03 juillet 2012

La Commission européenne a un problème avec le pouvoir d'achat ?

Les Etats peuvent augmenter la TVA à l'infini sans déranger la Commission européenne. Par contre lorsqu'un gouvernement décide de la baisser, Bruxelles sort de ses gonds, au nom de ... la concurrence !




Une baisse de la TVA est toujours une bonne chose pour les consommateurs. On se souvient en effet des résultats de la baisse sur les travaux destinée à permettre l'amélioration du parc des logements existants qui avait dopé la demande des particuliers.Néanmoins, la Commission Européenne n'aime pas les baisses qui selon elle pourrait mettre en péril la concurrence !

Ainsi, alors que la France et le Luxembourg viennent de décider d'appliquer un taux réduit de TVA aux livres numériques, la Commission Européenne vient de leur adresser une lettre de mise en demeure.

A quel titre ?

Hé bien  : « (...) La législation de l'UE ne permet pas aux Etats membres d'appliquer un taux réduit aux livres numériques (...) expliquant qu'on pourrait donc être en présence d'une violation claire des règles communautaires (...) »

Vioation ?

Il faut savoir nous dit la Commission que : « (...) par ce biais ils ont pu attirer chez eux certaines activités de vente de livres numériques (...) La Commission aurait : (...) reçu des plaintes de plusieurs ministres des Finances, notamment du Royaume-Uni, de Pologne et des Pays-Bas, qui ont déjà relevé l'effet négatif sur les ventes de livres sur leur marché domestique (...) Selon la Commission, le taux appliqué par le Luxembourg est directement à l'origine d'une chute des ventes de 4,5 millions d'unités au seul Royaume-Uni en janvier et février, soit 30 millions de livres sterling (37,3 millions d'euros) »

Ce discours est tellement surréaliste que Neelie Kroes, elle même Commissaire Européen a déclaré : « Est-ce que des taux différents de TVA entre les livres numériques et papier ont un sens au XXIe siècle »

Même si la Commission reconnaît étudier de près le sujet, et qu'elle pourrait revoir sa décision en 2013, elle campe sur ses postions : « (...) nous prenons au sérieux notre mission de gardien des traités (...) »

Voilà donc pourquoi, vous risquez, si vous achetez des livres numériques, de contineur à les payer plus chers !

Mais que vaut le pouvoir d'achat de quelques consommateurs à côté de l'orthodoxie de la  concurrence de la Commission Européenne ?


02 juillet 2012

Rigueur budgétaire : Allons chercher l'argent dans les paradis fiscaux d'Europe !

Alors qu'elle est en pleine crise financière, l'Europe subirait une évasion fiscale annuelle de 1.000 milliards d’euros, sans compter son économie noire. Qu'attendent les chefs d'état et de gouvernement à la recherche de recettes ?



Dans toute l'Europe, on ne fait que parler de coupes budgétaires et de mesures d'économies drastiques. La dernière mode étant à la liquidation du moindre acquis social et du droit du travail. Hé oui, nous répète t-on les caisses des états sont vides ! 

Or, à la lecture d'un petit article de L'Express.be daté du 29 juin, on s'aperçoit que de l'argent, il y en a beaucoup. La seule condition pour le trouver étant de s'intéresser aux paradis fiscaux européens et à leurs clients qui eux se portent à merveille !  

Que nous apprenent-ils ?

« La Commission Européenne vient d’épingler plusieurs pays européens dans un rapport dans lequel elle les accuse d’avoir permis une évasion fiscale de l’ordre du millier de milliards d’euros, le double des 5 plans de sauvetage additionnés (492,5 milliards d’euros), et même, dans certains cas, de s’opposer à la mise en place de législations pour lutter contre les paradis fiscaux.

Le rapport met ainsi en cause la Bulgarie, Chypre, ainsi que la Grèce, pour l’importance de leurs économies souterraines, respectivement 30%, 26% et 24% de leur PIB. Chypre a été très critiquée pour ne pas avoir implémenté de façon adéquate la législation européenne existante. Au total, la valeur de l’économie noire est estimée à 2.000 milliards d’euros en Europe (...)  »

Rappelons à ceux qui l'ignoreraient que Chypre s'apprête à prendre la présidence semestrielle de l'UE et à fait appel à l'Union européenne pour son secteur bancaire en difficultés. Et même si le directeur du Réseau pour la justice fiscale concède que : « En termes d'échelle, c'est un acteur insignifiant dans le secteur des services financiers offshore (...) à côté des monuments européens : « (...) c'est une niche pour les flux illicites entre les ex-pays de l'Union soviétique » Les monuments européens étant : Londres, Luxembourg ou Zurich

Quelques chiffres qui en disent long !

Ainsi, Algirdas Šemeta, le commissaire européen à la Fiscalité et à l’Union Douanière, indique que : « (...) 35% des dépôts non bancaires des pays de l’UE sont détenus par des sociétés-écran à l’étranger, dont 20%, soit 1.400 milliards d’euros seraient placés en Suisse et aux Iles Caïman, un territoire britannique ». Algirdas Šemeta n'oublie pas dans sa liste l'île de Jersey qui s'impose de plus en plus en plus : « (...) comme paradis fiscal et centre de placement non bancaire (...) »

Il semble que les britanniques eux même commencent à être excédés par la facilité avec laquelle cerains contribuables pratiquent l'évasion fiscale. En effet, cette évasion représente 5,6 milliards d'euros par an !

Jersey est dans le collimateur des autorités britanniques, qui ont de plus en plus de mal à justifier une rigueur accrue à la population, alors que des particuliers et des entreprises profitent du statut de paradis fiscal pour échapper au fisc. 

Pour la petite histoire, sachez que le ministre-adjoint au premier ministre de l'île de Jersey a menacé  la couronne britannique ... de devenir indépendante du Royaume-Uni. Mais pas l'Union européenne à laquelle elle est est associée ! 

Alors, on fait quoi ? 

