25 octobre 2010

Industrie automobile : L'impuissance du pouvoir à maintenir l'emploi en France !

Malgré les déclarations et les coups de menton de nos responsables politiques, l'emploi dans l'industrie en France continue à régresser. Notamment dans l'automobile qui, contrairement à ce qu'affirme le Chef de l'Etat, ignore un peu plus chaque jour le territoire national pour produire ses modèles.

Pour le Président, l'époque des visites d'usines dans lesquelles il se pâmait en répétant : " Les usines c'est mon truc " se font plus rares et surtout de plus en plus encadrées. Il faut dire que sa cote de popularité : " est tombée à 29% (-3 points)" et que " ... / ... sept Français sur dix (70%) se disent mécontents du président, selon le baromètre mensuel IFOP pour le JDD " Il est d'ailleurs à noter que : " ... / ... Parmi les salariés du secteur privé, 26% se déclarent satisfaits et 73% insatisfaits ... / ... " - AP/Yahoo

Et son son dernier déplacement à Bonneval dans l'Eure-et-Loir. où il a rencontré quelques dizaines d'ouvriers d'une usine de fabrication d'équipement professionnel de cuisines, pour leur parler, pendant près d'un quart d'heure ... de la réforme des retraites. N'apporte toujours aucune réponse à des salariés inquiets pour leur futur ou celui de leurs enfants !

C'est dans un tel contexte que, voulant probablement éviter quelques sifflets ou quolibets, il s'est rendu au dernier mondial de l'automobile ... la veille de son ouverture officielle ...

Si la petite histoire retiendra que visitant le stand Renault, il a lancé au designer : "J'aime bien vos chaussures". Ce qui lui a valu un : " Je voudrais que vous aimiez mes voitures" de la part dudit designer !

La grande retiendra que les politiques ne peuvent plus comme du temps de la "régie Renault" influer sur la stratégie d'un constructeur. Même si le Président se plait à embellir les choses ...

Le Président a profité de cette visite pour " mettre les choses au point et régler ses comptes " sur les implantations des constructeurs automobiles à l’étranger, rappelant que la part des emplois français dans l'automobile était primordiale : " ... / ... Ce n’est pas du nationalisme, pas du protectionnisme. C’est simplement que la filière auto, tous métiers confondus, c’est 10% de la population française "

Chiffre contestable puisque ... faux, comme le prouve une étude de l'OFCE

Comme l'explique Sylvain Barde, dans un court mémo du 10 février 2009: " ces fameux 10% proviennent d'un rapport du Conseil économique de 2006. Rapport qui, pour estimer le nombre d'emplois induits par l'industrie automobile en France s'appuyait lui-même largement sur les chiffres du Conseil des constructeurs français d'automobiles, le lobby qui regroupe Renault, Peugeot, leurs filiales (Citroën, Renault Trucks etc.), mais aussi Heuliez et Panhard...

En fait, sur ces 2,5 millions d'emploi évoqués régulièrement, seuls 737 000 sont directement liés à l'industrie automobile. Il s'agit des salariés des grands groupes, de leurs sous-traitants et équipementiers, des fabricants de remorques... Les autres (qui sont tout de même plus d'1,8 million)? Il s'agit des garagistes, des autos écoles, des assureurs, des employés des casses. Mais aussi des taxis, ou des salariés des constructeurs de routes. Et mieux, des pompistes, des pervenches qui mettent les PV, et même de la presse automobile ... / .. " - Source Mediapart - lire l'intégralité du mémo

Alors, justement, qu'à dit le Président de la République au Mondial de l'automobile ?

" ... / ... Jamais je n’accepterai la désindustrialisation de la France. Que chacun le note bien. Il n’y aura de ma part aucune faiblesse en la matière. Gagnez des parts de marché, devenez des intervenants mondiaux, mais la France veut garder une partie de sa production industrielle, notamment dans l’automobile, en France. Nous ne céderons jamais. Tout ce qu’on fait, ce n’est pas simplement pour que vous créiez des usines à l’autre bout du monde. Créer des usines pour gagner des parts de marché, formidable. Mais fabriquer à l’étranger pour vendre en France, non. C’est la limite absolue " - L'automobile magazine

Limite absolue ?

C'est certainement pour cela que la Gendarmerie Nationale qui avait décidé de remplacer ses véhicules d'intervention rapide Subaru Impreza WRX, a décidé de retenir la Renault Megane RS - Automoto

Le message du Président aurait donc été retenu par l'administration, puisqu'une voiture française, permettra de lutter contre l'insécurité routière (deuxième cheval de bataille du Président) !

Sauf que : La Mégane R.S. est assemblée à ... Palencia en Espagne ! nous apprend le magazine Autoplus 1154 du 19/10/10 et ce n'est pas, semble t-il que provisoire, puisque : " Tous les opérateurs de l’usine de Palencia en Espagne ont bénéficié de formations spécifiques, parmi elles : le montage des accessoires extérieurs, l’assemblage des trains avant à pivot indépendant, le montage des sièges Recaro " - Edubourse

Que représentent, diront certains, quelques voitures (mais au combien symboliques) à côté du formidable projet de voitures électriques qui doivent être construites en commun avec Daimler (Mercedes-Benz ) ?

Projet qui avait donné lieu en octobre 2009, à une visite officielle de Nicolas Sarkozy à l’usine de Hambach qui fabrique les SMART. Visite au cours de laquelle le Président de la République et Dieter Zetsche, président du conseil d’administration de Daimler AG et directeur de Mercedes-Benz Cars avaient officialisé le projet

On notera quand même que la lecture de l'automobile magazine de novembre 2010 n'est pas des plus rassurantes. En effet, au détour d'une brève : " Renault-Nissan et Daimler -Benz la prise de bec" on apprend qu'on est loin des nombreuses créations d'emplois promises : " ... / ... nous pensions être prêts pour un accord de standardisation des prises en bornes de recharge. Nous venons de nous rendre compte que ce n'est pas le cas. dit en termes diplomatiques mais clair Dieter Zetsche" Conclusion : " le débat à rallonge risque de mettre en péril le planning de lancement extrêmement serré .... / ... "

Ennuyeux ! Mais non, un petit coup de fil à la "chère Angela" et à Carlos Carlos Ghosn, devrait régler le problème rapidement ... enfin, peut être ... Au fait, quelqu'un a t-il des nouvelles des mesures "fortes" que Christian Estrosi devait prendre à l'encontre de l'entreprise Molex ?

Crédit photo
Startin'sport
20Minutes

22 octobre 2010

L'UMP champion de France des départements ... les plus endéttes ?

Lors des dernières élections régionales, l'UMP qui espérait reprendre quelques régions à la gauche lançait son "livre noir des régions" . Cette attaque frontale a eu, on le sait, peu d'effet sur le résultat. A quelques mois des cantonales, il était intéressant de savoir si l'UMP, qui ressortira l'argument fiscal, était meilleure gestionnaire que la gauche lorsqu'elle dirige un département ...

La droite a toujours adoré mettre en avant la "mauvaise gestion" des finances locales de la gauche en période électorale. D'ailleurs, elle est tellement exemplaire dans ce genre de classement qu'elle récoltait en novembre 2009 : les 3 premières places des villes les plus endéttées de France : 1er Levallois Perret - 2eme Cannes - 3eme Fréjus ...

Or, les cantonales qui seront les dernières élections avant la présidentielle et les législatives de 2012 devaient nous permettre d'assiter au retour du "marronier" fiscal cher à l'UMP. Néanmoins, compte tenu du climat social et de la popularité decroissante l'exécutif et de sa majorité, il est peu probable, comme au régionales, que celui-ci ait la moindre influence sur l'électorat.

D'autant qu'il sera difficile d'expliquer aux électeurs que le gouvernement privilégie les départements puisque, budget de crise oblige, celui-ci cherche plutôt à limiter ou diminuer leurs ressources.

