23 mars 2012

Dépassements d'honoraires : Les petits cadeaux électoraux de Xavier Bertrand

Xavier Bertrand n'aura tenu aucun compte du refus des mutualistes et des syndicats de salariés en ce qui concerne les dépassements d'honoraires. Le nouveau secteur optionnel va créer un effet d'aubaine et une augmentation des cotisations des assurés ... à 30 jour du premier tour de la présidentielle !

Le 2 novembre 2011, Slovar vous informait de l'adoption d'un amendement défendu par Xavier projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2012 qui instaurant le secteur optionnel.

Avec la plus grande des discrétions, le ministre vient de faire publier au JO un décret et un arrêté instaurant l'option de coordination renforcée qui oblige les assureurs et mutuelles à rembourser aux patients des dépassements d’honoraires plafonnés à 50 % au-dessus du tarif Sécu en ce qui concerne il concerne trois spécialités : la chirurgie, l’anesthésie-réanimation et la gynécologie-obstétrique

Vers un grand krach sanitaire ?

C'est assez probable dans la mesure où après le doublement de la taxe sur les contrats de santé solidaires et responsables des complémentaires santé, qui devrait, selon la Mutualité française, entraîner une hausse des tarifs de 4,7% en moyenne en 2012, on voit mal les assureurs et mutualistes ne pas répercuter, une fois de plus, la nouvelle obligation de remboursement !

Quelle efficacité sur la hausse permanente des dépassements d'honoraires ?

Visiblement aucune expliquent les organisations de consommateurs qui expliquent : « (...) les médecins pratiquant de gros honoraires en secteur 2 avec une bonne clientèle n'ont aucun intérêt à passer dans le secteur optionnel. Quant à ceux qui dépassent peu vont augmenter leurs prix puisqu'in fine, le dépassement sera pris en charge par les mutuelles (...) »

Ce que la Mutualité française qualifie, à juste titre, comme un formidable effet d'aubaine !

Plus précisément détaille Le Monde, cité par la Mutualité française : « (...) Avec ce dispositif, les mutuelles et les associations de consommateurs craignent que dans les grandes villes et les régions où les dépassements d'honoraires sont élevés (Paris, Paca, Rhône-Alpes…), le plafond de 50% du tarif opposable ne soit trop bas pour attirer les candidats, et que dans les zones où les tarifs du secteur 2 étaient peu élevés, les médecins ne soient tentés d'augmenter leurs prix jusqu'à 50% (...) »

Ajoutons à celà, que Selon Le Monde : « (...) le ministre de la Santé ne compte pas s'arrêter là et pourrait faire publier, avant la présidentielle, un nouveau décret, qui obligerait cette fois les complémentaires à prendre en charge les dépassements plafonnés à 20% des autres spécialités (...) »

Conséquence

Une nouvelle pénalisation de la santé des français qui ne disposent pas de complémentaire santé que UFC Que Choisir chiffre de façon précise : « cela signifiera que les 4 millions de Français dépourvus de complémentaire devront assumer seuls le poids écrasant de ces nouveaux dérapages tarifaires »

Face à cette décision de Xavier Bertrand, les syndicats de salariés et la Mutualité française réclament :

« un strict encadrement des dépassements d’honoraires comme première mesure d’urgence ;
- L’ouverture immédiate de négociations avec l’ensemble des acteurs concernés pour fixer une juste rémunération des actes médicaux »

Mais il est plus que probable, compte tenu de l'urgence avec laquelle cette mesure a été prise, que le ministre reste sourd à ces demandes et préfère sacrifier la santé d'au minimum 4 millions de français, afin d'obtenir le vote massif du corps médical pour le président candidat !


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Le Monde

21 mars 2012

Accords compétitivité-emploi : Travailler moins et gagner moins, travailler plus et toujours gagner moins !

Les discussions entre le patronat et les syndicats sur les accords compétitivité-emploi se poursuivent dans un climat tendu. Et pour cause, l'enjeu est : Travailler moins et gagner moins ou travailler plus et gagner moins !

Lancé par le Président candidat à la demande de l'UIMM et du Medef, les accords compétitivité-emploi ne devraient pas, selon le patronat et les syndicats de salariés, voir le jour avant l'élection présidentielle comme l'exigeait Nicolas Sarkozy.

C'est heureux, dans la mesure où, imposer à la va vite, aux salariés : « (...) la mise en place d'une répartition des horaires sur une période supérieure à la semaine et au plus égale à l'année ne constituant pas une modification du contrat de travail »comme il est écrit dans l'article 40 de la proposition loi « cavalier » de Jean-Luc Warsmann, député UMP, est un pur scandale !

Alors, où en est-on des négociations entre partenaires sociaux qui se déroulent en ce moment ?

La CFDT n'est pas fondamentalement hostile au fait que : « (...) En cas de difficulté, on doit pouvoir demander, ponctuellement, aux salariés, d'échanger temps de travail et/ou salaire contre une garantie d'emploi (...) »

Patrick Pierron, secrétaire national de la CFDT, qui participe au négociations, allant jusqu'à croire que le patronat est prêt à accepter de discuter, une fois par an, avec les salariés : (...) de la situation économique de l'entreprise, avec des informations vérifiables (...) »

Moins crédules la CGT et FO par la voix de Maurad Rabhi : « C'est une mascarade. Le patronat veut généraliser le chantage à l'emploi tout en le sécurisant juridiquement » et de Stéphane Lardy : « C'est un texte idéologique. qui vise à contourner toutes les obligations liées aux licenciements économiques, comme les aides au reclassement » refusent le marché de dupes proposé par le patronat.

Néanmoins, les trois syndicats se retrouvent pour condamner le fonctionnement des accords que souhaite leur imposer le Medef

Si le Medef : « (...) exclut toute remise en cause, dans les accords compétitivité-emploi, de la durée légale du temps de travail, des congrès payés ou du Smic (...) » Madame Parisot est trop bonne ! l'organisation patronale rêve toujours de rendre prioritaire un accord par rapport au contrat de travail.