Face à cette situation, la Commission européenne devrait  : « (...) s'atteler à donner forme aux idées exposées (...) Avant la fin de l'année, elle présentera un plan d’action pour lutter contre la fraude et l’évasion fiscales, contenant des mesures spécifiques qui pourraient être mises en place rapidement. Parallèlement, la Commission présentera également son initiative sur les paradis fiscaux et la planification fiscale agressive (...) »

Autrement dit, vu le temps nécessaire à à la Commission pour présenter son plan d'action et, celui que l'ensemble des pays adhérents à l'union européenne mettra pour se mettre d'accord, il est assez vraissemblable que l'évasion fiscale a encore de longs et beaux jours devant elle.

Pendant ce temps là, les gouvernements continueront d'appliquer à leurs populations toujours plus de coupes budgétaires et de mesures d'économies dratiques ! 


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29 juin 2012

Monsieur Montebourg : Il est temps d'aller parler du patriotisme économique à Renault !

Renault n'en finit plus d'inventer des « voitures à vivre » fabriquées ... hors de France. Le dernier modèle Dacia baptisé « Dokker Van » n'est ni plus ni moins qu'un Kangoo killer qui va mettre en danger les emplois dans les usines françaises ! 




En mars dernier, nous écrivions : En février, Eric Besson inaugurait avec Carlos Ghosn une usine Renault géante au Maroc. Il affirmait à cette occasion que les véhicules produits seraient réservés Maghreb et ne rentreraient en France que de façon marginale. Un bien vilain mensonge !

Cette information n'est que la confirmation de ce qu'écrivait la presse spécialisée en janvier : « (...) En tête de production, le monospace Lodgy de Dacia pour une commercialisation en France au printemps. Avec un prix aux alentours de 12 000 euros, le Lodgy est presque deux fois moins cher qu’un Scenic ( ... ) Pour réduire ses coûts, Dacia mutualise les composants (en valeur) avec ses autres modèles à hauteur de 70% et réutilise des composants déjà rentabilisés (...) Mais surtout, les usines marocaines ont un avantage salarial sur les sites roumains, avec des salaires nets deux fois moins élevés (...) »

Nous ajoutions : Il faut savoir, qu'un : « un ludospace style Kangoo sera produit dans la nouvelle usine géante de Tanger ce modèle devrait coûter deux fois moins cher que le célèbre Kangoo (...) » qui est fabriqué, lui, à Maubeuge

Hé bien, il faut savoir que ce « Kangoo killer » sera commercialisé à l'automne en France. Selon le site AutoNews : « le prix, devrait passer sous la barre des 9 000 euros » et devrait se présenter comme la : « nouvelle terreur des ludospaces ». D'autant qu'il recevra : « le très moderne 1.2 TCe 115 ch et les excellents 1.5 dCi 75 et 90 » made in Renault.

Et là, pas question de nous ressortir l'argument du Lodgy qui selon Renault ne cible pas la même clientèle que celle du Scenic, puisque le Dokker Van s'adresse prioritairement aux artisans et commerçants, acheteurs potentiels de Kangoo. En clair, si le dernier né de Dacia va prendre des clients aux autres contructeurs, il va en toute certitude mettre en péril les ventes de Kangoo.

L'argumentaire commercial de Renault parle de lui même ! : « (...) Si la fiabilité et la qualité de fabrication Dacia sont déjà reconnues par les clients et par la presse, Dacia renforce encore ses atouts en s’appuyant sur l’expertise de Renault, leader du Véhicule Utilitaire Léger en Europe depuis 1998. La conception de nombreuses pièces de Dokker Van a été réalisée selon les exigences du cahier des charges utilisé par Renault pour ses véhicules utilitaires. Le véhicule a également été soumis aux tests sévères réservés aux VU Renault, et représentant les usages clients les plus contraignants »

Alors, pourquoi perdre son temps et son argent à acheter un Kangoo ?

En cas de succès commercial, l'alliance Renault Nissan empochera de solides bénéfices tandis que la production des Kangoo baissant, il faudra avoir recours au chômage partiel en France en attendant quelques plans sociaux inévitables.

Il serait vraiment temps que le ministre du redressement industriel ait une discussion sérieuse avec Carlos Tavarès le président de Renault qui, s'il est capable de faire fumer les pneus d'une pseudo Alpine au Grand Prix de Monaco, ne semble pas trop bouleversé par le fait que l'entreprise qu'il dirige, se fait manger par Dacia en entrée de gamme et par Nissan/Infiniti par le haut.  

Il pourra aussi lui faire remarquer qu'avant que ne sorte éventuellement, un véhicule Renault de haut de gamme qui porterait le non de « Initiale Paris » et peut être fabriqué en France, il est pitoyable qu'un constructeur d'envergure mondiale en soit réduit comme offre haut de gamme, à proposer des Samsung coréennes (dont il est propriétaire) rebadgées !

Ce qui tombe bien puisque Arnaud Montebourg vient d'appeler au : « patriotisme économique, en particulier par la solidarité entre grands groupes et PME, pour reconstituer l'industrie française et s'attaquer au déficit commercial » Et comme l'état français reste l'un des premiers actionnaires de Renault, le message devrait être plus facile à faire passer ...

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28 juin 2012

Nadine Morano : Entre l'amour du couscous et le recours au Conseil constitutionnel ?

Nadine Morano n'accepte pas d'avoir perdu son siège de député. Depuis en interview, elle explique qu'elle n'est pas raciste puisqu'elle raffole de la gastronomie d'Afrique du Nord et rêve de faire annuler l'élection de son adversaire ! 




Nadine Morano ne décolère pas. A ceux qui lui font le reproche d'avoir un peu trop collé aux thèses  du Front National, elle réplique avec des sorties mémorables, dont elle a le secret.

On citera les fameux : « Me faire passer pour quelqu'un par exemple qui serait raciste, alors que j'ai des amis qui sont justement arabes, dont ma meilleure amie qui est tchadienne, donc plus noire qu'une Arabe, je trouve ça choquant », « La pizza, je l'aime plutôt Regina, et pas orientale. En revanche, j'adore le couscous, et les bricks à l'œuf »

Sans oublier cette référence sur le terme de « poissonnière » que certains lui attribuent  : « Je trouve ça complètement fou d’aller critiquer les poissonnières, à qui je rends hommage d’ailleurs »

Humour, diront ses défenseurs ! Oui, mais le problème de Nadine Morano, c'est que ça fait bien longtemps qu'on ne sait plus à quel moment elle est sérieuse et à quel moment elle plaisante !

