08 octobre 2010

Poker fiscal : Comment gagner 678 millions pour mieux perdre 4 milliards ?

Le bouclier fiscal, pourtant déclaré intouchable, pourrait disparaître en 2011, en même temps que l'ISF. Cette idée populaire dans l'opinion, engendrerait cependant, une perte de 4 milliards pour le budget de l'état !

Devenu un boulet électoral, le bouclier fiscal (à 50%), ce symbole du quinquennat, vivrait selon L'Express, ses derniers mois : " ... / ... lors du petit-déjeuner de la majorité mardi matin, à l'Elysée, Nicolas Sarkozy aurait donné son accord pour que les choses évoluent lors du collectif budgétaire qui sera adopté en juin 2011... / ..."

Ainsi, le bouclier fiscal à 50% que candidat Sarkozy déclarait indispensable en 2007 pour faire, entre autre, revenir les expatriés fiscaux, n'aurait-il pas apporté la preuve de son efficacité, face à l'exode des plus grandes fortunes ?

Il faut croire que non, puisqu'en avril 2010, François Baroin, qui venait défendre l'utilité du bouclier fiscal devant commission des Finances de l'Assemblée nationale, était bien obligé de reconnaître que si : " Le gouvernement a(vait) comptabilisé 312 retours d'expatriés fiscaux redevables de l'ISF en 2008, soit 27 % de plus qu'en 2007 ... / ... les départs avaient été de ... 821.

Pour justifier cette situation, il n'avait trouvé que cette "brillante" réponse : " Tant que les expatriés fiscaux n'auront pas confiance dans la stabilité du système, il n'y aura pas de retour significatif " - Orange Finances

Alors, puisque le bouclier fiscal n'a pas donné : " confiance dans la stabilité du système", la majorité présidentielle (avec l'aval du Président) a donc émis une nouvelle idée : Se débarrasser du très impopulaire bouclier fiscal (ce qui en termes de communication politique est excellent) tout en liant sa disparition ... à celle de l'ISF !

Donc : " une centaine de députés UMP ont annoncé qu'ils déposeraient un amendement en ce sens dans le cadre du projet de budget pour 2011, afin de rendre la fiscalité française plus juste, à impact budgétaire neutre "

Neutre ?

Ce n'était pas ce qu'on pouvait lire dans un article du journal Les Echos du 26/05/09 qui expliquait que Bercy avait fait tourner ses ordinateurs pour effecteur une simulation sur la suppression de l'ISF et du bouclier fiscal .

" ... / ... les premières simulations pointent deux inconvénients majeurs. D'abord, la réforme ne serait pas neutre pour les finances publiques. L'impôt progressif ne suffit pas à compenser le manque à gagner provoqué par la suppression de l'ISF, reconnaît Jean Arthuis. L'autre point noir : les foyers disposant d'un patrimoine important gagneraient beaucoup à la suppression de l'ISF, sans forcément pâtir du relèvement de l'impôt sur le revenu. Les contribuables à hauts revenus, mais sans patrimoine, seraient en revanche pénalisés ... / ... "

Ce qui est confirmé par les mêmes Echos dans un article du 5 octobre 2010 : " ... / ... porter le taux marginal supérieur de l'IR de 41 % à 45 % rapporterait moins de 1 milliard d'euros ... / ... "

Que pensent les français de cette "lumineuse" idée ?

C'est BVA qui leur a posé la question. Résultat :

" ... / ... 71% des Français sont pour la suppression du bouclier fiscal (27% sont contre)
64% sont contre la suppression de l'ISF (35% pour) Par contre : 64% sont pour supprimer le bouclier fiscal et l'ISF si le taux d'imposition des personnes dont les revenus sont les plus élevés est augmenté (33% contre) ... / ... " - Source Reuters/Yahoo

Mais, dans le détail, a t-on expliqué à ces français combien coûterait en réalité la suppression de ces deux impôts ?

C'est Le Figaro qui donne la réponse : " ... / ... Le bouclier coûte 678 millions à l'État, l'ISF rapporte près de 4 milliards .... / ... "

Néanmoins, comme l'écrit Le Point : " ... / ... Selon Pierre Méhaignerie, le gouvernement veut attendre la parution, fin décembre, d'un rapport de la Cour des comptes sur la fiscalité européenne. Ce document devrait en effet servir de base à l'organisation d'un "débat" de 4 mois dans le pays sur les spécificités de la fiscalité française. L'occasion de faire de la pédagogie auprès de la population et de préparer le terrain à la suppression simultanée du bouclier fiscal et de l'ISF ... / ... "

Cette prudence aurait-elle un lien avec la méaventure électorale de l'un des prédécesseur de Nicolas Sarkozy ?

En effet, un certain Jacques Chirac ayant supprimé en 1986 l'IGF (ancêtre de l'ISF) et perdu la présidentielle de 1988, n'a plus jamais par la suite évoqué la suppression de l'ISF (rétablit par Michel Rocard en 1989) - Slovar les Nouvelles

Mais son successeur en quête de voix pour 2012, aura t-il cette prudence ?

Après tout, pourrait-on dire à l'Elysée : " que représentent 4 petits milliards à côté des 1.591,5 milliards (fin juin 2010) de dette publique " ... Lorsqu'il s'agit de conserver le pouvoir et de faire payer l'addition à tous les français, au cours d'un deuxième mandat qui sera, de toute façon le dernier ?

Et oui, comme dit Patrick Bruel : "Le plus important au Poker, ce ne sont pas les cartes, c’est ce que vous en faites" ...

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FlickR CC - Justyn

07 octobre 2010

Sécurité des biens et des personnes : Privatisation et sébille au menu ?

En 2008, Nicolas Sarkozy, à l'occasion d'un livre blanc sur "La participation de la sécurité privée à la sécurité générale en Europe ", évoquait une : "coproduction" de sécurité. 2 ans plus tard, entre transferts de compétences et financement par le privé, on peut s'interroger sur l'avenir de la police républicaine

Pour des raisons budgétaires, la police nationale voit ses effectifs et moyens fondre au profit du privé.

C'est ce que constate le Journal La Croix : " Avec une croissance moyenne de 3 % par an, les entreprises du secteur (privé)– qui embauchent aujourd’hui 165 000 salariés – pourraient compter 200 000 agents dans les cinq ans à venir. De quoi, à terme, talonner les effectifs de la police et de la gendarmerie qui, réunis, se chiffrent à 248 000 ... / ... "

Ce qui fait dire à Jean-Jacques URVOAS Maître de conférences en droit public et secrétaire national du PS chargé de la sécurité: " Les engagements de campagne sont reniés et le locataire de l’Elysée n’a plus grand rapport avec le candidat qui proclamait à Perpignan, le 23 février 2007, vouloir « un Etat qui consacre plus de moyens à ses missions régaliennes qui ont été trop négligées ». En 2009, le démantèlement de la maison Police s’amplifie avec une nouvelle réduction de 2 383 ETPT (Equivalent temps plein travaillé), dont 1 432 pour les seuls gardiens de la paix. En 2010, il faudra encore sacrifier 1 329 ETPT, puis 712 en 2011... / ... " "Le baiser de Judas, ou comment Sarko a abîmé la police républicaine"

Exemple de transfert de compétence ?

" ... / ... Aujourd'hui, en plus de leur activité habituelle (patrouilles et enquêtes), les policiers et gendarmes doivent en effet assumer aussi des tâches relevant du domaine de la justice : sécurité des procès, déplacements des détenus ... / ... A partir de janvier 2011, d'après Le Figaro, ces tâches seraient assurées à la fois par des policiers et gendarmes réservistes (retraités)... et par des sociétés privées ... / ... " - Le Post

Mais le privé est déjà bien présent dans d'autres tâches et ... coûte moins cher !