Il leur sera également difficile d'expliquer qu'il soutiennent ce même gouvernement alors qu'ils viennent de se joindre aux élus de gauche, pour le mettre en demeure de trouver une solution, face à la situation financière des départements - Le Télégrame

En effet, les Présidents de conseils généraux étaient en Congrès. " A l'issue de deux jours de travaux dans la salle du conclave du Palais des Papes à Avignon, ils ont adopté, à l'unanimité, une motion réclamant au gouvernement des "ressources durables et pérennes" ... / ... "

Ce qui a donné lieu à cette résolution finale : " les présidentes et présidents de Conseils généraux ont adopté à l’unanimité une résolution finale qui met en exergue la situation financière très grave des départements" - Lire le communiqué de presse

A noter, cette phrase dans le texte intégral de la : Résolution des Présidentes et Présidents de Conseils généraux : " Si cette analyse est partagée par l’ensemble des 102 présidentes et présidents de Conseils généraux, quelle que soit leur sensibilité, leurs inquiétudes sont grandes quant à la dégradation des finances départementales liée au dynamisme des allocations universelles de solidarité versées pour le compte de l’Etat, à la perte d’autonomie fiscale et au gel des dotations de l’Etat à l’égard des collectivités territoriales ... / ... " - Departement.org

Or, pas un mot de la part des dirigeants de l'UMP qui préfèrent se consacrer à la défense de la "formidable" réforme des retraites ...

Il faut dire que, si l'on en croit l'étude réalisée par le JDN (publiée le 20/10/2010) sur : les départements les plus endettés en combinant le montant total de leurs emprunts et le poids de la dette sur chaque habitant ", les départements gérés par la gauche ne sont pas les seuls à se distinguer en ce qui concerne le plus fort endettement !

Alors, dispendieux à gauche et exemplaires à droite ? Quel est donc le département le plus endetté de France selon l'étude du JDN ?

Roulement de tambour ... Et bien, the winner is : Les Alpes Maritimes !

Et oui, le département (que certains surnomment UMPland) encore géré, il y a peu par Christian Estrosi, notre ministre de l'industrie puis par Eric Ciotti remporte la palme d'or : " ... / ... Avec 942 millions d'euros d'emprunts, le département est particulièrement endetté. Ce montant représente 68,4% de son budget global en 2010. Et la situation aurait plutôt tendance à s'aggraver puisqu'entre 2009 et 2010, la dette s'est encore accrue de 26% ... / ... "

Suite du classement

2e : la Seine-Maritime - PS

" La Seine-Maritime dispose d'un des plus gros budgets départemental de France : 1,51 milliard d'euros. Elle traîne également la deuxième plus grosse dette départementale de l'HExagone : 987 millions d'euros ... / ... "

3e : le Val d'Oise - PS

" Sixième département le plus endetté de France en valeur, 12e département par sa dette par habitant... le Val d'Oise traine sa dette (812,3 millions d'euros) comme un boulet. Et la situation ne s'arrange pas. La dette a encore augmenté de 15,4% entre 2009 et 2010 ... / ... "

4e : le Var - UMP

Autre fief de l'UMP de longue date : " Avec 705 millions de dettes cumulées en 2010, le Var occupe la huitième place des départements à la plus importante dette en valeur. Un montant vertigineux qui peut donner quelques motifs d'inquiétudes. En effet, non seulement cette dette a augmenté de 14,8% entre 2009 et 2010, mais qui plus est, elle représente désormais 64,8% du budget annuel de la collectivité ... / ... "

5e ex-æquo : la Seine-et-Marne - PS

Détenue, il y a encore peu de temps par l'UMP (jusqu'en 2004) : " Les finances de la Seine-et-Marne ont de quoi donner quelques motifs d'inquiétudes. Ses dettes cumulées (856 millions d'euros) représentent désormais 71,1% de son budget annuel ... / ... "

5e ex-æquo : la Dordogne - PS

" La situation financière de la Dordogne apparaît aujourd'hui délicate. En effet, le montant total des dettes de cette collectivité en 2010 représente l'équivalent de 80% de son budget annuel ... / ... " Le classement intégral des 30 départements les plus endettés

A la lecture de ces chiffres et compte tenu de l'unanimité, il ne fait nul doute qu'à l'approche des cantonales, Eric CIotti, Christian Estrosi et Xavier Bertrand n'hésiteront pas à mettre en demeure le gouvernement de trouver des solutions pour des "ressources durables et pérennes" et nous éviteront le couplet sur ... la mauvaise gestion des finances locales par la gauche !

Crédit et copyright photo
Le JDD
Photosearch

21 octobre 2010

Les centres d'appels : Un fort potentiel ... de stress, de précarité et de bas salaires ?

Laurent Wauquiez cherche des emplois. Après avoir célébré les entreprises de vente directe, il va aujourd'hui ouvrir les " Assises de la Relation Client", histoire de mettre en valeur, le "formidable potentiel" emploi des centres d'appels. Le tout est de savoir de quelle qualité sont ces emplois ...

L'emploi industriel continuant à régresser (n'en déplaise à Christian Estrosi) le gouvernement qui se doit de montrer qu'il est actif dans le domaine de l'emploi, continue à explorer tous les pistes qui lui permettraient d'améliorer un bilan qu'on peut qualifier de désastreux !

Nous vous expliquions sur Slovar les Nouvelles le 5 octobre dernier, comment Laurent Wauquiez s'était engagé à "fournir" des chômeurs issus de Pôle Emploi aux sociétés de vente à domicile. Cette opération étant destinée à "caser" quelques seniors : " ... / ... Les seniors figurent parmi les "publics cibles" de plusieurs accords signés par l'organisme, comme récemment avec le secteur de la vente directe "

Alors, pourquoi pas, essayer de réussir un nouveau "coup" en signant un accord plus large avec les centres de "relation clientèle" ?

Et surtout faire oublier l'énorme "bourde" du ministre qui a faillit déclencher un incident diplomatique avec le Maroc et la Tunisie, en proposant de donner des avantages aux centres d'appels s'ils relocalisaient l'emploi en France !

Que dit le communiqué du ministre sur les "assises de la relation client" ?

" ... / ... Caractérisé par son fort potentiel de croissance, mais aussi par une image nuancée malgré les avancées de la profession pour l’améliorer, la Relation Client s’impose comme un secteur d’avenir... / ... "

Relation client ?

Sémantique aidant, de même qu'on dit "vente directe" en lieu et place de "vente à domicile", on dit "relation clientèle" en lieu et place de "centre d'appel téléphonique"

Snobisme ou besoin de changer d'image de marque ?

La "relation clientèle" est définie par les termes : centres d’appels téléphoniques, centres de relations clients, centres de relations client à distance, plateaux d’accueil clientèle, centres de téléservices, centres de télémarketing " qui " gèrent des appels téléphoniques " entrants" et / ou " sortants " comme nous l'explique l'INRS dans un important dossier qu'il a consacré au travail dans les centres d'appels

Et qui sont les salariés de ces centres de "relation clientèle" ? Envoyé Spécial leur avait consacré un reportage.


Call centers : les nouveaux prolétaires (envoyé spécial)
envoyé par sudteleperformance


Profitant de ses assises, l'Express a interviewé, Olivier Duha, co-président de Webhelp, n° 2 français du secteur dont, l'entreprise a été citée récemment, pour l'ouverture d'un : " ... / ... centre d’appels de 3 500 m² à Compiègne dans l’Oise ... / ... " Qui " ... / ... ouvrira ses portes fin 2011 et accueillera 200 collaborateurs et près de 500 d’ici trois ans ... / ... " - Usine Nouvelle

Et que dit-il ?

L'Express : Les délocalisations de centres d'appels sont-elles inévitables?

Elles sont souhaitables ! Car elles répondent à un besoin impossible à satisfaire en France : le coût de production d'une heure de centre d'appels dans l'Hexagone est le plus élevé au monde ... / ... De plus, certaines activités ne peuvent pas être rentabilisées en France, comme le télémarketing par exemple. Ou encore, les clients exigent une flexibilité telle que le droit du travail ne nous permet pas de l'offrir en France ... / ...."

L'Express : Créer de l'emploi en France dans ce secteur serait donc impossible?

" ... / ... Aujourd'hui 80% de l'activité des centres d'appels français est réalisée en France, 20% à l'étranger ... / ... Si demain, nous ne pouvons plus nous installer au Maroc ou en Tunisie, ces emplois ne reviendront pas en France. En réalité, l'offshore subventionne aujourd'hui des emplois qui, dans l'Hexagone, sont structurellement déficitaires ... / ... On avait le choix, d'un point de vue macro-économique, entre augmenter les salaires ou baisser les prix. On a privilégié la deuxième option ... / ..."