Ce qui signifierait que dans le cas où une majorité se dégagerait parmi les salariés de l'entreprise, l'accord s'imposerait à l'ensemble. Quant aux réfractaires, ils seraient licenciés : « (...) Mais il ne s'agirait plus de licenciement pour faute ou de licenciement économique, une troisième voie, lui garantissant le versement d'indemnités et le droit à un préavis, restant à trouver ... (...) »

Comptons sur Laurence Parisot inventeuse de la rupture conventionnelle pour trouver un nouveau mode de licenciement adapté ... qui viendra plomber un peu plus les comptes de l'UNEDIC !

Bon, mais une fois le problème des réfractaires réglé, ce qui vous le constaterez est loin d'être fait, d'autres questions se posent pour ceux ayant accepté.

De quelle durée seront ces accords et seront-ils modifiables ?

Et là, le Medef n'y va pas par quatre chemins

Le Medef veut qu'un accord : « puisse être remis en cause en cours de route si l'activité se dégrade plus vite qu'imaginé et qu'en tel cas, un « médiateur » soit saisi « pour éviter une judiciarisation du processus »

Médiateur qui sera sans nul doute absent dans les petites entreprises où il n'existe pas de représentation syndicale et où l'employeur aura toute latitude pour remettre en cause les accords !

En ce qui concerne la durée, pas de trace, mais la possibilité de passer des accords correspondant à des difficultés conjoncturelles comme structurelles.

Traduction : Il y aura toujours une bonne raison pour imposer une baisse des salaires ou une augmentation du temps de travail sans contre partie financière !

Il est clair qu'en l'état seule la CFDT reste naïvement persuadée d'obtenir un bon accord avec le patronat. Il est également clair que le patronat sait qu'en cas de réélection de Nicolas Sarkozy, celui-ci n'hésitera pas une seconde à lancer un référendum sur le sujet.

De quoi faire réfléchir nombre de de salariés électeurs ...


Sources
Le blog Questions sociales
Les Echos
L'Usine Nouvelle

20 mars 2012

Bien être au travail : Y a encore du boulot !

Alors que Laurence Parisot ne cesse de vanter le bien être au travail, il est indispensable de prendre connaissance d'une étude de la DARES publiée le 16 mars indiquant que le travail en entreprise est toujours plus intense.

Les salariés vont être ravis : « Le 3 avril prochain Le Medef 44 organise et anime avec l'association Market Cadres une Table Ronde sur le thème : Le bien-être au travail : quand l’épanouissement du salarié devient un vrai levier de performance pour l’entreprise ! » Source Medef 44 et Market Cadres

Cette « bonne nouvelle » est à comparer avec l'étude de la Dares (ministère du Travail) publiée vendredi 16 mars dernier, qui montre le véritable état du bien être au travail.

Que dit l'un des passages les plus importants de l'étude ?

« L’intensité du travail est l’une des principales dimensions des facteurs psychosociaux de risque au travail (...) la mesure de ces risques repose sur différentes variables, comme les contraintes de rythme, l’exposition à des objectifs irréalistes ou flous, des instructions contradictoires ou encore des interruptions répétées d’activité (...) la demande psychologique, définie comme la charge mentale qu’engendre l’accomplissement des tâches tend à augmenter entre 2003 et 2010 pour toutes les catégories professionnelles Cette situation qui s’accompagne d’une baisse de la latitude décisionnelle des salariés engendre un net accroissement de la proportion de salariés en situation de « job strain », c’est à dire de « tension au travail »

Pour ceux qui mettraient en doute la valeur de cette étude, la CGT qui a publié l'information précise que : « Ces résultats sont issus du dernier volet de l’enquête SUMER (Surveillance médicale des expositions aux risques professionnels), réalisée en 2009-2010 par 2.400 médecins du travail auprès de 48.000 salariés représentatifs du privé et du public »

Il est à noter qu'en novembre 2009, François Fillon avait demandé à Henri Lachmann, président du Conseil de surveillance de Schneider Electric SA, Christian Larose, président de la section du travail du Conseil économique, social et environnemental, et Muriel Pénicaud, directrice générale des ressources humaines du groupe Danone, de lui proposer des mesures pour améliorer les conditions de santé psychologique au travail.

Ils remettait au Premier Ministre le 17 février 2010, leur rapport sur la prévention du stress au travail « Bien-être et efficacité au travail »

A cette occasion François Fillon a : « (...) insisté sur la priorité qu’il y a à mieux mobiliser les instances dirigeantes des entreprises dans la dimension sociale de l’entreprise en général et dans la politique de santé au travail en particulier. Il est de la responsabilité primordiale des dirigeants d’intégrer le facteur humain dans toutes leurs décisions. La responsabilité sociale des entreprises est d’abord celle de ses dirigeants (...) »

Et depuis, plus rien ! D'ailleurs, une recherche sur l'expression « stress au travail » sur le site du Premier Ministre vous confirmera que la dernière action sur le sujet remonte au 17 février ... 2010 !

Les plus enthousiastes diront qu'il reste encore quelques jours à François Fillon pour nous expliquer de quelle façon il compte s'occuper du bien être des salariés. Les autres pourraient en rire s'il ne s'agissait pas de leur santé !

19 mars 2012

Auto-entrepreneur : Faut-il réformer ou supprimer le statut de toutes les dérives ?

Entre l'enthousiasme exprimé par Hervé Novelli l'initiateur du statut d'auto-entrepreneur et la réalité des témoignages de salariés obligés de choisir ce statut pour travailler, on est en droit de se poser la question de sa validité !