" ... / ... Les pouvoirs publics ont intérêt à transférer un maximum de tâches vers le privé. Et ce, pour des raisons financières, estime Frédéric Ocqueteau, sociologue au CNRS et spécialiste des politiques de sécurité. Un salarié du privé coûte sensiblement moins cher qu’un fonctionnaire puisqu’il est payé à la prestation et sur une base horaire. » Un atout de taille à l’heure des restrictions budgétaires imposées par la révision générale des politiques publiques (RGPP).

Et ne présente absolument pas les mêmes garanties en termes de formation !

Car même si dans le cadre de la loi Loppsi 2, le texte du gouvernement prévoit la création d’un Conseil national des activités privées de sécurité (Cnaps) qui aurait pour but de définir des agréments et un code de déontologie. Dans les faits, nous dit La Croix : " des milliers de salariés travailleraient sans carte. Plus grave, certains seraient des repris de justice. Pour échapper aux contrôles menés par les préfectures, il leur suffit d’opter pour le statut d’auto-entrepreneurs ... / ... "

Encore plus étonnant : Quand l'état fait appel à des financements privés pour la lutte contre le crime !

Peu de gens le savent, mais le 14 septembre dernier, on pouvait lire dans Le Figaro : " Les 1500 agents de la police technique et scientifique sont appelés mardi à leur première journée de grève depuis la création de cette branche, il y a 25 ans ... / ... "

La raison ?

" ... / .... Certains de nos services sont au bord de l'asphyxie. Malgré un doublement des effectifs en dix ans (nous sommes passés de 700 à 1500 environ), nous sommes totalement débordés. Il faudrait que nous soyons encore le double pour répondre aux demandes ... / ... au laboratoire de Lyon, il y a 20.000 prélèvements en attente d'être analysés par mois ... / ... " Ce à quoi il faut ajouter : " ... / ... si l'on veut des bottes coquées pour se rendre sur un incendie, il faut sortir notre portefeuille personnel. Autre exemple : dans certains services locaux de la police scientifique, les collègues doivent attendre qu'un véhicule de la brigade anticriminalité puisse les transporter sur les cambriolages. Il est même arrivé que certains d'entre eux se déplacent avec des personnes venues déposer plainte, en l'absence de véhicules attribués au service ! " - Le Figaro

Et que pensez-vous que Brice Hortefeux, grand défenseur de la sécurité des français leur a obtenu ?

" ... / ... Brice Hortefeux vient de confirmer que sa loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure ... / ... comprendra une disposition visant à impliquer les compagnies d'assurances dans le financement de la police technique et scientifique (PTS) ... / ... " Nous leur avons demandé une contribution volontaire pour la prise en charge des équipements de relevé et d'analyse d'empreintes à hauteur de 6 millions d'euros sur trois ans ... / ... "

Cette disposition inventée par le sénateur UMP Jean-Patrick Courtois, devait fonctionner de la façon suivante : " ... / ... le système imaginé prévoyait que le fonds soit alimenté par une taxe sur les polices d'assurance-habitation comportant une garantie contre le vol. Un impôt déguisé en somme, frappant les bons clients des assurances, sachant que les compagnies n'hésiteraient pas une seconde à répercuter le prix de la taxe sur les primes des assurés ... / ... Flairant la polémique, Bercy et Beauvau ont donc revu le dispositif ... / ... le fonds sera «alimenté par un versement déterminé par convention sur les biens restitués à l'assureur ayant indemnisé le vol desdits biens ... / ... Le sénateur Courtois renchérit : " Grâce au fonds, il y aura plus de recherches ADN, elles coûteront moins cher et seront plus rapides, car les laboratoires investiront dans du matériel plus performant" - Le Figaro

Le tout, bien entendu, à rapprocher de ce que Brice Hortefeux déclarait à Grenoble: " Il y a une réalité simple et claire dans ce pays: les voyous et les délinquants n'ont pas d'avenir car la puissance publique finit toujours par l'emporter " ...


Bibliographie
Sécurité privée "La participation de la sécurité privée à la sécurité générale en Europe"

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Decitre

06 octobre 2010

Pôle emploi : Faire mieux avec ... moins de moyens !

Christine Lagarde l'a annoncé, fin septembre. L'objectif du gouvernement est : " que le taux de chômage repasse sous les 9% d'ici la fin du quinquennat de Nicolas Sarkozy ". Pôle emploi qui est son "bras armé" contre le chômage en a t-il les moyens ?

Le gouvernement et sa majorité le savent : Le discours sécuritaire et anti immigration ne suffira pas à gagner la présidentielle et les législatives de 2012. En effet, comme nous l'écrivions sur Slovar les Nouvelles : La préoccupation N°1 des français est le chômage !

Il va donc falloir rapidement prouver que ce que déclarait Nicolas Sarkozy dans son projet en 2007 est réalisable : " L’ANPE, l’Unedic, les Maisons de l’emploi seront réunies en un seul service public de l’emploi, qui interviendra immédiatement et de manière personnalisée pour permettre à tous ceux qui le souhaitent de trouver ou retrouver un emploi beaucoup plus rapidement qu’aujourd’hui " - Abécédaire des propositions de Nicolas Sarkozy

Alors, qui de mieux placé pour évoquer le sujet du nombre de chômeurs que Christian Charpy, le patron de Pôle Emploi, qui répondait aux questions de La Tribune le 4 octobre.

La Tribune : Le projet de budget pour 2011 prévoit de reconduire la subvention à Pôle emploi au niveau de 2009 (1,36 milliard d'euros) mais pas les CDD et contrats aidés créés pour faire face à la crise. Est-ce raisonnable alors que le chômage reste toujours haut ?

" Le gouvernement et le conseil d'administration de Pôle emploi avaient acté en 2009 et 2010 une augmentation importante des effectifs, dont il était clairement indiqué qu'ils étaient temporaires. Au budget 2010, le renfort temporaire était de 1.000 CDD ... / ..." qui ne devraient pas être reconduits. Ce qui fait dire à Christian Charpy : " D'où la nécessité pour Pôle emploi de continuer sa réforme et de poursuivre toutes les synergies pour dégager des économies qui peuvent être redéployées sur les demandeurs d'emploi et les entreprises "

Refrain connu du "faire mieux avec moins" ! Mais : Des conseillers de plus en plus saturés !

" ... / ... nous avons des progrès à faire sur la personnalisation et l'intensité de l'accompagnement. Chaque conseiller suit en moyenne 105 demandeurs d'emploi, mais beaucoup en suivent davantage. Nous concentrons les moyens sur ceux qui sont le plus en difficulté, comme les 200.000 en CRP , en CTP ou en accompagnement renforcé. Là, le portefeuille est de un conseiller pour 50 demandeurs d'emploi ... / ... "

50 demandeurs d'emplois pour les CRP ? Le présent rédacteur de l'article et plusieurs de ses contacts réfutent ce chiffre. En effet, il existe une "solidarité" entre conseillers CRP qui fait que lorsque l'un deux atteind un nombre de proche de 90 demandeurs d'emplois, ses collègues prennent en charge les nouveaux inscrits. Or, ma conseillère par exemple est passée de 60 demandeurs lors de mon inscription à 90 moins de 3 mois plus tard !

Sans oublier, bien entendu, le travail des conseillers Pôle Emploi qui gèrent les autres cas et doivent suivre individuellement plus de 300 demandeurs d'emplois au quotidien !

En clair : Rien de neuf sous le soleil du : " service public de l’emploi, qui interviendra immédiatement et de manière personnalisée pour permettre à tous ceux qui le souhaitent de trouver ou retrouver un emploi beaucoup plus rapidement "

Quelles solutions a mis en place la direction de Pôle Emploi pour pallier à ce manque chronique de personnel ?

Une Newsletter : " ... / ... Cette newsletter doit aider les demandeurs d'emploi à mieux connaitre nos services, à découvrir les secteurs qui recrutent, les modalités de formation, à avoir des informations sur l'indemnisation, etc. tout cela pour mieux les accompagner dans leur recherche d'emploi. Elle sera adressée, les premiers lundi de chaque mois, aux demandeurs d'emploi qui nous ont laissé leur mail ... / ..."

