31 janvier 2011

Attention : Les élections cantonales compteront double !

Si au sommet de l'Etat et à l'UMP, on tente de minorer l'intérêt des élections cantonales, il n'en reste pas moins, que perdre le contrôle du Sénat et offrir une dynamique à l'opposition pour 2012, serait de mauvaise augure !

Qu'on le veuille ou non, une élection est la possibilité pour les français d'exprimer leur accord ou mécontentement par rapport aux actes et décisions du pouvoir en place.

Et, les élections cantonales de mars 2011, qui seront les dernières du genre (les conseillers généraux. seront remplacés en 2014 par des conseillers territoriaux) seront bien une nouvelle épreuve pour le gouvernement et sa majorité !

Epreuve est bien le mot, lorsqu'on sait que depuis 2007, à l'exception des européennes, l'ensemble des scrutins, ont été remportés par l'opposition. Avec comme point d'orgue : Les régionales.

La majorité présidentielle aimerait faire croire, que les élections cantonales concernent peu les français. Au point, que la participation à ce scrutin, serait assez faible. Or, depuis 1976, à l'exception de 1988, le taux de participation aux élections cantonales n'a jamais été inférieur à 60%. C'est à dire un taux proche de celui enregistré aux législatives.

Si Jean-François Copé concède, qu'il s'agit d'un " tour de chauffe " pour 2012, tout en déclarant ne pas : " avoir pas tranché sur leur caractère national, la question devant se régler au cas par cas sur le terrain (...) " Il ajoute non sans humour (involontaire) : " (...) il ne s'agit plus de se livrer à un "débat de constat" mais de passer aux propositions. Elles doivent s'articuler autour de trois mots-clés : la fermeté, la générosité et l'ouverture au monde (...) " - Le Point

En résumé : Banaliser la défaite à venir pour mieux rebondir sur la présidentielle et les législatives !

Seulement, même à l'UMP, et dans la majorité présidentielle, ils sont beaucoup à ne pas l'entendre de cette oreille. En effet, quoi de plus suicidaire pour les candidats de la majorité aux cantonales, de voir l'UMP proposer un "big bang social" dans lequel on prévoit : " (...) une réforme globale des contrats de travail et de certains pans du Code du travail (...) " En cas de victoire ... en 2012 !

Alors, on essaye de réabiliter la vielle technique politique qui consiste à dire, (pendant une campagne), aux électeurs : ce qu'ils ont envie d'entendre. Pour, une fois élu : faire uniquement, ce que l'on a envie !

Quelques exemples ?

Dominique Bussereau, devant le bureau politique de l'UMP: " (...) s'est emporté : Vos débats sur les 35 heures ou les fonctionnaires, c'est bien gentil, mais nous on a des élections dans deux mois ; provoquer une mobilisation de la gauche n'est pas le meilleur moyen de nous aider (...) " - Les Echos

Nadine Morano, qui a indiqué, que les débats liés aux cantonales " devaient avoir la priorité" par rapport à la préparation du projet 2012. " Il n'est pas question d'handicaper nos candidats par des débats qui alourdiraient leurs débats localement (...) " - Le Point

Quelle est l'état des forces en présence pour les cantonales ?

" (...) la gauche détient environ 60 % des sièges de conseillers généraux et la présidence de 58 départements métropolitains contre 37 à la droite et au centre (...) Si (...) la droite espère ainsi reconquérir deux départements d’Ile-de-France, le Val-d’Oise et la Seine-et-Marne (...) la gauche compte sur une victoire dans : " (..) Les Hautes-Alpes, la Côte d’Or, le Jura (...) La bataille sera âpre dans : (...) trois départements symboliques : le Rhône, présidé par le garde des Sceaux, Michel Mercier, les Pyrénées-Atlantiques, longtemps présidées par François Bayrou. Et même la Sarthe, le département de François Fillon (...) " - Les Echos

Et si le vote au cantonales comptait ... double ?

C'est ce qu'on est en droit d'affirmer dans la mesure où : Les conseillers généraux élus feront partie des grands électeurs qui désigneront les sénateurs, en septembre prochain.

Et comme l'explique Le Figaro : " (...) Pour la gauche, une nouvelle victoire aux cantonales, après celles de 2004 et 2008, favoriserait leurs espoirs aux sénatoriales. En progressant dans les conseils généraux, alors qu'ils sont déjà à la tête d'une majorité de départements, le PS et ses alliés mettraient toutes les chances de leur côté pour décrocher la majorité au Sénat et en prendre la présidence (...) " Ce qui, note Sud Ouest : " (...) aurait pour conséquence de compliquer considérablement la fin de mandat de Nicolas Sarkozy (...) "

Alors, à l'UMP, on sort la " botte secrète " !

C'est l'indestructible Jean-Claude Gaudin, président de la commission des investitures de l'UMP , qui nous la présente : " (...) Mettons la réforme de la dépendance au cœur de la campagne (...) ce sujet étant à même de mobiliser l'électorat le plus âgé, le plus proche de l'UMP et le moins susceptible de s'abstenir (...) " Le Figaro

Compter sur l'électorat le plus âgé, pour pouvoir continuer à imposer aux autres : La fin de la durée légale du travail, l'allongement progressif de la durée de cotisation pour la retraite, la remise en cause des seuils sociaux, et peut être même, une limitation de la durée d'indemnisation des chômeurs, voila, qui nous renseigne, sur la capacité de l'UMP, à nous mener à : " l'ouverture au monde " prônée par Jean-François Copé !

28 janvier 2011

Molex : Voyage en 90' au coeur des ravages des patrons voyous

Le Premier ministre est formel : En 2011, le chômage va reculer ! Ce qui devrait faire rigoler, s'ils en ont encore le coeur : "les Molex". Si le gouvernement les a oublié, ce n'est pas le cas d'Arte qui diffuse ce soir un film sur leur combat !

La dernière visite, d'une entreprise par François Fillon aura été pour Microssoft, à Issy les Moulineaux. Le même jour, il faisait une déclaration sur l'état de l'emploi en France : " (...) Nous avons enregistré des chiffres du chômage pour le mois de décembre qui sont mauvais (...) on est maintenant sur la reprise, a poursuivi M. Fillon. "On va se battre (...) Je suis convaincu qu'en 2011 on va faire reculer le chômage" grâce à la croissance et "aux mesures prises" par le gouvernement (...) " - AFP/Google

Il est dommage qu'il n'ait pas préféré faire cette déclaration à Villemur-sur-Tarn, cette petite commune où se situait l'entreprise Molex, dont les salariés sont tous restés "sur le carreau". Après tout, le courage c'est inné. Et il faut dire qu'il y en a fort peu dans ce gouvernement !