En clair : Quelques aides financières seraient les bienvenues ! Pourtant à y regarder plus près, Webhelp n'a pas l'air d'avoir trop de difficultés pour obtenir de "solides subventions" pour créer ou développer son activité en France

L'Express : Quel est le niveau de votre activité en France chez Webhelp?

.... / ... nous faisons le pari d'ouvrir des sites sur le territoire français, généralement dans des bassins d'emploi de taille suffisante, où le taux de chômage est élevé et le secteur tertiaire peu développé, afin d'être sûr de trouver une main-d'oeuvre disponible. A nous ensuite de la former ... / ... "

D'accord, mais si nous donnions la parole à ces salariés issus : " généralement dans des bassins d'emploi de taille suffisante, où le taux de chômage est élevé et le secteur tertiaire peu développé" et qui travaillent chez Webhelp ?

C'est sur le site de la CGT de Webhelp (relayé par Miroir social) que nous avons trouvé quelques réponses. Exemple : le site Webhelp de Caen

" Le bilan social 2009 du centre d'appel Webhelp de Caen indique que 45 % des CDI recrutés en 2007 ne sont plus en poste, soit près de 100 départs par an pour 500 CDI ... / ... si les CDI représentent 74 % des effectifs (531 salariés), le taux a baissé de 5 % depuis 2007 et 30 % des salariés en production se trouvent être aujourd'hui des intérimaires ... / ... "

Ce bilan qui a d'ailleurs déclenché une grève, le vendredi 26 mars 2010

" Depuis mardi matin, les salariés de Webhelp Caen sont en grève dans le cadre de la Négociation Annuelle Obligatoire (NAO) ... / ... sur le site de Fresnel, il y avait environ 70% de grévistes sur les plateaux Orange et Pôle Emploi (eh oui, ce sont eux qui font ça !) ... / ... "

On pourrait aussi évoquer ce témoignage d'une téléconseillère du centre d'appel GDF au journal Le Parisien et reprise par le site Couleurgeek le 28 août 2010

" ... / ... Fanny qui a travaillé pour Armatis dans un centre d’appel de Caen, sous traitant pour GDF Suez ... / ... Elle explique : “Quelle que soit la raison de l’appel, chaque téléconseiller possède une liste de produits commerciaux qu’il doit coûte que coûte proposer à son interlocuteur au cours de la conversation ... / ... Chaque jour, je devais gérer environ une centaine d’appels. Il fallait enchaîner à toute vitesse. Le TMP c’est-à-dire le temps moyen par appel ne devait pas dépasser les huit minutes, quel que soit le problème !”(…)”Nous étions pour la plupart payés au smic, c’est-à-dire autour de 1 000 € net. Pour nous, vendre ces produits nous permettait de toucher des primes pouvant aller jusqu’à 200 € supplémentaires par mois ... / ... Les appels étaient enregistrés et, régulièrement, on nous débriefait en les écoutant et en nous donnant des notes ... / ... "

Mais arrêtons de focaliser sur la France pour nous intéresser au Maroc et parlons de la : " flexibilité telle que le droit du travail ne permet pas en France"

Nous avons trouvé un texte publié par La CDT : Confédération Démocratique du Travail, centrale syndicale marocaine qui décrit : " Les conditions de travail dans les centres d’appels au Maroc"

" ... / ... Comment avez-vous débuté dans le secteur des centres d’appel ? J’ai commencé à travailler à 15 ans, j’ai étudié en parallèle ... / ... IL y a 300 centres d’appel à Casa, ça pousse comme des champignons ... / ... Beaucoup profitent des 5 premières années d’exonération fiscale à 100% et des 5 années suivantes à 50% ... / ... Les premiers centres d’appel qui sont venus s’installer pensaient à un salaire minimum d’environ 7000 Dirhams (700 €). Mais le patronat marocain a fait campagne pour le diminuer de 3.500 à maximum 6.000 DH ... / ... Pour correspondre à la pause déjeuner en France , on doit prendre nos repas à 10h, heure marocaine ... / ... Côté sécurité, s’il y avait le feu, on serait cuit ! La cour a été transformée en cafétéria, les escaliers de secours sont trop étroits pour le nombre d’employés et le patron a mis des grilles à plusieurs endroits qui bloqueraient notre sortie ... / ... " - Intégralité du témoignage sur La Voix des travailleurs

Nous vous conseillons aussi la lecture de ce témoignage d'un salarié marocain "black listé" après avoir porté plainte contre son licenciement abusif.

En bref, comme le dit si bien Laurent Wauquiez, une profession : " ... / ... Caractérisée par son fort potentiel de croissance, mais aussi par une image nuancée malgré les avancées de la profession pour l’améliorer, la Relation Client s’impose comme un secteur d’avenir... / ... " Mais que ne ferait-on pas pour améliorer les chiffres de l'emploi avant l'échéance de 2012 ...

20 octobre 2010

Parlementaires, et si commenciez par "sauver" vos propres régimes de retraites ?

A l'UMP, ont affirmait que les retraites étaient "maintenant sauvées", après le vote au Sénat du report de 60 à 62 ans de l'âge du départ à la retraite. Cette affirmation n'est toujours pas une réalité pour les régimes des députés et sénateurs qui sont évasifs sur la possibilité d'un alignement sur celui des autres français !

Et même si, comme l'écrit l'AFP : " La réforme du régime de retraite des députés sera débattue le mercredi 27 octobre par le bureau (organe dirigeant) de l'Assemblée nationale, a déclaré mardi à la presse le président de l'Assemblée, Bernard Accoyer ... / ... Et que : " La réforme devrait marquer la fin du régime spécifique de retraite des députés, souvent décrié car très avantageux, comme celui des sénateurs ... / ... "

Celà n'explique pas comment les députés vont combler le déficit actuel de leur régime qui est de : 52 millions d'euros par an ! comme l'expliquait "Sauvegarde Retraites", qui ajoutait au passage que : " si on étendait à tous les régimes de retraite la gestion du régime des députés, nous aurions besoin de 1 000 milliards d'€ ... / ... "

Ce qui est confirmé par La Tribune : " La caisse de retraite des députés, verse chaque année près de 66 millions d'euros de pensions aux anciens élus du Palais-Bourbon, l'équivalent de 13 % du budget global de l'Assemblée. Mais les cotisations ne représentent que 23 millions, dont les deux tiers sont acquittés par l'Assemblée elle-même en tant qu'employeur. Pour équilibrer le régime, l'Assemblée verse donc en plus une subvention de 42 millions. Le budget de l'Assemblée étant financé par celui de l'État, c'est donc le contribuable qui finance au bout du compte l'essentiel de la retraite des députés ... / ... "

Quant aux sénateurs : " La semaine dernière, le Sénat a adopté le principe d’une réforme de son régime de retraite , sans toutefois se prononcer sur la suppression de la cotisation double. Cette mesure a fait "l’objet d’une expertise et devrait pouvoir être proposée", indiquait le communiqué, sans plus de précisions ... / ... " - Capital

Néanmoins, le Sénat affirme "autofinancer" son régime de retraite au travers de sa "cagnotte" , dont Marianne2 nous parlait, en Juin 2010. Celle-ci, sert en partie à payer les retraites des sénateurs et " s'élève à 581 millions ". Si l'on en croît Gérard Larcher, c'est une somme "épargnée et placée"

La Tribune est moins catégorique et explique : " ... / ... Pour verser annuellement 26 millions d'euros de pensions, la caisse ne peut pourtant compter que sur 3,5 millions de cotisations des sénateurs en activité, et 6,5 millions de cotisations patronales versées par le Sénat. D'où sortent alors les 15 millions d'euros restants ? De produits financiers provenant du portefeuille de la caisse, même si ce portefeuille s'est déprécié de 100.000 euros en 2009 en raison de la crise ... / ... Or, les sénateurs oublient un peu vite que les cotisations patronales acquittées par le Sénat sont en fait financées par les contribuables..."

Alors, devant tant de sollicitude pour péréniser nos régimes de retraites, les parlementaires vont-ils être magnanimes et réellement aligner le leur sur celui du régime général ?