Ceux qui n'en disposent pas pourront toujours planifier l'achat ... d'un ordinateur !

Il ne faut pas oublier non plus : " la consultation des 500.000 demandeurs d'emploi et entreprises sur le fonctionnement de Pôle emploi lancée par Laurent Wauquiez "

Qu'en dit Christian Charpy ?

" Pôle emploi a terminé l'envoi des questionnaires. Laurent Wauquiez présentera les résultats à la mi-octobre. Nous avons déjà un fort taux de réponse. Il dépassera nettement les 10 %, constatés en général pour ce type d'enquête ... / ... Ceci doit permettre d'avoir une vision assez nette du degré de satisfaction des demandeurs d'emploi et des entreprises à l'égard de Pôle emploi et du sentiment d'utilité des services qui sont mis en œuvre mais également d'améliorer la qualité de nos services "

Qu'y avait-il dans ce questionnaire "demandeurs d'emploi" ?

Dans la mesure ou le rédacteur de cet article est chômeur et dispose d'une adresse Email, il a reçu ledit questionnaire dont il vous donne ci-dessous quelques unes des questions.

" Etes-vous satisfait(e) de la façon dont votre dossier est géré concernant vos allocations ?

Etes-vous satisfait(e) de la qualité de l'accueil qui vous est réservé par les équipes Pôle emploi (au téléphone, ou lorsque vous vous déplacez en agence) ?

Lors de vos différents contacts avec les équipes Pôle emploi, diriez-vous de vos interlocuteurs qu'ils sont à votre écoute ?

Avez-vous déjà adressé une réclamation aux services de Pôle emploi ?

Estimez-vous que les démarches pour s'inscrire au chômage sont plus simples à Pôle emploi que lorsqu'existaient encore l'ANPE et les Assedic ?

Et dans l'ensemble, diriez-vous que vous êtes très, assez, peu ou pas du tout satisfait(e) de Pôle emploi (qui est issu de la fusion entre l'Anpe et les Assédic) ?

La crise économique ou l'augmentation du nombre de demandeurs d'emploi explique t-il selon vous que Pôle emploi n'arrive pas à vous satisfaire pleinement ?

On pourra au passage, noter qu'il n'est jamais fait mention de : La quasi impossibilité de joindre son conseiller en cas de litiges ou questions (et le recours quasi automatique au 3949 qui est bien souvent saturé !)

Aveu sans détour, du manque d'effectif qui ne sera, si l'on en croît Christan Charpy, réglé dans les deux ans qui viennent !

Mais si l'on en croît Christine Lagarde qui ne devrait, selon toute vraissemblance ne plus être en charge du dossier après le remaniement ministériel : " Aujourd'hui, on est à 9,3%, il faut qu'on continue à améliorer ce chiffre-là. Si on arrive à passer à 9 et puis, peut-être, un petit peu en-dessous, ce serait formidable " tout en excluant pas : " un peu de tôle ondulée ", c'est-à-dire des rechutes ponctuelles ... / ... " - La Tribune

Les conseillers de Pôle Emploi et les chômeurs, futurs gestionnaires et victimes de la "tôle ondulée" ne pourront qu'apprécier l'idée du "petit peu en-dessous, ce serait formidable", s'il veut bien se concrétiser ... avant 2012 !

05 octobre 2010

Comment Wauquiez "offre" du personnel aux sociétés de vente directe !

Un emploi chez Tupperware, les sous-vêtements Charlott ou Herbalife ça vous tente ? Pour les chômeurs, ça pourrait devenir une réalité, du moins si l'on en croit, l'accord-cadre signé par Laurent Wauquiez au nom de Pôle Emploi et le syndicat de la vente directe.

Cet accord n'est pas le premier, puisqu'il fait suite à celui du 12 mai dernier, où Laurent Wauquiez et la Fédération de la Vente Directe avaient déjà paraphé un premier accord, visant à favoriser la création de 100.000 emplois sur trois ans dans ce secteur

Que disait le premier accord ?

C'est Capital qui nous le présentait en ces termes : " ... / ... L’accord signé, le 13 mai, avec le secrétaire d’Etat chargé de l’Emploi, Laurent Wauquiez, prévoit de recruter en priorité les jeunes de 18 à 25 ans, les seniors, les femmes, les personnes peu ou pas diplômées ... / ... En échange, Pôle Emploi promet de promouvoir les postes de vendeurs à domicile auprès des demandeurs d’emploi ... / ... L’Etat va enfin financer une "étude prospective" pour dresser un état des lieux du secteur (qualifications, pyramides des âges, perspectives économiques, etc.) ... / ... "

Mais c'est quoi la vente directe (ou à domicile) est-ce vraiment un emploi ?

Vente à domicile, définition de l'APCE :

" ... / ... La vente à domicile se situe entre la distribution classique en magasins et la vente par correspondance. Elle peut revêtir trois formes : le "porte à porte", la "vente par réunion privée" : un particulier réunit chez lui ou chez l'une de ses relations, une dizaine de personnes afin de leur proposer différents produits et d'en faire la démonstration (en général, des articles ménagers, cosmétiques ou vêtements), la vente en réseaux (le marketing multi-niveaux). Le vendeur à domicile indépendant est un professionnel qui effectue la vente de produits ou de services à domicile ou dans des lieux non destinés à la commercialisation (ex. : réunions, excursions) ... / ... " Voir aussi "le statut social et fiscal du vendeur à domicile"

Mais qui sont précisément ces vendeurs ?

" ... / ... Ce sont en majorité les femmes et les seniors qui s'accommodent de ce régime précaire, en complément d'une vie familiale, d'une retraite ou d'un poste à temps partiel. Leur rémunération, constituée exclusivement de commissions sur les ventes, peut varier, d'après la FVD, " de deux cents à plusieurs milliers d'euros par mois, selon le temps que l'on y consacre ... / ... " - Le Point

Et quelles sont les entreprises les plus connues du secteur ?

Amway, les fenêtres K par K, les sous-vêtements Charlott, Tupperware mais aussi des entreprises d'énergie (Direct énergie, GDF Suez), de télévision (Canal+) de téléphonie et d'internet, et quantité d'entreprises de "bien être" comme le très controversé Herbalife (Voir aussi le Forum Atoute.org ou le rapport commandé par l'AFSSAPS en 2009 (Liste complète des adhérents sur le site de la Fédération de la vente directe )

Herbalife, par exemple, dont les propositions sont assez loin de la notion d'emploi revendiquée par Laurent Wauquiez :

# l’occasion d’être votre propre patron # la possibilité de démarrer tout de suite, peu importe votre niveau d’étude # le choix d’une activité que vous pouvez exercer depuis votre domicile – ni bureau, ni magasin, ni stock # La liberté de gérer votre emploi du temps # Un statut légal, défini par la loi: VDI, Vendeur à Domicile Indépendant - Source Herbalife

Mais comme l'écrit Le Figaro : " ... / ... La crise a apporté un éclairage nouveau sur le secteur. Dans un contexte difficile pour l'emploi, ce métier apparaît comme une aubaine ... / ... " La Croix de son côté indique : " ... / ... Le coût de la vie pèse énormément sur les ménages à cause de la crise ... / .... Les femmes sont aussi les premières clientes de la vente directe. « Ça se passe souvent entre copines », raconte Florence Ronceray, mère à 35 ans de trois enfants, qui gagne 300 € par mois en vendant à domicile les objets de décoration ... / ... "

Alors emplois ou cache misère pour améliorer les chiffres du chômage ?

Particulièrement touchés par le chômage, les seniors pourraient bien être les premiers à en "améliorer" les chiffres. En effet, il semble bien que l'accord signé par le ministre les concerne au premier niveau.

