02 mars 2012

Fraude aux accidents du travail : L'étonnant silence de Xavier Bertrand ?

Prompt à dénoncer les fraudeurs à la sécurité sociale, Xavier Bertrand est pourtant bien silencieux sur le cas des employeurs qui sous déclarent accidents et maladies des salariés !

Xavier Bertrand se veut impitoyable à l'égard des fraudeurs, puisqu'il n'hésitait pas à déclarer en mars 2011 : « (...) Des millions de nos concitoyens payent chaque jour des cotisations, font des efforts, rencontrent des difficultés. Dans le même temps, d'autres ne payent pas ce qu'ils devraient payer ou touchent des prestations auxquelles ils n'ont aucun droit. Ils volent la protection sociale, ils volent les Français (...) » Allant même jusqu'à proposer de publier dans la presse l'identité des fraudeurs et la nature de la fraude.

Alors comment ne pas s'étonner de son manque de réactivité face à : « (...) l'ouverture d'une enquête préliminaire sur le géant du pneu Michelin, soupçonné de sous-déclarer des accidents et des arrêts de travail de ses salariés (...) » révélée mardi dernier par TF1 dans son journal de 20h00.

Phénomène isolé diront certains. Sauf que, nous apprend l'Usine Nouvelle, cette pratique qui pénalise la sécurité sociale ... ne serait pas un cas isolé !

Que disent-ils ?

« (...) Chaque année, la Commission présidée par Noël Diricq, conseiller à la Cour des comptes, se voit signaler plusieurs écarts. Des pressions sur les salariés pour qu'ils ne déclarent pas les accidents, aux pressions aussi sur les médecins de ville pour ne pas accorder d'arrêt de travail au motif que le salarié se verra proposer un poste aménagé, en passant par l'accompagnement du salarié chez le médecin par une personne de l'entreprise qui prend en charge les soins… Ces comportements de dissimulation s'expliquent notamment par la réticence à afficher des taux de sinistralité élevé ou en hausse, précise le rapport. Question d'image oblige… (...) »

Ce qui dans le cas de Michelin est confirmé par un syndicaliste : « (...) Selon Jacques Chambon, membre du syndicat CGT chez Michelin, il arriverait à l’entreprise de harceler par téléphone des employés victimes d’accidents du travail en arrêt maladie pour qu’ils reviennent travailler (...) il arriverait parfois que la direction fasse pression sur le médecin du travail pour qu’il ne délivre pas d’arrêt à un employé accidenté (...) » - Reponseatout

Au delà de l'image de marque, quel intérêt Michelin aurait-elle à cacher des accidents du travail ? demande Reponseatout

« (...) En ne déclarant pas les accidents de travail, Michelin s'exonère du paiement de la pénalité due à la caisse des accidents du travail (...) En plus, cela oblige les salariés à faire rembourser leurs soins par le régime général, plombant un peu plus les caisses de la Sécurité sociale (...) »

Même si pour l'instant, nous dit l'Usine Nouvelle : Dans le cas de Michelin, la fraude n'est pas encore avérée, il est bon de se poser la question du montant global estimé de ce type de fraude.

Alors, comme dirait Jean-Pierre Pernault : Combien ça coûte ... à la sécurité sociale ?

« (...) Selon le rapport de la Commission Diricq, la sous déclaration des risques professionnels (accidents du travail et maladies professionnelles) aurait représenté entre 587 millions et 1,1 milliard d'euros de manque à gagner pour la Sécurité sociale en 2011. Alors qu'il n'était que de 135 millions d'euros en 1997 (...) »

On pourra s'étonner que Xavier Bertrand n'ait pas profité d'une intervention au parlement ou d'un de ses très nombreux passage à la télévision ou à la radio pour dénoncer ces pratiques et exiger de ses services de traquer ces fraudeurs qui volent les français.

Allez, soyons bon princes, il reste encore 65 jours à notre ministre pour mettre fin à ce scandale ...

01 mars 2012

Formation des chômeurs : Outil illusoire du retour vers l'emploi ?

La formation des chômeurs serait la panacée pour leur faire réintégrer le marché du travail. Or, la réalité est toute autre, puisqu'une étude publiée par Pôle Emploi montre que moins d'un chômeur sur deux accède à un emploi dit « durable »

Au moment où le Président candidat continue de nous proposer de travailler plus, mais sans gagner plus : « Quand la durée de la vie s'allonge, quand la crise détruit des emplois, si l'on ne veut pas que les salaires baissent, que les retraites baissent, que les allocations diminuent, il faut travailler plus », l'INSEE indiquait que le taux de chômage en catégorie A a atteint, en incluant les départements d'Outre-mer, le taux de 9,8%. Eurostat de son côté affirmant que le taux de chômage harmonisé est de 10 % pour la France fin janvier 2011!

Ce taux particulièrement élevé ne devrait malheureusement pas diminuer dans la mesure où chaque jour des projets de restructurations et de réductions d'effectifs sont annoncés par les entreprises françaises.

Alors que faire des chômeurs dont le nombre s'accroît au fil des plans sociaux et des ruptures conventionnelles ? Ces dernières représentant : Plus de 288.000 en 2011 contre 255.000 en 2010 (soit 770 000 depuis 2008 et 2 fois plus utilisées que le licenciement économique )

Si l'on en croît notre Président candidat, la solution pour renverser la solution consisterait à former tous ces salariés privés d'emploi.

