sur la logique du précédent gouvernement : Faire plus avec moins !

C'est d'ailleurs le sentiment des syndicats de Pôle Emploi à qui la direction leur a demandé de se prononcer sur le nouveau plan stratégique.

Et ce n'est pas un franc succès nous dit Libération puisque  : « (...) Consultés sur la partie organisationnelle du plan, qui préconise notamment de différencier le suivi des chômeurs en fonction de leur capacité à trouver un emploi, quatre syndicats ont voté contre : SNU, FO, CGT et SUD, et cinq se sont abstenus : CFDT, CFTC, Unsa, CFE-CGC et Snap (...) »

Que reprochent-ils ?

Majoritairement ils reprochent, comme l'explique la CGT, un manque cruel de personnel : « (...) A défaut d'embaucher massivement des agents pour assurer l'objectif d'un agent pour 60 demandeurs d'emploi, comme cela était prévu à la création de Pôle Emploi, les signataires ont préféré modifier l'offre de service (...) » La CFDT de son côté réclamant : « 5.000 embauches dont 2.000 immédiatement »

De notre côté, nous ajouterons que cette décision est particulièrement perverse. Car, dans l'hypothèse ou les choix de la direction de Pôle Emploi seraient toutefois appliqués, il est clair que pour obtenir un suivi efficace, il faudrait attendre d'être classé chômeur de longue durée.

Mais en termes de suivi efficace, comme l'indique FO rien de rassurant pour ceux qui sont les plus éloigéns de l'emploi puisque semble t-il le projet de la direction de Pôle Emploi est floue sur : « le nombre de demandeurs d'emploi que devra suivre chaque conseiller »

Lorsqu'on connaît la difficulté de remettre dans l'emploi des chômeurs de longue durée, n'est-il pas préférable d'éviter que ceux qui sont inscrits à Pôle Emploi depuis quelques mois se retrouvent en longue durée ? En fait, nous pensons comme le représentant du SNU que ce projet est avant tout : « plus comptable que social »

Il ressemble d'ailleurs aux choix faits par le précédent gouvernement dans le domaine de la santé. Pour des raisons d'économies et d'optimisation, on a diminué de plus en plus les remboursements. Beaucoup de français ont décidé de faire l'impasse sur certains soins, ce qui aboutira pour un certain nombre d'eux, à des pathologies lourdes, plus difficiles à guérir et mille fois plus coûteuses.

Doit-on appliquer cette logique aux chômeurs ?

La balle est donc dans le camps du gouvernement qui pourrait peut être se poser la question du coût (le double) et de la qualité du service des opérateurs privés dont les résultats sont moins bons que ceux du service public de l'emploi. Ce qui permettrait dans ce cas de recruter de nouveaux personnels qui font actuellement défaut à Pôle Emploi.

A suivre ...   

21 juin 2012

Pour sa primaire de 2017, l'UMP dira t-elle « non au fichage politique » ?

Jean-François Copé et une bonne partie des caciques de l'UMP sont pour l'organisation de primaires pour la désignation de son futur candidat en 2017. Ce qui rend encore plus amusant la relecture de ce qu'ils disaient de la primaire socialiste ! 




Jean-François Copé déclarait récemment au sujet de l'idée d'une primaire à l'UMP : « Personnellement, je suis pour un système très ouvert » et Roselyne Bachelot, soutenue par plusieurs cadres du mouvement, vient de lui emboiter le pas en lançant : « Je milite d'ores et déjà pour des primaires ouvertes pour la candidature de 2017 ».

Donc, sauf contre ordre majeur, l'ancien parti majoritaire devrait se livrer à l'exercice qui a permis au PS de désigner François Hollande comme candidat officiel.

Bon, voilà qui est bel et bon, mais qui pourrait prêter à rire si on relit le texte d'une pétition lancée par l'UMP, au sujet de la primaire socialiste, et qui est d'ailleurs encore disponible sur son site. Nous vous livrons ci-dessous en intégralité

« Non au fichage politique des électeurs par le PS

 Pour l’organisation de ses primaires à l’élection présidentielle, le PS envisage d’utiliser prochainement les fichiers électoraux disponibles dans chacune des mairies de France, mais également, pour les opérations de vote, des salles municipales, salles de classe…

L’UMP s’interroge sur la légalité constitutionnelle d’une telle organisation parce que l’utilisation des listes électorales par le PS créera de fait un fichier politique des Français. Il serait de plus impossible d’assurer sa confidentialité ce qui pourrait se révéler gravissime pour nos compatriotes.

Nous nous opposons à octroyer de fait au Parti socialiste les adresses de tous les électeurs français, lequel parti aurait ensuite toute latitude pour solliciter tous les Françaises et Français sans apporter la certitude qu’il détruirait par la suite ce fichier.

De même en permettant à un Parti politique d’utiliser sur l’ensemble du territoire des salles publiques pour bureaux de vote, l’UMP constate que l’on passe mécaniquement à une élection présidentielle à trois tours. Et cela n’est pas inscrit dans la Constitution.

L’aspect financier n’est pas neutre non plus car toute cette organisation qui pèserait sur les collectivités locales ne serait pas comptabilisée dans le compte de campagne du candidat élu par les militants socialistes.