Courage qui s'est limité en ce qui concerne notre président, à une formulation tonitruante en 2009 sur les : "dégâts causés par les patrons voyous (qui) sont considérables"

En ce qui concerne les salariés de Molex, le 9 novembre dernier, le Ministère de l’Économie, des finances et de l’industrie, au nom de Christian Estrosi (alors ministre de l'industrie) publiait le communiqué suivant

" (...) A la demande du Ministre, son cabinet a reçu en compagnie du liquidateur mandaté par le tribunal de commerce de Paris, lundi 8 novembre au matin, les représentants du groupe Molex, qui lui ont fait part de leur intention d’accepter de renouer le dialogue, l’objectif étant, bien entendu, de parvenir à un accord sur le paiement dans les prochaines semaines par le groupe Molex des sommes dues aux anciens salariés. Suite à la décision brutale du groupe Molex de cesser le paiement du plan social, le ministre chargé de l’industrie avait indiqué qu’il utiliserait l’ensemble des voies de droit possibles contre le groupe Molex si celui-ci ne versait pas l’intégralité des sommes dues. Christian ESTROSI avait par ailleurs appelé les constructeurs Renault et PSA à cesser leur relation commerciale avec Molex (...) "

Puis, pour cause de remaniement ministériel, Christian Estrosi est retourné, s'occuper à plein temps des Alpes Maritimes. Depuis, son successeur Eric Besson, plus préoccupé par la la généralisation de l'accès à Internet haut débit et la fusion (contestée par l'UE ) des différentes autorités de gestion des fréquences, n'a semble t-il même pas ouvert le dossier Molex.

Et oui, braves gens, que valent ces quelques salariés d'une industrie française qui n'en finit pas de mourir à côté du prestige de l'internet ?

Alors, selon la logique communicante du gouvernement et de sa majorité, les Molex et toutes les autres victimes de patrons voyous ou de la crise, dont ils ne sont pas responsables, devraient se fondre dans le paysage, refaire leur vie et se réinventer un futur !

Mais savez-vous, mesdames et messieurs les ministres et députés de la majorité ce qu'on enduré ces gens, ce qu'ils ressentent et leur vision de l'avenir ?

Pour cela, il faudrait que vous preniez le temps de regarder : " Les Molex des gens debout », le 90 minutes sur le combat des Molex réalisé par José Alcala sera diffusé ce soir à 23 heures sur Arte" Vous y apprendriez ce qu'est la réalité de ceux, à qui vous ne savez demander, que de "s'adapter à la nouvelle donne économique" !

Vidéomaton des salariés de Molex licenciés - Jean-Louis, 39 ans, et 20 ans d'ancienneté


Extraits de l'interview de José Alcala, qui a suivi pendant un an, les salariés de Molex, luttant pour empêcher la fermeture de leur usine, par le journal La Dépêche

Pourquoi un film sur les Molex ?

" (...) Le 23 octobre, l'annonce de la fermeture de l'usine de Villemur a tout de suite été très médiatisée. Et le 6 novembre la manifestation silencieuse de 4 000 personnes dans les rues du village a montré la détermination de toute une communauté. Je suis arrivé le 31 décembre 2008 à Villemur et avec ma femme on a décidé de passer le réveillon avec les Molex. Le mouvement était profond. C'était palpable. Il y avait une entente très forte entre tous les syndicats qui ont lutté main dans la main presque jusqu'à la fin.

Quel regard portez-vous le dépôt de bilan de Molex ?

C'est une sanction évidente à l'égard des représentants du personnel. Une fois que les salariés ont gagné leur procès contre la direction et le cogérant, ils ont décidé d'aller plus loin en déposant plainte pour licenciement abusif. Mais la sanction ne s'est pas fait attendre. La direction de Molex a d'abord essayé de se justifier en évoquant la faillite de la société chargée de solder le plan social, pour finalement laisser les 19 représentants du personnel sur le pavé. Ils ne toucheront jamais leur prime de licenciement, à moins que l'État y pourvoit à la place de Molex, ce qui est peu probable (...) "

L'Express ajoute : " (...) Veillée devant les entrepôts, bivouac de Noël, manifestations, faux procès, mensonges des politiques, grévistes humiliés, bassesse des dirigeants, la caméra capte tout, sur tous les fronts. Comme à la guerre. Car c'est bien de cela qu'il s'agit (...) "

Mais si vous regardez pas, aucune importance, car il ne fait nul doute que les français seront très nombreux, à regarder les conséquences de vos promesses et ... le constat de votre échec !

Les Molex, des gens debout par José Alcala. Vendredi 28 janvier, 23 heures. Arte.

Crédit photo
La Dépêche

27 janvier 2011

2009-2010 : Le moral des salariés est toujours en berne !

Les résultats de l'indicateur Juritravail du "Moral des Salariés" pour le 4eme trimestre 2010 vient d'être publié. Il est symbolique, nous dit un économiste d'une " véritable crise de confiance "

Bien que l'action du Président, de son gouvernement et de sa majorité soient limités à l'allocation d'aides fiscales et de modifications du code du travail, il est certain que la situation et surtout, le moral des salariés, seront des points clés de la campagne de 2012.

Nul doute que les promesses du " travailler plus pour gagner plus " synonyme de " pouvoir d'achat " ne seront pas au programme du candidat Sarkozy, et qu'il préférera utiliser le "travailler plus en travaillant mieux" lancé, par le club Génération France de Jean-François Copé.

Ce qui en "novlangue" UMP, pour ceux qui l'ignorerait, ou l'aurait oublié, consiste à : " (...) par exemple faire dépendre une partie des primes des cadres du jugement que les encadrés portent sur eux (...) " Ambiance garantie dans les entreprises ...

Ce à quoi il faut ajouter : " (...) un relèvement progressif de la durée du travail négocié par les partenaires sociaux au niveau des branches et des entreprises dans le privé (...) Et si les partenaires sociaux (essentiellement les syndicats de salariés ) (...) refusent de se saisir de la question, ce serait à l'État de prendre ses responsabilités et d'augmenter la durée du travail (...) "

Mais avant de connaître la réaction des salariés à ces "merveilles progressistes" dans les urnes en 2012, il est intéressant de se pencher sur les résultats de l'indicateur Juritravail du "Moral des Salariés" pour le 4eme trimestre 2010, consultable en ligne depuis le 25 janvier

Ce n'est pas la première fois que nous vous présentons cet indicateur, puisque nous en parlions dans Slovar, le 08 septembre 2009.

A l'époque, nous écrivions : " Il ne fait décidément pas bon être salarié depuis le début de la crise financière qui s'est transformée en crise économique (...) Synthèse de l'enquête : Une baisse de moral significative des salariés au troisième trimestre 2009. Alors qu'au deuxième Trimestre 2009 le moral des salariés du secteur privé remontait, l'indice du Troisième trimestre enregistre une baisse significative de 1,16 point et atteint 43,13 (sur une base de 100) (...) "

Alors, qu'est-il advenu du moral de ces salariés un an plus tard ?

Cliquez sur l'image pour accéder à l'indicateur
" Synthèse : La fin de l'année 2010 marque un recul du moral des salariés ... Le quatrième trimestre 2010 enregistre un léger recul du moral des salariés du privé en France. L'Indicateur du moral revient sous la barre des 44 sur l'échelle de 100 à 43.80 (au lieu de 44.10 au 3ème trimestre) Ce trimestre marque ainsi l'arrêt de la lente progression du moral des salariés entamée depuis 12 mois (...) Aujourd'hui, cette nouvelle détérioration du moral des salariés concorde avec la dégradation du moral des ménages des français observée par l'INSEE en décembre 2010 ( ...) Cette baisse inattendue traduit, selon Alexandre Law, chef économiste de Xerfi (Institut d'études économiques), une véritable crise de confiance (...) "

Quels sont les domaines où cette "crise de confiance" se fait le plus sentir ?