Nous ne reviendrons pas sur la fumeuse idée de référendum, pour obliger les chômeurs ayant obtenu une formation, d'accepter le premier emploi correspondant proposé, pour nous concentrer sur la situation actuelle des formations, permettant aux chômeurs d'augmenter leurs compétences, ou se recycler par des formations.

Dans ce domaine, Pôle Emploi a toute légitimité pour les proposer. Néanmoins, on ignorait jusqu'à présent quel pouvait être l'impact de ces formations sur la reprise d'emploi.

C'est chose faite depuis le 29 février. La Gazette des Communes nous apprend que Pôle Emploi a fait réaliser une enquête, en octobre 2011 auprès de 3 500 demandeurs d’emploi sortis de formation (financée ou non par Pôle emploi).

Quels sont les résultats ?

« Un chômeur sur deux ayant suivi une formation déclarait en 2011 être en activité six mois après (...) »

En activité ?

« Si la majorité des reclassements à six mois (74 %) se font sur des emplois dits durables (au moins un CDD de six mois), plus d’un quart le sont sur des emplois précaires (intérim, CDD inférieur à 6 mois .... (...) Ce sont les hommes ainsi que les demandeurs d’emploi les plus expérimentés qui retrouvent plus fréquemment un emploi à l’issue des 6 mois qui ont suivi la fin de leur formation (...) le passé professionnel est déterminant pour retrouver un emploi (...) »

Ce qui signifie clairement que les entreprises continuent à réintégrer les plus employables et que pour tous les autres, les formations ne sont d'aucune utilité à court, moyen ou long terme !

Ce que savait parfaitement Nicolas Sarkozy lorsqu'il a lancé son idée de référendum sur la formation et l'indemnisation des chômeurs. Mais dans la mesure où le Président candidat est persuadé que sa réélection repose sur le combat contre « les assistés » où est le problème ?


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Institut Montaigne

28 février 2012

Trop c'est trop ! : Manifestations des syndicats européens contre l'austérité !

« Trop, c'est trop », c'est le cri de ralliement des syndicats de salariés adhérents à la Confédération européenne des syndicats face aux possibles futures mesures d'austérité qui se profilent les 1 et 2 mars lors du prochain sommet européen.

Lorsqu'on évoque l'Europe, on pense plus à la lourde mécanique libérale que représente la Commission et aux lobbies économiques qui imposent leurs règles à des millions de consommateurs, qu'aux syndicats de salariés. Et pourtant, ceux-ci sont représentés au niveau de l'union par la Confédération européenne des syndicats (CES)

Assez peu médiatisée, elle a été fondée en 1973, et représente 84 organisations syndicales dans 36 pays européens. En sont membres les syndicats français : CFDT, CFTC, CGT, FO et UNSA. Son objectif majeur est : « de promouvoir le modèle social européen et d’œuvrer au développement d’une Europe unifiée de paix et de stabilité au sein de laquelle les travailleurs et leur famille peuvent pleinement profiter des droits humains et civils et de hauts niveaux de vie (...) »

C'est au titre de cet objectif que la Confédération européenne des syndicats a lancé pour demain une journée d'action européenne pour l'emploi et la justice sociale. En effet, ses membres craignent à juste titre que le prochain sommet européen qui se tiendra les 1er et 2 mars prochains n'aboutissent à des mesures d'austérité encore plus dures que celles déja en place et qui toucheraient une fois de plus les salariés.


Ils appellent donc à des manifestations, des prises de parole et des débrayages le 29 février dans les 27 pays de l'Union.

Quelles sont leurs arguments ?

« Les effets de la crise financière, économique et sociale ont atteint des niveaux insoutenables dans plusieurs pays. Face à l’extrême gravité de la situation, les dirigeants européens placent la course à l’austérité comme la réponse prioritaire. La crise sert de prétexte tout trouvé pour attaquer le modèle social européen, justifier les coupes sur les salaires et dans les services publics, affaiblir la protection sociale, hyperflexibiliser le marché du travail et porter atteinte aux droits syndicaux. Ainsi, au moment où le sommet européen doit adopter un traité enfonçant durablement l’Europe dans la récession et la précarité, les syndicats européens affirment que « trop c’est trop » et replacent les priorités de l’emploi, de la relance, de la justice sociale et de la solidarité au cœur des débats. Tous les pays de l’UE (et au-delà) participeront à la journée d’action européenne de la CES au travers de manifestations, de rassemblements, d’arrêts de travail ou encore d’informations aux travailleurs dans les entreprises et les administrations. Ces actions, couvertes par des campagnes médiatiques, seront décentralisées et menées aux niveaux national, régional et transfrontalier (...) »

Que se passera t-il en France ?

L'intersyndicale (CGT, CFDT, FSU, Unsa, Solidaires) prévoit environ 160 rassemblements et manifestations interprofessionnelles à travers le pays

Cette journée de mobilisation ne se limitera pas à la fonction publique comme certains aimeraient le faire croire, puisque des salariés des entreprises privées comme la SNECMA, Alsthom, Renault, PSA, Dassault, BIGARD, PERRIER, VITTEL CONTREX, VOLVIC, HARIBO, KRAFT LU, NESTLE GRAND FROID, TROPICANA, YOPLAIT, BEL, HOLDER, LESAFFRE, ... se joindront aux défilés.