Au delà du festival verbal auquel nous a habitués l'ancienne ministre de l'apprentissage,  qui a longtemps rêvé que son Président lui accorderait un grand ministère, elle n'a toujours pas digéré que ce soit NKM qui ait été choisie comme porte parole de son Président candidat au fait qu'elle incarnait : « (...) l'atout chic de Nicolas Sarkozy, quand Nadine Morano, ministre chargée de l'apprentissage, est censée séduire la droite populaire avec sa gouaille et ses manières directes (...)  »

Gouaille et manières qui lui ont été fatales dans le canular de Gérald Dahan où elle avait répondu avec une extrême courtoisie à un faux Louis Aliot du FN allant jusqu'à lui proposer de maintenir le contact après les législatives. Les échanges sur Twitter entre François Fillon et elle à ce sujet ont donné lieu à quelques phrases cultes : « François Fillon devrait dénoncer le délit pénal d'un Dahan militant socialiste, pour le reste je suis une responsable politique libre » Et « Je ne suis pas sa collaboratrice, même plus sa ministre, je dis ce que je veux »

Entre temps, Nadine Morano était largement battue, au deuxième tour, puisqu'elle obtenait 44, 33 % des voix , contre 55,67% pour son adversaire PS. Néanmoins, elle considère que sans le canular le résultat aurait été tout autre.

C'est pourquoi elle vient d'écrire sur son compte Twitter : « Jeudi, je dépose un recours au Conseil Constitutionnel et ma plainte au Tribunal » tout comme elle écrit ce qui devrait être l'un de ses arguments phares, pour faire annuler l'élection : « La presse rapporte que Gérald Dahan et Thomas Hollande ont déjeuné ensemble au restaurant le Cosi rue Cujas à Paris mardi... »

Car comme l'affirme Nadine Morano : « Je n'étais pas attaquable sur mon bilan donc, pour pouvoir gagner, ils ont eu recours à cette manipulation. Car ce canular n'était pas destiné à faire rire mais bien une manoeuvre politique à 48 heures d'une échéance »

Certains lui feront remarquer que c'est un peu mince pour justifier sa demande d'annulation. D'autant que si, comme Fillon lui faisait remarquer, elle avait raccroché au lieu de se répandre au téléphone, le canular serait tombé à l'eau et elle aurait probablement obtenu au moins ... 44, 33 % des voix !

Pas certain que Nicolas Sarkozy devenu entre temps membre du Conseil Constitutionnel ait envie ou puisse lui être d'un grand secours dans sa quête. Mais l'essentiel n'est-il pas d'essayer ? 


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27 juin 2012

Agroalimentaire : Vous reprendrez bien un peu de saucisse de glu de porc malaxée ?

Le site Bastamag nous livre cette semaine, un article sur les idées et manipulations des « petits génies » de l'agroalimentaire, que vous trouverez un jour ou l'autre dans votre assiette. A ne pas lire avant de passer à table !





Alors qu'on ne cesse d'expliquer aux gens qu'il est nécessaire d'avoir une nourriture saine, les labos de l'agroalimentaire ne cessent de travailler à l'élaboration de nouveaux produits ou substances, arguant que ces recherches n'ont qu'un but : Nourrir une population de plus en plus nombreuse, face à une planète dont les ressources seraient insuffisantes.

On pourrait ajouter, et obtenir une rente, en maîtrisant l'alimentation par les manipulations génétiques ou das certains cas avoir recours au recyclage de rebuts vendus sous des emballages appétissants et surtout ultra lucratifs !

Car : Saviez- vous que le chiffre d'affaires de l'agroalimentaire représente deux fois celui de l'automobile ? Alors, pour continuer à prospérer, il faut être, comme on aime à le dire dans cette industrie : Créatifs et inventifs !

En mai 2010, Slovar vous présentait la thrombine : L'additif Colle à viande.  C'est la Commission européenne qui avait proposé : « (...) d'autoriser la thrombine, une enzyme d'origine bovine ou porcine, dans la fabrication de produits carnés (...) la thrombine aurait permis de mettre sur le marché des produits carnés moins chers, puisqu'issus de morceaux de viande bas de gamme, ce qui au final aurait été à l'avantage des consommateurs les moins aisés (...) »

En août de la même année, nous évoquions la viande « cultivée » artificiellement. « Une équipe de chercheurs néerlandais a franchi un cap au sujet de la viande en laboratoire en améliorant les études sur la manipulation des cellules musculaires (...) Ces chercheurs des Pays Bas ont extrait des cellules de muscle d'un cochon vivant. (...) Elles ont été incubées dans une solution dérivée du sang de foetus d'un animal. Le résultat ressemble à une sorte de steak détrempé. Malgré tout : Les chercheurs tablent sur une échelle de 10 ans avant de commercialiser la viande artificielle (...) »

Hé bien, nous étions des petits joueurs si l'on en croît le très informé site BastaMag qui publie cette semaine un article sur certaines études et recherches de la nourriture du futur.

Qu'y apprend t-on ?

Yabon les saucisses !

« (...) Cette mixture de viande est obtenue en passant les carcasses de poulet ou de porc dans une centrifugeuse à haute température, ce qui permet de récupérer le moindre morceau de barbaque. Les tendons, graisses, tissus conjonctifs sont transformés en pâte. À l’arrivée dans l’assiette, le « lean finely textured beef » (bœuf maigre à texture fine) est utilisé depuis quinze ans « sans restrictions » aux États-Unis.