Le Point est assez dubitatif : " ... / ... La réforme doit s'attaquer aux dispositions avantageuses et controversées de leur régime, le système de la double cotisation et la pension de réversion ... / ... Le 9 septembre, ils (députés) rejetaient un amendement du projet de réforme des retraites, portant sur leur propre système. Mais le plus surprenant reste la totale liberté des parlementaires face à leur système de retraite. Seuls maîtres à bord, ils décident, modifient et approuvent leur propre régime. Autrement dit, dans cette guerre, l'Assemblée nationale est son propre censeur ... / ... "

Donc, mesdames et messieurs les parlementaires de l'UMP, les français serons particulièrement attentifs à ce que vous vous appliquiez, sine die, ce que votre parti a écrit, le 17 octobre 2010 : " ... / ... Cette réforme est indispensable pour sauver notre système de retraite par répartition dont la crise, tout autant que l’évolution démographique, a considérablement augmenté les déficits ... / ... " Et que vous ne retarderez pas la mise en place dans vos assemblées de ce qu'Eric Woerth a appelé : " une réforme des retraites "responsable, raisonnable et juste " ...

Crédit photo
Le Point

19 octobre 2010

Réforme des retraites : Les 50-60 ans victimes mais aussi ... arbitres des élections de 2012 ?

Le 8 octobre, le Sénat confirmait le vote des députés en approuvant le report de l'âge légal de la retraite de 60 à 62 ans. Ces deux "petites" années vont peser très lourd pour les 50-60 ans dont le maintien dans l'emploi est hypothétique. Et pourraient coûter très cher à l'UMP en 2012 !


Le 29 novembre 2007, le Conseil d'orientation des retraites organisait un colloque : Augmenter le taux d'emploi des seniors. Les enseignements des expériences étrangères. Son compte rendu (payant) est disponible à la Documentation Française.

Extraits

" Avec un taux d'emploi de 37,8% pour les 55-64 ans en 2005, la France se situe très en dessous de la moyenne européenne - 42,5% - et loin des 50 % en 2010 fixés au niveau communautaire ... / ... "

Et même si Laurent Wauquiez se félicitait d'une "belle "réussite" : " ... / ... en période de crise, nous avons réussi à faire progresser le taux d'emploi des seniors en France, de 38% à 39%" -La Dépêche

Une étude de la DARES, reprise par Netpme ne faisait pas mystère d'une nette dégradation !

" ... / ... L’étude de la Dares révèle que le taux de chômage des seniors a augmenté plus fortement en 2009 qu'au cours des crises économiques précédentes ... / ... Du 4e trimestre 2008 au 4e trimestre 2009, le taux de chômage des 50-64 ans s'est, en effet, accru rapidement : + 1,7 point en un an, contre +1,8 point pour l'ensemble des actifs ... / ... Les trois quarts des 50-64 ans au chômage en 2008 déclarent toujours y être un an après "

En clair : Prolonger la durée d'activité de cette catégorie d'âge est une catastrophe annoncée !

Qu'en disent les premières concernés, c'est à dire : Les organisations d'employeurs qui ont défendu la "réforme" (Le MEDEF préconisant même le retour aux 65 ans)

Laurence Parisot, avec son cynisme habituel affirmait : " qu'au fur et à mesure qu'on déplace l'âge légal de départ à la retraite, on augmente corrélativement le taux d'activité des seniors ... / .... Et précisait que : " le taux d'activité des quinquagénaires était supérieur en France à la moyenne européenne, mais qu'à partir de 60 ans, le taux d'activité chutait par rapport à la moyenne européenne, à cause de l'âge légal de départ à la retraite à 60 ans" - Le Figaro

Quant à la CGPME, elle disait tout le mal qu'elle pensait de la mesure consistant à : " faire payer aux entreprises récalcitrantes, à un plan d’action en faveur des seniors, une pénalité égale à 1 % de la masse salariale" sans pour cela envisager de prendre en compte le problème !

" ... / .. Face à un véritable problème de société nécessitant une évolution des emplois, des employeurs et des Pouvoirs Publics, le Gouvernement, à défaut d’autres idées, en est réduit à sanctionner. La mise en oeuvre d’une politique de quotas, qui ne dit pas son nom, est une erreur. Le pas est franchi. Veut-on demain interdire aux chefs d’entreprise de décider librement qui ils embauchent ? "

En clair, si gouvernement et organisations patronales se rejoignaient pour faire travailler les salariés plus longtemps, aucun d'eux n'acceptait de porter la responsabilité d'un si bas taux d'emploi, préférant refiler "la patate chaude" à l'UNEDIC !

On aurait tord au gouvernement et dans sa majorité de considérer que les salariés de cette tranche d'âge, sont conquis par la pédagogie sur la réforme des retraites. Et surtout que leur "grand âge" leur fera rapidement oublier le nouvel obstacle qui se dresse devant eux !

Car, comme le fait judicieusement remarquer Le Point, en faisant référence au lancement d'un "observatoire politique et social des 50-65 ans" réalisée par IFOP pour le site planet.fr : " Voici une étude à laquelle les candidats à la prochaine présidentielle prêteront sans doute une oreille attentive ... / ... " :

Extraits

Dans le cadre de son observatoire des 50-65 ans mené en partenariat avec Planet.fr, l’Ifop a cherché à appréhender les perceptions des seniors sur l’emploi.

" ... / ... Le sentiment d’une discrimination des seniors dans le monde du travail est presque unanimement ancrée chez les Français âgés de 50 à 65 ans. Presque tous (99%) jugent les seniors discriminés à l’embauche (dont 76% « beaucoup »). Venant confirmer ce sentiment, 97% des Français âgés de 50 à 65 ans considèrent que les seniors ont plus de mal à trouver un emploi que le reste de la population (dont 80% « tout à fait d’accord »). Plus globalement, 93% des seniors estiment que leur classe d’âge est discriminée au sein des entreprises (dont 41% « beaucoup ») ... / ... "

- Face à ce constat, les seniors estiment très majoritairement que le problème doit être pris à bras-le-corps par les politiques. 89% des Français âgés de 50-65 ans jugent que l’emploi de leur classe d’âge constitue un vrai problème de société aujourd’hui en France. Plus spécifiquement, 83% considèrent que la réforme des retraites doit inclure des mesures permettant de favoriser l’emploi des seniors, la majorité des répondants (54%) étant même « tout à fait d’accord » avec cette idée ... / ...

- D’ailleurs, les seniors se montrent assez critiques sur la manière dont la problématique de l’emploi des plus âgés est prise en compte dans la politique actuelle : 71% d’entre eux estiment que l’emploi des seniors n’y a pas assez d’importance ... / ... les chômeurs se démarquent sur cette question, 83% estimant que la question de l’emploi des seniors n’est pas assez prise en compte dans la politique actuelle ... / ... "

Pour Patrice Angot, directeur associé chez Planet.fr, une chose est sûre : "Ce n'est pas parce qu'ils ont voté Nicolas Sarkozy en 2007, par exemple, qu'ils voteront pour lui à nouveau" d'autant plus qu'ils ont ressenti de plein fouet les effets de la crise ... / ... " - Le Point

D'autant que les déclarations de Laurent Wauquiez à L'Expansion, en juillet dernier sonnaient pour les 50-60, comme une formidable provocation !

" ... / ... C'est parce que nous avons pleinement pris la mesure de l'importance de l'emploi des seniors et parce que nous avons mis en place les dispositifs appropriés et incitatifs (taxation des préretraites, libéralisation du cumul emploi-retraite...) qu'enfin les choses bougent ! Augmenter l'âge de départ à la retraite, c'est avant tout créer les conditions du maintien ou du retour à l'emploi pour les seniors ... / ... "

Devraient sans nul doute, contribuer à l'effet garanti, dans les urnes ...


Tous les chiffres et détails de l'étude

Bibliographie
Les indicateurs de la DARES

Crédit et copyright image
Tesson

18 octobre 2010

Réformes gouvernementales : Continuer à faire payer les mêmes !

La "réforme" des les retraites sera sans nul doute, votée au Sénat comme l'ont déclaré plusieurs membres du gouvernement et l'UMP, allant à l'encontre de la volonté de 71% des français ... Qui risqueraient aussi, de perdre un jour de congé pour financer la dépendance des personnes âgées !

Et ce n'est pas la réunion au siège de l'UMP où des : " dizaines de militants se sont pressés rue La Boétie, à Paris, pour écouter la bonne parole du gouvernement, afin de la propager ensuite ... / ... " (La Voix du Nord) Qui va calmer le jeu !

En effet, bien loin des phrases stéréotypées des responsables de l'UMP, ils sont de plus en plus nombreux à soutenir les manifestations et mouvements de grèves ou de blocage.