Si comme nous, vous vous opposez à l’utilisation des listes électorales par le PS pour l’organisation de ses primaires, signez cette pétition pour demander à la Commission nationale informatique et liberté (CNIL) et au Ministère de l’Intérieur de protéger les libertés publiques des Français »

Il ne reste donc plus à Jean-François Copé et aux responsables de l'UMP qu'à utiliser des arguments contraires à ceux utilisés plus haut pour nous expliquer en quoi cette procédure jugée scandaleuse, deviendrait subitement, une bonne démarche pour le « Mouvement Populaire ». On s'en régale d'avance ! 


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20 juin 2012

Les belles légendes patronales : Le SMIC obstacle à l'emploi des jeunes !

A cadence régulière des économistes ou patrons nous expliquent que le SMIC est un obstacle à l'emploi des jeunes. En clair il faudrait réhabiliter le défunt SMIC-jeunes ! 




« C'est la deuxième chance du « SMIC-jeunes » écrit Jean-Francis Pécresse, éditorialiste aux Echos (et accessoirement beau frère de Valérie, l'ex ministre du Budget).  « Presque vingt ans après l'échec du contrat d'insertion professionnelle (CIP), la notion de salaire minimum minoré, mais progressif, pour les jeunes effectue un timide retour dans le débat d'idées (...) »

Ah bon! mais le SMIC jeunes, le CIP, c'est quoi au fait ?

En 1993, Edouard Balladur qui officiait à Matignon, souhaitait (déja) réduire le chômage des jeunes décidait de créer le Contrat d'Insertion Professionnelle (CIP), réservé au moins de 26 ans jusqu'à bac+3, et plafonné à 80% du SMIC. Il s'agissait d'un CDD dont la durée était comprise entre six mois et un an, renouvelable une fois.

 Les dits jeunes se mobilisaient, et à l'issue de manifestations monstres, Edouard Balladur annonçait la suspension puis le retrait définitif du CIP en 1994.

On aurait pu croire cette idée morte et enterrée, mais c'était sans compter sur l'obstination de certains beaux esprits libéraux, et sur quelques organisations patronales qui, depuis un ou deux ans, se plaisent à expliquer que crise et chômage obligeant, il serait utile de ressortir le projet de sa boîte. C'est ce dont Jean-Francis Pécresse a essayé de nous convaincre.

Quels sont ses arguments ?

Selon Pécresse, ce n'est pas le fait que ce soit un SMIC au rabais qui a fait capoter le projet mais le fait qu'il aurait été préférable de le présenter sous forme de CDI.  Pourtant, écrit-il : « (...) la malédiction du « SMIC-jeunes » est peut-être en passe de se dissiper, doucement. En pratique, le développement de l'apprentissage permet déjà, même si ce n'en est pas l'objectif principal, de contourner l'obstacle que constitue le salaire minimum unique pour l'embauche de jeunes non formés, donc à faible productivité (...) »

Et l'éditorialiste de nous expliquer que le SMIC-jeunes existe déjà dans les faits

« (...) un SMIC à taux réduit est déjà appliqué aux jeunes en apprentissage ou en contrat de professionnalisation, en fonction de leur âge et de la durée de leur contrat. Et les salariés de moins de 18 ans, lorsqu'ils ont moins de six mois d'ancienneté, sont payés 10 % au-dessous du minimum légal (20 % avant 17 ans). On peut, aussi, considérer que, dans une certaine mesure, l'obligation de rémunérer le stage en entreprise, effective depuis la fin 2009, est un autre moyen de faire travailler des jeunes au-dessous du SMIC (...) »

Mais regrette que ces : « (...) contournements discrets sont restés trop spécifiques pour peser sur un taux de chômage des jeunes »

Donc, selon Pécresse, on doit aller plus loin !

Pour ce faire, il cite l'organisation patronale CroissancePlus qui : « (...) entend briser la glace dans laquelle, depuis vingt ans, est enfermé ce sujet (...) »

CroissancePlus, qui est sorte de mini Medef, a des idées bien arrêtées sur le sujet. En effet, il écrivait en février 2012 : « Le taux d’emploi des jeunes est insuffisant en France (...) Cette faiblesse handicape notre compétitivité et alourdit les dépenses publiques. Parmi les solutions qu’il serait possible de mettre en œuvre figure le « SMIC Jeunes » destiné aux jeunes sans expérience ni diplôme, âgés de 17 à 21 ans. Il aurait pour caractéristique d’être inférieur au montant du salaire minimum brut mais une baisse des charges patronales permettrait de garder un salaire net équivalent. Ce dispositif ferait donc baisser le coût du travail, et mettrait le pied à l’étrier de milliers de jeunes qui gagneraient en compétence et en expérience en étant intégrés dans le monde de l’entreprise (...) »

C'est sans doute par pudeur ou oubli que CroissancePlus ne nous indique pas quel serait la source de financement de cette nouvelle baisse des cotisations patronales, mais dans leur esprit la TVA sociale devrait probablement y pourvoir !