L'image de l'entreprise chez les salariés

" (...) seuls 48% d'entre eux ont une bonne image de leur employeur. Seuls les cadres dépassent les 50% (...) les salariés restent aussi très nombreux (67%) à avoir eu envie de quitter leur entreprise au cours des trois derniers mois (...)

L'indice de satisfaction de la rémunération

" (...) 90% des ouvriers ne pensent pas avoir de promotion au cours des 12 prochains mois (contre 88% au 3ème trimestre 2010) et 43% d'entre eux pensent que les revenus de leur foyer (issus du travail) vont se dégrader dans les 12 prochains mois (42% au 3ème trimestre) (...)

Si les salariés sont relativement optimiste (63% de l'ensemble des salariés) sur le fait de conserver, à terme, leur emploi : " (...) Ils angoissent carrément : " quant aux capacités à retrouver rapidement du travail en cas de chômage. 55% des salariés sont pessimistes et 73% des salariés de plus de 50 ans (...) "

Les conditions de travail

" (...) l'ensemble des salariés remettent en cause leurs conditions de travail à 57%, et à 68% chez les ouvriers (...) Plus inquiétant : " (...) Pour les 6 prochains mois, pas d'amélioration en vue, 89% des salariés pensent à une stabilisation, voire même à une dégradation de ces conditions (...) "

La motivation

Si les cadres restent les plus motivés et impliqués dans leur travail (54%) malgré l'absence toujours constante d'une reconnaissance de leur travail (...) Lorsqu'on regarde les résultats de " (...) l'ensemble des salariés : 37% se sentent impliqués, 19% résignés, 22% encouragés. Seuls 7% sont très motivés dans leur travail. Un manque de motivation que le stress, toujours aussi présent, contribue peut-être à alimenter : 75% des salariés avouent toujours subir un stress dans leur travail (...) "

Sans appel ! Néanmoins, nous regrettons que Juritravail n'ait pas intégré la réforme des retraites dans son étude. En effet, il aurait été intéressant de connaître la part d'impact de cette "réforme" sur le moral des salariés.

Quoi qu'il en soit, pas de raison de pavoiser comme l'a fait récemment notre Président lors de sa rencontre avec les : " grands donateurs de l'UMP , membres du "premier cercle", dans un grand hôtel parisien, porte Maillot " au cours duquel il a déclaré : " (...) Ne vous fiez pas aux sondages. Les Français aiment malmener ceux qui sont à leur tête. Et ils ont des favoris qui ne tiennent pas la route (...) " - Le Figaro

Mais, il est toujours plus facile, de jouer les "fiers à bras", devant un auditoire où sa popularité est de 100% que de convaincre les 70% de français qui se déclarent ...mécontents de son action !

Intégralité de l'indicateur du moral des salariés 4 eme trimestre 2010
Indicateur du moral des salariés 3 eme trimestre 2009

Sources et crédit
Juritravail
Crédit photo
RTL

26 janvier 2011

La mondialisation résisterait-elle à une prochaine crise ... sociale ?

Le fondateur du Sommet de Davos s'inquiète d'une possible transformation de la crise économique en "crise sociale" . L'étude IFOP pour la Croix sur la "mondialisation vue par 10 pays " ne peut que lui donner raison !

" Il n'y a de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre" affirme un dicton. C'est en résumé ce qu'a déclaré Klaus Schwab, en présentant la 41e édition du Forum économique mondial à Davos : " Nous devons faire attention à ce que cette crise ne devienne pas une crise sociale, ce qu'elle est dans certains pays "- Le Figaro

Il faut dire que, comme nous vous l'expliquions hier, la perspective d'une reprise économique tout en conservant un taux de chômage très élevé, est envisageable ! Or, l'exemple de la Tunisie et les très nombreuses manifestations qui se produisent, un peu partout dans le monde, ne rassurent pas les promoteurs et bénéficiaires du libre échange et ... du dumping fiscal et social.

Pour ces "beaux esprits", Il faudrait donc profiter du sommet de Davos et du G20 pour trouver rapidement des solutions pour sauver le soldat "mondialisation".

La mondialisation, vous savez, ce concept économique qui s'est imposé à l'ensemble des citoyens de la planète ! Elle n'est d'ailleurs jamais remise en cause par les chefs d'état et de gouvernement, qui préfèrent insister, sur la "nécessaire adaptation" de leurs salariés et concitoyens aux normes les plus minimalistes !

Ce qui fait que personne ne demande jamais à ces citoyens/salariés ce qu'il pensent de ce : " développement de liens d'interdépendance entre hommes, activités humaines et systèmes politiques à l'échelle du monde "- Technoscience

C'est pourquoi l'étude, publiée par le journal La Croix et réalisée par l'IFOP sur " la mondialisation vue par dix pays " est intéressante.

Si les analystes de l'IFOP préfèrent insister sur le fait que : " Les Français sont fâchés avec la mondialisation " (...) Ils sont les plus nombreux (33 %) à juger qu’il faut désormais abandonner le système capitaliste, contre… 3 % des Chinois, officiellement communistes. Les deux tiers de ces derniers (65 %) considèrent qu’il faut conserver ce système « qui fonctionne plutôt bien », soit la plus forte proportion de l’étude, contre 15 % des Français (la plus faible) (...) "

Ce qui ne devrait pas tarder à faire les choux gras de l'UMP, qui l'utilisera, pour montrer à quel point, nous sommes un peuple "ringard". Pour ce faire, ils pourront d'ailleurs, se servir de la phrase de Jérôme Fourquet, le directeur adjoint des études de l’Ifop : " Les Français ont désormais parfaitement conscience de leur retard. Le gouvernement s’est appuyé là-dessus lors du débat sur les retraites. Et la nécessité de le combler devrait être au centre des débats de la présidentielle de 2012 (...) "

Il ne faut surtout pas négliger la partie de l'étude dans laquelle on apprend que nous ne sommes pas les seuls à rejetter certains aspects de la mondialisation.

Tout d'abord, la confiance envers les gouvernements à gérer les crises économiques et financières : " Probabilité d'une nouvelle crise économique et financière dans les prochaines années "

Si pour les français, c'est une certitude à 91%, elle l'est aussi pour les britanniques à 88% puis les australiens à 83%, les américains à 82%, les Allemands à 79%, les italiens et même les chinois à 77%. Pour ceux qui penseraient que les Brésiliens sont des optimistes, l'étude affirme qu'ils sont 75% à croire à la probabilité d'une nouvelle crise !

" Le développement des échanges commerciaux internationaux " : Si les chinois à 90%, les Polonais et les brésiliens à 76% considèrent que celui-ci a un impact positif sur leur pays, les allemands ne sont que 50% et les américains ... 39% à le penser.