A noter qu'en Lorraine : « (...) un rassemblement sera organisé avec les syndicats belges de la CSC et du FGTB avec le syndicat luxembourgeois OGBL et une délégation CGT et CFDT (...) une conférence de presse unitaire à la « Brème d’Or » à Sarrebruck, à la frontière franco-allemande, sera organisée par le DGB, la CGT et la CFDT (...) »

A Strasbourg : « la CGT et le syndicat allemand DGB distribueront des tracts aux automobilistes sur le pont de l’Europe (...) Le DGB participera à la manifestation (...) »

En Rhône-Alpes : « (...) Les syndicats italiens CGIL, CISL, UIL du Piémont et du Val d’Aoste et une délégation CGT et CFDT Rhône-Alpes organiseront lors de ce rassemblement, une prise de parole, une distribution de tract, une conférence de presse (...) »

En Languedoc-Roussillon : « une délégation CGT de l’UD 66 participera à la manifestation européenne de Barcelone. En retour, une délégation des syndicats espagnols UGT et CCOO participeront à la manifestation unitaire de Montpellier »

Ces manifestations nationales et communes sont-elles un prélude à des actions ciblant des entreprises multinationales utilisant le dumping social et réclamant aux gouvernements des pays de l'Union toujours plus : de déréglementation du travail, de diminution des droits des privés d’emploi et de remise en cause des règles d’indemnisation du chômage ?

L'avenir ... proche nous le dira !


Carte des lieux de rassemblement en France



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Le Point

27 février 2012

Chantage à l'emploi et patrons « voyous » : C'est ça la valeur travail ?

S'il existe des salariés pour qui le discours du Président candidat sur la valeur travail sonne creux, ce sont bien ceux d'Air Méditerranée et d'Albany-Cofpa victimes les uns d'un dumping social et les autres de patrons « voyous » !

A votre avis, c'est quoi la valeur travail ? Voilà une question que le Président candidat devrait aller poser aux salariés d'Air Méditerranée et d'Albany-Cofpa. Il ne devrait pas être déçu de leurs réponses !

Air Méditerranée

« Profitez d’une compagnie aérienne qui casse vraiment les prix sans renoncer à la qualité. Offrez-vous des billets pas cher sur l’ensemble du pourtour méditerranéen. Vol vers Marrakech, billet d’avion pour Tunis, aller-retour Paris Tel-Aviv sans oublier la Grèce, l’Egypte et la Turquie...découvrez toutes nos destinations. Laissez-vous tenter. En famille ou entre amis, pour affaire ou plaisir, voyagez enfin sans vous ruiner » Peut-on lire sur le site Web de cette compagnie aérienne basée en France.

Or, le PDG, Antoine Ferretti, a une vision bien étrange de « la qualité sans se ruiner » puisqu'il vient de décider au nom de : « (...) nécessité de réduire ses coûts opérationnels pour faire face à la concurrence de compagnies d'Europe de l'est, qui tirent les prix vers le bas (...) » de délocaliser son personnel navigant ... en Grèce !

Quels sont ses arguments ?

Arguant avoir été touché par les crises tunisienne et égyptienne qui auraient occasionné en 2011 une légère perte, il a : « proposé à une trentaine de ses pilotes et hôtesses basés en France d’être reclassés dans sa filiale en Grèce, avec un salaire réduit de 30 % en moyenne (...) Dans quelques jours, la direction d’Air Méditerranée connaîtra le nombre de candidats au plan de départs volontaires et le nombre de ceux qui souhaiteront être reclassés chez Hermès Airlines, une filiale grecque créée opportunément en août 2011 (...) » nous explique l'Est Républicain

C'est légal ?

Oui nous dit France Soir qui a interviewé l'un des représentant syndicaux de la compagnie.

Les équipages seraient aujourd'hui exclusivement grecs sur la moitié des vols d'Air Méditerranée « (...) Ils prennent les avions de notre flotte, qu'ils réématriculent en Grèce pour correspondre à la réglementation et pouvoir faire voler des pilotes grecs » explique Denier Roumier, délégué syndical qui précise : « Les salaires sont payés en Grèce, les gens travaillent en France » et ajoute que pourtant : « (...) les salariés d’Air Méditerranée sont déjà les moins bien payés des compagnies françaises (...) »

Albany-Cofpa

Cette entreprise, filiale d'un groupe américain, située à Saint-Junien dans la Haute Vienne qui emploie 133 salariés est rentable puisqu'elle a affiché 4 millions de bénéfices.

Les salariés ont appris jeudi dernier que leur activité serait transférée au siège alsacien du groupe. Depuis : « les dirigeants locaux ont quitté le site de Saint-Junien et verrouillé les machines sur ordre du fond de pension américain qui possède l'entreprise. Livrés à eux-mêmes, les salariés se relaient pour faire acte de présence et veiller sur leur outil de travail » raconte l'Est Républicain

Deux magnifiques exemples de la valeur travail que le Président candidat nous expliquait vouloir défendre lors de son meeting de Lille : « (...) Je me sens proche de tous ces Français qui aiment leur travail, qui aiment leurs entreprises, je veux les aider (...) tenter de répondre à leurs souffrances. Je n'y arriverai pas toujours mais je vous le promets solennellement, j'essaierai de toutes mes forces (...) »

Des mots bien insuffisants pour les salariés d'Air Méditerranée et d'Albany-Cofpa « qui aiment leur travail et leur entreprise » et qui seraient ravis, Monsieur le Président que vous veniez leur parler : « du travail, cette valeur cardinale de République » que vous évoquez si bien, et de l'aide promise !