L'inénarrable économiste Francis Kramarz pour qui de toute façon : « Une augmentation du Smic détruirait de nombreux emplois » cité par Jean-Francis Pécresse, déclare : (...) Le SMIC n'est pas trop élevé pour un jeune qui sort de l'université, mais il l'est pour un jeune sans diplôme » Précisant sans rire : « L'assurance de trouver un emploi non qualifié plutôt bien payé dissuade de poursuivre une formation initiale »

Même si les hypothèses de CroissancePlus, de Francis Kramarz  et de Jean-Francis Pécresse ont assez peu de chances de trouver grâce aux yeux des actuels gouvernement et parlementaires de gauche, mon petit doigt me dit qu'il ne faudra pas bien longtemps pour que, la mise en place d'un SMIC-jeunes fasse partie des premières revendications des organisation patronales.

Après tout, le remplacement de salariés seniors partant à la retraite ou dégagés par rupture conventionnelle par des jeunes salariés payés au dessous du SMIC serait certainement apprécié de certains milieux patronaux au titre de la compétitivité des entreprises ... 


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19 juin 2012

Activité économique : Le retour des chantages du Medef ?

Dépités par la défaite de Nicolas Sarkozy et de l'UMP, le Medef voit s'envoler ses rêves de « réforme du marché de l'emploi » et de baisse des cotisations patronales. Ce qu'il espère pourtant obtenir du nouveau gouvernement, plus par chantage que par négociation !




Lorsque les salaires sont bas et qu'on compte plus de 5 millions de personnes inscrites à Pôle Emploi, il n'est pas étonnant qu'on assiste à  : « (...) une chute des carnets de commandes, des tensions sur les trésoreries, un gel des projets d'embauche, la suppression des projets d'investissements (...) » Car, rappelons le, c'est la consommation et non l'investissement des entreprises, qui tire la croissance française depuis des années. 

Néanmoins, ce n'est pas l'analyse de Laurence Parisot qui expliquait, lors de sa conférence de presse mensuelle, que : « les projets de réformes économiques et sociales du gouvernement de Jean-Marc Ayrault se traduisent par « une angoisse palpable et une inquiétude immense chez tous les entrepreneurs »

Et comment le gouvernement peut-il lever « l'angoisse palpable et l'inquiétude immense » ? 

Hé bien en revenant aux fondamentaux du Medef qui ont été rappelés le même jour dans une tribune, publiée sur le site des Echos, par plusieurs grands patrons français. les signataires en sont : Philippe Varin, le président de PSA Peugeot-Citroën, Pierre-André de Chalendar, le PDG de Saint-Gobain, Jean-Yves Naouri (président exécutif de Publicis Worldwide),  Christel Bories (ex-PDG de Constellium), Pierre Gadonneix (ex-président d'EDF), Benoît Potier (PDG d'Air Liquide), Denis Ranque (ex-PDG de Thales)

Que réclament-ils ? 

Tout simplement ce que Nicolas Sarkozy et l'UMP avaient promis au Medef en cas de réélection !

« (...) une réforme du marché de l'emploi (...) Ces industriels souhaitent à moyen terme une flexibilité accrue du travail, à travers des accords de performance (...) »

En clair, ils demandent que soient mis en place les accords compétitivité-emploi défendus par le précédent gouvernement ainsi, bien entendu, qu'une réflexion sur les obligations en cas de licenciement économique, et peut être, même la mise en place progressive d'un contrat de travail unique à droits progressif, qui permettrait de licencier sans motif et à meilleur coût.  Le tout sans aucun engagement sur l'emploi !

On remarquera au passage que Philippe Varin, le président de PSA Peugeot-Citroën signataire de la tribune envisage de fermer son usine d'Aulnay sous Bois (plus de 3000 salariés). Ce qui ressemble à s'y méprendre à un habile chantage, sachant que la fermeture pourrait intervenir fin juillet. 

Il réclament également : « (...) un allègement des cotisations patronales, afin de favoriser une montée en gamme des produits des entreprises françaises (...) »

Traduction : Ils souhaitent que la TVA sociale soit maintenue. Or, comme l'expliquait il y a encore peu Laurence Parisot, nul ne devrait contrôler l'utilisation de cette baisse qui pourrait être affectée au libre choix des entreprises, à une baisse des prix publics, à l'investissement ou rétrocédée aux actionnaires. Alors la montée en gamme ...

C'est justement au sujet des actionnaires que la patronne du Medef est montée au créneau. Elle s'élève violemment contre un probable prélèvement à la source de 3% sur les dividendes versés par les entreprises à leurs actionnaires.

Quel est le problème de madame Parisot ?

Le nouveau gouvernement souhaite inciter les entreprises à réinvestir leurs profits plutôt qu'à rémunérer grassement leurs actionnaires, explique L'Expansion. Pour ce faire, il propose d'instaurer à partir de l'été un prélèvement à la source de 3% sur les dividendes versés par les sociétés à leurs actionnaires.

Or, il faut savoir que les entreprises qui seraient les plus touchées par ce prélèvement sont loin d'être des TPE-PME puisque les plus concernés seraient : « Total (coût de 170 millions d'euros), Sanofi (123 millions), GDF Suez (101 millions), France Télécom (94 millions), EDF (63 millions), Axa (53 millions), L'Oréal (44 millions), Vivendi (39 millions), Schneider (33 millions) et Danone (30 millions). Sachant qu'en 2011, les groupes du CAC 40 ont distribué 45 milliards d'euros sous forme de dividendes et de rachats d'actions. Un montant en hausse de 15 % par rapport à 2010 » Rappelons aussi que ce sont ces entreprises qui payent le moins d'impôts sur les sociétés.