Ce qui nous amène à la partie qui nous semble la plus significative de l'étude : La très forte demande de régulation !

" (...) Même s’ils continuent majoritairement de croire aux vertus de l’économie de marché, les Américains semblent aussi pessimistes que les Français sur de nombreux points (...) Qu’il s’agisse d’obliger les entreprises qui délocalisent à rembourser les aides publiques qu’elles ont touchées (92 % des Français sont pour, 87 % des Allemands et 73 % des Américains), de taxer des produits provenant de pays pratiquant un dumping social, fiscal et environnemental, ou encore de lutter contre les OPA hostiles. Le clivage entre les élites et les populations est désormais assez net sur ces sujets. Il y a une vraie attente des populations pour la mise en place de nouvelles règles du jeu, voire d’un peu de protectionnisme (...) écrit l’Ifop.

Message transmis au Président du G20 et aux chefs d'états et de gouvernements participants à qui, il ne reste que quelques jours pour "réformer le capitalisme". Et qui auraient tord de croire que, leurs populations accepteront très longtemps, un système, qui leur propose la seule mise en concurrence, sans le moindre garde fou ... comme avenir !

Sources
La Croix
Etude au Format Word
Crédit image
Tignous

25 janvier 2011

Reprise économique : Chômeurs, passez votre chemin !

Au moment où viennent de commencer en France, les négociations sur l'Assurance chômage. Le BIT sort un rapport consacré aux tendances mondiales de l’emploi. Le constat est accablant !

Le chômage n'est pas uniquement un mal français, comme aiment à le laisser entendre quelques économistes ou politiciens ultra libéraux. En effet, Il a touché 205 millions de personnes dans le monde en 2010.

Et si chaque jour amène son communiqué indiquant que la reprise est à notre porte, rien n'indique que celle-ci soit génératrice d'emplois durables et de ... "qualité"

Justement, on parle de l'assurance chômage, en ce moment, en France, puisque syndicats de salariés et d'employeurs se penchent sur le renouvellement de la convention qui vient à échéance le le 31 mars.

Si du côté des syndicats de salariés, on propose par exemple, la mise en place de : " (...) de droits rechargeables permettant au chômeur de garder ses indemnités non utilisées pour une période de non emploi ultérieure (...) le négociateur des organisations patronales, s'il est prêt à reconduire la convention dans son état actuel, est clair : " (...) le régime ne peut pas prendre en charge de nouvelles dépenses mais plus encore, nous devrions envisager des mesures d'économies (...) " - AFP/Google

Sans préciser s'il pourrait s'agir, d'un durcissement des conditions d'indemnisation ou de la remise en route ... de la machine à radier !

Néanmoins, le patronat est arcbouté sur une baisse automatique des cotisations patronales et salariales, en cas d'assainissement des comptes de l'Unedic (...) " Assainissement qui devrait selon l'UNEDIC intervenir en 2014 " si l'on en croît une étude réalisée par celle-ci. " (...) Le nombre de demandeurs d'emploi (sans activité ou avec activité réduite) diminuerait de 345.000 entre 2012 et 2014, à 3,788 millions de personnes. Le nombre de demandeurs d'emploi indemnisés déclinerait aussi de 235.000 à fin 2014 à 1,766 million (...) " - AFP/Google

Il conviendra, toutefois d'être prudent, tout d'abord parce que la "réforme" des retraites va sans nul doute faire augmenter le nombre de seniors au chômage et surtout, parce que les estimations s'appuient sur des hypothèses : de croissance de 1,7% en 2012, 1,6% en 2013 et +1,8% en 2014 (...) "

Pour en revenir au rapport du BIT, publié le 24 janvier, celui-ci est formel : " Avec un chômage mondial qui, selon les chiffres officiels, atteint un niveau record pour la 3eme année d’affilée depuis le début de la crise économique, la faible reprise en matière d’emploi devrait se poursuivre en 2011 "

A noter, ce petit rappel : Ce sont jusqu'à présent, les zones dite "économies développées" (Etats Unis et Union Européenne) qui ont payé le plus lourd tribut : 55% de la hausse du chômage entre 2007 et 2010

Et ça ne risque pas de s'améliorer puisque : " (...) Le problème étant que dans de nombreux pays la reprise n'est pas génératrice d'emplois car elle s'opère via des gains de productivité (...) - Ajoute Le Figaro

Mais, ça ne se dégrade pas pour tout le monde !

" Ces tendances contrastent nettement avec la reprise constatée à travers plusieurs indicateurs macroéconomiques clés: le PIB mondial, la consommation, le commerce mondial et les marchés boursiers qui sont tous repartis à la hausse en 2010, dépassant les niveaux d’avant la crise (...) " nous dit le BIT "

En clair : Si les bénéfices sont de retour, l'emploi stagne, le chômage ne décroît pas et les salariés des pays émergents, sont de plus en plus nombreux à ne connaître que de très bas salaires.

Quelques exemples ?

" (...) environ 630 millions de travailleurs (20,7 % de l’ensemble de la main-d’œuvre mondiale) vivaient avec leurs familles sous le seuil d’extrême pauvreté de 1,25 dollar en 2009. Cela représente 40 millions de travailleurs pauvres supplémentaires, soit 1,6 point de pourcentage de plus que le taux projeté sur la base des tendances d’avant la crise (...)

Cette "concurrence" avec les salariés des pays développés ne profite même pas aux salariés des pays émergents, puisque, comme l'écrit le BIT : " (...) la persistance d’un chômage élevé et un découragement croissant dans les pays développés en même temps qu’une hausse de l’emploi et un nombre toujours élevé de travailleurs pauvres et de travailleurs occupant un emploi vulnérable dans les pays en développement (...) "

Quant aux jeunes, la situation est franchement dans le rouge ! : " (...) 78 millions de jeunes étaient au chômage en 2010 (...) , Le taux de chômage chez les jeunes âgés de 15 à 24 ans s’établissait à 12,6 % en 2010, soit 2,6 fois plus que le taux de chômage des adultes (...) "

Un rapport qui, nous l'espérons fera partie des documents transmis aux participants du G20, dans la mesure où, il y a peu de chances que celui-ci soit évoqué au Sommet de Davos

Mais les participants du G20 ( à condition qu'on leur transmette le rapport, et qu'ils aient envie de le lire) auront-ils envie de se rallier aux conclusions du Directeur général du BIT, Juan Somavia qui affirme : (...) nous devons repenser le modèle de nos politiques macroéconomiques et faire de la création d’emplois de qualité, du travail décent, un objectif central de la politique macroéconomique (...) Nous ne devons pas oublier que c’est la qualité du travail qui définit la qualité d’une société (...) "

Permettez-moi d'en douter !


Crédit et copyright dessin
Deligne

24 janvier 2011

Les "acrobaties fiscales" du gouvernement et de l'UMP sur l'ISF

Bonne nouvelle pour les finances publiques : L'ISF de 2010 a rapporté 400 millions de plus que prévu. Embêtant pour l'Elysée et l'UMP qui vont devoir imaginer de nombreuses acrobaties fiscales pour compenser son montant en cas d'abolition !