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Tendance Ouest

24 février 2012

Valeur travail : Les heures supplémentaires plombent l'embauche !

Nicolas Sarkozy ne cesse ces derniers jours, comme en 2007 d'essayer de nous vendre la valeur travail. Or selon l'Acoss les embauches sont en chute libre tandis que les heures supplémentaires sont au plus haut !

Selon notre Président candidat : « (...) Il faut travailler davantage pour réduire les dettes. C'est la ligne que j'ai fixée. Je ne m'en suis pas départie pendant ces cinq années (...) Il ne faut pas travailler moins, il faut travailler davantage (...) »

En gros, le même discours qu'en 2007, sauf qu'en incluant les accords compétitivité-emploi, que Xavier Bertrand veut absolument faire accepter par les syndicats de salariés, on aboutirait à : Travailler plus et ... gagner moins !

Pour en revenir au travailler plus, les moins observateurs auront relevé l'aspect le plus pervers des propos du Président candidat : Essayer de faire croire aux électeurs que les entreprises peinent à recruter du fait que les chômeurs refusent leurs offres.

Qu'en est-il vraiment ?

Justement l'Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss) vient de publier son baromètre pour janvier 2012. Celui-ci indique une nette dégradation des embauches, et une forte augmentation ... des heures supplémentaires.

« (...) En janvier 2012, les déclarations d’embauche de plus d’un mois (hors intérim) diminuent de 2,7 %, revenant au niveau de novembre 2011, qui est également le même que celui constaté en janvier 2011 (...) »

Le baromètre est commenté par BFM Business qui écrit : « (...) La situation est plus ou moins la même qu'en janvier de l'année dernière. En effet, 2011 avait bien commencé, mais la tendance s'est retournée à partir du quatrième trimestre. Les embauches dans le secteur privé avaient reculé de 3,9 %. Et, avec un nouveau repli de 2,7 % au premier mois de 2012, la progression de 2011 s'en trouve finalement totalement effacée (...) »

Dans le même temps, les entreprises ont joué à fond la carte des heures supplémentaires : « (...) L'année 2011 a été marquée par un belle reprise des heures supplémentaires, surtout au premier semestre. Elles ont même dépassé le niveau de l'année 2008, avant la crise. Sur l'année, la progression a été de 4,5 % (...) »

Résultat : Un formidable effet d'aubaine pour les entreprises qui ont su utiliser les heures supplémentaires défiscalisées comme l'expliquait la CFDT au détriment des embauches, alors que 5 millions de français sont inscrits à Pôle Emploi !

Devant une telle situation les français affichent le plus grand pessimisme puisque : « 63% en activité professionnelle estiment qu'il leur serait difficile de retrouver un emploi s'ils se retrouvaient au chômage (...) 30% pensent qu'elles décrocheraient assez facilement un nouveau poste et 7% très facilement (...) » selon une étude Ifop publiée par Atlantico.

Face à tout cela, le Président candidat « courageux qui protège » et qui veut une « France forte » propose un référendum sur la formation des chômeurs. Cherchez l'erreur !


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Direct Matin

23 février 2012

Produit en France : L'entreprise Caddie pourrait-elle disparaître ?

Caddie®, marque produite en France, devenue pour beaucoup de français un terme générique, et symbole du pouvoir d'achat serait en difficulté. Le Président candidat sera t-il sensible à la lettre que les salariés lui ont adressé ?

Si les marques ont envahi notre quotidien, il en est certaines dont le nom est devenu avec le temps, un terme générique. On peut citer le Formica, le Frigidaire (devenu Frigo) ou le Caddie.

Le Caddie cet outil que les français ont découvert avec l'arrivée des super marchés et qu'on remplissait à ras bord dans les années fastes. Ce chariot, du moins son contenu, qui représente aujourd'hui un indicateur de pouvoir d'achat.

On n'oubliera pas de signaler que le Caddie est fabriqué en France et fait travailler 600 salariés en Alsace. De quoi se réjouir alors ?

Eh bien non, semble t-il si l'on en croît 20Minutes qui consacre un court article à cette marque créée en 1928 et nous explique que celle-ci traverse une mauvaise passe.

Selon le site du quotidien : « (...) Le tribunal de commerce de Strasbourg pourrait se pencher le 5 mars prochain sur les comptes du leader du marché des chariots de supermarché et d'aéroport. Son placement en redressement judiciaire ne serait pas à exclure, selon certains (...) »

La raison ?

Un des syndicalistes de l'entreprise aurait affirmé à 20Minutes que Caddie aurait « besoin que l'État lui prête un peu d'argent car les banques ne veulent plus le faire » Cet argent : « (...) permettrait notamment de finaliser un projet de transfert de son pôle peinture d'Oberhausbergen à Drusenheim, où se trouvent ses lignes de production (...) »

Inquiets pour leur avenir, les salariés : « (...) ont décidé d'écrire au Président Nicolas Sarkozy, à son ministre et président de la région Philippe Richert, ainsi qu'à l'ancien député (UMP) François Loos (...) »

Même si nous ne connaissons pas la situation actuelle de la trésorerie et la qualité de la stratégie commerciale de l'entreprise Caddie, il est évident que l'hypothèse d'une disparition serait un très mauvais signe pour les produits d'origine France, tant vantée par le gouvernement et pour l'emploi !