En novembre 2010, L'Expansion interrogeait Hervé Novelli sur le statut d'auto-entrepreneur et lui posait la question suivante : « Le statut d'auto-entrepreneur est régulièrement mis en cause. Il (...) serait utilisé par les employeurs pour ne pas embaucher de salariés. Qu'en pensez-vous ? »

Hervé Novelli : « Depuis qu'il a été créé le statut d'auto-entrepreneur suscite la critique de part et d'autre. Mais ces situations qui sont très fréquemment soulevées dans la presse restent très marginales (...) Certaines personnes ont été licenciées et obligées de s'inscrire en tant qu'auto-entrepreneur, c'est fort regrettable (...) »

Et pourtant en mars 2010, L'Express dénonçait déjà de nombreuses dérives dans : Les vices cachés de l'auto-entreprenariat. Extrait

« (...) certaines PME proposent désormais à leurs nouveaux collaborateurs de travailler sous le statut d'auto-entrepreneur plutôt que de les embaucher. Ce salariat déguisé leur permet de ne pas payer de charges, de primes de précarité ou de congés. Cette pratique, déjà sanctionnée par le code du travail, ne garantit aucune sécurité à ces employés. La majorité d'entre eux n'ont que cette entreprise comme source de revenus et sont donc plus dans un rapport d'employé-employeur que de client-fournisseur (...) »

Vous trouverez sur le net de nombreux exemples d'annonces de recrutement de collaborateurs avec statut d'auto-entrepreneurs.

« L'éditeur xxxxx recherche des commerciaux indépendants (statut auto-entrepreneur) susceptibles de représenter notre société d’Edition dans diverses villes de France (...) »

« xxxxx recrute commerciaux h/f sur toute la France. Bénéficiez du nouveau statut auto-entrepreneur. Postes à temps plein, en complément de revenus ou en complément de retraite »

Comme variante, on aura soin de lire le témoignage de cette formatrice en langue qui racontait comment l'un de ses employeurs lui avait proposé une augmentation obligatoirement liée ... au passage au statut d'auto-entrepreneur !

Au gouvernement, on avait promis, la main sur le coeur, de mettre fin à ce genre de pratiques. Elle ont malgré continué à persister puisqu'on apprenait le 16 mars dernier que : « Acadomia, le leader du soutien scolaire en France, venait d'être a été épinglé par l’Urssaf Paris-Ile de France pour avoir incité une partie de ses salariés à prendre le statut d’auto-entrepreneur, afin de réduire ses charges sociales »

Pas de surprise pour Michel Abhervé qui en 2009 dénonçait sur son blog : « les pratiques d’Acadomia qui associait à un usage généralisé de la défiscalisation au nom de l’encouragement à l’emploi à domicile une pratique d’incitation généralisée à l’auto-entrepreneuriat, facteur d’économies de charges, et donc de profit maximisé »

Si Acadomia va subir un redressement de cotisations sociales légitime, il est clair comme l'explique le magazine Challenge, qui a révélé l'affaire, que les pratiques qu'Hevé Novelli qualifiait de marginales, sont légions dans le secteur des services à la personne. Où écrit le magazine : certaines entreprises emploieraient même 100 % de leur effectif en auto-entrepreneur

Si on ne souhaite pas communiquer au sommet de l'état sur ces pratiques. Challenge nous explique qu' à sa demande, la Délégation Nationale de Lutte contre la fraude vient de missionner les Urssaf d'une vaste opération de contrôle des auto-entrepreneurs.

Ce qui tendrait à prouver que le phénomène est tout sauf marginal !

D'ailleurs, trois députés UMP s'étaient émus en février 2012 de cette situation et avaient proposé, pour lutter contre cette forme de salariat déguisé de : « (...) mettre clairement en garde chaque auto-entrepreneur au moment où il s'inscrit des conséquences en cas d'une activité de sous-traitance avec son ancien ou son futur employeur (absence d'assurance chômage notamment) (...) tout en admettant que le chiffre de 1,5% des auto-entrepreneurs affirmant avoir créé leur entreprise à la demande de leur ancien ou de leur futur employeur (...) est sans doute minoré (...) »

Ce qui imposerait, en toute logique, un moratoire destiné à réviser le dispositif et définir des pénalités exemplaires pour les entreprises abusant de ce statut pour améliorer leurs profits.

Néanmoins, du côté de l'UMP, au delà de la dérisoire « mise en garde des auto-entrepreneurs », la priorité est l'extension du statut d'auto-entrepreneur aux étudiants. En effet, en cas de victoire à la présidentielle et aux législatives, l'UMP propose dans son projet numérique : « (...) la création d’une vraie culture du numérique. A ce titre, le statut d’auto-entrepreneur devrait être renforcé pour répondre aux nouveaux usages du numérique (...) » Du travail en perspective pour les contrôleurs de l'Urssaf ...

16 mars 2012

Chômage des seniors : Le plus grand scandale du quinquennat Sarkozy !

Alors que le nombre de chômeurs seniors a largement dépassé les 800 000, le 14 mars, se tenait à Paris le Forum emploi seniors organisé par le Medef et le Ministère de l'Emploi qui durait ... une journée !

En Février 2010, Laurent Wauquiez alors Secrétaire d'Etat à l'Emploi visitait le Forum emploi seniors où il se montrait très optimiste quant aux perspectives d'emploi de ces chômeurs.

Le 15 mars 2012, le site SeniorActu publiait un reportage sur le Forum emploi seniors qui s'est déroulé mercredi 14. On y apprend que : « (...) moins de 40% des 55-65 ans ont un emploi en France (...) Bien que la France compte 6 millions d’actifs de 50 ans et plus, le taux d'emploi des seniors continue d'être l’un des plus faibles d'Europe avec 37,8% (...) » de quoi afficher, effectivement, un bel optimisme !

En clair, rien n'a changé, si ce n'est que les seniors sont toujours les premiers concernés par la rupture conventionnelle réclamée par le Medef et votée par les parlementaires de l'UMP et qu'une fois au chômage, ils n'ont quasiment aucune chance de revenir dans le monde du travail !