Il est toujours étonnant, dans une période de budget de rigueur, où on voit le gouvernement opérer des coupes sombres, de constater qu'on puisse, concentrer toute son énergie, à faire disparaître une ressource fiscale. Sans d'ailleurs, vraiment savoir comment, la compenser !

C'est pourtant la principale préoccupation du Président de la République et de l'UMP. Comment abolir ou, au pire, adoucir le sort des contribuables soumis à l'ISF ?

Or, d'après une brève de l'agence REUTER, reprenant une information des Echos on apprend que : " (...) Le gouvernement prévoyait des rentrées fiscales de 3,5 milliards d'euros lors du vote de la loi de finances initiale pour 2010 (...) le chiffre définitif avoisine finalement les 4,5 milliards, selon Les Echos, soit : 400 millions de plus que prévu dans le collectif budgétaire de fin d'année (4,1 milliards), et 1 milliard de mieux qu'attendu lors du vote de la loi de finances initiale "

Bien qu'en général, le quotidien Les Echos soient parfaitement informés, ils précisent que : " (...) Le ministère du Budget, qui refuse de confirmer ce chiffre, indique qu'il communiquera à la mi-février sur le sujet (...) " c'est à dire à la période où il devrait dévoiler les probables mesures de sa "réforme" de la fiscalité !

C'est néanmoins, une pierre dans le jardin des "abolitionnistes" de l'ISFP, au moment même, où la "solution de rechange", qui consistait à "mutualiser" sur l'ensemble des propriétaires le montant de cet impôt, ne fait absolument pas l'unanimité au sein de l'UMP !

Mais Jean-François Copé, s'il est hostile à la solution émise par François Baroin et Jêrome Chartier son collègue de l'UMP, tient avant tout à la suppression de l'ISF : " Le bouclier fiscal a limité la casse, mais si on veut revenir sur le bouclier fiscal, il faut revenir sur l'ISF " - Reuters

Et bien justement, que se passerait-il si les deux étaient supprimés ?

" (...) Côté économies, la fin du bouclier représentera environ 700 millions d'euros. Ce qui serait loin de compenser une suppression totale de l'ISF. Plus celui-ci rapporte, plus sa disparition nécessitera de hausses d'impôts (...) " écrivent Les Echos qui indiquent au passage un formidable effet pervers en cas d'abolition de l'ISF : " la suppression complète de l'ISF entraînerait l'abandon de l'ISF PME , mécanisme qui permet aujourd'hui de drainer environ 1 milliard d'euros par an vers les PME " et que le gouvernement pourrait compenser, par une nouvelle niche fiscale, qui bien évidemment serait : " (...) un coût supplémentaire à prendre en compte (...) "

En bref, une technique plus proche de celle, chère au sapeur camenber, qui creusait un trou pour y mettre ... la terre d'un autre !

Oui mais promesse électorale et harmonisation franco allemande obligent, il faut trouver des ressources pour donner satisfaction à 562.000 contribuables et leurs familles !

Il y aurait bien une idée pour trouver facilement des recettes. Sacrifier : " L'exonération d’impôt sur les sociétés des plus-values encaissées par des personnes physiques ou morales (holdings) en cas de vente de leurs filiales ou titres de participation détenus depuis plus de deux ans "

Cette très grosse niche fiscale qui a : " (...) représenté un manque à gagner de 3,4 milliards d’euros en 2007, 12,5 milliards en 2008 et 6,1 milliards en 2009. Soit un total de 22 milliards d’euros sur trois ans (..) " qui a entre autre bénéficié à : " Suez, Danone ou le fonds PAI Partners " et qui devait selon son "créateur" être d'un coût : " (...) extrêmement raisonnable, estimé à moins d’un milliard d’euros à compter de 2008 (...) " et dont : "( ...) le gouvernement s’est abstenu d’estimer son coût en 2010" - Libération

Il fait dire que du côté UMP, remettre en cause cette niche fiscale serait ennuyeux puisque son initiateur est, le ministre du Budget en 2004, un certain : Jean-François Copé

Mais il est plus probable que l'UMP propose des ressources alternatives "incontournables" comme celle des indemnités d'accident du travail. En effet, c'est Jean-François Copé qui fut à l'origine de cette mesure, qui devait rapporter à l'état, le montant "record" de : 135 millions d'euros ! - La Tribune

Et qui déclarait à cette occasion, qu'il s'agissait : " (...) d'une mesure d'équité pour corriger une anomalie fiscale (...) " En clair, le pire reste à venir ...

21 janvier 2011

Coût du travail Allemagne/France : Ce que le MEDEF ne vous dit pas !

Après la fiscalité, c'est le coût du travail en Allemagne, que le MEDEF et l'UMP portent aux nues. Problème : Les affirmations sont approximatives et le dernier rapport produit sur le sujet est d'une totale partialité !

C'est au nom de l'amour immodéré des performances économiques de notre voisin que notre "réforme" fiscale devrait voir le jour en Février prochain. Et c'est au nom de cet "amour" et d'un rapport "providentiel", expliquant que : " La France est moins compétitive que l’Allemagne car le coût du travail y est plus élevé " qu'on propose de supprimer l'horaire légal de travail et de baisser les charges patronales !

Laurence Parisot, encouragée par l'UMP, a été la première à dégainer : " (...) ne pas voir que la durée du travail a un effet sur notre compétitivité, c'est refuser de voir la réalité en face (...) " sans oublier bien entendu, de demander un : " (...) débat sur la baisse des charges dans les entreprises" - 20Minutes

Ces propos ont été bien reçus par Eric Besson qui s'est fait un devoir de communiquer les informations contenues dans un rapport, rédigé par l'institut économique COE-Rexecode qui a : " (...) analysé le décrochage de l'industrie française face à l'industrie allemande (...) "

Notez au passage que, comme nous le dit 20Minutes, que ce : " groupe de recherche" est " proche du Medef " Ce qui simple à vérifier, lorsqu'on regarde la liste des ses adhérents au nombre desquels, on compte : le MEDEF !

Que dit ce rapport : " (...) La France est moins compétitive que l’Allemagne car le coût du travail y est plus élevé (...) " Conclusion : " (...) il faut réduire d'urgence les charges que paient les entreprises, et compenser cette baisse des impôts par une réduction des dépenses publiques. Il propose aussi d'ouvrir de nouvelles négociations entre les salariés et les patrons sur les salaires et la durée du travail ( ...) "

Le rêve de tous ceux qui ont un jour dirigé le CNPF et le MEDEF !

Néanmoins, ce rapport, produit par un "satellite" du MEDEF, est empreint d'une totale partialité. Des preuves ?

Eric Verhaeghe, qui vient de défrayer la chronique en claquant la porte de l'APEC et en rendant la totalité de ses mandats au titre du MEDEF, et selon qui : le MEDEF est accroché à des analyses passéistes, comme il nous l'a affirmé dans un échange de question réponses avec Slovar :

" (...) à l'issue de la crise de 2008 le MEDEF n'a pas mené la rénovation intellectuelle nécessaire pour apporter les bonnes réponses à la crise économique. Ses analyses sont dépassées. Aujourd'hui, il nous faut une vision neuve de la dette, du travail et de son coût, de la répartition de l'effort fiscal (...) " donne son point de vue dans un billet publié sur son blog

Il écrit, au sujet de l'obsession de l'organisation patronale sur le coût du travail.