Donc, madame Parisot a attribué au gouvernement des mauvais points : Sur le coup de pouce au Smic et, surtout, sur le projet de taxe sur les dividendes distribués aux actionnaires.

Conclusion : Afin de délivrer de « l'angoisse palpable et l'inquiétude immense » les entreprises (du CAC 40 ? ), il serait nécessaire de précariser (pardon, flexibiliser) beaucoup plus les salariés, augmenter à nouveau l'âge de départ à la retraite, tout en refusant toute augmentation de salaires qui mettrait en cause la compétitivité. 

Pas certain que cette démonstration fonctionne auprès du nouveau gouvernement et de la nouvelle assemblée, du moins pour l'instant. Mais comme Laurence Parisot est persuadée que la pédagogie est répétitive ... 


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18 juin 2012

Frédéric Lefebvre aux législatives : deux petits tours et puis s'en va !

Si les média ont fait grand cas des défaites de Nadine Morano ou de Claude Guéant apôtres s'il en est du sarkozysme, ils ont zappé celle de Frédéric Lefebvre qui pourtant représentait une synthèse des excès du précédent quinquennat !




Le lobbyiste sarkolâtre Frédéric Lefebvre ne sera donc pas député. En effet, celui qui jouait l'aboyeur à l'Assemblée Nationale en tant que suppléant d'André Santini et s'était vu attribuer la circonscription Etats-Unis Canada en lieu et place de Christine Lagarde partie au FMI, a été battu dimanche par Corinne Narassiguin la candidate PS/EELV.

Le résultat est sans appel puisque celle-ci l'emporte avec 54,01% des voix, dans une circonscription pourtant réputée imperdable pour la droite. Tout comme l'étaient nous rappelle Slate, les autres circonscriptions des français de l'étranger, que l'UMP comptait bien empocher, et dont huit des onze sont allées à la gauche.

Pour en revenir à Frédéric Lefebvre qui a lancé sa campagne en étant ministre et a cumulé les voyages à caractère officiel, comme un voyage à San Francisco et Los Angelès pour  :  « (...)  promouvoir la destination France (...) » ou à Miami pour : « (... ) représenter le gouvernement français lors du premier Symposium Mondial des conseillers de commerce extérieur de la France (... ) » ou en Floride où il rencontrait une communauté d'affaires réunie par son cousin « (...) président de la French-American chamber of commerce of Florida (...) Puis New York où il a profité de ses déplacements pour rencontrer les élus UMP : « (...) à l'abri des regards indiscrets (...) »

Les français de la circonscription qui ne sont pas des demeurés avaient quand même bien compris que celui qui écrivait sur son site qu'il avait : « (...) vécu aux Etats-Unis lorsqu’il était jeune enfant (...) pour, comme le signale le blog Great America : (...) prouver ses liens à la circonscription (...) alors qu'il avait résidé à New York jusqu’à l’âge de… 2 ans, était surtout un opportuniste pressé de trouver un point de chute politique !

Ce qui est clairement résumé par Julien Balkany son adversaire à droite

« (...) La principale raison de la victoire de la gauche réside, sans nul doute, dans les « erreurs de casting » opérées à travers des investitures données à des candidats à recaser. Parachutés à la suite de décisions prises à Paris, considérant ces nouvelles circonscriptions et leurs électeurs comme des lots de consolation, maîtrisant peu ou mal les dossiers locaux, ne partageant pas les préoccupations quotidiennes des Français de l’étranger, évitant les rencontres publiques et le travail de terrain, une partie de ces candidats ont péché par excès de confiance et se sont réposés sur le mythe que le Français de l’étranger est un privilégié qui vote « à droite ». Non, le vote des Français de l’étranger ne se donne pas, il se gagne ! Je l’ai répété à maintes reprises lors de cette campagne : on ne s’improvise pas Français de l’étranger par décret. Les suffrages des électeurs nous a montré que ces investitures n’étaient pas les sinécures espérées (...) »

En fin de compte, Frédéric Lefebvre a eu le tort de croire qu'un bon petit coup de lobbying et un survêtement de l'UMP suffirait pour enfin être élu à l'Assemblée Nationale à Paris où il aurait passé le plus clair de son temps.

Pour ceux qui se demanderaient ce qu'il va devenir, outre l'UMP qui pourra toujours lui fournir une délégation rémunérée, il pourra toujours reprendre du service comme lobbyiste chez PIC Conseil qu'il avait été obligé d'abandonner lors de sa nomination au gouvernement (pour éviter un conflit d'intérêt. D'autant que cette fois, il pourra exercer en tant qu'avocat. Il est clair que son carnet d'adresse ministériel lui permettra de mettre souvent les pieds à l'Assemblée Nationale ... 

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15 juin 2012

Dimanche 17 : Une belle occasion de dire #AuRevoirUMP et #DehorsFN !