Cette histoire ne serait pas complète si nous n'indiquions pas que le principal concurrent de Caddie, Wanzl® est Allemand et possède un site de fabrication situé ... en Alsace à Sélestat.

Si les deux entreprises ont une stratégie de production internationale : Allemagne, France, République Tchèque et en Chine pour Wanzl et France, Portugal et Chine pour Caddie, devrait-on conclure que les banques allemandes seraient moins frileuses que les banques françaises en termes de prise de risque ?

Si c'était le cas, ne serait-il pas urgent de séparer les activités de banques d'affaires et de dépôt afin d'inciter la sphère financière à développer prioritairement les activités les plus utiles à l'économie ?

Dans l'immédiat, fait remarquer un des syndicalistes de Caddie : « Il faut aider l'entreprise car elle s'est toujours battue pour ne pas délocaliser ! »

Espérons que le Président candidat qui nous a fait, hier soir, une « brillante »démonstration de sa TVA anti délocalisation, déploiera plus d'énergie pour sauver un savoir-faire national que celle déployée jusqu'à présent pour l'aciérie de Florange !

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Creetik

22 février 2012

Plans sociaux : Les DRH veulent-ils interdire le contrôle des juges ?

Un des cabinets d'avocats préféré des DRH s'agace du rejet par la justice de certains plans sociaux appliqués par des entreprises florissantes à leurs filiales déficitaires. Sa proposition : Mettre hors jeu les juges qui vérifient la validité des plans sociaux !

Les plans de sauvegarde de l'emploi plus connus sous le nom de plans sociaux se sont succédés à cadence élevée ces derniers mois, faisant monter le chômage à son plus haut.

A tel point que, révélait François Chérèque sur Public Sénat les services de Xavier Bertrand : « (...) appelaient en ce moment les grandes entreprises pour leur enjoindre de reporter d’éventuels licenciements après l’élection présidentielle. Précisant : « Des chefs d'entreprise et DRH me disent que toutes les semaines, le ministère leur téléphone pour leur dire qu'ils reportent à plus tard leurs plans s'ils avaient des intentions de licencier (...) »

Même si le ministre a démenti ce matin sur Europe1, il est clair que le cauchemar des salariés n'est pas fini et que la dernière solution à l'annonce d'un plan social reste la justice, capable dans certains cas de l'interdire.

C'est justement cette particularité que le cabinet Avosial, présenté par Le Figaro comme le : « très influent syndicat des avocats en droit social » et qui se définit comme des : « spécialistes de droit du travail conseillant et défendant au quotidien les entreprises » voudrait bien voir disparaître.

En effet, le syndicat a écrit aux candidats à l’élection présidentielle, pour les alerter sur : « une tendance judiciaire qui remet en question la procédure de licenciements économiques en France ». Le syndicat considère en effet que l’affaire Viveo, qui sera examinée par la Cour de cassation le 28 février 2012, est emblématique de cette tendance récente qui vise à rendre impossibles les plans de sauvegarde de l’emploi.

Affaire Viveo ?

Le Monde Informatique nous l'expliquait : En mars 2010 les salariés de Viveo France manifestaient contre la mise en place d'un plan de restructuration par la société suisse Temenos qui était en train de les racheter. Le Comité d'Entreprise de Viveo mandatait un expert indépendant pour analyser la situation économique du groupe. Le rapport de l'expert concluait qu' « il n'y avait pas de motif économique au projet de restructuration présenté et visant à supprimer plus du tiers des effectifs de Viveo France» Fort de ces éléments le CE assignait la direction en justice, devant le Tribunal de Grande Instance de Paris, afin que soit prononcée la nullité du PSE (Plan de sauvegarde de l'emploi) en raison de l'absence de motif économique.

La direction de Temenos France affirmant de son côté que le PSE était justifié par une perte de compétitivité des produits Viveo sur le marché domestique.

Résultat des courses, le PSE de Temenos était annulé, ce qui était confirmé par la Cour d'Appel. Le dernier round doit avoir lieu à mi mars où la Cour de Cassation Sociale tranchera définitivement sur la validité ou non du PSE.

Et comme l'écrit Le Figaro les arrêts de la Cour de Cassation donnent régulièrement des sueurs froides à tous les DRH de France et au cabinet Avosial. Celui-ci vient d'écrire un lettre aux candidats à la présidentielle pour leur demander de se déterminer sur ce qu'il appelle : « une immense insécurité pour les employeurs, PME ou grands groupes, français ou étrangers »

Ses arguments pourraient faire sourire s'il ne s'agissait pas du sort de salariés : « L'immense majorité des restructurations vise à pérenniser une activité et non à faire des bénéfices pour augmenter la capitalisation » et ajoute que si la Cour de Cassation devait donner raison aux salariés de Viveo, ce serait ouvrir : « la porte à l'interdiction de tout licenciement en France » et nuirait « à l'attractivité de la France et à sa capacité à retenir ou créer des emplois »

Eh oui, ce qui ennuie le cabinet d'avocat de nombreux DRH, ce ne sont pas les décisions par lesquelles les tribunaux donnent raison à leurs clients, mais les cas où ils donnent raison aux salariés ! C'est pourquoi, ils pensent qu'il serait plus agréable d'être débarrassé de juges incapables de comprendre la formidable opportunité que représente : « Un plan social d'entreprise mondialisée dont la filiale française rencontrerait des difficultés »

Même s'il est assez improbable que les principaux candidats se penchent dans l'immédiat sur cette requête scandaleuse, rien de dit que cette proposition ne puisse pas figurer, à terme, dans un catalogue de mesures ... destinées à relancer l'emploi.