Car si le Ministre a largement communiqué sur la nouvelle : " offre Senior +", il est à noter que : " ... / ... Les seniors figurent parmi les "publics cibles" de plusieurs accords signés par l'organisme, comme récemment avec le secteur de la vente directe ... / ... " Magazine Carrière Paperblog citant le journal « La Montagne »

En quelque sorte, une façon "habile" d'éviter qu'une inflation de chômeurs de plus de 55 ans ne vienne contrarier l'allongement de la durée de cotisation et le report de l'âge de la retraite à 62 ans ...


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04 octobre 2010

Nicolas Sarkozy et les français n'ont pas les mêmes priorités !

Sécurité, immigration et terrorisme le "tiercé", soit disant gagnant pour 2012 du Président, ne fait plus recette auprès des français qui se préoccupent ... du chômage et de l'avenir des retraites. Mais la chasse aux électeurs continue à battre son plein !

Devant des français révoltés ou désabusés, à l'Elysée, on croyait pouvoir impunément, ressortir le candidat qui a "tué le job de ministre de l'intérieur". En effet, depuis le discours de Grenoble, le programme économique et social est passé à la trappe au profit du tout sécuritaire et du danger de l'immigration. 2012 oblige !

Si ce revirement, qui a pour but avoué, d'aller chercher "avec les dents" non pas ... la croissance, mais les électeurs de droite les plus radicaux, semble fonctionner, il est aisé de remarquer que celui-ci n'atteint pas visiblement pas la majorité de la population qui a d'autres priorités ou valeurs !

Constat : Un Président en quête de voix mais de plus en plus impopulaire !

Impopularité, c'est le terme le plus adapté à la situation puisque, comme nous l'explique Le Parisien du 30 septembre : " En cette fin du mois de septembre, Nicolas Sarkozy est au plus bas depuis juin 2007. Seuls 26 % (- 4 points) des personnes interrogées lui font confiance, alors qu'elles sont 72 %, près des trois quarts, à affirmer ne pas lui faire confiance, plus haut niveau de défiance jamais mesuré par ce baromètre depuis son élection. 2 % des sondés ne se prononcent pas ... / ... "

Peu importe puisque la chasse aux voix semble devenir une obsession !

Ainsi comme l'écrit Le Progrès : " ... / ... Plus délicate pour Nicolas Sarkozy et l'UMP se présente la reconquête des franges centre droit, un peu catho, un peu bourgeoisie moyenne, ou de droite conservatrice sans excès, choquées voire atterrées par le côté bling-bling du Président, ses outrances et ses positions à la hache et les affaires à répétition. L'autre jour à Vézelay, en compagnie du très démocrate-chrétien Michel Mercier, ministre de l'Espace rural, il s'est très directement adressé aux catholiques en revenant sur « le témoignage chrétien de la France ». Cette semaine, il rencontrera le pape à Rome.

Et pendant ce temps là, quelles sont les priorités des français ?

On peut en avoir une idée au travers d'une étude Obea Intraforces pour France Info et le quotidien gratuit 20 Minutes publiée le 3 octobre

Si, selon l'étude, en termes de terrorisme : " ... / ... 79% des Français pensent que cette menace est «sérieuse». Parmi eux, 30% la considèrent même comme «très sérieuse». Pourtant, le risque d’attentat autour duquel le gouvernement a communiqué ces derniers temps n’arrive pas en tête de leurs préoccupations.

Car : " ... / ... le chômage se classe au premier rang des préoccupations des sondés (28,8%) devant l'avenir des retraites (20,8%) et la crise économique (19,9%) ... / ... Viennent ensuite l'insécurité (10,9%), le terrorisme (8,8%), la menace environnementale (6,8%) et l'immigration (4,1%) ... / ... " - 20Minutes

Damned, encore raté ! Maintenant, comment essayer de retrouver un peu de popularité tout en continuant la chasse à l'électorat ?

Et bien, en brandissant la disparition possible du bouclier fiscal, de plus en plus contesté, même dans la majorité présidentielle, tout en préparant l'abrogation de l'ISF, comme se plaisait à l'expliquer Alain MINC (à quel titre d'ailleurs ?) ce matin sur Europe1

Opération qui serait hautement symbolique aux yeux de l'opinion et ôterait un argument à l'opposition mais ... qui serait un désastre pour les finances publiques !

Le coût du bouclier fiscal pour l'Etat a été de 585,6 millions d'euros en 2009 or, hier soir sur M6, François Fillon déclarait que la disparition de l'Impôt sur la fortune représenterait "trois milliards d'euros de recettes de moins pour l'Etat " - L'Express Et Fillon d'ajouter, sans autre précision : " "Dès lors, il faut trouver des recettes alternatives"

Mais après tout, lorsqu'on sait qu'en échange de 3 milliards de baisse de la TVA sur la restauration : " ... / ... Le secteur a créé 29.500 emplois nets, hors intérim, entre le 1er juillet 2009 et le 30 juin 2010 ... / ... " - Nouvel Obs, notre Président pourra toujours dire, façon Mastercard ® : " qu'il y a certaines choses qui ne s'achètent pas, pour tout le reste ..."

01 octobre 2010

Exclu Slovar : Interview Gérard Filoche "Une vraie retraite à 60 ans c'est possible"

Les manifestants devraient être encore très nombreux demain pour refuser une réforme des retraites injuste, mais sur laquelle le Président refuse toute négociation.

Alors, terminé la retraite à 60 ans ? Gérard Filoche qui avait écrit un livre sur ce sujet a accepté de répondre à mes questions.

Interview exclusive diffusée en intégralité

Slovar : Gérard, les éditions JC GAWSEVITCH republient le livre que tu avais co écrit avec Jean-Jacques Chavigné : " Une vraie retraite à 60 ans c'est possible". Peux tu nous dire à quelle date est paru ce livre ?

Gérard Filoche : Ce livre a été conçu avec Jean-Jacques Chavigné dés que Sarkozy a viré sa cuti, et renoncé, contrairement à ce qu’il avait déclaré, à maintenir la retraite à 60 ans. Ecrit pendant que nous préparions l’appel dit “Attac-Copernic”, il est paru le 16 avril quelques jours après que ce dernier ait été lancé le 7 avril.

C’est dire si nous l’avons pensé comme un instrument militant : sous forme de “dix questions, dix réponses” il balaie tout le spectre des mensonges gouvernementaux et propose une alternative pour garder une retraite à 60 ans sans un an de plus ni un euro de moins. Chaque soir de meetings unitaires, à parti du succès de la Bellevilloise le 6 mai 2010, nous avons proposé ce livre aux participants et il est devenu ainsi ce qu’on appelle un succès de librairie, notre éditeur JC Gawsevitch, n’en revient pas encore. Le petit dessin que m’a donné mon ami Siné qui est au dos du livre, est maintenant repris à des centaines de milliers d’exemplaires partout dans le pays.


Slovar : Quelles sont les raisons qui te l'ont fait écrire ?

GF : Des millions de français, qui pourtant savent décrypter et résister dans leurs consciences, sont victimes d’une campagne médiatique acharnée de type désinformation totalitaire. Sarkozy ment. Fillon ment. Woerth ment. On a affaire à un véritable truquage éhonté de l’information, des chiffres, des “arguments”. C’est atterrant de bêtise ce qu’ils expliquent sur TF1, dans les grands médias aux ordres, mais ils n’hésitent pas ils le font : bourrage de crâne, contre-vérités, manipulations, ils osent tout de façon incroyable !

Ils refusent le débat aussi bien avec les syndicats qu’ils ont méprisé, que dans les télés ou à l’Assemblée nationale où ils ont réduit le temps de parole de l’opposition à 20’. Sarkozy a imposé la procédure d’urgence, profité des vacances, organisé toutes sortes de diversions médiatiques que c’en est insupportable dans une république, vis à vis de la démocratie, vis à vis de citoyens majeurs.