Selon un sondage CSA publié lundi dans Le Parisien/Aujourd'hui en France : " ... / ... le soutien envers le mouvement ne faiblit pas dans la population .... / ... " En effet : " ... / ... les précédents sondages CSA faisaient état de taux de 62% le 7 septembre, 68% le 23, 71% le 2 octobre et 69% le 12"

Dans le détail : " Plus de sept Français sur dix (71%) expriment leur soutien ou de la sympathie pour la journée de grèves et manifestations organisée mardi par les syndicats contre la réforme des retraites ... / ... Interrogés sur cette sixième journée d'action depuis la rentrée, 52% disent la soutenir et 19% éprouver de la sympathie à l'égard de ce mouvement ... / ... " - AFP/Google

Oui mais, il est plus aisé pour le Président et son gouvernement (du moins ce qu'il en reste) d'asséner des messages, sur l'urgence nécessaire à la pérennisation du système de retraites, que leur expliquer, que la rapidité de cette réforme n'est, en réalité, liée qu'à la note AAA de la France. Et que ceux-ci vont payer pour la baisse des cotisations dues à une politique industrielle à l'abandon et des éxonérations de charges sociales aussi massives qu'inefficaces !

On pourra aussi leur rappeler qu'il serait possible de se pencher sur le privilège accordé par le Ministre du Budget en 2007, un certain Jean-François Copé et qui exonère les sociétés : d'impôt sur les plus-values lors de la vente de leurs filiales, à condition de les avoir détenues au moins deux ans ... / ... " et qui a représenté pour l'état : " un manque à gagner de 22 milliards en trois ans" ... / ... " Le Figaro D'autant que : " Trois ans après son entrée en vigueur, plus de 6 200 sociétés ont profité de cette niche fiscale, censée lutter contre les délocalisations ... / ... " - Arrêt sur image

Mais, comme le disait Joseph Caillaux, ministre des finances de Clémenceau, en 1907 : " Faites payer les pauvres ! Bien sûr, les riches ont la capacité de supporter des impôts plus lourds, mais les pauvres sont tellement plus nombreux ..."

C'est dans cette situation "explosive" que : " Le président de l'Agence nationale des service à la personne (ANSP), le député UMP Laurent Hénart " , a proposé samedi : " dans une interview au Journal du dimanche, que les Français abandonnent un nouveau jour de congé pour financer la dépendance des personnes âgées "

Avant de prendre connaissance des ses arguments, rapellons que l'UMP propose également de : " ... / ... Faire payer aux futurs hypothétiques dépendants, environ 15 Euros par mois dès l'âge de 50 ans ... / ... Valérie Rosso-Debord, députée UMP et membre de la commission des lois de l'Assemblée et la présidente de la mission d'information sur la prise en charge des personnes âgées dépendantes : ... / ... s'appuie sur : " des estimations fournies par les sociétés d'assurance, le montant de la cotisation « dépendance » pourrait avoisiner les 15 euros par mois, pour une rente mensuelle d'environ 500 euros en cas de perte d'autonomie ... / ... " - Slovar sur Marianne2

Alors, quels sont les arguments de Laurent Hénart ?

" Les Français doivent abandonner un nouveau jour de congé et il faut mettre en place un système d'assurance, comme il existe une prévoyance retraite", explique Laurent Hénart. "Je ne pense pas qu'il faille renouveler l'opération "jour férié", trop compliquée à organiser, mais il faudra demander un jour de RTT aux Français"

Jugeant que pour l'instant, la CSG (Contribution sociale généralisée) grève plus le travail que le capital, il estime qu'il " faut donc rééquilibrer son prélèvement en augmentant la taxation du capital ... / ... " - Libération

Taxation du capital, Bonne idée diront certains ! Sauf que celle-ci pourrait être hypothétique en terme ... de taxés, puisque comme nous l'apprend Le Figaro, les plus fortunés prépareraient leurs valises !

" ... / ... Dans les grands cabinets d'avocats, on constate que : "... / ... depuis quelques semaines, les dossiers de délocalisation fiscale se multiplient ... / ... les ménages fortunés sont convaincus que le bouclier va disparaître, mais que l'ISF, lui, perdurera, même si c'est sous une autre forme et peut-être sous un autre nom. En outre, quand bien même l'ISF serait allégé, la fiscalité sur les plus-values et les revenus du patrimoine augmentera ... / ... "

Et le Figaro d'ajouter : " ... / ... Typiquement, il s'agit de personnes qui ont vendu leur entreprise et qui, de ce fait, ne bénéficient plus des exonérations d'ISF pour biens professionnels. Sans bouclier, la facture fiscale deviendrait exorbitante pour eux. La Suisse ou la Belgique n'ont pas de souci à se faire pour attirer les Français… "

Alors, pas de doute, il faudra continuer à faire payer les mêmes ! Au fait, vous faites quoi mardi ?

15 octobre 2010

Social : "1 Français sur 5 se vit dans une position de fragilité sociale "

Le mouvement des entrepreneurs sociaux vient de faire paraître les résultats de son premier "baromètre des priorités sociales des français." Il en ressort beaucoup de souffrance ! Il pourrait néanmoins, devenir un outil incontournable pour ceux qui vont briguer la présidence de la République en 2012 ?


Le MOUVES (mouvement des entrepreneurs sociaux ) selon ses propres mots : " a une double mission : créer une communauté active et ouverte d'entrepreneurs sociaux et d'acteurs partenaires ; porter leurs attentes et leurs solutions dans le débat public et les politiques publiques ... / ..." Créé en 2008, il " vise 1000 adhérents entrepreneurs sociaux fin 2012"

Qui sont ces entrepreneurs sociaux ?

Des associations, des entreprises sous forme de SCOP, des financiers solidaires, des mutualistes, ... c'est à dire les entreprises de l'économie sociale et solidaire.

Leur Président Jean-Marc Borello pose le débat clairement : " La crise amène à réinterroger les modèles économiques dominants et éclaire sous un jour nouveau les pratiques différentes de l’économie sociale et solidaire. Pourtant, la petite musique d’un retour au business as usual, certes plus vert et plus social, se fait de plus en plus forte. Pendant ce temps, les problèmes sociaux et écologiques persistent et s’aggravent ... / ... "

Bien loin des statistiques officielles, des déclarations tonitruantes des politiques, des milieux économiques ou financiers traditionnels, ces entrepreneurs d'un autre type connaissent et affrontent les difficultés d'une partie croissante de la population. Leur expertise dans ce domaine les a amené à réflechir à un instrument de mesure des priorité sociales de leurs concitoyens.

Avec l'aide de TNS Sofres, il ont réalisé le premier baromètre des priorités sociales des français. Ils en ont communiqué les résultats cette semaine. Contrairement à beaucoup d'études qui reposent de plus en plus sur le Web, celle-ci a été effectuée en : " Face-à-face au domicile des interviewés, par le réseau des enquêteurs de TNS Sofres "

Le constat est édifiant : " Le sentiment de précarité des mille Français interrogés pour cette étude s’incarne dans deux chiffres: 71% d’entre eux pensent que la situation sociale a tendance à se détériorer, et ils sont 80% à estimer qu’ils n’ont pas la capacité de faire bouger les choses"

Extraits

Un Français sur cinq en situation de fragilité sociale " ... / ... c’est environ 1 Français sur 5 qui se vit dans une position de fragilité sociale, insatisfait de sa situation sociale personnelle, au global comme dans le détail ... / ...

Des Français individuellement mobilisés mais collectivement résignés

Interrogés sur le plan individuel, 76% des Français disent avoir le contrôle de leur vie, tandis que 6 Français sur 10 estiment que leur situation personnelle reste à peu près stable (61%), et 11% qu’elle s’améliore ... / ... "


La perception de la situation sociale du pays : un contexte particulièrement anxiogène


En septembre 2010, 71% des Français estiment que la situation sociale des Français en général a plutôt tendance à se détériorer. 22% estiment qu’elle reste à peu près stable, et 4% seulement qu’elle a plutôt tendance à s’améliorer.

Fait notable, ce constat est partagé par l’ensemble des catégories de population ; la perception d’une dégradation de la situation sociale des Français est donc homogène, quels que soient les catégories socioprofessionnelles, l’âge ou le niveau de revenu ... / ... "


le MOUVES et TNS Sofres ont choisi de décrypter leurs situations sociales individuelles à travers 18 thématiques de leur vie quotidienne.