Opinion qui n'est pas partagée par deux entreprises spécialistes auto proclamés de l'emploi des seniors interviewés par L'Express

Selon Bertrand Favre, président et co-fondateur de Bitwiin, un site qui met en relation seniors et recruteurs, les seniors ne frapperaient pas toujours aux bonnes portes : « On sait qu'il y a des centaines de milliers d'emploi à pourvoir dans les PME (...) D'autant que le dirigeant de PME veut juste trouver quelqu'un pour remplir un poste. Il n'a pas de frein lié à l'âge, surtout que les jeunes ne s'y pressent pas (...) »

On pourra également sourire ou hausser les épaules aux propos de Christian Cazalot président du cabinet de recrutement Attitudes : « (...) Beaucoup de candidats seniors font des erreurs de ciblage. Quand ils postulent dans des grandes entreprises, leurs difficultés ne viennent pas toujours de stéréotypes associés à leur âge, mais de processus de recrutement complexes (...) ce n'est pas eux qui ne sont pas faits pour l'entreprise, mais l'entreprise qui n'est pas faite pour eux (...) »

On en rirait si ce n'était pas aussi grave !

Agé de 57 ans, j'ai récemment connu 26 mois de chômage consécutif pendant lesquels après avoir successivement revu mes exigences jusqu'à un niveau de junior et recherché un poste dans d'autres secteurs d'activité je n'ai obtenu que deux entretiens d'embauche infructueux !

Et pourtant, contrairement à l'objection sur l'inadaptation des salariés âgés, je maîtrise la bureautique et je maîtrise les NTIC depuis plus de dix ans. Néanmoins, comme me l'a dit un recruteur au téléphone : Dans l'Internet, monsieur, l'âge de recrutement se situe aux alentours de 25 ans ! Quant à envisager les autres secteurs d'activité, la réponse aura été la même que celle qu'on fait à tous les demandeurs d'emploi : Vous manquez d'expérience !

Alors, que pouvaient trouver les chômeurs seniors au Forum emploi seniors ?

SeniorActu nous présente quelques opportunité qui étaient offertes au seniors à la recherche d'un emploi

Une association éditrice d'un site de valorisation des compétences qui organise, comme Pôle Emploi des ateliers : CV (avec conseils pour CV, lettre de motivations, des bilans de compétences ) ainsi que : « des séances gratuites sur : le conseil en image et communication ; le marketing de soi ; les solutions pour concrétiser le retour à l'emploi ; l'étude du CV et de la lettre de motivation (...) »

Comment obtenir un diplôme avec la Validation des Acquis de l’Expérience

Une association qui proposait aux seniors : « (...) de s’investir bénévolement à leurs côtés pour accompagner les demandeurs d’emploi et s’adresse également aux seniors en recherche d’emploi (...) »

Des activités de mandataire indépendant en assurances proposées par AXA qui précise que : « (...) cette opportunité est particulièrement adaptée aux jeunes retraités, aux artisans, commerçants (...) »

Une enseigne de vente à domicile de produits cosmétiques : « (...) spécifiquement dédiés aux peaux matures (...) dont les vendeuses : sont à la retraite, et d’autres exercent encore une activité professionnelle en parallèle de l'activité de conseillère (...) »

Du lourd comme vous pouvez le voir ! A part ça, comme le disait notre Président candidat s'adressant à un chômeurs âgé, lors de l'émission Parole de Candidat : A 57 ans on est pas fichu ...


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Le site de l'Elysée

14 mars 2012

Le Gros mensonge d'Eric Besson : « Les Dacia fabriquées au Maroc resteront au Maghreb »

En février dernier, Eric Besson inaugurait avec Carlos Ghosn une usine Renault géante au Maroc. Il affirmait à cette occasion que les véhicules produits seraient réservés Maghreb et ne rentreraient en France que de façon marginale. Un bien vilain mensonge !

Un peu plus d'un mois après les propos d'Eric Besson, ministre de l'industrie, qui certifiait que la production de la nouvelle usine marocaine de Renault ne concernerait la France, que de façon marginale, on apprend par le site Boursier.com, que les consommateurs français pourront se rendre dans les concessions Dacia ou Renault/Dacia, pour passer commande d'une Dacia Lodgy entièrement fabriqué à Tanger.

Cette information n'est que la confirmation de ce qu'écrivait la presse spécialisée en janvier : « (...) En tête de production, le monospace Lodgy de Dacia pour une commercialisation en France au printemps. Avec un prix aux alentours de 12 000 euros, le Lodgy est presque deux fois moins cher qu’un Scenic (plus de 20 000 euros), mais ne cible pas la même clientèle argue le constructeur. Pour réduire ses coûts, Dacia mutualise les composants (en valeur) avec ses autres modèles à hauteur de 70% et réutilise des composants déjà rentabilisés (près de 800 000 véhicules produits sur la plate-forme Logan en 2011). Mais surtout, les usines marocaines ont un avantage salarial sur les sites roumains, avec des salaires nets deux fois moins élevés (...) » Rappelons que le Renault Scénic est fabriqué à Douai

Il faut savoir, indiquait La Tribune qu'un : « un ludospace style Kangoo sera produit dans la nouvelle usine géante de Tanger ce modèle devrait coûter deux fois moins cher que le célèbre Kangoo (...) » qui est fabriqué, lui, à Maubeuge

Quand on connaît les chiffres de vente de Dacia en France et le pouvoir d'achat en baisse des consommateurs français, il y a tout lieu de penser que les volumes commercialisés seront loin d'être marginaux !

Et comme l'usine qui emploiera 2600 salariés au démarrage devrait employer 6.000 salariés en 2015, rien n'empêchera Renault de produire d'autres modèles, ou de délocaliser une part un peu plus importante de sa production française, au Maroc.