Alors en plus des mobilisations et grèves appelées par les 8 syndicats unis les 23 mars, 29 mai, 24 juin, 7 septembre, 23 septembre, et de celles à venir, nous avons organisé avec Attac Copernic et les 268 signataires universitaires, intellectuels, associatifs, syndicalistes, politiques, plus de 400 meetings dans tout le pays. Dans de tels meetings, il y a des milliers de militants et de gens en colère, on développe nos idées et on est applaudi. Mais cela ne suffit pas : la diffusion d’un livre, aussitôt après, est un moyen de continuer, de renforcer les arguments, les convictions, de poursuivre en profondeur, voilà pourquoi on a écrit.

Slovar : En quoi ce livre est-il "actuel" ?

GF : " Parce qu’en dix questions, dix réponses, il balaie toutes les arguties sur la prétendue “crise démographique”, la prétendue “crise économique” qui obligeraient à piller le niveau de nos retraites durement acquises. Il n’y a aucune contrainte démographique et la France est même trés bien placée, car elle a le taux le plus élevée d’Europe de naissances. L’allongement de l’espérance de vie est fragile et n’est, hélas, pas si élevé, qu’ils le prétendent : de toute façon, ça ne modifie pas la biologie du corps humain entre 55 et 65 ans.

Les plus belles années de la retraite sont entre 60 et 65 ans. Les plus dures années au travail sont entre 60 et 65 ans. Le travail devient dur pour tout le monde au milieu de la cinquantaine. Et notre livre a été le premier a donner plein d’arguments – aujourd’hui largement repris par tous dans tous les meetings - comme le fait que l’espérance de vie en bonne santé est en moyenne de 63 ans pour les hommes et de 64 ans pour les femmes.

Et nous avons expliqué et justifié sans ambiguïté que la retraite n’était pas une épargne mais le fruit d’une cotisation basée sur les salaires, une partie du salaire mutualisée, mise dans un pot commun et redistribuée en direct, de ceux qui travaillent à ceux qui sont en retraite, en temps réel, sans spéculation possible. C’est un salaire continué. Nous expliquons qu’il ne faut pas tomber dans le piège des assurances individuelles et fond de pensions, ils vous prendront vos sous et les dilapideront aux iles Caïman dans les caves à subprime et autre hedge fund : ne leur donnez rien, pas un centime, il n’y a pas d’issue individuelle à la retraite.

Enfin nous décortiquons le danger de la retraite dite “a points”, les inégalités produites envers les femmes et les précaires, et dénonçons les baisses planifiées du niveau des retraites du fait de l’allongement inatteignable des annuités cotisées obligatoires.

Slovar : Est-il vraiment possible de maintenir les retraites à 60 ans à taux plein ?

GF : Evidemment, rien, rien, rien n’oblige à la remettre en cause, il faudrait même permettre la retraite à 55 ans dans le bâtiment par exemple. Qui n’a vu qu’un ouvrier de 55 ans devant son marteau piquer, avait peu d’espérance bien qu’ayant coûtés toute sa vie. Travailler plus c’est mortifère, il faut travailler mieux, moins tous. Il y a l’argent disponible : si on cesse de faire des dizaines de milliards de cadeaux au CAC 40, aux 500 premières familles, d’exonérer de 42 milliards de cotisations les patrons, de permettre des niches fiscales comme celle de Copé sur les transferts de société qui coûte a elle seule 22 milliards (4 fois plus que le fameux bouclier fiscal).

Bien sûr, la France n’a jamais été aussi riche et les richesses aussi mal redistribuées à ceux, les salariés, 92 % de la population active qui les produisent. Même le COR (conseil d’orientation des retraites a calculé qu’avec 0,30 points de hausse des cotisations sociales pendant la période difficile de 2010 à 2036, on pouvait faire face et maintenir les prestations à 60 ans, avec 75 % de reversement, indexé sur les salaires, sans retraite inférieure au Smic, et calculée sur les 10 meilleures années ou sur les 36 derniers mois. Il faut redonner aux salaires la part qu’ils méritent, partager le travail et adapter les cotisations pour garantir les retraites, nous démontrons dans notre livre que c’est possible et viable. Tout dans notre livre est sourcé, chiffré, détaillé.

Slovar : Crois tu possible de faire céder le gouvernement et Sarkozy alors que ceux-ci affirment vouloir aller jusqu'au bout ?

GF : C’est comme dans le temps des dévaluations. Ils disent toujours qu’ils ne dévalueront jamais... une heure avant de dévaluer.

En avril 2006, Chirac est allé jusqu’à promulguer la loi du CPE... en demandant qu’elle ne s’applique pas.

Sarkozy est isolé en dépit de toutes les sales diversions qu’il a tenté d”organiser cet été et en cette rentrée (Roms, immigration, insécurité, écoutes téléphoniques, mensonges sur Woerth-Bettencourt, l’affaire Karachi, etc...). Les diversions ont toute échoué dans l’opinion. L’UMP est divisée, seul le Medef et le Cac 40 le soutient à 100 %. Il fait le fier à bras, alors qu’en un un pays normal il y aurait des élections anticipées.

Mais autour de lui, bien qu’il fasse le sourd, truque les chiffres et manipule les grands médias à ses ordres comme TF1, les vagues de manifestants et de mécontents montent, Sarkozy est déjà mouillé jusqu’à la cheville, on va le mouiller jusqu’aux genoux.

Ca monte chaque jour, on fait plusieurs meetings par soir et on manifeste et fait grève encore les 2 et 12 octobre. Bernard Thibault ne vient il pas de déclarer solennellement que “la grève reconductible ne peut absolument pas être exclue” ?

Merci Gérard et bonne manif !

Liste des manifestations du 2 octobre (Source CGT)


"Une vraie retraite à 60 ans, c'est possible"
Editions Ed. JC GAWSEVITCH

Dialogue social dans les TPE : Représentativité contre lobbying ?

Le 4 juin dernier, Slovar vous racontait comment, la CGPME et le MEDEF, bien aidés en celà par Jean-François Copé, avaient réussit à faire passer à la trappe le projet de "dialogue social" dans les TPE. Le sujet revenait, cette semaine, au parlement, sur fond ... d'affrontement entre organisations patronales !

Le MEDEF et la CGPME voulaient la peau des "commissions paritaires territoriales". Après un très fort lobbying allant, comme nous l'expliquions jusqu'à : menacer les députés UMP de voter à l'extrême droite : " ... / ... les élus UMP, ont peur de la sanction électorale que pourraient leur infliger les petits patrons lors des prochaines élections, présidentielle et législatives, si jamais ils votaient ce texte. "Beaucoup ont été très explicites sur ce point", confirme un député ... / ... " - Source Slovar

Les parlementaires UMP s'étaient donc mobilisés pour les faire disparaître et vider de tout son sens cette partie du projet de loi !

Fureur des syndicats de salariés et de l'UPA qui avaient cosigné le texte et profonde gène de la part d'Eric Woerth qui avait pourtant : " finalisé le projet de loi sur le dialogue social et la représentativité des syndicats dans les très petites entreprises" - Creation d'entreprise

Or, comme l'expliquaient Les Echos : " le projet de loi traitant du dialogue social dans les très petites entreprises (moins de onze salariés) revennait au Parlement. Composée de sept sénateurs et d'autant de députés, une commission mixte paritaire (CMP) se tiendra jeudi pour tenter de trouver un compromis sur un texte âprement débattu, en particulier entre la majorité et le gouvernement ... / ... " l'objectif étant de trouver un compromis qui ne semblait pas si difficile puisque selon les termes du député UMP Dominique Dord : " C'est beaucoup de bruit pour pas grand-chose. Même dans la version d'origine, ce n'était pas la mer à boire…"

Résultat des courses ?