Petit détail : ce hachis liquide provient des parties les plus prédisposées à la bactérie E.coli et aux salmonelles. Ce qui rend nécessaire, pour tuer tous les éléments pathogènes, un traitement à l’ammoniaque, substance considérée comme non dangereuse par les autorités sanitaires, et utilisée par ailleurs pour la fabrication d’engrais, le détartrage des métaux, ou la fabrication d’explosifs… Aux États-Unis, le produit est ajouté depuis des années à la viande hachée ou aux hamburgers. Vous en reprendrez bien un peu ?
»

Le bon fromage ... sans lait !

« (...) Son aspect, son goût et sa texture correspondent parfaitement à ceux du fromage à base de protéines laitières, vante le géant de l’agroalimentaire. Ils sont semblables à ceux des traditionnels fromages à pâte dure, comme le gouda, le cheddar ou le gruyère, assurant ainsi les mêmes plaisir et satisfaction aux consommateurs. » Ce fromage chimique, le Lygomme™ACH Optimum, est composé de trois amidons, d’un galactomannane (E410, 412, 417), d’un carraghénane (E407) et d’arômes (...) Il : « (...) permet de ne pas dépendre des fluctuations du marché du lait (...) le Lygomme est 200 % moins cher que la mozzarella ou l’emmental ! Et même 60 % moins cher que le « fromage analogue », autre produit de substitution en circulation. Ce dernier, à base d’huile de palme, d’amidon, de sel et d’exhausteurs de goût – et 15 % seulement de protéines de lait –, a déjà inondé le marché européen (...) » 

Et pour demain ?

« (...) Dans les laboratoires se multiplient les expériences pour produire des animaux génétiquement modifiés aux propriétés intéressantes pour l’industrie agroalimentaire. Aux États-Unis, les cochons « Enviropig », génétiquement modifiés pour moins polluer, et les saumons « Frankenfish », qui grandissent deux fois plus vite, attendent leur autorisation de mise sur le marché (...) La Chine est à la pointe de la recherche sur la transgenèse animale. Et l’Europe se prépare discrètement à suivre le mouvement (...) »

Pas de ça en France puisque comme disait le président du Syndicat national des industriels de la nutrition animale, lors d'un Salon international de l'alimentation : « (...) ce n'est pas parce qu'un poulet mange du maïs génétiquement modifié qu'il devient à son tour un poulet génétiquement modifié (...) »

Et puis quoi encore ?

Dans la mesure où : « (...) la production animale devrait doubler d’ici à 2050, estime la FAO (...) pour réduire l’impact écologique de l’élevage : développer les cultures d’insectes. Certes, la quiche au vers ou la tarte à la chenille risquent d’avoir du mal à trouver des adeptes en France (...) » Et Bastamag de conclure : « (...)  En attendant les élevages intensifs et la future pâte d’insectes que ne manquera pas de nous concocter l’industrie alimentaire, il est toujours possible de déguster une sucette scorpion aromatisée à la myrtille, des raviolis de criquets ou des brownies aux vers »

« Quel que soit le produit, son mode de production ou de fabrication, le consommateur doit pouvoir acheter en toute confiance » peut-on lire sur le site du ministère de l'agriculture Alimentation.gouv.fr. Pour le futur de nos assiettes, c'est à priori mal engagé ...

Source et cérdits

26 juin 2012

Le Medef envisage t-il de torpiller le « contrat de génération »?

Le Medef trouve l'idée du contrat de génération « intéressante » mais pas au point de sacrifier ses allégements des cotisations sur les bas salaires. Chronique d'un sabordage en vue ?  



Habile torpillage en vue du contrat de génération ? C'est la question qu'on peut se poser après avoir appris que le Medef aurait refusé les exonérations de cotisations sociales attachées au contrat de génération. 

En effet, ses représentant préfèrent en discuter dans le cadre de  : « (...) l'ouverture d'une négociation entre syndicats et patronat (...) » mais surtout : « (...) se prémunir contre la remise en cause du dispositif général d'allégements des cotisations sur les salaires entre un et 1,6 Smic (...) »

Contrat de génération késako ?

C'était l'une des promesses phares du candidat Hollande destinée à maintenir les salariés âgés dans les entreprises, tout en embauchant des jeunes à la recherche d'un emploi.

Contrairement au tutorat défini par la loi du 21 décembre 2006, qui permet à un ancien salarié, parti à la retraite, de devenir le tuteur d’un ou de plusieurs salariés de l’entreprise, le contrat de génération, lui, vise les seniors salariés encore en activité.

Extrait du programme de François Hollande 

« (...) Le dispositif consisterait en la conclusion d’un contrat entre l’employeur et deux de ses salariés : un jeune, de moins de 30 ans et un senior, de plus de 55 ans. Par ce contrat l’entreprise s’engagerait à former le jeune salarié en recourant à l’expérience du salarié senior. Le salarié senior devrait consacrer une part de son temps de travail (le quart ou le tiers du temps) à former, entraîner et guider le jeune salarié. Le senior serait donc chargé d’apprendre son métier au jeune. Le dispositif serait réservé aux jeunes titulaires d’un diplôme dont le niveau restera à discuter avec les partenaires sociaux ; l’objectif de cette mesure est de favoriser l’emploi dans l’industrie, et d’éviter le déclassement des diplômes pour des jeunes qui, à l’issue de leur formation, ont des difficultés à trouver un travail (...) »

Bien que des dérives ou des effets d'aubaine soient toujours possibles, il est clair que la volonté de maintenir dans l'emploi les plus âgés tout en intégrant les jeunes générations mérite qu'on s'y arrête. En effet, il s'agit des deux catégories les plus exposées au chômage.

Comment devraient-ils être financés ?

Apparement par la fin de l'exonération des heures supplémentaires, parfaitement contreproductive, alors qu'on compte un peu plus de 5 millions d'inscrits à Pôle Emploi, et un redéploiement des éxonérations de cotisations sociales.

A la surprise générale, Laurence Parisot qui : « (...) réitère son soutien au contrat de génération (...) » a déclaré : (...) il n'est pas nécessaire que cette forme modernisée du tutorat soit accompagnée d'un allègement de charges (...) »

Et par quel miracle, le Medef qui est à l'affût de toutes les aides, refuserait celle-ci ? 