Dimanche 17 se jouera le dernier acte de ce qui a commencé le 6 mai. La mobilisation de toutes les forces de gauche doit permettre d'envoyer l'UMP dans l'opposition de stopper la progression du FN !




Même si un ancien ministre comme Laurent Wauquiez n'a pas fait figurer sur leurs affiches et documents de campagne, de mention UMP, tout comme d'ailleurs de nombreux élus ou candidats du Mouvement Populaire ça ne suffit pas à tromper les électeurs qui savent très bien qu'ils sont tous comptables de l'exécrable bilan du précédent quinquennat !

Non, les élus candidats de l'UMP n'ont pas changé puisqu'ils proposent le même programme que celui élaboré pendant la présidentielle. Vous savez, celui dans lequel sont mis au ban de la société

Les chômeurs,
Les précaires
Les titulaires des minimas sociaux
Les immigrés

Tout en proposant, dans un tract de dernière minute, de s'opposer à toute augmentation des impôts des classes moyennes alors que ce sont eux qui ont le plus allégé l'imposition des plus riches. Ou de vouloir créer 200 000 solutions de gardes d'enfants supplémentaires qu'ils ont pas créé durant la dernière mandature !






« La droite et la gauche, ce n'est pas pareil, nos programmes sont totalement différents » écrit Jean-François Copé sur le site de l'UMP.

Pas pareil comme l'explique Nadine Morano piégée téléphoniquement a déclaré  : « La droite, la gauche, c’est tout de même pas pareil, ils vont nous mettre le droit de vote des étrangers, je sais pas si vous vous rendez compte » et : « J’ai pas envie que ça devienne le Liban chez moi » ?

C'est d'autant plus grave qu'elle pensait parler à Louis Aliot, le vice président du Front National, avec qui elle se disait prête à continuer ... de dialoguer après l'élection !

Et même si François Fillon a joué le pompier pour parer à la catastrophe en indiquant sur Twitter que Nadine Morano : « aurait dû raccrocher tout de suite car on ne parle pas aux dirigeants du FN » les français auront compris que malgré les consignes officielles de l'UMP, de nombreux élus et candidats sont en train d'ouvrir la voie à un FN, qui n'attendait que celà ! 

Non, le Front National n'est pas un parti comme les autres et ceux qui l'auraient oublié auraient intérêt à se souvenir de la gestion calamiteuse des villes que leurs élus ont dirigé.

L'enjeu de dimanche est donc  double : dire #AuRevoirUMP et #DehorsFN. Ce résultat ne sera obtenu qu'avec une mobilisation générale de tous ceux qui soutiennent la gauche !

Car même si les dernières estimations sont favorables à la gauche, dans de nombreuses circonscriptions, comme par exemple, dans le 93, Pascal Popelin, le candidat PS peut battre Eric Raoult ou à Marseille où Marie-Arlette Carlotti peut gagner face à Renaud Muselier, le résultat se jouera à quelques points !  

Alors, comme le dit avec humour la couverture du dernier Siné Mensuel  : « Achevons les, du pied gauche ça porte bonheur »  Pour qu'enfin on puisse dire que : « Le changement c'est maintenant ! »

Bon vote ! 


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14 juin 2012

Think tank Ultra libéral recherche futurs exilés fiscaux pour ... témoignage !

L'ultra libéral think tank IFRAP lance un appel à témoignage sur son site web aux entrepreneurs et entreprises qui pensent quitter la France. Une démarche insolite pour des gens qui prétendent être en contacts permanent avec les entrepreneurs. 





Dans la famille des think tank libéraux et ultra libéraux, il en est un qui se détache, c'est l'IFRAP. C'est entre autre celui qui déteste le plus : l'administration, les fonctionnaires, les régimes de retraites, les aides sociales, le SMIC, le code et le droit du travail, Pôle Emploi, les syndicats et bien entendu tous les impôts, notamment l'ISF responsable selon eux de la « délocalisation des patrimoines »

On aurait pu penser que de tels spécialistes entretenaient comme beaucoup de think tanks des relations étroites avec des entrepreneurs et des entreprises, ce qui leur permettrait de connaître les tendances et réactions de ceux-ci. Or, on peut lire depuis le 8 juin dernier sur leur site un appel à témoignage étonnant 

« (...) La Fondation iFRAP fait un appel à témoignages auprès des entrepreneurs et entreprises qui pensent à quitter la France pour les pays limitrophes pour des raisons fiscales afin de pouvoir donner aux décideurs des exemples non nominatifs montrant que les mesures fiscales punitives ne sont pas la bonne solution (...) »

Quel est l'argumentaire qui suit cette demande pour le moins insolite ? Extraits

« Le Ministre des Finances Pierre Moscovici ne veut pas commenter les « rumeurs » de délocalisations de personnes physiques et morales qui circulent en France en ce moment (...) Ces « rumeurs » font clairement suite aux annonces d’augmentation de la pression fiscale sur les personnes physiques (et morales) dont nous avons déjà largement explicité les incidences négatives potentielles (...) »

Suit une description de plusieurs cas « dramatiques » d'entrepreneurs qu'on risque entre autre, de priver de bouclier fiscal, et que l'IFRAP semble bien connaître. Pour en arriver à ce morceau d'anthologie 

« (...) A ce stade, il nous a semblé nécessaire que la Fondation iFRAP puisse recueillir des témoignages sur les raisons de ce choix de l’exil afin de faire la pédagogie de la situation auprès de nos décideurs. Ces témoignages n’ont pas besoin d’être nominatifs mais juste détaillés (expliquer comment la conjonction des différentes mesures fiscales incitent au départ) afin de les publier sur notre site internet et de démontrer que la fiscalité punitive n’est pas la bonne démarche (...) »

Suivent quelques témoignages anonymes que nous vous laissons découvrir mais dont les pseudos comme : « Henri IV , Picsou75 ou equité » devraient en réjouir plus d'un. 