Ce qui n'empêchait pas Eric Besson interrogé par la presse lors de l'inauguration de l'usine de Tanger de déclarer : « qu’il faut s’habituer à l’idée que nos entreprises doivent conquérir des parts de marché à l’extérieur (...) » avant d'ajouter cette précision incontournable : la batterie du Dacia Lodgy sera fabriquée en France !

Cette situation ne devrait pas améliorer, vous vous en doutez, les choses pour les ouvriers des usines française qui enchaînent les semaines de chômage technique. De même qu'elle risque de toucher les salariés des sous traitants de Renault, dont un certain nombre se sont installés ou vont le faire autour du site de Tanger.

Grave direz-vous au moment où l'industrie française continue de perdre des emplois !

Mais nul doute que notre Président candidat qui s'offusquait que Renault, dont l'état reste le premier actionnaire, puisse fabriquer ses Clio IV en Turquie. Et répétait encore ce matin sur Europe1 qu'il souhaitait qu'on fabrique de plus en plus en France, pourra nous donner quelques explications ...


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Usine Renault de Tanger par JOL Press

12 mars 2012

Référendum Sarkozy : Outil de destruction massive des syndicats de salariés ?

Nicolas Sarkozy qui aura passé 5 ans à vanter les vertus du dialogue social alors que celui ci n'a cessé de se dégrader, propose d'utiliser le référendum pour neutraliser les syndicats de salariés. Bel exemple de démocratie sociale !

En octobre 2011 Slovar les Nouvelles vous expliquait comment les organisations patronales concevait le syndicalisme du futur : « (...) le Président de la CGPME régionale affirme : « Quand on a un syndicalisme décadent, il faut le réformer. Celui-ci est trop politique, trop partisan et c'est d'ailleurs pour cela que les salariés ne s'y retrouvent pas » La solution étant selon les organisations patronales : « (...) de favoriser le dialogue avec des personnes représentatives et non plus enfermées dans des bastions » En gros, ce syndicalisme « new look » se limiterait par exemple, à expliquer aux autres salariés pourquoi ils doivent accepter des modifications de leurs horaires ou durée du travail, sans bien entendu, revendiquer d'augmentations de salaires, au nom d'une : « certaine complicité entre l'économique et le social »

Or, à Villepinte, le Président candidat a confirmé qu'en cas de réélection, il aurait recours au référendum au fait que : « (...) les blocages auxquels il a été confronté venaient de certains syndicats (...) qui ont intérêt à l'immobilisme, au conservatisme par crainte d'un monde nouveau qui verrait diminuer leur influence (...) »

En fin de compte, pas de surprise, Nicolas Sarkozy qui n'a jamais voulu imposer quoi que ce soit au patronat est prêt à éliminer toute opposition même légitime à ses réformes en ce qui concerne les salariés !

Ce qui met un point final aux déclarations et engagements que Nicolas Sarkozy a pu distiller pendant son quinquennat !

En 2007, le tout nouveau Président recevant FO et de la CFTC déclarait : « Il n'y aura pas de passage en force sur les dossiers sociaux. Il y aura un respect du dialogue social (...) » Jean-Claude Mailly ajoutant que Nicolas Sarkozy avait : « confirmé qu'il n'avait pas l'intention de faire autrement que de passer par le dialogue social (...) »

La même année, répondant à la CGPME le Président déclarait : « Je souhaite que les cinq prochaines années soient celles d’une revitalisation profonde du dialogue social, parce que je suis convaincu que le temps de la démocratie sociale n’est pas un temps perdu… »

En 2008, il se félicitait d'avoir : « (...) en l’espace de quelques mois, trouvé avec les syndicats des solutions à des problèmes que personne n’avait su résoudre auparavant (...) » vantant son bilan en matière de dialogue social dans une tribune parue dans Le Monde, dont le Nouvel Obs reproduisait des extraits

« Le chef de l’Etat voit dans le récent accord sur la représentativité des syndicats l’annonce de la refondation complète de la démocratie sociale qu’il appelle de ses vœux. Le dialogue social engagé avec les partenaires sociaux depuis un an est un succès (...) Nicolas Sarkozy attribue ces succès à sa méthode consistant à construire un agenda social partagé avec les syndicats et le patronat (...) Le président dit son estime aux dirigeants syndicaux et patronaux, qu’il a pris l’habitude de rencontrer très régulièrement depuis son élection. Nous avons parfois des divergences, mais notre dialogue est toujours franc (...) Je crois à la nécessité des réformes. Je crois à la vertu et à la force du dialogue social. Je crois au rôle éminent de la convention collective à côté de la loi. Je crois à l’esprit de responsabilité des partenaires sociaux (...) »

Donc, en 2012, les syndicats sont devenus des empêcheurs de tourner en rond, et le dialogue social un handicap qu'il est urgent d'éliminer, en ayant recours à un référendum, dès que le gouvernement aura la certitude que les syndicats refuseront de signer ... ce qu'on leur présente !

Référendums qui porteront immanquablement sur la liquidation progressive des droits des salariés. Par contre, l'égalité salariale homme femmes, le respect du nombre de salariés handicapés ou âgés, l'abus de contrats de travail précaires qui relèvent des employeurs seront bien entendu, exclus de toute consultation référendaire !

Eh oui, la compétitivité de la France serait à ce prix ! Néanmoins, ce sera aux salariés de dire, dans 41 jours s'ils adhèrent à cette vision du dialogue et de la démocratie sociale ...


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Paris Match

09 mars 2012

Xavier Bertrand à Florange en Lorraine, c'est pour quand ?

S'il est particulièrement attentif à la Corse, comme ministre de la santé, Xavier Bertrand semble l'être moins en Lorraine comme ministre du Travail et de l'Emploi où pourtant sa présence serait indispensable.