Oh, certes pas au nom de la solidarité budgétaire avec le gouvernement, mais pour un motif beaucoup plus terre à terre que nous explique La Tribune. Ce refus a pour but de : « (...) se prémunir contre la remise en cause du dispositif général d'allégements des cotisations sur les salaires entre un et 1,6 Smic (...) »

Ce qui signifie dans l'esprit du Medef, qu'à terme, le mécanisme du contrat de génération pourrait reposer sur le seul volontariat des entreprises. Et qui dit volontariat ... Entre temps, combien de seniors auront quitté les entreprises par le le biais des ruptures conventionnelles, première raison de la mise au chômage des plus de 55 ans ? Et, combien de jeunes continueront à chercher un emploi ?

On pourra se poser également la question du report de l'âge de la retraite, sachant que de nombreux rapports indiquent que le tutorat effectué par des salariés âgés auprès de jeunes entrants dans l'entreprise, est un des principaux atouts pour maintenir les seniors dans l'emploi ? 

Oui, mais comme le préconisent ces rapports, cette démarche implique des adaptations et une méthodologie qui a ... un coût. Mais dans la mesure où l'actuel combat du Medef serait plutôt : Le refus de la taxation des dividendes, Alors le devenir des salariés âgés et des jeunes sans emploi ... 


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22 juin 2012

Pôle Emploi : Déshabiller les uns pour à peine habiller les autres ?

Le plan stratégique de la direction de Pôle Emploi ne satisfait quasiment personne. Il prévoit de différencier le suivi des chômeurs, mais pas d'augmenter des effectifs de conseillers. Devra t-on être obligatoirement chômeur de longue durée pour bénéficier d'un suivi qualitatif ?




Nous avons a plusieurs reprises écrit sur l'impossibilité de faire fonctionner le « grand service de l'emploi » voulut par Nicolas Sarkozy avec un sous effectif chronique. De fait, on ne compte plus les conseillers qui ont a gérer au delà de 250 chômeurs.Cette situation qui désole le personnel de Pôle Emploi et tétanise les chômeurs n'a jusqu'à présent pas trouvé de solution.

Or, le conseil d'administration de Pôle Emploi vient d'adopter jeudi son plan stratégique 2015 dévoilé par le site La Fusion pour les Nuls.

Quelles sont les principales innovations ? 

Au delà du fait que Pôle Emploi pourrait passer des accords avec des sites de petites annonces (Monster). Et utiliser son site comme kiosque permettant aux entreprises de rentrer directement en contact avec les demandeurs d'emploi, la principale innovation serait : « (...) un suivi différencié des demandeurs d'emplois. Les chômeurs de longue durée bénéficieront désormais d'un accompagnement renforcé (...) » la direction de Pôle Emploi indiquant que c'est : « une manière d'alléger le portefeuille des conseillers, qui dans certains cas pouvaient suivre jusqu'à plus de 100 demandeurs d'emploi par mois »

Selon les propres termes François Nogué, le Président du conseil d'administration de Pôle Emploi : « (...) Il nous faut d'abord faire plus pour ceux qui en ont le plus besoin (...) » quant aux autres, ils devront se convertir progressivement d'un accompagnement Web avec : « si nécessaire, un contact physique »

Pour ceux qui sont inscrits à Pôle Emploi, ce discours n'augure, à vrai dire rien de bon ! En effet, après la dématérialisation des courriers qui oblige les chômeurs à disposer ou trouver une connexion internet pour savoir s'ils sont convoqués, et la saturation plus que fréquente et la déhumanisation du 3949, s'ils ne sont pas chômeurs de longue durée, leur isolement risque d'augmenter encore. 

En résumé, on propose de continuer sur la logique du précédent gouvernement : Faire plus avec moins !

C'est d'ailleurs le sentiment des syndicats de Pôle Emploi à qui la direction leur a demandé de se prononcer sur le nouveau plan stratégique.

Et ce n'est pas un franc succès nous dit Libération puisque  : « (...) Consultés sur la partie organisationnelle du plan, qui préconise notamment de différencier le suivi des chômeurs en fonction de leur capacité à trouver un emploi, quatre syndicats ont voté contre : SNU, FO, CGT et SUD, et cinq se sont abstenus : CFDT, CFTC, Unsa, CFE-CGC et Snap (...) »

Que reprochent-ils ?

Majoritairement ils reprochent, comme l'explique la CGT, un manque cruel de personnel : « (...) A défaut d'embaucher massivement des agents pour assurer l'objectif d'un agent pour 60 demandeurs d'emploi, comme cela était prévu à la création de Pôle Emploi, les signataires ont préféré modifier l'offre de service (...) » La CFDT de son côté réclamant : « 5.000 embauches dont 2.000 immédiatement »

De notre côté, nous ajouterons que cette décision est particulièrement perverse. Car, dans l'hypothèse ou les choix de la direction de Pôle Emploi seraient toutefois appliqués, il est clair que pour obtenir un suivi efficace, il faudrait attendre d'être classé chômeur de longue durée.

Mais en termes de suivi efficace, comme l'indique FO rien de rassurant pour ceux qui sont les plus éloigéns de l'emploi puisque semble t-il le projet de la direction de Pôle Emploi est floue sur : « le nombre de demandeurs d'emploi que devra suivre chaque conseiller »

Lorsqu'on connaît la difficulté de remettre dans l'emploi des chômeurs de longue durée, n'est-il pas préférable d'éviter que ceux qui sont inscrits à Pôle Emploi depuis quelques mois se retrouvent en longue durée ? En fait, nous pensons comme le représentant du SNU que ce projet est avant tout : « plus comptable que social »

Il ressemble d'ailleurs aux choix faits par le précédent gouvernement dans le domaine de la santé. Pour des raisons d'économies et d'optimisation, on a diminué de plus en plus les remboursements. Beaucoup de français ont décidé de faire l'impasse sur certains soins, ce qui aboutira pour un certain nombre d'eux, à des pathologies lourdes, plus difficiles à guérir et mille fois plus coûteuses.