Vous avouerez que la méthode est assez étonnante, sauf que IFRAP signifie : Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques ce qui n'a qu'un lien lointain avec la vie des entreprises.

Par contre, Agnès Verdier Molinié sa directrice n'a pas hésité à chiffrer le programme de François Hollande : « A la demande du Figaro Magazine » et d'Eric Brunet qui revendique le fait d'être le premier réactionnaire de France et qui n'hésitait pas à écrire, le 8 juin dernier, sur le droitier site Atlantico : « Pourquoi Nicolas Sarkozy a gagné la présidentielle »

Mais dans la mesure où ni le Figaro, ni Eric Brunet ne semblent plus informés que l'IFRAP sur : « des entrepreneurs et entreprises qui pensent à quitter la France pour les pays limitrophes pour des raisons fiscales » il ne reste plus qu'à attendre la publication des résultats de la consultation en ligne sur le site de l'IFRAP qui, à notre avis ne devrait probablement pas être très favorable à l'actuel gouvernement ...


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13 juin 2012

Les recettes de l'OCDE pour les retraites : Partir à 70 ans et cotiser à une pension privée !

L'OCDE vient de publier un rapport sur l'avenir des retraites dans lequel elle distribue des bons et mauvais points aux pays en fonction de l'âge départ. Elle propose aussi d'avoir recours aux pensions privées pour : « stimuler la croissance » !




Connaissez vous le slogan de l'OCDE ? hé bien c'est : « Des politiques meilleures pour une vie meilleure » Elle l'explique sur son site de la façon suivante : « (...) promouvoir les politiques qui amélioreront le bien-être économique et social partout dans le monde (...) Nous comparons la façon dont les systèmes éducatifs préparent les jeunes à la vie moderne et la façon dont les systèmes de retraite protègeront les citoyens plus âgés (...) »

C'est justement donc au nom de la protection des systèmes de retraites que l'OCDE vient de publier son dernier rapport. Que dit-il ?

« L’espérance de vie continuant d’augmenter partout dans le monde, les gouvernements devront graduellement augmenter l’âge de départ à la retraite pour que leurs systèmes nationaux de pension soient à la fois financièrement viables et adaptés (...) »

Et le Secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurría de donner selon lui une des solution clés du problème : « Il faut agir avec vigueur. Faire tomber les obstacles à la poursuite d’activité au-delà de l’âge habituel d’accès à la retraite sera indispensable pour garantir à nos enfants et à nos petits enfants le bénéfice d’une retraite adéquate au terme de leur vie active »

Il est clair que Angel Gurria ne lit pas les rapports de l'OIT. C'est dommage car il aurait appris que dans le monde, de 196 millions en 2011, le nombre de chômeurs passera en 2012 à environ 202 millions et que l'OIT table pour 2013 sur le chiffre de 207 millions.

Et le Directeur de l'Institut international d'études sociales de l'OIT, Raymond Torres d'ajouter : « (...) il est peu probable que l'économie mondiale croisse à un rythme suffisant ces deux prochaines années pour, simultanément, combler le déficit d'emplois actuel et fournir du travail à plus de 80 millions de personnes qui devraient arriver sur le marché du travail au cours de la même période (...) »

Donc des chômeurs de tous les âges qui cotisent peu ou pas et dont, en ce qui concerne les plus âgés on ne veut plus dans les entreprises ! 

Mais l'OCDE n'en a cure puisque l'objet de son rapport est ailleurs. Son plaidoyer pour le report de l'âge de la retraite idéal qu'elle préconise de : « lier formellement l’âge de la retraite à l’espérance de vie » n'est en fait qu'un alibi pour promouvoir ... les pensions privées !

Ce qu'elle explique clairement : « Quoique ces réformes puissent parfois être impopulaires et douloureuses, elles peuvent aussi (...) contribuer à stimuler une croissance bien nécessaire dans des économies vieillissantes »

De quelle façon ?

« (...) Les personnes qui commencent de travailler aujourd’hui peuvent compter percevoir une pension nette de régime public d’environ la moitié de leurs revenus nets, en moyenne, dans les pays de l’OCDE, si elles prennent leur retraite après une carrière pleine, à l’âge officiel du départ à la retraite. Mais, dans pratiquement les 13 pays qui ont rendu les pensions privées obligatoires, les retraités peuvent espérer percevoir une pension représentant environ 60 % de leurs revenus (...) »

Et pour ceux qui feraient remarquer qu'il est assez gonflé de proposer ce système en pleine crise de l'Euro et d'incertitude économique généralisée, l'OCDE suggère l'idée suivante : « (...) Pour renforcer la confiance dans les pensions privées, les gouvernements devraient aussi améliorer la supervision des fonds pour garantir que les frais ne sont pas trop élevés et minimiser les risques (...) » En résumé, YAKA !