" (...) La litanie est bien construite: les Allemands ont pratiqué une rigueur salariale qui leur a permis de baisser le coût du travail et de retrouver leur compétitivité. Grâce à cette politique, leurs salariés coûteraient moins cher que les salariés français, ce qui leur permettrait de vendre mieux, etc ( ...) la commission des comptes de la sécurité sociale de juin 2010 fait un point très intéressant sur cette question. Extrait :

1 – la mesure du coût du travail est très difficile et contestable, car elle passe par des données agrégées qui mélangent des données très différentes (...) s’agit-il du coût horaire moyen ? du coût salarial global ? des rémunérations brutes annuelles et des cotisations patronales ? (...)

2 – (...) le financement de la sécurité sociale en Allemagne repose de plus en plus sur l’impôt. La part des cotisations sociales a donc diminué dans les recettes de la sécurité sociale. L’invention de la TVA sociale en 2007 a joué un grand rôle dans ce rééquilibrage (...) En revanche soyons bien clairs sur la signification de cette tendance: les citoyens se substituent aux employeurs pour financer la protection sociale.


(...) même s’il y a une convergence progressive du coût du travail entre les deux pays, le travail allemand coûte 24,6€ de l’heure en moyenne, et le travail français seulement 23,6€ " - Intégralité de l'article sur le blog d'Eric Verhaeghe

Même analyse, de la part du directeur de recherche au CNRS, l’économiste Philippe Askénazy. Celui-ci explique à 20minutes.fr pourquoi la question est, selon lui, mal posée.

" (...) dans les faits, un salarié allemand coûte aujourd’hui plus cher qu’un salarié français (...) Quand un Allemand a marqué «40 heures» sur sa fiche de paie, il travaille effectivement 40 heures environ. Un cadre français au forfait, officiellement à 35 heures, va dans les faits travailler 45 heures (...) Les salaires ont été gelés et la TVA sociale créée (...) Si l’on se base sur les comptes nationaux, qui agrègent un maximum de critères, notamment la productivité, le coût du travail est plus élevé en Allemagne qu’en France. Et la raison est simple: les salariés allemands sont mieux payés (...) Une économie avec un coût du travail élevé mais des entreprises innovantes sera toujours plus compétitive que l’inverse.

(...) Pour combler ce différentiel, la France a donc deux solutions. Elle peut soit continuer à se développer dans des secteurs peu productifs et baisser son coût du travail, soit rendre ses entreprises plus innovantes et donc plus productives. C’est un choix politique "

Malheureusement, une fois de plus, il semble que le choix politique s'oriente vers une seule variable d'ajustement : Les salariés. Ceux-ci n'auront qu'à "travailler plus" pour gagner ... la même chose, au nom de la compétitivité avec leurs homologues allemands. Afin d'augmenter sensiblement la part versée ... aux actionnaires !

20 janvier 2011

Réforme de la fiscalité : Et si on passait à la "Révolution fiscale" ?

La réforme de la fiscalité promise en février, devrait essentiellement se résumer à : Comment trouver de nouvelles recettes pour compenser la suppression de l'ISF. Ce que réfutent 3 économistes qui proposent une "révolution fiscale" et même de simuler votre propre réforme en ligne.

Au nom de l'alignement sur la fiscalité allemande, le Président a décidé d'une "réforme". Gros handicap de cette "réforme", il a refusé catégoriquement (élections de 2012 obligent) : " aux commissions des finances de l’Assemblée et du Sénat de créer une nouvelle tranche d’impôt sur les plus hauts revenus "

Quels sont les pistes actuelles du gouvernement et de l'UMP ?

" (...) Le bouclier fiscal devrait être abrogé, ce qui fera économiser 600 millions d’euros à l’Etat (...) Parmi les hypothèses figure celle d’un impôt sur la plus-value retirée de la cession de la résidence principale, aujourd’hui exonérée (...) " - JDD

Pour l'UMP : Allègement de l'ISF et surtout : Nouvelle taxation sur les résidences principales et secondaires : (...) Les plus-values seraient taxées quand la valeur de la résidence principale dépasse 1,2 million d’euros. Les taxes foncières sur les résidences secondaires pourraient également être rehaussées (...) " - Le Parisien

Belle réforme que celle qui consisterait à transférer près de 4 milliards sur l'ensemble des propriétaires, pour en exonérer quelques 562 000 foyers privilégiés ! De plus comme le fait judicieusement remarquer Le Figaro : " cette taxe qui s'ajouterait à la taxe foncière et la taxe d'habitation renvoie le sentiment de propriétaires surtaxés (...) "

S'agit-il d'une "réforme" ou d'un simple aménagement "électoral" qui ne change rien à la fiscalité française dans son ensemble ?

C'est l'avis de Camille Landais, Thomas Piketty et Emmanuel Saez, coauteurs de : "Pour une révolution fiscale. Un impôt sur le revenu pour le XXIe siècle" qui mettent profondément en cause le système fiscal français : " (...) Ce livre innove en proposant une critique d’ensemble du système fiscal français. Il démontre scientifiquement, pour la première fois, le caractère régressif de l’impôt dans notre pays (ce qui signifie que, tous prélèvements confondus, les taux d’imposition sont plus élevés pour les ménages les plus modestes et s’abaissent pour les plus riches) (...) "

Dans les faits, ( au travers des "bonnes feuilles" du livre publiées, par le Nouvel Obs), on apprend que : " (...) les revenus modestes supportent aujourd’hui des impôts extrêmement élevés – avec des taux effectifs d’imposition de l’ordre de 45% à 50%, alors que les plus riches sont à 30% ou 35% (...) "

Dans le détail : (...) Les 50% des Français les plus modestes, gagnant entre 1 000 euros et 2 200 euros de revenu brut par mois, font actuellement face à des taux effectifs d’imposition s’étageant de 41% à 48%, avec une moyenne de 45%. Les 40% suivants dans la pyramide des revenus, gagnant entre 2 300 euros et 5 100 euros par mois, sont tous taxés à des taux de l’ordre de 48% à 50% (...) à l’intérieur des 5% des revenus les plus élevés (gagnant plus de 6 900 euros) et surtout du 1% le plus riche (gagnant plus de 14 000 euros), les taux effectifs d’imposition se mettent très nettement à décliner et ne dépassent guère les 35% pour le 0,1% des Français les plus aisés (50 000 personnes sur 50 millions).

Une prime à l'actionnariat !

" (...) Moins de 20% des revenus du capital réels (...) se retrouvent dans la base de l’impôt progressif sur le revenu (...) Pour les revenus financiers, on retrouve moins de 15% des revenus réels dans la base d’imposition (...) sur les quelque 170 milliards d’euros d’intérêts et de dividendes reçus chaque année par les ménages d’après les comptes nationaux (40 milliards d’intérêts, 70 milliards de dividendes, 50 milliards de produits financiers crédités et recapitalisés sur les contrats d’assurance-vie) (...) moins de 20 milliards se retrouvent dans les déclarations de revenus (...) "

Les auteurs indiquent dans le livre de vraies propositions pour un "nouvel impôt sur le revenu" qui prendrait, mieux en compte : La progressivité, l’égalité homme-femme, un meilleur financement de la Sécu, un impôt sur la fortune utile.