Doit-on appliquer cette logique aux chômeurs ?

La balle est donc dans le camps du gouvernement qui pourrait peut être se poser la question du coût (le double) et de la qualité du service des opérateurs privés dont les résultats sont moins bons que ceux du service public de l'emploi. Ce qui permettrait dans ce cas de recruter de nouveaux personnels qui font actuellement défaut à Pôle Emploi.

A suivre ...   

21 juin 2012

Pour sa primaire de 2017, l'UMP dira t-elle « non au fichage politique » ?

Jean-François Copé et une bonne partie des caciques de l'UMP sont pour l'organisation de primaires pour la désignation de son futur candidat en 2017. Ce qui rend encore plus amusant la relecture de ce qu'ils disaient de la primaire socialiste ! 




Jean-François Copé déclarait récemment au sujet de l'idée d'une primaire à l'UMP : « Personnellement, je suis pour un système très ouvert » et Roselyne Bachelot, soutenue par plusieurs cadres du mouvement, vient de lui emboiter le pas en lançant : « Je milite d'ores et déjà pour des primaires ouvertes pour la candidature de 2017 ».

Donc, sauf contre ordre majeur, l'ancien parti majoritaire devrait se livrer à l'exercice qui a permis au PS de désigner François Hollande comme candidat officiel.

Bon, voilà qui est bel et bon, mais qui pourrait prêter à rire si on relit le texte d'une pétition lancée par l'UMP, au sujet de la primaire socialiste, et qui est d'ailleurs encore disponible sur son site. Nous vous livrons ci-dessous en intégralité

« Non au fichage politique des électeurs par le PS

 Pour l’organisation de ses primaires à l’élection présidentielle, le PS envisage d’utiliser prochainement les fichiers électoraux disponibles dans chacune des mairies de France, mais également, pour les opérations de vote, des salles municipales, salles de classe…

L’UMP s’interroge sur la légalité constitutionnelle d’une telle organisation parce que l’utilisation des listes électorales par le PS créera de fait un fichier politique des Français. Il serait de plus impossible d’assurer sa confidentialité ce qui pourrait se révéler gravissime pour nos compatriotes.

Nous nous opposons à octroyer de fait au Parti socialiste les adresses de tous les électeurs français, lequel parti aurait ensuite toute latitude pour solliciter tous les Françaises et Français sans apporter la certitude qu’il détruirait par la suite ce fichier.

De même en permettant à un Parti politique d’utiliser sur l’ensemble du territoire des salles publiques pour bureaux de vote, l’UMP constate que l’on passe mécaniquement à une élection présidentielle à trois tours. Et cela n’est pas inscrit dans la Constitution.

L’aspect financier n’est pas neutre non plus car toute cette organisation qui pèserait sur les collectivités locales ne serait pas comptabilisée dans le compte de campagne du candidat élu par les militants socialistes.

Si comme nous, vous vous opposez à l’utilisation des listes électorales par le PS pour l’organisation de ses primaires, signez cette pétition pour demander à la Commission nationale informatique et liberté (CNIL) et au Ministère de l’Intérieur de protéger les libertés publiques des Français »

Il ne reste donc plus à Jean-François Copé et aux responsables de l'UMP qu'à utiliser des arguments contraires à ceux utilisés plus haut pour nous expliquer en quoi cette procédure jugée scandaleuse, deviendrait subitement, une bonne démarche pour le « Mouvement Populaire ». On s'en régale d'avance ! 


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20 juin 2012

Les belles légendes patronales : Le SMIC obstacle à l'emploi des jeunes !

A cadence régulière des économistes ou patrons nous expliquent que le SMIC est un obstacle à l'emploi des jeunes. En clair il faudrait réhabiliter le défunt SMIC-jeunes ! 




« C'est la deuxième chance du « SMIC-jeunes » écrit Jean-Francis Pécresse, éditorialiste aux Echos (et accessoirement beau frère de Valérie, l'ex ministre du Budget).  « Presque vingt ans après l'échec du contrat d'insertion professionnelle (CIP), la notion de salaire minimum minoré, mais progressif, pour les jeunes effectue un timide retour dans le débat d'idées (...) »

Ah bon! mais le SMIC jeunes, le CIP, c'est quoi au fait ?

En 1993, Edouard Balladur qui officiait à Matignon, souhaitait (déja) réduire le chômage des jeunes décidait de créer le Contrat d'Insertion Professionnelle (CIP), réservé au moins de 26 ans jusqu'à bac+3, et plafonné à 80% du SMIC. Il s'agissait d'un CDD dont la durée était comprise entre six mois et un an, renouvelable une fois.

 Les dits jeunes se mobilisaient, et à l'issue de manifestations monstres, Edouard Balladur annonçait la suspension puis le retrait définitif du CIP en 1994.

On aurait pu croire cette idée morte et enterrée, mais c'était sans compter sur l'obstination de certains beaux esprits libéraux, et sur quelques organisations patronales qui, depuis un ou deux ans, se plaisent à expliquer que crise et chômage obligeant, il serait utile de ressortir le projet de sa boîte. C'est ce dont Jean-Francis Pécresse a essayé de nous convaincre.

Quels sont ses arguments ?

Selon Pécresse, ce n'est pas le fait que ce soit un SMIC au rabais qui a fait capoter le projet mais le fait qu'il aurait été préférable de le présenter sous forme de CDI.  Pourtant, écrit-il : « (...) la malédiction du « SMIC-jeunes » est peut-être en passe de se dissiper, doucement. En pratique, le développement de l'apprentissage permet déjà, même si ce n'en est pas l'objectif principal, de contourner l'obstacle que constitue le salaire minimum unique pour l'embauche de jeunes non formés, donc à faible productivité (...) »

Et l'éditorialiste de nous expliquer que le SMIC-jeunes existe déjà dans les faits

« (...) un SMIC à taux réduit est déjà appliqué aux jeunes en apprentissage ou en contrat de professionnalisation, en fonction de leur âge et de la durée de leur contrat. Et les salariés de moins de 18 ans, lorsqu'ils ont moins de six mois d'ancienneté, sont payés 10 % au-dessous du minimum légal (20 % avant 17 ans). On peut, aussi, considérer que, dans une certaine mesure, l'obligation de rémunérer le stage en entreprise, effective depuis la fin 2009, est un autre moyen de faire travailler des jeunes au-dessous du SMIC (...) »

Mais regrette que ces : « (...) contournements discrets sont restés trop spécifiques pour peser sur un taux de chômage des jeunes »

Donc, selon Pécresse, on doit aller plus loin !