Salariés, la plus grande vigilance reste de mise !


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Nicolas Vial

21 février 2012

Les français élus meilleure agence de voyage ... éléctorale par Frédéric Lefebvre ?

Frédéric Lefebvre veut convaincre les américains de venir passer leurs vacances en France. C'est l'explication de son cabinet pour justifier son troisième voyage en un mois au pays de l'oncle Sam où ... il est candidat aux législatives !

N'en déplaise aux touristes asiatiques, russes, australiens, africains ou du Golfe Persique, les seuls touristes que Frédéric Lefebvre a décidé de cajoler et séduire sont ... les américains !

Ces derniers doivent être particulièrement réticents à venir visiter notre beau pays, puisque nous dit le site Notre Temps : « (...) Le secrétaire d'Etat au Tourisme Frédéric Lefebvre se rendra de jeudi à mardi aux Etats-Unis pour promouvoir la destination France, un 3ème voyage en Amérique du Nord en un mois (...) » Il sera donc du : « 23 au 28 février, à San Francisco et Los Angeles sur les thèmes promotion de la destination France et développement et compétitivité des entreprises (...) »

Slovar vous a raconté son précédent voyage qui remonte tout de même au ... 8 février : « (... ) Vendredi 8, Frédéric Lefebvre sera à Miami afin de représenter le gouvernement français lors du premier Symposium Mondial des conseillers de commerce extérieur de la France (... ) Puis : La Floride (...) Le secrétaire d'Etat ira donc à la rencontre de cette communauté d'affaires, rassemblée à l'initiative de son cousin, Christophe Maincourt, le nouveau président de la French-American chamber of commerce of Florida (...) Samedi, c'est à New York que le secrétaire d'Etat sera attendu (...) » Sans oublier, au passage, de rencontrer les élus UMP : « (...) à l'abri des regards indiscrets (...) »

Que disent les services du ministre pour justifier une telle débauche de déplacement particulièrement ciblés ... géographiquement ?

« Ces déplacements du secrétaire d'Etat n'ont rien à voir avec les législatives (...) sa campagne n'est pas lancée", il ne parle pas des législatives lors de ses déplacements, n'a accordé aucune interview sur ce sujet (...) Les seuls rendez-vous politiques de ces déplacements sont des réunions privées avec les militants UMP locaux, comme il y en a aussi en province (...) »

Au delà du comique de dissimulation auquel se livre Frédéric Lefebvre avec la complicité du gouvernement et du Président candidat, il est assez désagréable pour les français d'avoir la franche sensation d'être pris pour des enfants en bas âge ou des demeurés.

Pour nous convaincre du contraire, il ne reste plus à notre ministre voyageur qu'à se rendre, par exemple, en Russie, en Asie ou en Océanie, pour promouvoir avec la même force, la destination France. A moins que ce travail n'ait été déjà réalisé par son collègue des transports Thierry Mariani qui y est candidat dans cette gigantesque circonscription.

Dans ce cas, il reste encore 9 autres circonscriptions remplies de pays, comme la 7 eme : « Allemagne, Albanie, Autriche, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Croatie, Hongrie, ancienne République yougoslave de Macédoine, Pologne, Roumanie, Serbie-et-Monténégro, Slovénie, République tchèque » qui, nous en sommes certains, seraient ravis d'écouter les arguments de Frédéric Lefebvre, sur le potentiel touristique de la France ...


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Ministère des finances et de l'industrie

20 février 2012

A Florange on attend toujours le « Président du peuple » !

Les ouvriers d'ArcelorMittal Florange n'ont toujours pas reçu de soutien ou de visite du président candidat qui répétait : « J'aime les usines, c'est mon truc » N'aurait-il que des référendums à leur proposer comme solution à leur colère et angoisse ?


Le conflit qui oppose les ouvriers d'ArcelorMittal Florange à leur direction est un symbole très fort à deux mois de l'élection présidentielle. En effet, le Président candidat qui n'a cessé durant son mandat, de hurler son bonheur de se trouver dans une usine, semble cette fois-ci, sans réaction face à une possible fermeture qui pourrait concerner à terme, des milliers de salariés.

Que faire pour éviter une fermeture qui ressemblerait bigrement à celle de Gandrange ?

A ce jour, le « Président courageux qui protège » n'a semble t-il aucune réponse à apporter.

Par contre, le Président candidat a fait des propositions qui selon lui permettraient de lutter contre la désindustrialisation ?

« La fin des 35 heures qui pourraient être vidées de leur substance avec des négociations compétitivité emploi au sein des entreprises ». Traduction : travailler plus et accepter de gagner moins

Et en cas de fermeture ?