Besoins fondamentaux
: sentiment de sécurité, accès aux soins de qualité, disposer d’un logement stable et satisfaisant, capacité de faire face aux charges courantes du logement, capacité à se nourrir comme on le souhaite et accès aux moyens de communication


L'indice de fragilité
s’établit à 12,3% en moyenne (16% chez les employés, 17% chez les ouvriers, 21% dans les familles monoparentales et 24% chez les chômeurs) ... / ...


Besoins économiques
: Capacité à prendre en charge un proche en situation de dépendance, possibilité d’emprunter pour financer ses projets, avoir des ressources ou de l'épargne, capacité à se déplacer de manière satisfaisante, disposer d’un pouvoir d’achat décent


L’indice de fragilité s’établit à 34,8% en moyenne (44% chez les employés, 43% chez les ouvriers, 51% dans les familles monoparentales et 57% chez les chômeurs)

Besoins personnels
: avoir un travail qui apporte satisfaction et perspective, une vie sociale et des loisirs satisfaisants, la possibilité de s’exprimer et participer à la vie citoyenne et publique, la possibilité de se faire plaisir de temps en temps, le fait d’être respecté tel que l’on est, habiter dans un cadre de vie agréable, et la capacité à subvenir à l’éducation et à l’épanouissement de ses enfants.


L’indice de fragilité
s’établit à 14,3% en moyenne (17% chez les employés, 19% chez les ouvriers, 19% dans les familles monoparentales et 22% chez les chômeurs) ... / ... "


Au-delà de ces clivages et de l’influence que chacun peut avoir sur sa propre vie, deux sentiments rassemblent une large majorité de Français vis-à-vis de la situation de leur pays : l’impression que sa situation se dégrade, et surtout la perception d’une impuissance à faire bouger les choses. La moitié d’entre eux (49%) estiment en effet ne pas pouvoir, à leur niveau, faire bouger les choses du tout dans la société, 31% pensent pouvoir le faire très peu, 18% un peu et 1% beaucoup ... / ... "

En fin de compte, cette étude confirme le sentiment de perte de repères et d'incapacité à prendre en main leur avenir que ressentent les français depuis plusieurs années. Et ce n'est pas la "pédagogie" prônée par la majorité présidentielle sur la mondialisation, les droits sociaux, du travail ou de la politique de santé publique qui va les rassurer !

Toutefois, contrairement aux études éphémères, celle du MOUVES est un baromètre qui a vocation (nous l'espérons) a fournir des données actualisées et probablement .... à devenir, un outil incontournable, pour ceux qui vont briguer ... le poste de Président de la République en 2012 !

Les résultats complets de l'étude

Sources et crédits
MOUVES
Youphil
TNS Sofres

14 octobre 2010

Les "patrons voyous" de Molex se payent la tête d'Estrosi et de ses ex-salariés !

Molex dont le DRH déclarait : " Molex est connu dans le monde entier pour ses bonnes relations avec son personnel .. / ... Nous sommes très conscients de nos responsabilités" vient au grand dam de Christian Estrosi et des salariés licenciés, d'annoncer qu'il cessait de financer le plan social prévu !

Molex, ça vous rappelle quelque chose ? Mais oui, cet équipementier américain traité de "patron voyou" par Christian Estrosi et qui entendait fermer son usine de Villemur, pourtant rentable afin de transférer la production en Slovaquie.

Qu'arguait le groupe Molex qui avait racheté l'usine en 2004 à la SNECMA, pour justifier cette fermeture ?

Interview du DRH de Molex Europe, Stéphane Kellar, au journal La Dépêche le 24 octobre 2008

Pourquoi cette fermeture ? Nous devons garder notre compétitivité sur le marché. Le coût du site, le plus élevé d'Europe, des matières premières nous oblige à proposer (sic) la fermeture de l'usine à nos partenaires sociaux ... / ... L'usine faisait pourtant des bénéfices... Nous avons eu des chiffres en hausse, mais rien ne dit que nous n'en aurions pas eu en baisse à l'avenir ... / ... Que va devenir le personnel ? Nous allons discuter avec eux. Molex est connu dans le monde entier pour ses bonnes relations avec son personnel. Nous chercherons les meilleures solutions pour leur reclassement. Nous sommes très conscients de nos responsabilités.

Pour ceux qui l'auraient oublié Christian Estrosi expliquait sur France2 le 15/09/09 qu'il avait trouvé un repreneur partiel et se portait garant d'un plan social correct pour les salariés non concernés par la reprise !

Vidéo à 1'35 : " Pour autant, il faut un plan social qui accorde la dignité et qui indemnise des salariés qui ont subit des conséquences et des préjudices importants ... / ... "


Christian ESTROSI accord sur la reprise de Molex
envoyé par christian-estrosi


Dignité qui avait bien mal commencée !

Comme l'expliquait Le Monde du 06.09.10 " ... / ... Fin mars 2010, à peine arrivé au ministère du travail, Eric Woerth donne l'autorisation à Molex de licencier, contre l'avis de l'inspection du travail, les délégués du personnel de l'usine ... / ... " Dans le même temps : " ... / ... les dirigeants de Molex Toulouse sont condamnés pour "délit d'entrave au comité d'entreprise", et écopent de six mois avec sursis ... / ..."

Et avait soulevé la notion de conflit d'intérêt

" La CGT estime que le ministère du travail n'a pas été objectif dans l'affaire. Et cible Eric de Sérigny. A l'époque, ce cadre supérieur, membre et animateur actif du premier cercle de l'UMP, ami de Patrice de Maistre, aide Eric Woerth notamment dans ses relations avec les entreprises. Or, Eric de Sérigny travaille parallèlement comme consultant pour Athéna, une société de conseil qui aide les avocats de Molex à gérer la fermeture de l'usine ... / ... "

Or, bien que le 16/09/2009 Les salariés de l'usine Molex acceptaient le plan social qui devrait se traduire par 283 licenciements. Ce qui donnait lieu à un communiqué de Christian Estrosi : " qualifiant le dénouement de «positif», et ce «grâce à un plan de sauvegarde de l'emploi de grande qualité ... / ... " - Le Figaro

Or on vient d'apprendre par un communiqué du groupe Molex l'information suivante

" Le groupe Molex a jusqu’à présent accepté d’apporter à la société Molex Automotive SARL les fonds nécessaires afin que cette dernière puisse exécuter ses obligations au titre du Plan de sauvegarde de l’emploi et ce, alors même qu’il n’y était pas tenus ... / ... Le groupe Molex rappelle que le coût par employé du plan de sauvegarde de l’emploi est en moyenne de 100.000 euros par salarié. Or, l’action de 188 anciens salariés de la société Molex Automotive SARL devant le Conseil de prud’hommes de Toulouse visant notamment à obtenir une indemnité exorbitante équivalent à cinq ans de salaire, en plus des sommes octroyées au titre du plan social, démontre que l’attitude conciliante de Molex n’est suivie d’aucun effet. Cette situation consternante a donc conduit la société Molex Automotive SARL à déposer son bilan auprès du tribunal de commerce" - Une communication du Groupe Molex

Cette réaction du groupe Molex tendrait-elle à prouver qu'il n'était pas vraiment "blanc bleu" dans cette affaire et qu'il craignait, par là même, une nouvelle condamnation par le Conseil de prud’hommes de Toulouse ?

En clair : Que signifie le dépôt de bilan pour les salariés licenciés ?

Selon l'actuel "liquidateur amiable" BTGS : " ... / ... la procédure va mener à la liquidation judiciaire et le futur mandataire liquidateur pourra solliciter l'intervention de l'association de garantie pour les salaires (AGS) chargée de se substituer aux entreprises défaillantes ... / .. " - AFP/Google

Et même si Christian Estrosi a immédiatement réagit en déclarant dans un communiqué : " Je ne laisserai pas Molex fuir ses responsabilités et trahir un seul de ses engagements" et exige : " ... / ... du groupe Molex qu'il prenne toutes ses responsabilités en assumant sans délais chacun des engagements pris devant lui ... / ... " tout en expliquant qu'il : " ... / ... entend user de tous les moyens de droit possibles afin que Molex garantisse le paiement des sommes dues aux salariés ... / .. "

Il est assez clair que le Groupe Molex se moque totalement des foudres promises par le Ministre et que c'est l'AGS qui va payer l'addition en son lieu et place !