La situation de l'usine ArcelorMittal de Florange est de plus en plus compromise si l'on en croît le dernier communiqué de l'AFP repris par le Point. En effet : « (...) La réunion de facilitation organisée vendredi sous l'égide de l'État entre la direction et les syndicats pour mettre fin au blocage de l'usine ArcelorMittal de Florange (Moselle) s'est terminée sur un constat d'échec, ont annoncé les syndicats (...) Ils ne nous ont même pas garanti par écrit une poursuite de l'exploitation jusqu'au 31 mars 2013, a regretté le responsable de la CFDT, Édouard Martin, à l'issue d'une réunion d'une heure et demie (...) »

Il est probable que compte tenu de la situation, il aurait été nécessaire, comme pour Lejaby, à Yssingeaux, que les ministres se mobilisent et participent personnellement aux négociations sur l'avenir du site. Les ministres de l'industrie ou du travail et de l'emploi, par exemple ?

Mais, visiblement, ils avaient d'autres priorités

Eric Besson et Xavier Bertrand avaient justement rendez-vous avec des représentants syndicaux des sites détenus par la société Lejaby avant sa mise en liquidation judiciaire. Sauf que Xavier s'était fait représenter par sa directrice de cabinet ... pour se rendre à l'inauguration d'un hôpital à Calvi.

Cette visite nous est décrite sans la moindre complaisance par Corse Matin

« (...) Une visite marathon très bien orchestrée. La journée d'hier a permis à Xavier Bertrand d'apaiser certaines tensions. Et sans doute d'agrandir son aura dans l'île (...) Et de resserrer les liens entre les militants UMP avant d'importantes échéances électorales. Arrivé en jet privé à l'aéroport de Calvi Santa-Catalina (...) À midi, Xavier Bertrand a repris sa casquette d'homme politique pour un mini-meeting avec les représentants locaux de l'UMP (...) c'est de politique et uniquement de politique qu'il a été question. Et notamment de la campagne présidentielle qui s'annonce. Là encore, le ministre s'est voulu rassurant. Invitant ses « amis corses » à investir le terrain pour « soutenir et porter à la victoire le candidat président »

La lecture d'un article de Corse Matin publié hier, vous permettra d'apprendre qu'en période de restrictions budgétaires Xavier Bertrand aurait lancé : « Pour la santé la Corse aura tout ce qui lui faut »

Surprenante priorité direz-vous, au moment ou des milliers d'emplois sont en jeu en Lorraine. D'autant plus que sa circonscription électorale se trouve bien loin, en Picardie.

Les curieux trouveront un début de réponse dans un article publié en juillet 2011 sur le site CeleMondo qui nous expliquait où Xavier Bertrand passait ses vacances

« (...) Comme chaque année, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé va passer ses vacances sur l’île de Beauté. Il est « amoureux de la Corse et d’une Corse » aime-t-il répéter. En effet, c’est de la région de Balagne, près de l’Ile Rousse (Haute-Corse), qu’est originaire l’épouse de Xavier Bertrand (...) La belle-famille du ministre possède une maison à Monticello, près de l’Ile Rousse (...) Cette année, Xavier Bertrand a prévu de faire le tour des établissements hospitaliers corses, afin « d’apprécier la situation de chacun d’eux »

En clair un homme de parole qui sait se mobiliser lorsque l'urgence s'impose !

Quant à l'urgence de Lorraine, elle attendra encore un peu puisque le ministre sera selon son agenda dans le Languedoc-Roussillon, samedi et dans les Hauts-de-Seine, lundi ...

08 mars 2012

La « belle légende » sarkozyste des emplois non pourvus !

Selon le Président candidat, 500 000 emplois seraient non pourvus. Légende répondent les spécialistes pour qui les chiffres annoncés ne correspondent à ... aucune réalité !

S'ils ne partagent pas souvent les mêmes analyses, Marc Landré ( journaliste social au Figaro) et Michel Abhervé (Professeur associé d'économie sociale à l'université de Paris Est Marne la Vallée ) se retrouvent sur un point : Tous deux réfutent les propos tenus par le Président candidat sur le nombre d'emplois non pourvus, lors de son passage sur TF1 : « (...) Un demi million d'offres d'emploi non satisfaites et 2,7 millions de chômeurs (catégorie A) : pourquoi on ne les rapproche pas ? (...) »

Marc Landré, sur son blog Les Dessous du Social : « Plus c'est gros plus ça passe (...) Sauf que jusqu'à présent le ministre du Travail et de l'Emploi, Xavier Bertrand, parlait lui de 250 000 offres (...) Bref, moitié moins. Il continue d'ailleurs toujours de citer ce chiffre après l'intervention du chef de l'État. Quant à ses prédécesseurs, ils avançaient régulièrement le nombre de 300 000. En une émission, on a donc eu une inflation de 100%. Un phénomène digne de la multiplication des petits pains (...) »

Marc Landré qui précise : « D'où sort ce chiffre de 500 000 ? En fait, de nulle part. C'est un chiffre pifométrique et fantasmagorique (...) Il est tiré, à l'origine, d'un sondage réalisé il y a quelques années par les chambres des métiers afin d'estimer le nombre d'emplois non pourvus dans leurs secteurs d'activité (...) »

Michel Abhervé sur son blog : « On ne peut que regretter que ses interviewers ne lui aient pas demandé d’où il sortait ce chiffre, car il aurait été bien en peine de répondre. En effet, les chiffres annoncés varient considérablement, selon le contexte, car personne n’a été à ce jour capable de produire une méthode un tant soit peu fiable d’élaboration d’un chiffre reconnu (...) » Lire aussi : 500 000 emplois non pourvus, 164 789 offres disponibles à Pôle emploi : cherchez l’erreur

Conclusion à laquelle arrivait déjà le site Cadre Emploi qui citant une étude réalisée par deux chercheurs du Centre d'Etude pour l'emploi, en 2009