Oublié : " la création (facultative) de "commissions paritaires territoriales", chargées de vérifier l'application des accords collectifs et d'apporter une aide en matière de dialogue social aux salariés et employeurs des TPE "

Et remplacé par : " ... / ... Les rapporteurs UMP du texte au Sénat et à l'Assemblée, Alain Gournac et Dominique Dord, ont contourné "l'obstacle" au sein de la majorité en s'appuyant sur l'autre volet du texte, voté lui sans heurts : organisation tous les 4 ans d'un scrutin régional pour mesurer l'audience des syndicats dans les TPE) .... / ... "

Les réactions

Jean-François Copé : " La spécificité des TPE a été prise en compte puisqu'aucune structure nouvelle n'a été créée. Le dialogue social direct au sein de l'entreprise et des instances déjà existantes reste donc privilégié ... / ... "

Laurence Parisot (Medef) a salué : "un compromis honorable" qui constitue "un immense soulagement pour les TPE ... / ... "

CGPME : " Le résultat est là : les TPE échapperont à une nouvelle forme de bureaucratie permettant aux syndicats de salariés de se voir attribuer un droit de regard là où ils ne sont pas présents"

Inutile de dire que du côté des syndicats de salariés l'amertume est grande : " ... / ... Le texte de la CMP reste ainsi "très éloigné de l'ambition" portée par la CFDT. Malgré les "limites" du texte, la centrale de François Chérèque entend "agir pour qu'il soit pleinement mis en oeuvre" - Daily Bourse

En clair : Sujet clos et remerciements à l'UMP !

Mais la CGPME ne compte pas en rester là puisqu'elle aimerait "régler ses comptes" avec l'UPA, l'organisation patronale regroupant les artisans. En effet, dans son dernier communniqué "triomphant" elle écrit : " ... / ... La CGPME voit a ainsi reconnue son action en faveur des TPE et des artisans, loin des querelles de ceux, UPA en tête, qui ont oublié leur raison d'être : simplifier la vie des chefs d'entreprises qui prennent des risques pour créer emplois et richesses.

Nul doute que les artisans auront à coeur lors des prochaines élections aux Chambres des Métiers, en apportant leurs suffrages aux listes Artisans de notre Avenir (ADNA), soutenues par la CGPME, de rejoindre à leur tour le camp de ceux qui considèrent que la proximité est le meilleur moyen de garantir un véritable dialogue social "

Réponse de l'UPA par communiqué interposé : " ... / ... L’UPA regrette en revanche le débat contre productif qui a consisté pour certaines organisations, il est vrai peu informées des réalités des entreprises de l’artisanat et du commerce de proximité, à diaboliser le dialogue social"

ça sentirait pas un peu la poudre ? Il faut dire que la CGPME a un contentieux avec l'UPA qui remonte à 2005

Un important rapport de la DARES sur les organisations patronales en France et en Europe nous l'explique en page 76 : " ... / ... Un conflit a ainsi opposé la CGPME et l'UPA sur la question de la représentativité dans l'artisanat ... / ... le Conseil d'Etat, le 9 février 2005, a statué que la CGPME n'était pas représentative des professions artisanales au plan national. La CGPME ne peut donc pas présenter de liste aux élections des Chambres de métiers et de l'artisanat ... / ... " et le rapport de préciser que : "Le MEDEF et la CGPME se seraient, en outre, « étranglés de stupéfaction » à la proposition de l'UPA, qui souhaite que la question de la représentativité patronale soit posée, et l'audience des organisations patronales mesurée ... / ..."

Ce qui signifie que ne pouvant officiellement intervenir dans le dialogue "artisans gouvernement", la CGPME a réussi à réduire à néant à l'issue d'un bras de fer, de plus de 8 ans, l'accord entre les syndicats de salariés et l'UPA, en activant la piste du Président du groupe UMP à l'Assemblée Nationale : Jean-François Copé !

Ce sont donc des organisations patronales représentant majoritairement des entreprises de plus de 11 salariés, mais possédant beaucoup plus d'appui politiques, qui ont eu gain de cause !

Au fait, c'est pour quand, un vrai débat au parlement sur : la question de la représentativité et l'audience des organisations patronales " ?


Bibliographie
UPA : "Les contrevérités du MEDEF et de la CGPME"

Crédit image
UPA

30 septembre 2010

Budget 2011 : Les enseignants, policiers, militaires perdants, mais le Premier ministre gagnant !

Pour le budget 2011, Nicolas Sarkozy appliquera le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Tous les ministères vont donc être touchés à quelques exceptions, dont : Les services du Premier Ministre ... qui vont recruter !

C'est un dossier du Figaro " Budget : les ministères gagnants et perdants" qui le révèle : " Le gouvernement vise 31.638 suppressions de postes en 2011 via le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. L'Éducation, la Défense et le ministère du Budget sont particulièrement touchés" Et Le Figaro d'ajouter : " ... / ... Sur trois ans, de 2011 à 2013, ce sont plus de 97.000 postes qui seront supprimés (avec -33.000 suppressions de postes programmées en 2012 et -33.100 en 2013) ... / ... "

Dans le détail, quels sont donc les ministères les plus touchés, et à quelle hauteur ?

Le Figaro indique dans un tableau, le nombre de réduction de postes, ainsi que le "plafond des autorisations d'emplois " par ministère

Ministères qui perdent des postes

Education nationale : - 16 000 - plafond des autorisations : 968 194
Défense : - 8250 - plafond des autorisations : 301 341
Intérieur outre mer et collectivités locales : - 1597 - plafond des autorisations : 282 755
Budget comptes public et réforme de l'état : - 3127 - plafond des autorisations : 142 466
Ecologie développement durable et mer : - 1287 - plafond des autorisations : 62 371

Quels sont les ministères qui recruteront ?

Conseil et contrôle de l'état : +40 - plafond des autorisations : 5 580
Justice et libertés : + 400 - plafond des autorisations : 75 825
Et
Services du Premier Ministre : + 15 - plafond des autorisations : 3 529 ... / ... " Liste complète sur Le Figaro.fr

+ 15 personnes pour les services du Premier Ministre ?

C'est d'autant plus étonnant que celui-ci dispose déjà d'une équipe pléthorique qui "doublonne" en grande partie avec celle du Cabinet et des services du Président de la République

Car le Premier Ministre dispose déjà :

D'un Cabinet
Du Secrétariat général du Gouvernement
De nombreuses autres instances administratives rattachées au Premier ministre afin de l’assister dans la direction de l’action gouvernementale
Des moyens d’information du public (SIG , Documentation française, JO, ...)
D' Administrations de missions :
-Centre d’analyse stratégique
-Délégation interministérielle à l’aménagement et à la compétitivité des territoires (DIACT)
-Secrétariat général des affaires européennes (SGAE) - Source Vie Publique

Quant à savoir où ces 15 postes sont à pouvoir ?

Néanmoins, si le Premier Ministre souhaite faire des économies, on pourra toujours lui conseiller de s'interroger sur l'opportunité d'avoir 6 "conseillers techniques Presse"

En clair : Quelques ministères durement touchés, comme l'enseignement, qui va payer le prix fort. Mais quelques douceurs pour Matignon et pour la justice, afin d'éviter, que les magistrats ne deviennent trop turbulents.

On notera aussi que dans cette période de discours sur la sécurité et de lutte contre le terrorisme que l'intérieur et la défense perdent des postes de façon significative ! S'apprêterait-on à l'Elysée, au Ministère de l'Intérieur ou à la Défense à nous expliquer une fois de plus, qu'on va " faire mieux avec moins" ?

Pas forcément si l'on en croit Le Point qui nous apprend que la France : " La France pourrait autoriser le mercenariat "

C'est à dire ?

" ... / ... le gouvernement se prépare à réintroduire le mercenariat dans le droit français. Interdite depuis 2003, l'attribution à des entreprises privées employant des hommes en armes de missions "régaliennes", donc réservées en principe à l'État et à ses armées ... / ... C'est d'ailleurs avec la bénédiction de la présidence de la République que, dans le plus grand secret, un groupe de travail se réunit chaque semaine au SGDSN (secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale) depuis plusieurs mois pour étudier cette question ... / ... le SGDSN a soutenu la mise sur pied d'un colloque le 30 septembre. Il sera "fermé", c'est-à-dire interdit à la presse ... / ... "

C'est certainement ce que voulait dire le candidat Sarkozy en 2007 en déclarant : " je m’engage à maintenir notre effort au moins à son niveau actuel, afin de disposer de forces armées bien entraînées, bien équipées et aptes à assurer la protection de notre territoire ... / ... et s’il le faut loin de nos frontières ... / ... " - Source Abécédaire des propositions de Nicolas Sarkozy

Oui, mais bon ....