Certains feront remarquer que la démonstration de l'OCDE est en tous points identique à ce qu'a proposé à plusieurs reprises, Laurence Parisot la patronne du Medef, à laquelle ... la Fédération Bancaire Française (FBF) est adhérente. Mais c'est probablement un hasard, puisque l'OCDE affirme ne dépendre pour son fonctionnement que des pays membres. Ce qui n'exclue pas que lesdits gouvernements, tout comme les économistes de l'OCDE, peuvent être sensibles aux arguments du lobby bancaire international  ...

Au fait, pour ceux que la question titillerait : Quel est le régime de retraite des salariés de l'OCDE ? on peut en trouver réponse dans la rubrique Salaires et avantages de son site.

Outre qu'on apprend que : « Les émoluments bénéficient de l'exonération fiscale dans la plupart des pays membres de l'Organisation, y compris en France (...) » et que : « L'OCDE a un excellent système d'assurance médicale et sociale (...) »

Il faut savoir que : « (...) les agents peuvent prétendre dès 63 ans, et après au moins 10 ans de service, à une pension s'élevant à 2 % de leur dernier traitement de base par année de service, jusqu'à un montant maximum de 70 % après 35 ans de service. Une pension réduite peut être payée aux agents prenant leur retraite, dès l'âge de 51 ans (...) » Sachant que les émoluments sont assez éloigné du montant du SMIC français, c'est assez confortable !

Mais, nous ne doutons pas une seconde que l'OCDE après la publication de son rapport ne va pas manquer d'appliquer à titre d'exemple, dans les mois qui viennent, ses recommandations à l'ensemble de son personnel ...


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12 juin 2012

Législatives : La parité socio professionnelle c'est pour quand ?

L'Observatoire des inégalités constate une fois de plus que seul 1% des députés sont issus du monde ouvrier ou employé. Un vrai problème de représentativité qui ne semble pas tracasser outre mesure les grands partis !




Les employés et les ouvriers représentent plus de la moitié de la population active. Or, nous rappelle l'Observatoire des inégalités à quelques jours du deuxième tour des législatives, seul 1% des députés proviennent de leurs rangs. 

Effectivement, comme le fait remarquer le site : « Alors que la parité entre les sexes occupe largement le débat public, peu nombreux sont ceux qui s’inquiètent de l’immense sous représentation des groupes sociaux les moins favorisés.

Et pourtant, ça n'a pas été toujours le cas, puisque : « (...) Les catégories populaires (ouvriers et employés) représentaient 18,8 % des députés lors de la première législature (1946-1951) de la IVe République, qui comptait 150 députés communistes sur 522. Ce sera la représentation la plus forte depuis la création de l’Assemblée nationale. Mais en 1958, cette part était déjà revenue à 4 %. La poussée de la gauche aux élections de 1967 (Ve république) conduit à une remontée à 9 % de l’ensemble ouvriers et employés (...) Par la suite, la représentation des catégories populaires ne va cesser de se réduire, alors que cet ensemble constitue toujours environ la moitié de la population active (...) »

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Ce constat est également partagé par A. François et E. Grossman qui ont publié : « Qui sont les députés français de la Ve République ? » dont une synthèse est disponible sur le site La vie des idées

« L’enquête sur les députés français de la cinquième République soulève deux enjeux principaux. Le premier porte sur la correspondance de ces élus par rapport à la population française. Sont-ils représentatifs de la population française, ou au contraire, représentent-ils un groupe socialement et économiquement homogène, et distinct des électeurs, monopolisant le pouvoir politique ?  (...) »

Sans aller aussi loin, il est évident que les partis de gouvernement ont de moins en moins envie d'investir du temps et de l'argent pour transformer des militants en candidats, et ont tendance à chercher leurs jeunes recrues dans les grandes écoles, dont la professionnalisation est un atout majeur.

Ce qui se traduit par une représentation de 59% des cadres et profession intellectuelles supérieures. Sachant que si on y ajoute les professions libérales, on obtient les trois quart des députés.

Cette situation donne lieu à chaque élection à des emballements dans le monde politique. En effet, d'élections en élections, les partis politiques revendiquent le vote des ouvriers et employés. La gauche au nom de la tradition, l'UMP qui n'a cessé de parler de la « classe moyenne » en opposition aux assistés et le Front national qui s'est auto proclamé parti des ouvriers.

Or, le fait de côtoyer des ouvriers et employés lors de distributions de tracts ou de parler d'eux avec leurs employeurs n'apporte pas de vrais réponses à ces populations à qui pourtant on impose des modifications permanentes des droits sociaux ou du travail. En effet, comment se faire entendre à l'Assemblée Nationale lorsqu'on dispose de seulement 10 élus ouvriers ou employés sur 577 députés ?