« (...) sur 13 millions de contrats de travail signés chaque année, il est assez logique qu'en moyenne 400 000 offres soient disponibles en même temps et ne trouvent pas preneurs instantanément. Tout simplement (...) nombre de recrutements supposés restent totalement virtuels (...) Exemple : un appel d'offres auquel plusieurs entreprises répondent. Pour arracher le marché, elles prévoient chacune un certain nombre d'embauches, mais au final, une seule recrutera réellement (...) Les besoins des perdants seront néanmoins comptés comme besoins réels (...) »

Ce qui est confirmé par le site Bezz : « En 2010, selon l’Apec, 100 992 offres d’emploi de cadres informaticiens ont été diffusées… pour 26 500 recrutements bruts … et 4000 créations d’emploi “nettes”. Le rapport entre les créations d’emploi nettes et le nombre d’offres d’emploi diffusées (rien que par l’Apec) est donc de … 1 pour 25 »

Au delà de ces recrutements virtuels, quels sont les autres types de postes non pourvus. Et surtout de quelle qualité sont-ils ?

Une visite sur le site de Pôle Emploi s'imposait. Nous avons sélectionné 3 offres, assimilées dans l'esprit de notre Président à des emplois et qui feront probablement partie des « emplois non pourvus » pour un certain temps

Professeur / Professeure à domicile
Expérience exigée : 2 ans
Formation : Bac+5 et plus ou équivalent Mathématiques Exigé
Salaire indicatif : Horaire de 15 à 25 €
Durée hebdomadaire de travail : 2 H00 Hebdo

Aide ménager / ménagère à domicile
Expérience : Expérience exigée de 3 mois
Salaire indicatif : Horaire de 9,22 €
Durée hebdomadaire de travail : 2H00 Hebdo

Animateur / Animatrice d'atelier artistique ou ludique
Expérience : Expérience exigée de 2 ans
Salaire indicatif : Horaire de 12 à 20 €
Durée hebdomadaire de travail : 6H00 Hebdo

Vous pourrez constater par vous même que ces trois exemples sont loin d'être marginaux, en vous rendant sur le site de Pôle Emploi !

Qu'ajouter, si ce n'est que nous aurions souhaité que le Président candidat ait accepté, au moins une fois, durant son quinquennat, à titre d'expérience, ce type de jobs. Ce qui lui aurait certainement évité de n'avoir comme proposition contre le chômage, qu'un référendum destiné à imposer des formations aboutissant à des emplois ... de quelques jours ou semaines !


Crédit et copyright photo
Le JDD

07 mars 2012

Formation des chômeurs : Démystification d'une proposition de Nicolas Sarkozy

La formation des chômeurs est un des arguments forts de la campagne de Nicolas Sarkozy. Il suffirait de les former pour qu'ils retrouvent un emploi. Ce que conteste le Fongecif, organisme qui finance la formation continue des salariés du privé !

Il est vraiment dommage comme l'explique Catherine Nay dans son livre « l'impétueux » que Nicolas Sarkozy ait été victime d'une épouse malveillante qui a transformé la première partie de son mandat en cauchemar.

Car, s'il n'avait pas eu à subir la fête du Fouquet's et le yacht de Vincent Bolloré, il se serait certainement emparé du sujet de la formation des chômeurs. Mais, il faut dire qu'en 2007, l'objectif était le plein emploi : « (...) je veux dire aux Français, en 5 ans on arrivera à 5% de chômage comme les autres l'on fait, il n'y a aucune façon, aucune raison que l'on arrive pas à ce résultat (...) »

Or, 5 ans plus tard, le nombre d'inscrits à Pôle Emploi a dépassé les 5 millions et ne parvient plus à gérer le flot des licenciés économiques ou issus des ruptures conventionnelles. Alors, fidèle à lui même le Président candidat s'est souvenu d'une décision remontant à juin 2008 : L'offre d'emploi raisonnable qui était selon Laurent Wauquiez : « une offre qui se situe dans un périmètre de 30 km autour du domicile du demandeur d'emploi, et qui correspond globalement à ses qualifications » Celle-ci devant : « réduire, d'ici à 2012, le taux de chômage à 5 % »

Cette lumineuse idée ayant fait long feu, le Président candidat a donc décidé 5 ans plus tard de frapper encore plus fort en proposant de : « forcer les chômeurs à accepter des formations pour s’orienter vers des métiers en tension (restauration, bâtiment…). Il prône un nouveau système dans lequel l’indemnisation ne sera pas une allocation que l’on touche passivement mais une rémunération versée en contrepartie de la formation qu’il devra suivre » nous dit Challenge

Cette proposition immédiatement applaudie par l'UMP a toutefois été remise en cause par plusieurs média économiques au fait qu'il : « (...) est plus facile pour le futur candidat de soupçonner les demandeurs d'emploi de fainéantise (...) » mais, jusqu'à présent, nul n'avait entendu les seuls spécialistes du sujet, à savoir : Le Fongecif, organisme paritaire qui finance la formation continue des salariés du privé et des salariés de l’Afpa qui se sont confiés au journal La marseillaise

Que disent-ils ?

Régis Torreilles, président du Fongecif Paca : « Que l’on arrête de nous considérer comme une vache à lait. Ces propositions reviennent ni plus ni moins qu’à nous pomper les milliards d’euros de la formation professionnelle »

Gérard Goron, directeur du Fongecif Paca de son côté nous explique que le chiffrage de : « 30 milliards d’euros de la formation professionnelle » est assez partial dans la mesure où si : 31,315 milliards d’euros ont effectivement été dépensés en faveur de la formation professionnelle en 2009, ce chiffre inclut les 6,05 milliards d’euros dépensés par les trois fonctions publiques pour la formation de leurs agents. Si bien qu’il conviendrait de parler de 25 milliards d’euros (...) Dans cette enveloppe, les collectes des cotisations des entreprises représentent 13 milliards d’euros, dont 10,70 sont consacrés à la formation des « actifs occupés du privé (...) ». « Et sur ces 10 milliards, 6 sont gérés par les OPCA (Organisme paritaire collecteur agréé) »

En clair, on est loin des 30 milliards d’euros annoncés comme disponibles par le Premier Ministre !