La mis en place d'un « référendum sur le chômage (...) dans lequel on demanderait aux français de valider : « l'obligation pour les chômeurs d'accepter la première offre d'emploi correspondant au métier pour lequel ils auront été nouvellement formés (...) »

On est bien loin des « discours ouvriers » prononcés en Moselle d'un : « Moi j'aime bien les usines. Moi je veux rencontrer des vraies gens, aller dans les usines, expliquer ce qu'on est en train de faire (...) Usines, ouvriers, politique industrielle ne sont pas des gros mots (...). Je crois à la vocation industrielle de la France et de la Lorraine, une région qui a connu tant d'épreuves (...) »

Bien loin aussi : « la France qui se lève tôt, la France qui travaille (...) La France qui ne demande rien, mais qui se lasse qu'on exige tant d'elle » qu'il venait visiter et à qui il promettait de gagner plus en travaillant plus ...

La réalité, c'est qu'après avoir prouvé son impuissance à empêcher les entreprises de supprimer des emplois, et oublié toute promesse de réforme du capitalisme, notre Président candidat n'a que le « courage » à proposer aux ouvriers de Florange !

Courage de qui ?

Des salariés qui devront apprendre à vivre avec des salaires variables en fonction du carnet de commande de leurs entreprises et pourront être licenciés plus facilement ?

Des mêmes salariés qui, ayant perdu leur emploi, se verront proposer n'importe quelle formation, et à terme, n'importe quel pseudo emploi, qu'ils devront accepter sous peine de perdre leurs indemnités ?

Ou d'un président candidat qui serait capable de retourner maintenant dans cette Lorraine qui a connu tant d'épreuves pour l'expliquer aux salariés d'ArcelorMittal Florange ?

Malheureusement pour les salariés de Florange, il semble bien Monsieur le Président que votre vision du courage se limite à une référendite aigüe. Un peu court pour prétendre au titre de « Président du peuple » ...

17 février 2012

Contrat social ou Pacte social : Enjeu de société pour les salariés !

Les organisations patronales se sont engagés dans la campagne présidentielle. On ne compte plus leurs argumentaires justifiant la flexibilité ou la casse du code du travail. La CGT a décidé de leur répondre point par point. Attention choix de société !

Dopés par la proximité de la présidentielle les organisation patronales ne cessent directement ou par le canal des élus de l'UMP de nous expliquer que les maux des entreprises sont dus : Au coût du travail, au 35H00, à la rigidité du code du travail qui ne permet pas de licencier sans entrave, à l'impossibilité de moduler les salaires à la baisse en cas de moindre activité. Et en ce qui concerne les chômeurs : A la non dégressivité des allocations chômage.

Tout ceci, à l'UIMM porte le « joli » nom de « Pacte social pour une industrie compétitive »

On y apprend, entre autre que l'UIMM : « (...) réclame qu'on lui livre des salariés disposant au minimum d'un socle de connaissance de base. En gros savoir lire, écrire, compter, s'exprimer en anglais, maîtriser les TIC (...) » Qu'en ce qui concerne les licenciements, elle : « (...) réclame une sécurisation juridique et un allégement de ce qui relève du licenciement économique (...) » Et pour ces assistés de chômeurs, elle propose d'offrir : « Une prime à ceux qui se remettent en selle rapidement, avant épuisement de leur droit (...) » tout en réclamant une dégressivité des allocations afin de motiver les salariés à une reprise rapide !

Face à ces allégations et provocations, dont la plupart figureront au programme du Président candidat, il était nécessaire que les syndicats de salariés apportent leurs réponses à ces arguments. C'est la CGT qui a décidé de s'y coller au travers d'un questions/réponses fort intéressant

Le coût du travail en France est-il trop élevé ? : « Les chiffres sont têtus. La Cour des comptes affirme que le coût du travail en France, compte tenu de la productivité horaire, se situe en dessous de la moyenne de celui de l’Union européenne (...) »

Les Français ne travaillent-ils pas assez ? : « En 2009, un salarié français travaillait en moyenne 39,4 heures par semaine, un Italien 39 heures, un Danois 37,7 heures… la moyenne de l’Union européenne à 15 et à 27 étant fixée à 40,4 heures (...) »

Le droit du travail est-il trop rigide en France ? : « (...) Les études comparatives publiées par l’OCDE ont mis en évidence qu’un pays doté d’une législation protectrice pouvait avoir un taux de chômage plus faible qu’un pays doté d’une législation plus souple, et inversement (...) »

Faut-il baisser les salaires pour préserver l’emploi ? : « (...) l’expérience montre que les garanties sur l’emploi restent virtuelles, quand les sacrifices consentis par les salariés sont bien réels. Que sont devenues les promesses tenues lorsque l’entreprise a mis la clef sous la porte ? Les salariés de Continental à Compiègne en savent quelque chose : ils se sont serré la ceinture et ont été licenciés quand même (...) »

Les chômeurs sont-ils des assistés ? : « (...) Moins de la moitié seulement est indemnisée par le régime d’assurance chômage, moyennant une rémunération moyenne de 1 122 euros par mois. Les autres perçoivent, dans le meilleur des cas, les minima sociaux comme l’allocation spécifique de solidarité ou le revenu de solidarité active (...) »

Belles différences d'interprétations direz vous! Surtout que celles-ci définiront à cour terme l'avenir de notre modèle social. A vous d'être vigilants et de bien lire les programmes des candidats avant de déposer votre bulletin de vote dans l'urne !

16 février 2012

Salariés : Voterez-vous Medef ... à la présidentielle ?