Christian Estrosi osera t-il ressortir : " ... / ... la menace de demander officiellement aux constructeurs automobiles français de suspendre immédiatement toute commande de matériel incluant des produits fabriqués par Molex " alors que PSA et Renault se disaient peu concernés par cette éventualité ?

En attendant, il est à craindre que cette attitude de Molex ne donne "des idées" à d'autres entreprises peu scrupuleuses, sans que le gouvernement français ne puisse s'y opposer !

Car, à y regarder de plus près, le départ annoncé de Ryanair de Marseille pour avoir été condamné "travail dissimulé" est un autre signe attestant que certaines entreprises entendent bien ne plus se conformer au droit social français et ne font pas grand cas des propos des politiques !

D'autant que les propos de Christine Lagarde sur Europe1 : " ... / ... on a tout intérêt à regarder ce qu’on peut changer" pour éviter que d’autres entreprises étrangères ne quittent à leur tour le territoire français ... / ... " pourraient bien leur donner raison !

Crédit photo
France24

13 octobre 2010

Non, Monsieur le Président, la suppression de l'ISF n'est pas une priorité !

En pleine agitation sociale sur les retraites, le Président a décidé de lancer l'idée d'une grande réforme de la fiscalité. Ainsi François Baroin vient de déclarer que le bouclier fiscal était devenu " un symbole d'injustice" ajoutant que : "s'il n'y a plus de bouclier, il faut avoir le courage d'affronter le dossier, lui aussi symbolique, de l'ISF". Est ce vraiment une priorité ?

Le bouclier "boulet" fiscal, c'est une certitude, est devenu un profond handicap pour la majorité présidentielle. Ce boulet pourrait d'ailleurs coûter très cher lors des prochaines cantonales de 2011 comme l'explique Jérôme Sainte-Marie, directeur général adjoint de l'institut CSA, à Public Sénat, qui prédit : " une facture politique lourde pour l’UMP lors des cantonales "

" ... / ... Il y aura un mécontentement contre le gouvernement, un gros passif, une grosse rancœur qui s’exprimera dès mars 2011. Il y aura une facture politique lourde pour l’UMP lors des cantonales ... / ... La négociation sociale avait été un point fort de Nicolas Sarkozy, notamment avec Bernard Thibault. Il avait surpris en bien l’opinion. Désormais, il n’arrive pas à sauver la face avec syndicats. On est dans un climat de pré-crise sociale. On rentre dans l’évènement et donc l’imprévisible ... / ... "

Dès lors, il est indispensable pour Nicolas Sarkozy dont la côte de popularité est de plus en plus basse nous dit IPSOS, puisqu'il n'obtient que : "... / ... 31% d’avis favorables (-3 points par rapport au mois dernier), contre 65% de mauvaises opinions (+3 points) ... / ... " De trouver les arguments et les idées pour remonter la pente !

Car, s'il n'envisage pas de convaincre les électeurs de gauche, il se doit de reconquérir une partie de son propre électorat et de continuer à courtiser ceux de la droite radicale. Et là aussi, il y a du boulot !

En effet, comme l'écrit IPSOS : " ... / ... Les jugements n’ont d’ailleurs jamais été aussi bas dans son propre camp : 71% d’avis favorables chez les sympathisants UMP, en baisse de 5 points par rapport au mois dernier et de 15 points depuis juillet. Les bonnes opinions chutent également chez les retraités (-8 points à 38%), et chez les proches du Front National (-22 points, 30%). Nicolas Sarkozy a perdu aujourd’hui auprès de l’électorat frontiste tous les gains réalisés depuis le discours de Grenoble ... / ... "

Alors, comment faire, lorsque comme l'écrit L'Express, on a échoué dans toutes les mesures emblématiques promises en 2007 ?

" ... / ... Nicolas Sarkozy avait martelé le 'travailler plus pour gagner plus' lors de sa campagne électorale en 2007, et ce slogan s'était incarné dans la défiscalisation des heures supplémentaires ... / ... le volume d'heures sup' a baissé de 7% en 2009, représentant 676 millions d'heures alors que le gouvernement en espérait au moins 750 millions ... /... la publicité n'a pas encore trouvé sa juste place à France Télévisions ... / ... la police de proximité, supprimée ... / ... " laisse place aux : " Unités territoriales de quartier " qui "font leur retour depuis 2008 - et ont été renforcées cet été ... / ..."

Et bien en établissant une nouvelle priorité : une loi pour réformer la fiscalité en juin 2011!

Or comme l'écrit l'AFP : " ... / ... La réforme fiscale est une question à trois milliards d'euros, à savoir la différence entre le produit de l'ISF (environ 3,5 milliards) et le coût du bouclier fiscal (quelque 600 millions d'euros) plafonnant l'impôt à 50% des revenus déclarés ... / ... " comme nous l'indiquions dans Slovar les Nouvelles du 8 octobre dernier : " Poker fiscal : Comment gagner 678 millions pour mieux perdre 4 milliards ?"

D'autant que les solutions pour rendre indolore la suppression de l'ISF sont aussi diverses que ... peu convaincantes !

" ... / ... Les trois milliards seraient trouvés sur les catégories les plus favorisées", envisage M. Méhaignerie, citant "un impôt sur les revenus du patrimoine et un impôt sur les plus-values immobilières et mobilières. A 18 mois de la présidentielle, M. Méhaignerie exclut de remplacer l'ISF par un impôt sur le revenu, qui pénaliserait les classes moyennes, ou une hausse de la TVA, qui pèserait sur la croissance et la consommation. Il écarte du même coup l'idée d'une "TVA anti-délocalisation" de Jean-François Copé ... / ... " D'autres comme François Fillon émettent l'idée : ".. /... de taxer davantage les plus-values et de relever les droits de succession ... / ... " Ce qui selon Les Echos, reviendrait à : " ... / ... tourner le dos à une réforme emblématique de 2007 ... / ... "

Néanmoins, pendant qu'on phosphore à l'Elysée sur les moyens de faire un très beau cadeau aux plus fortunés des français, il ne faudrait pas oublier que : " Si la pauvreté touche aujourd'hui 1 Français sur 10 (13% des Français vivent en dessous du seuil de pauvreté, selon la dernière étude de l'Insee), 1 Français sur 5 se vit en situation de fragilité sociale ... / ... " comme l'indique le premier baromètre des priorités sociales, établi par TNS-Sofres pour le Mouvement des entrepreneurs sociaux " - Source Ashoka Et qui sera révélé aujourd'hui, 13 octobre

Oui, mais ceux là ne quittent ou ne menacent de quitter la France pour des raisons fiscales et ... ne font pas partie du "Premier Cercle" de donateurs de l'UMP, dont la participation annuelle minimum est de 3000 € - Source UMP

Quoi qu'il en soit, Monsieur le Président, il est clair que cette fois, vous aurez beaucoup de difficultés à nous convaincre que : " ... / ... Bernard Arnault (7ème fortune du monde), Martin Bouygues, Serge Dassault, Vincent Bolloré, Jean-Claude Decaux, Stéphane Courbit, Jean-Claude Darmon, Arthur, Johnny Hallyday, Christian Clavier ... / ... " amis émus et aimés du Fouquet's sont une priorité sociale !

Crédit photo
ICES

12 octobre 2010

Prix Nobel d'économie 2010 : La consécration de la théorie de "la faim ou du taureau"

Le Nobel d'économie 2010 vient d'être attribué à deux américains et un Britannico-chypriote pour leurs travaux sur : " la manière dont le chômage, l'emploi et les salaires peuvent être affectés par la politique économique". Principale conclusion de leur travaux : "plus les allocations chômage sont importantes, plus le taux de chômage est élevé et la durée de recherche d'emploi est longue"

A ne pas confondre avec les autres prix Nobel (chimie, physique, médecine, littérature et paix) mais : Officiellement dénommé "prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel", le Nobel d'économie est le seul, non prévu dans le testament du philanthrope suédois Alfred Nobel." - Radio Canada

Ce qui signifie qu'il serait plus juste de parler de "Prix de la Banque de Suède" que de Nobel d'économie !