Contrairement à la majorité de leurs confrères qui se limitent à assener des chiffres et méthodes, les auteurs ont eu l'idée de mettre en ligne un site Web interactif : http://www.revolution-fiscale.fr

L'originalité de ce site est de donner à chacun de nous la possibilité de faire : " des simulations avec le barème existant ou bien à en créer un nouveau(...) simuler les conséquences, en milliards de recettes, d'une hausse du taux d'imposition de telle ou telle tranche de contribuables" - AFP/Google

Ce site explique Thomas Piketty est : " (...) outil unique au monde, qui va donner à tout citoyen et à tout responsable politique ou syndical la possibilité de s'approprier la question fiscale et de participer ainsi de manière informée au débat "

De quoi aller un peu plus loin que les obsessions présidentielles sur le bouclier fiscal allemand … qui n'a jamais existé. Et l’imposition des revenus qui, comme l'indique Günter Dauben, responsable de l’Office central fédéral des impôts ... y est un peu plus forte !

19 janvier 2011

Eric Woerth à l'UMP : "Nul n'est à l'abri de ce que j'ai vécu"

Eric Woerth est en pleine crise de manque ! De RTL où il clame son "amour" pour Nicolas Sarkozy et dans Le Point où il "flingue" Baroin et Fillon. Le message est clair : "Demerdez-vous pour me rendre ma vie d'avant !"

Eric Woerth ce matin sur RTL, mettait en garde l'exécutif et l'UMP, en indiquant qu'il a " bien l’intention de reprendre toute (sa) place dans la majorité présidentielle". Faisant fi de l'instruction de la Cour de justice de la République sur la vente de l'hippodrome de Compiègne ou du dossier Bettencourt, qu'il a qualifié "d'acharnement", il ajoutait qu'il "souhaite aussi faire partie de la campagne électorale pour 2012" !

Ce rappel à l'ordre intervient, au moment où, on ne se bouscule pas vraiment ... à l'exécutif ou dans la majorité pour lui rendre ses galons et prérogatives !



Car bien qu'il assure avoir : " (...) beaucoup d’amis et qu’il avait toujours le soutien de Nicolas Sarkozy et de François Fillon" Evoquant : " des milliers de témoignages de soutiens reçus depuis quelques mois par les Français, le député assure: Je suis le contraire d’un homme seul et abandonné (...) " - 20Minutes

Cette situation, celui qui fut l'un des hommes les plus influents de l'UMP et dont la modestie n'a jamais été le plus grand trait de caractère ne la supporte plus et pourrait bien si sa mise à l'écart se prolongeait "mettre les pieds dans le plat"

Il nous donne d'ailleurs un échantillon de sa possible "capacité de nuisance" dans un entretien avec le magazine Le Point.

Extraits : " (...) Éric Woerth est furieux contre ses anciens camarades du gouvernement. Vraiment furieux. Au point de songer sérieusement à écrire un livre... (...) "Je m'attendais à plus d'appuis de la part de Fillon et de Baroin, dit-il. Je pensais que les responsables de la politique immobilière de l'État auraient le courage de l'assumer (...) Baroin ne fait que de la com. Fillon ne veut pas se mouiller. Ce sont des édredons." Sic ! (...) " - Intégralité sur le site du Point

On pourra constater le même "empressement" des actuels dirigeants de l'UMP à le réintégrer dans l'équipe dirigeante, au sein du mouvement puisqu'il ne figure, si l'on en croît le site de l'UMP, que dans la liste des "Conseillers politiques" comme " Président de la fédération départementale de l'Oise"

On notera au passage, que sa fiche personnelle n'est pas encore été actualisée. En effet, sur ladite fiche, il est mentionné, à la rubrique "qui je suis" : Ministre du Travail, de la Solidarité et de la Fonction Publique "

Alors, étourderie des administrateurs du site, nostalgie ou prémonition ? Ce sera, en partie, à la Cour de Justice de la République d'en décider.

Entre temps, on risque de passer quelques mauvaises nuits à l'Elysée, à Matignon comme à l'UMP, au cas où, celui qui déclare lorsque J-M Apathie lui demande : " Vos amis politiques peuvent dire c'est un peu finit pour lui " (...)" : " ça peu être finit pour eux dans un certain nombre de cas. Nul n'est à l'abri de ce que j'ai vécu. Nul n'est à l'abri de celà (...) " voyait son avenir politique transformé en chiffon de papier !

18 janvier 2011

Accidentologie : L'Union européenne réfléchit aux trains ... de la route !

Rouler au delà des limitations de vitesses coûte très cher. Ainsi on a vu fleurir les régulateurs de vitesse. Effet pervers : la principale cause de mortalité sur autoroute est devenue la somnolence. Réponse de L'EU : La conduite robotisée en convoi !

Va t-on retrouver le plaisir des convois de charriots des pionniers de l'ouest américain ? C'est la question qu'on se pose en découvrant le projet SARTRE (Safe Road Trains for the Environment) financé par l'Union européenne. En clair, comme dans un train : pouvoir carrément dormir tout en roulant !

Les conducteurs de véhicules automobiles sont dans leur très grande majorité responsables. Ils ont conscience que la conduite d'un véhicule demande une attention de tous les instants. Mais la tentation est grande, de la part des pouvoirs publics, de faire appel à la technologie, pour résoudre tous les problèmes.

Ainsi, on voit fleurir de plus en plus de dispositifs d'aide à la conduite destinés à suppléer (ou remplacer) le conducteur. Avec de célèbres ratés, comme le test de la Volvo S60, qui ne rassurent franchement pas !


Les automobilistes sont aussi une très large majorité à penser que les limitations de vitesses imposées sur les autoroutes sont parfois un non sens. Surtout si la distance à parcourir est importante.

Souvenez-vous du débat sur l'abaissement de la vitesse sur autoroute de 130 à 110 km/h.

Evoquée en 2009, elle fut vite démentie par la secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie, Chantal Jouanno. Néanmoins, elle fut appliquée : " (...) à titre d'expérimentation sur les 180 km d'autoroutes non concédées de Lorraine (A30, A33, A330 et A313, soit environ la moitié du réseau régional) " puis étendu aux : " (...) 24 km de l'autoroute A 8 qui traversent les Alpes-Maritimes de la frontière italienne jusqu'en limite du Var (...) "

Objectif ? : " (...) améliorer la sécurité et simplifier la lisibilité des panneaux de limitation de vitesse qui alternaient entre 110 et 130 km/h sur plusieurs tronçons de l'autoroute (...) " Le Préfet ajoutant que cela permettrait : " (...) aux automobilistes de mieux apprécier le paysage (...) " - Est Eclair

Oui, mais ils finissent par s'assoupir. Ce qui donne cet étonnante réaction de l'Association des sociétés françaises d'autoroutes, en octobre 2010, qui annonçait qu'elle allait demander : " (...) une plus grande répression contre l'endormissement auprès de Michèle Merli, déléguée interministérielle à la Sécurité routière (...) " - RTL

Donc, aucune solution, si ce n'est la répression qui, de toute façon, ne règlera pas le problème de la somnolence au volant !