Jean-Claude Labranche, membre de la commission exécutive nationale de la CGT Afpa (Association nationale pour la formation professionnelle des adultes) rappelle au passage que le président-candidat qui érige aujourd’hui la formation des chômeurs comme « une priorité absolue », « n’a eu de cesse de massacrer l’Afpa (...) On est passé de 700 millions d’euros de subvention à ... 10 millions »

Labranche qui réfute l’idée selon laquelle il existerait un stock d’emplois vacants en France « Il y a 4 millions de chômeurs et seulement 300 000 emplois vacants ! Et ce ne sont pas des stocks d’emplois identifiés, mais seulement des personnes qui viennent de quitter leur emploi »,

Sans oublier, tout simplement, que : « Tout le monde n’a pas besoin d’une formation » et comme le dit judicieusement Jean-Claude Labranche : « la formation ne crée pas d’emploi (...) Ce n’est pas un outil magique, il y a des chômeurs qui sont qualifiés, notamment de nombreux cadres en Paca »

Et le syndicaliste de conclure : « On ne peut pas tout attendre de la formation professionnelle. Pour que cela apporte quelque chose, il faut que la personne soit motivée, pas contrainte et forcée. Ce qu’il faut c’est convaincre les gens que la formation pourrait être une vertu, un vecteur de consolidation de leur emploi (...) »

Parfaitement d'accord mais malheureusement pas en phase avec un Président candidat pour qui les chômeurs ne sont en fin compte que des assistés qu'il est nécessaire de ... rééduquer.


Intégralité de l'interview de La Marseillaise


Crédit photo
Ressources Emploi

05 mars 2012

Egalité hommes femmes : L'éternelle découverte de Laurence Parisot ?

Régulièrement, Laurence Parisot brandit son combat pour l'égalité professionnelle hommes femmes. Au point qu'on finit par se demander si elle dirige le Medef dont les adhérents ne semblent pas vraiment concernés !

Si Laurence Parisot est volontairement discrète sur le nombre de ruptures conventionnelles qui ont atteint un record, ou sur les accords de chantage à l'emploi que l'UMP essaye de faire passer avant les présidentielles, elle est volontiers diserte sur les discussions sur la « qualité de vie au travail » auxquelles vont participer syndicats de salariés et patronaux.

C'est au cours de ces discussions que sera évoqué un de chevaux de bataille de madame Parisot : L'égalité professionnelle hommes-femmes. Elle s'en explique : « (...) l'organisation patronale compte notamment mettre l'accent sur l'égalité des chances en matière de progression de carrière car c'est là la clef de l'inégalité des salaires (...) On propose moins d'opportunités aux femmes qu'aux hommes dans l'entreprise (...) dans le cadre de ces négociations, je proposerai de créer un indicateur de taux de promotion hommes-femmes (...) »

Le 27 juin dernier, nous avions consacré un article aux déclarations de Laurence Parisot qui lançait avec l'UMP, à l'époque un vibrant plaidoyer pour l'égalité hommes-femmes.

Nous écrivions : « (...) d’après le rapport du Forum économique mondial de Davos de 2010, la France est classée au 127ème rang sur 134 pays en matière d’égalité salariale entre les hommes et les femmes, derrière le Kenya ou le Kazakhstan ! Malgré la volonté du législateur, l’égalité professionnelle est rarement une orientation stratégique au sein de l’entreprise. On constate même aujourd’hui des signes de régression (...) Le constat actuel est implacable : les femmes représentent 51% de la population française, 47% de la population active mais 82,2% des travailleurs à temps partiel et les écarts de salaires entre les hommes et les femmes sont encore de 19% (...) » Ne cherchez pas, il est disponible sur le site Web Projet UMP 2012 !

Si le sujet de l'égalité hommes-femmes n'était pas si important, on pourrait, avec humour, déplorer, que la droite parlementaire et le Medef, ne soient pas aux commandes ... de la société française et de ses entreprises

En effet, qu'est ce qui a empêché Laurence Parisot, Présidente du Medef depuis 2005, d'imposer aux entreprises adhérentes au Medef, l'obligation d'une véritable égalité hommes-femmes ?

Car en ce qui concerne : le refus des augmentations de salaires, du partage de la valeur ajouté, du refus de quotas d'apprentis, ou de l'assouplissement des licenciements, elle a montré qu'elle savait traiter les salariés hommes et femmes de la même façon !

Que n'a t-elle mobilisé son mouvement contre la situation décrite par l'UMP : « (...) les femmes connaissent un risque accru d’être des « outsiders » sur le marché de l’emploi (...) Elles passent de plus ou moins longues périodes sur le versant « précaire » du marché de l’emploi et représentent 82,2 % des travailleurs à temps partiel (...) »

Et lorsqu'on lui demande s'il faut : En passer par une loi pour codifier les rapports hommes-femmes dans l’entreprise, pour mettre fin aux comportements anormaux et aux injustices flagrantes, elle n'hésite pas un instant : « (...) Les lois existent déjà. Sans une prise de conscience et une adhésion générale, elles ne seront pas appliquées. Oui, il faut normaliser mais plutôt par des codes, des principes, des chartes de bonne conduite dans les entreprises, petites et grandes, ou grâce à des formations qui expliquent ce qu’il convient de faire et d’éviter, y compris dans les administrations (...) »

Et oui, avec le Medef, c'est une habitude : Tout commence par un débat pour finir par ... un code de bonne conduite.

Ne reste plus qu'à attendre la fin des discussions pour savoir si les nouvelles « proposition innovantes » de Laurence Parisot se résument une fois de plus à éviter une intervention des élus de la nation et leurs éventuelles sanctions ou pénalités ...