Pour ce faire, il cite l'organisation patronale CroissancePlus qui : « (...) entend briser la glace dans laquelle, depuis vingt ans, est enfermé ce sujet (...) »

CroissancePlus, qui est sorte de mini Medef, a des idées bien arrêtées sur le sujet. En effet, il écrivait en février 2012 : « Le taux d’emploi des jeunes est insuffisant en France (...) Cette faiblesse handicape notre compétitivité et alourdit les dépenses publiques. Parmi les solutions qu’il serait possible de mettre en œuvre figure le « SMIC Jeunes » destiné aux jeunes sans expérience ni diplôme, âgés de 17 à 21 ans. Il aurait pour caractéristique d’être inférieur au montant du salaire minimum brut mais une baisse des charges patronales permettrait de garder un salaire net équivalent. Ce dispositif ferait donc baisser le coût du travail, et mettrait le pied à l’étrier de milliers de jeunes qui gagneraient en compétence et en expérience en étant intégrés dans le monde de l’entreprise (...) »

C'est sans doute par pudeur ou oubli que CroissancePlus ne nous indique pas quel serait la source de financement de cette nouvelle baisse des cotisations patronales, mais dans leur esprit la TVA sociale devrait probablement y pourvoir !

L'inénarrable économiste Francis Kramarz pour qui de toute façon : « Une augmentation du Smic détruirait de nombreux emplois » cité par Jean-Francis Pécresse, déclare : (...) Le SMIC n'est pas trop élevé pour un jeune qui sort de l'université, mais il l'est pour un jeune sans diplôme » Précisant sans rire : « L'assurance de trouver un emploi non qualifié plutôt bien payé dissuade de poursuivre une formation initiale »

Même si les hypothèses de CroissancePlus, de Francis Kramarz  et de Jean-Francis Pécresse ont assez peu de chances de trouver grâce aux yeux des actuels gouvernement et parlementaires de gauche, mon petit doigt me dit qu'il ne faudra pas bien longtemps pour que, la mise en place d'un SMIC-jeunes fasse partie des premières revendications des organisation patronales.

Après tout, le remplacement de salariés seniors partant à la retraite ou dégagés par rupture conventionnelle par des jeunes salariés payés au dessous du SMIC serait certainement apprécié de certains milieux patronaux au titre de la compétitivité des entreprises ... 


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19 juin 2012

Activité économique : Le retour des chantages du Medef ?

Dépités par la défaite de Nicolas Sarkozy et de l'UMP, le Medef voit s'envoler ses rêves de « réforme du marché de l'emploi » et de baisse des cotisations patronales. Ce qu'il espère pourtant obtenir du nouveau gouvernement, plus par chantage que par négociation !




Lorsque les salaires sont bas et qu'on compte plus de 5 millions de personnes inscrites à Pôle Emploi, il n'est pas étonnant qu'on assiste à  : « (...) une chute des carnets de commandes, des tensions sur les trésoreries, un gel des projets d'embauche, la suppression des projets d'investissements (...) » Car, rappelons le, c'est la consommation et non l'investissement des entreprises, qui tire la croissance française depuis des années. 

Néanmoins, ce n'est pas l'analyse de Laurence Parisot qui expliquait, lors de sa conférence de presse mensuelle, que : « les projets de réformes économiques et sociales du gouvernement de Jean-Marc Ayrault se traduisent par « une angoisse palpable et une inquiétude immense chez tous les entrepreneurs »

Et comment le gouvernement peut-il lever « l'angoisse palpable et l'inquiétude immense » ? 

Hé bien en revenant aux fondamentaux du Medef qui ont été rappelés le même jour dans une tribune, publiée sur le site des Echos, par plusieurs grands patrons français. les signataires en sont : Philippe Varin, le président de PSA Peugeot-Citroën, Pierre-André de Chalendar, le PDG de Saint-Gobain, Jean-Yves Naouri (président exécutif de Publicis Worldwide),  Christel Bories (ex-PDG de Constellium), Pierre Gadonneix (ex-président d'EDF), Benoît Potier (PDG d'Air Liquide), Denis Ranque (ex-PDG de Thales)

Que réclament-ils ? 

Tout simplement ce que Nicolas Sarkozy et l'UMP avaient promis au Medef en cas de réélection !

« (...) une réforme du marché de l'emploi (...) Ces industriels souhaitent à moyen terme une flexibilité accrue du travail, à travers des accords de performance (...) »

En clair, ils demandent que soient mis en place les accords compétitivité-emploi défendus par le précédent gouvernement ainsi, bien entendu, qu'une réflexion sur les obligations en cas de licenciement économique, et peut être, même la mise en place progressive d'un contrat de travail unique à droits progressif, qui permettrait de licencier sans motif et à meilleur coût.  Le tout sans aucun engagement sur l'emploi !

On remarquera au passage que Philippe Varin, le président de PSA Peugeot-Citroën signataire de la tribune envisage de fermer son usine d'Aulnay sous Bois (plus de 3000 salariés). Ce qui ressemble à s'y méprendre à un habile chantage, sachant que la fermeture pourrait intervenir fin juillet. 

Il réclament également : « (...) un allègement des cotisations patronales, afin de favoriser une montée en gamme des produits des entreprises françaises (...) »

Traduction : Ils souhaitent que la TVA sociale soit maintenue. Or, comme l'expliquait il y a encore peu Laurence Parisot, nul ne devrait contrôler l'utilisation de cette baisse qui pourrait être affectée au libre choix des entreprises, à une baisse des prix publics, à l'investissement ou rétrocédée aux actionnaires. Alors la montée en gamme ...