C'était sans compter sur l'Union Européenne qui de son côté finance un projet pour lutter contre les accidents provoqués par la somnolence au volant. Ce projet est : " la conduite robotisée en convoi "

En effet, nous apprend le site Comment ça marche : " (...) L'Union européenne et d'autres partenaires, comme Volvo, se penchent depuis quelques années sur le sujet, au travers du projet SARTRE

En quoi consiste le projet SARTRE ?

" (...) SARTRE (...) a pour but de tester et développer un système de convoi automatisée sur autoroute (...) La logique de ce dispositif repose sur la formation de trains de véhicules menés par un conducteur professionnel. Chaque véhicule du convoi peut alors, grâce aux technologies embarquées, mesurer la distance de sécurité, et s'adapter à la position de la voiture se trouvant devant lui (...) "



Science fiction ?

Il semble bien que non, puisque : " (...) Pour la première fois, les tests de conduite en convoi ont été réalisés hors des simulateurs, sur une vraie piste d'essai (...) .Tandis que le premier conducteur "guidait" le convoi depuis un camion locomotive, le second, débarrassé des commandes grâce au pilotage automatique, pouvait boire un café ou lire un journal (...) "

Et à quelle vitesse se déplace le "convoi" ?

Le premier conducteur " (...) doit rouler à vitesse constante (90 km/h), sur la voie la plus à droite de l'autoroute. Il est par ailleurs accompagné d'une surveillance électronique, en cas de relâchement (...) "

Quels sont les avantages de ce futur type de déplacement automobile ?

Outre le fait que la somnolence ne serait plus cause d'accidents et que vous pourriez découvrir les joies de lire votre journal, boire ou manger et même ... conter fleurette à votre passagère sans aucun danger " (...) Cette conduite en convoi permettrait d'économiser jusqu'à 20% de carburant, et donc de réduire les rejets en CO2 (...) "

Mais, pour les raleurs dans mon genre, il y a une information à prendre compte. En effet, si les tests vont continuer, afin de pouvoir selon Volvo rendre le dispositif opérationnel sous environ 5 ans. La mise en place dudit dispositif ne pourra voir le jour que lors de : " (...) la mise en place concomitante d'une législation adéquate par les 25 gouvernements européens concernés (...) "

Entre temps, l'état pourrait bien avoir l'idée de généraliser la vitesse à 110 sur autoroute, ce qui permettrait d'améliorer le score de 542 millions d'euros de recettes des radars en 2009. Avec bien entendu, l'assentiment des collectivités locales (130 millions d'euros) - Journal du Net. Sans pour autant résoudre ... le problème de la somnolence dont les limitations de vitesse sont responsables !


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17 janvier 2011

Parisot : "L'année 2011 commence bien pour les femmes " oui mais lesquelles ?

Laurence Parisot exulte : Le texte prévoyant l'instauration de quotas de femmes dans les conseils d'administration a été votée. Elle ajoute : " L'année 2011 commence bien pour les femmes " la seule question est : Oui mais lesquelles ?

" C'est une belle nouvelle pour la parité et la valorisation des femmes dans les entreprises. Il existe des moments où seul le coup de pouce, tel que le quota, peut débloquer des situations injustes. L'année 2011 commence bien pour les femmes ", a déclaré Laurence Parisot, sur le site du MEDEF, elle aurait même précisé selon La tribune : "Il existe des moments où seul le coup de pouce, tel que le quota, peut débloquer des situations injustes"

Mais quelle injustice est réparée ?

" (...) La proposition de loi prévoyant l'instauration progressive de quotas de femmes dans les conseils d'administration et les conseils de surveillance, a été votée ce jeudi en deuxième lecture à l'Assemblée nationale. Le texte porté par les députés UMP, Marie-Jo Zimmermann et Jean-François Copé, prévoit deux paliers : un premier quota de 20 % de femmes dans ces instances dans les 18 mois suivant la promulgation de la loi et de 40 % dans les quatre ans.

Cette obligation concerne toutes les sociétés anonymes cotées, celles du secteur public et celles de plus de 500 salariés et dont le chiffre d'affaires net ou le total du bilan dépasse 50 millions d'euros et ce durant trois exercices consécutifs. Un délai supplémentaire pourrait être accordé aux entreprises familiales non cotées. Le texte prévoit également que les conseils d'administration ou les conseils de surveillance, dépourvus actuellement de femmes, en nomment impérativement au moins une dans les six mois suivant la promulgation de la loi (...) " - La Tribune

Et pour réparer des injustices, Laurence Parisot s'y connaît puisque lors du débat sur la réforme des retraites, elle déclarait au sujet de la pension des femmes : " (...) sur la question des retraites des femmes, beaucoup de contre-vérités sont dites. Il est inexact de dire que le texte de loi est discriminatoire à l’égard des femmes (...) Baisser l’âge légal de départ à la retraite des femmes par rapport aux hommes, cela équivaut à entériner cette inégalité de fait (...) Les injustices dont sont victimes les femmes y compris dans la vie professionnelle et dans le foyer", ne doivent pas être entérinées par cette réforme " - Slovar Marianne2

Autres injustices mais probablement moins prioritaires pour Laurence Parisot : Le sort des femmes dans les entreprises

Temps partiel

" (...) 5,5 % des actifs sont employés en temps partiel et souhaiteraient travailler davantage, soit 1,25 million de personnes. Il s’agit à 75 % de femmes (...) Au total, 9 % des femmes salariées sont en situation de temps partiel subi, contre 2,5 % des hommes. Le taux atteint 13,9 % pour les femmes non-diplômées, 12,9 % pour celles de moins de 29 ans, 13,1 % pour les employées (...)

Inégalité salariale

" Les femmes gagnent 27 % de moins que les hommes. L’écart est de 19 % pour des temps complets et 10 % à poste et expérience équivalents (...) " nous dit l'observatoire des inégalités

Précarité

" (...) les 2 tiers des travailleurs à bas salaires sont des femmes et elles sont 2 fois plus souvent au Smic que les hommes (...) " Brigitte Grés Inspectrice générale des affaires sociales - Egalité professionnelle de juillet 2009

Des chiffres et des faits qui n'honorent pas la "féministe" Parisot !

Mais après tout, dans une période aussi difficile en termes d'emploi ou de pouvoir d'achat, comment les femmes françaises ne pourraient pas se réjouir du fait que : " (...) Selon l'association Action de femme.fr (...) la nouvelle loi (...) conduirait à nommer 181 femmes dans les conseils d'administration et les conseils de surveillance pour atteindre dans les 18 mois les 20 % de femmes dans ces instances (...) "

Car, que voulez-vous, au MEDEF on a toujours eu beaucoup de mal à faire rêver sur la vie d'une caissière ou d'une employée de bureau ...


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