Crédit et copyright photo
France Soir

29 septembre 2010

Pénibilité : Quand Morano et Woerth nous jouent "Oui-Oui" à l'usine !

Eric Woerth reste inflexible sur la réforme des retraites : "Sur le texte lui-même, il va continuer d'évoluer, mais il va être voté dans son équilibre actuel ". Histoire de faire un coup de communication, il est allé tester son discours, accompagné de Nadine Morano ... dans une usine.

On a peu communiqué, à par L'Express, sur la visite du ministre du Travail, et de Nadine Morano, le mercredi 22 septembre dans la petite usine de matelas "Le Lit National" , au Pré Saint-Gervais.

Et c'est dommage ! Car, cela nous permet de voir à quel point les deux ministres se sont montrés "à l'aise" dans cet environnement ouvrier. Nadine Morano ne cachant pas sa gène ou ... son ennui, comme le montre la vidéo.

Si L'Express, laisse entendre que les ministres ont pu dialoguer avec les ouvriers (en majorité des femmes ) on pourra constater que Nadine Morano n'a pas profité de cette occasion pour expliquer aux ouvrières qu'elle : " ... / ... n'était pas favorable au maintien à 65 ans l'âge de départ à la retraite à taux plein pour les femmes ayant eu trois enfants au moins ... / ... " - Comme l'expliquait Le Figaro

De son côté, le dialogue entre Eric Woerth et les salariés est resté du domaine symbolique puisque, après avoir ressassé son habituel discours ... devant la caméra : " On passera de toute façon plus de temps à la retraite puisqu'on vit plus longtemps. Alors, il faut adapter les postes de travail ... / ... "

Il s'est fait présenter par la chef d'entreprise les "adaptations" qui se résument à des " sièges ergonomiques", qui ressemblent à s'y méprendre à .... des fauteuils de bureau à roulette.


Pénibilité du travail: Woerth et Morano à l'usine
envoyé par LEXPRESS. -

Extraits de dialogues entre Eric Woerth et une ouvrière

Eric Woerth : " vous êtes assise ? " Vous faites ça depuis longtemps ? "
Réponse : " ça fait dix ans "
Eric Woerth (se tournant vers la chef d'entreprise) : " ça demande un sacré coup de main hein ! "

Puis, n'oubliant pas pourquoi il est venu, il se dirige vers la caméra pour évoquer : la "prévention sur la pénibilité" ! et de déclarer : " on a réussi à l'inscrire dans la loi la pénibilité. Parce que c'est au coeur de la loi ... / ... nul ne peu contester qu'on prend bien en compte la pénibilité, que c'est un nouveau droit social que le gouvernement intègre à la réforme des retraites"

"Nouveau droit social" que le gouvernement intègre à la réforme des retraites ?

Que dit le texte, sur la pénibilité, dont le site NetPme diffuse de larges extraits

" ... / ... les assurés dont l’état de santé est dégradé à la suite d’expositions à des facteurs de pénibilité pourront, eux aussi, bénéficier dès l’âge de 60 ans d’une retraite à taux plein, quelle que soit la durée d’assurance effectivement accomplie. Sont concernées, les personnes atteintes d’une incapacité permanente dont le taux sera fixé par décret (en principe à 20 %) résultant soit d’une maladie professionnelle, soit d’un accident du travail ... / ... Le salarié devra également établir que l’incapacité permanente dont il est atteint est directement liée à l’exposition à ces facteurs de risques professionnels. Pour cela, une commission pluridisciplinaire sera chargée de valider les modes de preuve apportés par l'assuré et d'apprécier l'effectivité du lien entre l'incapacité permanente et l'exposition aux facteurs de risques professionnels ... / ..."

Et quid de la "prévention sur la pénibilité"

" ... / ... les salariés qui occupent des postes de travail pénibles pourront bénéficier d’allègement de charge de travail, en cas d’accord de branche. A titre expérimental, jusqu'au 31 décembre 2013, un accord collectif de branche pourra créer un dispositif d'allégement ou de compensation de la charge de travail des salariés occupés à des travaux pénibles ... / ... "

Il est à noter que la nouvelle pénalité de 1 % à la charge des entreprises en faveur de la prévention de la pénibilité ne concernera que celles : " .... / ... dont l’effectif est au moins égal à 50 salariés, ou appartenant à un groupe dont l’effectif comprend au moins 50 salariés et comptant une proportion minimale (fixée ultérieurement par décret) de salariés exposés à des facteurs de risques professionnels et qui ne seraient pas couvertes par un accord ou un plan d’action relatif à la prévention de la pénibilité ... / ... ' - Net PME - ‎27 sept. 2010‎

Ce qui devrait ravir les dirigeants du "Lit National" dont l'effectif déclaré en 2009 est de ... 47 ! - Source Societe.com. Et ... tous les salariés de TPE/PME dont les employeurs pourront passer outre cette "prévention sur la pénibilité" sans aucune sanction.

En effet : " nul ne peu contester qu'on prend bien en compte la pénibilité, que c'est un nouveau droit social " !

28 septembre 2010

Réforme des retraites : UNEDIC pour les uns et capitalisation pour les autres !

Le gouvernement et sa majorité l'on déclaré : Ils ne reculeront pas devant le report de l'âge de la retraite. Problème : Que faire des plus de 55 ans dont la majorité sont sortis de l'emploi ? Solution : Plomber les comptes de l'UNEDIC et imposer à tous une part ... de capitalisation !

François Fillon, semble avoir trouvé une solution pour les travailleurs âgés, dont la majorité sont sortis de l'emploi et qui vont devoir attendre deux ans de plus pour partir à la retraite : Reporter sur l'UNEDIC de 440 et 530 millions d'euros en 2018 !

Le 9 septembre dernier, François Fillon indiquait que : " le gouvernement allait mettre en place une nouvelle allocation pour les travailleurs âgés qui ne peuvent pas partir à la retraite malgré tous leurs trimestres de cotisation, faute d'avoir atteint l'âge légal de départ ... / ... " Cette allocation devant prendre le relai de l'Allocation équivalent retraite (AER) qui joue ce rôle. Et d'ajouter : " ... / ... Les partenaires sociaux qui gèrent l'assurance chômage vont devoir intégrer dans la convention assurance chômage" la réforme des retraites dans la prochaine convention de l'assurance chômage ... / ... " - AFP/Google

Autrement dit faire payer par l'UNEDIC une partie du problème du report de l'âge de la retraite ! Et de combien ?

Comme l'explique La Tribune reprise par l'AFP, l'UNEDIC a testé deux scénarios : " ... / ... deux scénarios ont été testés pour la période 2010-2018 ... / ... l'un à taux d'emploi inchangé ; l'autre tenant compte d'une augmentation du taux d'emploi d'un point.

Premier cas : " ... / ... la facture pourrait vite grimper et atteindre près d'un demi-million d'euros selon les calculs des experts de l'Unédic à l'horizon 2018 ... / ... Selon ce scénario, l'impact net pour l'assurance chômage s'élèvera à 230 millions d'euros en 2015, 480 millions en 2016, avant de se "stabiliser" à 530 millions d'euros à partir de 2017.

Deuxième cas : ... / ... Les auteurs de la note de l'Unédic tablent sur un relèvement du taux de l'emploi à 60 ans de un point entre 2010 et 2018 ... / ... A partir de 2018, ce relèvement se traduirait par un coût évalué à 440 millions d'euros au lieu de 530 millions dans l'hypothèse précédente ... / ... "

Forts de ces évaluations, que pensent l'UNEDIC et les syndicats ?