C'est justement au sujet des actionnaires que la patronne du Medef est montée au créneau. Elle s'élève violemment contre un probable prélèvement à la source de 3% sur les dividendes versés par les entreprises à leurs actionnaires.

Quel est le problème de madame Parisot ?

Le nouveau gouvernement souhaite inciter les entreprises à réinvestir leurs profits plutôt qu'à rémunérer grassement leurs actionnaires, explique L'Expansion. Pour ce faire, il propose d'instaurer à partir de l'été un prélèvement à la source de 3% sur les dividendes versés par les sociétés à leurs actionnaires.

Or, il faut savoir que les entreprises qui seraient les plus touchées par ce prélèvement sont loin d'être des TPE-PME puisque les plus concernés seraient : « Total (coût de 170 millions d'euros), Sanofi (123 millions), GDF Suez (101 millions), France Télécom (94 millions), EDF (63 millions), Axa (53 millions), L'Oréal (44 millions), Vivendi (39 millions), Schneider (33 millions) et Danone (30 millions). Sachant qu'en 2011, les groupes du CAC 40 ont distribué 45 milliards d'euros sous forme de dividendes et de rachats d'actions. Un montant en hausse de 15 % par rapport à 2010 » Rappelons aussi que ce sont ces entreprises qui payent le moins d'impôts sur les sociétés.

Donc, madame Parisot a attribué au gouvernement des mauvais points : Sur le coup de pouce au Smic et, surtout, sur le projet de taxe sur les dividendes distribués aux actionnaires.

Conclusion : Afin de délivrer de « l'angoisse palpable et l'inquiétude immense » les entreprises (du CAC 40 ? ), il serait nécessaire de précariser (pardon, flexibiliser) beaucoup plus les salariés, augmenter à nouveau l'âge de départ à la retraite, tout en refusant toute augmentation de salaires qui mettrait en cause la compétitivité. 

Pas certain que cette démonstration fonctionne auprès du nouveau gouvernement et de la nouvelle assemblée, du moins pour l'instant. Mais comme Laurence Parisot est persuadée que la pédagogie est répétitive ... 


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18 juin 2012

Frédéric Lefebvre aux législatives : deux petits tours et puis s'en va !

Si les média ont fait grand cas des défaites de Nadine Morano ou de Claude Guéant apôtres s'il en est du sarkozysme, ils ont zappé celle de Frédéric Lefebvre qui pourtant représentait une synthèse des excès du précédent quinquennat !




Le lobbyiste sarkolâtre Frédéric Lefebvre ne sera donc pas député. En effet, celui qui jouait l'aboyeur à l'Assemblée Nationale en tant que suppléant d'André Santini et s'était vu attribuer la circonscription Etats-Unis Canada en lieu et place de Christine Lagarde partie au FMI, a été battu dimanche par Corinne Narassiguin la candidate PS/EELV.

Le résultat est sans appel puisque celle-ci l'emporte avec 54,01% des voix, dans une circonscription pourtant réputée imperdable pour la droite. Tout comme l'étaient nous rappelle Slate, les autres circonscriptions des français de l'étranger, que l'UMP comptait bien empocher, et dont huit des onze sont allées à la gauche.

Pour en revenir à Frédéric Lefebvre qui a lancé sa campagne en étant ministre et a cumulé les voyages à caractère officiel, comme un voyage à San Francisco et Los Angelès pour  :  « (...)  promouvoir la destination France (...) » ou à Miami pour : « (... ) représenter le gouvernement français lors du premier Symposium Mondial des conseillers de commerce extérieur de la France (... ) » ou en Floride où il rencontrait une communauté d'affaires réunie par son cousin « (...) président de la French-American chamber of commerce of Florida (...) Puis New York où il a profité de ses déplacements pour rencontrer les élus UMP : « (...) à l'abri des regards indiscrets (...) »

Les français de la circonscription qui ne sont pas des demeurés avaient quand même bien compris que celui qui écrivait sur son site qu'il avait : « (...) vécu aux Etats-Unis lorsqu’il était jeune enfant (...) pour, comme le signale le blog Great America : (...) prouver ses liens à la circonscription (...) alors qu'il avait résidé à New York jusqu’à l’âge de… 2 ans, était surtout un opportuniste pressé de trouver un point de chute politique !

Ce qui est clairement résumé par Julien Balkany son adversaire à droite

« (...) La principale raison de la victoire de la gauche réside, sans nul doute, dans les « erreurs de casting » opérées à travers des investitures données à des candidats à recaser. Parachutés à la suite de décisions prises à Paris, considérant ces nouvelles circonscriptions et leurs électeurs comme des lots de consolation, maîtrisant peu ou mal les dossiers locaux, ne partageant pas les préoccupations quotidiennes des Français de l’étranger, évitant les rencontres publiques et le travail de terrain, une partie de ces candidats ont péché par excès de confiance et se sont réposés sur le mythe que le Français de l’étranger est un privilégié qui vote « à droite ». Non, le vote des Français de l’étranger ne se donne pas, il se gagne ! Je l’ai répété à maintes reprises lors de cette campagne : on ne s’improvise pas Français de l’étranger par décret. Les suffrages des électeurs nous a montré que ces investitures n’étaient pas les sinécures espérées (...) »

En fin de compte, Frédéric Lefebvre a eu le tort de croire qu'un bon petit coup de lobbying et un survêtement de l'UMP suffirait pour enfin être élu à l'Assemblée Nationale à Paris où il aurait passé le plus clair de son temps.

Pour ceux qui se demanderaient ce qu'il va devenir, outre l'UMP qui pourra toujours lui fournir une délégation rémunérée, il pourra toujours reprendre du service comme lobbyiste chez PIC Conseil qu'il avait été obligé d'abandonner lors de sa nomination au gouvernement (pour éviter un conflit d'intérêt. D'autant que cette fois, il pourra exercer en tant qu'avocat. Il est clair que son carnet d'adresse ministériel lui permettra de mettre souvent les pieds à l'Assemblée Nationale ... 

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