Car ce prix a été lancé en 1968 par la Banque centrale de Suède pour lui rendre hommage. Il est à noter que : " ... / ... Les deux tiers des prix de la Banque de Suède ont été remis aux économistes américains de l'école de Chicago, dont les modèles mathématiques servent à spéculer sur les marchés d'actions, à l'opposé des intentions d'Alfred Nobel, qui entendait améliorer la condition humaine. " signalait Le Monde diplomatique cité par Radio Canada

Quels sont les travaux qui ont été récompensés par ce "Prix de la banque de Suède" ?

" ... / ... Les chercheurs se sont affairés à déterminer notamment ce qui fait en sorte que dans une économie, il est possible de retrouver un nombre important de chômeurs alors qu'existent de de nombreuses offres d'emploi ... / ... "

Ceci donnant lieu à une "révélation" : " ... / ... plus les allocations chômage sont importantes, plus le taux de chômage est élevé et la durée de recherche d'emploi est longue .. / ... "

Ce qui fait dire à Yannick L'Horty, professeur d'économie à Paris-Est et chercheur associé au Centre d'études de l’emploi interviewé par 20Minutes : " Quelle influence ces travaux ont-ils pu avoir sur les politiques économiques?

" ... / ... Par exemple, elles ont montré que les intermédiaires, tels que les agences pour l’emploi, jouent un rôle majeur sur le marché du travail ... / ... De même, concernant les allocations chômage, Diamond, Mortensen et Pissarides expliquent qu’elles jouent un rôle important mais ambigu: si elles sont trop généreuses, l’intensité de la recherche sera moindre, tandis que la qualité de l’emploi trouvé sera supérieure ... / ... "

En clair, pour combattre le chômage, il suffit de contraindre tous ceux qui ont perdu leur emploi à prendre n'importe quel job, y compris les plus précaires et surtout réduire à leur plus simple expression la durée et les conditions d'indemnisation ! En résumé, comme le chantait Jean Ferrat : "'il faut parfois choisir la faim ou le taureau"

Le prix Nobel d'économie vient donc récompenser une situation connue et appliquée depuis plusieurs en Grande Bretagne : " ... / ... Les chômeurs touchent une indemnité peu élevée : une cinquantaine de livres (environ 80 euros) par semaine. Ils sont suivis de près, avec contrat à l’appui. A chaque rendez-vous, ils doivent amener des preuves de leurs recherches et toute une gamme de sanctions s’échelonne, du refus de formation au mauvais comportement... / ... "

Ce qui se traduit dans les faits par des situations épouvantables
: " Dans un quartier où le taux de chômage dépasse les 40%, nombreux sont ceux qui tombent dans le piège de l’alcool, de la drogue et de la désocialisation ... / ... Les chiffres du chômage ne tiennent pas compte de ces “inaptes” au travail, trop brisés par la vie, ou bien simplement handicapés ou mères de familles trop nombreuses ... / ... " - France info

Mais, que les sceptiques se rassurent, sur la validité de ces travaux. En effet, comme l'explique Le Figaro, ils peuvent, selon le comité d'attribution du Nobel d'économie : " ... / ... être appliqués à d'autres marchés qui se caractérisent également par la non-immédiateté de la rencontre entre acheteur et vendeur, comme par exemple sur le marché de l'immobilier ... / ... " devant un raisonnement, d'une telle qualité, il serait tout à fait incongru de proposer comme réponse : " certaines dérives dans l'utilisation de la titrisation des créances immobilières aux États-Unis" comme les subprimes ...

Etonnant non ?

11 octobre 2010

Réforme des retraites : Qui ne dira mot consentira !

Pliée la réforme des retraites ? Selon Eric Woerth : " la réforme des retraites n’est pas encore faite" et le ministre d'ajouter : "On se heurte à des manifestations, c’est naturel. On écoute ce qui est dit, mais nous on a un devoir qui est celui du gouvernement" En clair : défile toujours ....

On peut être d'accord avec le projet de loi sur les retraites proposé par le gouvernement. En ce cas, on se contentera d'attendre la fin des débats dans les assemblées et on acceptera de travailler au minimum jusqu'à 62 ans ... sans aucune garantie, bien entendu, que cette "réforme" soit la dernière !

On peut aussi réprouver la méthode employée pour régler le plus vite possible un problème qui concerne plusieurs millions de salariés. Alors qu'en Suède (souvent citée en exemple par les libéraux comme Claude Bébéar qui propose même une suppression totale de l’âge légal de départ à la retraite ) : " Les Suédois ont bien accepté leur propre réforme aussi parce qu’il intervenait au bout de 10 ans de négociation ! " comme l'explique le site Place publique

Cette méthode est également sujette à caution, dans la mesure où, nul ne fait mystère sur le fait que le gouvernement français, sacrifie en premier les salariés, pour continuer à obtenir son AAA auprès des agences de notation : " ... / ... le ministère des Finances espère voir confortée la note AAA, la meilleure possible, dont bénéficie la dette souveraine de la France sur les marchés financiers. "L'évaluation de ce genre de réforme ne peut être que positive par les agences de notation ... / ... " - Investir en juin 2010

Elle est également Injuste, dans la mesure où le marché du travail est en "petite forme" et continue à exclure des catégories entières de la population. Notamment les 50 ans et plus ! Et que les organisations d'employeurs (MEDEF et CGPME), qui ont soutenu cette réforme, se sont limité à publier des "guides de bonne conduite" MEDEF et CGPME contenant des mesurettes pour le maintien des salariés âgés dans l'emploi et pratiquement aucune en ce qui concerne leur embauche !

Le gouvernement le sait puisque comme nous le dit le site actuchomage : " Parmi ses fausses concessions, la création d'une nouvelle allocation pour les travailleurs âgés dont les entreprises ne veulent plus et qui seront obligés de rester chômeurs deux années supplémentaires au lieu de partir tranquillement en retraite ... / ... "

Mais, peu importe. Le gouvernement trouve préférable de charger le plus rapidement possible la barque des salariés plutôt que de voir sa capacité d'emprunt réduite par une dégradation de sa notation !

Bien que le Sénat ait approuvé, vendredi par 186 voix contre 153, le report de l'âge légal à 62 ans et engagé le jour même, l'examen de l'article 6 du projet de loi qui reporte de 65 à 67 ans l'âge permettant d'obtenir une retraite à taux plein quel que soit le nombre de trimestres cotisés, les français restent majoritairement hostile au projet du gouvernement

En effet, s'ils ont largement soutenu les premiers mouvements de grêves et les manifestations. Face à l'hypothèse d'une menace de grève reconductible, ils sont assez sont assez unanimes !

" ... / ... Interrogés sur cette dernière initiative, 61% des Français s'y disent favorables, dont 31% tout à fait favorables. Ils sont 37% à y être opposés mais 79% chez les sympathisants de droite. La journée de mobilisation de mardi est soutenue par 69% des sondés - 34% pour les sympathisants de droite - et 16% s'y opposent ... / ... " - Reuters/Yahoo

Devant une telle attente, François Chérèque (CFDT), a rappellé que : "c'est une des dernières occasions de faire reculer le gouvernement"

Gouvernement qui sera particulièrement attentif, une fois de plus, à la participation aux défilés de demain. Car, la moindre baisse du nombre de manifestants serait immédiatement interprété en haut lieu comme une adhésion à la réforme !

A la manière d'un Xavier Bertrand lors des journées parlementaires UMP : " La réalité, c'est qu' il y a eu un peu moins de manifestants que la semaine dernière parce que nous sommes intimement persuadés que la pédagogie commence à produire ses effets et que les explications du gouvernement sont en train de porter des fruits ... / ... " - Boursereflex

Pour mémoire :

Le 23 septembre, les manifestations ont rassemblé environ un million de personnes selon la police, 3 millions selon la CGT
Le samedi 2 octobre, entre 900.000 (police) et 3 millions (syndicats) - Le Point

C'est donc un jour important que celui de demain. Pour tous ceux qui le souhaitent et le peuvent, la CGT met à leur disposition une carte des manifestations du 12 octobre 2010

Pour ceux qui ne pourraient pas manifester ou faire grêve, il est toujours possible, comme nous l'indiquions dans un précédent article, de faire connaître votre hostilité à cette réforme en adressant un message par mail aux sénateurs de l'UMP ou de l'Union centriste. Message qui au passage, pourrait également aborder, votre intention de vote aux prochaines cantonales qui déterminera ... la future composition du Sénat !


Crédit image
Siné