" ... / ... Il est hors de question que l'assurance-chômage paie les conséquences de la réforme des retraites », prévient Gaby Bonnand (CFDT), le président de l'Unedic ... / ... Les syndicats pointent les risques : " Comme le Medef ne veut pas augmenter les cotisations chômage et qu'il est même envisagé dans la réforme des retraites de les baisser pour augmenter les cotisations retraite, on irait forcément vers une baisse des droits des chômeurs" explique Eric Aubin, qui siège à l'Unedic pour la CGT ... / ... - Les Echos

Et justement, qu'en pense le MEDEF ?

" ... / ... Interrogée sur RMC, Mme Parisot a estimé qu'il était "trop tôt pour dire" si la réforme des retraites allait coûter plus cher à l'assurance chômage, après avoir jugé ... qu'elle "provoquerait des bouleversements" Et d'ajouter avec le plus grand enthousiasme : " ... / ... "On va d'autant plus facilement financer que tout le monde va travailler plus longtemps, donc vous avez un équilibre. Il va falloir faire des modélisations, étudier les impacts ... / ... " - Boursorama

En bref, une catastrophe annoncée dont personne ne veut assumer les conséquences !

Nous employons à dessein le terme "catastrophe", dans la mesure ou les députés ont adopté dans une quasi indifférence, un des articles du projet gouvernemental : " ... / ... portant sur l'allongement de la durée de cotisation, qui, du fait de la réforme de 2003, devra désormais tenir compte de l'allongement de l'espérance de vie.

Article 4 : " Cet article prévoit notamment que les assurés devront savoir dès 56 ans le nombre de trimestres qu'ils devront accumuler pour bénéficier d'une retraite à taux plein ; afin que la durée d'assurance calque l'allongement de l'espérance de vie, il prévoit ainsi que la durée de cotisation soit fixée par décret à compter de la génération née en 195"- La Tribune

Pour tous les autres, qui s'inquiéteraient de ces mesures et leur conséquences, la réponse pourraient être ... la capitalisation retraite, vous expliquera t-on, chez les assureurs, les banquiers et ... les députés de l'UMP.

En effet, comme le faisait remarquer L'Express : " Ce n'est pas le cœur de la réforme des retraites 2010. Pourtant, des amendements aménageant les produits d'épargne retraite par capitalisation ont été adoptés en commission dès le premier jour des débats à l'Assemblée nationale ... / ... " Et L'Express d'ajouter : "Reste à voir si ces amendements passeront l'ensemble des étapes d'adoption de la loi "

Néanmoins, à la lecture d'une "opportune" étude, réalisée par l' Association Française de la Gestion Financière publiée le 30/03/2010 et qui disait : " ... / ... Le PERCO constitue un outil d’épargne retraite parfaitement adapté en supplément des régimes par répartition ... / ... Aujourd’hui, toutes les grandes entreprises ou presque l’ont mis en place. L’enjeu maintenant sera de l’implanter dans les TPE et les PME et d’inciter les salariés à y faire des versements pour que le taux d’adhésion augmente ... / ... " mon petit doigt me dit ... que oui !

Crédit dessin
PESSIN

27 septembre 2010

Jean-François Copé "expert" en "travailler plus et mieux" veut la mort des 35H00 !

Selon Jean-François Copé : " Il faut remettre sur la table la question des 35H00" il précise d'ailleurs : " ça n'a pas de sens de dire travailler plus si l'on ne dit pas en même temps travailler mieux" Avis d'expert de cet : Avocat d'affaires, député maire, et Président du groupe UMP à l'Assemblée Nationale ?

N'oublions pas non plus : Membre de droit du bureau du comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques, membre de la Commission des affaires culturelles et de l'éducation (Nos députés ) à l'Assemblée.

Ce à quoi, nous ajouterons : Possible futur secrétaire général de l'Union pour un mouvement populaire. Puisqu'il le confirme : "J'ai fait, au président, une offre de service" - Le Figaro

Comme on peut le voir, Jean-François Copé est un Stakhanoviste du mandat électif doté, de surcroît, d'une " force de travail" peu commune puisqu'elle lui permet également, d'exercer ses talents d'avocat d'affaires au cabinet Gide-Loyrette-Nouel. En bref, un exemple ou comme l'écrivait avec humour le magazine Capital : " Député le jour, avocat d'affaires la nuit "

C'est certainement au nom de ce Stakhanovisme et de cette "force de travail" qu'il déclaré au Dimanche soir politique (iTélé-Le Monde-France Inter-Dailymotion).: " ... / ... qu'il voulait remettre "sur la table" la question des 35 heures. "Je pense que ce débat doit être mis sur la table"... / ... Nous y avons contribué avec la loi qui a été votée au début du quinquennat qui prévoyait de détaxer les heures supplémentaires en charges sociales" ... / .... Encore une fois, ça n'a pas de sens de dire travailler plus si l'on ne dit pas en même temps travailler mieux .. /. ... " - Le Monde

Outre que l'activité économique actuelle et les carnets de commande des entreprises ne le justifient pas, il faut quand même noter que les premières victimes de cette "initiative"qui mettrait fin au : "travailler plus pour gagner plus" du Président, seraient les salariés ! En effet, le retour à 39 ou 40 heures aurait comme principal effet de ... supprimer les heures supplémentaires !

Mais, les heures supplémentaires coûtent cher : " Quatre milliards d'euros. C'est, selon la Cour des comptes, le manque à gagner pour l'Etat - en recettes sociales et fiscales - occasionné par le dispositif d'exonération de charges et de défiscalisation des heures supplémentaires mis en place fin 2007 ... / ... " - Le Monde

Plus précisément : " les allégements de charges pour compenser les 35 heures, plus les exonérations liées aux heures supplémentaires coûtant entre 15 et 20 milliards par an" - Le Figaro

Et là, il y aurait des économies à faire pour le budget de l'état !

Ce qu'oublie Jean-François Copé dans sa démonstration, c'est que 15 à 20 milliards, c'est le montant de l'exonération de : " l' impôt sur les sociétés sur les plus values à long terme des cessions de titres de participation" dont : " 6200 entreprises ont bénéficié" instituée par un amendement de ... Jean-François Copé !

Ceci n'ayant bien entendu rien à voir avec le fait que le cabinet Gide-Loyrette-Nouel soit spécialisé dans " le droit fiscal auprès des groupes internationaux " Car comme l'écrivait Capital en Mai 2009 la fonction de Jean-François Copé chez Gide-Loyrette-Nouel est : " d'user de son influence pour faire de la médiation entre les sociétés françaises et des états étrangers" pour ... 200 000 euros d'honoraires fixes par an, tout de même !

Ce serait, en effet, faire un mauvais procès à notre "Stakhanoviste" qui nous donne son exemple/modèle : Les chinois : " ... Cette flamme que j’ai vue dans les yeux des Chinois, nous avons perdu l’habitude de la voir dans le regard des Français ... / ..." Et pour les jeunes français, il ajoute : " ... / ... l’étude que la fondation pour l’innovation politique a réalisée en 2008 sur les jeunesses du monde face à l’avenir. Il en ressortait que les Chinois de 16 à 29 ans sont beaucoup plus confiants que les jeunes Français du même âge ... / ... " - Interview à Slate

Comment en ce cas, ne pas s'incliner et accepter (ou même réclamer !) un retour à des semaines de 39, 40 et pourquoi pas 48H00 comme l'autorise un accord entre les 27 membres de l'Union européenne. Voir mieux, puisqu'il est, en effet : " possible d’avoir dans de nombreux cas une durée maximale de 60, voire de 65 heures, pour les employés acceptant à titre individuel de déroger aux 48 heures " - Contribuable.org

Et voir, enfin, briller dans les yeux des français : "Cette flamme" que Jean-François Copé nous décrit si bien ...