Pour changer cette donne, il est indispensable qu'après avoir officialisé la fin du cumul excessif de mandats électoraux, que les partis politiques qui vivent en grande partie des subventions aient l'obligation, sous peine de se voir refuser le financement de l'état, de former et de présenter à toutes les élections (locales comme nationales) un minimum de candidats issus du monde ouvrier et employé. 

Où les former et avec quel argent ?

Et bien il n'y aura qu'à utiliser les centres de formation des élus qui pullulent à droite comme à gauche et qui dans certains cas peuvent servir à financer banquets ou cocktails ou des campus

Il ne reste plus qu'à connaître la position des partis politiques de gouvernement, toujours avides, de plus démocratie ...


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11 juin 2012

21eme siècle : 215 millions d'enfants au travail forcé !

Selon l'OIT, ce sont plus de 215 millions d'enfants qui doivent travailler pour survivre, la moitié d’entre eux est exposée aux pires formes de travail et  5 millions sont victimes de travail forcé !




Comment ne pas être hermétique au concept de « journée mondiale de ». C'est en effet ce qu'on peut penser en apprenant que le 11 juin est celle de la journée mondiale du tricot. Cette date commérorative qui prête plutôt à sourire en précède une beaucoup moins comique, puisque le 12 aura lieu : la journée mondiale contre le travail des enfants. 

Cette journée se déroule sous l'égide le l'Organisation Internationale du Travail (OIT). Celle-ci a rédigé la convention N°182 qu'elle a soumise à l'ensemble des pays. Il faut savoir que cette convention a été la plus rapidement ratifiée de l'histoire de l'OIT depuis sa création en 1919.

A quoi s'engagent les pays ayant ratifié cette convention ?

« (...) les pays signataires s'engagent à agir immédiatement pour interdire et éliminer les pires formes de travail des enfants (...) » Néanmoins, les derniers chiffres fournis par l'OIT indiquent que la ratification à la mise en oeuvre, on est encore loin du compte !

Selon le site suisse RTS citant l'OIT : « (...) Encore 215 millions d'enfants travaillent dans le monde (...) Il existe toujours un grand décalage entre la ratification des conventions sur le travail des enfants et les initiatives prises par les pays pour traiter ce problème (...) »

Ce qui fait dire à Juan Somavia son directeur Général : « Il n'y a de place pour aucune complaisance quand il y a encore 215 millions d’enfants qui doivent travailler pour survivre et que la moitié d’entre eux est exposée aux pires formes de travail des enfants, y compris l’esclavage et l’implication dans des conflits armés. Nous ne pouvons admettre que l’éradication du travail des enfants recule parmi les priorités de l’agenda du développement – tous les pays devraient s’efforcer d’atteindre cet objectif, à titre individuel et collectif »

Ce à quoi, il faut ajouter que : (...) un enfant sur cinq seulement est rémunéré (...)

Et l'OIT de faire le constat suivant : « (...) Le plus grand décalage entre l’engagement et l’action s’observe dans l’économie informelle où se produit la majorité des violations des droits fondamentaux au travail, selon le rapport. Les enfants des zones rurales et agricoles, ainsi que les enfants des travailleurs migrants ou des populations autochtones, sont les plus menacés d’être enrôlés dans le travail des enfants. (...) » Et précise que : « (...) assez peu de plaintes contre le travail des enfants atteignent les tribunaux nationaux. Les sanctions à l’encontre de ces violations sont souvent trop faibles pour être véritablement dissuasives pour l’exploitation des enfants (...) Avant d'ajouter que la résolution du problème est assez simple : « Travail décent pour les parents, éducation pour les enfants, autant d’éléments indispensables aux stratégies pour l’élimination du travail des enfants (...) »

Quels sont les zones géographiques les plus touchés par la travail illicites des enfants ?

Inde, Pakistan et Brésil sont les pays les plus touchés par ce fléau

« Par région, l'Asie compte le plus grand nombre de travailleurs forcés dans le monde, soit 56% de l'effectif global. Le deuxième contingent est en Afrique (18%), suivi par l'Amérique latine (9%). Les pays industrialisés, dont l'Union européenne, abritent 1,5 million de victimes (7%) » - Source TSR

De quelle façon va se dérouler la journée ?

« Des événements se déroulent dans plus d’une cinquantaine de pays et mobilisent les gouvernements, les employeurs, les travailleurs, les Nations Unies, les organisations non gouvernementales ou de la société civile. Les événements prendront la forme de débats politiques de haut niveau, de débats publics, d’événements médiatiques, des campagnes de sensibilisation et de manifestations culturelles » précise l'OIT

En résumé de la communication et de l'affichage pendant 24H00 avant de passer à autre chose. Car si l'objectif de l'OIT est de parvenir à la ratification universelle en 2015 et à l'élimination des pires formes de travail des enfants en 2016, il n'est pas certain que les pays producteurs d'armes ou ceux clients des états producteurs d'énergie fassent pression sur les pays où le travail forcé et la servitude des enfants n'est pas la première préoccupation !

Mais que pèsent le travail forcé des enfants, l'absence des droits de l'homme et la répression syndicale à côté des profits de nombreuses entreprises multinationales dont les pays d'origine participeront demain aux : « débats politiques de haut niveau, événements médiatiques, campagnes de sensibilisation et manifestations culturelles » ...


Bibliographie

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