Même si les accords chantage compétitivité-emploi n'ont aucune chance de voir le jour avant la fin du quinquennat, ils pourraient être imposés, comme d'autres « douceurs », aux salariés si Nicolas Sarkozy et sa majorité étaient reconduits pour 5 ans !

Pressés par les organisations patronales, le gouvernement a obligé les partenaires sociaux à se réunir pour discuter des accords compétitivité-emploi qui consistent à : « (...) déroger à la durée légale de travail, à la hausse comme à la baisse, en échange de la promesse d'un maintien des emplois, sans l'accord express du salarié (...) »

Alors que Laurence Parisot fait semblant d'être optimiste sur la négociation qui commence vendredi, et que, comme d'habitude, la CFDT, la CFTC et la CGC se bercent d'illusions sur leurs capacité à impressionner le Medef, il existe une certitude : Il n'y aura pas d'accord et le gouvernement, pour cause d'élections présidentielle ne pourra pas les imposer.

C'est une bonne nouvelle pour tous les salariés, surtout ceux des petites entreprises, où il n'existe pas de représentation syndicale, puisque expliquait la CGPME : « (... ) le patron parle beaucoup avec ses salariés qui voient tout de suite s'il y a des commandes ou pas (...) » Et proposait que ces accords soient validés, après référendum dans l'entreprise.

Référendum à bulletins secrets ou à main levée, suivant la majorité absolue ou relative, quel vérificateur pour le scrutin ? Et quel avenir dans l'entreprise pour celui ou ceux qui auront ... « mal voté » ? Nul ne le sait !

Néanmoins, le Medef qui a dicté la majeure partie des sujets soumis par le Président lors du sommet social espère bien que celui-ci sera reconduit pour un nouveau mandat.

C'est pourquoi, l'organisation patronale vient de publier Besoin d'aire, sorte de manifeste, dans lequel au milieu d'une brassée de chiffres plus ou moins sourcés, et de vielles antiennes comme le coût du travail ou des nouveautés comme la « softlaw » ( destinée à enterrer de façon définitive les class actions), on découvre à quoi pourrait ressembler le futur des salariés en cas de réélection du Président sortant

Le chômage - Constat du Medef

Selon l'organisation patronale : Les employeurs interrogés en 2010 sur leurs intentions d'embauches pour 2011 auraient qualifié leurs projets de recrutement (580 000) de difficile. Dans le même temps, il y aurait 300 000 offres d'emploi non satisfaites.

Propositions du Medef

Pour faire baisser le chômage, il serait donc nécessaire d'aller vers encore plus de flexibilité de mobilité et de souplesse en termes de séparabilité. Ce qui affirme le Medef : Permettrait de lutter contre le chômage et la précarité !

Et le Medef de brandir, à titre d'exemple, ce qu'il qualifie de fleuron de la flexisécurité : La rupture conventionnelle. Et de se réjouir du fait que : « Depuis 2008, plus de 20 000 ruptures sont homologuées chaque mois sans quasiment aucun contentieux » Ajoutant : « (...) C'est la démonstration qu'un contrat de travail peut se terminer sans conflit pour laisser place de part et d'autre à de nouveaux projets professionnels (...) »

Ruptures conventionnelles qui ont surtout servi à se séparer à bon compte des seniors. Alors qu’en moyenne seulement près de 10 % des entrée à Pôle Emploi font suite à une rupture conventionnelle, ce pourcentage passe à 17% pour les 55-60 ans et 12,9% pour les plus de 60 ans. Une habile façon de camoufler des mises en préretraites ... financées par l'Unedic martèle Le Figaro !

La retraite

Le Medef indique qu'il est indispensable de repousser encore l'âge de départ à la retraite. Avec comme argument le fait que : « (...) Augmenter la durée de cotisation sans augmenter l'âge de départ à la retraite n'aura qu'un faible impact sur les importants besoins en financement du système (...) » Et le Medef de dégainer son fameux pilier de capitalisation.

Une convergence de plus avec le gouvernement Sarkozy puisqu'en septembre 2011, François Fillon proposait tout simplement de repousser l'âge légal de la retraite à 67 ans, sous les applaudissements nourris de ... Laurence Parisot !

Mais pourquoi, puisqu'à ce jour, plus de 800 000 seniors sont au chômage, et qu'il est quasiment impossible passé 55 ans de retrouver un emploi !

Tout simplement pour forcer les salariés à se tourner vers la capitalisation afin de ne pas être obligé d'attendre l'âge légal pour partir en retraite. Cette nouvelle donne remplirait les caisses des banques comme Paribas dont madame Parisot est administratrice ou celle des compagnies d'assurances adhérentes au Medef au travers de la FFSA.

De quoi permettre aux établissements financiers de se refaire des pertes inhérentes à la crise ... sans offrir la moindre garantie sur le long terme. Et dans la mesure où l'état n'apporterait pas sa garantie en cas de faible rendement ou de nouveau krach financier ...

Ces propositions, aussi provocantes ou choquantes qu'elles puissent paraître ont été pourtant validées par l'UMP et feront, selon toute probabilité, partie du programme du candidat Sarkozy. Maintenenant, c'est à vous de savoir, si vous souhaitez, dans quelques jours, confier au Medef, le sort de l'économie, du travail, de l’emploi et de la santé ...

Sources
Les Echos
La Tribune
Le Figaro

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20Minutes